-Il est vivant. Il est vivant.

-Ziva descend de là. Ziva!!

-Gibbs, Gibbs tu m'entends?

-Ziver.

Une voix roque sortit du brancard que deux militaires américains portaient péniblement en dehors des gravats.

-Je suis là Gibbs dit elle en descendant prestement pour le suivre.

Déjà McGee et Dinozzo les rejoignaient pour récupérer le brancard.

-Ziver. Qui t'as dis de monter là dessus!!

Elle comprit qu'elle pleurait lorsqu'elle ne put lui répondre. Maudites hormones.

-Eh patron. Heureux de te revoir. J'ai vraiment besoin de toi pour la tenir tu sais.

-Attends…attends d'avoir…le bébé avec…toi…parvint-il a articuler entre deux quintes de toux qui lui donnèrent des douleurs lancinantes aux côtes.

-Mais tu seras pour nous aider. Et le bleu aussi…hein…

-Comptes…là dessus Dinozzo…

-Patron…Est-ce que…Juliette…

-Elle était prêt de la source de l'explosion.

-Très prêt?

-Je crois que…C'est le piano qui a sauté…Mais elle va bien…Elle va bien…

Personne n'osa demander comment il pouvait en être si certain. Mais jamais même maintenant, alors couché, en sang sur un brancard, jamais aucun d'eux ne l'aurais contredit. Abby fut la première à le suivre dans l'ambulance sous le regard du reste de l'équipe. Elle avait gardé le silence depuis le début.

Pas besoin d'en dire plus.

Et les heures s' écoulèrent, entre faux espoirs, découvertes d'autres victimes, parfois simplement blessées, parfois décédées. Une liste fut rapidement établie. L'équipe de Gibbs passa tout au peigne fin, comme lors d'une enquête, le coté officiel, photos, notes et dessins en moins mais une enquête. Pour retrouver l'une des leurs.

Il y avait eu plus de 50invités plus le personnel de l'ambassade et les extras. Seuls 35 personnes avaient été retrouvées. Et maintenant le soleil montait bien haut dans le ciel. Le chant du Muezzin se fit entendre de nouveau. Midi.

-Ça fait douze heures qu'ils sont là dessus…lâcha à bout McGee. Douze heures…

-Eh le bleu…Elle est forte, là dessous mais on la retrouveras. Vivante. Et le bébé aussi. Et tu devras alors te reposer les bonnes questions et on passeras des soirées entières à nous demander si on sera des bons pères ou non pendant que Ju' et Ziva préparons les layettes, que Gibbs nous feras de jolis berceaux au lieu de construire des bateaux qui n'iront jamais sur l'eau et qu'Abbs se demanderas comment faire rentrer des nounours géants dans les nurseries…ok…

-Et si ce n'est pas le cas?

Tony se frotta le visage fatigué, il était crasseux, plein de terre et de poussière, s'inquiétait pour son boss, pour Juliette, pour Tim, pour Ziva qui en faisait vingt fois trop, pour Abby qui était de son coté trop silencieuse.

Il mourrait d'un ulcère avant la fin de cette histoire s'il ne mourrait pas simplement d'épuisement…Et que répondre au probie…ce bébé ne verrait peut être même pas le jour.

Et plus les minutes passaient, plus les chances étaient minces de la retrouver vivante. Ils avaient vus assez de choses dans leur carrière pour le savoir. Et elle n'était ni Ziva, ni Gibbs. Juste une civile que certains décideurs avaient jeté dans la gueule du loup…une enfant.

Il en regrettait presque qu'elle ait prit la place de Ziva. A vrai dire, il regrettait d'avoir consentit au désir de David. Les choses devenaient immédiatement extrêmement compliquées dans leurs vies quand beau papa refaisait surfaces.

Il ne put que poser sa main dans une accolade viril, de mec costaud, sur l'épaule de Tim. Et faire comme s'il n'avait pas vu les larmes dans ses yeux.

-Abby vient d'appeler arriva Ziva. Gibbs s'en sort bien, quelques cotes de fêlés, des coupures, une jambe dans le plâtre mais pas l'air d'avoir ni commotion cérébrale ni d'autres choses de ce genre.

-Dieu merci murmura Tony.

-Ils le gardent le temps d'être sur que tout va bien mais des demain il devrait pouvoir être transféré aux Etats-Unis.

-Il ne partiras pas sans Juliette lâcha McGee en retournant vers les gravats.

-Bien sûr que non le bleu, on l'aura retrouvée d'ici la…en vie. Se sentit il obligé d'ajouter.

Un silence lourd et interminable s'insinua entre eux. De ces silences qui annonce des changements sans retour possibles. De ceux qui peuvent combler une vie. Et la bouleverser à jamais. Ni gêné, ni serein. Épais. Plein de sens. Ce silence qui vient quand les mots ne suffisent plus pour faire comprendre ce que l'on ressent et que les gestes ne peuvent pas le traduire.

Quand de nouveau cris en arabe coupèrent l'air. Les mêmes qui avaient égrenés la matinée et fait naître des espoirs mêlés de craintes.

-Ils ont retrouvés le pianiste…cria Ziva en courant vers eux.

Vite rattrapée par Tony qui la retint. Pas la peine de comprendre l'arabe pour comprendre qu'il était mort…Il sentit Ziva étouffé un cri de rage dans son cou alors qu'il n'arrivait pas a détacher les yeux des sauveteurs qui descendaient précautionneusement la dépouille. Il ne voulut pas entendre le sanglot contenu de McGee. Ne voulut pas comprendre ce que sa logique lui hurlait. Elle ne pouvait pas…Ce n'était qu'une petite fille…qui n'aurait jamais dû être là…

-Ziva. Dis leur de regarder dans les parages. Elle…ne doit pas être pas loin. Dis leur s'il te plait.

Les larmes sur les joues, l'israélienne s'exécuta. Un des sauveteurs lui répondit quelque chose, avant que les militaires américains ne se rapprochent.

-Un autre agent du NCIS est là dessous. Selon le patron on sait qu'elle était prêt du pianiste.

-Alors elle est sans doute décédée répondit doucement la premier soldat.

Il fit quand même signe a son équipe qui traduisit rapidement des ordres en arabes au chef des sauveteurs marocains. Qui resta les regarder puis fit signe de la tête qu'il leur laissait la place pour se diriger a quelques mètres de là avec ses hommes.

Sans trop savoir pourquoi, McGee se mit a penser à la relativité du temps. Comment quelques secondes peuvent paraître une éternité. Comment douze heure peuvent paraître des mois. Comment quinze jours pouvaient jouer sur toute une vie. Comment en quelques jours elle avait chamboulé toute sa vie. Il comprit soudainement pourquoi il ne pouvait pas dormir depuis ces derniers jours. Ce n'est pas parce que la situation était compliquée, c'est parce qu'elle n'était pas là pour dormir avec lui.

Parce que déjà il avait besoin d'elle pour trouver le sommeil.

Il se demanda combien de temps allait mettre les soldats a creuser parmi les décombres. Quelques secondes, une heure, une vie?

Une vie. Cette chose indéfinissable, inestimable, qui grandissait en elle. Qui serait désormais la sienne aussi. Ce bébé qu'il aimait déjà. De manière irrationnelle et non réfléchie.

Ce ne pouvait pas en être autrement…

Il sentit le goût salé sur ses lèvres. Sentit la peine dans son cœur. Et se mit a rêver de ce que Dinozzo ne cessait de lui répéter. Eux, en train de réfléchir à leur statut de père, partageant l'expérience des nuits blanches et des premières couches. Elles, attendant patiemment la venue de leurs enfants, sublimes dans la maternité. Leur équipe, leur famille, autour d'eux. Gibbs comme ange gardien, Ducky comme grand père gâteau, Abby comme marraine les comblant de cadeaux…Et leurs deux enfants grandiraient ensembles, fréquenteraient les mêmes écoles, joueraient au foot ou au échec ensembles, se battraient ensembles, et se protégeraient mutuellement. Il ferma les yeux et s'imagina dans une spirales de rires de femmes et d'enfants, de cris de joie, de profusion de langue, Français, anglais, hébreux…

Et si c'est une fille, il autorisera Ziva à lui apprendre a se battre pour se protéger des mauvais garçons. Et Juliette lui apprendrait à les manipuler. Mais jamais un mauvais garçon ne s'approcherait d'elle. Il ne le laisserait pas faire. Jamais.

-On a quelques chose.


Alors? Qu'est il arrivé à Juliette, vivante ou non?

Pour la suite, faut attendre demain ;-)