Chapitre 38 : Les révisions

PDV de Ron Weasley, élève de Serpentard

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Ron traversa la salle commune le plus silencieusement possible. Deux élèves de cinquième année s'étaient endormis sur leurs livres de cours.

*Voilà, c'est pour ça que je ne révise pas comme un malade. J'ai trop peur de m'endormir devant tout le monde ; je ronfle.
Nan je déconne en fait si je révise pas c'est juste parce que j'en n'ai pas envie.*

Harry apparut par la porte qui menait au dortoir, il tenait sa cape d'invisibilité dans une main et la carte du maraudeur dans l'autre.

*Hermione ne va pas apprécier.*

– On peut y aller, murmura Harry.

Ils mirent la cape sur eux et sortirent de la salle commune ; direction la réserve de potion de Rogue. Ils s'arrêtèrent à chaque croisement pour vérifier que personne ne se trouvait sur leur route.

– Alohomora ! lança Harry.

La porte de la réserve s'ouvrit.

*Hermione ne va vraiment pas apprécier.*

– Rogue fait trop confiance à ses élèves, remarqua Harry.

Ils entrèrent dans la petite pièce et cherchèrent ce pourquoi ils avaient fait tout ce chemin.

– Là, dit Harry en désignant un petit tonneau.

*Non Hermione ne va pas du tout apprécier.*

Ron se pencha vers le tonneau et lu : « Morve de Troll ». Il attrapa le tonneau ; Harry vérifia qu'ils pouvaient ressortir tranquillement.

– Rusard est au septième étage, dit-il. On ne peut pas y aller.
– On peut peut-être aller chez Mimi Hilare ? suggéra Ron.
– Il faut espérer qu'elle ne rigolera pas au point de réveiller tout le monde, sinon notre plan pourrait tomber à l'eau.

Les deux garçons filèrent donc vers les toilettes du deuxième étage. Mimi Hilare ricanait au-dessus d'un lavabo.

– Vous tombez bien, dit Mimi. J'en ai une bien bonne.
– On n'a pas vraiment le temps, tenta Ron.
– Ça prend une seconde, dit Mimi. Vous connaissez la blague de la chaise ?
– Non, répondirent-il.
– Dommage, elle est pliante !

Mimi Hilare éclata de rire.

*Elle va nous faire repérer !*

– Mimi, dit Harry précipitamment. On peut squatter un peu ?

*Il lui demande la permission pour qu'elle pense à autre chose qu'à sa vanne bidon. En temps normal, on se fout un peu de la permission de Mimi Hilare.*

– Bien sûr, répondit Mimi. Toutes les personnes qui veulent fabriquer une potion clandestinement viennent ici de toute façon.

*Comment elle sait qu'on veut fabriquer une potion ?*

Harry sortit son chaudron transportable de son sac et plusieurs flacons de cosmétique.

– Comment cela se fait que tu aies une réserve comme ça ? interrogea Ron en désignant les produits de beauté.
– Lorsque je suis tombé sur le « Fielchester », j'ai aussitôt commandé les produits. Une fois qu'on les a ; la fabrication est rapide.

Ron ouvrit le tonneau, il en sortit une violente odeur. Ron et Harry reculèrent d'un pas, la manche sur le nez pour limiter l'arrivage des effluves jusqu'à leurs narines.

*Mais c'est immonde !*

– Ca pue ? demanda stupidement Mimi.
– Il a moisi ou quoi ? dit Harry d'une voix étouffée.
– C'est l'avantage d'être morte, ricana Mimi. On ne sent rien. Quoique j'ai entendu dire que certains fantômes arrivaient à sentir certaines odeurs. Faudrait que je me renseigne.

*On s'en fout un peu là !*

– Sortilèges de Têtentbulle ! dit Harry.

Il leva sa baguette et Ron l'imita rapidement. Leurs têtes entourées d'une bulle translucide, l'odeur nauséabonde ne leur parvenait plus.

– Il faut commencer par mettre la morve de troll dans le chaudron, dit Harry.

Ron versa le contenu du tonneau dans le chaudron. Et Harry alluma le feu.

– Dès qu'elle sera en ébullition, il faudra verser les cosmétiques tout en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre.

Ils débouchèrent les flacons en attendant que les bulles apparaissent dans le chaudron. Lorsque la morve se mit à bouillir, Ron fit tourner le mélange alors que Harry versait le contenu des flacons.

– Les filles perdent vraiment du temps à se mettre ça sur le visage tous les matins ? demanda Ron.
– Faut croire, répondit Harry.

Ron lut ce qu'il y avait d'écrit sur le flacon qu'il tenait : « Teint parfait ». Ils arrivèrent à la fin de tous les flacons.

– Il faut laisser reposer jusqu'à ce que ça prenne une couleur vert fluo, dit Harry.

Les deux garçons attendirent devant le chaudron.

– Et sinon toi et Hermione ça marche bien ? demanda Harry au bout de quelques secondes.

*C'est super. Je peux l'embrasser quand je veux c'est très étrange, mais surtout très agréable. *

– Ca se passe bien, dit simplement Ron.
– Cool.
– Cool.
– Cool, ajouta Mimi.

Les deux garçons se tournèrent vers elle ; elle éclata de rire. Soudain le contenu du chaudron prit la couleur vert fluo.

– Ça y est, dit Harry. Recommence à mélanger, je vais dire la formule.

Ron s'exécuta, et Harry marmonna des phrases en latin.

– Fini, dit Harry. Y a plus qu'à remettre le tout dans le tonneau.

Quelques instants plus tard, ils sortirent des toilettes et se dirigèrent vers la salle commune des Gryffondor. Avant d'arriver devant la porte Harry s'assura qu'ils étaient bien seuls et ôta la cape. Ils se désullionnèrent mutuellement et avancèrent silencieusement vers le portrait de la grosse dame ; la présence des deux serpentard ne la réveilla pas. Les deux garçons sortirent leurs baguettes et encadrèrent la porte du produit. Une fois que ce fut fait :

– Fielchester, murmura Harry en pointant sa baguette magique.

*Hermione ne va vraiment, mais alors vraiment pas apprécier.*

La potion étalée s'éclaira et se transforma en vapeur qui recouvrit toute la porte. Harry et Ron reculèrent prudemment, la grosse dame dormait toujours. Soudain, son teint prit une couleur rose bonbon, avec des petits pois vert.
Harry et Ron échangèrent un regard amusé, et filèrent à toute vitesse vers leur salle commune. Ils montèrent dans le dortoir et se remirent au lit comme si de rien n'était. Ils n'avaient pas de cours en première heure, Dean avait accepté de les remplacer la veille, il allait chercher le petit-déjeuner aux cuisines pour les Serpentard.
Bien qu'ils purent se lever deux heures après l'heure habituelle, ce ne fut pas suffisant pour récupérer complètement ; ainsi quand Hermione entra comme une furie dans le dortoir des garçons, Ron et Harry regrettèrent de ne pas pouvoir dormir un peu plus.

– Qu'est-ce que vous avez fait ! hurla-t-elle.
– Mais rien, tenta Harry. Pourquoi, qu'est-ce qui se passe ?
– Je me suis levée avec les autres pour pouvoir travailler tranquillement à la bibliothèque, raconta Hermione. Et vous savez quoi ?
– Non, qu'est-ce qui se passe ? demanda Harry.

Neville et Seamus s'étaient relevés et regardaient Hermione avec une vraie interrogation.

– Les Gryffondors... dit Hermione.

Elle ferma les yeux avec dégoût. D'un coup, les regards de Neville et Seamus devinrent amusés.

– Ils sont de toutes les couleurs ! s'écria Hermione. Ils y en a des verts, des bleus, des rouges, des touts blancs ! Et ils ont parfois des pois, des rayures ou des carreaux !
– Non ? dit Seamus amusé en se tournant vers Harry et Ron. Les mecs c'est énorme !
– Faut que je vois ça, dit Neville.

Ils se levèrent tous les deux et prirent leurs vêtements, Neville avait commencé à se déshabiller lorsqu'il se souvint que Hermione se trouvait dans la pièce. Il la regarda l'air gêné et tenta de recouvrir son caleçon avec son uniforme. Hermione détourna rapidement le regard, trop furieuse contre Harry et Ron, elle n'était pas du tout gênée de voir Neville en petite tenue.

*Hé mec ! C'est ma copine ! Rhabilles-toi !*

– Habillez-vous ! hurla Hermione à Harry et Ron. Je vous attends en bas.

Elle sortit et claqua la porte après elle.

– Ça doit vraiment être hilarant, dit Seamus.
– Je ne sais pas du tout de quoi tu parles, dit innocemment Harry.
– Oui, si tu le dis, dit Neville la tête sous un tee-shirt.

Neville et Seamus descendirent.

– Bon on lui dit quoi ? demanda Harry à Ron.
– Elle n'a vraiment pas apprécié, dit Ron.
– Non, dit Harry. Allez lève toi, si on attend, ça sera pire.

Les deux garçons s'habillèrent et rejoignirent les autres élèves. Dean avait ramené plusieurs paniers de nourriture. Il était assis à une chaise, le regard perdu dans le vide. Parvati tentait de le distraire par quelques bisous, mais apparemment ça l'embêtait plus qu'autre chose.

– Alors ? dit Hermione. Franchement, vous croyez que c'est moment ? Avec les ASPIC, et McGonagall qui était radieuse de voir une pseudo bonne entente entre les maisons !
– Mais ne t'inquiètes pas Hermione, ce n'est pas ça qui va tout plomber, tenta Harry.
– Tu crois ? s'écria Hermione. Et bien j'espère pour vous deux !

Elle s'éloigna et sortit de la salle.

*Elle est vraiment très sexy quand elle est en colère. Je pourrais peut-être tenter de... non après ce qu'on a fait, elle risque plutôt de m'envoyer bouler.*

Tous les Serpentard l'imitèrent bientôt et rejoignirent leur cours de potion. C'est Rusard qui tenait la porte ouverte, le professeur Rogue n'était pas encore présent dans la salle.
Les élèves s'installèrent à leur place, le cours était en commun avec les Poufsouffle. Des élèves commençaient déjà à feuilleter leurs manuels.

*Faudrait arrêter de réviser les gens, à cause de vous, je vais me sentir obligé de m'y mettre.*

Il passa à coté d'un groupe de Poufsouffle.

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PDV de Padma Patil, élève de Poufsouffle.

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*Je devrais accentuer mes révisions en potion.* songea Padma.

Padma jeta un coup aux Serpentard qui passaient près d'elle.

– Je suis sûr que ce sont eux, dit Anthony.
– Qui d'autre cela pourrait être, approuva Lisa avec férocité.
– C'est vraiment dégueulasse, renchérit Mandy. Heureusement qu'ils n'ont ensorcelé que les Gryffondor.
– On devrait quand même rester prudent, dit Michael. Les Serpentard ne sont que des crétins sans conscience.

*Ben sauf mon Dean quand même. Quoique ce n'est pas uniquement « mon Dean » puisque je le partage avec ma sœur.*

– C'est étrange, dit Terry d'une voix plus posée. Ils semblaient plus calme ces derniers temps.

*Si ça se trouve c'est Dean qui leur a dit de se calmer. Il doit se rendre compte que les Serpy ne sont pas toujours très gentils avec les autres élèves.*

– Ils ne le seront pas resté longtemps, fulmina Lisa. Ils sont tous... horribles !
– C'est bête, ajouta Anthony. L'entente entre les maisons n'était pas trop mal depuis quelques temps, ça risque d'inverser la tendance.
– Qu'est-ce qui a amélioré cette entente d'ailleurs ? demanda Mandy.
– Aucune idée, dirent Terry et Anthony en chœur.

*D'accord, eux ils savent.*

Rogue arriva avec vingt minutes de retard, il demanda le silence et le cours commença.

*Mon Dean, ce n'est pas un Serpentard comme les autres, c'est vrai, il est plus... enfin moins... il ne fait rien de très répréhensible. À part tromper sa copine avec la sœur jumelle de celle-ci.*

Une fois le cours terminé, les élèves allèrent déjeuner. Ils furent tous étonnés de voir les Gryffondors entrer eux-aussi dans la Grande salle pour déjeuner.

– Les profs n'ont pas osé leur imposer de venir comme ça devant tout le monde ? s'indigna Mandy.

Padma ne pouvait ôter son regard des Gryffondor. Leur teint de peau avait pris des couleurs étranges. Elle vit Ginny Weasley avec un teint rouge pivoine qui s'accordait très mal avec ses cheveux. Drago Malefoy avait le teint vert pâle comme un personnage de dessin animé qui s'apprêterait à vomir. Millicent Bulstrode avait le teint bleu avec des pois vert foncé. Tracey Davis avait un teint quadrillé à l'écossaise, elle était peut-être la plus voyante, en dehors d'un première année qui était devenu orange fluorescent.

*Au moins elle est à la mode, l'écossait se porte bien en ce moment.*

– Dumbledore peut l'avoir fait, si c'est le cas, je sens que notre premier ministre Tom Jedusor va encore débarquer ici pour se plaindre, dit Anthony.

*On peut continuer à se poser des questions ; ou alors on peut se renseigner à la source.*

Padma en qualité de préfète avait un assez bon réseau parmi les élèves. Elle regarda attentivement les gens qui entraient dans la grande salle et trouva son bonheur.

– Hé Pansy ! appela-t-elle.

La Gryffondor s'approcha vers elle. Elle avait le teint jaune pétant, il ne lui manquait plus qu'une haute tignasse bleu pour se transformer en Marge Simpson.

– Salut.
– Salut, répondit Padma. Vous savez ce qui vous est arrivé ?
– À peu près, l'enquête est en cours, dit Pansy. C'est vraiment abominable, certaines élèves de première année étaient en larmes. Les coupables paieront ! Ils ne s'en tireront pas comme ça, il peuvent compter sur nous pour nous venger !
– Heu... Pansy, coupa Padma. Aucun professeur n'a trouvé le moyen de vous enlever ça ?
– Si, répondit-elle. Le professeur Rogue a tout de suite identifié le « Fielchester ». Il connaît l'antidote, mais il faut une journée pour le préparer. On va rester comme ça, jusqu'à ce soir. Le professeur Rogue a vraiment été très gentil avec nous, il a tenté de réconforter les élèves qui pleuraient, personnellement j'ai eu du mal à ne pas fondre en larme, c'est vrai d'habitude j'ai un teint vraiment très beau...

*Elle compte s'arrêter de parler à quel moment ? Il faut peut-être prendre rendez-vous.*

– Ne t'inquiète pas Pansy, rassura Terry. Je suis sûre que tu retrouveras toute ta beauté après avoir bu l'antidote.
– Heu... merci... dit-elle gênée.

*Tiens elle a du mal à parler ? Etrange.*

Pansy lançait une série de regards gênés à Terry. Peu à peu l'expression d'incompréhension de Terry vira à l'effarement.

*J'ai loupé un truc ?*

– Dumbledore vous a forcé à venir ? demanda Mandy qui n'avait rien remarqué de spécial. Il aurait pu demander aux elfes de vous servir vos repas dans votre salle commune.
– Rogue nous l'a suggéré, dit Pansy. Mais nous avons décidé d'agir avec courage et de venir ici dans la salle commune la tête haute et de réprimander toutes personnes qui pourrait se moquer de l'un de nous de faire bloc pour...

*Oh putain, voilà qu'elle nous fait un discours.*

– Parce que ce n'est pas parce que notre apparence a changé ; qu'au fond de nous nous ne sommes pas les fiers et courageux Gryffondor qui ont été reparti dans la maison des lions. Et sous les couleurs du rouge et de l'or...

*Putain, elle nous fait quoi là ?*

– Tu devrais peut-être aller manger Pansy, coupa Terry. Les plats vont bientôt disparaître.

Pansy fit volte face et fonça vers la table de ceux qui portaient le rouge et l'or...

– Elle a fondu ses fusibles ta copine ? demanda Anthony à Terry.
– Ce n'est plus ma copine, dit-il. Je crois plutôt qu'elle redevient normale, mais elle doit sûrement passer d'un extrême à l'autre...

Les Poufsouffle se levèrent bientôt, ils n'avaient pas de cours de l'après-midi et devaient donc réviser. Padma choisit la bibliothèque, accompagnée de Lisa, les deux filles montaient les escaliers tout en commentant le nouveau visage des Gryffondor. En haut de l'escalier, elles se turent, parce qu'elles étaient à cours de souffle. Des voix mêlées à des rires leur provenaient d'un couloir voisin.

– C'était trop drôle.
– Oui, je me demande comment j'ai fait pour ne pas exploser de rire à table.
– Et encore, vous vous les avez déjà vu ce matin, pour moi ça a été le choc.

*Cette voix là, je la connais. Je la connais même trop bien.*

– Et quel choc !
– Quand Hermione a débarqué dans le dortoir en criant franchement je m'attendais pas à un truc aussi énorme, elle hurle tout le temps pour un rien.
– Quand même d'habitude elle ne monte dans le dortoir que pour des trucs super important, dit Dean.
– On n'était pas vraiment réveillés. Mais quand elle a dit « Gryffondor » et que j'ai vu la tête de son nouveau petit copain.

*Une seconde, Hermione Granger a un copain ?*

Les trois élèves s'avancèrent vers elles, il s'agissait de Neville Londubat, Seamus Finnigan et Dean dont Padma avait déjà deviné la présence. Elle le fusilla du regard.

– Vous savez, leur dit Padma furieuse. Ça n'a rien de drôle ce que subissent les Gryffondor.
– Nous on trouve que si, dit Neville Londubat avec un sourire sadique.
– Heu... on doit y aller tu te rappelles ? dit Lisa d'une voix angoissée.
– J'arrive.

Padma jeta un regard noir aux trois élèves et en particulier sur Dean. Il semblait coupable mais sans plus.

– Mais tu es folle ! dit Lisa une fois qu'elles furent suffisamment éloignées. Ils auraient pu nous étriper.
– Ils ne nous auraient rien fait, assura Padma.
– À cause de Dean ?

*Quoi ? Comment elle sait ?*

– Comment ça ? demanda Padma d'une voix qu'elle tentait de rendre assurée.
– Si tu crois que parce qu'il sort avec ta sœur il va retenir ses copains de nous jeter un maléfice, tu te trompes, dit Lisa. C'est un Serpentard et les Serpentard sont foncièrement mauvais, tu te rappelles ? Au mieux, il ne nous aurait rien fait, il aurait juste regardé ses potes nous torturer.

*Dean est un... Serpentard. Je le sais, pourtant... ça veut pas rentrer. J'arrête pas de me dire qu'il est différent, mais en fait... non. Il est comme les autres.*

Durant le dîner, les Gryffondor avaient toujours leur teint étrange, une deuxième année avait terrorisé Padma en surgissant devant elle avec le teint blanc immaculé. Seul son nez affichait une pointe de couleur, le rouge.

– N'empêche, dit Mandy. Il faut admettre qu'ils sont courageux, moi je serais restée toute la journée dans mon dortoir à pleurer.
– Ils auraient dû rester dans leur dortoir, dit Michael. Pourquoi ils sont sortis comme ça ? Pour les garçons, je dis pas, mais pour les filles c'est vraiment pas beau. N'est-ce pas les mecs ?

Ils se retourna vers Terry et Anthony.

– Heu... non, moi je trouve que c'est pas si atroce, dit Terry. D'accord, à long terme, ça peut être gênant. Mais là il suffit d'attendre ce soir, ça ne changera pas les Gryffondor. Qu'est-ce que ça peut faire si pendant une journée elles sont moins jolies ?
– En tout cas, ce n'est surtout pas un motif de rupture, dit Anthony en regardant Michael avec une drôle d'expression.
– Ouais, dit-il. Bon je vous laisse Tracey m'attend dans le hall. Je suppose qu'elle voudra encore pleurer.

Il sortit de table, laissant les autres Poufsouffle discuter entre eux. Quinze minutes plus tard, Padma sortit de table accompagnée de Lisa et Mandy, suivies de près par Terry et Anthony. Dans le hall, elles retrouvèrent Tracey et Michael.

– Comment tu peux me faire ça ! hurla Tracey. Uniquement parce... parce... j'ai le teint vert !
– Il est aussi bleu et rouge, ajouta timidement Michael.
– évidemment, j'ai le teint du style écossais ! hurla-t-elle. Tu sais combien de filles m'ont dit qu'elles auraient voulu avoir mon teint ? Tu n'es qu'un crétin.

*Moi personnellement je suis très contente de mon teint ; elle peut garder son écossais, aussi branché qu'il puisse être.*

– Ce n'est pas ton teint le problème, murmura Michael, c'est la manière dont tu réagis...
– Laisse moi ! hurla Tracey.

Michael ne discuta pas, il disparu en trois secondes et deux dixièmes. Des larmes silencieuses se mirent à couler sur les joues de Tracey.

*Oh non, pitié quelqu'un, sauvez-la !*

Padma jeta des coups d'oeil alarmés autour d'elle. Terry avait disparu.

– Bon on a des révisions à faire, dit Hermione Granger insensible face à la douleur de la jeune fille.

*Garce.*

Plus loin, Drago Malefoy (avec son teint de vert malade) fendait la foule, tel un preux chevalier servant pour secourir la pauvre Tracey qui venait de se faire larguer devant la moitié de l'école.

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PDV de Drago Malefoy, élève de Gryffondor

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*Tant pis pour mes révisions, Tracey à la priorité.* songea Drago.

Drago comptait filer à la bibliothèque avant tous les autres élèves, mais voir Tracey en larmes avait chamboulé ses plans.

– Tracey ? demanda-t-il gentiment. Qu'est-ce qui t'arrive ?
– Michael vient de rompre !

*Que c'est étonnant !*

– Ah, dit Drago. Et ça c'est passé quand ?
– Là y a une minute !
– Attends, ici ? Devant tous les élèves ?
– Oui.

*Je vais le tuer ! Je vais prendre son crâne et le confier à un troll.*

– Ne lui fais rien, dit aussitôt Tracey. C'est dans sa nature d'être un salaud, je le savais, on m'a prévenue, j'ai juste été trop conne.
– Mais non...

*Pieux mensonge.*

Daphné Greengrass et Pansy apparurent.

– Tracey ma chérie je suis désolée, dit Daphné. L'ancien petit ami de Pansy est venu nous prévenir.
– Terry est vraiment une perle, dit Pansy. Il est pote avec Michael et il m'a confié même les Poufsouffle le trouvaient salaud par moment.

Tracey sanglota bruyamment.

– Si ça se trouve... murmura Pansy pour elle-même.

*Si ça se trouve quoi ?*

– C'est peut-être Michael en fait... continua Pansy.

Elle parlait si bas que Drago dû se pencher pour entendre ce qu'elle disait.

– J'ose pas lui demander... dit-elle encore plus bas.

*Ça fait trois jours qu'elle nous saoule avec son babillage incessant et maintenant qu'elle a enfin quelque chose à dire qui pourrait être intéressant, elle ne nous en parle pas. Y a pas de justice.*

– On devrait aller dans la salle commune, suggéra Daphné. Le professeur Rogue a peut-être fini l'antidote.

*Saleté de Serpentard, comme si cette période de l'année n'était pas suffisamment stressante. Ceux-là aussi je vais leur péter la tête... j'suis en colère ; faut que je me défoule. Ou alors... *

– Il est parti par où l'autre abruti ? demanda Drago.
– Ne lui fais rien, s'il te plaît Drago, supplia Tracey. Je sais que tu veux bien faire, mais je veux oublier cette histoire au plus vite.

*Bon si je peux pas m'acharner contre Michael Corner, je vais m'acharner contre qui ? J'ai besoin me prendre la tête avec un type là ! J'ai le teint vert ! Je ne peux pas aller me bastonner avec Potter ou Weasley tant qu'il n'aura pas été formellement prouvé que ce sont eux les coupables. *

Dépité, Drago rejoignit la bibliothèque qui, en quelques minutes, s'était déjà bien remplie. Il farfouilla pendant quelques minutes au rayon des métamorphoses ; il emprunta un exemplaire et sortit. Toujours furieux de ne pas avoir pu se défouler.

C'est alors qu'il arriva.
Celui qui allait permettre à Drago de se dégager de toute sa colère de la journée.
Ce n'était pas un Serpentard.
Ce n'était pas Michael Corner.
Non ce garçon là, il avait fait bien pire.
Il parvenait à flirter avec Luna Lovegood.

(Stade que Drago n'avait jamais pu atteindre).

Il était là, celui qui était la vraie raison de toute cette colère (jalousie) que Drago accumulait.
Zacharias Smith.

– Hé toi ! appela Drago.

Zacharias se retourna et regarda autour de lui. Ils étaient seul, c'était donc bien à lui que Drago s'adressait.

– Salut Drago... commença vaguement Zacharias.
– Ta gueule !

Zacharias fut très surpris.

– Qu'est-ce qui se passe ? demanda le Serdaigle.
– Qu'est-ce qui se passe ? Mais tu sais très bien ce qui se passe ! s'écria Drago.
– Ah bon ?

Zacharias gardait toujours son calme, il se mit à réfléchir.

– Je ne suis pas responsable du teint des Gryffondor, dit-il. Au contraire je trouve ça répugnant...
– Je ne te parle pas de ça !
– Alors excuse-moi mais je ne vois pas, dit Zacharias.
– Si tu vois très bien !
– Non, dit Zacharias qui commençait à s'énerver. Dis-moi carrément de quoi il s'agit, si ça se trouve, tu te trompes de personne.
– Je ne me trompe pas de personne, je t'ai vu !
– Tu m'as vu ? Et je faisais quoi ?
– Tu le sais très bien, dit Drago.

*J'ai la vague impression que je suis en train de divaguer complètement. Tant pis, j'ai 17ans ça sert à quoi à part à faire des conneries ? Hein, je vous demande.*

– Non, je ne vois pas, écoute j'ai des révisions à faire, alors soit tu me dis ce qui se passe soit... je te laisse t'énerver tout seul.

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PDV de Zacharias Smith, élève de Serdaigle

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*Bon d'accord je n'ai pas de révision à faire, quoique si j'en ai plein mais je compte pas m'y mettre. Je veux juste fuir ce dingue avant qu'il ne commence à balancer des sorts à tout ce qui bouge. Je l'ai vu en cours de sortilège et il se débrouille pas mal. Bien évidemment je serais capable de le battre à plate couture, mais on sait jamais... *

– Tu l'as dragué ! dit Drago froidement.

*Personne récemment... la dernière fille c'était Pansy lors de la soirée au Luxor... depuis personne. Il ne m'en veut pas à cause de ça j'espère ? Ca s'est passé y a un moment maintenant.*

– Tu es sûr ? demanda Zac étonné.
– Oui hier et un autre jour...

* Alors à qui j'ai parlé hier... les filles de ma maison... sinon... les profs comptent ?... et... Luna.
Ho purée !*

– Alors c'est toi ? dit Zac.
– Moi quoi ?
– Le garçon mystérieux de Luna ! Celui qui ne veut plus être son ami ?
– Oui, dit froidement Drago. Comment tu sais ça ?
– Elle m'en a parlé, dit Zac.
– Ah ouais ! Elle t'en a parlé ? dit-il enragé.

*Je devrais peut-être le calmer, je sens qu'il va faire un truc méchant envers moi. Pas que je ne saurais pas me défendre, je suis assez brillant au niveau magie. (Comme à beaucoup d'autres niveaux). Mais on ne sait jamais un coup de malchance...*

– Luna et moi sommes devenus de bons amis, apprit Zac. Je sais que c'est une amitié récente et très étrange, parce que Luna est assez... comment dire...

*Dingue ; folle ; timbrée ; secouée ; absurde ; cinglée ; insensée ; toquée ; bizarre ; Vaudevillesque ; détraquée ; dingo ; fada ; fêlée ; frappée ; loufoque ; maboule ; ravagée ; siphonnée ; sonnée ; barge ; déséquilibrée ; fouettée ; mouchée ; zinzin ; sinoque ; piquée ; aberrante ; bizarroïde ; burlesque ; extravagante ; farfelue ; saugrenue ; abracadabrante ; Grave atteinte ; Joyeusement dérangée ; excentrique...*

– Bref, elle est Luna, continua Zac. Et moi je suis...

*Génial ; formidable ; extraordinaire ; fabuleux ; intelligent ; prodigieux ; talentueux ; admirable ; épatant ; stupéfiant ; rare ; magnifique ; beau ; spirituel ; drôle ; amical ; sociable ; curieux ; merveilleux ; sublime ; mirifique ; adorable ; divin... *

– Bref, je suis moi, dit Zac.
– Tu l'as draguée, dit Drago méchamment.

*Non, y a des limites. Déjà je veux bien qu'on soit amis à la condition qu'on limite nos démonstrations d'amitié en public.*

– Je t'assure que non, dit Zac. Et puis tu sais le fait que vous ne soyez plus amis la met vraiment dans un triste état. Elle est à la limite de la dépression.
– Je sais, dit Drago. Ginny m'a prévenue. Et tu comptes en profiter ?
– De quoi ?
– Qu'elle soit déprimée ? Tu en profites pour pouvoir lui sauter dessus ?

*Elle est pas très attirante... *

– Non, se défendit Zac. On est juste amis, et si ça se trouve notre amitié ne durera pas. On parle juste.
– Et de quoi vous parlez ?

*Ben de toi.*

– De plein de choses, dit Zac. Des cours, des profs, des autres élèves...
– Arrête de mentir, pourquoi tu n'admets pas simplement que tu lui cours après ?
– Parce que je ne lui cours pas après !
– Je ne te crois pas.
– Elle est gentille et tout, mais elle ne m'intéresse pas du tout !
– Menteur. Comment tu peux parler à une fille si souvent sans être intéressé ?
– Parce que je suis intéressé par une autre ! s'écria Zac.

Il avait dit cette dernière phrase un peu trop fort à son goût.

– Vraiment ? dit Drago sceptique. Et tu comptes me faire avaler ça ?
– Oui, je m'intéresse à Pansy !

*Ah bon ? Je m'intéresse carrément à elle ? Je pensais que je m'inquiétais juste de ne pas lui avoir fait trop de mal... Moui finalement c'est pas si surprenant que ça ; c'est curieux que je ne m'en suis pas rendu compte plus tôt. *

– Tu quoi ?
– Tu as très bien entendu, dit Zac agacé. Ce n'est pas Luna qui m'intéresse, c'est Pansy.

Drago fit un pas en arrière terrifié.

*Je lui fais peur ? C'est vrai qu'avec mon petit ton agacé, je peux avoir un sacré coté effrayant.*

– C'est pas vrai, dit Drago. Après Tracey, va falloir gérer Pansy. Et puis Ginny qui boude à moitié depuis hier. Je sature moi... je peux pas toutes les protéger.
– Personne ne te le demande, dit Zac.
– Si, Tracey et Daphné sont trop naïves, Ginny a des problèmes avec ses frères et tous les Serpentard en général ; Millicent ne plaît à personne. Pansy me semblait suffisamment bizarre ces derniers temps, si en plus tu te mets à la draguer, je ne vais pas m'en sortir.

*Tracey ? Daphné ? Millicent ? Mais c'est qui ça ?*

– Je ne compte pas draguer Pansy, dit Zac.
– Tu viens pas de dire qu'elle t'intéressait ?
– Si.
– Et tu ne comptes pas la draguer ?
– Non.

Drago fit un autre pas en arrière.

– Je ne veux pas savoir ce qui se passe dans ta tête, dit-il. Je m'en fous, et là je vais aller me coucher ; j'en ai bien besoin. Ça aura été une drôle de journée.

Le Gryffondor fit volte face et laissa Zac, seul, face à ses propres pensées.

* Donc le fameux amoureux de Loufoca est Drago Malefoy ; d'accord.
Luna est une bonne amie à moi ; d'accord.
Je terrifie Drago Malefoy ; d'accord.
Je m'intéresse à Pansy la gourdasse ; d'accord.
Je ne compte pas la draguer ; d'accord.
Bon ben je crois que moi aussi je vais aller me coucher là. *