Chapitre 31 : « Torture », The Jacksons

Hermione était tombée sur le sol, toujours attachée sur la chaise, les Mangemorts se tenant en cercle autour d'elle.

Elle commençait à regretter amèrement les paroles qu'elle avait eues quelques minutes plus tôt.

Au départ, elle avait reçu plusieurs Doloris, chacun plus douloureux les uns que les autres. Pourtant, elle n'avait pas baissé les bras, se forçant à serrer les dents. Mais ça, c'était jusqu'à l'arrivée de Bellatrix.

Hermione l'avait vu s'avancer lentement en riant.

« Laissez-moi faire … Elle va comprendre ce qu'est un véritable Doloris … », avait-elle dit avec un sourire sadique sur les lèvres.

La Gryffondor n'avait même pas entendu le sort franchir ses lèvres qu'elle sentait déjà une douleur intense et indescriptible en elle, comme si ses os se brisaient milles fois très lentement, comme si du feu coulait dans ses veines. Et là, elle ne put retenir un cri déchirant. Elle-même ne reconnaissait pas sa propre voix.

Au bout de longues minutes qui lui avaient parues durer une éternité pour elle, elle s'était laissé surprendre par un coup de l'un des Mangemorts, la laissant choir sur le sol, la chaise avec elle.

« Mais qu'est-ce que tu fais ?, le réprimanda Bella.

-Quoi, tu es la seule à pouvoir t'amuser ?

-Depuis quand tu bats les femmes ?, demanda-t-elle l'air intéressée.

-Avec les personnes de son rang, je ne me gènes pas. Relevez-là !, Ordonna-t-il à deux autres sous-fifres.

Hermione avait une entaille au niveau de la joue, le sang coulant sur sa peau pâle tandis qu'elle tentait de reprendre son souffle, ressentant le contre coup des sorts qu'elle avait reçu.

-Qu'est-ce que tu vas faire, Fenrir ?..., demanda Bellatrix en s'approchant de lui, collant ses lèvres à son oreille.

-Je vais la préparer pour notre Seigneur … N'oublie pas qu'il reste l'autre …

-Le Rat est parti la chercher …

-Que fait ce sombre crétin ?!

Au moment même, Peter entra, Océane lévitant inconsciente au-dessus de lui.

-Et bien, et bien … Le Rat a pris son pied à ce que je vois …, ricana l'homme.

-Qu'est-ce que tu as fait ? Tu sais que le Seigneur des Ténèbres a besoin d'elle !, enragea Bella.

-Elle a voulu s'enfuir, et elle a résisté, alors je l'ai maitrisé. », Dit-il simplement.

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Severus se pressait jusqu'au Manoir Malefoy, réalisant son retard comparé aux autres Mangemorts. Il avait finalement réussi à discipliner son esprit, mettant de côté l'interlude qu'il avait eu avec Hermione.

En remontant les escaliers jusqu'à la Salle à Manger, il appréhendait ce qu'il allait y trouver. Pourtant, rien n'aurait pu le préparer à ce qui se trouvait devant ses yeux : Hermione était couché sur le dos, maintenue par une Bellatrix qui se tenait sur elle. Océane était, elle, assise sur une chaise, attachée et en larmes ne pouvait que balbutier des paroles sans queue ni tête.

« Non … Ne sais pas … Arrêtez … Mionie … »

Il resta figé alors que le Lord Noir sortit de l'ombre, parlant d'une voix sifflotante.

« Severus … Nous t'attendions … Bella avait hâte de commencer.

-Monseigneur …, dit-il respectueusement en venant s'agenouiller devant lui.

-Profite du spectacle, mon fidèle, ne désirais-tu pas, toi aussi, voir cette Sang-de-Bourbe à notre portée ?

-Bien évidemment, Maître.

-Viens, à ma droite. Et admirons ces vermines … »

Il rejoignit l'homme, l'air toujours impassible et froid, sentant le regard désespéré d'Océane sur lui. Elle ne comprenait pas ce qu'il faisait. Pourquoi allait-il rejoindre cet homme à la face de Serpent au lieu de sauver Hermione ?!

Bellatrix arbora alors un sourire cruel, appelant une autre jeune femme dans l'ombre.

« Cashia ! Mon poignard !

La jeune femme s'exécuta, restant juste à côté d'Hermione.

-Que comptes-tu lui faire ?

-Je ne sais pas encore …, dit-elle en baladant la lame sur son visage, Et si … Et si nous commencions par cette jolie petite bouche ?

-J'ai une idée … Pourquoi ne pas d'abord lui laisser un petite souvenir de nous ? », Dit-elle avec un regard à la fois sadique et complice à Bellatrix.

L'autre Mangemort lui renvoya le même sourire tandis qu'Hermione tentait de fuir cette situation.

Severus voulut détourner le regard, mais il savait très bien qu'il ne pourrait pas justifier ce geste auprès de son Maître. Alors il garda le regard fixé sur la jeune fille, imperturbable, même si, au fond de ses yeux, une lueur d'inquiétude imperceptible brillait.

Hermione voulut serrer les dents quand elle sentit la lame de la dague s'enfoncer dans sa chair, mais un petit cri de douleur ne put s'empêcher de passer la barrière de ses lèvres.

La douleur se voyait sur son visage, sa tête tournant de droite à gauche et de gauche à droite sans arrêt. Enervée de cette proie qui ne cessait de bouger, Bellatrix l'immobilisa en s'asseyant complètement sur elle, comprimant son abdomen de tout son poids, se couchant sur elle pour s'assurer qu'elle ne puisse pas bouger.

Plus rien n'existait pour la jeune fille, elle ne ressentait plus que la douleur de cette lame qui s'enfonçait dans sa chair. Elle essayait de se concentrer sur n'importe quoi d'autre que cette sensation horrible mais rien n'était suffisant. En tournant la tête, au bout de plusieurs longues secondes, elle croisa le regard d'encre de Severus. Elle ne bougeait plus, restant irrémédiablement fixé à ce regard profond qui semblait tellement indifférent. Pourtant, dans le fond de ses iris, elle pouvait décerner cette peur et cette inquiétude qui semblait tellement irréaliste quand on se souvenait que ces yeux étaient ceux du grand Severus Rogue. A cet instant, elle comprit à quel point il devait souffrir lui aussi, d'assister à toutes ces tortures sans pouvoir sourciller. Elle connaissait l'homme qui se cachait derrière ce masque de froideur et d'indifférence, pourtant, ce n'est que maintenant, qu'elle constatait à quel point tout ceci l'atteignait.

Avant, en cours, elle ne prêtait pas grande attention à lui, parce qu'elle le détestait. On ne fait pas attention à quelqu'un que l'on déteste. Mais maintenant, maintenant qu'elle avait appris à le connaître, elle reconnaissait ces lueurs presque indiscernables dans ses yeux. Elle pouvait voir sa peine, sa douleur, son impuissance et à quel point il se détestait pour ça. Oui, elle voyait cette haine de lui-même dans ses yeux sombres.

Puis, soudainement, comme un peu plus tôt, elle sentit de nouveau cette sorte de fil les lier tous les deux. Elle hésita à lui parler à travers leur lien, mais avec surprise, c'est sa voix profonde à lui qui raisonna dans son esprit.

Tiens bon, ma Lionne … Je vais te sortir de là …

Non … Severus … Tu as promis …, contra-t-elle.

Je ne peux pas te laisser ici !, dit-il alors qu'extérieurement, il n'avait pas bougé d'un millimètre.

Sauve Océane … S'il te plait … Ou ils vont la rendre folle …

Et toi alors ?!

Je peux m'en sortir … Je vais tenir …, dit-elle tandis que la douleur déformait ses traits.

Pas entre les mains de tous ces Mangemorts.

Sauve Océane ! Je te le demande Sev …

Tu es horriblement têtue !, capitula-t-il.

Je sais … Mais tu m'aimes pour ça, dit-elle en souriant faiblement.

Cashia, qui avait vu un discret sourire étirer les lèvres de la jeune fille, empoigna Bellatrix par la main qui contenait le poignard pour l'enfoncer plus profondément encore dans sa chair.

Surprise, et meurtrie, elle laissa un cri de douleur s'échapper, se répercutant sur les murs, raisonnant dans la pièce et provoquant des frissons à toutes les personnes présentes, pour certains, des frissons d'horreur mais pour la majeure partie, des frissons de plaisir.

Océane était horrifié de ce que ces monstres faisaient à son amie. Elle laissait maintenant les larmes baigner son visage, restant le regard fixé sur Hermione, essayant de faire abstraction du sang qui baignait son bras.

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Harry, Ginny et Ron étaient restés chez les parents d'Hermione, les rassurant du mieux qu'ils pouvaient.

Richard et Kate avaient demandé aux parents d'Océane de les rejoindre chez eux. Ils avaient essayé de leur expliquer la situation sans pour autant dévoiler l'existence du monde Magique. Ils avaient dit que les filles avaient été victimes d'un kidnapping mais que la police avait été prévenue et était déjà à leur recherche. En somme, ils ne leur restaient plus qu'à attendre. Et quelle attente !

C'était vraiment insupportable …

Les parents d'Océane se rongeaient les sangs, se prenant pour responsable de la disparition de leur fille.

« Si on ne l'avait pas laissée y aller seule …, dit sa mère en sanglotant.

-On aurait dû au moins les accompagner en voiture …, continua son père.

-Vous savez … Ca n'aurait servis à rien…, dit doucement Harry en s'approchant.

-Qui êtes-vous ?, demanda la femme en se mouchant.

-Je m'appelle Harry …

-Vous êtes un ami d'Océane … Non ?, le questionna l'homme.

-Oui … Nous nous écrivions depuis plusieurs mois … Mais, vous savez, Hermione et Océane étaient restées un peu au concert pour avoir un autographe du groupe. Donc, même si vous aviez été là, ça n'aurait certainement rien changé …

-Mais si nous ne l'avions pas laissée y aller …, contra le père.

-Elle aurait certainement été très triste et déçue de ne pas pouvoir y aller. Elle vous en aurait voulu, parce qu'il n'y avait aucune raison qu'elle soit privée de cette opportunité. Personne n'aurait pu prévoir ce qui s'est passé … Malheureusement, c'est arrivé et on ne peut rien y changer. Vous morfondre ne sert à rien …, dit-il doucement.

-Quel … Quel âge avez-vous ?, demanda sa mère, apparemment apaisée.

-J'aurai 17 ans en juillet, dit-il en souriant doucement.

-Vous semblez plus âgé quand vous parlé, lui fit-elle remarquer.

-On me l'a déjà dit … Il faut dire, qu'à force de rester avec Hermione, elle a fini par déteindre sur moi… », Dit-il en souriant à Kate et Richard qui n'avaient rien manqué de cet échange.

Kate proposa aux autres femmes de la maison de l'accompagner dans la cuisine pour faire du thé tandis que son mari invita les hommes à passer dans le petit salon pour prendre un verre, en lançant un clin d'œil complice à Ron et Harry qui le suivirent eux aussi.

Les garçons n'étaient friands d'alcool, mais ce soir, une légère liqueur ne leur serait pas de trop pour tromper la fatigue et les heures angoissantes qu'ils allaient devoir passer.

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Les minutes défilaient, semblant toutes plus horribles les unes que les autres pour le Maître des potions.

Il assistait à l'interrogatoire d'Océane depuis bien trop longtemps à son gout, Hermione recevant des Doloris et des Crucio dans le but de faire plier la jeune Moldue. Il sentait que son masque d'indifférence commençait à se fissurer.

Il était tellement préoccupé à maintenir son masque de froideur qu'il faillit ne pas remarquer que la torture venait de prendre fin.

Voldemort prit alors la parole d'une voix froide et sifflotante, telle celle d'un serpent.

« Bien ... Puisque notre invitée n'est pas coopérative...

-Mon seigneur, interrompit Bellatrix, Laissez la moi encore un peu, je vous prie ...

-Il suffit Bella ! Cashia et toi reprendrez vos petits jeux demain !

-Bien Maître ..., dit-elle en s'inclinant.

-Je veux m'entretenir avec la Sang-de-Bourbe.

-Maitre, que faisons-nous de cette Moldue ?, questionna Cashia.

-Severus va la confier à Queudver ..., dit-il en jetant un regard à l'intéressé.

-Maitre ..., s'inclina-t-il en signe d'accord.

-Vas, mon fidèle. »

Le Maître des potions se releva puis s'avança vers Océane, la soulevant de force en essayant de lui faire le moins de mal possible. Elle se débattait comme une lionne, griffant et criant pour qu'on la laisse retrouver son amie. L'homme l'emmena de force, dans le couloir, ne remarquant pas Queudver derrière l'escalier. Océane se débattait contre le Maître des potions, martelant son torse de coups de poing en lui faisant tous les reproches qui lui étaient restés en travers de la gorge.

« Comment pouvez-vous ?! Elle s'est faite torturée et vous, tout ce que vous avez fait, c'est vous asseoir à côté du monstre qui a ordonné ça ! Vous êtes un monstre, un horrible monstre ! Un sadique, un bâtard, espèce de psychopathe dégénéré ! Elle vous faisait confiance, et vous, vous allez rejoindre ce type ?! Vous me dégoutez ! Salopard ! Espèce de fils de ...

-Vous avez fini ?!, la coupa-t-il.

-Si ... si j'ai fini ? ... mais bordel de merde ! Je vais vous tuer ! Est-ce de sale connard de merde, décérébré, vous êtes pareil psychopathe que votre abruti de Maître ! Vous êtes un moins que rien, autant que l'autre affreux qui s'est prit un mur en pleine face ! Comment vous pouvez vous regarder en face après avoir trahis Hermione de la sorte ?! Vous lui avez dit que vous étiez son âme soeur, vous avez joué l'homme parfait pour elle, j'ai cru que vous étiez sincère... et maintenant, vous la regarder se faire torturer sans bouger le petit doigt ?!

-Bon ... vous arrêtez, oui ou non ?!

-Je vais arrêter, mais uniquement pour vous tuer !, dit-elle en essayant de l'étrangler.

Severus put facilement la maîtriser, tenant ses poignets en la regardant droit dans les yeux.

-Je n'ai pas trahis Hermione... Mais elle ne veut pas que je la sauve.

-Comment ça ?

-C'est vous que je dois sauver avant. Elle voulait que vous soyez sortie de là avant. Et je ne peux pas griller ma couverture maintenant, c'est pour ça que je n'ai pas réagit depuis tout à l'heure.

-Ooh ..., dit-elle en baissant les yeux, honteuse.

-Je vais vous sortir d'ici ... », dit-il avant de transplaner.

Il déposa la jeune fille juste devant la porte de la maison des parents d'Hermione, repartant le plus rapidement possible au Manoir Malefoy.

Pourtant, quand il entra de nouveau dans la vaste salle à manger, il comprit que quelque chose n'allait pas : les autres Mangemorts avaient désertés la salle. Il ne restait qu'Hermione, toujours attachée à cette chaise par des lanières de cuir, Queudver et le Maître.

« Severus ... D'où viens-tu ?, demanda le Lord.

-Je n'ai pas su trouver Queudver, donc, je me suis occupé seul de la vermine, mais ensuite, je l'ai vu quitter la pièce où j'avais laissé la fille pour entrer ici, j'ai cru bon de vous laisser, Maître, mais ensuite j'ai réalisé que je n'avais pas reçu les ordres suivants.

Durant sa plaidoirie, Severus avait manipulé par magie la mémoire du Rat, lui implantant de faux souvenirs à l'esprit.

-C'est étrange, vraiment..., répondit-il songeur.

-Quoi donc, Maître ?

-Queudver, viens de me rapporter que mon fidèle bras droit, celui en qui j'ai une confiance absolue, serait en réalité un traître.

-Mon seigneur ..., voulut-il commencer.

-Non ! Écoute moi bien, Severus, tu es mon plus fidèle et mon plus dévoué Mangemort depuis près de vingt années..., dit-il en pénétrant dans son esprit.

-Je fais de mon mieux pour vous combler My Lord ..., dit-il en se laissant sonder, lui dissimulant sa trahison.

-Pourtant ... Queudver est toujours resté près de moi depuis tout autant de temps...

-Sire, si je n'étais pas avec vous, c'est surtout parce que j'espionne Dumbledore. En tant que professeur, je n'ai malheureusement pas autant de temps à vous accorder que je le voudrais.

-J'y entend bien ... C'est pour ça que, vous démentir ces propos qui le sont revenus à l'oreille, je ne te demanderai qu'une seule et unique chose ...

-Tout ce que vous voudrez.

-Torture-la ! », Dit-il en désignant Hermione d'un geste dédaigneux.

Il se tourna face à la jeune fille, levant sa baguette lentement devant lui, la pointant vers elle. Il ne savait pas que faire ... La torturer le briserait de l'intérieur, et il savait qu'il risquait de la perdre. Mais ne pas le faire, ça signifierait sa trahison et leur morts à tous les deux. Une mort très certainement longue, douloureuse, tortueuse. Il savait que tout le monde se ferait une joie de jouer personnellement de la baguette contre lui et contre la sorcière. Le temps s'arrêtait tandis qu'il fixait son regard dans le sien, se plongeant dans les iris whisky de sa belle.

Severus ... Fait le ..., dit-elle d'une voix douce dans son esprit

Je ne peux pas ...

Si ... Montre lui quel homme tu es ...

Je suis un traître...

Pas à notre cause ... Fais le ... S'il te plaît.

Ma douce, je ne peux pas ..., dit-il en commençant à baisser imperceptiblement sa baguette.

Fais-le ! Je t'en supplie : fais-le. Je n'ai pas subis tous ces sorts et cette marque pour mourir de ses mains.

Il était toujours autant tiraillé, pourtant, l'argument de la jeune fille fit mouche. Elle avait supporté tant de chose sans sourciller, n'accordant que quelques cris à peine face aux horreurs qu'elle avait subies.

Pardonne-moi, Amour ...

« Endoloris. », Dit-il alors d'une voix forte et claire, reflétant le total opposé de son état d'esprit.

Je t'aime Sev ...

Hermione venait de murmurer dans leur lien. Ce fut la dernière chose qu'il entendit de sa voix douce et tendre, maintenant, son visage n'étant que douleur et crispation.