Bonjouuur ! Comment aller vous ? Moi ça va, toujours un peu crevé mais j'ai pu dormir un peu plus sereinement cette semaine x)

Alors voilà la suite, elle vous réserve surement une surprise car je pense que vous ne vous attendez pas à ça, maiiiiiiiis j'aime les surprise et en plus il fallait cette petite apparté pour que le chapitre prochaine soit explosif sans trop vouloir en dire ! Chapitre un peu plus long que les précédent aussi (ah on me dit dans l'oreillette que c'est le plus long de tous), mais il le vaut bien xD Encore et toujours merci de me suivre et de me laisser vos petits messages qui me font trop plaisir et me motive encore plus à continuer ! Bon chapitre à toute et des bisous d'amour, si jamais ça ne va pas trop, j'espère vous remonter un peu le morale avec ce chapitre !

Swangranger : Comme toujours merci pour ta régularité dans tes adorable review :3 Comme tu dis pour le moment Harry et Blaise sont un peu spectateurs pour le moment ils n'ont pas trop donné leur avis mais... ils ne faut pas les sous-estimer ! Et il ne faut pas sous estimer les loups non plus, ils n'ont aucune pitié pour les Suprêmes. Contente que les moments Dramione avec leur lien te plaise, et la dragonne aussi. Tant mieux si tu ne vois pas les fautes, moi je les vois quand je relis une fois publiée et parfois j'ai envie de me frapper la tête contre les murs ! Mais si ça ne gêne pas ta lecture ça me soulage un peu ! Personnellement je lis rarement des histoires en cours (sauf quand j'oublie de regarder) car je suis trop impatiente x) mais je peux comprendre qu'on est pas le temps ou que parfois on ne sait pas quoi dire, mais des fois, juste dire qu'on ne sait pas quoi dire et que l'histoire nous a plus ça fait plaisir à l'auteur. Je m'en rend encore plus compte maintenant que j'écris ! En tout cas merci pour tout bonne lecture et à très vite !

Charliee3216 : Ahaha, je dois dire que Drago ne l'apprécie pas trop non plus, du coup forcément j'utilise pas trop un vocabulaire positif quand j'écris sur lui. Mais après si tu ne l'aimes pas, c'est tout autre chose x) Et si tu es de mauvaise humeur et que tu te défoules sur lui, alors forcément... ; ) Je suis désolée pour toi, mais Harry ne va pas disparaître de si tôt ! Mais qui sait, peut être que tu finiras par l'apprécier ! Merci pour ta review ! Bonne lecture

IKNOX3 : Merciii :3 Ce n'est pas qu'une impression, les chapitres sont vraiment de plus en plus long, mais j'en ai besoin, autant pour l'histoire que pour moi-même, lorsque je les écrit j'arrive pas à m'arrêter et je me sens frustré si je ne vais pas au bout de mon idée... Je suis un peu névrosé sur les bords. Et oui, il n'y a pas eu de moment dramione dans le dernier chapitre, mais ne t'en fais pas le manque va être comblé ! Tu me diras après si chapitre si tu avais deviné juste, parce que je pense pouvoir te surprendre ! J'espère que le chapitre te plaira, merci beaucoup en tout cas ! Et malheureusement non je n'ai pas pu skier, les pistes ne sont pas encore ouverte. En fait, chez moi (Megeve, pour les connaisseur, c'pas loin de Chamonix, tunnel du mont blanc tout ça) il a neigé genre 1m50 (en ville hein, pas sur les pistes) en deux jour non stop. Et du coup j'étais trop hystérique, mais puisque le sol était encore chaud, et qu'après la neige on a eut que du brouillard, mais qu'il ne faisait pas froid, ben la neige à déjà tout fondu et je suis triste :( en plus l'hiver dernier était pourri j'ai pas skier non plus... Bref, et toi, comptes-tu skier cet hiver ? :p Bonne lecture et à bientôt !

Missgyffi : Coucou toi, merci beaucoup pour ta petite review, voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira ! Dis moi ce que tu en as pensé !

ChristinePotterhead : Oooh si tu savais à quel point je t'en veux ! JE RIGOLE ON SE CALME ! Hum. Pardon. C'est moi qui me calme... Ne t'en fais pas je comprend très bien que tu ais pu être occupé, tu n'as pas à te sentir coupable ! Surtout si tu continues à la lire, et que ce n'est qu'une pause passagère, mais sinon tu fais ce que tu veux je ne peux pas t'en vouloir si demain tu décides de ne plus me lire : p Je suis super contente que les chapitres que tu avais loupé t'aient plus ! Même si ce qui est arrivé à Ron n'est pas forcément joyeux... En tout cas merci beaucoup je suis vraiment touché par tes compliments c'est super gentil. J'espère que la suite continuera de te plaire autant ! A bientôt !


-Je vous conseille de trouver quelqu'un d'autre à interroger sous la torture. Et si vous souhaiter absolument assouvir vos pulsions meurtrières, vous pouvez toujours aller tuer ceux qui reste avec votre fils. Ou sinon on peut passer directement à la partie ludique de notre présence à savoir l'assassinat de mon père et la libération de votre fils.

Le silence qui suivit, semblait aussi fragile qu'une bulle de savon. Il fut court, mais tellement lourd, qu'on aurait pu croire, qu'au moindre mot, une tonne de briques leur tomberait dessus. Un rien aurait pu briser le silence et faire éclater la tension qui régnait. Le ton de Drago avait été si… typiquement Malefoyen, que le temps d'une seconde, il s'était sentit exactement comme au collège. Il s'était senti Malefoy. Le Malefoy, qui avait fait son apparition lors des débuts de la transformation. Son Malefoy. Il avait pris cette expression, cette intonation arrogante, ce ton froid traînant comme si rien ne l'atteignait, et tellement autoritaire. Comme un souverain imposant sa volonté, il avait parlé au chef de la meute avec une suffisance et une assurance qui lui était à lui-même inconnue. Et il en fut extrêmement perturbé, même s'il n'en montra rien. Il garda la tête haute, le menton levé, les yeux rivés dans ceux du chef. Seule la veine palpitant furieusement sur sa tempe trahissait sa tension.

Et aussi fragile que le silence, la capacité d'Azenghan à garder son calme, avait l'air de pouvoir se rompre à tout moment. Chacun de ses muscles tendus roulaient sous sa peau mate, comme s'il était prêt à bondir à tout instant. Hermione s'était approchée de Blaise et malgré ses protestations, elle entreprit de le soigner, utilisant jusqu'aux menaces de l'immobiliser par magie s'il ne la laissait pas faire. Il avait l'arcade sourcilière explosée, couvrant la moitié de son visage de sang poisseux et les ronces lui avaient déchiré la peau des chevilles profondément. Potter s'était rapproché d'eux trois, comme effrayé à l'idée de s'éloigner de la brunette, ses yeux scrutant les loup-garous avec une certaine pudeur dans son regard. Louhan fixait le nouvel arrivant avec le même air qu'elle avait abordé pour Potter, une petite lueur de curiosité et de défi en plus.

Ce fut justement, et contre toutes attentes, Louhan qui manifesta parla en première.

-Qu'est-ce que vous attendez de nous ? Demanda-t-elle directement à Hermione, qui venait de finir ses soins.

-Louhan ! Reste à ta place ! Gronda le chef en lui jetant une œillade noire.

La louve inclina doucement la tête et ne répondit pas. Blaise, qui s'était laissé tomber à terre dès son arrivée, se releva à la suite d'Hermione, et son regard se posa sur le gamin, toujours évanouie au sol, au pied de son chef. Puis il sauta du chef en question, à la louve qui levait le menton avec une étrange lueur dans le regard lorsqu'ils se regardèrent dans les yeux. Un petit quelque chose qu'elle n'avait jamais eu pour personne. L'italien haussa les sourcils avant de sourire sincèrement. Comme Drago, il avait certainement compris qu'il lui plaisait. Mais ce n'est pas pour autant qu'il en perdit sa classe naturelle.

-Wow ! On dirait Wonder Woman ! Mais à poil ! S'exclama-t-il avant de regarder Drago, puis Potter, en hochant la tête à la recherche d'une confirmation qui ne vint pas. Quoi ? Vous ne connaissez pas Wonder Woman ?!

-Ta gueule Zabini. Souffla sèchement Hermione entre ses dents de manière à ce que les loups ne l'entendent pas.

-Qui est Wonder Woman ?! Demanda Louhan sous la forme d'un aboiement assez inquiétant.

Mais apparemment pas assez inquiétant pour le métis, qui lui sourit de toutes ses dents incroyablement blanches avec un petit air de prédateur.

-Une guerrière amazone, une héroïne de bande dessinée qui est b… belle ! Répondit Blaise en souriant encore plus avec un regard appuyé.

La louve fronça les sourcils et croisa le regard moqueur et exaspéré de Drago.

-Est-ce que c'est une blague ? Répliqua-t-elle d'un ton farouche.

-Il suffit ! Tonna Azenghan en avançant vers sa fille pour l'attraper par le bras. Tu vas aller chercher ton frère et rentrer au camp. Ne faites aucun prisonnier et je ne veux aucun survivant non plus. Quant à vous, s'écria-t-il en tournant la tête vers Blaise, si vous tenez à votre vie je vous déconseille de vous approcher de ma fille ! Car même si demain vous vous faites mordre par un loup, vous ne serez pas encore assez bien pour elle !

Le regard de Blaise passa du père à la fille plusieurs fois d'un air surpris avant de hausser les épaules, comme si cela lui était égal. Mais lorsqu'il détourna les yeux, Drago put y lire une telle détermination, qu'il comprit qu'il n'était pas prêt de lâcher l'affaire. Le blond ne put retenir un soupir mi exaspéré, mi amusé, qui échappa à tout le monde sauf à Blaise qui lui répondit un clin d'œil discret. Hermione se passa une main sur le visage, en y exerçant une légère pression qui lui tira la peau, et elle expira bruyamment, faisant ainsi valser les regards vers elle. Puis son expression changea du tout au tout. Son air irrité devint strict, inébranlable. Elle pinça les lèvres et regarda les trois garçons qu'elle connaissait de Poudlard avec sévérité. Les trois soutenaient son regard, quoi que Blaise semblait le plus perturbés de tous par ce soudain changement d'attitude.

Louhan était partie discrètement, et le bruit d'Azenghan ramassant le corps de l'enfant obligea Hermione à détourner les yeux.

-Nous laisseriez-vous un moment nous les quatre ? Demanda Hermione le plus poliment du monde. Avant que nous allions parler dans votre camp ?

Drago s'attendait à un refus net et précis. Mais au contraire, le mâle dominant leur fit une proposition qui était aussi tentante que repoussante. Il leur laissait la journée, pour que Blaise, tout comme sa meute, se remettent de l'attaque, ainsi que pour laisser le temps aux esprits de se calmer. Et il leur proposa de revenir en début de soirée, pour partager un repas avec lui et ses « chef de troupe », afin de parler de cette attaque contre Lucius Malefoy. Hermione accepta dans la seconde en imposant, d'une volonté de fer, que Drago trouva irrémédiablement sexy, ses conditions que le chef acceptait sans négocier.

Il n'était pas particulièrement enthousiasmé par ce délais que leur donnait le loup, et encore moins par l'idée de partager un repas avec ces malades mentaux. Hors, la proposition qu'il avait fait n'avait rien eu d'un ordre, Hermione avait vraiment eu le choix de refuser l'invitation. Et si elle ne l'avait pas fait, alors il y avait très certainement une raison.

Ils retournèrent à pied, dans un silence mortuaire, jusqu'à la rivière, Drago soutenant Blaise qui avait bien du mal à marcher. Azenghan était repartit en courant dans l'autre sens avec le garçon, dont Drago s'était surpris à espérer le bon rétablissement. L'air était bien plus frais au bord de l'eau, et le vent n'était plus coupé par les arbres. Blaise avait vraiment l'air mal en point, frissonnant, il avait l'air sur le point de vomir. Après tout, il avait passé la nuit à boire, avant de décuver en quelques minutes à l'aide de potions, pour ensuite aller se battre contre une meute de loup-garou complètement marteau. Il avait très certainement vu le gamin se faire couper la main, puis il avait testé le vol au-dessus de forêt tenu par les épaules entre les griffes d'un animal magique dont son camarade avait pris la forme. Il y avait de quoi avoir la nausée. Potter, enfin, le garçon dont il avait pris l'apparence, était également blanc comme la neige, l'air d'avoir du mal à se remettre de tout ce qui lui arrivait.

Hermione et Drago durent s'y mettre à deux pour aider Blaise à traverser la rive où Potter les attendait. Et alors qu'ils reprenaient leur marche silencieuse, Hermione et Potter marchant devant, Drago, qui aidait toujours Blaise à avancer, laissa son esprit partir à la recherche du sien.

« C'est quoi ton plan ? On ne va quand même pas aller à la Cascade ? » Demanda-t-il sincèrement étonné.

« Si. Très exactement, nous sommes en train d'aller à la Cascade. On ne va pas repartir se serait inutile, et transplaner serait risqué pour Zabini, même en transplanage d'escorte. » Dit-elle d'on ton catégorique, mais joyeux.

« Mais tu ne voulais pas que Zabini vienne ici, non ? Et pourquoi tu es aussi joyeuse ? »

« Les choses ont changé avec Zabini. Je vais revoir Pattenrond ! Il me manquait trop ! »

Sans même s'en rendre compte, Drago ricana tout haut. Ce qui déclencha un regard interrogateur chez Blaise, et choqué chez Potter qui se retourner pour le dévisager. Après tout, il n'y avait absolument aucunes raisons qu'il rigole seul à ce moment précis. Mais il ne le remarqua pas. Trop absorbé par son échange avec elle. Hermione avait été la seule à ne pas réagir à son rire, enfin, pas à voix haute et elle ne se retourna pas non plus.

« Ne te moque pas ! » Se vexa la brunette d'une voix de petite fille. « C'est totalement normale que j'aime mon chat ! Tu le sais très bien ! »

« Ce n'est plus de l'amour, là, c'est du fanatisme ! » Se moqua quand même le blond en souriant tout seul.

Cette fois, Blaise et Potter se regardèrent, avec exactement la même expression inquiète, moqueuse et désespéré, avant d'échanger un étrange sourire qui semblait exprimer un sous-entendu qu'eux seuls comprenaient.

« Ah oui ? Eh bien, qu'est-ce que tu diras quand je te montrerais ce qu'est vraiment l'amour. » Répliqua-t-elle d'un ton sec mais moqueur.

Au mot « amour » un cri d'indignation les fit tous se stopper net.

-Putain mais Drago regarde où tu mets les pieds ! C'est toi qui es censé m'aider à marcher, pas l'inverse ! S'énerva le métis à qui il avait apparemment marché sur le pied. Granger ! S'écria-t-il alors qu'Hermione sursautait. Maintenant tu marches derrière nous !

-Qu'est-ce que tu sous-entends ? Demanda Drago d'une voix glaciale, alors que son esprit se cessait de se répéter les paroles d'Hermione, se demandant s'il avait bien comprit le sens des mots.

-Tu veux vraiment que je le dise ? Très bien ! T'as les yeux plus occupés à détailler l'anatomie de Granger qu'à regarder où tu marches !

-C'est totalement faux je souriais car Hermione me disait que son chat lui manquait. Répliqua-t-il en fusillant Blaise des yeux. Je ne la détaillais pas, j'étais dans mes pensées et je fixais droit devant moi. Et elle est, justement, droit devant moi !

-Attendez, vous étiez en train de vous parler ? Interrogea Potter en direction de son amie. Toi aussi tu souriais toute seule.

-Il me demandait si nous allions… Vous verrez bien, je ne le dirais pas ici. S'interrompit-elle en rougissant.

Encore une fois, Potter et Blaise échangèrent un regard entendu alors que la marche reprenait plus lentement, maintenant que Drago et Blaise marchaient devant. Elle leur indiqua où et quand tourner entre les arbres, les buissons et les souches. Drago suivait ses ordres comme un automate, et pourtant, son esprit était totalement ailleurs. Qu'avait-elle voulut dire ? Qu'était-il censé comprendre ? « Quand je te montrerais ce qu'est vraiment l'amour ». En vérité, il avait surtout peur de comprendre. Ou plutôt, peur de se tromper. Non, en fait, il ne savait pas, il était juste totalement chamboulé par cette phrase. D'autant plus qu'elle avait pris un ton étrangement sec, comme si elle lui reprochait quelque chose. Quelque chose qui n'avait rien à voir avec les moqueries. Et justement, elle aussi avait eu une intonation moqueuse, comme si elle savait qu'il ne comprendrait pas ce qu'elle sous-entendait.

Sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, trop absorbé par ses propres réflexions, ce ne fut que lorsqu'il fut brusquement aveuglé par la lumière, qu'il remarqua qu'ils venaient de quitter la forêt et qu'ils étaient juste en face de l'énorme cascade.

La Cascade.

Malgré la grimace due au Soleil, Drago ne put réprimer un sourire heureux devant cette vision familière. C'était comme s'il retrouvait Poudlard après les vacances d'été. Hermione eut exactement la même réaction. Et c'est quand elle serra sa main un peu plus fort en une courte pression, qu'il remarqua qu'elle avait entrelacé ses doigts avec les siens. Bon, tout le monde se tenait apparemment à elle, mais la manière dont elle s'accrochait à lui, lui suffisait pour savoir qu'elle ne lui tenait pas la main uniquement pour le passage dans e noir. A regret, elle finit par le lâcher. Elle fit un pas en avant, puis pivota sur elle-même, un sourire resplendissant sur le visage.

Elle regarda Potter dans les yeux quand elle dit :

-Bienvenue à la Cascade, c'est ma maison !

Elle le répéta à Blaise, avec bien moins d'enthousiasme. Mais ni Blaise, ni Potter ne firent vraiment attention à elle. Trop occupés qu'ils étaient à regarder le paysage. Il était vrai que ce matin, la vue était particulièrement belle vu d'ici. Et cette vision, depuis cet endroit, le remmena aux matins où ils allaient courir ensemble. Et c'est avec une impatience d'enfant, que Drago souhaita être arrivé sur la terrasse. La brunette attrapa le bras de Potter et se mit en route, suivit par les deux Serpentards dont l'un traînait du pied. Drago se sentait comme un gamin, il en aurait presque sauté sur place à pieds joints. Mais il lui restait encore assez de dignité, ou lucidité, pour ne pas faire ça devant témoins. La seule ombre au tableau étant la raison de leur présence. Il aurait tout donné pour n'être qu'avec elle, que ce soit elle à ses côtés, et non Blaise. Il aurait aimé que tout soit simple, qu'ils ne soient jamais partis d'ici. Ou qu'ils reviennent parce que tout était terminé. Et qu'il puisse prendre Hermione dans ses bras et l'embrasser, maintenant, juste parce qu'il était heureux d'être revenu dans ce lieu qui représentait tant pour lui.

C'est avec un élasticus qu'ils firent leur ascension, et une fois les deux pieds sur la pierre noire, le regard qu'il échangea avec elle lui prouva qu'elle aussi, était heureuse de retrouver cet endroit, et pas uniquement pour son chat. Qu'elle aussi, aurait aimé laisser libre court à son envie de le serrer contre elle. Blaise et Potter regardaient la vue bouche-bée. Discrètement, et tout aussi rapidement, il attrapa la main d'Hermione et y déposa un petit baisé silencieux, à défaut de pouvoir vraiment l'embrasser.

Puis, dès qu'il lâcha sa main, elle se précipita à l'intérieur et on l'entendit pousser des cris de joie lorsqu'elle retrouva son animal. Et les ronronnements du chat furent si intenses qu'ils les entendaient également depuis la terrasse, sans avoir besoin d'augmenter ses capacités auditives. Drago ricana de nouveau, tout en secouant la tête et un bruit sourd lui indiqua que Blaise venait de se laisser tomber sur une chaise.

-Et ben si c'est ici que vous vous cachiez, je comprends pourquoi on ne vous voyait pas si souvent. Dit l'italien d'un ton léger, en étalant ses jambes dans un soupir de soulagement, comme si l'on venait de lui dire qu'il avait droit à des vacances.

Le blond ne répondit rien. Il regardait Potter. Ce dernier avait repris son apparence et remettait ses lunettes sur son nez. Mais ce n'était pas pour ça que Drago le fixait. Le balafré regardait, lui, un point en bas. Dans une direction, un angle, qu'il connaissait par cœur. Il avait tellement de fois regarder ce qu'il regardait, presque à l'endroit même à se trouvait Potter, qu'il ne pouvait ignorer ce qui le préoccupait. Ce qui accaparait son attention défigurait son visage, encore plus qu'il ne l'était déjà, par une expression bouleversé. Et puisqu'il savait tout maintenant, il était à même de deviner tout seul, qui reposait sous ces trois stèles. Puis, tout à coup, sans raisons apparentes – ou peut être que si, justement – Potter tourna brusquement la tête vers Drago.

-Je dois la vie à ta mère Malefoy. Elle a mentit à Voldemort. Elle l'a fait avant tout pour toi, mais ça m'a aussi permis de vivre. Dit-il d'une voix blanche, comme s'il ne contrôlait pas ses mots. Et si tu n'avais pas mentit toi aussi lors de notre capture, on serait mort. Je te l'ai jamais dit mais… merci, Malefoy. Tu as permis à mes deux meilleurs amis, soit, à ma famille à moi, de rester en vie.

Un bruit de tissu froissé fit tourner la tête à Drago en direction de la porte. La jeune fille était revenue avec son gros pull gris informe sur les épaules. Hermione semblait avoir entendu les paroles de son ami, car elle le regardait avec de grands yeux pétillants, heureux, un sourire attendri et joyeux sur les lèvres. Blaise regardait Potter un sourcil levé, comme s'il était amusée d'avoir entendu et vu le binoclard aussi perturbé et sincère en même temps. Drago finit par reporter son attention sur le balafré qui ne l'avait lui, pas quitté des yeux un seul instant.

Le temps d'une seconde, Drago eut envie de lui rire au nez tant il se sentait mal à l'aise. Puis une envie de le pousser par-dessus la barrière monta en lui avant de disparaître aussi vite qu'elle était venue. Une boule de plombs était tombée dans son estomac et le fait que Potter le remercie pour les même choses qu'Hermione l'avait fait, avec les mêmes mots dans le même ordre, lui donnait envie de crier. Qu'aurait-il put crier ? Bonne question. Seulement le sérieux de Potter, l'attendrissement d'Hermione devant cette attitude, le fait que Blaise assiste à ça, et le fait que le corps de sa mère ne soit pas très loin, lui permit de ne pas crier. Il inspira et expira plusieurs fois de suite avec brutalité, un peu comme un taureau.

-Ecoute Potter, je vais te dire la même chose qu'à Hermione. Articula-t-il avec toute la difficulté du monde, mais d'une voix relativement bien maîtrisé par rapport à la situation. Je n'ai pas besoin, et je ne veux de remerciement de personne, surtout pour de telles choses. Quant à ma mère… si tu veux la remercier, rien ne t'empêche d'aller le faire.

Le brun hocha la tête doucement, comme s'il comprenait. Mais il ne pouvait pas, il n'avait pas connu ses parents. La perte, ça il connaissait. Mais c'était tout, le seul point commun entre eux. Un instant. QUOI ? Un point commun entre eux ? Non ! Non, ils n'avaient aucuns points communs ! Et il ne voulait pas voir cette compassion dans le regard de son ennemi du passé ! Parce que non, il ne pourrait jamais comprendre. Personne ne le pourrait, pas même Hermione ! Pourquoi fallait-il que Potter ait eu besoin d'épancher ses sentiments comme un vulgaire Poufsouffle ? N'était-il pas foutu d'avoir un minimum de contrôle sur lui-même ?!

Pris d'un élan de tristesse qui lui encercla le cœur comme un étau de fer et de colère envers son père, il se dirigea vers a porte de la terrasse en marmonnant qu'il voulait être seul. Chose que personne ne dut comprendre, mais personne ne le retient non plus, et il en fut soulagé. Il referma la porte derrière lui, en vérifiant d'un regard que personne ne le suivait non plus. Blaise lui jeta regard plein de reproches car il n'avait apparemment pas envie de rester seul avec les deux Griffondors. Mais Drago l'ignora superbement puisqu'il ne le remarqua même pas.

A l'instant où il était entré, il s'était senti renaître, comme s'il respirait de nouveau après une longue apnée. Rien n'avait changé, c'était comme s'ils étaient parti la veille. L'odeur d'Hermione était partout et il inspira avec détresse. Le chat dormait, pelotonné dans un coussin du plus grand des fauteuils du coin salon. Les piles d'objets, de journaux, de cartons, tout lui semblait si familier, si réconfortant. La porte de la chambre d'Hermione était ouverte, tout comme celle de la salle de bain. Posé sur la table basse, deux tasses de thé vide semblaient attendre d'être débarrassées. Deux assiettes séchaient encore près de l'évier. C'était comme s'ils n'avaient jamais quitté les lieux. Un sourire niait avait pris possession de ses lèvres. Les souvenirs avec Hermione lui semblaient plus vivants que jamais et la douleur des paroles de Potter s'étaient éclipsées. Ou presque. La colère pour son père ne le quittait jamais. Et il l'avait réveillé, ce monstre dormant dans ses tripes.

Il se dirigea vers sa chambre, seule porte fermée de la pièce. Lorsqu'il entra dans la chambre, ce fut un vrai mélange de bonheur et de peine. Car après avoir parlé de sa mère, voir ce décor qu'il avait tant occupé, lui rappela en premier lieu la vidéo, tournée sur le bout de ce lit. Lit qu'il avait également partagé avec elle plus d'une fois. Son cœur battait irrégulièrement dans sa cage thoracique, s'en était douloureux. Ses muscles aussi étaient tendus au point qu'il en avait mal. D'une main tremblante, il se mit à se masser lui-même la nuque, dans un but relaxant. Ce qui ne marcha pas le moins du monde. Et les nœuds douloureux dans son cou, se transformèrent en démangeaison.

Brusquement, sans raison, il se rappela qu'il n'avait pas annulé le patronus. Avait-elle disparut seule ? Le sort s'était-il annulé lorsqu'ils avaient transplanné ? En tout cas, elle n'était plus là. Et il venait seulement de s'en rendre compte. Il se grattait le haut du dos avec force maintenant, ses ongles lui abîmaient la peau. Il sentit soudainement quelque chose céder sous ses ongles et il porta sa main à ses yeux. Il reconnut immédiatement le phénomène. Sans réfléchir, il se précipita jusqu'à la salle de bain. Il se plaça devant le miroir, retira sa cape, son pull et son t-shirt, avant de tourner le dos à la glace pour regarder la zone atteinte.

Un juron très grossier lui échappa dans un cri un peu paniqué. Le bras sur lequel la dragonne avait grimpé, ainsi que l'épaule en question, la nuque, et la moitié du haut de son dos, étaient recouvert de la petite croûte grisâtre qu'il avait eue sur la main. Merlin ! Comment cela avait-il put arriver ? Ce matin, au QG de Potter, il s'était douché et sa peau était parfaitement normale, et même plus parfaite qu'autre chose ! Immédiatement, il se dit qu'il y avait un lien avec la dragonne, son comportement, le fait qu'elle lui ait grimpé dessus et la mue. Seulement, il ne voyait pas comment ni pourquoi. Elle était faite de lumière, un sort, qu'il avait lui-même lancé, elle était sa magie à lui ! Bon, elle avait eu un très étrange comportement, mais en quoi son comportement pouvait provoquer cette mue ? C'était illogique, et pourtant, c'était la seule explication possible et plausible. Là où il s'était gratté, on pouvait déjà voir apparaître quelques écailles.

La porte de la salle de bain s'ouvrit dans un bruit sec qui fit sursauter Drago. Potter apparut dans le chambranle de la porte, et il s'arrêta net. La bouche entrouverte, les yeux écarquillés de stupeur, fixés sur le dos du blond.

-Tiens, rend-toi utile pour une fois Potter, aboya Drago, très perturbé par la situation. Vas chercher Hermione.

Sidéré, le binoclard le regarda avec des yeux ronds.

-Je voulais juste aller aux toilettes. Articula-t-il en reposant son regard sur les plaques grises.

-Ben t'attendras. Siffla Drago commençant à arracher les croûtes qu'il avait sur le bras.

-Mais qu'est-ce qui t'arrive ? Bafouilla Potter sans bouger d'un millimètre.

-Je mue. Ne put se retenir de ricaner le blond en réalisant le ridicule de la chose.

Cette fois intrigué, Potter avança d'un pas pour mieux voir. Drago lui jeta un regard assassin qui le découragea à avancer plus.

-Potter, t'es sourd ou juste con ?! Va chercher Hermione ! Se répéta le Serpentard d'un ton sec.

Le balafré jeta un dernier coup d'œil fasciné aux écailles qui étaient maintenant clairement visibles sur son bras, avant de tourner les talons. Il revient quelques secondes plus tard, accompagné de Blaise et de la brunette.

-Vous vous appelez tous Hermione ? Aboya de plus belle de blond en dévisageant les deux hommes avec agacement.

Aucun ne répondit, les yeux rivés sur l'épaule que Drago avait entrepris de gratter. Hermione entra dans la salle de bain et referma la porte sur eux d'un coup de pied. Son visage était marqué par l'inquiétude. Elle resta quelques secondes devant la porte sans bouger, et il se stoppa dans ses gestes pour la regarder aussi.

-Qu'est-ce que je suis censé faire ? Demanda-t-elle d'une petite voix.

-M'aider à retirer ce que j'ai dans le dos. Répondit-il d'une voix étrangement calme, comparé à sa précédente agressivité. Je n'y arrive pas.

Il s'attendait à voir un certain dégoût dans ses yeux après sa demande. Mais elle se contenta d'hocher la tête en pinçant les lèvres, ses yeux n'exprimant rien d'autre que de l'inquiétude.

-Je ne vais pas te faire mal, hein ? Demanda-t-elle encore une fois avec la même voix.

-Non, je ne sens rien, c'est comme de la peau morte. La rassura Drago avec un petit sourire.

Elle hocha de nouveau la tête, l'air un peu rassuré, mais pas totalement non plus. Et avant de s'avancer vers lui, elle donna un coup de poing dans la porte. Deux cris synchronisés lui indiquèrent que les deux garçons avaient dut coller leurs oreilles à la porte. Puis avec une expression nouvellement déterminée, elle s'avança vers lui. Il sentait sa présence dans son dos, et cela lui donna un frisson qui parcourut tout son corps. Lorsqu'elle posa une main sur sa peau, il en aurait presque gémit de plaisir. Il avait l'impression d'oublier à chaque fois combien elle avait la peau douce et chaude. Et de le redécouvrir à chaque fois qu'elle le touchait.

-Tout va bien ? Dit-elle d'une voix inquiète.

Il réalisa qu'au moment où elle l'avait touché, tout son corps s'était détendu, et il avait totalement arrêté tout mouvement, c'était à peine s'il respirait. Juste pour mieux sentir sa peau sur la sienne.

-Oui, cesse de t'inquiéter. Lui répondit Drago d'une voix douce.

Lorsqu'il fut totalement débarrassé de la couche de peau morte grise, avant qu'elle ne retire ses mains, il la sentit se dresser sur la pointe des pieds, et elle lui déposa un petit bisou dans le haut du cou, juste dessous les cheveux. Un autre frisson de plaisir le traversa, et il se retourna vers elle avant qu'elle n'ait pu bouger. Il attrapa ses lèvres entre les siennes et à travers ce fougueux baisé, il eut l'impression de s'abandonner complètement à elle. Il était tellement heureux d'être ici avec elle, malgré la situation. Et la passion qu'elle mit à lui rendre ce baiser, lui exprima à quelle point elle l'était aussi. Après tout, c'était un peu leur « chez eux ».

C'est elle qui mit fin au baisé, mais elle resta blotti dans ses bras, front contre front, yeux dans les yeux. Elle avait posé ses mains dans le bas du dos de Drago, et lorsqu'elle remonta le long de sa colonne et que le bout de ses doigts effleurèrent les écailles encore grises, une sensation indescriptible le prit de tout son être. Il ses sentit ses hérisser comme des poils. Et comme la première fois, il devina que maintenant, sa peau avait repris une apparence normale. Car elle continua ses caresses, et la sensation inconnue avait disparue.

Il avait envie de bien plus qu'un simple câlin. Son souffle était court. Et lorsqu'elle le remarqua elle le lâcha immédiatement en le regardant avec panique.

-Ça ne va pas ? Qu'est-ce qui a ?

-Si, si, tout vas bien Hermione, je te l'ai déjà dit. Dit-il avec la respiration saccadée.

Elle le regarda avec suspicion, mais n'insista pas, fort heureusement pour lui.

Elle ramassa ses vêtements et lui tendit avant de sortir de la pièce. Étrangement, Potter et Blaise n'étaient plus derrière la porte. Mais ils n'étaient pas bien loin non plus. Il vit Potter assit au bar alors que Blaise semblait être en train de se préparer un Irish Coffee. Drago enfila rapidement ses habits et rejoint les autres. L'esprit un peu ailleurs. Il n'avait pas menti à Hermione, mais il ne lui avait pas dit toute la vérité non plus. Parce qu'il allait bien, c'était juste la sensation qu'il avait eu lorsqu'elle avait touché les écailles, ses écailles. Elle le perturbait. La souvenir de cette sensation le perturbait. Parce qu'il avait du mal à se rappeler ce qu'il avait éprouvé, il avait du mal à mettre des mots dessus, simplement parce qu'il avait le sentiment que… ce n'était pas humain. Et c'était aussi pour ça qu'il n'avait rien dit, en plus du fait qu'il aurait été totalement incapable de l'expliquer à voix haute, puisqu'il n'y arrivait déjà pas dans sa tête. Sans compter que s'il devait apparenter ça à quelque chose, c'était au plaisir, au désir.

-Soigner le mal par le mal, tu connais ? Fit la voix de Blaise, assez lointaine, en réponse à quelque chose qu'Hermione avait dit.

Drago revient sur terre et il remarqua que Potter avait filé à la salle de bain. Hermione avait pris sa place derrière le bar et regardait d'un œil mauvais, Blaise mettre plus de Whisky que de café dans sa tasse.

-Tu dois dormir Blaise je te signale ! Dit-elle avec son petit ton supérieur de miss je-sais-tout. On est venu ici pour que tu te reposes ! Non pas que je doute d'Azenghan, mais si ce soir ça dérape, il faudra que tu sois capable de réagir rapidement ! Tu viens juste de décuver d'hier, et même pas de manière naturelle !

-Mais ne t'inquiète pas, c'est comme un biberon ! S'exclama Blaise d'une voix joyeuse, absolument pas concerné par le trouble générale. Après je vais dormir comme un bébé justement !

-De toutes façon si tu ne dors pas, au moins huit heure, je ne te le laisserais pas venir, on n'a pas besoin d'un poids mort complètement bourré. Finit d'argumenter Hermione en faisant un geste de la main agacé.

Drago s'était assis à côté d'elle, et regarda Blaise boire son café d'une traite, sans vraiment le voir. Le baisé lui avait fait penser à ce qu'elle avait dit : « je te montrerais ce qu'est vraiment l'amour ». Et il s'efforçait de ne pas lui demander d'explication, même mentale. Autant effrayé par la réponse qu'elle pourrait donner que par la réaction qu'il pourrait avoir. Potter revient des toilettes et retourna s'asseoir sur le dernier tabouret de libre. Les trois regardèrent Blaise agir comme s'il était chez lui, se servir à manger, se préparer une autre tasse et siffler joyeusement. Lorsqu'il eut fini, l'italien bailla à s'en décrocher la mâchoire.

-Où est-ce que je peux dormir maman ? Demanda Blaise à Hermione avec une voix de gamin.

Elle ne lui répondit pas tout de suite, et lui jeta d'abord un long regard méprisant.

-Dans la chambre de droite. Répondit-elle à contre cœur.

Blaise, ne laissant absolument pas son amusement se faire entacher par l'attitude d'Hermione, eut un dernier sourire provoquant avant de disparaître dans la chambre de Drago. Le silence retomba pendant un moment. Tous les trois assis au bar, Hermione au milieu, chacun semblaient plongé dans ses réflexions. Au bout d'un moment, Potter se mit à bouger et il tourna la tête vers Hermione et Drago.

-Tu as dit que tu muais, mais tu mues en quoi ? Demanda sérieusement le balafré. C'est bien des écailles que j'ai vu, mais elles n'avaient pas tellement l'air normal.

-En dragon, Potter. Soupira le blond d'une voix traînante. En Noir des Hébrides, tu n'as rien écouté ce matin ? Et si jamais tu trouves quelque chose de normale dans le gros bordel qu'est ma vie, alors je suis tout ouïe, Potter.

A ces mots, Hermione poussa un petit gémissement dépité. Potter fronça les sourcils et se gratta la tête d'un geste distrait. La brunette se prit la tête entre les mains avant de la secouer brutalement.

-Est-ce que tu as une idée de ce qui peut provoquer cette mue ? Parla la jeune fille d'un air absent.

-Non, dans les deux cas, les conditions n'avaient rien à voir. Soupira de nouveau le blond avec dépit.

Elle soupira à son tour avant de relever la tête.

-Pourtant il doit bien y avoir quelque chose… Marmonna-t-elle apparemment pour elle-même. Pourquoi maintenant…

Le silence revint. Hermione se leva au bout d'un certain temps pour leur servir un thé à chacun, avant que tout le monde ne replongent dans ses pensées respectives. Drago aurait aimé penser à son père, au plan, au loup, à la soirée à venir. Aux choses importantes. Pourtant, la seule question qui l'obsédait, était de savoir ce qu'Hermione avait voulu dire un peu plus tôt. Et il se détestait pour ça, car il y avait plus urgent, plus vital. Mais il était incapable de détourner son esprit de cette phrase qu'elle avait dite. Incapable d'orienter ses pensées sur autres choses. Il n'arrivait même pas à culpabiliser correctement d'y penser, tant il y pensait.

-Et sinon… commença Potter d'une voix qu'il voulait très certainement dégagée, alors qu'on entendait clairement sa curiosité. En dehors de ce lien, est-ce qu'il y a quelque chose entre vous…?

Hermione rougie à une vitesse phénoménale, alors que le visage de Drago se fermait totalement. En quoi cela le regardait-il ? Qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire ? Et puis, pourquoi demandait-il ça maintenant ? Pile quand il se posait des questions embarrassantes ? Et pourquoi avait-il autant envie de lui crier dessus ? Il n'avait pas envie de répondre, il ne savait même pas quoi répondre ! La situation n'avait rien de claire, ils n'étaient pas ensemble c'était certain, mais ils n'étaient clairement pas que des amis. Hors, il n'allait pas répondre ça. Comme il n'allait pas répondre du tout en fait ! Il n'y avait même pas matière à se poser la question ! Ça ne concernait pas du tout Potter ! La brunette n'était pas non plus décidée à répondre, aussi Potter afficha une expression perplexe.

Au bout d'un moment, lorsque le brun sembla abandonner, Hermione prit la parole.

-C'est quoi cette histoire avec Parkinson ? Demanda-t-elle comme si Potter n'avait jamais parlé.

-Luna était sortie seule, sans prévenir personne, sur la piste de je ne sais quelle plante qui soulagerait Ernie les soirs de pleine Lune. Mais elle s'est aventurée on ne sait où, Parkinson lui est tombée dessus et elle n'était pas seule. Expliqua Potter d'une voix blanche, dont le visage exprimait une colère refoulée. Luna a blessé un des deux hommes qui l'accompagnait, surement un proche de Parkinson car d'après Luna cela l'a « légèrement » énervée. Parkinson les a renvoyés et elle s'est acharnée sur Luna. Elle lui a cassé presque tous les os… Il marqua une pause car sa voix s'était mise à trembler. Puis, articula-t-il avec difficulté en fixant droit devant lui, alors qu'elle allait être tuée, Luna a réussi à convaincre Parkinson de ne pas le faire. Elle n'a pas voulu nous expliquer pourquoi et comment, car c'est apparemment un secret entre elles. En tout cas Parkinson lui a rendu sa baguette et Luna nous a envoyé un patronus. On a eu de la chance que Hagrid soit revenu de France pour quelques jours à ce moment-là, car sans Crockdur, on ne l'aurait jamais trouvé à temps dans la forêt pour l'amener à Mme Pomfresh. Son tibia et les os de son bras lui avaient traversé la peau, elle avait perdu presque la moitié de son sang…

Hermione avait l'air horrifié. Elle avait blanchit, et regardait Potter, une main sur la bouche, les sourcils au milieu du front, les yeux écarquillé de peine et de terreur. Drago aussi se sentait mal, et c'était peu dire. L'idée que Pansy soit devenu aussi violente lui donnait le tournis. Bien évidemment, son visage n'exprimait rien. Mais intérieurement, il avait du mal à rester serein. Il se souvenait de Pansy comme la pipelette accrocs aux ragots, assez vicieuse et méchante. Elle avait été, en une certaine manière, son équivalent au féminin. Si l'on considérait qu'il avait été roi des Serpentard, elle en avait été la reine. Bien évidemment, il n'avait jamais eu aucune considération pour elle, elle était juste… Pansy Parkinson. La fille de son âge lors des repas mondain, qui terrorisait les petits et qui parfois, lui avait servi d'exutoire à certain besoin physique. Elle était aussi presque aussi respectée que lui dans leur maison, et elle avait aussi son garde du corps personnel totalement débile, niveau Crabbe et Goyle. La très nouvellement célèbre à ses yeux : Milicent Bulstrode.

Mais si Pansy avait toujours eu une réputation de véritable garce, et c'était d'ailleurs également pour ça qu'on la respectait, ou plutôt, la craignait à l'inverse de lui, Pansy n'avait jamais eu de côté véritablement sadique. Elle aimait faire souffrir les gens avec des paroles, ou son attitude, montrer quel dominait les gens, qu'elle était intouchable. Elle pouvait même faire peur quand elle le voulait. Seulement, jamais elle n'aurait brisé tous les os d'une personne dans le simple but de la faire souffrir. La souffrance physique était quelque chose qu'elle ne supportait pas, qu'elle n'avait jamais pu supporter. Pour une simple et bonne raison, que tous les Sang-Purs savaient mais taisaient : à savoir que son père battait sa mère sous ses yeux. Et un soir, il avait eu le geste de trop. Officiellement, sa mère avait fait une chute dans l'escalier. Et jamais personne n'avait contredit le père Parkinson, le rapport d'autopsie n'avait jamais été rendu public et étrangement, tous ceux qui avaient travaillé sur l'affaire s'étaient vus verser une belle somme d'argent, juste avant de tous prendre leur retraite anticipée.

Était-ce ce dont lui avait parlé Lufoca? Mais comment aurait-elle put savoir ? La famille Lovegood, bien que Sang-Purs, n'était clairement pas le genre d'invités présents aux soirées qui auraient pu lui permettre de savoir ce genre de choses. Leur famille ne fréquentait très certainement que les Weasley et les sorciers bizarres faisant des découvertes impossibles. Lovegood ne pouvait rien savoir du passé de Pansy. L'idée que qu'elle soit devenu comme son père, du moins à un moment donné, lui donnait la nausée. Et si elle était bel et bien devenue aussi violente que son paternel, il ne voyait pas comment lui parler de la mort de sa mère aurait pu la calmer. Sauf peut-être en lui proposant une vengeance ?

Ses pensées tourbillonnaient dans tous les sens et il n'arrivait pas à les garder fixe. Pansy… Une partie de lui avait toujours eu de la pitié pour elle, mais pas une pitié compatissante, non, quelque chose de négatif, comme si elle le dégoûtait. Parce que malgré tout ce qu'elle était, Pansy restait une fille faible, et surtout stupide quand il ne s'agissait pas de détruire la réputation de quelqu'un. Elle était naïve, manipulable, crédule. Il y avait pour lui quelque chose d'illogique dans le comportement qu'avait décrit Potter. Mais il ne partagea pas ses doutes, il laissa Potter et Hermione déverser leur haine sur Pansy, sans écouter spécialement leur conversation. Le visage fermé, le regard fixe, mais l'esprit bouillonnant.

Quand le silence revient, Potter proposa à Hermione de lui faire visiter les lieux. La brunette eut le réflexe de se tourner vers Drago, l'air de chercher une quelconque approbation dans ses yeux. Mais le regard de Drago était totalement neutre, indéchiffrable. Il haussa les épaules, distraitement, juste avant de replonger dans ses réflexions. Les deux Griffondors firent rapidement le tour de l'appartement creusé dans la roche, sans entrer dans la chambre de Drago, puis elle l'amena dehors, surement pour lui montrer la salle de sport et la réserve.

Soulagé d'être enfin seul, il remonta immédiatement ses manches et compara le dessus de ses bras. Sans surprise, ils étaient identiques. Absolument aucunes traces de la mue, aucunes différences entre les écailles et la peau. Il laissa ses manches retomber sur ses poignets tout en évitant minutieusement la Marque. Par curiosité, il sortit sa baguette pour produire un patronus. La dragonne se forma devant lui, assise sur le bar dans la même position et taille qu'un chat. Elle le fixait dans les yeux sans jamais cligner des paupières. Elle n'en avait pas besoin. Sans vraiment savoir ce qui le poussait à faire ça, il s'adressa à elle.

-Est-ce que c'est toi qui as provoqué la mue ? Lui demanda-t-il à voix basse, même s'il doutait que Blaise puisse entendre quelque chose.

Elle hocha doucement sa tête de lumière blanche pour répondre.

-Est-ce qu'il y a une raison particulière ?

Nouveau hochement de tête positif.

-Est-ce que tu peux me la dire ?

Même réponse. Puis le silence.

Drago se demanda un instant si elle pouvait parler avant de s'insulter d'idiot. Il se demanda comment faire pour communiquer avec elle, mais la dragonne déplia ses ailes et s'envola à l'autre bout de la pièce. Elle disparut dans la chambre d'Hermione et il la suivit le plus silencieusement possible. Elle s'était posée sur une étagère, traversant les livres qui y reposaient. Sa queue en forme de flèche pointait sur la tranche d'un livre en particulier, très épais. Drago s'avança, les sourcils froncés, le cœur battant. Il attrapa le livre donc la tranche ne portait aucune inscription et fixa la couverture.

Ce n'était pas un livre. Mais un album photo. Qui portait le nom d'Hermione Granger. Ecrit en une très belle calligraphie qui rappelait vaguement les boucles de ses cheveux. Il releva les yeux, mais la dragonne n'était plus là.

Il resta un instant immobile, à regarder l'étagère, les yeux ronds et l'air stupide. Il n'avait même pas annulé le sort. Comment avait-elle pu partir ? A moins que ses pensées ne soient plus assez joyeuses ? Après tout, son cœur battait à une vitesse alarmante et il ne se sentait pas très bien. Il reporta son attention sur ce qu'il avait entre les mains. La couverture était étrangement faite d'un tissu blanc cassé très doux et son nom n'était pas écrit, mais cousu en lettre d'or. L'album avait été très certainement entièrement fait à la main. Seul les moldus faisaient ce genre de choses, et lorsqu'il ouvrit la première page, il en eut la confirmation. Sur le papier très fin et bizarrement proche du parchemin, un message pour Hermione avait très certainement été écrit à la plume avec une encre d'un noir brillant.

« A ma petite sorcière préférée,

Je t'ai fabriqué cet album photo, pour que tu n'oublies jamais que ta famille sera toujours avec toi lors de ce magique tournant de ta vie. Les premières photos de toi remontent aux premiers mois de ta vie et au fils des pages tu pourras revivre ton histoire, chaque instant passé avec nous. Pour que tu n'oublies jamais qui tu es et d'où tu viens. Ma chérie, tu vas beaucoup nous manquer, mais n'oublies jamais que nous serons toujours fiers de toi. Tu remarqueras qu'il reste beaucoup de pages vierges, et se sera à toi de les remplir. Avec ce que tu veux, des photos, des dessins, du texte, tes notes de cours… Tu peux tout me raconter dans ces pages, même ce que tu ne voudras pas me faire lire quand nous nous verrons. Parce que je veux qu'à chaque fois que tu reviennes me voir, tu le prennes avec toi, et que tu me fasses découvrir ce deuxième monde auquel tu appartiens. Sois forte ma petite sorcière, n'oublies jamais que nous t'aimons plus que tout. Et si jamais les choses te semblent dures, où que tu te sens seule, ouvre cet album et je serais là, pense à nous et nous serons tous avec toi, parce que nous serons toujours là. Où que tu sois et où que nous soyons. L'amour, c'est magique ma chérie !

Ton grand père se moque de moi parce que je suis en train de pleurer en écrivant ceci. Ce qu'il ne sait pas, c'est que ce sont des larmes de joie et de fierté, ma petite magicienne ! Mais je le laisse croire que je suis triste et émue, comme ça il fera à manger ce soir s'il pense que ça ne va pas… Et puis tu sais quoi ? Je l'ai vu pleuré en cachette en regardant les photos de toi que j'ai choisi de coller. Il croit que je ne sais pas que c'est lui qui l'avait pris. Après cinquante ans de mariage, il croit toujours avoir des secrets pour moi, il perd la tête. Je compte sur toi pour que cet album ne lui tombe jamais entre ses mains de mon vivant !

Pour ne pas finir sur ça, je vais quand même te rappeler que je déteste écrire et que je le fais uniquement pour toi ma chérie. Je t'aime, je sais que tu seras une sorcière extraordinaire car tu es déjà une petite fille exceptionnelle.

Ta grand-mère qui t'aime fort.

P.S : c'est papi ! Si moi je perds la tête, alors nous devons faire enfermer ta grand-mère, qui croit que je ne connais pas toutes ses cachettes, dans la maison que J'AI construite ! Oh et je sais très bien refaire les paquets cadeaux, ne t'en fais pas pour moi, elle ne sait toujours pas que j'ouvre mes cadeaux avant l'heure. En tous cas princesse, je suis d'accord avec elle, tu es une petite-fille parfaitement époustouflante ! Je sais que tu feras en sorte que ta magie l'empêchera de lire ce message quand elle retrouvera son album. Et je ne me moquais pas d'elle, je me moquais de son pull mis à l'envers, il y a une nuance. A l'inverse, je n'ai pas pleuré devant les photos de toi, j'avais une poussière dans l'œil, ce qui n'a donc rien à voir. Quoi qu'il en soit, je suis très fier de toi et quoi qu'il arrive je le resterais. Je t'aime ma princesse.

P.S 2 : ton grand-père ne perds pas la tête, c'est juste un (adorable) crétin s'il pense que je ne sais pas pour les cadeaux, je fais juste semblant pour ne pas le vexer. Les femmes de notre famille ont toujours été plus intelligentes que la normale. La preuve : il a lu que je faisais semblant d'être triste pour qu'il fasse à manger. Et puisqu'il n'est pas sensé le savoir, il l'a fait quand même. »

Profondément touché par ce qu'il avait lu, qu'il en resta coi. Il y avait tant d'amour, dans ces mots qui semblaient si petits en comparaisons à la taille de la page. Il y avait tant de bienveillance, qu'il se demandait presque si l'album n'était pas ensorcelé. On sentait la complicité entre les membres de la famille sans avoir besoin de les voir, on ressentait un véritable déferlement d'amour pour Hermione, et on pouvait facilement deviner l'amour entre ses grands-parents.

Il eut le temps de tourner la page et d'observer les deux premières photos, collé l'une sous l'autre, sans savoir vraiment ce qu'il regardait. Les clichés étaient majoritairement noirs, mais on pouvait distinguer des formes plus claires, avec des sortes d'annotations sur les contours et une espèce de cadre en forme de trapèze. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise et d'émotions, lorsqu'il reconnue, au bout d'un certain temps d'analyse, la forme d'un bébé. Sur la première photo, le bébé était presque invisible tant il était petit. Et sur la seconde, on le voyait très nettement si l'on savait ce que l'on regardait.

Et ce qu'il regardait, c'était Hermione. Hermione, dans le ventre de sa mère. Il n'avait pas la moindre idée de comment les moldus avaient pu parvenir à obtenir de telles images, aussi immobile soit elle. Mais une chose était sûre : il n'avait jamais rien vu de tel. Quelque chose d'aussi fort, émouvant, personnel, beau, pure.

Ses yeux le brûlaient et il clignait anormalement des paupières en se mordant la langue.

Puis il entendit du bruit dans la pièce d'à côté, il referma l'album photo et le remit à sa place. Il retira précipitamment ses chaussures et s'allongea rapidement sur le lit avec un air détendu, comme s'il était là depuis un moment. La porte s'ouvrit et Hermione entra sans Potter. Elle eut pendant une seconde l'air surprise, mais elle dut se dire que, puisque Blaise occupait son lit, il était venu là, car elle reprit vite une attitude normale. En plus ses yeux humides de larmes pouvaient passer pour ceux de quelqu'un qui venait de faire une sieste. Car il avait passé un bon moment à regarder les trois premières pages de cet album, et il était certain que les deux Griffondors avaient fait plus que visiter les lieux en parlant déco. Bien qu'il était incapable de dire de quoi il avait parlé, il se doutait que son nom était revenu dans la conversation plus d'une fois.

-Ah tu es là, dit-elle en lui souriant timidement.

Il tourna la tête vers elle, dans un mouvement lourd, comme si elle venait de le déranger dans sa sieste. Il hésita un instant à bailler, mais se ravisa, en se disant qu'il ne fallait pas trop en faire non plus.

-Je suis là. Répondit-il d'une voix absolument dénuée d'émotion.

-Qu'est-ce que tu fais ? Lui demanda-t-elle en venant s'asseoir au bord du lit.

-Je réfléchis. Parla Drago sans réfléchir, justement.

-A quoi ? Demanda-t-elle d'un ton suspicieux.

-A toi. S'entendit-il répondre.

Bordel, qu'est-ce qu'il faisait ? Pourquoi avait-il dit une chose pareille ?! Elle ouvrit de grands yeux brillants étonnés. Elle avait pleuré. Il le voyait sur son visage.

Un élan de rage envers Potter surgit de nulle part, avant qu'une insupportable voix lui murmure qu'il l'avait fait pleurer bien plus souvent que lui. Et sa rage se dirigea vers lui-même.

-J'ai le droit d'en savoir un peu plus ? Demanda-t-elle d'un petit ton mesquin, mais sincère.

Il se redressa sur un coude et la fixa dans les yeux quelques secondes, hésitant entre dire la vérité et inventer une quelconque excuse.

-Tes questions m'ont donné envie d'en savoir plus. J'ai fait apparaître mon patronus et… Il hésita une seconde avant d'avouer : et je lui ai demandé si elle savait quelque chose à propos de la mue. Elle n'a répondu que par des hochements de tête. Ajouta-t-il devant son air horrifié, même si cela ne changea rien à son expression. Mais elle m'a dit qu'elle y était pour quelque chose, et quand je lui ai demandé pourquoi, elle m'a montré… Un gros livre à la couverture blanche qui porte ton nom. Acheva-t-il avec un micro mouvement de tête en direction de l'étagère.

Elle déglutit avec difficulté.

-Il faut que je te dise quelque chose. Répondit-elle d'une voix blanche. Ton patronus… Je l'avais déjà vu.

Elle s'interrompit lorsqu'il se redressa brusquement sur le lit pour la regarder étrangement. Il lui indiqua de poursuive d'un mouvement de tête nerveux.

-Dans mes rêves. Continua-t-elle sur le même ton. Le dragon que je voyais sortir des flammes… c'est ton patronus. Il a quelque chose de différent des autres dragons, quelque chose…

-D'humain ? Proposa-t-il très sérieusement.

Elle hocha rapidement la tête avec un air apeuré. Et il sentit sa peur. Comme si c'était la sienne.

A moins que ce ne soit, vraiment, la sienne ? Il n'était pas capable de faire la distinction.

-Pourquoi est-ce qu'elle a la même tâche que moi ? Demanda-t-elle d'une petite voix brisée, qui déchira le cœur du garçon en face d'elle.

-Je n'en sais rien. Avoua-t-il la gorge nouée devant son attitude, et ce qu'il éprouvait. Qu'est-ce qui ne va pas ?

-Ce dragon m'a toujours effrayé, ce n'étaient pas des rêves, mais des cauchemars. Souffla-t-elle les yeux brillant. Comment est-ce qu'elle peut savoir…

Elle ne finit pas sa phrase, car elle se mordit soudainement la lèvre avec panique, comme pour s'empêcher de continuer. Assez inquiet, Drago se plaça à côté d'elle et passa un bras autour de ses épaules.

-Calme-toi, d'accord ? Commença-t-il d'une voix douce. Un patronus prend la forme de notre animal protecteur. Je suis censé être un dragon et tu l'as lu comme moi, un dragon n'a qu'une dragonne, la déduction n'est pas compliquée. Tu l'as peut-être vu se battre contre des détraqueurs, c'est pour ça qu'elle faisait peur. Suggéra-t-il sans y croire lui-même. Par contre, si tu ne finis pas ta phrase je ne peux pas savoir de quoi tu parles. Qu'est-ce qu'elle sait ?

Elle posa une main sur son torse et s'éloigna subitement de lui. Il la regarda avec incompréhension et elle tourna la tête vers l'étagère ou reposai l'album photos en rougissant.

-Je t'ai pas totalement dis la vérité. J'ai une sorte de journal intime… C'est cet album, il me vient de ma grand-mère…

Il avala sa salive avec difficulté. Ça, il l'avait deviné seul. Devait-il lui avouer l'avoir ouvert ? Avec ce qu'elle venait de dire, surement pas. Même s'il lui disait n'avoir lu qu'une page et vu deux photos absolument extraordinaires. Le message de sa grand-mère était relativement personnel, tout comme l'album dans sa globalité, apparemment. Elle risquait de mal prendre le fait qu'il fasse une telle intrusion dans sa vie privée. Mais la dragonne, ainsi qu'Hermione, avaient attisé sa curiosité. D'autant plus que s'il y avait un lien entre cet objet moldu dans lequel elle aurait écrit quelque chose, et sa mue, il aurait aimé en savoir plus.

-Et.. ? Demanda-t-il d'une voix incertaine.

Elle n'eut pas le temps de répondre, un bruit assourdissant résonna entre les murs de l'habitation. D'un même mouvement, ils sautèrent sur leurs pieds et accoururent dans le salon, baguette brandie. Potter était à plat ventre au sol, au milieu de plusieurs piles d'objet effondrés. Des parchemins finissaient de retomber au sol en voltigeant gracieusement. Un vase et un miroir avaient rendu l'âme en différent morceaux éparpillés à terre. Il abaissa sa baguette en même temps qu'Hermione lorsqu'ils constatèrent que la situation n'avait rien de dangereuse. Un sourire goguenard sur les lèvres, il regarda Potter se relever, rouge de honte. Hermione souriait aussi, quoi qu'un peu plus sur la réserve, elle semblait avoir été amusée de l'action de son ami. Elle avait repris des couleurs. Et il ne sut par quel miracle Blaise ne s'était pas réveillé à ce boucan. A moins qu'il n'ait pas levé le sort d'insonorisation en partant quelques semaines plus tôt ?

-Ton chat s'est jeté dans mes jambes. Marmonna Potter en lissant les faux plis de sa cape.

-On ne tient pas debout Potter ? Se moqua doucement le blond en voyant qu'Hermione semblait paniqué à l'idée que son chat soit blessé.

Elle le chercha des yeux et courut jusqu'à lui pour le couvrir de caresses, ce qui amusa encore plus Drago, même s'il n'oubliait pas ce qu'il s'était passé dans la chambre.

-On a oublié que je suis meilleur dans les airs, Malefoy ? Répliqua le balafré en remontant ses lunettes sur son nez avec agacement.

Il lui sourit avec provocation mais ne rajouta rien. Le jour où il aura la forme du dragon qu'il était censé être, ils reparleraient de qui est le meilleur dans les airs. Potter était en effet très bon sur un balai, seul un idiot affirmerait le contraire. Mais lui, il était né pour voler.

Le reste de la journée se déroula doucement, ou plutôt, très, très, lentement. Blaise dormit presque jusqu'à la tombée de la nuit. Ils n'avaient pas voulu revenir sur le plan qu'ils avaient élaboré chez Eleana sans lui, aussi ils n'arrivaient littéralement rien à faire. Hermione, fidèle à elle-même avait fini par se plonger dans un livre. Elle leur avait proposé de jouer au échec ensemble, où à un quelconque autre jeu, chose dont aucun des deux n'avaient envie. Seulement, Potter fut le premier à refuser, et pour le simple plaisir de le contredire, ainsi que pour entretenir cette rivalité compétitive qui avait toujours existé entre eux, Drago le provoqua en insinuant qu'il avait peur de perdre. Aussi, ils se lancèrent dans une partie d'échec version sorcier. Rapidement, Drago prit l'avantage. Mais après quelques autres coups, il réalisa que Potter avait anticipé son impatience et tous ses déplacements. Le jeu se retrouva donc être d'une difficulté bien supérieure à ce qu'il s'était imaginé. Heureusement pour sa fierté, une heure plus tard, il gagnait la partie.

Heureux de cette victoire, et néanmoins perturbé d'avoir apprécié jouer contre Potter, qui s'était révélé être un adversaire intéressant, Drago décida de sortir prendre l'air sur la terrasse. Ils étaient en milieu d'après-midi. Assit sur l'une des chaises, il fixait la vue avec insistance. Il avait tellement de chose à penser, tellement de questions, qu'étrangement, il ne pensait plus à rien. Jouer contre Potter autour de la table basse, avec Hermione plongé dans sa lecture juste à côté de lui, lui avait donné l'impression d'être dans un autre monde. Comme si, le temps de la partie, le monde s'était arrêté de tourner. Ils n'avaient tous été que des jeunes adultes normaux passant un moment normal… presque agréable. La partie d'échec avait occupé toute sa tête, et semblait également l'avoir détendue, autant que la présence d'Hermione à ses côtés sur le canapé.

Puis il réalisa qu'il pouvait faire ce dont il avait envie. Jusqu'à ce que Blaise sorte du lit, il était dans la possibilité de céder à ce désir qui le tiraillait depuis un moment. Il n'avait pas apprécié le vol lorsqu'il avait secourut son ancien camarade, mais maintenant, il le pouvait, il en avait le temps et l'occasion. Soudainement euphorique à cette idée, il se changea en aigle, forme qu'il appréciait particulièrement lorsqu'il s'agissait de planer et profiter du ciel.

Ses puissantes ailes battaient l'air dans des mouvements réguliers pour rester à la même altitude. Il marquait un grand cercle au-dessus du lac, ses yeux plissés n'accrochant jamais à rien, comme son esprit qu'il laissait voguer au rythme du vent sur ses plumes. Il se sentit libre, et la seule chose qui manquait pour que son bonheur soit complet, n'aimait pas voler et était actuellement trop occupée à lire. Lorsqu'il revint se poser, Potter l'attendait sur une chaise, les bras croisés et les yeux fermés, le visage face au Soleil. Soudainement moins heureux, il n'avait pas remarqué sa présence avant. Il fit exprès de cacher le Soleil au brun avant de se poser et reprendre sa forme normale.

-Malefoy, je peux te demander quelque chose ? Lâcha Potter avant qu'il n'ait eu le temps de filer.

Drago poussa un soupir exagéré mais hocha néanmoins la tête de manière positive. Le binoclard plissa les yeux derrière ses lunettes avant de rajouter :

-Et est-ce que tu vas me répondre ?

-Rien n'est moins sûr, Potter. S'amusa Drago en lui répondant de sa célèbre voix traînante.

-Hermione m'a rapidement parlé de ce qu'il y avait eu avec les loup-garous mais j'ai l'impression qu'elle ne m'a pas tout dit. Je lui ai demandé ce qu'elle avait prévu au cas où ils nous attaquaient pas surprise ce soir, et elle n'a pas arrêté de me dire que tout irait bien. Parla Potter d'une voix très sérieuse, qu'il ne lui connaissait pas. Donc ma question est : est-ce que toi, tu envisages la possibilité d'une attaque ? Et si oui, qu'est-ce que tu as prévu pour s'en sortir en vie ?

Quand Potter cessa de parler, Drago eut tout d'abord envie de lui donner un coup de poing. La bulle dans laquelle il s'était retrouvé en volant avait explosé brutalement sous les mots du balafré. Le retour à la réalité était aussi brutal qu'indésiré. Mais il n'en fit rien, et tout au contraire, réfléchit très sérieusement à la question de Potter, qui aussi malvenue qu'elle soit, restait très pertinente et méritait toute son attention.

-Je pense qu'elle t'a menti, Potter. Finit-il par répondre avec son petit sourire en coin, les mains glissées dans ses poches. Elle a certainement envisagé cette possibilité, et même élaboré un plan. Seulement, si elle l'a placé dans les derniers, genre « plan T », et que d'après ses statistiques les possibilités d'une attaque sont faibles, alors elle part du principe que tout ira bien.

Il laissa à Potter le temps de comprendre, et il fut surpris de n'avoir une remarque sur « ô combien il la connaissait et la comprenait bien ». Le Griffondor se contenta d'hocher la tête lentement. Drago s'assit lui aussi, afin de répondre à sa question. Il avait remarqué que Potter était extrêmement sérieux, et qu'il ne s'inquiétait pas pour sa vie, mais pour celle d'Hermione. Il voyait qu'il avait mis toute sa fierté de côté pour venir lui parler, et la peur de la perdre qu'il voyait dans ses yeux reflétait étrangement la sienne. Perturbé par ce constat, et voyant qu'il avait oublié de répondre, Potter crut bon de rajouter :

-Malefoy, si tu as prévu quelque chose en cas de problème, je suis prêt à faire n'importe quoi pour t'aider à la sauver. Hermione c'est… plus que ma meilleure amie, c'est une vraie sœur, c'est la seule personne sur qui j'ai toujours pu compter, peu importe la situation. Et je n'ai pas su être là pour elle comme j'aurais dû le faire en retour. Mais aujourd'hui je peux l'être, alors s'il-te-plaît, Malefoy, ne m'en empêche pas.

A ces mots, Drago vit Potter d'une tout autre façon. Il avait beau avoir utilisé un ton neutre, et tenté de garder un visage impassible, il avait vu dans ses yeux tant de regrets, de culpabilité et de sincérité, qu'une fois de plus, Drago fut incapable de dire un mot. Les paroles de Potter faisaient échos à celles qu'il avait lui-même prononcées après qu'Hermione lui ait parlé de Weasley. Et son expression, tout comme son regard sur Potter, laissait facilement deviner ses pensées.

Non. Clairement, il n'allait pas empêcher Hermione de retrouver Potter. Parce que ce n'était pas pour la bonne conscience de Potter qu'il allait faire ça. Mais bien parce qu'elle, elle avait également besoin de renouer avec lui. Il le savait, il l'avait encouragé lui-même à saisir cette seconde chance. Mais en dehors de ça, son malaise venait du fait que la décision n'avait pas du tout été dur à prendre. Alors qu'il aurait pu se moquer, où faire bien d'autre chose désagréable, il n'avait même pas pensé à le faire et il s'était sentit… presque touché, par ce qu'il avait dit. L'idée même que Potter puisse atteindre ses sentiments le révulsait, mais puisque cela concernait avant tout Hermione, la chose n'était pas non plus si dure à envisager.

Il demanda à Potter de répéter ce qu'il savait sur la meute, chose qu'il s'empressa de faire. Drago soupira et jeta un regard à travers la baie vitrée. Hermione était toujours dans son fauteuil, et le gros livre qu'elle lisait cachait totalement son visage. Le blond se tourna de nouveau vers son interlocuteur, qui le regardait toujours avec cette même lueur d'inquiétude dans ses yeux verts.

-En fait, elle ne t'a juste pas dit pourquoi Zéhan nous a attaqués. Constata-t-il d'une voix neutre.

-J'ai crus comprendre que c'était parce qu'il ne t'aimait pas. Répondit Potter en gardant son air sérieux. Qu'il est un peu impulsif et tu l'avais provoqué.

Drago leva les yeux en ciel.

-C'est un peu plus compliqué que ça. Expliqua-t-il d'une voix lente. En fait, il aurait appris à la suite de ne je sais quel rituel, qu'Hermione était destiné à vivre avec un animal sauvage. Et, il s'imagine donc qu'ils finiront leur vie ensemble. Mais il ne la voit en réalité presque jamais, et un jour j'ai accompagné Hermione le voir, plusieurs semaine après qu'elle m'ait fait évader. Comme il ne m'avait jamais vu et que c'était ma première vraie sortie après mon emprisonnement, on peut dire qu'Hermione avait un comportement assez protecteur. Du coup il m'a directement considéré comme un rival, où je ne sais quoi, en plus du fait que c'est un futur mâle dominant d'une meute de dégénéré et que naturellement, il cherche à dominer les autres. Je ne fais que répondre à ses provocations.

Il ne tut et échangea un regard entendu avec Potter. Le brun avait l'air d'avoir déjà son propre avis sur le loup et il sembla croire Drago sur parole. Il n'y avait aucune trace de doute sur son visage ou dans ses yeux, ce qui encouragea le blond à continuer de parler.

-Comme tu le sais, il est venu lui demander de l'aide pour retrouver son frère et tu sais aussi comment ça à finit. Mais contrairement à ce que tu as l'air de croire, quand il l'a fait, on n'est pas parti partit immédiatement, seulement une semaine plus tard. Et à la base, Hermione voulait partir seule. Mais je suis parti avec elle, et l'autre con, qui ne devait pas venir non plus, est venu quand même aussi. Et quand il m'a vu, il a… dit certaines choses, et je l'ai frappé. C'est très certainement pour ça qu'il nous a attaqués, parce que j'étais le seul visé dans l'attaque, c'était une vengeance.

Potter le regardait avec des yeux ronds. Et sous la surprise il voyait quelque chose qui ressemblait à de l'admiration.

-Tu as frappé un loup-garou alors que tu le savais à quelques mètres de sa meute ? Demanda-t-il avec hébétement.

-Ce type est un gros con, tu le verras par toi-même ce soir. Répondit simplement Drago en tournant distraitement la tête perturbé par cette vision que Potter lui offrait. Il fallait que quelqu'un le fasse taire et elle, elle n'allait certainement pas le faire.

-Mais qu'est-ce qu'il disait ? Ne put se retenir de demander Potter avec curiosité.

Drago n'osa pas le regarder lorsqu'il répondit. Assez surpris d'ailleurs de ne même pas se poser la question s'il devait dire la vérité ou non.

-Il allait insulter Hermione de quelque chose, articula-t-il douloureusement en fermant les yeux, que j'ai moi-même bien trop souvent prononcé. Quelque chose qu'elle a de gravé dans la peau, qui la blesse physiquement lorsqu'elle l'entend. Et je n'allais certainement pas la laisser avoir mal parce que ma tante était une sadique et que ce mec est un enculé qui ne cherchait qu'à me provoquer.

Potter blanchit immédiatement. Son visage se décomposa et ses lunettes glissèrent sur son nez.

-Elle te l'a dit ? Chuchota-t-il comme s'il avait peur qu'elle l'entende.

Drago ne répondit pas. De toute façon, la question était rhétorique. La réponse avait été donnée juste avant.

-Pour te répondre Potter, si l'on n'a pas un mauvais comportement, il n'y a pas de raison que l'on soit victime d'une attaque ce soir. Dit-il après un court silence. Séléné, la petite fille qui sait ce que je suis, sera là ce soir, et son autorité équivaut celle de leur chef à ce que j'ai pu en voir. Elle ne les laissera pas nous faire de mal tant qu'elle le pourra. Mais puisque je déteste ce clébard plus que je ne t'ai jamais détesté, Potter, j'ai quand même mon plan d'urgence. En hippogriffe je peux vous porter tous les trois. Pas bien longtemps, mais assez loin pour nous mettre à l'abri le temps de transplaner, où de revenir ici. Si tu veux m'aider Potter, il faudra que toute la soirée, tu sois sur le qui-vive. Mais il ne faudra que personne ne le remarque, il faudra vraiment que tu utilises l'occlumencie pour te vider la tête et pouvoir capter le moindre élément suspect tout en éveillant aucun soupçons. Continua-t-il en le regardant dans les yeux.

« Je suis aussi legilimens, je saurais te prévenir si l'on met le plan à exécution. Je sais que tu es nul là-dedans Potter, nous avons eu le même professeur, et crois-moi, le problème viens de toi. Mais ce n'est pas uniquement de ta faute, ce n'est pas quelque chose de facile que tout le monde peut réussir. Drago se surprit à constater qu'il n'y avait aucune moquerie dans sa voix, et qu'il le pensait sincèrement. Je vais être honnête Potter, je n'ai aucune idée de ce qu'il va se passer ce soir, mais la première chose qu'il faudra que tu fasses en cas de problème, c'est forcer Hermione à monter sur mon dos, quitte à l'assommer. Tu monteras sur mon dos avec elle et tu as intérêt à faire en sorte que rien ne l'atteigne. J'attraperais Blaise de la même manière que ce matin et on filera le plus loin possible. Juste, la dernière fois, on a eu de la chance, Séléné m'avait prévenue et je ne sais pas comment elle a pu le savoir. Je ne pense pas non plus que ce soit un piège, mais si c'est le cas, notre seule chance est d'être plus rapide qu'eux.

La conversation avec Potter continua jusqu'au réveille de Blaise, dont les bruit mirent fin au sérieux qui avait pris place entre eux. Ils avaient parlé de quelques détails du plan, et avait envisagé plusieurs manières de de protéger Hermione avant quiconque. Drago avait était sincèrement étonné de pouvoir avoir une telle conversation avec lui. Potter s'était vraiment montré à lui comme le frère d'Hermione. Aussi dévoué et inébranlable que lui. Il n'avait émis aucun jugement sur tout ce qu'il avait dit sur elle et l'étrange détermination qu'il avait à la protéger, ni la menace qui planait dans sa voix à chaque fois qu'il évoquait le fait que quelqu'un puisse s'en prendre à elle. En fait, Potter n'avait même pas eu l'air de penser à le faire. Il avait été sur la même longueur d'onde le temps de cette conversation. Drago s'était même surpris à penser qu'il aurait très bien pu dire au milieu de la conversation qu'il aimait la brunette et qu'ils s'embrassaient très régulièrement, le brun l'aurait pris avec un calme olympien et un recul presque professionnel. Mais évidemment, il ne l'aurait jamais fais, sous aucun prétexte.

Ce qu'il avait dit à Potter n'avait pas été pris à la légère. Et par là, il faisait référence à leur première conversation. Si, comme lui, il ne pouvait s'empêcher de lui jeter de petits piques, Potter semblait l'avoir pris au sérieux quand il lui avait dit avoir changé. Et le plan qu'ils avaient perfectionné ensemble lui amenait la preuve que Potter ne prenait pas les choses à la légère, et surtout, qu'il lui faisait confiance. Ce qui en vérité, avait quelque peu perturbé le blond.

Ils étaient retournés à l'intérieur et attendaient sur le canapé, sans un mot, sans un regard, qu'Hermione revienne de la cuisine avec le thé qu'elle était allée préparer. Blaise avait réquisitionné la salle de bain, et une demi-heure après, il en sorti avec des vêtements qu'il s'était apparemment approprié dans les tiroirs de Drago. Ce dernier lui jeta d'ailleurs un œil mauvais quand il le remarqua.

-Granger, tu laves les fringues avec du miel ? Demanda l'italien le rejoignant, la tête enfoncée dans le col pour sentir le tissu.

-Du savon de Marseille. C'est l'adoucissant qui est au miel. Répondit-elle avec un naturel déconcertant.

-La quoi ? Dit-il en fronçant les sourcils, ignorant totalement le regard assassin du blond.

-L'adoucissant. C'est moldu. Ça se met dans la machine à laver, comme la lessive. Répliqua-t-elle comme s'il venait de lui demander la couleur du ciel.

Relativement amusé de l'attitude d'Hermione, Drago multiplia cependant ces regards noirs en direction de Blaise. Ce dernier n'avait pas l'air d'avoir compris un mot, et il se laissa tomber entre l'accoudoir et le blond, qui lui donna un coup de coude dans les côtes quand il se décala, tant Blaise s'était collé à lui pour prendre sa place. Le métis eut un petit hoquet de surprise mêlé à de la douleur, mais il retrouva bien vite son sourire.

-Et sinon, on doit y être à quelle heure déjà ? Demanda-t-il en les regardant tous les trois avec sournoiserie.

-Zéhan viendra nous prévenir parce qu'il n'a rien dit. Lui répondit la brune avant d'avaler une gorgée du liquide fumant.

-Et…

-Zabini, l'interrompit la jeune fille en reposant rapidement sa tasse, tu as l'air de prendre tout ça à la légère et ça ne me plait pas du tout. Je te préviens, si tu n'arrêtes pas immédiatement de te comporter comme un gamin à un goûter d'anniversaire, tu vas nous attendre ici. Tu as dû remarquer qu'on est passé par un labyrinthe noir pour venir, il faut le retraverser pour sortir. Sans moi tu ne trouveras pas la sortie et tu y mourras, alors je te déconseille de me contrarier

-Blaise, ajouta Drago avant qu'il n'ait dit un mot, tu ne veux pas tout simplement rester là ? Proposa-t-il d'un ton dégagé, priant pour qu'il accepte et rende ainsi les choses plus simples.

-C'est très exactement ce que j'allais demander ! S'exclama joyeusement Blaise. Si vous pouvez vous passer de moi, je préfèrerais ne pas passer ma soirée au milieu des loup-garous qui ont voulu me tuer ce matin!

Drago retient un soupir de soulagement et Potter gigota, apparemment lui aussi préférait cette alternative. Et cela rendait leur plan plus simple.

-Mais c'est lui qui en sait le plus sur ton père Drago, objecta Hermione en fronçant les sourcils en direction du blond.

Le tout, s'était de la jouer finement. Elle ne devait pas soupçonner que lui, envisageait le pire.

-Il n'est que dix-sept heure, il a le temps de nous en raconter assez pour ouvrir les premières négociations. Lui répondit le blond en pesant ces mots. Ils se sentiront moins envahis si nous ne sommes pas tous là, d'autant plus que Blaise est à leurs yeux un Suprême.

-D'ailleurs, ils ne savent toujours pas que c'était moi. Fit remarquer Potter d'un ton grave.

Hermione fronça les sourcils.

-Pourquoi on ne parle de tout ça que maintenant ? Demanda-t-elle aux trois garçons autour d'elle avec perplexité.

-Parce que tu n'y avais pensé ? S'étonna Drago en la regardant dans les yeux.

-Bien sûr que si, je pensais juste que c'était évident. Répondit-elle en haussant un sourcil.

Le même soupir exaspéré sortit de la bouche de Drago et Potter. Qui en disait long sur le nombre de fois où ils avaient entendu cette phrase, et ô combien ils priaient pour l'entendre le moins possible. C'est un regard presque complice, par surtout étonné qu'ils échangèrent et Blaise leva les yeux au ciel.

-Très bien, alors peut-on savoir ce qu'il se trame dans le cerveau de miss je-sais-tout ? Railla l'italien avec un certain amusement.

-Harry repend du polinectard, et s'il se trouve que l'on peut leur faire confiance, il n'en reprendra pas dans la soirée et montrera qui il est. Et je pensais qu'on irait tous les quatre. Dit-elle d'un ton sec.

Le débat s'étendit sur au moins une heure. Les alliances changeaient au fils des remarques plus ou moins pertinentes. Drago et Blaise était pour que le dernier reste sur place et si Hermione était contre, Potter ne donna pas son avis. Puis Drago proposa que Potter reste avec Blaise, Hermione fut soudainement d'accord, mais les deux intéressés s'unirent pour protester. Lorsque toutes les tasses furent vide, Hermione retourna leur chercher à boire en disant qu'ils avaient besoin d'un apéro, et si Blaise et Potter était encore en pleine argumentation entre eux, sans vraiment faire attention à ce qu'elle faisait ou disait, Drago la soupçonna de préparer quelque chose.

Il fit mine ne rien, mais lorsqu'elle revient, son attitude lui confirma ses doutes. En encore une fois, il fut bien le seul à remarquer son manège.

-Bon, dit Hermione en coupant la parole la Blaise lorsqu'elle revient avec un plateau entre les mains, il faut qu'on arrête de tous parler en même temps sinon on ne pourra jamais se mettre d'accord. C'est moi qui vais prendre la parole la première et pour être sûr que vous ne parlerez pas, vous allez tous très gentiment boire votre verre. Blaise je t'ai fait un whisky soda, si tu ne connais pas tu gouttes, Harry j'ai ta bière à la citrouille préféré, et Drago je t'ai fait un thé à la framboise avec du sirop d'érable. Maintenant vous la fermez et vous écoutez !

Elle avait utilisé un ton tellement autoritaire et sévère, que les trois garçons pensèrent exactement la même chose : elle avait fait une parfaite imitation de la voix de McGonagall. Et aucun d'entre eux n'eut envie de contrarier ces deux yeux marron aussi effrayant qu'intimidant. Potter et Blaise saisirent rapidement leur verre respectif avant de boire goulûment, le débat leur ayant apparemment asséché la gorge. Drago retardait son tour en soufflant sur son thé trop chaud. Hermione parlait, mais il ne l'écoutait pas, à l'inverse des deux autres. Il guettait leur réaction.

Et il n'eut pas longtemps à attendre, car quelques secondes après, Potter tomba en arrière dans les coussins en se renversant sa bière dessus, alors que Blaise s'effondrait sur les genoux de Drago après avoir fini son verre cul sec, ayant apparemment aimé ce mélange inconnu. Seulement à moitié surpris, le blond le regarda avec amusement avant de poser sa tasse sur la table et se pousser l'italien qui s'écoula au sol lourdement.

-Je savais que tu avais mis un truc dans les verres. Ne put se retenir de se vanter le blond en la regardant dans les yeux, avec un petit mouvement de tête en direction de sa tasse posée sur la table. Tu peux être vraiment fourbe quand tu veux. Rigola-t-il avec espièglerie.

-Oh mais tu peux le boire ton thé ! Répliqua-t-elle l'ai étonné en attrapant la tasse pour en boire une gorgée pour preuve. Je n'ai rien mis dans le tien.

-Je peux savoir ce qui t'as pris ? Demanda Drago avec un large sourire lorsqu'il regarda Potter glisser de sa place jusqu'au sol lentement.

La jeune fille se leva précipitamment pour faire léviter Potter jusqu'à son propre lit, et Blaise jusqu'à celui de Drago avant de lui répondre. Il ne comprenait pas vraiment ce qui lui prenait, mais il n'allait pas s'en plaindre. Ne pas avoir Potter et Blaise dans les pattes quand ils seraient au milieu des loups était pour lui un avantage. D'autant plus que sans eux, les risques que la soirée tourne mal étaient réduit.

-Parce que ce que tu as dit tout à l'heure était très pertinent. Avoua finalement Hermione en revenant s'asseoir après avoir pris son chat dans les bras.

-Précise de quelle partie tu parles, tout ce que je dis est pertinent. Commenta distraitement Drago en buvant son thé avec un intérêt totalement feint pour le liquide.

Elle ricana tout en grattant les oreilles de son animal qui se mit à ronronner bruyamment.

-Si seulement c'était vrai. Railla la brunette avec provocation. Mais je parlais de ce que tu as dit quand tu as proposé qu'ils restent ici et qu'on y aille que tous les deux. Ils ne connaissent rien des loups, la meute ne les as jamais vu et vos trois odeurs ensembles, surtout si vous avez peur ou que vous êtes en colère va forcément déclencher des tensions. Ce qui m'a fait penser que je suis en quelque sorte protégé par mon accord avec le chef et le fait que Zéhan me veut. Quant à toi, Séléné ne te laissera jamais mourir, et je crois que Louhan non plus. Je ne voulais pas être aussi méfiante, mais il est vrai que Blaise fait partit de ceux qui les ont attaqué, et Harry… Elle baissa les yeux. Je ne veux pas qui lui arrive quelque chose à cause de moi. Je n'avais pas envie de contrarier Azenghan, qu'il pense qu'ils aient refusé son invitation ou qu'ils aient eu peur… Mais… Elle releva les yeux vers Drago. Tu penses que je n'aurais pas dû ?

-Je ne pense rien du tout. Hormis le fait que lorsqu'ils se réveilleront, je te laisserais leur expliquer que tu as fait ça te ta propre initiative, et que je n'y suis pour rien. Dit-il d'un ton dégagé. Je ne m'en mêlerais pas.

Mais il pensait surtout, et principalement le fait que Zéhan ne l'aurait jamais. Et que s'il entreprenait quelque chose, il le démolirait dans procès. Elle était à lui. Cet immonde connard ne poserait jamais rien de plus que les yeux sur elle, il s'en était fait le serment. Mais tout ça, il le garda bien au chaud pour lui-même.

-Tu parles, il suffira d'une menace de Blaise pour que tu te mettes à grogner. Se moqua la jeune fille en pouffant de rire.

-Mais je ne te protègerais pas de Potter. Contra Drago avec un petit ton sadique qu'il regretta aussitôt.

-Il va m'en vouloir c'est ça ? Demanda-t-elle d'une petite voix son visage s'étant brusquement décomposé. J'ai encore tout gâché, pas vrai ? Ajouta-t-elle alors que sa voix commençait à trembler.

Son chat senti apparemment sa tension et sa tristesse car il jeta un regard assassin à Drago avant de réconforter Hermione à grand coup de langue.

-Mais non, il comprendra. Tenta de la rassurer Drago d'une voix douce.

Ses yeux brillaient de plus en plus et il devinait qu'elle allait bientôt pleuré.

-Tout à l'heure, quand j'ai parlé avec lui, il m'a dit qu'il était prêt à t'assommer pour pouvoir m'aider à te sauver si jamais les loups nous attaquaient ce soir. Rajouta-t-il avec une pointe d'amusement dans la voix. Je suis plus que certain qu'il comprendra Hermione, il va faire un peu la gueule ça c'est sûr, mais ça durera pas.

Elle n'eut l'air qu'à moitié rassuré.

-Je suis une amie horrible ! S'écria-t-elle subitement en prenant sa tête entre ses mains.

Il mit un petit moment à la convaincre que non. Il mit encore plus longtemps à la convaincre de ne pas réveiller les garçons. Et il ne compta plus le nombre de minutes qui s'écoulèrent avant qu'elle n'accepte de partir sans eux, alors que c'était sa propre décision. Il avait fallu, pour la rassurer, qu'elle laisse une petite lettre à son ami pour lui expliquer pourquoi elle avait fait ça, et qu'il ne devait surtout pas essayer de les rejoindre et cetera, et cetera… Pourtant, quand il lui posa la question, elle lui apprit qu'avec la dose de somnifère qu'elle avait mis dans leur verre, ils n'étaient pas censés se réveiller avant le lendemain matin. Il la laissa néanmoins faire sa crise en se contentant d'hocher vaguement la tête lorsqu'elle cherchait à savoir si elle agissait correctement, alors qu'il ne faisait même pas attention à ce qu'elle faisait pour rendre leur sommeil plus confortable.

Une fois en bas des escaliers, Drago attrapa la main d'Hermione et glissa ses doigts entre les siens. Il la vit sourire du coin de l'œil et elle exerça une petite pression sur la main du garçon. Mais il sentait surtout à quel point elle était tendue. Il sentait son angoisse, son appréhension. La Lune venait d'apparaître dans le ciel. Le vent s'était levé, soufflant en rafales, ébouriffant les cheveux de la brunette. Lorsqu'ils arrivèrent au bout de la rivière, avant de passer par le sas noir magique, elle s'arrêta et le força à faire de même.

-Drago, promet-moi que ce soir tu resteras calme. Dit-elle en le fixant dans les yeux.

-Parce qu'il y a une raison pour que je ne le reste pas d'après toi ? Lui demanda-t-il en lui rendant son regard sérieux.

-Oui… Non… Je ne sais pas, c'est possible. Bafouilla la jeune fille. Enfin, tu dois bien te douter que Zéhan va te provoquer ce soir… ?

-Evidemment.

-Alors ne t'énerve pas, d'accord ?

-A une condition. Chantonna-t-il d'une voix amusée.

-Laquelle ? S'informa Hermione en prenant une air méfiant.

-S'il dit la moindre chose pouvant m'énerver, je veux que tu t'assures que je ne m'énerve pas… Chuchota-t-il en se penchant vers elle.

-C'est-à-dire ?

-Et bien par exemple des paroles rassurantes, des mots doux… Susurra Drago en approchant encore plus son visage du sien.

-Mais…

-Voyons Granger, ce serait dommage que je m'énerve en plein milieu d'un repas entre si bons amis… Ricana-t-il en lui coupant la parole.

Elle fit brusquement un pas en arrière. La bouche entrouverte d'indignation.

-Mais c'est du chantage, Malefoy ! S'exclama-t-elle d'une voix aiguë

-Je dirais plutôt que je profite de la situation. Admit très volontiers le blond en lui souriant avec innocence. Ce n'est pas vraiment du chantage.

-Et si j'impose une condition moi aussi ? Fit la brunette en croisant les bras.

Drago prit une petite moue boudeuse pour répondre.

-Et bien j'imagine que je dirais que tu profites également de la situation… Marmonna-t-il en constatant qu'Hermione avait définitivement des qualités de Serpentards, à savoir la fourberie, ce qui n'était pas pour lui déplaire.

Ils passèrent donc un petit contrat qu'ils scellèrent d'abord d'une poignée de main, puis par un bisou volé de Drago à Hermione. C'est aux plus grands regrets du garçon qu'ils repartirent, laissant ce court instant de pure et parfaite complicité alléger leur état d'esprit. Ils franchirent la protection main dans la main, et aussitôt la tête de Zéhan sauta aux yeux du blond qui raffermit sa prise sur les doigts de la jeune fille.

-Où sont vos petits-amis ? Demanda immédiatement le loup-garou avec méfiance.

-L'un dormait encore, et l'autre ne voulait pas le laisser seul. Répondit Hermione de sa phrase pré faite.

-Comme c'est mignon. Railla-t-il en passant une main dans ses cheveux noirs, comme pour se donner un air désinvolte. C'est votre couple d'amis ?

Hermione lâcha la main de Drago pour pointer un doigt menaçant en direction du loup.

-Ecoute-moi bien Zéhan : Drago et moi ne sommes pas ensemble. Articula-t-elle lentement. Et quand bien même se serait le cas, tu n'aurais strictement rien à en dire. Avant que vous ne vous rencontriez, je pensais que toi et moi étions amis. Mais puisque depuis, t'as décidé de te comporter comme un véritable connard, non seulement avec lui mais en plus avec moi, allant même jusqu'à m'insulter pour le provoquer, j'ai vite compris que non, nous n'étions pas amis. Alors maintenant, plus que jamais, tes remarques, tu les gardes pour tes potes de meute lorsque vous vous entre chercherez les puces, et tu nous fous la paix. Moi aussi je peux être blessante et pas seulement physiquement, je te déconseille fortement de me chercher ce soir !

Sur ces mots, elle passa à côté de lui en le poussant d'un coup d'épaule, et elle partit à grands pas. Drago la suivit comme son ombre, sans émettre le moindre son. Mais intérieurement, il était en train de construire un autel à la gloire d'Hermione devant lequel il se prosternerait. Avec des peintures, des figurines et des chants à son effigie, ainsi que des bougies et des offrandes pour sa très nouvelle Déesse.

« Ô Merlin, que je t'aime ! ». Ne put s'empêcher de penser Drago, absolument hilare mentalement parlant, puisqu'extérieurement, il n'en était rien.

« Laisse Merlin en dehors de ça, tu veux ? Toute la gloire me revient. ». Répliqua la jeune fille d'un ton cassant.

Il manqua un sursaut de surprise, mais se retient à temps. Il n'avait pas prévu qu'elle l'entende. Heureusement qu'il n'avait pas dit explicitement que c'était d'elle qu'il parlait, elle qu'il aimait. Il avait vraiment eu de la chance. Hermione marchait très vite, la tête dans les épaules et les poings serrés, marmonnant des paroles sans queue ni tête. Drago, à ses côtés, jubilait littéralement qu'elle l'ait non seulement remit à sa place, mais qu'en plus elle lui ait dit de la fermer. Et il devenait clairement difficile de cacher à quel point il se sentait amusée. A son plus grand bonheur, Zéhan marchait derrière eux, en fermant effectivement sa grande gueule de loup, et ne voyait donc pas le petit sourire de contentement qui lui décorait le visage.

Quand ils passèrent la rivière, ils prirent tous les trois une forme animal. Et Drago choisit avec grand soin le sien. Il remarqua immédiatement la lueur amusée et agacée dans le regard d'Hermione lorsqu'il avança à ses côtés, le loup maintenant à la tête du groupe. Il avait déjà pris cette forme, une fois. La toute première fois. Il était étrangement à l'aise dans ce corps, malgré qu'il soit l'emblème de la maison rivale à la sienne. C'était agréablement plaisant d'être un lion, lorsqu'il avait sa lionne avec lui.

Tout en avançant toujours plus profondément dans les bois, forçant ses yeux à s'adapter à l'obscurité, Drago jeta un petit coup d'œil en arrière. Il avait l'étrange sentiment d'être observé mais il n'y avait aucun bruit, personne.

Lorsqu'ils arrivèrent à la limite du camp, Louhan les attendait, appuyé contre un arbre, en aiguisant un poignard dans des gestes professionnels. La louve aux allures d'amazone les toisa d'un œil réprobateur.

-Vous ne vous êtes même pas changés. Dit-elle d'un ton de reproche.

Drago n'avait rien vu de particulier sur Zéhan, ou peut-être n'avait-il simplement pas regardé, mais il l'avait directement remarqué sur elle. Elle-même avait fait un effort. Elle n'était pas nue. Elle était habillée. Enfin, à sa manière. Elle portait quelque chose qui, dans la forme, ressemblait vaguement à un maillot de bain une pièce. Fait de cuir, le vêtement cachait sa poitrine, une bande passait au milieu de son ventre, cachant son nombril, et finissait en une sorte de culotte-short. Des griffes ornaient le décolleté inexistant. Des épaulettes en métal ornaient ses épaules et des genouillères surplombaient des sandales aux lanières de cuir qui grimpait sur ses mollets. Elle portait aussi une ceinture à laquelle pendait le fourreau du poignard et une petite pochette fermée. Et elle s'était même coiffée. Tressé de cette manière, ces cheveux lui arrivaient jusqu'en bas du dos. Elle était particulièrement belle, son corps et son visage aux traits parfaits ainsi mit en valeur.

Hermione baissa la tête pour regarder ses vêtements par réflexe, avant de sortir sa baguette. Elle changea d'abord les vêtements de Drago. Sa cape noire devint bleu marine, son jogging noir devint en toile également bleu marine. Son t-shirt devint une chemise blanche et son pull une veste en cuir. Il retient de peu un sifflement admiratif devant la magie qu'elle venait d'utiliser. Si sa tenue avait totalement changée d'apparence, physiquement, sur sa peau et dans sa manière de se mouvoir, il ne sentait aucune différence. Elle avait réussi à conserver les propriétés de ses anciens vêtements, beaucoup plus pratique en cas de combat. Et, alors qu'il n'aurait pas dû l'être après tout ce qu'elle avait déjà prouvé, ce petit détail l'impressionna.

Il la regarda métamorphoser les siens. Et quand elle eut terminé, s'il avait trouvé Louhan particulièrement belle, elle n'était clairement pas à la hauteur d'Hermione. Leur beauté n'était de toute façon pas comparable. Louhan était une beauté froide, alors qu'Hermione dégageait quelque chose de bien plus fort, de doux, de pur. Et le plus beau était très certainement qu'elle n'avait aucune conscience de sa propre beauté. Il ne le savait pas, mais sa tenue était directement inspirée de Lara Croft. Elle avait changé son pull informe par un corset marron qui lui saillait la poitrine et la taille à merveille, avec des lacets à l'avant, par-dessus une chemise bouffante blanche rentré dans son pantalon en un faux cuir qui semblait élastique. Des bottes hautes à lacets lui montaient jusque sous les genoux. Elle n'avait pas touché à ses cheveux, mais elle était parfaite.

Son visage de petite fille avait pris une expression déterminée et elle tourna la tête vers Drago. Ce dernier manqua de peu l'arrêt cardiaque et remarqua juste avant l'évanouissement qu'il était en train de retenir sa respiration. Elle avait quelque chose d'encore plus sauvage que la louve, de plus féroce, de plus guerrière. Ses joues rouges et ses boucles emmêlées lui donnait l'air de sortir d'une bataille. Ses grands yeux en amandes brillaient dans le noir comme ceux d'un chat. Ou d'une lionne.

-Ça ira. Commenta distraitement Louhan en détaillant Drago d'un étrange regard.

Puis, elle se pencha pour ramasser quelque chose qu'elle jeta à son frère.

-Toi aussi, habilles-toi, on nous attends. Dit-elle à son attention. Pourquoi vous n'êtes que deux d'ailleurs ?

-Parce que celui qui a été blessé dormait encore et qu'on ne voulait pas le laisser seul. Répondit Hermione en modifiant en peu la réponse cette fois.

-Ah. Renifla-t-elle avec dédain. Et pourquoi tu ne parles pas toi ? Rajouta-t-elle sèchement à l'adresse de son frère.

Un sourire irrépressible s'afficha sur le visage de Drago alors que Zéhan finissait de s'habiller d'un short, qui ressemblait plus à une jupe. Le loup-garou ignora sa sœur après lui avoir jeté un regard hautain, puis snoba totalement le blond pour regarder directement Hermione.

-Ils nous attendront deux minutes de plus, il faut que je dise quelque chose à Hermione.

-Qui te dit qu'elle en a envie ? Ne put se retenir de pouffer Drago.

-Qui t'a dit d'ouvrir ta gueule toi ? Cracha l'abruti en lui jetant un regard noir.

-De l'ouvrir ? Personne. Par contre il me semble que toi, elle t'avait demandé de la fermer, ta grande gueule. Railla le blond en se mordant la langue pour ne pas rire trop fort.

Le loup se fit craquer les doigts et avança d'un pas menaçant vers Drago. Qui, les mains dans les poches, haussa un sourcil d'amusement. Avant qu'il n'ait pu faire quoi que ce soit, les deux filles avaient pris place devant lui, faisant bouclier de leur propre corps. Et c'était bien parce que c'était ce gros con et qu'il savait que Louhan serait la première à réagir, qu'il laissait Hermione faire ça.

-Pour te répondre, Louhan, dit Hermione d'une voix glaciale, ton adorable frère, en plus de m'insulter pour le plaisir de faire chier Drago, s'amuse à se foutre de la gueule de tous ceux qui m'entoure. Contrairement à beaucoup de monde, je ne vous juge pas sur ce que vous êtes ni comment vous vivez comme on ne reproche pas un centaure d'être ce qu'il est. Je juge les gens pour ce qu'ils sont à travers leurs actes, leurs mots, pour le comportement qu'ils ont avec moi. Et dernièrement Zéhan a vraiment eu un comportement détestable. Aussi, je lui ai dit de fermer sa gueule.

-Mon frère est détestable. Répondit simplement Louhan en détachant bien chaque mot.

-Depuis quand choisi de défendre les inconnus plutôt que ta famille ?! Gueula Zéhan en grimaçant étrangement de colère.

-Oh pitié tu ne vas pas me jouer la carte de la famille ! S'écria-t-elle en bombant le torse. Pas à moi ! Il s'agirait de n'importe qui d'autre, je te laisserais en faire son dessus de lit, mais non seulement le chef et les anciens les attendent, mais Séléné tient à ce garçon alors tu ne lui feras rien ! Granger ! Aboya-t-elle en tournant vivement la tête vers la brunette. Est-ce que tu veux lui parler où est-ce qu'on peut mettre fin à cette mascarade au plus vite ?

A la surprise générale, même pour Zéhan, elle accepta de lui parler deux minutes mais au regard qu'elle lança au loup avant de s'éloigner, il allait avoir du mal à se faire pardonner, si c'était ce qu'il voulait. Stupéfait, Drago les regarda s'écarter d'eux sans faire le moindre geste. Louhan recula d'un pas pour se mettre à sa hauteur.

-Dis-moi, tu ne comptes pas le provoquer toute la soirée ? Demanda-t-elle avec perplexité.

-Oh non, ne t'inquiète pas, moi je vais être très sage. Mais je compte sur lui pour ne plus me lâcher de la soirée, maintenant. Sourit sournoisement le blond d'un ton énigmatique, en voyant Zéhan courber l'échine alors qu'Hermione semblait hausser le ton.

La louve exprima son incompréhension par un regard blasé avant de se remettre à aiguiser sa lame. Effectivement, elle ne pouvait pas comprendre, puisqu'il avait cherché Zéhan pour s'assurer qu'Hermione remplisse sa part du marché, qu'ils avaient précédemment passé. Drago avait eu un peu peur que la mise en garde d'Hermione empêche le loup de le faire chier pendant la soirée. Même si cela l'aurait lui aussi libéré de sa parole envers elle, il voulait absolument qu'elle fasse ce qu'il avait demandé.

Quand ils revinrent, Zéhan regardait droit devant lui, le dos droit. Il se dirigea le premier vers les deux arbres marquant le passage. Hermione souriait largement, l'air de rien, un regard indéchiffrable. Louhan à sa côté abordait un air encore plus insondable. Voyant que Zéhan les attendait pour aller plus loin, et même s'il leur tournait le dos, Drago ne put s'empêcher de le faire.

Il passa un bras dans son dos en se pencha légèrement vers les deux femmes, souriant d'un sourire charmeur, en fixant Hermione dans les yeux. Il prit ensuite une de leur main dans chacune des siennes et déposa un baisé sur les deux. La brunette avait rougit et se mordillait la lèvre avec nervosité. Louhan ne semblait pas du tout blessé par le fait qu'il n'ait d'yeux que pour Hermione. Et tout au contraire, elle les regardait avec curiosité. Puis, elle eut son premier vrai sourire depuis que Drago l'avait rencontré lorsqu'il attrapa un bras aux deux femmes, comme s'ils s'apprêtaient à faire une entrée fracassante lors d'un quelconque dîner de la haute société.

Une veine palpitait furieusement sur le front de Zéhan lorsqu'ils firent irruption dans le camp. Lui devant, seul, suivit par Drago accompagné aux bras de celles qui devaient être les deux plus belles femmes de la soirée la plus étrange de sa vie, à ce qu'il pouvait en voir.

Séléné était déjà en train de pousser des gens dans la foule, pour de venir directement vers lui en courant, sa bouche rouge étiré en un grand sourire de dents de laits.

Et Zéhan avait l'air déjà au bord de l'implosion.

Oh oui, la soirée promettait d'être intéressante.