Pardon pardon pour ce long délai … d'autres occupations (et un peu la flemme faut bien le dire...) m'ont tenu éloigné de l'écran de mon ordinateur … mea culpa ! en plus, encore une fois je n'ai pas terminé … c'est dingue comme une scène très courte dans ma tête peut prendre autant de place sous word … du coup la fin sera dans le prochain chapitre promi juré craché !! je ferais de mon mieux pour pas prendre autant de temps que pour pondre celui-ci ! ;)

Bonne lecture et merci de votre patience ! ^_^

Mon père et moi ne sommes en général pas très bavards. Les non dits sont toujours légions, et le malaise était palpable durant les premières semaines de mon installation à Forks. Mais avec le temps, ces non dits se sont mués en conversation silencieuse, en acceptation tacite de notre nature ombrageuse. C'était même devenu une sorte de réconfort de se trouver face à un interlocuteur qui parlait le même langage que moi. Le désespoir dans lequel Edward m'avait plongé m'avait coupé de toute communication réelle avec mes amis, mes professeurs, le monde extérieur, et même ma propre mère… pourtant il m'était resté 2 niveaux de relation : l'empathie avec Jacob, et les silences relativement apaisants de mon père.

Pourrais-je à nouveau tenir à distance les questions de Charly d'un simple regard ou d'un bref hochement de tête ? j'en doutais fortement.

Nous arrivâmes en l'espace de quelques instants aux abords de la maison. Une angoisse sourde me nouait la gorge. Je devais me maitriser. Je redoutais d'autant plus l'apparition de mes instincts de prédateur que je ne pouvais imaginer quand et avec quelle intensité ils me submergeraient. Cela me semblait impossible d'éprouver le besoin de saigner un être humain, et encore moins mon propre père.

Encadrer de Carlisle et Alice, nous avançâmes à allure humaine dans la clairière qui entourait la maison des Cullen. Mon père était près de l'arbre qui surplombait l'entrée de l'imposante demeure. Il faisait face à Edward, et gesticulait avec hargne en vociférant des menaces imagées si sa fille ne lui était pas « restitué » immédiatement … Je n'avais jamais vu Charly dans un état pareil...c'était vraiment exceptionnel qu'il perde ainsi son sang froid …A vrai dire je ne me souvenais pas l'avoir vu s'agiter autant auparavant … Il faut dire que la lettre d'adieu que je lui avais laissé et qu'il avait découvert, suivi de ma disparition pendant plusieurs jours, même en me sachant sous la garde des Cullen, ne devait pas l'avoir mis dans les meilleures dispositions malgré les coups de fil rassurant de Carlisle.

Edward tentait de contenir tant bien que mal la fureur de mon père, et l'exhortait à la patience avec un calme admirable. Cependant, ses sourcils froncés traduisaient à mes yeux un embarras significatif et une juste colère.

Nous étions à une 15aine de mètres de mon père lorsque Carlisle nous fit stopper d'un simple geste de la main. A l'exception d'Edward toujours aux prises avec Charly, les autres membres de la famille Cullen se dirigèrent immédiatement vers nous. La tension était palpable, et je devinais dans les yeux sombres de Rosalie toute l'intensité de sa réprobation. Ils m'apportaient cependant tous leur soutien au cas où je perdrais le contrôle. D'ailleurs Jasper envoyait sans relache ses ondes de calme, sans grand succès hélas dans mon cas...

Charly ne m'avait toujours pas remarqué.

- « Tout va bien Bella ? » murmura Carlisle

- « Je …je crois. » répondis-je en sondant mes sensations à la recherche d'une avide soif de sang, sans quitter mon père des yeux.

Puis tout à coup Charly braqua son regard sur moi. A cette distance mes yeux de vampire ne manquèrent pas de constater l'étonnement mal contenu de mon père. Il se figea et me dévisagea. J'étais persuadée qu'il ne remarquerait pas les changements qui s'étaient opérés en moi … après tout, il n'était pas capable de se rendre compte si je m'étais couper les cheveux ou non, alors un teint un peu plus pâle que la normal aurait dû passer inaperçu pour lui, surtout à cette distance… Mais je ne m'étais pas encore vu dans un miroir, je ne savais donc pas à quel point la transformation m'avait marqué.

Il garda le silence un moment, et je faisais de même, tentant de rassembler mes esprits pour m'exprimer de façon cohérente. Il toussa légèrement, et se décida enfin à parler :

- « Bella ! » s'exclama-t-il soudain, « Bon dieu mais où étais-tu passé ? pourquoi tu n'as pas donné de nouvelles ! » poursuivit-il en haussant la voix, laissant transparaitre sa profonde inquiétude.

Sans plus attendre il commença à se diriger d'un pas ferme vers moi. Edward tenta de l'arrêter mais il le repoussa sans ménagement. Je sentis toute la famille Cullen se crisper à mes côtés, prête à bondir sur moi au moindre signe de soif…Edward s'apprêtait à utiliser la force lorsque je trouvais la présence d'esprit de réagir.

- « Je suis désolée Charly ! Mais ne t'approches pas s'il te plait ! » m'écriais-je avant de réaliser qu'il me fallait trouver rapidement une explication au fait que je devais garder mes distances avec lui.

La panique perçait dans ma voix, et je craignis que Charly l'interpréta mal.

Il se figea et me dévisagea gravement, le regard perdu et plein d'interrogations. Pourtant il garda le silence. Est-ce que notre mode de communication habituelle pourrait se révéler efficace dans de telles circonstances ? Je n'osais y croire.

Je fermais les yeux un bref instant, et inspirais profondément, m'obligeant à retrouver mon calme. Lorsque je croisais à nouveau le regard de Charly, je tentais de tout mon cœur de lui faire lire sur mon visage qu'il n'avait pas à s'inquiéter, que comme pour mon chagrin, cette partie de ma vie ne devait pas l'atteindre, que quoiqu'il se passe je l'aimerai toujours… c'était surement présomptueux de ma part de croire que je pouvais faire parvenir tous ces sentiments à mon père d'un simple regard… et pourtant, je sentis qu'il s'apaisait…

- « Ne t'inquiète pas Charly » dis-je doucement, mais suffisamment fort pour qu'il m'entende, « Je vais partir en voyage en compagnie des Cullen, c'est une chance inespérée pour moi ! une opportunité à ne pas manquer, je suis sûre que tu comprends. » Je marquais une pause, sûre de l'attention de Charly et poursuivis « Je ne reviendrais probablement pas m'installer à Forks. Je suis désolée que la séparation doivent être si brutale… mais c'est ma seule chance d'être parfaitement heureuse… ne m'en veut pas je t'en prie… »

C'était pour le moins direct.

Mon père baissa un instant la tête, cherchant visiblement ses mots pour réagir à mon annonce énigmatique. Puis je vis ses épaules s'affaisser.

- « Tu es certaine de ce que tu fais Bella ? » demanda-t-il doucement en braquant à nouveau son regard dans le mien, l'air indécis.

- « Oui, je n'ai jamais été aussi sûre de moi que maintenant. »

Charly baissa à nouveau la tête. Il semblait un peu perdu, hésitant, perplexe. Et pourtant contre toute attente il déclara soudain :

- « Je te connais plus que tu ne le crois tu sais … quand tu prends ce ton là avec moi, je sais qu'il n'y a pas moyen de te faire changer d'avis… tu vas me manquer Bella.» dit-il avec chaleur, la voix légèrement voilée.

J'étais abasourdie qu'il m'ait si bien compris, qu'il accepte si facilement ma décision. Et par-dessous tout qu'il m'accorde une telle confiance… une confiance démesurée pour un père, et je ne l'aimais que davantage pour cela.

- « Il faudra que tu appelles toi-même ta mère pour lui expliquer …je t'avoue que je ne m'en sens pas le courage. Et j'exige d'avoir régulièrement de tes nouvelles » ajouta-t-il avec lassitude.

- « Merci Charly » dis-je avec émotion, « je t'aime papa » parvins-je à avouer à haute voix en le regardant peut-être pour la dernière fois dans les yeux.

- « Carlisle, je vous confie ma fille, prenez soin d'elle s'il vous plait. » déclara-t-il gravement.

- « Elle ne manquera de rien, soyez en assuré. C'est une joie pour nous de pouvoir l'accueillir parmi nous.» répondit simplement Carlisle.

Mue par un élan d'affection irrépressible je m'avais terriblement envie de m'élancer vers mon père pour l'étreindre une dernière fois. Je ne ressentais aucune soif, aucune sensation de manque. Et toute la famille Cullen était prête à agir en cas de besoin. Mais en cas de problème je risquais non seulement de mettre mon père en danger, mais en plus de lui confirmer qu'il y avait quelque chose qui clochait chez moi… Il avait décidé de ne pas en tenir compte, mais que je me jettes sur lui toutes dents dehors risquait fortement de le faire changer d'avis… cruel dilemme…

Puis presque sans le vouloir je croisais un bref instant le regard d'Edward. Il m'adressa un bref hochement de tête tandis que je me laissais submerger par la chaleur de sa propre confiance en moi. Je ne méritais pas d'être entouré de personnes aussi merveilleuses. Gonflant mes poumons, je m'avançais calmement vers mon père.

C'était sans compter sur la horde de vampires sur le qui-vive prêts à bondir sur moi pour m'empêcher d'atteindre Charly. Mais avant que toute la famille Cullen ne se jette sur moi, et que Charly prenne peur face à une réaction si peu naturelle, Edward s'interposa discrètement, leur faisant comprendre d'un simple regard et de toute l'aura de sa présence qu'il contrôlait la situation et que pour l'instant il n'y avait pas lieu de s'alarmer. Je lui jetais un regard éperdument reconnaissant…le sien était indéchiffrable… avant de courir me blottir dans les bras de mon père.

Il m'enlaça fermement. Je répondis à son étreinte en prenant garde de bien mesurer ma force. Ce n'était pas évident sous le coup de pareille émotion. Après seulement quelques secondes, mon père me relâcha, contraint par son éternelle réserve, et mit ses mains sur mes épaules.

- « Tu es…différente tu sais… » commença-t-il doucement.

Je retins mon souffle, absolument pas préparer à entendre que je ressemblais à une morte vivante …

- « je ne t'es jamais vu plus rayonnante, excepté le fait que tu ferais bien de prendre un peu plus le soleil ! » dit-il finalement à mon grand soulagement.

- « j'en prends bonne note, et avec un peu de chance notre première destination sera sous les tropiques ! » fis-je avec un sourire encore timide.

- « Je suis désolé, je suis obligé de te demander comment tu vas faire pour poursuivre tes études … »

- « Je passerai mon bac par correspondance, puis je ferai surement le tour de plusieurs universités en fonction des options qu'elles proposent. »

- « tu sais ce que tu veux faire ? »

- « Pas exactement, mais faire le tour du monde m'aidera surement à y voir plus clair ! »

- « Très bien….vous partez quand ? »

Je dansais un instant sur mes pieds, indécise et peinée de devoir le quitter si brutalement, mais il n'y avait pas vraiment d'alternative, même si je semblais bien supporter sa proximité avec ma nouvelle condition de vampire.

- « Nous partons maintenant. »

- « Ah … alors bon voyage Bella. Prends bien soin de toi.» murmura-t-il.

Il me serra une dernière fois brièvement dans ses bras, et prit le chemin de sa voiture de fonction garée dans l'allée. Je le suivis à courte distance, toujours sous les regards attentifs de toute la famille Cullen. Il monta dans son véhicule, et je m'appuyais sur le rebord de la vitre ouverte.

- « Merci Charly pour ce séjour à Forks. Je te promets que j'en garderai toujours que les bons souvenirs, et ils sont légions ! » fis-je en étirant mes lèvres en un franc sourire.

- « Dis ça à ta mère tu veux bien, sinon elle va encore dire que c'est de ma faute … » bougonna-t-il.

- « promis ! »

Il démarra la voiture, et me lança un dernier regard, tendre, et un peu triste.

- « Pense à bien te nourrir en mon absence ! » ajoutais-je précipitamment en voyant la voiture s'engager vers la route.

- « On croirait de plus en plus entendre ta mère Bella, tu devrais prendre garde ! » lança-t-il taquin sans se retourner.

Il agita la main, et sa voiture disparut derrière les arbres, engloutie par la forêt. Nos adieux avaient été brefs. C'était bien dans notre caractère d'expédier ainsi les choses désagréables. Inutile de verser des larmes pour faire comprendre que malgré la séparation nous penserions toujours l'un à l'autre.

Après toutes ces émotions, je me sentis soudain terriblement lasse et vide. Pourtant entamer cette nouvelle vie aurait dû être très excitant, mais je me sentais toujours responsable de trop de problèmes pour être parfaitement à l'aise avec ma …famille d'adoption. J'avais du mal à réaliser tout ce qui venait de se passer… Et par-dessus tout, je ne savais toujours pas à quoi m'en tenir avec Edward. Il avait été formidable avec mon père, mais ça ne signifiait pas qu'il m'avait pardonné ma trahison.

Je soupirais profondément, et trouvais je ne sais où le courage de me retourner pour affronter le jugement de mon « clan ».

Carlisle et Esmée souriaient de toutes leurs dents en se lançant des regards de connivence. Alice sautillait sur place en jubilant intérieurement.

Jasper subissait calmement les ricanements et les grandes claques amicales d'Emmett.

Et Rosalie semblait parfaitement indifférente, davantage préoccupée par le réajustement de sa tenue que par ce qui l'entourait.

Edward avait disparu.