Salut à tous ! :)

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre ! Merci pour vos retours toujours plus nombreux, je suis désolée, la semaine dernière je n'ai pas eu le temps de répondre aux reviews, honnêtement, j'ai préférer écrire... ^^ Je vais tenter de lâcher mon clavier et mes fichiers pour vous répondre, promis ! En plus, je viens d'apprendre que je ne travaillais pas lundi donc j'aurai plus de temps libre ! :D

En ce qui concerne l'histoire pour vous remercier d'avoir dépasser les 800 reviews, J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle ! La bonne : j'ai trouver une idée que je trouve génial pour les ships Ranya & Clexa dans une même histoire. La mauvaise : ça ne passera jamais dans un OS ! Donc je crois que je suis dans l'obligation de vous annoncer que vous n'aurez pas d'OS pour vous remercier mais une fanfiction avec pleins de chapitres. Je sais c'est horrible... mais je suis certaine que vous allez vous en remettre ! (même si vous allez devoir attendre plus longtemps pour lire cette histoire...) Et si vous vous posez des questions sur cette futur fiction, n'hésitez pas, j'y répondrai avec plaisir. Mais je vous invite d'ores et déjà à aller voir le Teaser vidéo que j'ai travailler et poster ce week-end (C'est aussi pour ça que je n'ai pas répondu aux reviews...) sur YouTube, Facebook et même Tumblr.

Je remercie tout particulièrement Evie Regal qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.

Quelques mots sur ce chapitre : Bon… le Clexa est heureux et comblé pour votre plus grand bonheur. Je sais que vos petits cœurs ont souffert après la séparation mais il va mieux maintenant, n'est-ce pas ? Alors, maintenant, allons voir du côté de Raven et Luna ! ;)

Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)

oOoOo

I Hear Your Voice

'Cause I don't wanna fall in love Parce que je ne peux pas tomber amoureuse

(No no no no) (non, non, non, non)

If you don't wanna try, Si tu ne veux pas essayer

'Cause all that I've been thinking of Parce que tout ce à quoi je pense

Is maybe that you're mine Est que tu es peut-être à moi

Jessie Ware – Say You Love Me

Chapitre 38 : Un déséquilibre rassurant

Je suis assise contre le mur, les genoux repliés et le regard fixé sur une porte close. J'arrive à percevoir sa voix. Je serre un peu plus la mâchoire au moment où j'entends ses pleurs. Je n'aurais jamais dû la laisser faire ça. Je suis vraiment une idiote. A quel moment Elijah et Nangila ont trouvé judicieux de me laisser seule avec Luna ? Je ne sais pas gérer ce genre de choses !

Depuis que je suis arrivée, tout ce que j'ai su faire c'est me murer dans le silence et essayer de la réconforter à la force de mes bras. Je suis incapable de l'aider. Je suis bien trop brute de décoffrage. S'il y a une personne capable d'atteindre Luna, ce n'est certainement pas moi. Sérieusement, qu'est-ce que je suis capable de lui apporter ? La réponse est simple : rien du tout !

Je me redresse et arpente la pièce tel un animal sauvage qui serait cloîtré derrière des barreaux. Je suis sur les nerfs et je ne sais même pas pour quelle foutue raison. Je répugne toutes les fois où je perds le contrôle de mes émotions, aujourd'hui ne fait pas exception. Le seul problème c'est que je ne comprends pas l'origine de toute cette agitation. Je bouillonne intérieurement alors que je ne devrais pas. Pourquoi je suis à ce point agitée ? Ça n'a aucun sens !

Je m'arrête brusquement devant un mur. J'ai envie de cogner. Je serre la mâchoire. Je ne dois en aucun cas laisser libre cours à mes impulsions. Je ne suis pas comme ça. Je ne serai jamais le reflet imparfait de mes pairs. Je serre si fort mon poing que tout mon bras en tremble. J'ai envie de hurler. Je répugne plus que tout perdre le contrôle. Putain mais qu'est-ce qui m'arrive ? J'ai envie d'imploser !

Je reprends à un rythme effréné une démarche presque folle en passant d'un mur à l'autre. Je ne peux m'empêcher de repenser à ce que j'ai ressenti au moment où j'ai décroché mon téléphone après sept appels de Clarke. J'étais amusée par ce fait, surexcitée à l'idée d'avoir réussi une expérience qui se révélait être l'aboutissement de plusieurs mois de travail et après seulement quelques mots de la blonde, j'ai cru que mon monde s'effondrait. Je pensais que si par malheur, je devais recevoir ce genre de coup de téléphone de la part de Clarke, ça concernerait Lexa, pas Luna. Pourquoi ça me touche autant ? Question stupide… c'est Luna, tout me touche venant d'elle !

Je me stoppe cette fois devant la fenêtre, d'un regard quelque peu absent, j'observe les constructions faites d'acier. Une perdition pour l'âme. Il n'y a rien de beau dans ces bâtiments. Ce n'est rien de plus qu'une réplique imparfaite de celui d'à côté. Il n'y a pas de couleur, pas de vie. Il me font penser à cet immeuble terne dans lequel j'ai grandi. Je ressens le même inconfort que lorsque j'attendais le dernier moment pour rentrer à l'orphelinat. Je crois que d'une certaine manière, je commençais à m'habituer à être loin de la ville. Et si je n'ai pas particulièrement apprécié déambuler en Afrique, la ferme, elle, me manque. Je m'y sens bien. Pour quelle raison ? Parce que Luna y rayonne !

J'essaye de comprendre ce qui a dégénéré. Je ne peux m'empêcher de me demander ce qui se serait passé si je ne m'étais pas laissé persuader. Il y a une semaine, j'ai reçu un e-mail qui m'invitait à rejoindre un laboratoire prestigieux afin d'essayer de conclure un projet de mécanique complexe. J'avais prévu de refuser mais Luna m'a convaincu d'y aller. Je voulais être avec elle pour les jours où elle serait à New-York, ne supportant pas l'idée que ses vieux fantômes ne viennent la perturber. J'aurais dû écouter mon instinct. Et pourquoi je ne l'ai pas fait ? A cause du putain de sourire plein de fierté pour la reconnaissance de mon travail de cette emmerdeuse !

Et maintenant, elle pleure. Je serre violemment mes poings comme pour essayer de contrôler cette nouvelle vague de colère qui m'envahie. Je ne remettrai plus jamais en cause mon intuition. Je savais que j'aurais dû insister. Merde ! Je suis certaine que si j'avais été là, les choses auraient été différentes. Je ne supporte pas l'idée qu'elle ait été seule avec lui. Elle a dû avoir si peur. Je donne un coup de pied plus ou moins maîtrisé dans le mur. Je suis vraiment hors de moi. Pourquoi je n'arrive plus à contrôler cette vague d'émotion ? Parce que quelqu'un à osé faire du mal à Luna et pas n'importe qui, cet enfoiré de Jonas Barthélemy !

Je fais une rétrospective de tout ce que Luna a déjà pu me dire sur cet enflure. Une larme de rage m'échappe, je l'efface rapidement avant de me retourner vers la porte toujours close. Je m'ordonne de ne rien faire de stupide. Je sais qu'elle a besoin de temps. Il faut qu'elle se retrouve. Je me laisse glisser contre le mur sans quitter cette foutue planche de bois du regard. Je sens mon estomac se tordre alors que je me mets à pleurer. Il y a trop d'émotions, beaucoup trop et surtout… je ne veux pas qu'elle parte. Je sais qu'elle va le faire, c'est le seul moyen qu'elle a de se protéger de lui. Elle va de nouveau s'envoler loin, partir à la découverte d'un nouveau pays, d'une nouvelle culture. Je ne peux rien faire pour l'empêcher de disparaître, et l'imaginer de nouveau s'éclipser c'est comme mourir à l'intérieur. Pour quelle raison l'imaginer s'en aller est en train de me briser le cœur ? Il y a eu assez de foutu "pourquoi" !

Je ne suis pas une gosse de trois ans. Je me mords la lèvre inférieure alors que mon cœur est comme compressé par une main invisible. Je ne lutte plus, ça ne sert plus à rien. Mes larmes sont la parfaite illustration de la situation. Je replis mes genoux avant de les entourer de mes bras. Je monte un dernier rempart, une dernière barrière pour essayer de garder au loin la vérité. J'ai essayé de me battre mais il n'y a rien à faire, les faits sont là. J'ai tenté de me voiler la face et de chasser la réalité. Aujourd'hui, j'en ai marre de lutter. Et quel est donc cette affreuse évidence qui sonne dans mon cœur avec une angoissante justesse ? Je suis amoureuse de Luna !

Comme un écho à la prise de conscience que je viens d'avoir, la porte s'ouvre enfin. Luna n'est plus que l'ombre d'elle-même. Je n'ai pas la force de me relever. J'ai besoin d'un peu plus de temps. Je ne suis pas prête à l'entendre me dire qu'elle part. Je comprends mais c'est tellement douloureux. Ses yeux se posent sur moi, je frissonne. Comment j'ai fait pour ignorer ce qu'elle m'a fait ressentir aussi longtemps ? Simple, c'était tellement plus facile !

Elle s'avance vers moi, lentement, d'un pas maladroit presque dépourvu de vie. Je crois que si elle décidait de se transformer en zombie, malgré ma peur que je conçois irrationnelle, je continuerais de m'inquiéter pour elle. Je n'aurais de répit qu'une fois que je serai parvenue à la sauver. Encore faut-il qu'elle veuille se sortir de ce cercle vicieux. Il y a trop longtemps qu'elle fuit dès qu'il parvient à la rattraper. Comment je peux l'aider ? Je ne sais pas, je ne sais pas et ça me déchire le cœur !

Je ne peux m'empêcher de remarquer ses yeux rougis, ses traits tirés et les cernes qui se sont formées à cause de toute cette situation. Je ne sais pas quoi dire ou même faire pour l'aider. De toute façon, ça n'a certainement aucune importance, je doute que ce soit ce qu'elle attend de moi. Je suis juste là pour pallier l'absence de ceux qui ont une réelle importance pour elle. Elijah la comprend tellement bien, il la connaît presque par cœur, il est si parfait avec elle que s'en est presque ridicule. Nangila n'a pas besoin de grand-chose, il est si adorable avec elle que le simple fait de fermer avec amour ses bras sur elle lui rend le sourire, même si ce n'est que pour une seconde. Lexa… Lexa, elle, elle a toujours été là pour Luna, je sais que s'il fallait en passer par les douze travaux d'Hercule ou affronter les dix plaies d'Égypte, elle les subirait, affronterait les choses avec force et courage, toujours. Et moi, qui suis-je au milieu de tout ça ? Personne !

Je remarque que je n'ai toujours pas bougé lorsqu'elle se laisse glisser près de moi. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle s'installe aussi près. Je tourne doucement la tête, son visage n'est qu'à quelques centimètres du mien. Le vide que je remarque dans son regard me met une nouvelle fois hors de moi. Je suis prête à bondir, à me redresser. Si je reste à observer toute cette tristesse sans ne rien pouvoir y faire, je vais exploser, peut-être avoir des mots que je regretterais. Ce serait le pire des scénario. Mais j'ai à peine le temps de penser à me relever que sa main se pose sur la mienne. D'un geste rapide, mon regard tombe sur nos mains. Mais qu'est-ce qu'elle fait ? Folle, ça doit être ça, la situation l'a rendu complètement folle !

Je ne suis malheureusement pas au bout de mes surprises. Alors que je fixe toujours avec la plus grande incompréhension sa main sur la mienne, elle vient déposer sa tête sur mon épaule. Je sens mon cœur bondir dans ma poitrine. J'en ai le souffle coupé. Ses boucles, viennent me chatouiller le cou, me faisant frissonner. C'est alors qu'un brasier se déclenche dans mon corps. Je vais perdre le peu de maîtrise que j'avais encore. Je n'ose plus rien regarder. Je ferme alors les yeux comme pour m'éloigner de ce moment qui semble me faire perdre totalement le contrôle. Je ne suis vraiment pas faite pour les sentiments. Qu'ils soient positifs ou négatifs, ils me prennent toujours en otage, m'ôtant toute liberté. Ils ont une trop grande emprise sur moi, censure tout ce sur quoi je croyais avoir une emprise. Pourquoi je ressens tout de manière si excessive ? Parce que malgré tout ce que j'ai pu essayer de me faire croire, je suis incapable de ranger mon cœur dans une boîte !

Je ne pensais pas que la sentir si près de moi me dérouterait à ce point. Je crois que je préférais quand j'arrivais encore à me mentir sur la situation. Je me plaisais vraiment dans cette calomnie qui consistait à croire dur comme fer que je la détestais. C'était tellement plus facile. J'aime la simplicité. Je pouvais me flatter de toujours avoir un coup d'avance, peut-être même deux. J'avais l'opportunité de tout maîtriser, s'était comme une belle partition, bien organisé et frôlant la perfection. Pourquoi, pourquoi je n'arrive plus à me tromper moi-même ? Je suis fatiguée, elle est là, la réponse !

-Demande-moi de rester.

J'écarquille les yeux alors que j'ai la sensation de tomber dans un puits sans fond. Je suis complètement figée. J'ai cette sensation désagréable que ces quatre mots raisonnent dans ma tête un nombre incalculable de fois. J'ai du mal à déglutir. J'ai mal entendu, j'ai forcément mal entendu. Je sens que ses doigts forcent l'accès pour se glisser entre les miens alors que la pression que sa tête exerce sur mon épaule s'accentue. Mais qu'est-ce qui se passe ? C'est forcément une mauvaise blague !

-S'il te plaît…

Je tourne la tête presque brusquement vers elle. Je ne peux pas la voir à proprement parlé. Je n'ai sous les yeux rien d'autre que sa chevelure imposante. Je n'arrive pas à comprendre ni sa supplication, ni la fragilité dans sa voix. Je ne maîtrise décidément plus les battements de mon cœur. Et, il se passe la pire chose qu'il aurait pu m'arriver : je me mets à espérer. Alors qu'une infime partie de moi me hurle de ne pas faire ça, de garder la tête haute et de ne surtout, surtout pas prendre une décision hâtive. Il y a l'autre part, celle qui aime le danger qui murmure à mon oreille : Qu'est-ce que tu risques ? Mais tout justement !

Je suis face à un dilemme, quelque chose d'énorme. Je n'ai pas de réplique tout faite pour ce genre de situation. Je n'arrive pas à comprendre pour quelle raison Luna s'adresse à moi. Je me demande en quoi ma décision pourrait changer les choses. Mais en même temps, si ça peut réellement l'empêcher de partir alors je dois me lancer. Je ne veux pas qu'elle parte. Je crois que ça me briserait bien plus que ce que je peux imaginer. Maintenant que je commence doucement à accepter ce que je ressens pour elle, être loin d'elle ne serait rien d'autre qu'une lente agonie. Qu'est-ce que j'attends ? Je veux qu'elle reprenne sa vie ici !

J'inspire profondément. J'ai l'impression d'assister à la scène de loin. Je dois être prudente, utiliser les bons mots. Parce que même si je ne sais pas comment, je sais aussi que mes prochaines paroles auront de l'importance. J'ai de l'influence sur Luna. Si ce n'était pas le cas, elle ne me demanderait jamais à moi d'insister sur un point aussi important. J'expire tout le surplus d'air. Comment un paresseux pourrait battre un faucon pèlerin dans une course ? En essayant !

-Luna…

-Je sais, me coupe-t-elle brusquement, que si ça vient de toi je pourrai m'y résoudre.

-Alors, reste, je souffle.

Je n'arrive pas à le croire ! Je suis stupide. Il devait y avoir une centaine de façon de formuler ça bien mieux. Je ne peux pas me contenter d'un simple "reste", c'est bien trop absurde. Non, ça ne me ressemble pas. C'est presque indigne de moi. Je pensais avoir plus de répartie que ça. Correction, j'ai bien plus de répartie qu'un bête "reste". Allez Reyes, reprends-toi, tu peux mieux faire. Comment ? En ouvrant ton putain de cœur !

-Luna, je tente une nouvelle fois avant que le reste de ma phrase se fasse une nouvelle fois amputer.

-Tu peux le redire ?

-Reste, j'énonce doucement le cœur battant.

Il faut croire que finalement, je n'ai pas mieux. Mais c'est entièrement de sa faute. C'est elle qui me le demande. Elle m'empêche même d'argumenter. Elle m'arrête brutalement avant même que je ne puisse construire une phrase digne de ce nom. J'ai à peine le temps d'énoncer son nom qu'elle torpille toute mes chances d'aller plus loin. Qu'est-ce que je dois faire ? Essayer encore !

-Luna…

Elle se redresse me coupant une nouvelle fois dans ma progression. Elle tourne sa tête vers moi. Ses yeux s'ancrent dans les miens. Je ne sais pas ce que s'est mais elle semble chercher quelque chose dans mon regard. J'en oublie jusqu'au fait que je voulais dire quelque chose. Je me perd entièrement dans cette océan chocolat que sont ses iris. Les larmes ont disparu, je me sens soulager. Je comprends enfin ce dont elle a besoin. Elle ne me demande pas de la convaincre de rester mais elle veut que je l'aide à faire la paix avec son passé. Comment faire ? En lui posant la question !

J'amorce un geste de ma main libre avant de le suspendre. Je dois être certaine. Je sais ce que représentera une telle demande. Je me dois d'être assez forte pour porter moi aussi son passé sur mes épaules. Je n'ai jamais douté de ma capacité à accuser les coups de la vie. Mais qu'en est-il pour ceux qui ont marqué celle de Luna ? Il n'y a pas trente-six mille solutions, je dois lui demander !

Je dépose avec douceur ma main sur sa joue. Je la regarde avec tendresse. J'éloigne une mèche de ses cheveux pour la caler derrière son oreille. Je lui fais un sourire que j'espère rassurant. Ma main s'attarde un peu trop longtemps sur sa joue pour que sa passe inaperçu. Je décide de ne pas me dérober alors j'effectue une pression un peu plus forte de mon pouce. Je le laisse glisser. Mon action conduit mon index à déraper sur le lobe de son oreille et mes autres doigts s'attardent sur le commencement de sa nuque. Pourquoi attendre ? Je suis sûre de moi !

-Raconte-moi.

Elle secoue la tête de haut en bas en guise de réponse positive. Je peux presque sentir toute sa reconnaissance. Je réalise alors qu'il n'y a certainement jamais personne qui lui a demandé son point de vue sur cette histoire. Pas même Lexa. Alors ça me frappe. Ce serait certainement plus facile d'en parler avec Lexa, pour la simple et bonne raison qu'elle sait déjà ce qu'il en est. Mais Luna m'a choisi, moi. Pourquoi ? Elle tient à moi !

-Avant de commencer, prononce-t-elle la gorge nouée, je peux te poser une question ?

-Bien sûr !

-Quel est ton premier souvenir ?

Je fronce les sourcils. Je ne comprends pas l'importance de ce détail. Pourtant, je cherche avec une réelle application dans ma mémoire ce qu'elle me demande. Je fais une véritable rétrospective de mon enfance. Par moment, je grimace à un mauvais souvenir et d'autres fois, je souris en repensant à un détail qui m'avait rendu heureuse. Quel est mon premier souvenir ? Facile !

-Je devais avoir quatre ou cinq ans. Je venais de rentrer de l'école. Mamá avait cuisiné des empanadas. Je crois que je m'en souviens parce que s'était rare qu'elle ait le temps de cuisiner, elle travaillait tellement. J'arrive presque encore à sentir les odeurs, un énorme sourire se forme sur mes lèvres. Oh ! Et, elle avait fait des torrijas pour le dessert.

-C'est un bon souvenir, souligne Luna.

-Oui, je souffle, mon père n'était pas là.

-Je me rends compte que tu parles très peu de tes parents.

-C'est parce que j'ai très peu de souvenirs… mamá est morte peu de temps après ça et mon père a perdu ma garde seulement quelques mois après.

-Ton père, murmure Luna, j'avais supposé, elle aborde un regard complètement surpris, qu'il était mort lui aussi.

-Non enfin, si c'est le cas, je ne le sais pas. Je l'ai croisé une fois en rentrant du lycée avec Lexa. Il ne m'a pas reconnu, j'avoue avec bien malgré moi une légère tristesse, mais lui n'avait pas tellement changé : encore et toujours une bouteille à la main.

-Je ne savais pas. Ton père, tu n'as jamais espéré

-Il n'y a rien à espérer Luna, j'affirme avec un sourire calme. Il n'est même plus mon père aux yeux de la loi et je ne veux pas d'une personne aussi nocive dans mon entourage.

-Tu es forte, souligne Luna.

-Pas tant que ça, c'est beaucoup de paraître.

-Ne te dévalorise pas, je déteste quand tu fais ça.

Mon regard se plonge encore plus dans celui de Luna. Je peux lire dans ses yeux qu'elle croit dur comme fer à sa dernière réplique. J'ai toujours su qu'elle voyait quelque chose de plus en moi. Je n'ai jamais su quoi. Honnêtement, je ne sais toujours pas. J'aimerais savoir. J'ai essayé à plusieurs reprises de l'éloigner, d'abord en la jugeant sur son milieu de vie. J'avais tellement d'a priori sur elle. La première fois qu'elle est partie, je me suis sentie soulagée sans en connaître la raison. Puis j'ai dû la regarder partir encore et encore… et encore. J'étais vraiment aveugle pour ne pas me rendre compte qu'à chaque fois ça me brisait un peu plus le cœur. Et puis, il y a eu la facilité quand Lexa l'a choisi, j'avais enfin une bonne raison pour la haïr et je ne me suis pas gênée. C'était tellement plus facile. Mais je me rends compte qu'au milieu de tout ces stratagèmes, il y a une question qui reste sans réponse. Qui est Luna ? Seule elle peut décider de me le dire !

-Tu es forte parce que tu as réussi à ne plus être touché par ce que ton père pouvait faire ou dire. Tu n'espères rien de lui.

-Je te l'ai dit, il n'y a rien à espérer.

-Je n'y arrive pas.

-A faire quoi ? Je demande avec douceur.

-A ne plus espérer.

-Je ne comprends pas…

-Jonas est mon dernier lien avec ma famille biologique. C'est… mon…

Les larmes recommencent à dévaler sur ses joues. Je les essuies le plus vite possible avant de me contorsionner. Je lâche sa main. Je viens m'installer en face d'elle. J'essaye de trouver la suite de sa phrase. Qui peut-être Jonas Barthélemy ? Je ne peux plus rester sans réponse.

Mon cœur ressemble de plus en plus à un mécanisme qui déconne complètement. Je mordille ma lèvre inférieure pour essayer de mieux contrôler mes émotions. Je sais que Luna a besoin de soutien. Elle n'arrivera pas à continuer sans un geste de ma part. Qu'est-ce que je peux faire ? La prendre dans mes bras !

-… mon grand-père, finit-elle par souffler à mon oreille. J'aimerais croire que mon premier souvenir se déroule ici, entre ses murs. Mais c'est faux. Le premier souvenir que j'ai c'est… Jonas fou de rage arpentant une pièce qui me semblait immense à mon âge. Il hurlait, il balançait tout ce qu'il avait sous la main. Il n'a eu aucun tact quand il m'a annoncé la mort de mes parents et de mes frères. Il m'a même frappé. C'est à ce moment qu'Héloïse est arrivée. Jonas est… était son plus proche ami après Kasia, le premier qu'elle s'était fait en Amérique. Elle a essayé de le calmer. J'étais recroquevillée dans un coin de la pièce. J'essayais… j'aurais tout donné pour devenir invisible mais il n'y avait rien à faire, sa rage ricochait toujours jusqu'à moi. A trois ans, je ne pouvais pas comprendre mais tout n'était qu'une question d'argent. Tu sais combien pèse les Barthélemy ?

-Non mais c'est la troisième famille la plus riche de l'Amérique du nord.

-C'est colossal, des milliards et des milliards de dollars. À la mort de mes parents et de mes frères, j'ai récupéré toutes leurs parts. Quatre-vingt sept virgule cinq pourcent de cet argent est à moi. Jonas est devenu fou. Il voulait récupérer son argent, pour ça, il était près à me faire du mal. Il a pointé une arme à feu sur moi et sous les yeux d'Héloïse. Un coup est parti…

-Mon dieu ! Qu'est… tu as été blessé ? Luna, je te jure que…

Je ne trouve pas les mots. La colère que je ressentais jusque là était contrôlable mais maintenant… j'ai la sensation que je ne réponds plus de rien. Je m'écarte. Je passe mes yeux sur elle. Je cherche rapidement un indice, n'importe quoi qui pourrait me prouver qu'elle a été blessé ce jour là. Je ne suis vraiment pas certaine de ce qui va se passer si j'ai l'occasion de revoir cet enfoiré. Comment Lexa a pu garder son calme en sachant tout ça ? C'est impensable !

Deux mains viennent se poser sur mes joues. Elles me recentre sur la réalité. Je me sens imperceptiblement plus calme. Je suis sur le point de pleurer. Les émotions me submergent. Je peine à croire que Luna puisse être aussi calme. Les doigts de sa main droite glissent de ma joue pour prendre délicatement mon poignet. Elle me guide et me laisse découvrir une légère boursouflure au-dessus de sa hanche gauche. C'est quoi ce putain de bordel ? Je n'arrive pas à le croire !

-Elle n'a fait que m'effleurer, je n'ai même pas eu besoin de point de suture.

-Je vais, je serre la mâchoire pour m'empêcher d'aller plus loin dans ma menace.

-C'est à ce moment qu'Héloïse m'a pris avec elle. Elle m'a emmené dans le seul endroit où elle me saurait en sécurité : ici. Kasia m'a soigné. Je suis restée dans ce studio huit mois. Elles ont fait en sorte que je trouve une vrai famille, j'ai été adopté par les Evans à peine quelques jours avant la naissance de Costia. C'est après que la situation s'est envenimée. Jonas m'a retrouvé alors Héloïse s'est résigné malgré le fait qu'il était son ami, elle a commencé les menaces. Tout le monde pensait que j'ignorais ce qui se passait mais… Gustus avait une façon tellement triste de me regarder quand il revenait d'un entretient avec lui. C'est quand j'ai eu six ans que touts'est enfin réglé. Honnêtement, je l'avais presque oublié. Et puis je suis allée vivre à New-York en 2012. Alors ma vie est de nouveau redevenue un véritable enfer. J'ai réellement pris conscience de qui j'étais. Je ne l'ai pas supporté et… je suis partie. C'est tellement simple de fuir. Je ne veux plus le faire mais… je ne vais pas y arriver Raven. Je… il est partout. Je ne peux pas rester. C'est trop dur. Je n'ai aucune raison de rester, conclut-elle en pleurant.

Aucune raison de rester… non, là c'est fini. Je craque. Aucune raison de rester… je pense que ça doit-être une blague. Ce n'est pas possible autrement. Aucune raison de rester… je la fixe. Je ne peux pas la laisser penser ça. Aucune raison de rester ? Je vais lui prouver le contraire !

-Tu veux une bonne raison de rester ?

-Il n'y en a pas.

-Si j'en trouve une, tu restes ?

-Raven…

-Tu restes ?

-Je suppose que oui mais…

Je me jette alors sur ses lèvres rapidement, l'empêchant de poursuivre sa phrase. En général, je déteste tous les mots qui suivent un "mais". Je la sens se reculer, elle décroche ses lèvres des miennes. Elle me dévisage. Pendant une seconde, je crois avoir fait la connerie du siècle. Je commence à me reprocher mon impulsion mais finalement elle m'attire vers elle pour m'embrasser à son tour. Les baisers s'enchaînent, s'enflamment, deviennent incontrôlables. J'ai un dernier éclair de lucidité quand je murmure encore contre ses lèvres :

-Reste.

oOoOo

Voilà pour ce nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a plu. Alors, alors ? Un grand moment pour Raven qui accepte enfin ses sentiments. Une partie du passé de Luna révélé. Et un premier baiser… enfin plusieurs premiers baisers ! Alors… d'après vous, elle va rester ou non ?

Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

Les Notes :

Note n°1 : Jessie Ware – Say You Love Me

En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre : « Parce que s'était toi »

Sur ce, moi je retourne écrire avant d'être forcer et contrains d'aller travailler ! XD

GeekGirlG.