Chapitre 37

Narya avançait tranquillement vers le mur. Ralf, Funeste et Krokmou devaient les y attendre. L'après-midi était bien avancée, ils volaient haut, la brise était un peu fraiche. Lara était sereine malgré ce qu'il s'était passé un peu plus tôt. Varek souriait, il profitait du vol. Seul Harold affichait une mine sombre. Il songeait encore à la conversation qu'ils avaient eue après le combat, au fait que bientôt il enverrait de nouveau des hommes, ses amis au combat et que certains n'en reviendraient peut-être pas. Il devrait cependant le faire même si cela lui serrait le cœur. Il n'avait pas le choix s'il voulait offrir un monde meilleur à tous, c'était ça ou se soumettre et il en était hors de question. Une chose le tracassait néanmoins, jusqu'à présent ils n'avaient pas eu à affronter les dragons de Drago, mais quand cela viendrait, Harold devrait prendre une décision. Il savait déjà que les membres de la Coalition ne feraient pas de quartier, l'accord qui avait été passé n'avait pas vocation à s'appliquer durant la guerre, ils les tueraient sans remords. En revanche, lui devrait faire un choix. Ordonner aux nordiens de les tuer ou de les épargner.

Rien que l'idée d'ordonner qu'on tue des dragons lui donnait la nausée, mais s'il demandait au contraire qu'on les épargne, cela causerait sûrement de nombreux morts parmi ses guerriers. Son cœur lui disait une chose et sa tête une autre. Il savait pourtant au fond de lui ce qu'il devrait faire, que jamais il ne s'en remettrait. Il n'avait pas vraiment le choix, il dirait aux nordiens d'épargner autant que possible les dragons et dans les autres cas de faire ce qu'ils devaient pour rester en vie.

— Regardez là-bas ! s'exclama d'une voix tendue Lara.

Harold sortit de ses pensées, il regarda dans la direction qu'indiquait la jeune dragonnière. Dans la forêt en contrebas, non loin du mur, une colonne de fumée s'élevait. Un trou avait pris forme dans la frondaison des arbres comme si l'un d'entre eux était tombé.

C'est le chemin qu'ont dû prendre Ralf et Krok !

— Lara, il faut y aller !

La jeune guerrière tapota l'encolure de Narya tout en lui indiquant la zone d'où s'échappait la fumée. L'instant d'après la dragonne plongea à pleine vitesse. Tous s'accrochèrent comme ils le pouvaient pour ne pas se faire emporter par la vitesse, ils parcoururent la distance en un temps record. Narya avait senti que quelque chose n'allait pas et elle avait tout donné. Quand ils arrivèrent au-dessus de la zone, Harold eut la confirmation que son hypothèse était la bonne, un arbre avait été abattu. Il avait commencé à prendre feu, seul un dragon pouvait en être à l'origine. Harold en détourna son regard et vit un peu plus loin, Funeste, le cauchemar monstrueux de Ralf couché par terre, son dragonnier à genoux près de lui. Seul manquait Krokmou. Harold sentit un frisson glacial courir dans son dos.

Narya entama sa descente pour se poser à côté de Funeste. Harold sauta quasiment avant qu'elle ne touche le sol, il courut vers Ralf. En arrivant à côté de lui, il se rendit compte que son dragon était inconscient comme endormi.

— Ralf ! Tu vas bien ? Et Funeste ? Que s'est-il passé ? Où se trouve Krokmou ?

Le dragonnier avait une entaille au front, un peu de sang en coulait, laissant une trainée rouge sur son visage. Un bruit retentit du côté de la forêt, faisant se retourner tout le monde sauf Ralf. Deux gardes de Beurk, qu'Harold reconnut comme ceux qui montaient la garde à la porte du mur quand ils l'avaient franchi se trouvaient là. Ils avaient dû accourir ici en voyant la fumée, ils montaient désormais la garde.

— Je… J'ai fait ce que j'ai pu Harold. Ils nous sont tombés dessus par surprise, ils ont tiré ça sur Krokmou et Funeste, fit Ralf en tendant une fléchette à Harold. Je crois que c'est du poison, un genre de somnifère, il dort. Ils ont essayé de répliquer, dit-il en regardant l'arbre à terre, mais l'instant d'après ils se sont effondrés et des guerriers sont sortis de la forêt. Je me suis battu, j'en ai tué un, il faut que tu le voies Harold, je ne crois pas que ce soit un homme de Drago. Je me suis fait assommer.

— Pas des hommes de Drago ? Tu sais où ils ont emmené Krokmou ?

Ralf commença à se relever, Harold le saisit par le bras pour l'aider, il avait conscience que son ami aurait mieux fait de rester par terre, il le connaissait néanmoins assez pour savoir qu'il ne l'aurait pas écouté. Sans compter que la situation était bien trop grave pour qu'ils ne perdent du temps, il fallait absolument qu'il retrouve Krokmou le plus vite possible, mais il savait aussi que foncer tête baissée aurait été une grave erreur pouvant leur coûter cher.

— Je n'étais pas complètement dans les vapes, j'ai réussi à entendre une partie de leur conversation et… ils avaient des dragons Harold. Deux, blancs comme la neige, dit Ralf en le menant entre deux arbres où reposait un corps.

En le voyant, Harold eut la certitude que Ralf avait raison, il ne s'agissait pas d'un homme de Drago. Le guerrier était plutôt imposant, il avait une barbe épaisse, un visage couturé de cicatrices, mais surtout ses vêtements ne ressemblaient pas à ceux qu'on portait par chez eux. Ils étaient très épais, il y avait beaucoup de fourrures, bien plus que ce que portaient même les plus frileux des gens du nord. Il y avait ici et là des insignes en métal, surtout incrusté dans la ceinture en cuir, représentant des symboles, des lettres qu'Harold n'avait jamais vus.

À croire qu'ils vivent dans un endroit encore plus froid que le nord.

— Je n'ai jamais vu quelqu'un habillé ainsi, fit Lara.

— Moi non plus, murmura Varek.

— J'ai eu de la chance de le tuer. Je n'ai jamais combattu de tels guerriers. Harold, ils sont plus doués que nous, ce sont des guerriers d'élites…

De la peur couvait dans la voix du jeune guerrier au visage en sang. De nouveau un frisson glacial courut dans le dos d'Harold, si Drago avait trouvé des alliés d'une telle trempe alors il fallait craindre le pire.

— Tu as dit qu'ils avaient des dragons ?

— Oui, deux dragons blancs, ils ont mis Krokmou sur un genre de civière qu'ils ont accrochée aux dragons et ils sont repartis dans la forêt, dit Ralf en regardant le sentier s'enfonçant entre les arbres.

— Des dragons blancs…

Il se souvenait en avoir déjà vu un sur une île enneigée il y a longtemps lors d'une expédition avec Krokmou. Il avait essayé de l'approcher, le dragon ne s'était pas laissé faire, c'était une race extrêmement violente et vindicative. Il était étonné que quelqu'un ait réussi à en dresser plusieurs, ce qui ne fit que renforcer la crainte qui avait commencé à monter en lui.

— J'en ai déjà rencontré, il pourrait s'agir de rage des neiges, fit Harold sous le regard interrogateur de ses amis. Mais ce n'est pas le plus important, il faut qu'on récupère Krokmou. Tu as dit qu'ils étaient partis dans la forêt, est-ce que tu sais autre chose ?

— Je les ai entendu parler, ils ont dit qu'ils devaient rejoindre des hommes de Drago de l'autre côté de l'île.

Des hommes de Drago, c'est ce que je craignais…

— Mais ils ont aussi dit quelque chose d'étrange, je ne suis pas sûr d'avoir bien entendu, j'étais sonné. Ils ont dit que maintenant qu'ils avaient un furie nocturne, ils n'avaient plus besoin de Drago, qu'ils n'auraient pas à respecter leur marché et qu'il n'avait qu'à se débrouiller seul avec sa guerre. Ils ont aussi dit qu'ils n'avaient plus qu'à rendre visite au Collectionneur, continua Ralf.

Si c'est vrai, ces hommes n'aideront pas Drago s'ils obtiennent un furie nocturne, mais que veulent-ils en faire ? Et qui est ce Collectionneur ?

— Au Collectionneur ? demanda Lara.

— On n'a pas le temps pour ça, on en sait assez, il faut aller chercher Krokmou maintenant.

— On ferait mieux de les poursuivre à pied s'ils sont repartis dans la forêt et d'envoyer des dragonniers de l'autre côté de l'île pour chercher les hommes de Drago. On a plus de chance de les rattraper comme ça et de les prendre en étaux, fit Lara.

— Hmm… et puis en dragon, on ne verrait sûrement rien s'ils sont sous les arbres. Ralf reste avec Funeste, Var…

— Non je viens avec vous, le coupa Ralf d'un ton qui ne souffrait aucune contestation.

Son regard était explicite, peu importait sa blessure, il se sentait responsable et il voulait se venger. Harold savait qu'ils n'avaient pas plus de temps à perdre, il hocha la tête.

— Très bien. Varek tu veux bien rester avec Funeste ?

— Oui, de toute façon je ne vous serais pas très utile. Moi et le combat…

Harold lui fit un signe de tête, puis avec ses deux amis et Narya il se dirigea vers les gardes de Beurk.

— On va les poursuivre, allez chercher des renforts au village ainsi que des guérisseurs et informez les dragonniers, ils ont des hommes de l'autre côté de l'île.

Les deux guerriers semblèrent hésiter un instant, se demandant sûrement s'ils devaient obéir aux ordres de celui qui était à la fois le fils de leur chef et le leader du peuple du nord. Il pouvait voir dans leurs yeux qu'ils le connaissaient et après un instant à les fixer, ils acquiescèrent. Harold saisit le bras de l'un d'entre eux quand il passa à côté de lui.

— Informez les dragonniers, c'est important. Nos ennemis risquent de fuir sinon. Je sais très bien ce que vous pensez tous des dragons ici, mais nous sommes alliés, ne laissez pas votre fierté et les traditions nous mener à notre perte.

Le guerrier le regarda, il acquiesça une nouvelle fois puis Harold lui lâcha le bras. Ils partirent en direction du village.

— Harold, il y autre chose.

— Autre chose ? demanda Harold avec un regard interrogatif.

— Leurs épées, elles sont blanches quasiment translucide, on dirait presque de la glace aussi coupante si ce n'est plus que du fer de Gronk. Et elles ne sont pas toutes pareilles, j'ai eu le temps d'en voir une irrégulière comme dentelée et une autre incurvée au bout. Tu as une idée de qui ils peuvent être ?

— Je n'en sais rien Ralf. Pour l'instant le principal c'est de récupérer Krokmou et si possible de les capturer pour les interroger. On en saura plus à ce moment-là.

Il confina la peur qui était en train de prendre place dans son esprit, la recouvrant d'une détermination sans faille à vouloir sauver Krokmou puis lui et ses amis s'enfoncèrent dans la forêt. Ils prirent une direction légèrement différente que celle qu'ils avaient prise dans l'après-midi, qui les mènerait dans une zone de la forêt qu'Harold n'avait pas arpentée depuis longtemps.

— Ils sont passés par là, ça ne fait pas de doute, fit Lara après avoir observé le sol.

Ils venaient de courir pendant près de dix minutes, au début la trace avait été facile à suivre, il y avait beaucoup de buissons et d'arbres le long du chemin, les dragons n'étaient pas passés inaperçus, cassant de nombreuses branches sur leur passage, mais cela avait changé. Ils étaient arrivés dans une partie de la forêt moins dense, avec un chemin beaucoup plus large. On avait presque l'impression que la forêt avait été nettoyée intentionnellement pour donner envie à ceux qui passerait par-là de ne pas rester sur le chemin, mais au contraire de s'éparpiller. Le plus inquiétant étant la quasi-absence de bruit, un peu comme si la zone avait été oubliée des Dieux.

Ils recommencèrent à avancer à un rythme bien plus mesuré que ce qu'ils ne l'avaient fait jusqu'à présent. Harold avait envie de courir, son instinct lui disait cependant de ne rien en faire et il l'écouta. Plus d'une fois il l'avait sauvé et malgré la situation il ne comptait pas en faire abstraction, il ne servait à rien de foncer tête baissée si c'était pour tomber dans un piège.

Un piège… C'est vrai Varek m'en a parlé.

— Lara ! Non !

La jeune fille avait commencé à s'éloigner du chemin pour marcher entre les arbres, sûrement pour vérifier que leurs ennemis ne s'étaient pas séparés ou ne les avaient pas envoyés sur une fausse piste. En entendant Harold elle se tourna vers lui, mais il était trop tard, au moment où elle posa son pied droit sur le sol, une corde se resserra autour et une pierre tomba non loin. Lara ne put s'empêcher de crier, elle fut entrainée, se retrouvant tête en bas à plusieurs mètres du sol.

— N'approchez pas ! cria-t-elle à ses amis qui arrivaient. Il pourrait y avoir d'autres pièges, je vais me débrouiller.

Elle prit la dague qui se trouvait dans son dos, accroché à sa ceinture, puis elle commença à couper la corde.

— Attends Lara tu es sûr de toi, tu vas tomber tête la premiè…

Harold n'eut pas le temps de finir, la corde céda. Lara tomba, parvenant de justesse à changer de position pour tomber sur le côté, épaule la première. Harold ne se préoccupa pas du risque qu'il y ait un autre piège, il se précipita vers son amie et l'aida à se relever. Un petit grognement s'échappa d'entre ses lèvres.

— Je vais bien, dit-elle en se frottant l'épaule. Heureusement qu'on a une bonne armure…

Elle et Harold retournèrent sur le chemin, ils recommencèrent à avancer les yeux grands ouverts, faisant attention où ils posaient les pieds. Seul le chemin semblait être épargné de toute fourberie au point qu'Harold commença à se demander si justement le piège n'était pas là. Leurs nerfs furent mis à rude épreuve, mais ils finirent par quitter la zone sans autre incident, se retrouvant dans une partie de la forêt tout ce qu'il y a de plus normal. La tension retomba, ils se mirent à avancer plus vite jusqu'à ce qu'Harold réalise ce qu'ils étaient en train de faire. Il entendit sous ses pas un craquement, immédiatement il comprit.

— Couchez-vous !

Son ordre était à peine donné qu'ils se jetèrent tous à terre, une volée de flèches passant juste au-dessus d'eux, évitant de justesse Narya. Ils attendirent plusieurs secondes puis ils se relevèrent.

— Les gens de Beurk sont vraiment des tarés ! s'exclama Ralf.

— Mais ça fonctionne, intervint Lara.

Les deux garçons se tournèrent vers elle et virent ce qu'elle désignait. Un peu plus loin, l'un des hommes qu'ils poursuivaient était mort épinglé à un arbre par une dizaine de flèches.

— Pour une fois on dirait que les jumeaux servent réellement à quelque chose, murmura Harold. Faites attention où vous mettez les pieds, on continue !

Ils recommencèrent à avancer, essayant de repérer les pièges à l'avance. Ils en déclenchèrent encore quelques-uns, évitant de peu d'être blessés, et virent plusieurs de leurs ennemis morts. L'un d'entre eux s'était pris des pierres sur la tête, un autre était tombé dans un trou rempli de piques. Aucun d'eux ne possédait d'armes, leurs compagnons les avaient sûrement récupérées.

Au moins on en aura moins à combattre.

— Tu as une idée de combien ils sont Ralf ? demanda Lara.

— C'était un petit groupe, je dirais cinq ou six.

— Ça veut dire qu'il en reste trois ou quatre, fit sombrement Harold.

Tous comprirent à son ton ce qu'il sous-entendait. Ils allaient être plus nombreux qu'eux, sans compter qu'ils avaient deux dragons féroces. S'ils étaient vraiment doués au combat leurs chances étaient minces.

Et avec mon bras dont je peux à peine me servir… Par Thor qu'est-ce qu'il m'a pris ?! J'aurais dû raccompagner Krokmou jusqu'au mur avant de le laisser avec Ralf. J'aurais dû me douter qu'on essaierait de s'en prendre à moi et Krokmou. Quel imbécile !

— Ce n'est pas ta fau… commença Ralf avant de s'interrompre.

On pouvait entendre au loin le fracas d'un combat, le rugissement des dragons et à n'en pas douter le bruit des arbres tombant au sol. Harold n'eut pas besoin de dire un mot, tous partirent en courant.

Le bruit de leurs bottes martelant le sol, de leur respiration saccadée et du rugissement des flammes prit place dans l'esprit d'Harold. Il ne les chassa pas, au contraire il se concentra dessus pour chasser toutes ses peurs et son ignorance de ce qu'il se passerait quand il arriverait. Ils coururent pendant plusieurs minutes puis les arbres s'espacèrent, laissant apparaitre des colonnes de flammes. Ils arrivèrent dans une clairière à l'orée de laquelle ils s'arrêtèrent.

Ils auraient sûrement dû continuer, foncer dans le tas avant que leur ennemi ne les remarque, mais le spectacle qui s'offrait à eux était pour le moins étonnant. De l'autre côté de la clairière, un braguettaure aux écailles vertes déversait un déluge de feu sur les rages des neiges, plusieurs arbres étaient couchés par terre, l'herbe était noircie et un mur de flammes s'était formé. Deux jeunes vikings jetaient à travers le rideau de feu tout ce qui leur tombait sous la main sur les trois guerriers qui se trouvaient de l'autre côté. Krokmou quant à lui était couché sur une civière qui reposait un peu plus loin, derrière leurs ennemis.

Harold eut besoin de quelques secondes pour analyser la situation, il s'était attendu à tout sauf à ce spectacle. Les jumeaux étaient là avec un braguettaure en train de s'en prendre à leurs ennemis, d'essayer de sauver Krokmou, il avait bien du mal à y croire. Les guerriers quant à eux ressemblaient en tout point à celui que Ralf avait tué, ils étaient habillés d'épaisses fourrures, une épée quasiment transparente en main, comparable à de la glace. Ils affichaient un certain flegme face aux événements, preuve qu'ils étaient des habitués des combats, ils s'étaient reculés hors de portée des projectiles, laissant le soin à leurs dragons d'encaisser les coups.

— Harold qu'est-ce qu'on fait ? demanda Lara avec la voix tendue.

Depuis qu'il avait appris la mort de Raina c'était le genre de situation qu'il redoutait, il allait devoir donner des ordres à ses amis en sachant qu'ils seraient peut-être blessés ou tués. Le pire étant qu'il n'était même pas sûr d'être capable de se battre, sa main droite commençait de nouveau à trembler et il lui fallut un puissant effort de volonté pour la stopper.

Fichu bras ! Je peux toujours me battre avec l'autre, mais je suis bien moins doué…

— Je… je… hésita-t-il.

La peur de perdre ses amis était en train de prendre le dessus, il ne voulait pas voir encore l'un des siens mourir. Il ne voulait pas ressentir cette douleur, savoir qu'il était la cause de leurs souffrances.

— Harold ! Je sais ce que ça fait, mais on a besoin de toi ! Ne laisse pas la peur te guider ! lui dit Lara en se plaçant devant lui.

Elle le secoua légèrement, le forçant à la regarder dans les yeux. Il hocha la tête, elle avait raison. Il cloisonna ses craintes dans un coin de son esprit et il se reprit.

— Je vais aller avec Narya pour tirer Krokmou loin des combats et le mettre à l'abri. En attendant toi et Ralf vous allez soutenir les jumeaux, vous retenez l'ennemi et si vous voyez que cela devient trop dangereux vous reculez.

Les dragonniers portèrent leur poing à leur cœur puis ils s'élancèrent vers les combats tout en dégainant leurs épées. Harold partit en courant vers Krokmou, Narya sur ses talons. Il aurait voulu lui aussi sortir son arme de son fourreau, mais il se retint, il ne s'était pas encore totalement remis de tout ce qu'il lui était arrivé dernièrement et il savait que dans son état il valait mieux qu'il attende le dernier moment. Il n'était pas sûr d'être capable de manier son épée bien longtemps.

Il s'approcha aussi rapidement que possible de Krokmou, ce n'est que lorsqu'il ne fut plus qu'à quelques mètres que l'un des guerriers le remarqua. Il cria quelque chose à ses compagnons qu'Harold ne comprit pas, puis il s'élança dans sa direction, mais Ralf s'interposa. Plutôt que de suivre les ordres il s'attaqua au guerrier, il semblait enragé, à n'en pas douter il s'agissait de celui qui l'avait assommé.

Fais attention, ne te laisse pas emporter par ta colère.

Harold accéléra un peu plus, il fallait qu'il agisse aussi rapidement que possible pour pouvoir aller aider ses amis. Il se laissa glisser au sol en arrivant auprès de Krokmou, rapidement il vérifia qu'il n'avait rien. Il semblait dormir profondément, il essaya néanmoins de le réveiller, mais sans succès. Il appela Narya.

— Il faut que tu m'aides à le déplacer, prends cette corde, on va le tirer par là-bas, dit-il en désignant l'opposé des combats.

La dragonne saisit dans sa gueule l'une des cordes de la civière qu'Harold lui tendait, il en prit également une, la passant par-dessus son épaule et ils se mirent à tirer. La civière commença à glisser sur le sol, progressant mètre par mètre. Derrière eux, le bruit du bois craquant sous l'effet des flammes résonnait, couplé aux cris de rage des dragons et des guerriers. Harold jeta un œil derrière lui tout en continuant avancer. Ralf avait écopé d'une nouvelle entaille, il avait reculé rejoignant Lara et les jumeaux qui avaient franchi le mur de feu. Ils faisaient face à deux guerriers, ses amis semblaient être en difficulté, même Lara qui un peu plus tôt dans la journée avait réussi à mettre à terre une montagne en moins de quelques minutes n'en menait pas large. La Garde Noire venait de trouver meilleur qu'elle. L'un des rages des neiges avait été sérieusement blessé, un des guerriers était à ses côtés tentant de le forcer à repartir au combat tandis que l'autre dragon faisait face au braguettaure.

Une partie de la forêt commençait à prendre feu, de la sueur coulait du front d'Harold. Avec un grognement il se mit à avancer plus vite, il fallait qu'il se dépêche. Quand il estima avoir mis Krokmou assez loin du danger, il lâcha la corde. Narya fit de même et tous deux partir en courant pour rejoindre leur compagnon. Harold vit le guerrier qui se trouvait auprès du rage des neiges blessé le tuer d'un coup d'épée, le dragon ne pouvant plus bouger il avait dû estimé qu'il ne leur était plus d'aucune utilité. Harold sentit la rage monter en lui.

Ses amis étaient aux prises avec les deux autres guerriers qui ne semblaient avoir aucun mal à affronter chacun deux d'entre eux. Lara avait rejoint Kranedur tandis que Kognedur soutenait Ralf. Le braguettaure quant à lui avait dû reculer un peu sous l'assaut du rage des neiges qui le combattait. Harold arriva avec Narya à leur niveau, dégainant de la main gauche l'une de ses épées, il attendrait encore un peu pour sortir l'autre. Quand les guerriers les virent, ils crièrent quelque chose dans une langue qu'Harold ne connaissait pas et le dernier d'entre eux frappa le rage des neiges dans l'intention de le pousser à délaisser le braguettaure pour les attaquer, mais cela n'eut pas l'effet escompté. L'odeur du sang du dragon mort s'était répandue dans l'air, enrageant un peu plus la bête qui plutôt que de les attaquer se retourna contre son maître. Elle déversa un torrent de feu sur le guerrier qui ne s'y attendait pas, ses cris emplirent l'air avant d'être recouverts par le rugissement du dragon. Il était devenu fou de rage, incontrôlable, crachant son feu tout autour de lui, faisant s'embraser l'herbe ainsi que les arbres tombés au sol qui se trouvaient autour de lui. L'un des guerriers délaissa son poste pour lui faire face, Harold saisit l'occasion.

— Les jumeaux allez calmer votre dragon ! commença Harold.

Il avait vu que le braguettaure s'apprêtait à s'en prendre de nouveau au rage des neiges et il avait jugé qu'il valait mieux laisser leurs ennemis se battre ensemble pour l'instant.

— Ralf, Lara avec moi ! Narya tu restes en retrait pour nous couvrir au cas où la situation dégénère ! termina-t-il en s'élançant vers le guerrier qui leur faisait face.

Ils attaquèrent tous les trois ensemble, Harold au centre, ses amis sur les flancs. Harold n'avait toujours pas sorti sa deuxième épée, vu leur configuration il estimait que ce n'était pas nécessaire. À trois contre un il était sûr qu'ils gagneraient, mais à sa grande surprise le guerrier qui leur faisait face réussit à éviter l'une des lames, envoyant valdinguer Ralf d'un coup de pied, et à bloquer les deux autres de son épée de glace. Les mettant dans une position de lutte épées contre épée. Si Harold en avait douté jusqu'à présent, il était désormais sûr qu'il ne s'agissait pas de métal, il sentait le froid qui émanait de la lame alors qu'elle n'était qu'à quelques centimètres. Il n'arrivait pas à comprendre comment elle pouvait être si résistante et encore moins pourquoi elle ne fondait pas face à la chaleur environnante. Pire que cela, il avait presque l'impression de voir la glace se répandre sur sa propre épée, preuve que sa peur et son imagination commençaient à prendre le pas sur sa raison.

Lui et Lara poussaient de toutes leurs forces sur leur épée pour tenter de percer la garde de leur ennemi qui malgré une grimace d'effort ne semblait pas ressentir la moindre difficulté. Ses yeux reflétaient une détermination sans faille et une absence de peur effrayante, il ne craignait pas de mourir. Il semblait être prêt à donner sa vie pour un objectif dont Harold ne pouvait qu'esquisser les contours.

Le guerrier poussa violemment sur son épée, repoussant Harold et Lara au moment même où Ralf chargeait. Il évita l'attaque du jeune guerrier en noir et l'envoya contre ses amis. Derrière lui un rugissement de douleur retentit, sous le regard impuissant d'Harold le rage des neiges s'effondra, tué par celui qui avait été son maitre. Il n'était néanmoins pas mort sans combattre, celui qui l'avait tué se tenait le flanc, il tenta de rejoindre son compagnon qui faisait face à Harold et ses amis, mais il s'effondra en arrivant à son niveau. Ce dernier jeta un regard de mépris à son cadavre, puis il se baissa pour s'emparer de son épée qu'il jeta dans un brasier que le rage des neiges avait allumé non loin.

Ils ne veulent pas qu'on récupère leurs armes…

— C'est donc toi le Protecteur du Nord.

La voix du guerrier était rauque, aux intonations dures. C'était un constat plus qu'autre chose, il semblait presque amusé.

— Chez moi il existe des légendes sur ceux de ton espèce, tu ne leur fais pas honneur.

— Sur les protecteurs du nord ? D'où venez-vous ? Pourquoi voulez-vous un furie nocturne ? demanda Harold, la rage couvant dans sa voix.

Pour seule réponse le guerrier sourit puis il serra un peu plus fort son épée avant de s'avancer. La discussion était terminée. Il chargea les trois amis qui encaissèrent le choc, réussissant difficilement à le repousser. Comprenant qu'il ne valait mieux pas attendre une nouvelle attaque s'ils voulaient s'en sortir, ils passèrent à l'offensive. Lara se désolidarisa du groupe avec l'intention de mener des attaques rapides dans les angles morts du guerrier tandis qu'Harold et Ralf tentaient de percer sa garde. Leur tactique n'eut cependant que peu d'effet, le guerrier avait compris leurs intentions. Il ne se laissait pas entrainer dans une position statique, encaissant et contre-attaquant tout en reculant jusqu'à se retrouver avec le cadavre de l'un rage des neiges dans le dos, empêchant Lara de l'attaquer par derrière.

Harold aurait aimé le capturer vivant pour l'interroger, mais ils n'avaient pas à faire à n'importe qui, il était clair que leur ennemi se battrait jusqu'à la mort. Continuer ainsi était bien trop risqué, Harold regarda Lara à qui il fit un geste de la main puis avec un effort de volonté et une grimace de douleur il se saisit avec sa main droite de sa deuxième épée tandis que la jeune guerrière faisait un signe à sa dragonne. L'instant d'après Narya effectua un lancer d'épine à la surprise de leur adversaire dont l'une lui perfora l'épaule gauche. Harold suivit de ses amis attaqua alors de toutes ses forces, les quatre épées en fer de gronk heurtèrent celle en glace. Un grognement de douleur s'échappa d'entre les lèvres de leur ennemi qui sous la force de l'attaque dut mettre genou à terre, mais il ne lâcha rien. Sa détermination était impressionnante.

Avec un cri de rage il commença à se relever sous les yeux incrédules des trois guerriers en noir, soulevant son épée de ses deux mains malgré l'épine encore plantée dans son épaule. Pendant un instant Harold sentit la peur prendre le dessus, si leur ennemi réussissait à les repousser rien ne l'empêcherait d'enchainer par une charge et ils savaient tous ce que cela voulait dire. Harold sentit sa main droite trembler, il ne tiendrait plus très longtemps, un sourire apparut sur le visage du guerrier qui leur faisait face avant de soudainement disparaitre quand des craquements se firent entendre. De l'incompréhension apparut dans son regard. Des fissurent se formèrent sur l'épée de glace puis elle se brisa en millier de morceaux sous la pression, les épées en fer de gronk s'abattirent.

Ralf réussit à faire dévier sa lame, celle de Lara se planta dans le torse du guerrier comme l'une de celle d'Harold. Par manque de force dans son bras droit, il avait lâché l'autre. Le guerrier s'effondra au sol, du sang coulant de sa bouche. Il essaya de parler, Harold s'agenouilla à ses côtés, l'homme n'en avait plus pour longtemps.

— Qu'est-ce qu'il raconte ? demanda Lara en s'agenouillant de l'autre côté.

Elle avait les traits tirés, le visage en sueur, sa voix était saccadée par les efforts fournis, mais au moins elle allait bien. En revanche le spectacle qui se déroulait derrière elle était bien plus inquiétant, de plus en plus d'arbres étaient en feu. Ils n'avaient pas beaucoup de temps avant que cela ne devienne incontrôlable.

— Je n'en sais rien, je ne comprends pas la langue qu'il parle, l'un de vous l'a déjà entendu quelque part ?

Ses deux amis secouèrent la tête, puis Ralf prit la parole.

— On dirait qu'il répète souvent le même mot, Utgard, c'est peut-être une prière ou le nom de leur chef.

— Hé ! Si tu me réponds, je t'aiderais ! Qu'avez-vous passé comme accord avec Drago ? Pourquoi voulez-vous un furie nocturne ? demanda durement Harold en forçant le guerrier à le regarder.

Ce dernier fixa Harold, il essaya de parler, une quinte de toux le saisit, il se mit à cracher de plus en plus de sang. Harold tenta de l'aider, mais il était trop tard, il était en train d'étouffer. L'hémorragie était trop importante.

— Il est mort, dit sombrement Harold en se relevant.

Il se dirigea vers Krokmou, Kranedur et Kognedur étaient à côté de lui avec leur braguettaure, à l'opposé de l'incendie qui se propageait de plus en plus. Les jumeaux avaient le visage noir, leurs vêtements étaient brulés par endroit d'avoir été trop près du feu. Malgré son humeur, Harold fit l'effort d'esquisser un semblant de sourire en arrivant à leur niveau.

— Merci d'avoir sauvé Krokmou, grâce à vous on a pu les rattraper. Comment les avez-vous appelés ? demanda Harold en désignant les deux têtes du braguettaure.

— Prout… commença Kognedur.

— … et Pète termina Kranedur.

— Merci à vous deux.

Harold s'agenouilla auprès de Krokmou qui dormait toujours, la dose de poison qu'on avait dû lui injecter devait être particulièrement importante. Il lui caressa la tête, heureux qu'il n'ait rien, puis il entendit derrière lui l'arrivée de plusieurs dragons. Immédiatement il se retourna la main prête à se saisir de ses armes qu'il avait remises au fourreau, mais il la baissa en voyant de qui il s'agissait. Élia accompagnée de Varek ainsi que de deux membres de la Garde Noire, Soren et Oswald, se posa.

— Harold ! Tu vas bien ? lui demanda-t-elle en arrivant à son niveau.

Elle lui posa une main sur l'épaule tout en s'assurant qu'il n'était pas blessé, son regard reflétant une inquiétude sincère.

— Je vais bien, on vous a transmis mes ordres ?

— Oui, les autres sont en train de se battre contre les hommes de Drago qui se trouvent de l'autre côté de l'île et les chefs ont rassemblé des guerriers, ils ne devraient pas tarder à arriver. On voit le feu à des lieux à la ronde.

— Il va falloir…

— C'est déjà fait, des dragonniers vont venir avec de quoi l'éteindre.

— Et il y a des pièges dans…

— Ils ont une carte où ils sont notés, le coupa Varek un peu penaud. Je ne savais pas qu'elle existait, apparemment seul Stoïck en possède un exemplaire.

— Et nous ! s'exclamèrent les jumeaux.

— Encore heureux que vous sachiez où vous avez mis vos foutus pièges ! intervint Ralf.

Il ne semblait pas avoir digéré la balade mortelle qu'ils avaient dû faire pour arriver jusqu'ici. Harold le comprenait, mais il était également heureux de la présence de ces pièges, sans quoi ils auraient sûrement perdu le combat.

— Varek occupe-toi des jumeaux s'il te plait, il ne vaudrait mieux pas que Stoïck les voit avec un dragon. Soren, Oswald emmenez Krokmou en lieu sûr, Ralf tu devrais aller avec eux, retourne auprès de Funeste.

— Un guérisseur et des dragonniers sont venus s'occuper de lui, précisa Varek.

— Lara, tu devrais aussi…

— Non, je reste avec toi.

— Très bien, on va aller retrouver les autres. Tout le monde sait ce qu'il doit faire.

Harold aurait voulu rester avec Krokmou, mais il était de son devoir d'aller aider ses compagnons pour mettre un terme à la menace qui pesait sur l'île et tous ses amis. Il ne comptait pas se dérober. Il suivit Élia, monta derrière elle sur le dos de Kara puis ils décollèrent.

Un nuage de fumée s'élevait de la forêt, ils le traversèrent et après quelques minutes de vol Harold remarqua au loin l'océan. Des dragonniers volaient au large de la côte, à n'en pas douter il s'agissait de la zone par laquelle étaient arrivés leurs ennemis. Il ne leur fallut pas très longtemps pour les rejoindre, Harold vit un petit navire en feu qui avait été caché dans une crique, une sorte d'anse. Sur la plage en contrebas une bonne dizaine de cadavres jonché le sol dont celui d'un rage des neiges, le combat était fini. Ils se posèrent non loin d'un dragonnier qu'ils connaissaient bien. Eskil était là avec Svike, son cornebrute noir strié de rouge foncé. Il était le seul membre de la Garde Noire présent, il avait dû prendre la tête des dragonniers qui avaient mené la bataille ici.

— Harold, Élia, Lara, les salua-t-il.

— Eskil, que s'est-il passé ?

— On leur a demandé de se rendre, comme tu peux l'imaginer ils ont refusé. On a rapidement pris l'avantage, je crois que certains étaient prêts à rendre les armes quand ils ont vu leurs compagnons mourir, mais l'un des leurs en voyant la situation a décidé de les tuer, dit-il en emmenant ses amis voir un cadavre.

— C'est l'un d'entre eux, constata sombrement Lara.

— L'un d'entre eux ? demanda Eskil.

— On en a affronté plusieurs dans la forêt, répondit Harold. Est-ce qu'il avait une épée…

— Étrange ? le coupa Eskil. Oui, il l'a jeté dans un feu après avoir tué ses compagnons, je n'en ai pas retrouvé un seul morceau. On a eu du mal à le tuer, il a fait pas mal de dégâts tout comme son dragon.

Il désigna un endroit derrière lui, tous se retournèrent, plusieurs dragonniers étaient allongés par terre.

— Pour le dragon, Harold… désolé, on n'a vraiment pas eu le choix, il était enragé. Et le guerrier, une bonne partie des blessés sont de son fait, on a essayé de le capturer, mais quand j'ai vu où ça nous menait j'ai préféré laisser tomber. Heureusement on n'a pas de mort.

— Tu as bien fait.

— Sûrement, mais en attendant on ne sait pas qui ils sont. À moins que vous ayez récupéré des infos ? répliqua le jeune homme.

Harold secoua la tête.

— Pas vraiment, j'ai l'impression qu'ils ont passé un accord avec Drago. Si j'en crois ce que j'ai vu et ce que Ralf m'a dit, il a entendu une conversation, Drago a dû leur promettre Krokmou en échange de leur aide. Je me trompe peut-être, mais pour l'instant c'est la seule explication plausible que j'ai. Ils ont aussi dit qu'ils devaient rencontrer quelqu'un qu'ils appellent le Collectionneur, sûrement pour lui livrer Krokmou.

Ses paroles plongèrent pendant quelques instants ses amis dans le silence, jusqu'à ce qu'Élia le rompe.

— Il y a un traitre… Ils n'auraient jamais pu venir jusqu'ici sans le plan des patrouilles. Ils ne sont sûrement pas passés à travers par chance.

— Tous ceux qui participent aux patrouilles et les chefs y ont accès, autant chercher une aiguille dans une meule de foin, commenta Lara.

Elle avait raison, Harold le savait. Il regarda Eskil qui lui fit un léger signe de dénégation de la tête, il n'avait toujours pas trouvé qui cela pouvait être.

— Élia, est-ce que tout sera prêt pour partir demain ?

— Oui, je comptais t'en parler. Parmi les chefs du nord, Hagbard, Ditwin et Leif vont venir, Almar et Snorr quant à eux vont rester sur Beurk. Et pour ceux de la coalition, il y a ton père et quelques autres, je ne me souviens plus des noms, j'ai laissé un rapport dans ta cabine. Ceux qui restent vont s'occuper de l'abandon des îles sans intérêt stratégique comme tu l'as proposé lors de la réunion.

— Parfait, il est temps de riposter et de montrer à Drago de quoi on est capable.

Mais aussi de trouver qui sont ces hommes, pourquoi ils veulent Krokmou et l'homme à qui ils veulent le livrer, ce Collectionneur.


Edit: Suite aux retours qu'on m'a fait, pour ceux qui seraient inquiet par rapport à l'apparition des nouveaux personnages, qui se demande si l'histoire ne change pas de direction (ce n'est pas le cas), j'ai posté un message au début du chapitre suivant pour apporter des précisions. Et si vous avez des questions n'hésitez pas à me demander.