Disclaimer : aucun des personnages de Supernatural ne m'appartient.


Le répit fut malheureusement de courte durée. Une nouvelle affaire réclama leur attention après seulement quelques semaines. Ils se rendirent à La Nouvelle Orléans, où sévissait une vague de disparitions inexpliquées et des cadavres mutilés. A leur arrivée, Dean et Déborah se rendirent au poste de police pour glaner les informations nécessaires à leurs recherches, pendant que Sam trouverait un hôtel. La chasseuse fit forte impression à son compagnon par le calme qu'elle manifesta à la morgue, où plusieurs cadavres de disparus avaient fini par échouer. Elle se pencha sur certains d'entre eux, attentive au moindre détail, allant jusqu'à prendre le rapport du médecin-légiste pour l'examiner devant lui et poser des questions pour le moins pointues. Admiratif devant tant de connaissance, le praticien lui fournît avec un plaisir non dissimulé toutes les informations qu'elle lui demanda. Dean était véritablement épaté de la voir courbée sur les corps sans rechigner. Lui, il avait du mal à trop s'en approcher. Il gardait un souvenir assez dégueu d'un médecin qui lui avait collé un cœur encore dégoulinant dans les mains. Ses lèvres frémirent quand il repensa à la giclée de sang qui avait atteint le visage de Sam la seconde suivante, alors qu'il commençait à se foutre de lui… Bien fait ! Il avait failli partir à rire, mais il s'était retenu. Avec le temps, il avait réussi à passer outre cette répugnance, mais quand il pouvait éviter de coller son nez dans les tripes d'un macchabé, il aimait autant. C'était plus le genre de Sammy de foutre les mains dans la bidoche…

Sam a trouvé une affaire très, voire trop, sérieuse après quelques semaines à la maison… Des gens disparaissent à la Nouvelle Orléans, et visiblement, ça craint. On est bon pour aller se balader dans le bayou… Cette fois, je décide de prendre ma moto, pas question de me retrouver coincée ou piéton. Je confie quand même mes sacs à mes deux hommes, parce que trimballer autant de matériel à moto, c'est pas une sinécure…

Quelques heures plus tard, c'est un Dean en costume qui m'accompagne chez les flics et à la morgue. Il est classe dans son costard… Si on avait le temps, je lui retirerai sa cravate pour… M'enfin, Dèb… Un peu de sérieux… Les têtes des deux frangins quand ils m'ont vue débarquer dans mon tailleur valaient le détour. En même temps, je fais plus vraie que nature, avec mes lunettes sur le nez et mon insigne d'agent fédéral… Oui, moi aussi, j'ai mes fournisseurs et mes fausses identités. La police de la Nouvelle Orléans nous fournit les dossiers des disparitions mais c'est à la morgue que nous en apprenons le plus. Les cadavres présentent des mutilations bien spécifiques. Le légiste a l'air épaté que je lui pose des questions sur des détails qui n'intriguent pas les autorités, mais qui, à moi, me sautent aux yeux.

De retour à l'hôtel avec les conclusions du médecin et les casiers judiciaires des victimes, pour celles qui en avaient, les trois chasseurs se mirent en quête de ce qui avait pu causer les blessures observées. Dean se contenta de regarder la télévision en buvant une bière, laissant les travaux « barbants » à ses compagnons. Sam et Déborah surfèrent sur de nombreux sites, et le cadet des Winchester finît par annoncer qu'il tenait sans doute une piste après une dizaine de minutes.
- Un dieu aztèque… Mictlan-quelque chose.…
- Mictlantecuhtli… déchiffra la jeune femme par-dessus son épaule. Dieu aztèque du royaume souterrain, l'inframonde, où il est le dieu des morts. Visiblement, un mec sympa avec qui on aurait presque envie de passer des vacances… Il aurait participé à créer les hommes… qui lui étaient sacrifiés ensuite. Oh, et il semblerait que les victimes pouvaient aussi être mangées…
- Beaucoup de dieux mangent les humains. Hein, Sam, genre M. et Mme Noël…
- Oui, les dieux… continua-t-elle. Mais pas les prêtres. Enfin, pas normalement, mais là, les victimes étaient consommées aussi par les sacrificateurs… Des gars bien, j'vous dis ! Ils savaient s'amuser, à l'époque…

Alors que Sam parcourait rapidement les codex que lui fournît la chasseuse, son frère et elle sortirent prendre l'air. Sam lisait attentivement les nombreuses pages qui défilaient sous ses yeux. Elle avait enregistré toutes les données de ses recherches sur un serveur extérieur accessible avec un mot de passe qu'elle changeait régulièrement et que peu de personnes connaissaient. A force de chercher, le jeune homme parvint à trouver plus d'informations.
Pendant ce temps, dehors, sous le regard médusé de Dean adossé à un poteau, la jeune femme sortit une cigarette de sa poche. Elle l'alluma et tira une longue bouffée avec un plaisir clairement affiché. Elle retint sa respiration quelques secondes, puis expira une volute de fumée en soupirant de délectation.
- Depuis quand tu fumes, toi ? demanda-t-il, surpris.
- Depuis que j'ai compris que je n'aurais jamais d'autres plaisirs que celui que je prendrai. Alors, vois-tu, maintenant que j'ai bien compris que j'allais pas tarder à casser ma pipe, je fume, je bois, je baise, je mange ce qui me fait envie, quand ça me fait envie, et j'emmerde les moralisateurs à qui mon style de vie ne convient pas.
- Vu comme ça… Tu me trouves moralisateur ?
- Te sens pas visé, tu l'es pas. D'ailleurs, si on se trouvait un coin tranquille, toi et moi ?... J'ai un peu les nerfs, tu pourrais peut-être m'aider à me détendre ?...
Il éclata de rire devant le sourire plein de promesses et tendit les bras à sa compagne pour l'enlacer. Elle se cala contre son torse, dos à lui pour ne pas trop le gêner avec sa cigarette, entourée de ses bras. Il posa son menton sur son épaule. Ce qu'elle lui avait dit le perturbait un peu. « Je vais pas tarder à casser ma pipe »… pourquoi disait-elle une chose pareille ? Certes, l'espérance de vie des chasseurs était moindre que celle de la population lambda, mais ce n'était tout de même pas une raison pour avoir ce genre de raisonnement, surtout à son âge. Est-ce que, par hasard, elle ne leur cacherait pas encore des choses ? Il n'y tint pas.
- Pourquoi tu dis ça ? T'es quand même pas si vieille…
- On y vient… Ca fait combien de temps qu'on se connait ? Quatre ans, à peu près ? Et c'est seulement maintenant que tu t'inquiètes de mon âge… Tu me donnes combien ?
- Une petite trentaine, à tout casser.
- Pas mal. Vingt-neuf, pour être exacte. Et j'en ai vu plus que pas mal de personnes en aussi peu de temps… Parfois, je suis lasse de cette vie… J'attends la fin avec impatience, par moments… soupira-t-elle.
Elle écrasa la cigarette qu'elle venait de finir et se blottît plus étroitement contre son partenaire. Le nez dans son cou, elle huma l'odeur de son after-shave. Ses mains frôlèrent le torse du chasseur, puis se glissèrent derrière son dos. Elle se cramponna brusquement à lui. Il la sentit trembler un instant avant que ne cède le barrage. Il la laissa faire, se contentant de la serrer contre lui le temps qu'elle se calme. L'aveu de ce désespoir faisait écho à celui qui l'avait envahi…

Sam et moi sillonnons des dizaines de pages, en vain en ce qui me concerne pendant que Dean s'affale avec une bière devant la télé. A force de lire sur l'écran, je me chope mal aux yeux. Mes binocles déclenchent une vague de commentaires et de poncifs plus ou moins foireux sur les « femmes à lunettes ». Heureusement, je ne suis pas susceptible.
Mon amant numéro un finit par crier victoire. Il était temps… Il est question d'un dieu aztèque… Je lis à voix haute par-dessus son épaule et je fais part de mes impressions. J'ai envie d'une clope, brusquement… Alors je laisse à Sam le soin d'accéder à ma base de données, le temps que Dean et moi sortions. La nicotine me fait du bien. Dean a l'air surpris de me voir avec une cigarette. Je lui dis le fond de ma pensée, en ajoutant une proposition indécente que je mettrai volontiers en œuvre s'il m'en laissait l'occasion. Il ne me prend qu'à moitié au sérieux. Dommage.
Malgré tout, il m'ouvre ses bras. Je ne résiste pas, je me blottis dos à lui. Le menton calé sur mon épaule, il m'interroge. Son souffle dans mon cou me fait frissonner… Oh, il était urgent d'avoir cette discussion, ma foi. Ca ne fait jamais que quatre ans qu'on se connait, et c'est maintenant seulement qu'il s'inquiète de mon âge… Une vérité m'a échappée. Je suis lasse de cette vie, c'est vrai. Parfois, j'aimerai en finir. Je pensais avoir fait le deuil de pleins de choses, mais en fait, je n'avais réussi qu'à les enfouir au plus profond de moi.

Depuis quelques temps, mon démon intérieur refait surface par épisodes. Il me balance tout un tas de jolis souvenirs, comme autant de moustiques sur un pare-brise. Le genre de trucs qui dégueulasse bien et qu'on a un mal de chien à faire partir… Je me demande si ce n'est pas pour se venger du fait que je ne le nourris plus depuis quelques temps et que j'ai trouvé le moyen de lui faire fermer sa gueule presque quand je veux… Que presque…

Je le savais… Sam et Dean ont très, très mauvaise influence sur moi… Je passe mes bras autour de mon ami-amant, je me remplis de son parfum, de l'odeur de sa peau chaude… J'ai envie de quitter ce monde merdique, où il n'existe que peine et douleur. Mais dans ses bras, je me dis qu'il y a de l'espoir. Et quand je suis avec Sam, alors, là, je vois carrément un avenir. Une maison avec une barrière blanche, un chien, un chat, un canari sous le porche… Incongruité totale. Je nous imagine tous les trois, vivants dans cette maison avec des enfants dont je ne saurais qui de Dean ou de Sam est le père. Je nous voie, habillés en hippies… J'éclate de rire à travers mes larmes.

Dean m'enferme dans ses bras, sa main sur mes cheveux. Patiemment, il attend que ma crise d'hystérie se finisse. Je soupire une bonne fois. J'en ai assez de péter les plombs comme ça… Je devrais peut-être aller consulter… Il me donne un paquet de mouchoirs. Prévoyant, cet homme… Sam se pointe à l'entrée de la chambre. Il n'a pas l'air surpris de nous voir enlacés comme ça. Tant mieux, j'ai horreur des mecs jaloux.

Elle releva la tête, les yeux rougis, un sourire gêné sur les lèvres. Dean lui tendit un paquet de mouchoirs en papier sans un mot. Son regard suffît à rassurer la jeune femme. Pour une fois, il ne dît rien. Avec tout ce qu'elle avait vécu, elle avait bien le droit de craquer nerveusement. Et puis, il l'aimait bien, cette fille. En fait, il l'aimait tout court… A la fois comme son petit frère et comme une femme. Bizarre, mais bon, fallait faire avec. Elle sécha ses pleurs et ils rentrèrent écouter Sam, qui les avait interpellés depuis la porte de la chambre. Il la raccompagna, le bras autour de ses épaules en lui embrassant les cheveux. Il finirait bien par lui dire ce qu'il éprouvait… un jour…
- Bon, apparemment, il existe un moyen de se débarrasser du méchant dieu anthropophage. Il faut un poignard fait avec un os de chien et un silex… et lui couper la langue …
Dean et Déborah échangèrent un regard dubitatif.
- On n'est pas sortis du sable, risqua-t-elle. Comment on le débusque, le loustic ? Et une fois qu'on l'a trouvé, on lui demande gentiment de se laisser charcuter ?
- Alors ça… aucune idée de comment faire. Mais je comptais sur vous pour trouver une idée lumineuse, annonça Sam avec un grand sourire.
La chasseuse secoua la tête.
- Je réfléchirais mieux avec l'estomac plein… D'abord, on mange, ensuite, je trouverai « une idée lumineuse »…
- Et le poignard ? hasarda l'aîné.
Déborah chassa la question d'un geste de la main.
- Un véto va bien avoir ça quelque part… et le silex, dans une boutique de lithothérapie, ça devrait pas être trop compliqué… Bon, on va manger ?

Ils dînèrent dans le quartier français, se mêlant à la foule qui, comme tous les soirs, se pressait dans les rues. De retour à l'hôtel, la jeune femme, visiblement très ragaillardie par l'alcool, tenta un numéro de charme auprès des deux frères. Mais au lieu de profiter de l'occasion, ils préférèrent la mettre au lit. Pas question pour eux d'abuser de la situation. C'était bien la première fois qu'ils la voyaient dans cet état d'ébriété… Si ça avait été à la maison, ils n'auraient sans doute pas dit non, mais là… Elle se coucha dans le lit une personne, visiblement vexée et leur tourna le dos sans répondre quand ils lui souhaitèrent une bonne nuit avant de gagner leur lit. Ça irait mieux demain. Du moins l'espéraient-ils.

Je me réveille avec un mal aux cheveux assez terrible. Ouh là, ouais… J'ai la gueule de bois… Je crois que j'ai abusé de l'alcool hier soir… Ma fille, mauvaise idée que de noyer tes chagrins là-dedans… Je rassemble mes derniers souvenirs de la soirée… Honte sur moi. J'ai essayé de me faire les deux frangins en étant bourrée. Misère… Mon estomac supporte mal le roulis des murs et la moquette qui ondule sous mes pieds. A moins que ce ne soit mon cerveau confit dans le vin qui ne me trahisse… Quoi qu'il en soit, je gagne d'urgence les toilettes… Une douche et un café plus tard, j'ai toujours mal à la tête, mais la nausée est passée…
Lesdits frères m'ont laissé un mot. Des pattes de mouche quasi illisibles… Tout ça pour me prévenir qu'ils sont déjà sortis pour chercher les composants de l'arme, et les ingrédients nécessaires au rituel d'appel du dieu. Ils auraient pu m'attendre, quand même…

Je poireaute jusqu'à 11 h 30, avant de commencer à m'inquiéter. Je me dis qu'ils ont du aller manger un morceau et qu'ils n'ont pas vu le temps passer… A tout hasard, j'appelle quand même les portables. Tous les portables. En vain. Là, je commence à m'inquiéter pour de bon... Je sursaute quand mon téléphone vibre dans ma poche. Elle m'aurait mordue, cette sale bête ! Un texto de Dean. « Rejoins-nous », suivi d'une adresse de l'autre côté du fleuve, dans une zone industrielle. Je ne risque rien à aller jeter un œil là-bas, ils ont du trouver quelque chose. J'attrape mon sac, avec quelques indispensables, puis je quitte la chambre. Sur le parking, j'enfourche mon fidèle destrier de métal et de chrome sous l'œil admirateur de quelques badauds et je fonce au ferry qui traverse le Mississipi, après quelques arrêts nécessaires. Je termine à pied pour plus de discrétion. C'est-à-dire que je ne passe pas vraiment inaperçue, avec ma grosse bécane qui vrombit…

L'adresse que m'a indiquée Dean est un bâtiment industriel qui semble abandonné. C'est louche… Je dois reconnaître que je flippe un peu… Un peu beaucoup, même… Comme il vaut mieux prévenir que guérir, j'arme mon Beretta et je me coule le long de la bâtisse sur la pointe des pieds. Je suis en mode « ninja »… Je longe le mur jusqu'à la porte d'entrée en me courbant. J'en serai quitte pour avoir mal au dos, mais tant pis. Elle est entrouverte. Serait-ce qu'on m'attend ? Je glisse dans l'ombre en rasant la paroi. Vêtements foncés sur fond noir, je me fonds dans le décor. J'aurais dû garder mon casque, ça aurait été encore plus discret… A l'étage, j'entends un bruit que je ne connais que trop bien. Celui d'un corps qui va embrasser le sol suivi de près par la promesse d'une vengeance sanglante. C'est Dean qui menace quelqu'un de le découper en rondelles s'il touche encore à son frère. La situation parait critique.
Je me dépêche de monter tout en essayant de rester la plus silencieuse possible. Un rai de lumière sous une porte à double battants… Bon… Derrière, Dean râle toujours… C'est plutôt bon signe, mais ça veut aussi dire que Sam est peut-être dans les vapes, si c'est bien lui qui a pris le coup… Je risque un coup d'œil rapide à travers le hublot du battant. Ça se présente mal... Au moins trois gardes, dont l'un saigne de l'arcade sourcilière. Il risque de ne pas être de bonne humeur… Sam l'a amoché. Bien fait ! Ils surveillent mes deux hommes attachés à des chaises. Plus un quatrième larron en costume de créateur qui va et vient en vomissant des imprécations à l'égard de « l'autre espèce de catin » qui est censée arriver. J'imagine que ça doit être moi, la catin en question. Je vais devoir la jouer serrée. Les trois gardes sont suffisamment proches les uns des autres pour que je les abatte. C'est le quatrième larron qui me pose problème, à se balader comme ça… Un bref coup d'œil, histoire de bien voir la configuration des lieux et vers où je dois tirer. Je ne peux pas m'empêcher de remarquer que Sam a un filet de sang sur le menton, probablement la lèvre éclaté, mais Dean a l'air d'aller… Ça, foi de moi, ça va se payer ! On ne touche à mes mecs !

Ils avaient frappé Sam. Et ça, Dean ne le supportait pas. Personne ne touchait à SON Sammy. Personne à part Déborah et lui. C'est vrai, quoi, c'était son rôle de grand frère de le cogner, les autres n'avaient pas le droit... Quant à Dèb, hé bien… C'était encore une autre histoire…
Il amorça un déluge de menaces diverses et variées quand il aperçut un mouvement dans la vitre de la porte qui leur faisait face. Il savait, pour les avoir vus, qu'aux moins deux autres hommes se cachaient dans une pièce attenante. Mais il ne pouvait pas faire savoir à la jeune femme qu'il l'avait repérée sans trahir sa position. Il continua de vouer leurs cerbères aux gémonies. Tant qu'il accaparait leur attention en les houspillant, elle pourrait se déplacer sans trop risquer de se faire remarquer. Elle resta un moment accroupie puis regarda à nouveau. Visiblement, les factionnaires ne bougeaient pas de leurs places. Dean continuait de les invectiver, il savait qu'ils dépendaient d'elle pour se sortir de ce mauvais pas. Il eût un léger sourire en pensant à leur première rencontre. L'illumination se fit en lui. Il fallait qu'il prévienne son frère que la cavalerie arrivait.
- Hé, Sammy, tu te souviens de notre histoire de pneus lisses ?
- Heu…
Derrière eux, un grognement de mécontentement se fit entendre.
- Couché, le chien… Ouais, bah, figure-toi que j'ai vu l'avocate ! On va s'en tirer.
Sam lui retourna un sourire radieux en dépit de sa lèvre fendue. Déborah allait les sortir de là. Une fois à l'abri, ils lui montreraient toute leur reconnaissance. Après une bière !

J'inspire un grand coup avant d'envoyer un grand coup de pied dans la porte battante qui s'ouvre avec fracas en levant mon arme. Trois tirs. Le premier garde tombe sans avoir compris ce qui se passe, le deuxième a tout juste le temps de m'apercevoir et le troisième glisse la main sous sa veste pour saisir son pistolet quand la dernière balle l'atteint en plein front. Le Grand Costumé a foutu le camp dès ça a commencé à barder. P'tit joueur, va… Je garde Beretta à la main, et je me précipite vers les deux saucissonnés en leur demandant si tout va bien. En les voyant comme ça, j'ai des idées… Pas mal, tout sanglés, impuissants… Idée à retenir pour une application ultérieure !
Dean se met à me brailler après, alors que je sors mon couteau pour couper la corde qui lui entrave les poignets. Oh, mon chou, je sors d'une fusillade, j'ai encore les oreilles qui sifflent… Oui, le couloir a résonné des détonations… j'entends qu'un mot sur deux…
-
« è-un-iè-è » !...
Grand moment de solitude… Le sifflement s'estompe…
-
C'est un piège, Dèb !

Un canon vient de se coller contre mon dos. Ouais, on m'attendait… Pour preuve de bon vouloir, je lâche mon arme et me redresse doucement. Mais l'envie est trop forte… Je fais volte face pour désarmer mon assaillant. Je dois avouer qu'entendre et sentir l'os de son nez céder sous son poing dans une gerbe de sang me procure une certaine satisfaction... La crosse d'une arme s'abat sur ma nuque… Ils étaient au moins deux. Le premier coup me sonne et je tombe à genoux. Le deuxième me fait voir des étoiles, puis le noir total.