Et oui, le frangin entre dans la danse ... je ne pouvais pas ne pas aller le chercher, j'adoooore trop son personnage. Il va même tenir un sacré rôle dans ma fic, mais pour commencer, laissons-lui un peu la parole ... alors ... Bonne lecture ^^ et merci pour vos reviews !

petit rappel : publication tous les matins vers les 8 heures, pour le café ^^ On est tout près de la moitié de l'histoire avec ce 38e épisode sur 79 ce qui veut dire que j'ai encore plein de temps pour les maltraiter hihihi

Disclaimer : Les personnages et le monde de Naruto appartiennent à Masashi Kishimoto. Je ne gagne aucun centime avec leur utilisation, juste le plaisir d'écrire.


38 - Entre frères

De légers coups sur un carreau d'une fenêtre ainsi qu'une délicieuse et alléchante odeur de nourriture se sont associés pour me réveiller. Je me redresse lentement et jette un coup œil autour de moi. Je suis étendu sur un futon posé dans un des coins de la pièce. Itachi, qui a délaissé son manteau, est en train de s'essuyer les mains en s'approchant du coin cuisine de la maisonnette. Il remue une dernière fois ce qui mijote doucement sur l'âtre, puis va ouvrir la fenêtre. Un éclair noir pénètre alors dans la pièce, tournoie quelques instants au-dessus de moi, puis se pose sur le rebord de la table. Itachi referme consciencieusement le battant, se retourne vers le corbeau, et tend le bras vers lui. L'oiseau se jette instantanément sur sa paume et, comme je l'ai déjà vu, s'explose en fines gouttes noires qui s'évaporent rapidement. Mon frère ferme alors les yeux tandis qu'un soupir quitte ses lèvres. Lorsqu'il les rouvre, il les dirige vers le futon où je suis couché. Un léger sourire illumine alors son visage lorsqu'il tombe dans mon regard.

- Tu as enfin décidé de revenir dans ce monde ?

Je porte une main à mon front douloureux.

- Migraine ? Tiens, avale ça.

Je relève la tête, et tombe dans ses deux puits sans fond si semblables aux miens. Il est agenouillé devant moi et me tend un comprimé vert et un verre d'eau.

- Ce n'est pas empoisonné, tu sais. Pas très goûteux je te l'accorde, mais très efficace contre les migraines.

- Les pilules énergisantes de Kabuto étaient certainement bien pires.

J'attrape le verre d'eau, le cachet et avale les deux.

- Merci…

Il promène son regard sur moi en examinant chaque centimètre carré de mon visage.

- C'est aussi étrange pour toi que pour moi, Nii-San?

- Je pense, oui. Sauf que moi, j'ai abandonné un enfant et que je retrouve un homme. Tu as faim ? Ce n'est pas le petit dango que tu as mangé il y a une demi-heure qui va te requinquer.

Il se relève et s'apprête à retourner au coin cuisine mais je l'arrête timidement en posant ma main sur son bras.

- Itachi … je …

Il se stoppe, se retourne et revient s'accroupir devant moi, un léger sourire aux lèvres.

- Oui ?

- Tu …

Je n'ai pas le temps de formuler ma pensée qu'une main vient ébouriffer mes cheveux.

- C'est effrayant comme me retrouver face à toi m'est naturel. Tu es devenu un homme magnifique mais j'arrive à retrouver mon idiot de petit frère dans chacun de tes gestes. C'est comme si tu avais le pouvoir d'effacer ces dix dernières années, c'est … angoissant … Je me souviens quand Mère t'a déposé dans mes bras la première fois, j'étais si fier d'être ton grand frère. Tu étais si fragile et tu m'as rendu si heureux ce jour-là, juste parce que tu existais. Notre vie n'aurait pas dû être celle qu'elle est...

- On peut la changer …

- La changer ?

- Reviens avec moi à Konoha.

- Qu… quoi ?

- Je vais trop vite, je sais … Il y a tellement de choses qu'il faut que je te raconte avant … notre rôle de gardien, le Descendant Rouge, le Fûjin no inabikari, ma rencontre avec Obito…

- Holà holà, Sasuke, calme toi, tu veux bien ?

- Le plus simple serait de commencer par te montrer la lettre de Père… Tu as mon rouleau de scellement ? Non attends ! Est-ce que tu connais ces pendentifs ?

Je sors la chaîne qui pend à mon cou et lui met sous le nez les deux médaillons en forme d'éventails. Mon frère s'esclaffe et tend la main pour saisir un des deux bijoux.

- L'emblème du Clan ? Très joli. J'ai remarqué que tu en portes toujours les couleurs. D'ailleurs, tu es ANBU ?

- Non … ces fringues sont à toi … les miennes faisaient … comment a-t-il dit déjà … danseuse ? strip-teaseuse ?

Un énorme éclat de rire retentit dans la petite pièce. Kami-Sama, que ce son est doux à mes oreilles et combien il m'a manqué ! Pour le reste du village, Itachi Uchiha était un génie froid et professionnel, mais pour moi, c'était l'être le plus lumineux et joyeux qui soit. Il était ma bouffée d'oxygène dans mon univers coincé familial. Tous mes meilleurs souvenirs jusqu'à mes sept ans sont avec lui, avec son rire, avec son regard doux posé sur moi. Et là, en ce moment présent, devant ce rire qui emplit mes oreilles, qui fait battre mon cœur, j'ai sept ans. Sans plus réfléchir, je passe de la position assis sur mes fesses à sur mes genoux, et me jette sur l'homme riant en face de moi. Mon entrain est tel que je lui fais perdre son équilibre et que je nous précipite tous les deux au sol. Mais je ne m'en inquiète pas, la seule chose qui compte, c'est ce corps que je serre contre moi, cette odeur que je retrouve. Ma respiration se suspend quand je sens deux bras fins mais puissants se resserrer contre moi et une voix tremblante me chuchoter à l'oreille.

- Pardon Sasuke. Pardon. Pardon…

Je secoue vigoureusement la tête entre ses pectoraux.

- Non, ne t'excuse pas … tu avais une mission. Je comprends tout maintenant. Je ne suis plus un enfant, tu n'as plus à me laisser derrière toi aujourd'hui, hein ? On est encore une famille, tu es toujours ma famille.

- Les deux derniers membres du Clan Uchiha.

Je me redresse lentement, regarde autour de moi et tend la main vers mon rouleau de scellement que je repère près du lit. Itachi essaie de se relever en même temps que moi, mais je le plaque au sol doucement. Il ne résiste pas et obéit à mon désir en reposant son dos au sol. Je déroule mon parchemin sur son torse et invoque la boite ciselée de Père. Je la prends en main et laisse la bande de papier glisser sur le sol en se refermant.

- Cette boite était dans le coffre de Père.

Je la lui pose dans la main et replonge me blottir contre son torse. Un petit déclic me fait savoir qu'il a ouvert le coffret ciselé.

- Nos cheveux ?

- Les pendentifs étaient accrochés à chaque mèche.

- Une lettre ?

Je lui laisse le temps de la lire. Je pose mon oreille contre son pectoral gauche, et écoute l'accélération subite des battements de son cœur.

- Sasuke, c'est quoi ce charabia ?

- Tu en as déjà entendu parler ?

- Non. Tu es certain que ça vient de Père ? Ce n'est pas …

- … son style de dire ça ? C'était dans le coffre derrière les livres de la bibliothèque du bureau de notre maison.

Je me relève et me traîne jusqu'à la table basse. J'y étale le rouleau que j'ai ramassé au passage et sors tous les documents que j'ai réunis : les rapports, les documents mais aussi les esquisses de mon petit artiste. Intéressé, Itachi se rapproche et passe sa main sur les feuilles de toutes les couleurs étalées sur le plateau.

- C'est quoi tout ça ?

- Ce qu'on a trouvé à droite et à gauche. Tu peux regarder.

Il tend la main, attrape divers papiers et laisse son regard les parcourir.

- Shisui ? Sasuke … ce papier sous-entend qu'on lui a volé ses yeux … Sasuke … c'est …

- Je n'en ai pas parlé à Naruto, mais je pense que tout est lié. Nos Sharingans et cette arme, cet éclair de Fûjin. Itachi … tu as affronté un des tueurs du Clan ce soir-là, c'est ça ?

- Oui… Je suis rentré tard de mission cette nuit. Le quartier était silencieux, tout le monde dormait. C'est quand je me suis rendu compte que je m'endormais debout que je me suis dit qu'il y avait quelque chose d'anormal et j'ai repéré qu'un nuage sombre planait sur nous. Un genjutsu. Je suis entré dans la première maison que j'ai vue et je n'y ai trouvé que des cadavres, ils avaient été tués dans leur sommeil. Je me suis précipité chez nous et j'y ai trouvé Père et Mère en discussion avec un homme. Puis soudainement, il les a tués. Ça n'a pris que quelques secondes … je n'ai rien pu faire. Je me suis jeté sur lui et je l'ai affronté. Je l'ai blessé quelques secondes avant que tu n'arrives dans la pièce. Ton irruption dans le dojo l'a fait fuir. C'est son sang que tu as vu sur moi. J'ai abandonné les corps et je t'ai poursuivi. Je ne voulais pas que tu retombes sur lui ou sur un autre tueur. Lorsque tu es sorti, le nuage a agi sur toi et tu t'es évanoui. Je pense que ta petite taille t'avait permis d'entrer sans être atteint mais que le vent avait dû rabattre les particules au sol entre ton entrée et ta sortie de la maison. Je t'ai amené au Sandaime et je suis revenu faire le tour du quartier. Tout le monde était mort. Quand je me suis présenté de nouveau face au Sandaime, il m'a fait part de son idée de mission. Il a fallu ensuite organiser la mise en scène. Je t'ai ramené auprès de Père et Mère, je t'ai réveillé puis j'ai repris la position auprès d'eux. La suite, tu la connais. Ta jeune mémoire traumatisée a compilé les deux mêmes endroits et tu as oublié ta première sortie de la pièce. J'ai ainsi fait de toi mon innocent passeport pour cette mission qui allait nous séparer.

Je fais le tour de la table et me jette à nouveau dans ses bras. Il passe une main sur mes cheveux et me les caresse tendrement.

- Itachi … Shisui … Je me souviens d'une discussion entre toi et des hommes du Clan …

- Shisui n'a pas été assassiné comme tendrait à le prouver ces rapports. Il s'est suicidé devant moi. Il m'a demandé de le rejoindre au temple en haut de la falaise, celui qui surplombe Konoha. Quand je suis arrivé auprès de lui, nous avons échangé quelques mots. Il m'a tourné le dos durant toute notre conversation. Je n'ai jamais vu ses yeux … Puis il a sauté dans le vide. Il était mon meilleur ami, je l'aimais beaucoup. Sa mort a éveillé mon Mangekyou.

- Se pourrait-il qu'il n'avait déjà plus ses pupilles ?

- Je l'ignore … attends … Lui arracher ses pupilles alors qu'il était en vie ? Tu es sérieux ?

- Itachi … Shisui avait atteint le Mangekyou, n'est-ce pas ?

- Oui. Ses yeux étaient considérés comme les plus puissants de tout le Clan. Tu penses que …

- Que ses pupilles auraient pu piéger le Clan entier dans un genjutsu ?

- C'est effrayant mais possible. Mais pourquoi ?

- J'ai une théorie mais pas de preuves et je ne veux pas t'influencer …

Les mains de mon frère se promènent sur les documents, les soulèvent, les retournent puis soudain, il se fige en regardant un dessin de mon petit artiste.

- Ca, je connais … tu l'as vu où ?

- Naruto et moi, nous nous sommes introduits dans la salle secrète du dojo Uchiha.

- Celle sous le septième tatami ? Tu as trouvé comment endormir le vent ?

- Le vent ? On l'a battu de vitesse.

- Tu m'impressionnes… Je ne devrais peut être pas te dire qu'il y a un interrupteur derrière un des panneaux du dojo alors …

- Un … interrupteur …

Mon frère se met alors à pouffer dans sa barbe quelques secondes, puis son regard redevient sérieux lorsqu'il se repose sur la feuille qu'il tient dans sa main.

- C'est un panneau long d'environ un mètre, c'est ça ?

- Oui.

- Il y a presque le même dans le temple.

- Ici ?

- Oui. J'ai passé des années ici, entre les murs de ce bâtiment. J'en connais chaque sculpture, chaque statue. Le motif là, tu as un agrandissement ?

- Oui, regarde, là.

- Kyubi ?

- Tu connais Kyubi ?

- Le démon renard ? Bien sûr. Il est le Bijuu rattaché à Konoha. A l'Akatsuki, il avait été question à une époque de rassembler tous les Bijuu pour créer une arme redoutable. Mais la mort de notre leader Pain a fait exploser le groupe et le plan est tombé dans l'oubli. Le temple qui est plus haut est dédié à Shichibi, le démon à sept queues. Tu n'as pas vu son énorme statue dans la dernière salle que nous avons traversée ?

- La grosse bête avec la corne ?

- Oui. Shichibi est le démon-Scarabée affilié au pays des Cascades où nous sommes.

- Tu penses qu'on pourrait retourner dans cette salle ? Merde, j'ai oublié les mecs de la Racine ! Ils doivent nous chercher.

- Ils ne chercheront plus rien. Un de mes corbeaux est venu m'annoncer qu'il avait identifié les douze corps. Tu as les as vu s'exploser dans ma main ? Lorsqu'ils regagnent mon corps, je vois ce qu'ils ont vu. Mes autres oiseaux sont toujours en surveillance au cas où … Je te propose d'y retourner demain. Pour l'instant, que dirais tu de goûter à ma cuisine ?

Je rassemble les documents éparpillés sur la table et les met de côté. Je me stoppe en voyant la petite boite, tends la main, et laisse glisser un doigt sur les fines ciselures.

- Nii-San ?

- Oui Sasuke …

- C'est tout ?

- Pardon ?

- Ces documents te suffisent ?

Il se fige et se retourne vers moi.

- De quoi tu parles ?

- Et bien … si j'étais venu directement te trouver en quittant Orochimaru...

- Pose directement ta question, Sasuke. Tourner autour du pot ne te ressemble pas.

- Nous nous serions affrontés ? Mortellement ?

- Oui. Mais ce ne sont pas ces documents qui m'ont fait changer d'avis. Il était toujours prévu que je t'affronte lorsque j'ai déposé mon kunai contre ton cou, dans la salle du temple. J'ai compris très vite que tu ne possédais pas le Mangekyou capable de voir à travers mon genjutsu. Mais ce qui m'a surpris, c'est que ton corps a réagi lorsque tu as reconnu ma voix. Tu t'es détendu et les battements de ton cœur se sont calmés. Pourquoi étais tu soulagé de me trouver si tu étais venu pour me combattre ?

- Tu n'as jamais voulu me tuer ?

Une main douce vient se faufiler dans mes cheveux.

- Sasuke, écoute moi bien, les grandes déclarations, ce n'est pas mon fort mais il semblerait que tu en aies besoin pour qu'on y voit clair, qu'on en ait besoin tous les deux, peut-être.

Je relève la tête et plonge mes yeux dans les siens. Onyx contre onyx. Il est de nouveau agenouillé devant moi et son visage est des plus sérieux.

- Tu es, et tu resteras jusqu'à ma mort, mon petit frère adoré. Kami-Sama a eu la générosité de te garder en vie cette nuit-là. J'ai accompli ma mission, j'ai fourni des informations au Sandaime jusqu'à sa mort. Je me doutais qu'un jour tu viendrais me chercher, après tout, j'ai tout fait pour que tu me haïsses de toute ton âme. Je me suis préparé toutes ces années à mourir de ta main. C'était ce que je voulais le plus au monde : te libérer du poids de ce criminel que j'étais devenu. Tu es bien venu me chercher, mais avec d'autres intentions. Kami-Sama m'offre une seconde chance, une seconde vie. Et qui plus est, une vie à tes cotés. Je ne suis pas convaincu que je pourrais réintégrer Konoha comme tu l'as dit, mais je veux tout tenter pour rester en contact avec toi. Tu ne veux pas me tuer, tu te rends compte ? Tu ne veux pas me tuer. J'ai encore du mal à le réaliser. Je peux te parler, te toucher, passer ma main dans tes cheveux et même te serrer contre moi sans voir de la haine dans tes yeux. Tu n'as pas idée de ce que cela représente pour moi.

- On … on est … ensemble ?

Ses yeux se plissent en même temps que les coins de sa bouche se soulèvent.

- Je vais avoir des soucis avec ton blondinet si tu dis ça ! Mais si tu veux dire qu'on est ensemble comme des frères, comme ce que nous étions avant le ... avant cette mission, alors c'est avec la plus infinie joie que je te répondrai oui. Avec plaisir, avec envie, avec fierté.

Je me jette dans ses bras, passe les miens autour de son torse et ferme les yeux, appréciant chaque seconde de cette étreinte fraternelle. Bien malgré moi, je sens mes yeux s'humidifier. Je me pelotonne encore plus dans ses bras, le visage camouflé contre son cou, quand sa voix s'élève de nouveau.

- Ma bouffe te fait si peur que tu lances des sujets pareils alors que nous devons passer à table ?

Je pouffe doucement à travers mes larmes, mais ne relâche pas ma pression sur son corps pour autant. Maintenant que je l'ai retrouvé, je ne veux plus le laisser filer. Soudain, je sens son corps s'effondrer un peu plus sur moi avant de tressauter régulièrement tandis que ses bras se resserrent plus fortement sur mon dos et que son visage se cache à son tour dans mon cou. Le repas attendra encore.