Bonjour !

Voici donc le chapitre de la bataille. En prévision, la signification de la prophétie dévoilée, plusieurs retours, des morts et un cliffhanger.

Ce chapitre est plus long que les autres mais je n'ai pas voulu le couper pour ne pas casser le rythme.

J'espère que ça vous plaira !


Lumières Sombres

Chapitre 38

oOo

Henry était de plus en plus nerveux, à tel point qu'il faisait les cent pas dans l'appartement de Mary Margaret.

« Arrête un peu, gamin, tu me donnes le tournis, » maugréa Isaac.

S'il essayait de paraître détendu, c'était franchement raté : il tortillait ses doigts et faisait de gros efforts pour rester en place.

Il avait été décidé que ce serait l'ancien Auteur qui serait chargé de les surveiller lui, Roland et Neal pendant que tous les autres se battraient. Ariel était là elle aussi et était partie coucher Neal et Roland. Et pourtant, ce n'était pas faute d'avoir essayé d'éviter ce combat : inspirés par la fausse excuse que Lucy avait donnée à Regina, Isaac et lui tentaient depuis plus d'une semaine de réparer la plume d'Auteur dans le manoir de Merlin. Hélas, tous leurs essais s'étaient soldés par un échec.

« Vous pensez que ça a commencé ? » interrogea Henry.

« Ça m'étonnerait : on entendrait du bruit et on verrait des boules de feu voler à travers le ciel... »

« Hmm... »

L'attente était insupportable. De plus, Henry était victime d'une profonde injustice : Lucy allait participer à la bataille pendant que lui serait condamné à rester caché. Certes, elle avait des pouvoirs magiques, mais il aurait pu apprendre à manier une épée si Regina ne s'y était pas formellement opposée.

Ariel revint et s'assit dans le canapé, une main posée sur son ventre. Henry savait qu'elle s'inquiétait pour le Prince Eric, son mari, qui s'était joint à la bataille.

« Je suis sûr qu'il ira bien, » tenta t-il de la rassurer.

Cela dût sonner extrêmement faux car lui même était inquiet, mais elle acquiesça doucement.

« J'en suis persuadée. »

Les yeux de l'adolescent dérivèrent jusqu'à se poser sur le calendrier de la cuisine. Ils étaient le 31 juillet... cela faisait plus de six mois qu'Emma avait disparu.

Une pensée naquit alors dans son esprit. Le 31 juillet... le dernier jour du septième mois...

Le septième mois...

Il se rua alors sur sa sacoche et saisit le livre qu'il avait rédigé, tournant frénétiquement les pages jusqu'à tomber sur la prophétie.

Alors que le septième s'apprêtait à pousser son dernier soupir, les Lumières Sombres firent face au Soleil Noir et la bataille finale éclata.

« Isaac ! Venez voir ça ! »

Intrigué, celui-ci s'approcha.

« Le septième, c'est le mois de juillet ! Il s'apprête à pousser son dernier soupir puisqu'il sera bientôt minuit ! La prophétie va se réaliser d'une minute à l'autre ! Il faut absolument que je rejoigne les autres ! »

« C'est hors de question, gamin. Ta mère t'a ordonné de rester ici, et elle me tuera si je te laisse sortir. »

« Vous ne comprenez pas ! Il faut que j'y aille ! »

N'attendant pas de réponse, il se rua hors de l'appartement sans se soucier de si Isaac le suivait ou non.

Il courut plus vite qu'il n'avait jamais couru jusque la rue principale de la ville où était supposée avoir lieu la bataille.

Il s'arrêta brusquement, manquant de tomber lorsqu'il aperçut Emma qui se tenait droite à côté de Jafar. Sur le sol, Facilier semblait inconscient tandis que Mélanie foudroyait le génie du regard. Mais Henry, lui, n'avait d'yeux que pour sa mère. Elle n'était pas comme dans son souvenir. Elle semblait plus sombre, comme si toute sa lumière avait était occultée par les Ténèbres.

« Vous m'avez menti ! » s'exclama Mélanie. « Vous me disiez que je n'étais pas assez puissante pour activer le Graal... que seule Lucy l'était. Pourquoi aviez-vous tant besoin d'elle dans ce cas ?! »

« Facilier avait passé un pacte avec ses amis de l'au-delà pour pouvoir te créer. En échange, il devait leur livrer la sorcière la plus puissante de tous les temps... Mais tout ceci n'a plus aucune importance désormais. Facilier est hors-course, à présent. Je ne suis plus le serviteur de personne ! »

« Moi non plus, » siffla Mélanie. « J'acceptais d'obéir à Facilier... mais jamais je ne me soumettrai à vous ! »

Henry crut que Jafar allait tuer Mélanie sur le champ pour son insolence mais se contenta de la toiser avec supériorité.

« Fais ce qu'il te plaît. Le pacte de Facilier ne me concerne pas : tu ne m'es d'aucune utilité. »

Furieuse, elle recula de plusieurs pas en arrière. Lucy, qui était à côté de Zelena, se détacha de sa mère et vint se planter à côté de Mélanie.

« Vous ne triompherez pas, » dit-elle courageusement. « Si je suis vraiment la sorcière la plus puissante de tous les temps, vous n'avez aucune chance contre moi ! »

Emma ne disait toujours rien, se contentant d'observer la scène d'un regard inexpressif.

« C'est ce que tu crois... »

En voyant les deux jeunes filles l'une à côté de l'autre, Henry fut soudain frappé d'une évidence.

« Mais bien sûr ! »

Tout le monde l'entendit et tourna la tête vers lui, remarquant sa présence. Regina fut frappée d'horreur.

« Henry ! Mais qu'est-ce que tu fais là ?! Retourne chez Mary Margaret tout de suite ! »

Il l'ignora et s'approcha de Mélanie et Lucy.

« Lucy, tu es née d'une terrible sorcière et d'un voleur honorable... tu es la fille d'une méchante et d'un héros... »

Inspiré, il poursuivit sa tirade :

« Mélanie, tu es la création de deux sorciers maléfiques... mais tu as pris vie grâce à des cheveux de Regina et Robin... tu es née de la magie noire et du Véritable Amour... »

Personne dans l'assistance ne semblait voir où il voulait en venir.

« Vous êtes issues toutes les deux des Ténèbres et de la Lumière... vous êtes forcément les Lumières Sombres ! »

Pas une seule fois, depuis qu'il avait découvert la prophétie, il n'avait pensé que cet équilibre entre le bien et le mal prenait son origine dans la conception... car combien de sorciers naissaient de la lumière et de l'obscurité ? Pas beaucoup.

Lucy et Mélanie échangèrent un regard étonné mais semblèrent prendre ses paroles au sérieux.

« Vous avez le pouvoir de vaincre les Ténèbres ! »

« Qu'importe ! » rugit Jafar. « Deux adolescentes, dont l'une n'est qu'une vulgaire poupée vaudou, ne seront jamais assez puissantes pour m'arrêter ! »

Sentant le danger approcher, Henry recula. La dague à la main, Jafar se tourna vers Emma.

« Maintenant, si vous voulez bien activer le Graal... »

« Non ! »

Le cri de Killian retentit comme une lamentation désespérée.

« Emma, je t'en supplie... je sais que tu es toujours là. Ne fais pas ça. Ne laisse pas les Ténèbres gagner. »

« Ne répondez pas, » ordonna Jafar. « Cet imbécile nous fait perdre notre temps. »

Emma n'eut d'autre choix que d'obéir et posa ses mains sur le Graal. L'objet fut aussitôt entouré par une fumée noire, jusqu'à disparaître entièrement. Quand la fumée se dissipa, il était entouré d'un halo violet.

« Parfait ! »

Il se mit alors à réciter une formule. Les mots étaient dans une langue inconnue mais Henry reconnut très bien certains noms qui lui étaient cruellement familiers.

« Cora... Peter Pan... Ingrid... Cruella... Amara... Mordred... »

Il continua à parler pendant plus d'une minute mais tous les noms suivants étaient inconnus à Henry.

Au final, c'étaient plus de cinquante silhouettes qui se dressèrent derrière Jafar, échos fantomatiques du passé.

« Alors ? Vous pensez toujours avoir une chance de me battre ? Je sais que vous connaissez très bien certains d'entre eux... mais n'essayez pas de les rallier à votre cause : j'ai activé le Graal, je suis leur maître, ils m'obéissent tous. »

Il s'adressa une nouvelle fois à Emma :

« Exterminez-les. »

Henry frissonna de voir ce que sa mère était devenue.

La plus pure des lumières obscurcie par la noirceur.

Le Soleil Noir.

Et...

Alors que le septième s'apprêtait à pousser son dernier soupir, les Lumières Sombres firent face au Soleil Noir et la bataille finale éclata.

oOo

C'était comme si l'apocalypse s'était déclenchée sur Storybrooke. D'un seul mouvement, tous les sorciers ramenés par Jafar attaquèrent leurs adversaires.

Mary Margaret ne dut son salut qu'à ses anciens réflexes de chasseuse lorsqu'elle fuyait Regina dans la Forêt Enchantée : elle se baissa juste à temps pour esquiver une boule de feu. Comme si le signal était donné, tous les chevaliers de la Table Ronde se précipitèrent en avant, l'épée brandie. Sans doute connaissaient-ils une partie des mages noirs ranimés pour les avoir eux-mêmes mis hors d'état de nuire par le passé.

Sans guère réfléchir davantage, elle se précipita dans la mêlée, bien qu'elle était plus effrayée que jamais. Elle prit bien soin de ne pas s'approcher de Cora : aussitôt qu'elle se retrouverait sur son chemin, elle la tuerait pour se venger, c'était certain. Heureusement, elle semblait avoir jeté son dévolu sur ses filles, Regina et Zelena.

Mary Margaret, alors qu'elle se battait avec un des sorciers, s'aperçut vite que la bataille serait ardue à remporter : elle avait la désagréable impression que son adversaire s'amusait avec elle, la laissait tenter de lui porter des coups avant de la repousser alors qu'il aurait très bien pu l'envoyer voler à dix mètres de là.

Au bout de cinq minutes, il sembla en avoir assez de ce petit jeu et s'apprêta à l'étrangler. C'était sans compter sur David qui surgit derrière lui et lui transperça le corps de son épée. Le sorcier se dématérialisa alors en poussière qui se dispersa dans les airs.

« Merci, » souffla Mary Margaret, une main sur la hanche.

Elle n'eut guère plus de deux secondes de répit qu'un autre adversaire se précipitait déjà vers elle. Sa gorge se serra : il en restait beaucoup trop à son goût. Un coup d'œil autour d'elle lui apprit que même les chevaliers semblaient en difficulté.

Son attention fut distraite par une voix familière derrière elle.

« Mary Margaret. »

Elle sursauta et fit volte-face pour toiser Emma. Elle n'avait plus rien de la Sauveuse : les Ténèbres l'avaient presque entièrement transformée.

Ce moment d'inattention permit à son assaillant de lui entailler profondément le bras. Mary Margaret lâcha son épée et tomba sur le sol en gémissant, tentant de contenir l'hémorragie.

Mais le plus douloureux n'était pas tant sa blessure que le sourire cruel d'Emma qui éclata d'un rire mauvais.

« On dirait que quelqu'un a perdu la main... »

Sans s'attarder, elle disparût dans la mêlée. Le cœur en miettes, Mary Margaret resta paralysée jusqu'à ce que David la force à se relever et l'entraîne vers le Granny's, où Belle, Rumple et les fées se trouvaient pour assister les blessés.

« Ne reste pas là ! »

« Mais... »

« Ce serait de la folie de se battre avec une blessure pareille. »

« Emma... »

« Je sais. Viens. »

Sans se soucier de ses protestations, il la poussa littéralement à l'intérieur du restaurant. Avant que la porte se referme, elle eût le temps d'apercevoir le champ de bataille. Ce qu'elle vit lui retourna l'estomac.

Si les sorciers-fantômes étaient moins nombreux, c'était également le cas des chevaliers dont plusieurs gisaient sur le sol. Inconscients ou morts, Mary Margaret n'était pas sûre de vouloir le savoir...

Mais comment cette folie finirait-elle ?

oOo

Regina envoya une énième boule de feu que Cora esquiva aisément. Sa chère mère l'avait immédiatement prise en grippe aussitôt que la bataille avait commencé. Elle ne savait pas si c'était un ordre de Jafar mais en tout cas, elle n'était pas devenue moins redoutable en mourant.

Zelena était de suite venue lui prêter main forte, laissant Lucy et Mélanie coopérer. Elle savait que c'était une manière de venger son abandon, et elle devait avouer qu'elle comptait sur la puissance de sa sœur pour l'emporter sur Cora.

Elle ignorait si l'ancienne Reine de Cœur était consciente que la sorcière rousse qui l'affrontait avec hargne était la fille qu'elle avait abandonné des années plus tôt. Peut-être que ça n'avait pas d'importance pour elle : Zelena n'était qu'une adversaire comme les autres, qu'elle éliminerait comme les autres sans se poser de questions.

« Tu ne m'avais pas dit qu'elle était si puissante ! » grimaça Zelena en évitant une rafale de magie.

« Je ne m'étais jamais battue contre elle ! » rétorqua Regina.

Elle s'assura rapidement qu'Henry n'était plus dans les parages : elle aurait pourtant dû savoir qu'il risquerait de lui désobéir ! Elle aurait dû verrouiller magiquement l'appartement au lieu de simplement le protéger.

Regina vit alors Zelena s'écraser contre un mur. Elle ne comprit pas jusqu'à ce qu'elle aperçoive Peter Pan voler à plusieurs mètres du sol et la fixant d'un air narquois.

« Espèce de sale petit... »

Elle n'acheva pas sa phrase, se sentant projetée vers le sol. Sans qu'elle comprenne comment, elle se retrouva avec Zelena au-dessus d'elle.

« Mais qu'est-ce que tu fais ? »

C'est alors que le petit cratère à l'endroit exact où elle se tenait deux secondes plus tôt attira son attention.

« Ne me remercie pas, » railla Zelena avant de se relever et de l'aider à faire de même.

Toutes les deux manquèrent de déraper sur une plaque de glace. Ingrid semblait s'appliquer à geler tout le sol, ce qui eut pour effet de transformer la rue en gigantesque patinoire. Seule Elsa, qui affrontait sa tante, n'était pas gênée.

« Génial, j'espère que tu as apporté des patins à glace, » ironisa Zelena.

« Où est Maleficient ?! » s'agaça Regina.

La sorcière n'était nulle part en vue, pas plus que Lily.

« Elle pourrait faire fondre cette glace en une seconde sous sa forme de dragon. »

L'arrivée de trois sorciers mit un terme à leur échange. Regina ne comprit pas pourquoi Cora se désintéressa soudainement d'elles et jeta son dévolu sur le premier qu'elle aperçut – en l'occurrence, Poséidon – jusqu'à ce qu'elle lève les yeux et voie Jafar, sur un tapis volant, surplombant la rue. Non seulement il ne se battait pas, mais en plus il contrôlait tous les sorciers qu'il avait ramenés.

C'était comme un gigantesque jeu d'échecs dont il contrôlait tous les pions.

oOo

« Ne sois pas ridicule, Will. Tu tiens à peine debout. »

« Lâche-moi ! »

Will tenta de se dégager de l'emprise de Robin mais ses jambes se dérobèrent presque sur lui. Il venait de se prendre une boule de feu dans le bas du ventre et ne devait sa survie qu'à Alice qui avait réussi à la dévier au dernier moment, réduisant sa taille. Sans son intervention, il se serait transformé en torche humaine.

Robin le força à entrer dans le Granny's et repartit se battre. Belle accourût immédiatement vers lui et l'aida à s'asseoir.

« Comment ça se présente, là-dehors ? »

« Pas très bien... »

Il regarda autour de lui. Rumple, à sa grande surprise, aidait les fées à soigner les chevaliers. Whale était là aussi pour s'occuper des blessures les plus bénignes, qui ne nécessitaient pas de traitement magique et Granny supervisait tout le monde, donnant des ordres à tout bout de champ. Henry s'était réfugié à l'intérieur du restaurant et avait la mine sombre.

La Mère Supérieure avisa rapidement son état et colla ensuite une fiole de potion à ses lèvres.

« Buvez. »

Il obéit mais manqua de recracher tout le liquide tant le goût était atroce. Saisi d'une quinte de toux, il faillit s'étouffer plusieurs fois.

Bleue le fit ensuite s'allonger.

« Il faut compter une dizaine de minutes pour que la potion fasse effet. »

« Quoi ? Il faut que j'y retourne tout de suite ! »

Il fit mine de se lever mais Belle se planta devant lui.

« Tu n'iras nulle part tant que cette brûlure n'aura pas disparu. »

Will n'eut d'autre choix que de prendre son mal en patience et en profita pour regarder autour de lui : il y avait plusieurs chevaliers, le Prince Eric et August qui étaient dans un sale état.

« Mieux vaut ne pas se retrouver sur le chemin d'Emma, » soupira ce dernier, comme s'il regrettait son amie.

Il ne s'était pas encore frotté à la Dark One, trop occupé avec les autres sorciers. Il était furieux que Jafar regarde la scène du haut de son tapis volant sans avoir le cran de venir se battre lui-même. Will n'attendait qu'une chose : venger Anastasia.

Enfin, quand les dix minutes furent écoulées, Belle l'autorisa à retourner sur le champ de bataille en lui recommandant d'être plus prudent.

Il l'écouta à peine et se précipita dehors, analysant rapidement la situation. Cyrus, Taj et Rafi combattaient ensemble leur mère, Amara, et Alice s'était jointe à Ruby et à plusieurs nains. Aucun ne semblait en difficulté, au contraire d'Anna et Kristoff qui peinaient à résister face à Peter Pan, qui lui semblait bien s'amuser. L'ancien Valet vola aussitôt à leur secours.

Il aurait donné cher pour posséder un champignon magique du Pays des Merveilles afin de faire rétrécir tous leurs adversaires.

oOo

Zelena glissa et manqua de tomber pour la dixième fois au moins. Depuis que cette satanée Reine des Neiges avait décidé de geler toute la rue, le combat était devenu encore plus ardu. Elle serait devenue sa cible prioritaire si Cora n'était pas là.

Elle s'était souvent imaginée rencontrer sa mère et la confronter pour ce qu'elle lui avait fait. Cependant, elle n'avait jamais songé que ce pourrait être dans de pareilles circonstances et surtout, qu'elle aurait à se battre contre elle.

Seulement, elle avait disparu de son champ de vision. Zelena contourna Mary Margaret et David, qui avaient déjà été blessés tous les deux et chercha Lucy du regard. Sa fille formait une bonne équipe avec Mélanie et n'avait visiblement pas besoin d'elle, aussi ne s'attarda t-elle pas. Elle envoya valser deux sorciers qui tentèrent de s'en prendre à elle avant de remarquer Isaac qui se faufilait entre les chevaliers.

Mais que fichait-il ici ? Il n'avait pas jugé utile de s'entraîner au combat, préférant se retrancher dans le manoir de Merlin. Peut-être voulait-il récupérer Henry et le ramener en sécurité étant donné qu'il avait échoué à la retenir ?

En tout cas, elle n'était pas la seule à l'avoir repérée : la femme aux cheveux noirs et blancs – Cruella, si elle se souvenait bien – l'intercepta et l'entraîna à l'écart du champ de bataille.

Intriguée, elle décida de les suivre, ayant un mauvais pressentiment.

« Je t'ai manqué, darling ? » murmura Cruella.

Isaac était comme gelé sur place : Ingrid n'aurait pas fait mieux.

« ...pas vraiment, » répondit l'ancien Auteur avec morgue.

Zelena sentit que quelque chose liait ces deux-là, sans qu'elle parvienne à déterminer quoi exactement. De toute façon, elle n'avait pas le temps pour ça : d'un geste de la main, elle envoya Cruella voler à l'autre bout de la rue.

« Qu'est-ce que vous fichez là ? » siffla t-elle. « Vous ne savez pas vous battre ! »

Toujours sous le choc d'avoir vu Cruella, il ne répondit pas. A bout de patience, Zelena lui ordonna d'un ton glacial :

« Allez vous cacher dans le Granny's puisque c'est la seule chose que vous sachiez faire ! »

Furieuse d'avoir gaspillé son temps, elle tourna les talons et repartit vers le centre de la bataille. Ça ne se présentait pas bien pour eux : il restait plus de la moitié des sorciers-fantômes de Jafar et la plupart des chevaliers étaient blessés, dont certains n'étaient plus en état de se battre. Zelena aperçut au loin Cora qui se battait de nouveau avec Regina mais elle estima qu'elles étaient trop loin. Voyant Elsa qui commençait à faiblir face à Ingrid à proximité, elle décida d'aller lui prêter main forte.

Juste à côté, Hook, Ursula, Lily et Maleficient combattaient un sorcier que Zelena n'avait jamais vu mais qui l'impressionna par sa puissance : c'était peut-être un ancien Dark One.

Cette seconde d'inattention lui fut pour ainsi dire fatale : Ingrid en profita pour lui envoyer une rafale de glace... en plein sur le cœur.

Le souffle coupé, elle tomba à genoux, les mains pressées sur la poitrine. C'était la deuxième fois que cette maudite sorcière l'atteignait de la sorte !

Elle réussit à se relever tant bien que mal et essaya de ne pas vaciller. La première fois, elle avait pu se soigner avec l'Élixir du Cœur Blessé.

Mais il ne lui en restait plus et à sa connaissance, le seul autre remède était un acte d'Amour Véritable.

Qu'est-ce qui pourrait la sauver cette fois ?

oOo

Lily commençait à désespérer. Rien, rien, absolument rien ne semblait atteindre Mordred dont le seul objectif semblait être les exterminer tous les quatre.

C'était forcément un coup de Jafar qui était au courant qu'ils s'étaient rendus à Camelot !

Les boules de feu de Maleficient n'avaient que bien peu d'effet sur lui et les tentacules d'Ursula ne parvenaient même pas à le faire vaciller d'un seul centimètre. Lily et Killian, avec leurs épées, étaient pour ainsi dire en grande difficulté.

« Non ! Perceval ! »

Alarmés par le cri qu'Arthur avait poussé, ils se retournèrent tous en même temps pour constater que Perceval gisait sur le sol dans une marre de sang. Vu la quantité qui recouvrait le sol, Lily sut aussitôt qu'il n'y avait rien à faire. Son cœur se serra et elle se sentit désolée pour ce chevalier qui s'était montré courtois et patient en lui apprenant à manier une épée.

Cependant, elle n'avait guère le temps de s'apitoyer : le combat faisait rage, elle pleurerait Perceval plus tard. Si Killian et Maleficient se ressaisirent vite, ce ne fut pas le cas d'Ursula qui resta figée, le regard embué de larmes. Elle avait lâché son épée sur le sol. Lily comprit une seconde trop tard que Mordred, profitant de son inattention, allait la saisir. Il s'apprêta à la transpercer quand Poséidon jaillit.

« Ursula ! »

Sursautant, celle-ci se retourna et ne put que regarder l'épée passer à travers le corps de son père. Poséidon s'effondra aussitôt sur le sol et se mit à cracher du sang.

« Père ! »

Les larmes se mirent à couler en abondance sur ses joues. Elle ne se faisait aucune illusion sur les chances de survie de Poséidon et ne chercha pas à le rassurer avec des paroles vides de sens, et Lily l'admira pour cela.

« Je t'aime... ma petite sirène. »

« Père ? » gémit Ursula.

Mais Poséidon avait fermé les yeux pour ne plus jamais les rouvrir. Le cri de désespoir d'Ursula déchira le cœur de Lily.

« Père ! »

Elle secoua son corps pour obtenir une réaction mais seul le silence lui répondit.

« Il faut l'emmener loin d'ici, » déclara Killian.

Avisant les alentours, il appela Robin qui venait de terrasser un sorcier-fantôme. Un seul regard vers Ursula lui permit de comprendre ce qu'il devait faire et il l'entraîna vers le Granny's.

Mordred, qui entre temps avait changé de cible, revint droit sur eux.

« Tu ne pensais pas te débarrasser si facilement de moi, petite sœur ? »

Lily fut horrifiée de l'entendre. Mais comment diable pouvait-il savoir ? Encore Jafar, à tous les coups ! Les amis de l'au-delà de Facilier lui avaient sans doute tout appris sur les habitants de Storybrooke...

Elle regarda rapidement autour d'elle pour voir si Arthur n'avait rien entendu. Heureusement, il était en train de se battre, Excalibur à la main.

« Ne t'inquiète pas, il ne sait rien... pas encore, du moins. »

Le sang de Lily bouillonnait dans ses veines. Ce petit crétin allait voir de quel bois un dragon se chauffait...

oOo

Killian balayait la rue du regard. Tout n'était plus que désolation : des corps jonchaient le sol et il ne pouvait pas compter le nombre de flaques de sang tant il y en avait. Et au contraire des chevaliers, les sorciers-fantômes ne faiblissaient pas, eux.

Cependant, c'était une personne en particulier qu'il cherchait. A plusieurs mètres, il vit enfin la chevelure blonde d'Emma. Il s'apprêtait à courir vers elle quand un rugissement attira son attention.

Un dragon en fureur volait à travers le ciel et crachait des flammes. Maleficient semblait horrifiée : Killian comprit que c'était Lily.

Seulement, Cruella décida d'entrer en scène et cracha sa fumée verte caractéristique vers la dragonne. Le pirate eut un très mauvais pressentiment, qui se confirma lorsque Lily fonça sur lui en crachant une gerbe de flammes qu'il ne parvint à éviter qu'au dernier moment.

Comme si ils avaient besoin d'un ennemi supplémentaire ! Regina, comprenant ce qui se passait, envoya Cruella se fracasser contre un mur. Inconsciente, elle ne se releva pas, mais Lily n'était pas délivrée du sort pour autant. Maleficient se résolut alors à se transformer à son tour et engagea un combat contre sa fille. Le ciel se transforma en fournaise tandis que les deux bêtes s'affrontaient. Il était clair que Maleficient ne faisait que se défendre, refusant de blesser sa fille.

Cependant, trop pris dans la bataille, peu s'intéressèrent vraiment au combat de dragons, sauf bien sûr Jafar qui, Killian en était sûr, devait jubiler devant ce spectacle.

Voyant enfin sa chance d'approcher Emma, Killian s'élança vers elle. Occupée à malmener deux chevaliers, elle ne prêta tout d'abord pas attention à lui jusqu'à ce qu'il l'appelle.

« Emma ! »

Elle se retourna vers lui et le toisa avec froideur.

« Tu veux tenter ta chance contre moi, pirate ? »

« Tu n'es pas dans ton état normal... Jafar te contrôle. »

Mais une petite voix au fond de lui savait que la seule influence de la dague ne pouvait pas expliquer le comportement d'Emma. Les Ténèbres étaient plus fortes que tout.

Killian regarda son pendentif : il ne restait qu'un tout petit point blanc sur le crâne du cygne. Une toute petite parcelle de Lumière qui allait bientôt céder face à la noirceur.

Les Ténèbres seraient bientôt libres.

Et tout serait bientôt perdu.

Au loin, Maleficient avait plaqué Lily au sol et tentait de l'immobiliser. Mary Margaret et David étaient blessés tous les deux et Robin boitait sévèrement. Elsa ne tenait presque plus debout face à Ingrid tandis qu'Anna et Kristoff luttaient faiblement contre Peter Pan, aidés par Ruby et les nains. Will, Alice, Cyrus, Taj et Rafi s'épuisaient contre Amara. Regina se battait toujours contre Cora, aidée par Zelena mais celle-ci ne semblait pas être dans son état normal et donnait l'impression qu'elle allait s'effondrer d'une seconde à l'autre. Lucy et Mélanie continuaient de vaincre les sorciers-fantômes les uns après les autres mais ceux-ci semblaient toujours plus nombreux.

Killian ne put nier l'évidence.

Ils étaient en train de perdre.

« Qu'est-ce que ça fait, d'être dans le camp des perdants ? » railla Emma.

Le pirate essaya de l'ignorer de toutes ses forces et chercha Arthur du regard. Épuisé, las de voir ses hommes tomber les uns après les autres, il retira son heaume et s'approcha de Mordred.

« Mordred, il faut que cette folie cesse. Tu étais un de mes meilleurs chevaliers, autrefois. Ces hommes étaient tous tes camarades. Et toi... tu étais mon neveu. »

Soudain, les combats s'arrêtèrent et tous se tournèrent vers eux. Killian leva les yeux : Jafar semblait satisfait.

« Ton neveu ? Vraiment ? »

« Qu'est-ce que tu veux te dire ? »

« Merlin ne te l'a jamais dit, pas vrai ? »

« Me dire quoi ? »

Le ton d'Arthur était tendu. Lily sembla enfin débarrassée de l'emprise de Cruella et reprit forme humaine, tout comme Maleficient. Killian grimaça : le temps des grandes révélations était venu, après toutes ces années de mensonges.

« Tu as toujours cru ne pas avoir d'enfants, alors que tu en as deux. »

« Comment ?! »

Il était de plus en plus perdu et Killian eut pitié de lui.

« Mon père n'est pas celui que tout le monde croit. »

« Merlin est ton père. »

« Non, tu es mon père. »

Le monde sembla s'écrouler sur Arthur tant il était choqué. Lily, reprenant ses esprits, comprit que Mordred allait tout révéler au Roi et Killian était certain qu'elle regrettait de ne pas l'avoir fait plus tôt.

« C'est impossible, » souffla Arthur. « Je n'aurais jamais fait ça avec Morgane... avec ma demi-sœur... »

« Tu connais les Ténèbres... elles corrompent tous les esprits, surtout les plus faibles, et troublent les perceptions... »

Un silence de mort accueillit ses paroles. On aurait pu entendre une mouche voler.

« ...tu as dit que j'avais deux enfants. »

« Ne prends pas cet air interrogateur. Tu connais déjà la réponse. Tu sais qui me ressemble tant... tout le monde semble avoir compris sauf toi. »

Arthur plissa les yeux, s'avouant quelque chose qu'il avait peut-être au fond de lui toujours su. Il tourna la tête vers celle qu'il cherchait.

« Lily. »

Elle baissa la tête, honteuse. Maleficient la serra contre elle.

« Pourquoi... pourquoi ne pas me l'avoir dit ? »

« Je suis désolée. »

Elle avait les larmes aux yeux, désespérée.

« Comme c'est touchant, » se moqua Jafar, perché sur son tapis volant. « J'ai toujours aimé les réunions familiales... mais la pause a assez duré. »

Il consentit enfin à redescendre sur le sol.

« Après ce touchant intermède, revenons à nos moutons, voulez-vous. Il est évident que vous ne pourrez jamais l'emporter. Quelqu'un veut-il faire partager à tout le monde ses dernières volontés ? »

« Oui, moi. »

Jafar fit volte-face et tomba nez-à-nez avec un homme bruns aux yeux verts accompagné d'une femme aux très longs cheveux blonds que Killian reconnut immédiatement.

« Merlin. »

oOo

Jafar toisa avec mépris le sorcier qui venait d'apparaître devant lui. Bien sûr qu'il connaissait Merlin, de part sa réputation et le pirate qui n'avait que son nom à la bouche depuis qu'il était revenu de Camelot. En revanche, il ignorait qui était la femme qui l'accompagnait.

« Viviane ! » entendit-il Lily dire, impressionnée.

« C'est terminé, Jafar. Vous avez assez tourmenté mes chevaliers comme ça. »

« Vous croyez ? »

Réprimant un ricanement, le Graal dans une main, la dague du Dark One dans l'autre, il ordonna :

« Recommencez à vous battre ! »

Il jubila quand il les vit tous lui obéir. Même si certains de ses sorciers avaient été vaincus, il en restait bien assez pour le débarrasser de ces nuisibles et se lancer à la conquête des mondes. Cependant, il n'était pas fou : il savait qu'il ne tiendrait pas longtemps face à un sorcier de la trempe de Merlin sans assistance.

Viviane s'était déjà jointe à la bataille et Merlin se préparait à l'attaquer quand il fut interrompu par Mordred.

« Vous ne me saluez pas ? »

Merlin se figea, horrifié.

« Je vous aurais bien appelé père, mais vu les circonstances, ç'aurait été inapproprié... »

Disant ces mots, il désigna Arthur du regard.

« Vous avez brisé ma mère, » siffla t-il avec haine. « Et maintenant, je vais enfin la venger... »

Il attaqua Merlin avec rage et un combat s'engagea entre les deux. Jafar était confiant : même s'il en sortait vainqueur, Merlin serait très affaibli et il n'aurait plus qu'à l'achever.

Il avisa le corps de Facilier qui était étendu le long d'un mur. Si seulement il pouvait voir ça... lui, le soi-disant servile génie, en vainqueur absolu...

Il n'était pas retourné dans sa bouteille car il restait un vœu à faire au sorcier vaudou, et celui-ci n'était pas mort mais juste plongé dans un profond sommeil. Le plan de Jafar avait été parfait, et il n'était pas question que Merlin le fasse échouer alors que la victoire était si proche.

Plus jamais il ne serait l'esclave de quelqu'un.

oOo

Mélanie commençait à fatiguer : même si elle et Lucy formaient un binôme efficace, elle avait la sensation qu'elles ne verraient jamais le bout de la bataille.

« Il faut vaincre ces sorciers une fois pour toutes ! » s'écria t-elle.

« Pour ça, il faut qu'Arthur détruise le Graal avec Excalibur. »

« Mais comment ? Jafar ne le lâchera pas et il est à dix mètres de haut sur son tapis... »

Mélanie réfléchit. Et si elles n'avaient pas besoin de détruire le Graal, mais juste de le désactiver ? Une fois cela fait, peut-être que les sorciers-fantômes arrêteraient d'obéir à Jafar.

« Viens ! » dit-elle. « J'ai une idée. »

Intriguée, Lucy la suivit.

« Il faut que nous prenions le Graal à Jafar. Puisque les Ténèbres l'ont activé... peut-être que la Lumière pourra l'arrêter ? »

« La Lumière ? Tu veux dire nous deux ? »

« Exactement. Nous sommes les Lumières Sombres, après tout : réunies, nos deux parts de lumière devraient suffire. »

« Ça ne coûte rien d'essayer... »

Prendre le Graal à Jafar allait s'avérer ardu, aussi Mélanie décida de faire diversion et lui jeta une boule de feu. Le génie la détestait, elle savait qu'il allait répliquer tout de suite.

Ses prédictions se vérifièrent : furieux, il se désintéressa du combat de Mordred et Merlin et lui envoya des boules de feu à son tour. Il baissa sa garde et perdit sa concentration. Cette faille permit à Lucy d'attirer le Graal jusqu'à elle d'un petit geste de la main.

Furieux de s'être laissé avoir si facilement, Jafar se lança à sa poursuite.

« Vite ! » s'écria Mélanie.

Lucy fonça vers elle. Chacune posa une main sur le Graal.

« Qu'est-ce que vous faîtes ?! » vociféra Jafar.

Il tenta de les approcher mais fut repoussé par le bouclier de protection qu'elles créèrent pour s'isoler de la bataille.

« Maintenant, » dit Lucy.

Mélanie ferma les yeux, se coupant du reste du monde. Il fallait qu'elle apporte toute sa lumière au Graal. Sa courte vie n'avait été que Ténèbres, mais elle songea à ses origines : elle était née à partir du Véritable Amour de Robin et Regina, la plus pure des magies. En puisant au plus profond d'elle même, elle parvint à ressentir cette sensation d'apaisement et de lumière.

Dix secondes plus tard, elle ouvrit les yeux. Un seul regard lui apprit que ça avait fonctionné : le Graal était à présent entouré d'un halo doré.

« NON ! »

Jafar avait hurlé si fort qu'on devait pouvoir entendre son cri à l'autre bout de la ville. La bataille s'arrêta aussi subitement qu'elle avait commencé : les sorciers-fantômes s'arrêtèrent brusquement et se figèrent sur place, comme s'ils reprenaient leurs esprits. Comprenant qu'il avait perdu, Jafar s'accrocha à la dague du Dark One comme à une bouée de sauvetage.

« Tuez-en autant que vous pouvez ! »

Emma se saisit alors du premier chevalier qu'elle croisa et lui arracha le cœur sans aucune hésitation.

« Il est temps de remplir notre mission, » déclara Mélanie.

« Nous devons vaincre les Ténèbres, » approuva Lucy.

Sur la même longueur d'onde, elles s'avancèrent vers Emma qui les toisa avec un mépris non dissimulé. De son point de vue, deux adolescentes ne pourraient certainement rien faire contre elle...

Mélanie perçut le regard du pirate, ainsi que celui de Snow White et du Prince. Un regard plein d'espoir.

Cela la galvanisa un peu. D'un même geste, elle et Lucy tendirent les bras devant elle, comme si elles cherchaient à attraper quelque chose d'invisible.

Comme attirées par un aimant, les Ténèbres commencèrent à quitter le corps d'Emma. Elles vinrent peu à peu s'enrouler autour de Lucy et Mélanie, formant une sorte de dôme noir autour d'elles. Bientôt, elles furent totalement submergées par ce flot de noirceur.

« Et maintenant ? » s'angoissa Mélanie.

« Nous les détruisons. Pour toujours, » répondit Lucy.

Instinctivement, Mélanie envoya un flot de lumière sur cet tornade noire, tout comme Lucy. Les Ténèbres luttèrent, comme une entité dotée d'une volonté propre, mais c'était un combat vain. Cette fois, elles avaient trouvé plus fort qu'elles.

Elles finirent par se disperser dans les airs avant de disparaître complètement.

Emma était tombée à genoux, la respiration hachée. Killian s'empressa d'aller la serrer dans ses bras et observa le pendentif en forme de cygne. Il était redevenu blanc comme neige.

C'était terminé.

Le Soleil Noir n'était plus.

Les Lumières Sombres avaient vaincu les Ténèbres.

« Non ! »

Le cri de rage de Jafar fit presque trembler Mélanie. Dans un dernier effort, le sorcier vaincu saisit une épée qui se trouvait sur le sol et se jeta sur Merlin.

Celui-ci ne réagit pas. Peut-être parce qu'il n'en eut pas le temps, peut-être parce qu'il n'en eut pas la volonté : les Ténèbres étaient vaincues, après tout. Il avait rempli sa mission. Il pouvait enfin mourir en paix.

C'était sans compter sur Viviane qui s'interposa au dernier moment.

oOo

Merlin regarda avec horreur Viviane tomber le sol, une tâche écarlate grossissant sur sa robe. Arthur et d'autres chevaliers se précipitèrent sur Jafar avant qu'il ait le temps de porter un autre coup.

Il s'agenouilla près de Viviane et la souleva pour la redresser en position assise.

« J'aurais dû apporter de l'eau de la Fontaine de Barenton... » murmura t-il.

« Non, » murmura t-elle. « J'ai fait mon temps... »

Sa gorge se serra. Malgré le ressentiment qu'il éprouvait pour elle, il avait l'impression qu'il était en train de perdre une vieille amie.

« Je suis fière de toi, Merlin. Tu es... celui grâce à qui les Ténèbres ont été vaincues... comme je l'avais prédit. »

Elle toussa et son teint devint encore plus livide.

« Notre accord... n'a plus lieu d'être... le temps peut reprendre son cours... à Camelot. Tu es libre... »

Elle attrapa sa main et la serra fort.

« Va réveiller Morgane... sois heureux... tu le mérites... »

Elle relâcha sa main et se prépara à expirer pour la dernière fois. Ému, Merlin posa doucement ses lèvres sur les siennes.

« Puisse ce souvenir vous accompagner là où vous allez... »

Il n'était pas amoureux de Viviane, il ne l'avait jamais été, mais il voulait tout de même faire quelque chose pour elle. Il aurait juré voir l'ombre d'un sourire sur ses lèvres tandis que la vie la quittait définitivement.

Il reposa son corps sur le sol et se releva, balayant les alentours des yeux.

Ils avaient gagné, mais le prix avait été élevé. Les sorciers-fantômes ne semblaient pas savoir comment agir : ils ne sentaient pas à leur place, tout simplement. Plusieurs corps jonchaient le sol, des chevaliers pour la plupart. Son cœur se serra quand il reconnut Perceval parmi les victimes. Arthur était tout simplement effondré.

Merlin se tourna vers Lucy et Mélanie pour leur dire un mot mais n'en eut pas le temps : au même moment, un halo doré les entoura et quand il se dissipa, il ne restait plus que deux bébés de quelques jours sur le sol.

« Comment est-ce possible ?! » s'exclama Lily.

« Les Lumières Sombres ont rempli leur mission, » répondit-il doucement. « Désormais, elles peuvent grandir normalement, et n'auront aucun souvenir de ce qui s'est passé. »

« Mais pourtant... c'est Facilier qui avait crée Mélanie... et Mélanie avait fait grandir Lucy... il n'y a pas de rapport ! »

« C'est le Destin, ma chère. Toute chose arrive pour une raison... »

Lily sembla dubitative. L'aube pointait le bout de son nez : on se serait crûs à la fin d'un long cauchemar. Même le ciel clair semblait indiquer que tout irait bien, désormais.

Jusqu'à ce que Zelena s'effondre sur le sol, les cheveux blancs.


Voilà ! L'avant-dernier chapitre sera là vendredi ou samedi ;). Black Angelis.