Disclaimer : O JK Rowling, tout t'appartient, exceptés quelques ingrédients à ma sauce.
Résumé du chapitre précédent:A cause du regret de la veille, Harry a tenté de convaincre Drago de parler sauf que ce dernier l'a bien vite remis à sa place. Chacun de retour dans leur salle commune, Blaise, Hermione et Ron n'ont pas mis longtemps pour comprendre ce que ces deux-là avaient bien pu faire durant la nuit
Petits bavardages : olé ! Je suis en "vacances" !
Donc, comme d'habitude, j'ai commencé à relire le chapitre comme ça : OwO et puis j'ai fini comme ça -_-. Autant dire que je manque d'un certain entrain à 00h 00 x)
PS : LucileDio, je ne peux pas répondre à ta review car tu n'acceptes pas les messages privés, il faudrait faire un petit tour au niveau des paramètres :/ (et il y a une autre personne dans ce cas mais j'oublié de noter son nom il y a quelques semaines, vérifiez si vous n'avez pas non plus de réponses de ma part)
Pas de chapitre la semaine prochaine !
Drago observa son reflet dans le miroir en replaçant correctement son nœud de cravate. Tout semblait en place et il n'était pas totalement dépareillé. Un bon point après son dimanche qu'il avait préféré passé sur son lit après avoir pris une bonne douche. Lui qui n'avait jamais aimé faire ses devoirs sur matelas avec du s'y contraindre pour éviter d'aller dans la salle commune des Serpentards et de voir s'obliger à rester en permanence sur une chaise afin de finir dans les temps tout ce qu'il avait en retard. Une journée bien morose et qui prenait fin alors qu'il s'habillait convenablement avant d'aller dans le Grande Salle pour y prendre son petit-déjeuner.
Officiellement : premier jour de cours en sachant qu'il sortait avec Harry Potter… mais si pas grand monde était au courant, c'était une situation déjà plus tendue que cela en avait l'air et Drago n'avait pas jeté le moindre coup d'œil à lettre que ses parents lui avait écrite. Il avait préféré la ranger dans sa malle sans même la défroisser, sachant que ce qu'il y verrait de nouveau ne pourrait en aucun cas le rendre heureux. Alors, il préférait se projeter dans le moment présent plutôt que se lamenter dans des regrets insensés. De toute façon, il n'avait pas le choix, ce n'était pas comme si lui était donné de revenir en arrière.
Jetant un dernier coup d'œil à ce tiroir, il se hâta de quitter sa chambre attrapant son sac au passage avant de travers leur dortoir et regagner la salle commune. Même s'il ne savait pas comment réagir à présent ou la manière dont il devait se comporter, il était sûr d'une chose : cette poufiasse de Colden avait intérêt à ne plus l'approcher, que ce soit lui ou Harry. Il se tenait à carreau juste parce qu'il savait que s'il dérapait, il était certain de son exclusion définitive. Plus de punition à long terme qui perpétuerait jusqu'à la fin de l'année, juste un simple renvoi qui signerait définitivement son arrêt de mort. Car, sincèrement, s'il finissait par quitter Poudlard sans même avoir l'occasion de passer ses ASPICS, il ne voyait pas du tout comment il allait pouvoir survivre, même avec l'argent que ses parents avaient bien voulu lui laisser.
Alors, il allait juste serrer les dents en voyant cette petite garce et faire en sortant de rester le plus neutre possible lorsqu'elle serait dans le coin. Aujourd'hui, ce n'était pas bien difficile vu qu'il n'avait aucun cours avec les Gryffondors mais il savait que ce ne serait pas du gâteau et qu'il allait devoir rester sur ses gardes. D'autant plus qu'elle devait toujours penser qu'Harry le haïssait.
Un vague sourire apparut sur ses lèvres… s'il seulement elle savait. C'était bien la seule chose qu'il le faisait rire à l'idée de la voir convaincu d'avoir remporté la partie alors que lui de l'autre côté allait avoir la liberté de faire ce qu'il voulait de ce cher Gryffondor si précieux à son cœur de poufiasse dégénérée. Si au moins il pouvait tirer du plaisir de cette situation, c'était bien de ce côté-ci. Alors peut être avait-il parfois un sourire amer sur les lèvres, mais celui-ci était parfaitement sincère.
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- Arrête.
Il l'ignora, se tordant le cou en direction de la porte de la Grande Salle, sa fourchette servant plus à déraper dans l'assiette plutôt qu'attraper quoique ce soit de ce qu'elle contenait.
- Je t'en prie, calme-toi, marmonna Hermione entre ses dents.
Mais ce fut peine perdue lorsqu'il aperçut la silhouette du Serpentard apparaître finalement, entament un mouvement pour se lever.
- Assis ! ordonna Hermione en lui attrapant la manche ce qui eut pour effet de tout simplement renvoyer Harry sur le banc dans un bruit sourd qui étonna plusieurs Gryffondors intrigués par une telle agitation.
Harry détourna un instant ses yeux pour les poser sur Hermione en la dévisageant.
- Je croyais que nous nous étions mis d'accord sur le point que je devais le convaincre de parler de la situation à Dumbledore, rétorqua-t-il en ne saisissant pas ce qu'elle tenait vraiment à faire en le forçant à rester à la table des Gryffondors.
- Parfaitement mais, vois-tu, traverser la Grande Salle en courant alors que Kate n'est même pas à dix mètres est de loin l'idée la plus stupide que tu aies eu ces dernières vingt-quatre heures, répondit Hermione en lui servant un grand sourire tout en enfonçant sa main dans sa cuisse pour qu'il reste en place.
- Je dois…
- Attendre, dit-elle fermement. Tu as dit toi-même que tu le voyais ce soir alors prends juste ton mal en patience et reste à cette table même s'il n'est pas loin.
- Mais…
- Continue et je te jure que ce n'est pas ta cuisse que je m'emploierais à défoncer, lâcha-t-elle pour qu'il cesse de vouloir contester.
Et ce qui eut pour très bon effet de le faire définitivement taire. Il avait passé tout son dimanche à faire les cent pas dans le dortoir avec l'unique idée de pouvoir finalement parler avec Drago et voilà que maintenant qu'il était à quelques mètres, il devait sagement rester assis à le regarder manger. Belle ironie qui ne lui plaisait pas vraiment.
- Ron, tu ne pourrais pas un peu m'aider, lança Hermione en se tournant vers Ron en face d'eux qui s'employait à beurrer son toast.
Ce dernier leva soudain son regard vers eux dans un visage inexpressif.
- Vois-tu, j'ai quitté la conversation lorsque tu le menaçais de mettre ta main quelque part pour le calmer, déclara-t-il.
Si Harry avait déjà vu l'occasion de voir Hermione rougir, il devait admettre que cette fois-ci elle venait de battre des records en se redressant brusquement, droite comme un « i » en le lâchant.
- Ron… tu… enfin je…, bafouilla-t-elle.
- J'ai bien compris qu'Harry devait rester ici, je ne suis pas stupide, dit-il en venant ainsi à son secours tout en posant son couteau. Mais, à quoi cela sert de l'aider s'il n'est pas capable de se souvenir de la seule chose qu'il ait demandée ?
Il venait de marquer un point et Harry était maintenant certain qu'il avait vraiment du mal à digérer les évènements du week-end. A vrai dire, il n'avait pas vraiment eu l'occasion de lui parlé calmement et Ron avait disparu toute la journée en le laissant seul avec Hermione. Il comprenait sa réaction mais avait malgré tout du mal à l'accepter.
- Je comprends bien que tu n'apprécies pas que je…
- Je te l'ai déjà dit, tu fais ce que tu veux de tes fesses, coupa Ron en levant les yeux au ciel. Je t'ai exposé mon point de vue et si tu veux que je me répète, libre à toi mais nous sommes au milieu de la Grande Salle et Kate est à dix mètres. Là, je répète Hermione au cas où tu ne l'aurais pas remarqué.
Deuxième point pour Ron en moins d'une minute, à ce rythme, Harry préféra s'avouer vaincu. Mais il ne pouvait pas tout simplement admettre qu'il allait devoir attendre comme un piquet jusqu'à ce que la nuit tombe et qu'il puisse enfin avoir un tête-à-tête convenable avec le Serpentard ! C'était impossible car, malgré tout, Harry parvenait au moins à saisir quelques éléments dans la personnalité de Drago. S'ils passaient la nuit ensemble, et il y avait fort à parier que ce serait le cas peu importe les activités qu'ils pourraient faire, il s'agissait d'une nuit complète… Et le Serpentard avait largement le temps de trouver de quoi se soustraire à sa promesse, si tenté qu'il accepte de parler à Dumbledore. Harry n'était pas idiot au point de ne pas avoir saisi la nuance dans les propos de Drago. Il ne voulait en parler à personne d'autre. Magnifique, mais peu utile.
Résultat, il savait qu'il avait bien plus de chance de réussir dans son projet s'il lui en parlait directement dans la Grande Salle, à quelques mètres de la table des professeurs où il serait bien facile de l'y traîner dès qu'il aurait accepté. Raisonnement très simple mais qui avait au moins l'évidence d'être bien plus efficace qu'une attente passive.
- Tu sais à quelle heure tu dois le voir ? dit Hermione en baissant d'un ton alors que Kate se levait de la table.
- Détail en suspens, avoua Harry qui préféra détourner son regard pour se donner une véritable raison de ne pas se lever et foncer droit sur le Serpentard.
- J'ai entendu qu'il avait désormais l'obligation de se rendre à l'infirmerie pour aider Mme Pomfresh, dit-elle en fronçant els sourcils. Que tu essaies de le voir après cela, je n'ai rien contre mais tu n'es pas Préfet, ne l'oublie surtout pas.
- Et bien je pourrais toujours compenser si je me fais prendre vu que lui l'es, répondit Harry qui pouvait au moins tirer une bonne nouvelle de la situation.
- Ce qui amène toujours à la question de quand tu devras t'y rendre, rappela Ron qui s'était remis à beurrer son toast. Je veux bien que tu quittes la tour dès le début de la soirée mais tu risques de poireauter un long moment avant que la fouine ne montre son nez.
Harry leva un regard blasé vers lui alors qu'Hermione le frappa sous la table en guise de reproche. Celui-ci haussa les épaules en ne saisissant pas leur comportement.
- Peu importe le truc entre vous, lâcha-t-il. Je ne l'aime pas et je crois bien que c'est toujours réciproque alors je ne vais pas faire preuve de politesse en sachant que par derrière il ne va pas se gêner pour m'insulter moi ou ma famille.
Si Harry voulut contester, il ferma bien vite la bouche en considérant qu'il avait de nouveau raison. Trois points à zéro pour Ron et Harry allaient au moins essayer de mettre également ce sujet sur le tapis. Sortir ensemble, c'était bien joli mais si Drago n'était pas fichu de respecter ses amis, il sentait l'engueulade venir en plein nez. Il allait donc devoir trouver un moyen de lui parler calmement sans que le Serpentard n'en vienne à prendre le dessus…
Et là il parlait seulement psychologique car Harry ne se sentait pas en droit de lui refuser quoique ce soit après ce qu'il lui avait fait. Difficile de se dire qu'ils devaient entreprendre une relation stable en traînant ce boulet derrière lui, il risquait fort de sentir une sensation gênante planée dans l'air si le silence apparaissait entre eux. Mais, malgré cela, il devait essayer et justement parce que Drago n'avait désormais plus aucun endroit où aller. Faire en sorte de continuer de se cacher juste pour que Kate évite de le trucider, il le concevait mais tout serait nettement plus simple si Drago parlait enfin et il aurait une véritable raison d'avoir perdu la confiance de ses parents. Là, c'était juste comme s'il avait tout fait pour mais qu'il manquait le résultat. Ils ne devaient plus se cacher.
Levant les yeux vers la table des Serpentards, Harry mordit sa fourchette en expirant bruyamment. Il ne savait pas combien de temps il allait devoir attendre ce soir mais il resterait dans la salle sur Demande jusqu'à ce que Drago vienne, peu importe s'il était plus de trois heures du matin.
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-… et vous me ferez le plaisir de bien vouloir parler poliment à mes malades, déclara Mme Pomfresh en lui lançant un regard noir.
Drago maugréa une vague approbation. Il ne se souvenait pas qu'il avait accepté d'être poli en plus d'être utilisé comme l'esclave de cette femme. Il ne pouvait tout de même pas servir uniquement à déballer des cartons ? Impossible. Physiquement et moralement impossible, autant directement le renvoyer au moins il aurait la conscience tranquille. Pas qu'il veuille quitter Poudlard mais qu'il ne tenait pas vraiment à ce que rester soit synonyme de perte d'estime de lui-même
Servant un sourire à Mme Pomfresh tout aussi hypocrite que la réponse qu'elle lui donna, il attrapa sa cape et l'a mise sur ses épaules avant de quitter l'infirmerie à grands pas. Cette première journée de cours avait été bien plus épuisante que toutes celles qui avaient bien pu précéder. Pas tellement au niveau des activités mais surtout parce qu'il pensait trop à se focaliser uniquement sur ce qu'il faisait et pas sur ce qui était arrivé. Difficile que de laisser son esprit se fixer sur les cours qu'il avait eus alors qu'il avait eu la tâche répétitive de coller jurant intérieurement.
D'après ses souvenirs, il avait fait plus ou moins sous-entendre à Potter qu'ils allaient se voir ce soir. Au vu de l'heure et surtout de la fatigue qui le gagnait, Drago n'y réfléchit pas deux fois avant de décider qu'il allait rejoindre sa chambre, dormir comme il le fallait avant de se réveiller en pleine forme le matin. Après tout, il n'avait jamais rien confirmé et il n'y avait rien eu d'officiel, pas besoin de formalité pour aller se coucher sans même faire un détour par la salle sur Demande. Ce fut donc d'un pas tranquille qu'il se dirigea vers les escaliers, tendant ses bras au-dessus de sa tête pour s'étirer avant d'à nouveau bailler. Il dormait pourtant très bien. Enfin… c'était suffisant pour ce qu'il faisait durant la journée. Alors oui, il se réveillait souvent et ne faisait pas de rêve mais cela le satisfaisait largement et…
- Pas si vite, lâcha soudain quelqu'un à un couloir en l'attrapant par le col pour le traîner à travers le château.
Manquant de tomber à terre, Drago ne fut sauvé que par son col tenu par Harry qui semblait passablement agacé.
- Je peux savoir ce que tu fais espèce de marteau ? hurla Drago alors qu'il tentait de ne pas finir étrangler.
- Je mettais douter que tu ne voudrais pas venir alors je suis tenu prêt à la chasse, résuma-t-il en l'emmenant à travers les couloirs.
- Je veux aller dormir, je ne vois pas en quoi c'est un problème sans compter que je ne t'ais jamais dit que je viendrai ! rétorqua sèchement Drago qui parvint à se remettre plus ou moins sur ses pieds mais étant toujours gardé en laisse par le Gryffondor qui ne paraissait pas vouloir freiner son pas.
- Mais bien sûr, grogna Harry qui sembla lever les yeux au ciel.
Non mais où se croyait-il ? Aux dernières nouvelles, il venait le voir quand il voulait et s'il ne désirait pas ramener son humble derrière dans la salle sur Demande, cela le regardait seulement. Le Gryffondor n'avait pas à croire que parce qu'il lui avait dit qu'aujourd'hui il serait libre qu'il lui consacrait le reste de sa soirée.
- Tu…
- Je te coupe tout de suite, lâcha Harry avec un ton tout à fait charmant pour un tueur psychopathe. Ne joue pas sur la corde sentimentale ou bien de la culpabilité car je compte bien te traîner là-bas de force s'il le faut. On doit parler et ce n'est pas déclinable.
Et il avait bu quoi pour ne plus se sentir le Harry Potter ? Il ne savait pas vraiment de quoi il s'agissait mais il en voulait, au moins pour pouvoir trouver le moyen de dire clairement au Gryffondor de se la fermer et bien regagner sa place. Il n'avait pas l'air d'avoir saisi que ce n'était pas lui qui donnait les ordres.
- Ecoute-moi Potter, tu…
- Joli nom de famille, je le sais mais au point où on en est, tu devrais peut être continuer d'utiliser mon prénom car ça risque des d'être assez glauque, coupa Harry en lui accordant un grand sourire.
Très bien, Drago avait saisi le concept, il allait avoir dû mal à dormir et pas parce qu'ils allaient follement s'amuser mais parce qu'Harry allait le saouler. Au diable résumer cela avec de beaux termes alors qu'il sentait déjà que ce serait un supplice. Mais au moins le Gryffondor avait le mérité d'avoir de la poigne car il avait finalement réussi à l'amener devant la salle sur Demande, lâchant Drago qui aussitôt se remit à marcher pour regagner son dortoir.
- Par ici la fouine, déclara Harry en le rattrapant par le bras pour l'emmener dans la pièce.
- Non, merci, répondit-il.
- Je crois que tu as compris qu'il n'y a pas de négociations, rétorqua ce dernier en l'entraînant définitivement dans la salle avant de refermer la porte derrière eux.
Formidable… Non seulement il voulait dormir mais Harry allait lui chanter une très jolie berceuse. Au moins, il était clair que c'était une fin de soirée palpitante qui s'annonçait. Pas vraiment besoin de cacher son ironie car elle était bien palpable rien que dans son comportement. Levant les yeux ciel, il contourna le Gryffondor qui fronça soudain les sourcils en ne le voyant pas plus contester alors qu'il se dirigeait vers le lit pour s'y allonger sans lui accorder le moindre regard.
- Tu peux y aller, marmonna Drago en fermant les paupières tout en calant ses mains sous sa nuque.
Il n'ouvrit pas les yeux mais entendit très bien le ricanement nerveux du Gryffondor. Il n'avait tout de même pas pensé qu'il allait remuer ciel et terre pour s'échapper ? Harry venait de lui fournir un lit, c'était largement de quoi suffisant pour qu'il puisse se reposer, il ne demandait rien de plus.
- Tu comptes ne rien dire ? lança-t-il soudain.
- Pourquoi le ferai-je ? répliqua Drago à mi-voix. C'est toi qui m'as amené ici et je pourrais sans problème te faire condamner pour enlèvement et maltraitance.
- Ne te fous pas de moi.
- Je suis sérieux.
Et c'était vrai. Il voulait bien qu'Harry pense qu'il pouvait se permettre quelques libertés mais pas au point de décider de sa vie. Il était un grand garçon s'il ne l'avait pas déjà remarqué, au quel cas ce serait d'ailleurs fort inquiétant. Alors peu importe les regards outragés qu'il pouvait lui accorder, lui ne risquait de bouger de ce lit tant qu'il n'en aurait pas l'envie, et, dans l'immédiat, ce n'était pas dans ses plans. Ce fut donc avec un sourire crispé qu'il accueillit l'ombre qui s'étala sur son visage.
- Je vais être direct, déclara Harry.
Et bien pour une fois il ferait un grand pas en avant. Il gagnait en qualités mais ne savait pas s'en servir, c'était bien triste et affligeant pour Drago qui était certain qu'il allait avoir droit à un discours moralisateur.
- Que tu ne veuilles pas parler de ce que tes parents t'ont écrit, je le conçois, dit-il. Mais tu ne peux pas garder le silence et faire comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes alors que l'on sait très bien tout deux ce qu'il en est.
- Je vais très bien, affirma Drago sans ouvrir paupière.
- Et moi je suis Merlin en slip, répondit Harry sarcastique. Tu ne peux pas aller bien.
- Même si c'était le cas, je ne vois pas en quoi ça te concerne.
Nouveau rire jaune de la part du Gryffondor.
- Je pense que ça me concerne dès le moment où tu me demandes de faire comme si le monde tournait rond et que nous formons un couple sans problème. Tout d'abord, il n'y a rien de « normal » dans notre relation et je ne peux pas fermer les yeux sur ce qu'il s'est passé pour te complaire dans tes idées utopiques.
Et finalement Drago poussa un profond soupir en ouvrant les yeux. Malgré tout, il avait gardé le minuscule espoir qu'Harry l'avait traîné uniquement ici pour lui parler du beau temps et ne pas remettre ce sujet sur le tapis. Mais il semblait que c'était sa nouvelle passion et Drago s'agaçait très rapidement de son insistance à ce sujet.
- Tu ne pourrais pas faire comme d'habitude et fermer les yeux sur ce que je fais, pense ou bien respire ? demanda Drago en le dévisageant tandis que le Gryffondor était à moins d'un mètre de lui.
- Pas vraiment, je m'inquiète et…
- Dis plutôt que tu n'assumes rien et que tu préférais que l'on soit deux à se plaindre et que tu trouves ainsi une oreille compatissante à écouter tes malheurs, résuma Drago qui n'appréciait pas du tout son hypocrisie.
- Non, je m'inquiète vraiment, reformula Harry en articulant bien. On ne peut sans doute pas avoir une conversation dénuée de la moindre insulte mais ça ne m'empêche pas d'être inquiet. Si je t'ai demandé de me prouver que tu étais sincère, ce n'était pas uniquement pour faire joli mais parce que je voulais bien te redonner une chance.
- Pitié, pas les violons…, marmonna Drago dans un regard suppliant au sommier du lit.
- Je te ferais remarquer que le plus niais d'entre nous est tout de même celui qui m'a hurlé des mots d'amour dans le couloir, répondit-il en haussant les épaules.
Les sourcils de Drago se froncèrent brusquement.
- La ferme, lâcha-t-il en ne tenant pas du tout à ce qu'il en vienne à le ridiculiser juste par qu'en pensant que de cette manière il se tairait.
- Je ne compte pas insister sur le sujet car ça ne m'enchante pas non plus, accorda Harry qui malgré tout préférait regarder tout et rien excepté Drago. Mais comprends juste que je m'inquiète du fait que tu veuilles faire croire que tout va bien avec un monde rose à paillettes. C'est faux, et tu le sais.
Et quoi ? Il ne voyait pas où était le problème. Il était largement capable de s'occuper de lui et de gérer ses affaires. Quoiqu'il puisse en penser, Harry n'avait pas à mettre son nez là où ne le concernait pas. Drago était lui aussi sincère lorsqu'ils disaient qu'ils étaient ensemble et qu'il n'avait pas à chercher plus loin. C'était si difficile à croire qu'Harry allait le harceler jusqu'à ce qu'il se sente satisfait ? Entre rire et pleurer, il hésitait encore.
- Voyons, si je prends un mouchoir et me mets à hurler de douleur en te disant que je suis déchiré par la tristesse, tu seras satisfait ?
- Je ne plaisante pas.
- Moi non plus, rétorqua Drago en retirant sa main de sous sa nuque pour tirer sa baguette de sa poche et invoquer un mouchoir. La représentation commence d'ici quelques secondes.
Et il n'eut pas le temps d'amener celui-ci à son visage qu'Harry lui prit la main pour le lui arracher violemment. Il semblait en colère, du moins, c'était de cette manière qu'il interprétait le creux qui se formait entre ses deux sourcils. A force, il allait finir par avoir des rides très prématurées.
- Tu ne veux pas en parler, d'accord, mais ne commence pas à jouer la comédie ou bien plaisanter, marmonna Harry d'une voix dure.
- Et moi je te demande en quoi ça te concerne ? répéta Drago en se redressant pour se retrouver face à lui. Tu m'as tanné pour que je te prouve que je ne me fichais pas de toi alors satisfais-toi seulement du résultat et arrête de jouer les psychologues de bas étage.
- Sauf que ça ne me plait pas de savoir que je sors avec un type constipé et incapable d'être sincère ne serait-ce que deux secondes avec lui-même.
Drago éclata de rire. Un rire franc et sincère juste parce que le Gryffondor ne semblait pas avoir saisi l'ironie de ses propos. Et s'il le dévisagea sans comprendre les raisons qui le poussaient à agir de cette manière, Drago mit bien vite fin à sa réflexion.
- Tu te rends compte de ce que tu me dis ? Toi ? lâcha-t-il en se détournant un instant pour essuyer les larmes qui coulaient sur ses joues. Tu es le plus coincé d'entre nous pour ce qui est question de s'avouer à soi-même quoique ce soit.
- Critique autant que tu veux mais je ne vais pas te lâcher, rétorqua Harry qui semblait tout de même assez toucher par sa remarque. Je suis hypocrite, très bien, je crois que je l'ai compris depuis assez longtemps. Mais tu ne vas pas me faire croire que tu peux ignorer ce qui est arrivé et garder le sourire en sachant que tes parents ne veulent plus te voir. J'ai beau haïr ton père, c'est justement ton père.
Il était philosophe. Ou du moins essayait de sortir des phrase ayant un minimum de sens mais là, Drago le voyait plus comme un bouffon qui parlait dans le vide car ce n'était lui qui risquait de l'écouter. Pourtant, il ne voyait pas en quoi cela pouvait bien être compliqué. Oui, il détestait le fait que sa famille risquait de mettre un long moment avant de dénier vouloir lui adresser la parole. Il ne sautait pas de joie à cette idée. Mais il n'allait pas se morfondre éternellement en sachant que désormais il avait au moins ce qu'il voulait. Il n'avait pas tout perdu et c'était ce qui comptait actuellement à ses yeux et rien d'autre. S'il ne pouvait même plus se rattacher à cela, autant qu'il parte dans sa chambre et se mettre à pleurer comme une fille incapable d'avoir le minimum de dignité. Lui ne s'abaisserait certainement pas à ce niveau alors qu'Harry n'imagine même pas qu'il le fasse.
- Je suis un grand garçon, déclara Drago en se mettant contre le sommier pour au moins ne pas avoir l'impression que le Gryffondor le dominait en hauteur. Je respire seul et prends mes décisions seul. Le jour où j'aurais besoin de tes commentaires sur ce que je dois faire ou bien penser, je t'enverrai contre le mur en espérant bien que ta tête y rebondisse pour que tu puisses saisir le concept de l'individualisme. Je n'ai besoin de conseils de personne et, au niveau des sentiments, je peux t'assurer que tu ne sauras rien d'autre que ce je t'accorderai à savoir. Si tu veux de la guimauve et des sentiments dégoulinants de parts et d'autres dans un couple unis et n'ayant aucun secret, tu peux directement aller frapper chez quelqu'un d'autre. Je n'ai jamais assimilé le mot « couple » à « sangsue ».
Ravi de voir le visage d'Harry, encore plus en considérant qu'il ne disait absolument rien pour contester ou bien insister. Il pouvait toujours penser ce qu'il voulait, jamais il ne gagnerait à ce jeu-là. Drago avait été élevé depuis le berceau en sachant qu'il finirait à côtoyer les ministres, directeurs ou bien hommes importants dont la bourse était bien remplie, un type élevé dans une famille de Moldue bas de gamme ne risquait absolument pas de lui tenir tête.
- Donc si je m'en vais, tu ne me retiens pas ?
Oui, il ne pouvait pas lui tenir tête mais les remarques idiotes et dénuées de tout bon sens alors là, il savait y faire le petit Potter.
- Franchis cette porte et je te fracasse également contre le mur, répondit Drago en toute sincérité car il n'allait sûrement pas accepter un tel comportement au vu de la situation. Tu es à moi, ne cherche même pas plus loin car je te jure que je peux devenir très violent.
Harry leva les yeux au ciel, apparemment agacé. Et parce qu'il croyait que c'était une partie de plaisir de son côté ? Il…
- Nous ne sommes peut être pas en accord sur tout mais je veux qu'il soit bien clair que je n'appartiens à personne, lâcha Harry en le coupant dans le fil de ses pensées. Je n'ai pas quitté une folle hystérique pour retomber sur quelqu'un du même genre.
Pardon ?
- Tu me compares avec cette garce ? marmonna Drago qui doutait sérieusement d'avoir bien entendu ses mots.
- Disons que ce n'est pas vraiment un élément de comparaison car sur ce point-là vous vous rejoignez parfaitement, répondit-il avec une évidence des plus innocentes.
Un sourire. En fait, il s'agissait plus de faire en sorte de se calmer plutôt que céder à l'envie qui lui dictait de lui coller son poing entre les deux yeux. Il n'y croyait pas… pire qu'une insulte, ce que ce type venait de lui dire.
- Je n'ai rien avoir avec cette cinglée, articula-t-il en le fixant sans ciller d'une voix glaciale.
- Je le sais mais vous avez tout de même la même obsession et je tiens à rappeler que je ne suis pas une récompense à un stand d'une fête foraine, répéta Harry qui semblait tout de même avoir pressenti le danger mais qui n'arrêtait pas pour autant.
- Parle ma langue, je ne connais pas ta référence et cesse parler de cette salope !
- Et on doit parler de quoi alors ?
Si Drago avait haussé le ton, Harry lui venait d'hurler. Il contractait sa mâchoire avec difficulté tout en le dévisageant de haut en bas.
- Tu ne veux pas parler de tes parents ni de ce qui te passe par la tête et encore moins des problèmes que l'on continue de traîner ! s'exclama-t-il. On fait quoi ? On baise et c'est tout ?
- Il y a d'autres sujets et…
- Si je te raconte ma journée, tu me dis quoi ? coupa Harry dans un grand sourire qui ne s'accordait pas du tout au ton de sa voix. Oh, attends, laisse-moi deviner. Je pense que ce serait quelque chose comme : « Tu penses vraiment que je m'intéresse à ce que tu fais de ta misérable journée ? Si tu veux raconter ce genre de chose, va voir ceux qui te servent d'amis. »
Drago eut une légère moue. A peu de choses près, c'était à peu près ce qu'il aurait pu lui répondre s'il lui en avait laissé l'occasion.
- On ne peut pas parler de moi car tu ne t'y intéresses pas et disons que si nous nous mettons à discuter de ce qu'il se passe hors de Poudlard, je sens que tout risque de partir de travers, continua-t-il. Tu veux être avec moi, très bien, mais ne va pas me faire croire que tu as perdu ta famille juste à cause d'une partie de jambes en l'air de temps à autre.
Il ne dit rien. Peut être parce qu'il n'appréciait pas du tout ce qu'il lui disait et le ramenait sans cesse à se cloitrer dans sa façon de voir les choses. Il n'aimait pas les sentiments mielleux et encore moins les petits couples qui souriaient stupidement. Il ne s'était jamais imaginé de cette manière avec Harry et ne voyait pas pourquoi il devrait changer ses habitudes. Alors oui, il détestait parler pour des choses futiles et raconter une journée en faisait parti mais ce n'était pas pour autant qu'il restait avec lui juste pour un plaisir de temps à autre. Jamais il n'aurait avoué à ses parents la situation tout simplement pour une chose aussi basique et dénuée d'importance. Il voulait rester avec cet abruti et il ne l'expliquait pas. Peut être étaient-ils tous deux radicalement différents et quoi ? De toute façon, ce n'était pas comme s'ils n'avaient pas su que ce serait difficile, ils avaient tous deux un caractère bien trempé.
- Tu… tu as fait quoi aujourd'hui ? demanda Drago en inspirant profondément.
Harry haussa un sourcil en essayant de savoir où était la plaisanterie là-dedans.
- Ne fais pas semblant de t'y intéresser, répondit-il en perdant tout de même une partie de sa colère.
- Si tu n'y mets pas un peu du tiens aussi, je ne vois pas comment on va bien pouvoir s'en sortir, répondit Drago.
- Et là c'est toi qui es sacrément hypocrite.
Drago soupira profondément. A croire qu'ils s'entendaient mieux avant même qu'ils ne sortent officiellement ensemble. C'était une pensée tellement stupide qu'il ne put qu'en sourire en constatant qu'Harry avait à peu près eu le même cheminement de réflexion.
- On se fait un duel et celui qui gagne à le droit d'imposer son style de vie à l'autre ? proposa-t-il.
- Mieux vaut éviter, je ne tiens pas à traîner une fouine frustrée avec moi, rétorqua Harry.
- Tu insinues que je dois obligatoirement perdre ? répondit Drago en le dévisageant avec assez de surprise face à la manière dont il le catégorisait si rapidement.
- Au vu de tes dernières prouesses en Défense contre les Forces du Mal, je dois dire que je suis plus enclin à te battre depuis ma seconde année dans le château, affirma-t-il. Sans vouloir froisser l'orgueil qui est si cher à ton petit cœur, bien entendu.
Et son sarcasme il pouvait se le garder. Il n'aimait du tout la manière hautaine dont il lui parlait, encore moins en se rendant compte qu'il pensait réellement ce qu'il disait. Alors oui, Drago n'avait peut être pas un niveau excellent en duel ou bien n'écoutait que d'une oreille distraite dans certaines matières car il ne s'y sentait pas concerné, mais ce n'était pas pour autant que ce cher Gryffondor devait se sentir dans l'obligation de le battre quoiqu'il puisse arriver. Il avait des ressources, même si ça ne se voyait pas, alors il ferait mieux de prendre des précautions lorsqu'il lui adressait la parole de cette manière.
- Attends, je présume, intervint soudain Harry en fronçant les sourcils. Tu me trouves trop présomptueux, c'est ça ?
- A ton avis ? rétorqua Drago qui n'avait aucun sourire.
- Sois juste réaliste quelques instants et ne prends pas tout contre toi, dit-il en soupirant à moitié. Nous ne sommes pas sur la même longueur d'ondes, on ne peut pas le nier, mais ce n'est pas pour autant que l'on doit se démonter l'un l'autre dès que l'on se retrouve dans la même pièce.
Drago le dévisage en silence, tout à fait intéresser par ce qu'il venait de lui dire. Mais face au visage entendu d'Harry, il fit soudain un signe négatif de la tête.
- Autant être hypocrite, mieux vaut l'être sincèrement, lâcha Drago. Si je trouve que tu es habillé comme un sac à patate, je ne vais pas me gêner pour te le dire.
Et le poids du monde sembla tomber sur les épaules du Gryffondor qui jura à haute voix. Il pouvait au moins rester poli quand rien n'avait été fait pour le mettre en colère. Drago disait juste la vérité, il n'allait pas se cacher sous peine qu'ils seraient désormais ensemble ? Impossible, il ne pouvait pas fermer les yeux sur certaines choses et simplement sourire en acquiesçant, ce ne serait pas lui.
- Tu as toujours été hautain avec le monde entier, déclara Harry en le fixant. As-tu conservé une relation avec une fille longtemps ?
- C'est quoi le rapport ?
- Juste te faire saisir que ton comportement n'est peut être pas la meilleure des solutions, résuma-t-il. Tu me dis que si je pars, tu me fracasses la tête mais si je reste, nous devons nous allonger et fixer ensemble le plafond. Je conçois que tu as une vision de voir les choses assez particulières mais il te serait possible, même si tu les penses, de garder certaines choses sous silence ?
- Pourquoi ?
- Parce que je voudrais avoir l'impression de sortir avec quelqu'un et non m'engueuler avec lui dès que je le vois, répondit Harry en écartant les bras comme s'il s'agissait de l'évidence même. Je ne conviens peut être pas sur tous les points mais toi non plus, pourtant, je me tais et j'essaye d'améliorer la situation. Pendant ce temps, toi tu restes muet à ruminer dans ton coin. Je ne tiens pas à ce que subitement tu réalises ce qu'il s'est passé et que tu regrettes d'être avec moi.
Drago se cala de nouveau contre le dossier, observant attentivement le visage grave du Gryffondor.
- Tu es au courant que tu viens de me dire peut être écrit dans un roman à l'eau de rose ?
Regard blasé de la part d'Harry et lui y répondit avec un sourire. A vrai dire, il savait qu'il pourrait mettre tous les efforts du monde, jamais il ne parviendrait à garder le silence bien longtemps sur un élément le gênant. Quant à ses parents, oui, ça ne lui plaisait pas du tout de ne plus avoir la possibilité de leur parler et il avait bien une douleur à la poitrine rien qu'à y penser mais jamais il lâcherait Harry. Plus maintenant. S'il était sûr d'une chose, c'était bien son obstination et sa volonté inébranlable à conserver ce qu'il avait. Au vu de ce qu'il avait sacrifié, Harry pouvait être certain que jamais il ne lui tournerait pas le dos sous peine qu'il se rendrait compte de la tragédie.
Et ce fut pour cela qu'il tendit la main en se redressant pour attraper la nuque de ce dernier et saisir ses lèvres. Pas qu'il souhaitait particulièrement faire quoique ce soit, juste qu'ainsi il était certain qu'il se tairait.
- Attends ! s'exclama Harry en se détachant soudain. Tu ne peux pas me…
Oh mais qu'il se taise ! Tirant plus fermement, le Gryffondor perdit l'équilibre et s'écroula littéralement sur Drago qui en profita pour l'attraper par l'arrière de la chemise et l'amener vers lui. A Serpentard, il y avait toujours un moyen de trouver un chemin pour s'échapper, là, Drago avait le sien et même s'il sentait qu'Harry voulait détacher ses lèvres pour lui faire un sermon. Triste pensée que de savoir que cette Granger avait tout de même bien réussi à déteindre sur ce type et qu'il voulait se faire la voix de raison. Idiot, absolument risible et ridicule et c'était ce qui le poussait à faire en sorte que leur baiser se prolonge, l'attrapant par la taille pour le forcer à s'asseoir correctement.
Pour le nombre de fois où ils s'étaient trouvés dans cette situation, Drago n'était plus étonné mais il y avait quelque chose de différent. Pas besoin de chercher bien loin pour qu'il sache quoi car ils avaient déjà franchi le cap des simples moments à traîner dans un lit en s'arrêtant à la limite du raisonnable. Alors, même s'il ne gardait pas non plus un très bon souvenir de cette soirée, il ne pouvait que se sentir satisfait que de savoir que ce type lui appartenait bel et bien et qu'il avait véritablement gagner la guerre. Ce n'était pas juste l'embrasser parce qu'il le désirait mais juste car c'était tout bonnement naturel de le penser.
- Mais bon sang, je ne t'ai pas amené ici pour qu'on couche ensemble ! lâcha Harry lorsque par malheur leurs lèvres se séparèrent et qu'il parvint et se redresser en partie. Tu…
- Je te rassure, je ne compte absolument rien faire, intervint Drago avant qu'il puisse aller trop loin dans son monologue. Je veux dormir, c'est tout.
- Mais tu te rends compte que tu refuses de voir la…
Mais où avait-il mis sa baguette ? Ce fut la première question qui lui traversa l'esprit lorsqu'il agrippa la taille du Gryffondor pour le forcer à revenir vers lui. Il avait dû la lâcher lorsqu'Harry lui avait retiré son mouchoir théâtral des mains, un résultat bien triste car il ne pouvait lui lancer de ce fait aucun sort pour qu'il reste muet. Si Drago avait accepté de rester, c'était comme il avait dit à son arrivée à cause du lit, rien d'autre. Et si maintenant il s'employait à glisser ses mains sous la chemise de ce dernier pour rentrer en contact à même sa peau, c'était juste pour qu'il se taise.
Difficile pour Harry de se défendre vu qu'il était toujours très mal assis et que Drago avait coincé ses bras en le mettant en difficulté pour qu'il parvienne à ce qu'il relâche son emprise. Ce type était peut être têtu mais au moins il avait fini par saisir quelques petites choses à son sujet, dont le fait qu'il finissait irrémédiablement par lâcher prise au bout d'un moment s'il lui donnait de quoi s'occuper. Et c'était pour cette raison, que Drago avait saisi la lèvre inférieure de celui-ci alors qu'il le relâchait, laissant juste ses mains glisser jusqu'à son ventre et descendre à sa ceinture. A peine quelques secondes, juste trop peu de temps avant que finalement le Gryffondor lâche un soupir d'exaspération avant de soudain dégager ses bras et repousser Drago au fond du lit en le suivant.
Le laisser s'amuser quelques minutes, c'était le plan du Serpentard, dès que ce serait fait, il aurait regagné suffisamment de pouvoir pour lui dire de lui lâcher la grappe afin qu'il dorme en paix. Il ne comptait vraiment rien faire. Déjà parce que cela relèverait du masochisme pour sa part et que même si c'était lui qui se mettait au-dessus, il n'était pas bien sûr qu'il s'en sortirait indemne. Alors même s'il appréciait le souffle d'Harry sur sa peau qui descendait le long de sa poitrine jusqu'à son ventre alors que ce dernier avait remonté sa chemise, il ne pouvait imaginer rien d'autre qu'un bon sommeil réparateur. Le bon point était qu'il était parvenu à ses fins et que le Gryffondor ne se souciait absolument pas de savoir s'il allait fondre en larmes dans la minute qui suivait. Rien que l'étreinte qui se faisait de plus en plus proche alors qu'il rattrapait le visage d'Harry pour le ramener à sa bouche et attraper ses lèvres. Il ne fallait tout de même pas qu'il le laisse aller trop bas…
Enserrant sa taille, il lui laissa lui retirer entièrement sa chemise avant que Drago ne fasse de même en remontant ses mains derrière son dos, l'obligeant un court instant à rompre le contact avant de repartir au fond du lit. Rien de bien compliquer mais qui cessa soudain lorsqu'Harry descendit le long de sa nuque.
Même s'il entendait parfaitement son souffle irrégulier, il avait cessé de rester contre lui pour se redresser légèrement en inclinant la tête. Perplexité du côté de Drago qui ne voyait pas ce qui avait bien pu l'arrêter en si bon chemin. Cependant, son cerveau se remit tout à coup en marche en sentant les doigts de ce dernier effleurer sa peau le long de son cou avant de légèrement descendre le long de sa colonne. Le visage du brun était devenu bien plus grave, comme gêné et doutant.
- Tu n'as pas besoin de faire attention à ça, lâcha Drago en lui prenant le poignet pour qu'il cesse de toucher les marques encore présentes qu'il avait sur la peau.
- Pourquoi n'as-tu rien fait contre ? demanda Harry en tournant son regard vers lui alors que le Serpentard maintenait toujours sa main.
- On ne pourrait pas éviter le sujet et continuer de…
- On ne peut pas l'éviter, coupa Harry. Tu l'as voulu tout à l'heure et voilà qu'on y revient. Si Kate t'a vraiment fait du mal, il n'est pas juste question d'orgueil ou bien de prétention, tu ne peux pas vouloir la laisser agir à sa guise.
Drago leva un instant les yeux au ciel en soupirant. La dernière fois qu'il avait passé la nuit ensemble, il n'y avait rien eu de très excitant, pas de caresses, baisers ou bien effleurements venant juste exciter davantage. Non, il n'y avait rien eu de cela, absolument rien et Harry n'avait pas vraiment eu le temps d'apercevoir le carnage que Kate avait laissé derrière elle. Maintenant, c'était autre chose et le Gryffondor avait largement le temps d'observer son corps. Il aurait pu s'en passer, il n'appréciait pas du tout la manière dont le regard d'Harry se portait sur lui, encore moins lorsqu'il remua légèrement pour se reculer, se redressant véritablement sur les cuisses de Drago.
Même si le Serpentard ne saisit pas immédiatement ce qu'il était en train de faire au vu de ses propos, il comprit dès que celui-ci défit sa ceinture pour lui descendre son pantalon et laisser sa main descendre le long de son aine. Dans une autre situation, cela aurait pu largement lui plaire sauf qu'il s'arrêta à un point précis, ramenant aussitôt son regard droit dans le sien en lui faisant tout sous-entendre.
- Je n'ai pas couché avec elle si te le répéter peut te rassurer, lâcha Drago en récupérant sa main qui traînait près du seul grain de beauté qu'il semblait avoir.
- Ce n'est pas vraiment le problème, répondit Harry. Que tu es fait quoique ce soit avec elle de manière consentante, je m'en ficherais, sauf que ce n'est pas le cas et qu'elle t'a quasiment vio…
- Si toi aussi tu t'y mets, je t'assure que je te tue, coupa Drago d'une voix sèche et n'autorisant aucun reproche. Elle ne m'a rien fait à part des suçons et des balafres, c'est tout. Si tu es de la théorie du complot, monte un club avec Blaise, vous vous entendriez à merveille !
Et si Harry n'appréciait pas la plaisanterie, lui n'aimait pas se répéter. Peu importe qu'il ait déjà servi le discours à Blaise, il avait l'impression qu'il se ferait seulement écho s'il tentait de se défendre face à Harry.
- Je ne veux pas parler de mes parents ni de Colden, déclara-t-il très clairement en le fixant droit dans les yeux. Si tu veux mentionner quoique ce soit d'autre, ne te gêne pas mais il est hors de question que tu essayes de me juger sur des choses dont tu ne saisis même pas le concept.
- Rien ne t'obligeait à rester avec ces marques, rétorqua celui-ci en fronçant les sourcils. Mme Pomfresh aurait très bien pu…
- Je m'occupe de mes affaires, coupa Drago. Je ne vais pas aller pleurer dans les jupes des adultes sous peine que j'ai trois bobos dans le dos. Depuis toutes ces années, je sens que tu as compris que je n'appréciais pas vraiment d'être ridiculisé.
- Et moi je ne vois pas en quoi se soigner correctement l'est, répondit-t-il en partageant le même ton.
Il était agaçant. En un mot, en fait, il n'y avait pas besoin de plus pour résumer l'ensemble du personnage. Harry passait sa vie à vouloir faire des sermons alors que son comportement était à revoir. Drago avait sa manière de penser, il ne la changerait pas et le Gryffondor n'avait qu'à fermer les yeux sur ce qu'il avait encore dans le dos, ça finirait bien pas totalement s'estomper d'ici quelques jours.
Ramenant ses mains devant lui, il attrapa la ceinture du brun et le tira vers lui pour qu'il cesse de se tenir à califourchon. Grognement de sa part mais surtout, l'impossibilité de parler alors que Drago attrapait ses lèvres. Il savait que c'était une question de patience pour qu'Harry cesse de vouloir le harceler et s'habitue à la situation. Il allait très bien, bien mieux maintenant qu'il savait qu'il avait Harry pour lui et que cette fille pensait toujours avoir gagné. C'était une vengeance qu'il aimait, une telle satisfaction qu'il considérait que les traces qu'il gardait de sa soirée avec Colden n'étaient absolument rien. Alors, au lieu de forcer le Gryffondor à rester contre lui, il se détendit, lui faisant bien sous-entendre qu'il pouvait se redresser s'il le souhaitait.
Mais Harry ne le fit pas, d'ailleurs, Drago avait parfaitement saisi que, dès le moment où il cessait de lutter, il le mettait en doute et ainsi qu'il remportait la partie. Il ne tentait plus de le faire taire, juste l'embrasser en fermant les yeux et se dire qu'il n'y avait rien d'autre que cela en ce moment. Plus de problèmes, juste le fait d'être allongé avec la chaleur du brun au-dessus de lui. Détachant ses lèvres, il ne rouvrit pas les paupières alors qu'il glissait ses mains vers le bas des reins d'Harry pour mieux qu'il reste contre lui. Il ne voulait vraiment rien faire de plus, bien trop comateux et sachant que de toute façon, le Gryffondor considérait cela comme un véritable piège pour qu'il cesse de lui parler. Il n'y avait qu'une solution et c'était celle qui satisfaisait le plus Drago.
Roulant sur le côté, il entraîna Harry de l'autre côté du lit, coinçant son genou entre ses jambes alors qu'il entrouvrait à peine les yeux pour retirer les lunettes de ce dernier. Accessoire si indispensable au Gryffondor pour qu'il puisse comprendre l'entière composition d'une discussion mais qui pourtant, lorsqu'il lui était enlevé, lui faisait perdre toute crédibilité. Plus intelligent sans les culs de bouteilles, sans doute, mais surtout bien moins sur ses gardes. Et ce fut pour cette raison que Drago recula légèrement avant de s'allonger sur Harry et poser sa tête sur sa poitrine.
Il n'avait voulu que cet instant lorsqu'il était entré dans la salle sur demande. Avoir l'occasion de se reposer et d'être certain qu'il passerait enfin une nuit paisible. Pas vraiment de pensées sur ce qu'il ressentait réellement, il justifiait juste le fait qu'il serrait le brun contre lui comme synonyme de son espoir pour qu'il ne dise pas un mot. Il n'y avait rien de plus…
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Harry jura à mi-voix alors qu'il resserrait son col autour de son cou. Non pas que la soirée c'était mal passé mais plutôt qu'il ne s'était rien passé et ça, c'était toute la nuance. Ce fut d'ailleurs pour cette raison qu'il servit un pâle sourire à Hermione lorsqu'il remonta dans son dortoir, la voyant assisse sur le lit de Ron, visiblement à l'attendre. S'ils avaient tous deux veillés toute la nuit, ils allaient déçu des nouvelles qu'il apportait.
- Je vous gâche le suspense tout de suite, déclara Harry en se dirigeant vers la salle de bain alors que les deux le suivaient du regard. Il ne veut rien entendre.
- Attends, tu veux dire que tu n'as pas réussi à le convaincre de…, commença Hermione qui s'était levée pour le suivre.
- Ce que je veux dire c'est qu'il est pire qu'une mule et refuse de m'écouter, résuma Harry qui eut cependant une légère grimace en constatant que, maintenant qu'il avait bien remis sa chemise, il allait devoir l'enlever. Dès que j'évoque Kate, il se braque et crois-moi, j'ai essayé de lui faire comprendre que tout irait mieux de cette manière mais il refuse obstinément de faire quoique ce soit. Il se vexe très facilement.
Posant ses mains de parts et d'autres du lavabo, il fixa un moment en jurant intérieurement. Concrètement, la soirée ne s'était pas mal passée mais il regrettait vraiment que Drago n'accepte tout simplement pas d'avouer ce qui était arrivé pour qu'ils soient enfin débarrasser de Kate. Un orgueil très mal placé car lui était certain que c'était tout ce que le Serpentard souhaitait. Cette fille avait tout de même fait usage d'un sortilège Impardonnable, Harry n'était pas bien sûr que Drago mesure la gravité de cette action.
- Donc, si vous n'avez pas parlé de cela, vous avez fait quoi ? interrogea Ron qui était venu le rejoindre lui et Hermione avant de s'appuyer sur le cadrant de la porte. Vous…
Et il se tut soudain, le dévisageant incrédule. Tout d'abord, Harry ne saisit pas d'où pouvait provenir son effarement mais il comprit bien vite le problème en voyant Hermione lever les yeux au ciel.
- N… non, on a rien fait, assura-t-il en se sentant malgré tout devenir aussi rouge que les serviettes derrière lui. Nous avons juste essayé de parler mais lui ne voulait que dormir alors il ne s'est vraiment rien passé, je t'assure.
Pourquoi le lui disait-il d'ailleurs ? Au fond, il n'avait pas besoin de se justifier, officiellement, il sortait avec le Serpentard alors, ce qu'ils faisaient de leur temps libre, cela les regardait exclusivement. Mais il se sentait tout de même obliger de remettre les idées de Ron en place, peut être parce que lui-même avait encore un peu du mal à assumer.
- Revenons en à Malefoy et non pas à vos petites activités extrascolaires, déclara Hermione en ramenant son regard sur Harry. Tu crois que tu pourrais peu à peu lui faire comprendre qu'il vaut mieux pour lui de dénoncer Kate ?
- Je viens de te dire que…
- Pas de but en blanc, coupa Hermione. J'ai bien saisi qu'il n'allait pas accepter si facilement mais, plus tu le verras, plus tu parviendras à l'influencer.
Pardon ? Il avait mal entendu.
- Moi ? Influencer Drago Malefoy ? Tu sais que Noël est passé depuis déjà un moment ? fit remarquer Harry.
- Et vous sortez ensemble, je ne suis pas stupide au point de penser qu'il n'a pas dû faire certaine concession pour que cela arrive alors il peut très bien finir par t'accorder raison si tu te montres suffisamment persuasif à long terme, répondit-elle. Bien sur, ce serait bien plus simple pour moi ou pour Ron de te conseiller si tu nous disais exactement ce qu'a fait Kate.
Il la fixa un moment avant de se détourner et faire un signe négatif de la tête. Ce n'était pas qu'il voulait leur mentir mais plutôt qu'il avait promis à Drago qu'il ne dirait rien et que l'humiliation qu'il avait subi resterait entre eux. Difficile de le convaincre d'en parler à d'autre si lui-même ne s'y tenait pas.
- Disons qui ce n'est pas bien joli, marmonna Harry. Et que, même si je voudrais qu'il en parle, je comprends pourquoi il ne le fait pas.
- Et si tu dénonçais Kate à sa place ? proposa Ron.
- Je tiens à rester vivant, répondit aussitôt Harry. Crois-moi, Drago n'a pas changé d'un pouce, même si maintenant on est dans le même lit. La situation reste assez tendue et il l'interprétera comme si je lui plantais un couteau dans le dos.
- Tu n'aurais pas pu choisir quelqu'un de moi compliqué ? intervint Ron en haussant un sourcil.
Harry sourit. Il y avait pensé. C'est vrai que ce n'était pas le choix le plus facile que de décider qu'il allait finir avec une fouine râleuse qui refusait de se remettre en question pour son propre bien être. Le plus idiot étant qu'Harry savait pertinemment que c'était à cause de ces silences que la situation entre eux avait fini par se dégrader la dernière fois.
- Prends le bon côté des choses, déclara Ron. Etant donné que nous sommes fin mars, la Saint Valentin est passée.
Hein ? Ravi de voir que son ami analysait une partie de la situation mais Harry ne voyait pas vraiment le rapport avec les ennuis qu'ils avaient en ce moment. Quoique… c'était vrai que c'était plutôt un bon point. Il lui aurait offert quoi à cet idiot ?
Harry accomplira-t-il le miracle de "Noël" ? Drago acceptera-t-il enfin de parler ? Y aura-t-il de la bûche la semaine prochain ? =3
Donc voici, on ne put pas dire que je vous laisse sur quelque chose de très triste ni de frustrant donc vous vivrez tranquillement ces deux semaines sans moi ^^
Pas de chapitre la semaine prochaine ! Prochain le 30 décembre
Joyeux Noël à tous ! °c:D
