Merci pour vos reviews. C'est ma plus grande récompense, en plus d'une géniale motivation, de voir vos réactions partir au quart de tour. Vous n'imaginez pas à quel point ça fait plaisir de constater que vous continuez à suivre et à aimer...
Suite à une remarque de Bee, j'aurais bien voulu reprendre mon rythme de publication d'un chapitre par semaine (surtout que j'aimerais vraiment avoir terminé cette histoire avant la sortie de Civil War, et y'a encore pas mal de chapitres prévus). Malheureusement, je n'ai pas beaucoup de temps libre, pour le moment, et en plus je me trouve dans une impasse scénaristique majeure (y'a des trucs qui doivent se passer en même temps, sauf qu'ils se déroulent à trois rythmes complètement différentes, et je ne sais pas du tout comment gérer ça). Quoi qu'il en soit, vu que ce chapitre et le suivant sont déjà écrits et comptent parmi mes préférés, j'ai vraiment envie de les partager avec vous. Donc en voici un aujourd'hui, et le prochain arrivera dans une semaine tout pile. Après, par contre, faudra attendre un peu que j'aie réglé mes problèmes spatio-temporels...
Lulu : Eh oui, j'avais prévenu pour le fanservice.
Pas que Pammy... Le Professeur a dit "des".
J'espère que le rendez-vous sera à la hauteur de tes attentes ^^
Le petit de la poule pas très équilibré (oui, mais ça devient de plus en plus difficile, hein) : On sait jamais, ça peut servir, la bio :p
Suis contente que les réflexions de Pietro t'aient amusée. C'est un petit rigolo, mine de rien :p
A mon avis, Mystique n'est pas en mesure de mettre qui que ce soit enceinte. Et entre Wolverine et Marjorie/Evanora, ça collerait jamais ^^
Je suis un peu partiale, mais je dirais qu'il est à moralité fluctuante, le Papa (il a des côtés très gentils et des côtés franchement méchants, ça dépend avec qui et dans quelles circonstances...)
Quetsche : Ça prendra encore quelques chapitres, mais promis, on finira par savoir ce qu'il en est au niveau des "prétendants" (c'est ptêt clair dans ma tête, mais dans l'histoire, rien n'est encore joué)
Julia : Je croise les doigts pour ne pas te décevoir ! ^^
Mero : (La rentrée, c'est jamais évident. Mais essaie ptêt de participer à des activités sportives et/ou de loisir organisées par ta fac ? C'est le bon moyen pour rencontrer les gens dans une ambiance plus détendue. Tu suis quoi comme cursus, au fait ?)
Bucky arrive la fois prochaine, mais j'espère que ce chapitre-ci t'aura plu malgré tout ^^
Et je suis super fière de t'avoir fait apprécier Pietro. Quant à savoir avec lequel Em finit... c'est une surprise ;-)
Bee : Le wifi, c'est magique, moi je dis ^^
Et sinon, tu ne m'as pas dit si tu avais vu Les 4 Fantastiques, finalement ?
Tu sais que mes chapitres sont de plus en plus longs, pourtant ? Au début, ils faisaient 2.400 mots et des rawettes (comme on dit chez moi), et maintenant, ils dépassent presque toujours les 3.000.
Alors oui, ton raisonnement est correct, Marjorie/Evanora est au courant
A titre personnel, j'estime que ce chapitre-ci est celui qui prouve une fois pour toutes que Cap n'est pas SI coincé qu'on le pense
La fois prochaine, on retrouve James Buchanan Barnes...
Pippa ne se rappelait pas avoir été aussi nerveuse de toute sa vie. Après avoir changé de tenue six fois en une heure et demie, elle envisageait sérieusement d'appeler sa sœur aînée à la rescousse. Sauf que Pippa en voulait encore à Em du pavé jeté dans la mare la veille. Bien sûr, sans son intervention, Steve et sa cadette se seraient encore tourné autour pendant un sacré bout de temps sans oser faire le premier pas... quoique peut-être pas tant que ça, vu la manière décidée dont il avait finalement embrassé Pippa.
En quelques minutes, Steve était parvenu à bouleverser l'image que celle-ci avait de lui. Jusqu'alors, elle l'avait toujours considéré comme un peu prude, même si son côté gentleman désuet ne manquait pas de charme. Mais ce baiser avait donné tout son sens à l'expression "Il faut se méfier de l'eau qui dort". Parce que si c'était comme ça que Steve Rogers embrassait, Pippa n'osait imaginer comment il se comporterait dans un lit, à l'abri des regards. Encore que la jeune femme sentait confusément que laisser ses pensées s'aventurer jusqu'au lit de Captain America n'était sans doute pas une très bonne idée, en tout cas dans l'immédiat. Si elle commençait à l'imaginer sans vêtements, Pippa risquait fort de plus être capable de penser à autre chose. Or elle avait impérativement besoin d'avoir les idées claires pour affronter Steve.
Bien que le terme affronter soit sans doute un peu excessif. Steve n'était ni son ennemi ni même son adversaire. Tout le problème résidait dans le fait que Pippa en était encore à se demander ce qu'ils représentaient l'un pour l'autre, exactement. Ils étaient amis, ou du moins aimait-elle à le penser. Mais Steve était-il du genre à avoir des amies avec avantages en nature ? Deux jours auparavant, l'idée lui aurait semblé ridicule. Toutefois, le baiser de la veille prouvait qu'elle était loin d'avoir fait le tour du personnage.
Pour sa part, Pippa doutait de pouvoir concilier amitié et sexe sans engagement affectif. Même avec lui. Surtout avec lui. Parce que lorsque Steve l'avait embrassée, son cœur s'était soudain mis à tambouriner dans sa poitrine d'une manière qui aurait fait honte à une héroïne Disney. Pippa en pinçait pour le jeune homme depuis un certain temps déjà, même si elle refusait de le reconnaître. Et ce baiser avait réveillé la fleur bleue qui sommeillait en elle, laquelle avait fleuri avec une telle ardeur que tout retour en arrière risquait de s'avérer difficile, pour ne pas dire impossible.
Pippa se laissa tomber sur son lit avec un grognement de frustration et enfouit sa tête dans ses mains. À force de tourner en rond toute seule dans sa chambre, elle allait devenir dingue. Et il était au moins trois heures et demie trop tôt pour se rendre à son rendez-vous. Presque malgré elle, la jeune femme pressa la touche de rappel sur son téléphone portable.
- Allo ? fit la voix étouffée de sa sœur aînée.
- Avant toute chose, je tiens à ce que tu saches que je t'en veux toujours pour hier, commença la cadette, surtout que tu m'as laissée en plan pendant presque deux heures.
- Je suis désolée, Pipps, souffla Em avant de fondre en larmes.
Pippa fut totalement interloquée. La veille, sa sœur lui avait en effet semblé un peu distante, mais elle avait mis ça sur le compte de la fatigue liée à leur longue journée. En y repensant, elle réalisait qu'Em n'était pas sortie indemne de sa rencontre avec Bully Beans. Pippa se sentit soudain coupable de s'être tellement pris la tête sur cette histoire avec Steve qu'elle n'avait même pas remarqué la détresse de son aînée.
- Où tu es ?
- Écoute, ne t'en fais pas pour moi, d'accord ? sanglota sa sœur. Je t'assure que ça va…
- Emmy-chou…
Il y avait une nuance d'avertissement dans la voix de Pippa, que sa sœur connaissait trop bien pour essayer de discuter.
- À la maison, soupira cette dernière.
- Et le moustique ?
- Soit elle est à la fac, soit sortie avec une charmante demoiselle qui a – et je cite – "un piercing dans la langue, faut absolument que j'essaie !". Fin de citation.
La voix d'Em souriait, à présent, mais Pippa ne s'en laissa pas conter. Sa sœur avait besoin de se changer les idées, et elle aussi. Autant faire d'une pierre deux coups, en profitant de l'occasion pour se détendre avec un petit verre d'alcool. Pippa ne buvait pas très souvent, et n'avait par ailleurs aucune intention de rouler sous la table avant son rendez-vous avec Steve. Il n'empêchait qu'un cocktail fruité serait le bienvenu pour détendre l'atmosphère. Et Em avait définitivement besoin de s'en jeter un petit, elle aussi.
- Rendez-vous chez Duncan dans vingt minutes, déclara-t-elle.
- Oh, c'est gentil à toi de le proposer, chérie, mais il n'est que deux heures de l'après-midi, et j'ai encore plein de lessive à faire. Et puis j'ai promis à Sarah…
- C'est adorable que tu penses avoir le choix. Soyons bien claires, si tu n'es pas chez Duncan à l'heure dite, j'envoie à Darcy la vidéo de cette chorégraphie que Sarah t'a forcée à faire sur Gangnam style, en lui suggérant de la faire suivre à qui de droit.
- Tu n'oserais pas !
À la grande satisfaction de Pippa, toute tristesse avait déserté la voix de sa sœur, qui oscillait à présent entre le choc et l'indignation.
- Tu veux parier, Emmy-chou ? susurra-t-elle. Parce que, je te le rappelle, c'est précisément ça qui t'a mise dans la marmelade à la base…
- Espèce de garce. Je te promets que, la prochaine fois qu'elle réussira à t'avoir, ce sera à mon tour de rigoler.
- Je n'en doute pas une seconde. À tout de suite !
Pippa finit par se décider pour un jean noir tout simple et une chemise gris pâle ajustée. Elle y ajouta ses bottines cirées – qui avaient connu des jours meilleurs, mais les talons aiguilles lui paraissaient trop habillés et les Converse trop décontractées pour l'occasion – et sa veste en cuir usée jusqu'à la trame. Après un moment d'hésitation, la jeune femme décida d'attacher sa longue chevelure en queue de cheval, même si le temps lui manquait pour leur donner un peu de peps en faisant boucler les extrémités. Comme elle avait besoin de toute l'aide possible, Pippa enfila ses boucles d'oreille préférées, de minuscules pendants argentés en forme de dragons avec des yeux en améthyste, puis appliqua un peu de gloss sur ses lèvres et de mascara sur ses cils. Satisfaite du reflet renvoyé par le miroir, elle attrapa sac et clés avant de quitter son appartement.
Comme à son habitude, le bus lui passa sous le nez, et elle décida de marcher jusqu'au pub pour ne pas trop faire attendre sa sœur. Ce qui s'avéra une fausse bonne idée car elle arriva à destination échevelée et en sueur. Encore qu'elle ne devait pas être si mal, à en juger par les sifflements dont la gratifièrent quelques habitués assis au bar. Em était installée dans leur box habituel et grignotait des bretzels, le regard perdu dans le vague. Pippa se sentit quelque peu rassurée de voir que les yeux de son aînée ne présentaient pas de rougeur particulière, quoique son visage fut un peu pâle.
- Wow, tu t'es mise sur ton trente-et-un, on dirait, déclara celle-ci alors que sa sœur se glissait en face d'elle. C'est pour un rendez-vous galant ?
Évidemment, ce n'était là qu'une boutade, mais Em avait frappé si juste que sa cadette en eut aussitôt le feu aux joues. Pippa avait presque l'impression de revivre l'épisode de la veille, à part que cette fois Steve était absent. Après l'avoir étudiée du regard, son aînée haussa les sourcils, si fort qu'ils atteignaient presque la racine de ses cheveux.
- Oh mon dieu, c'est pas vrai ! T'as un rencart ? Avec Captain America ?
Elle avait prononcé les mots d'une voix suraiguë. Pippa se mordit la lèvre inférieure et hocha piteusement la tête.
- Pippa ! Dire que j'ai failli croire à tes salades de "On est seulement amis" !
- Mais on l'est ! Ou on l'était ! Enfin…
La jeune femme se mordit à nouveau la lèvre inférieure, et se décida enfin à raconter toute l'histoire à sa sœur, n'omettant aucun détail, pas même lorsqu'elle avait souhaité à Steve de se faire bouffer par une pieuvre géante, ni ce curieux rêve où elle devait préparer des fondants pour le dessert et l'avait trouvé sur la table, nappé de chocolat fondu... Elle ne s'arrêtait que le temps de prendre une petite gorgée de Piña Colada ou quelques bretzels. Lorsque Pippa en arriva au baiser de la veille – et incidemment à la fin de son verre, quoiqu'elle résista à l'envie d'en commander un second –, Em couina. Au sens littéral du terme. On aurait dit qu'un hamster avait temporairement pris possession de sa bouche. Pippa poussa un soupir.
- Le problème, c'est que je ne sais toujours pas où on en est. D'une certaine manière, ce baiser rend les choses plus compliquées encore…
- Je ne vois pas pourquoi.
- Eh bien, tant qu'on était juste des amis, la situation était claire entre nous, au moins.
- Ouais, sauf qu'embrasser quelqu'un sans même t'en rendre compte, ça s'appelle un acte manqué. Et ça a une certaine signification sur le plan psychologique, te signalerais-je.
- Tu veux en venir où, au juste ?
- Au fait que tu as été attirée par lui dès le départ. Pipps, tu l'as surnommé le mec canon de l'ascenseur !
Pippa se gratta la paupière avec embarras.
- Ben… c'était le cas… marmonna-t-elle.
- Je ne dis pas le contraire, mais il me semble qu'essayer d'être "juste amie" avec un homme pour lequel tu éprouves une forte attirance n'est sans doute pas très sain…
- C'est le cas pour toi et Brady Bulls ?
Em cligna des yeux plusieurs fois avant de comprendre à qui sa sœur faisait allusion. Et ses joues prirent alors une teinte écarlate tout à fait révélatrice.
- Ce n'est pas… commença-t-elle.
Pippa lui adressa son regard le plus sceptique. L'aînée se massa les tempes.
- Bon d'accord, il y a des moments où je me rappelle tout à coup que James est un homme, avec un très beau sourire et des yeux magnifiques.
L'image du regard azur de Steve s'imposa au cerveau de sa cadette, qui ne put réprimer un soupir rêveur.
- Mais tu sais, ce sont juste des pensées vagabondes, ça ne veut rien dire. Au final, James est mon ami, et il a besoin de moi.
Ce qui était malheureusement la kryptonite d'Em. Cette dernière était incapable de tourner le dos à quelqu'un qui avait besoin d'elle, quelles que soient les circonstances. Et Pippa craignait que Monsieur ex-Hydra ne sape le peu d'énergie qui restait à sa pauvre sœur. Essayer d'en discuter avec celle-ci ne servirait à rien, mais peut-être pourrait-elle en toucher un mot à Steve ? Sans doute Baxter… Benny… Bob ? n'était-il pas un si mauvais gars – Steve n'aurait pas été son ami, dans le cas contraire –, mais Em était fragilisée par son anniversaire, l'histoire avec leur mère et les Avengers, sans compter ce boulot qui sapait toute son énergie. Sarah avait d'ailleurs dû recourir au chantage pour qu'Em s'accorde quelques jours de repos, pendant qu'elle-même réfléchissait à une solution de repli. Pippa, qui n'avait pas entièrement confiance en sa cadette dans ce domaine, entendait bien prendre part à la réflexion.
- Et puis, ne t'inquiète pas, reprit l'aînée avec un sourire triste, James n'est absolument pas attiré par moi.
Pippa se demanda si sa sœur avait conscience de tout ce qu'elle révélait via cette simple réflexion. Peut-être quelqu'un qui ne l'avait pas connue toute sa vie ne s'en serait-il pas rendu compte mais, pour sa cadette, c'était limpide.
- Tu es amoureuse de Bob Burns, s'exclama Pippa, accusatrice.
- On t'a déjà dit plusieurs fois qu'il s'appelait Bucky Barnes, rétorqua sa sœur avec agacement.
Au point qu'elle en oublia de contester la déclaration de sa cadette. Quand on parlait d'actes manqués…
- Oh c'est pas vrai !
Le sang se draina soudain du visage d'Em, laquelle fixait de ses yeux écarquillés la porte du pub comme si Satan en personne venait d'en franchir le seuil. Pippa se retourna pour vérifier par elle-même ce qu'il en était. L'image n'était pas si éloignée de la réalité, en fin de compte, car Kenneth Andrews, plus connu sous le nom de Kenny – ou d'un certain nombre de répugnants insectes dans le cas de Sarah – venait en effet d'entrer.
- Qu'est-ce qu'il vient foutre ici, celui-là ?
- Pipps… Kenny habite dans le quartier, je te rappelle. Il a autant que nous le droit de venir dans ce pub.
- À cinq heures de l'après-midi ? C'est pas tellement son genre, pourtant...
- Peut-être a-t-il terminé le travail un peu plus tôt, je ne sais pas, commenta Em en haussant les épaules.
Une fois remise du choc, Celle-ci semblait presque sereine. C'était surprenant compte tenu de la manière dont elle avait pris leur rupture. Encore que Pippa n'aurait pas songé à s'en plaindre. En ce qui la concernait, la place légitime de Kenny était en dehors de leurs vies. Même si elle n'était pas certaine que Buster ex-Hydra constitue vraiment une amélioration.
- On peut aller ailleurs, si tu veux, proposa-t-elle.
Sa sœur leva le nez pour consulter l'horloge à l'ancienne suspendue au-dessus du bar et secoua la tête.
- Toi, il faut surtout que tu y ailles, ou tu vas finir par être en retard à ton rendez-vous. Tu ne voudrais pas faire attendre le Captain, n'est-ce pas ?
Pippa était en proie à un véritable conflit intérieur. D'un côté, elle détestait les retards. De l'autre, elle n'avait aucune envie de laisser sa sœur seule avec Kenny dans les parages.
- Ne t'inquiète pas, assura celle-ci comme si elle pouvait lire dans ses pensées. Il se trouve de l'autre côté, je devrais réussir à l'éviter sans trop de problèmes. Et on n'a pas encore payé nos consommations. File, je m'en charge.
- Je t'appelle ce soir ! promit Pippa en se penchant pour embrasser sa sœur sur la joue.
- J'espère bien ! Et Pippa… Merci de m'avoir changé les idées.
- C'était un plaisir, Emmy-chou !
Pippa n'avait pas la conscience tranquille tandis qu'elle se hâtait hors du pub, faisant un large détour pour éviter de se retrouver dans le champ de vision de Kenny-le-cafard. Pourtant, elle se refusait à faire attendre Steve, d'autant que sa sœur avait l'air en mesure de gérer la situation. À vrai dire, celle-ci semblait en bien meilleure forme que lorsque Pippa l'avait rejointe. De toute évidence, les tribulations amoureuses de sa cadette avaient détourné son esprit des pensées moroses qui y tournaient depuis la veille. Pippa résolut cependant de mettre cette histoire au clair dès que possible. Peut-être l'arrivée inopinée de Kenny-le-cafard était-elle la seule raison pour laquelle Em n'avait pas nié en bloc ses sentiments, réels ou supposés, à l'égard de Buster Lucky. Mais sa cadette n'en était pas si certaine. Et si sa petite grande sœur était en route pour un deuxième cœur brisé, elle aimait autant s'y préparer à l'avance.
En arrivant dans la rue, La jeune femme constata que celle-ci était remplie de monde, suite à la sortie des écoles et des bureaux. Zigzaguant entre les passants, elle courut jusqu'à son bus et parvint à attirer l'attention du chauffeur juste avant qu'il ne parte. Malheureusement, le bus pila net dans une flaque d'eau, l'éclaboussant copieusement au passage. La jeune femme réussit à limiter les dégâts à l'aide d'un paquet de mouchoirs et du miroir à travers lequel le conducteur surveillait ses passagers. Elle avait presque retrouvé apparence humaine lorsqu'il arriva à son arrêt, à quelques deux cent mètres du Starbucks.
Bien entendu, Steve s'y trouvait déjà, installé à une table haute dans un coin. Pippa fut ravie de constater qu'il avait pensé à lui commander un chocolate decadence cake et un frappucino aux fraises. Ce qui lui plaisait beaucoup moins, en revanche, était la rouquine aux généreux poumons qui essayait de se taper l'incruste et de mettre sa main aux ongles parfaitement manucurés sur ledit frappuccino – sans parler du Steve Rogers qui l'accompagnait…
Depuis la veille, Pippa avait passé en revue dans sa tête tous les scénarios possibles, avant de se décider pour une attitude décontractée. Après tout, puisque Steve avait pris l'initiative du baiser, c'était à lui de faire le premier pas. Mais lorsqu'elle imaginait leur face à face, Pippa ne le voyait gâché ni par sa propre apparence échevelée, ni par une autre fille en train de marcher sur ses plates-bandes.
Son cerveau se mit en pilote automatique et elle traversa le Starbucks en quelques enjambées, s'interposant d'autorité entre la rouquine et Steve. Ce dernier n'eut pas le temps de la saluer avant qu'elle n'enroule les bras autour de son cou en se plaquant contre lui pour l'embrasser comme si sa vie en dépendait.
Pippa avait agi par pur instinct de possession, pour montrer clairement à la fille que c'était son Steve à elle, et à personne d'autre. Sauf que le jeune homme avait aussi son avis sur la question. Après les premiers instants de surprise, elle le sentit rire doucement et glisser une main au creux de son dos, le bout de ses longs doigts effleurant ses fesses, tandis que ses lèvres quittaient les siennes pour s'aventurer le long de son cou. Pippa ne put réprimer un petit gémissement quand Steve effleura sa jugulaire du bout de la langue. Il était visiblement très doué à ce petit jeu.
- Tu penses que le message est bien passé ? souffla-t-il contre sa peau, envoyant des frissons d'excitation dans tout son corps.
- Hum ?
Pippa mit quelques instants à redescendre du petit nuage où l'avaient propulsée les lèvres du jeune homme. Elle tourna son regard brumeux vers l'endroit où se trouvait la rouquine l'instant d'avant et réalisa que celle-ci avait sagement décidé de ne pas rester tenir la chandelle.
- Elle est partie, déclara Pippa en s'écartant.
Pour constater que Steve la tenait prisonnière dans la cage solide de ses bras et n'avait aucune intention de la relâcher. Plongeant ses beaux yeux bleus dans les siens, il se pencha pour l'embrasser à nouveau, tout en douceur cette fois.
- Bonjour, déclara-t-il quand leurs bouches se séparèrent enfin.
- Toi-même, rétorqua Pippa, bien qu'elle ne puisse s'empêcher de sourire comme une idiote.
- Si j'avais su qu'il suffisait de me faire traiter comme un morceau de viande par la première venue pour que tu me sautes au cou, j'aurais fait ça plus tôt, remarqua Steve avec un sourire narquois.
La jeune femme lui lança un regard noir.
- Peut-être que je devrais juste porter un t-shirt "Propriété de Philippa McGillis" à partir de maintenant ? proposa-t-il d'un air innocent.
- Tu ferais ça ?
- Eh bien… pourquoi pas… à condition naturellement que tu portes une marque, toi aussi.
- Quel genre de marque ?
- Hmm… j'ai bien quelques idées, souffla-t-il avant de lui mordiller à nouveau le creux du cou.
Même si elle se sentait étonnamment à l'aise avec l'idée que Captain America semble déterminé à lui faire un suçon, la jeune femme le repoussa à contrecœur.
- Steve, ne le prends surtout pas mal, mais je me demande tout de même si tu ne serais pas un peu schizophrène sur les bords.
- Pourquoi donc ? demanda-t-il, surpris.
- Eh bien, après tout ces mois à jouer les effarouchés, tu te comportes de manière plutôt directe, je trouve.
Au lieu de prendre la mouche, le jeune homme esquissa un sourire embarrassé.
- Pour tout te dire, ce qui me dérangeait le plus, c'était le fait de t'associer à des… hum… relations intimes, expliqua-t-il en rosissant légèrement.
Pippa le trouva tellement adorable qu'elle lui pinça les joues.
- J'arrive pas à croire que tu sois capable de m'embrasser de cette manière mais pas de prononcer le mot sexe, déclara-t-elle tandis qu'il haussait un sourcil.
- C'est mon côté vieux jeu, mademoiselle. Mais puisque tu es ma bonne amie, maintenant, j'ai le droit de t'embrasser en public, alors je ne vois pas pourquoi je m'en priverais.
- Ta bonne amie ? répéta-t-elle en fronçant les sourcils, tant l'expression lui semblait incongrue.
- Ce n'est pas le cas ?
Soudain, le regard de Steve s'ombra de doute et il fit mine de s'écarter. Pippa le retint par le col, lissant ses mèches blondes et remettant de l'ordre dans sa chemise qu'elle avait un peu malmenée.
- Je pense que je devrais pouvoir faire avec, déclara-t-elle avant de l'embrasser à nouveau.
