Bonjour,
Voici le 38ème chapitre. Une dernière fois, cette histoire se finit bien. Je vous le garantis. Et oui, je suis d'accord avec vous : Dean est un IMBECILE !
Merci de continuer à me lire, m'écrire, ... J'espère avoir répondu à tous vos messages sur le précédent chapitre mais j'ai eu quelques soucis d'ordinateur alors il est possible que certains m'aient échappés. Désolée ...
Bonne lecture et à jeudi
Sydney8201
Musique du chapitre :
Who wants to live forever de Queen
Chapitre 38 : La fin d'une année
« Au début, il est difficile de s'imaginer que la fin est proche. Et pourtant, elle l'est »
Anonyme
Pour Dean, il était difficile de s'imaginer qu'une nouvelle année venait de s'écouler. Une année qui lui avait semblé à la fois longue et incroyablement courte. Une année qui n'avait pas été simplement une année de plus ou une année de moins.
Le jeune homme n'avait jamais réellement pris le temps de réfléchir au temps qui passait. Il avait décidé tôt dans sa vie de ne pas s'en soucier. De vivre au jour le jour. De ne jamais pensé au futur et de ne se concentrer que sur le présent.
Bien sûr, en proposant de passer un contrat avec Castiel, il avait changé ses habitudes. Il avait pris en compte le temps comme un allié pour faire évoluer la vie d'une personne qui semblait ne plus avoir aucun espoir. Et en chemin, il avait lui aussi fini par réaliser qu'il était parfois agréable de savoir qu'un autre jour suivrait inévitablement celui qu'on vivait. Qu'un mois succédait à un autre.
Il avait réfléchi sur une période de temps. Sur trois cent soixante cinq jours et non plus uniquement sur l'instant présent.
Il avait pensé le faire pour se donner une dernière chance. Il avait ensuite pensé le faire uniquement pour Castiel. Aujourd'hui, il n'était plus tout à fait sûr de ce qui l'avait réellement motivé à proposer ce marché. Il n'était même pas sûr que cela ait une réelle importance.
Car tout avait considérablement changé durant cette année. Plus rien n'était comme avant. Dean l'avait compris rapidement. Il avait su assez vite que sa rencontre avec Castiel marquait un nouveau départ dans son existence. Il n'était pas sûr de ce qu'il en retirerait mais il était curieux. Depuis le début, il était curieux.
Et l'année touchait à sa fin. Quand Dean avait rencontré Castiel, ces douze mois lui avaient semblé représenter une éternité. Ils étaient terminés à présent. Et le moment du bilan était venu.
S'il prenait le temps de se poser et de réfléchir calmement à tout ce qu'il avait vécu et à ce qu'il en avait retiré, il ne pouvait pas nier qu'il allait mieux que douze mois plus tôt. C'était évident pour lui mais aussi pour tous les gens qui l'entouraient. Il avait compris qu'il pouvait avoir des choses à offrir à ce monde. Qu'il pouvait compter. Qu'il avait sa place. Il n'était plus le même homme. Il n'était pas foncièrement différent. Il avait le même humour. Il était toujours un ancien alcoolique et il continuait de fumer des joints quand il se sentait trop stressé. Il n'aimait toujours pas particulièrement les gens et il gardait cette envie de choquer le monde pour le pousser à ouvrir les yeux et à accepter la différence. Il restait insoumis et insouciant. Mais il avait également appris à aimer. Lui même tout d'abord. Puis ses amis. Il avait compris que vivre dans ce monde impliquait d'y trouver sa place. Il détestait l'idée de rentrer dans des cases. Mais il avait fini par admettre qu'il pouvait réussir à exister sans pour autant mettre de côté ce qui faisait de lui quelqu'un de singulier.
Tous ces changements, il les devait en grande partie à Castiel. Son ami l'avait guidé sur ce chemin sans même qu'il ne s'en rende compte. Il lui avait ouvert les yeux.
Dean n'était pas quelqu'un d'ingrat. Il savait se montrer reconnaissant. Bien sûr, par le passé, il avait toujours refusé les mains qu'on lui tendait pour l'aider. Avait toujours cru qu'il s'agissait là d'une preuve de faiblesse. Mais Dean l'avait forcé à changer d'opinion sur ce point. Il ne devait pas avoir honte d'être vulnérable. N'avait pas l'obligation d'être constamment fort pour qu'on l'apprécie. Il avait laissé tomber ses barrières. Il avait accepté de montrer l'homme qu'il était réellement.
Et Castiel l'avait aimé pour ça. Il était tombé amoureux du vrai Dean Winchester. Celui que le jeune homme détestait depuis qu'il était enfant. Il avait su voir ce qui se cachait derrière ses tatouages et ses piercing. Derrière son attitude provocatrice et son « je m'en foutisme » constant. Il était tombé amoureux de lui malgré tout.
Dean n'avait pas imaginé une seule seconde que cela soit possible. Il avait fini par accepter ses propres sentiments. Après avoir compris qu'il était amoureux pour la première fois de sa vie, il s'était résigné à devoir ignorer ses sentiments pour continuer à être l'ami de Castiel. Il ne s'était jamais autorisé à imaginer qu'il pourrait avoir plus.
C'était sans doute pour cette raison qu'entendre Castiel lui parler de ses sentiments l'avait autant déstabilisé. Il avait pris cela comme un coup de poing en plein estomac. Il lui avait fallu quelques minutes pour admettre que ce n'était pas un mensonge. Que ce n'était pas un rêve non plus.
Castiel était sincèrement amoureux de lui. Et il avait commencé à lui parler d'un avenir à deux. C'était quelque chose qui aurait probablement ravi quiconque n'avait pas son passif. Mais Dean n'était pas comme ces gens que l'idée d'une vie à deux comblait totalement.
Il croyait à l'amour. Il en avait été témoin suffisamment souvent pour savoir qu'il était possible d'être heureux en couple. Jess et Sam. Benny et Andrea. Ses parents. Ils avaient trouvé leur âme sœur et le bonheur qui en découlait inévitablement.
Mais il avait aussi vu l'amour détruire complètement les gens qui acceptaient de croire en lui. Son père n'avait pas surmonté la mort de sa femme. Il avait perdu une partie de lui même le jour où son cœur avait cessé de battre. Il avait sombré dans la dépression et dans l'alcool. Il avait perdu le goût de vivre. Jesse avait été détruit lui aussi par la perte des deux femmes qu'il avait aimées dans sa vie. Il avait surmonté son addiction à l'alcool mais s'était fermé à toute possibilité d'être heureux à nouveau. Il refusait de tenter sa chance une troisième fois.
Et Dean savait qu'il n'était pas aussi fort qu'eux. Il savait qu'à leur place, il aurait mis fin à ses jours. Il n'aurait jamais été capable de surmonter une telle épreuve et de tenter de se reconstruire. Le jeune homme savait combien l'amour pouvait être cruel et destructeur. Et il savait que pour lui, ce serait encore pire.
Dean croyait en l'amour. Il pouvait même croire au concept de l'âme sœur. Mais il savait que rien n'était éternel. Qu'il existait un risque. Et il se savait incapable de le prendre.
Si cela faisait de lui quelqu'un de faible, alors il était prêt à l'accepter. Il n'avait plus honte de le reconnaître.
Il savait toutefois que sa réaction n'était pas entièrement égoïste. Parce qu'il était également convaincu qu'il ne serait pas le seul à ne pas pouvoir se remettre d'un éventuel échec. Castiel avait beau avoir changé durant cette année, il restait lui aussi vulnérable. Il n'avait plus rien de l'homme désespéré qui était prêt à sauter d'un toit pour en finir avec la vie. Il avait repris goût à la vie. Mais il n'était pas entièrement guéri pour autant. Il avait encore du chemin à faire. Dean savait qu'une difficulté en chemin risquait de lui être fatale. Il estimait que son ami n'était pas non plus prêt à prendre ce risque.
Bien sûr, Castiel avait raison sur un point. L'un comme l'autre ne pouvaient pas assurer que tout se finirait mal. Il était possible qu'ils finissent leur vie ensemble. Qu'ils soient parfaitement heureux et que rien ne les sépare. Ils étaient peut être fait l'un pour l'autre. Deux âmes sœurs si toutefois cela existait vraiment.
Dean était conscient qu'il était peut être sur le point de passer à côté de quelque chose de merveilleux. De quelque chose de beau. Mais, même mieux depuis sa rencontre avec Castiel, il continuait de penser que la vie était cruelle et injuste. Et qu'un grain de sable pouvait enrailler même la plus huilée des machines.
Tout était question de peser les pour et les contre. Les avantages et les inconvénients. Il était question de savoir si la possibilité d'être heureux pour de bon valait la peine de se lancer dans une aventure qui avait des chances de mal se terminer.
Dean avait promis à Castiel d'y réfléchir. Et il avait tenu parole. Mais il n'avait pas réellement changé d'avis depuis sa discussion avec son ami.
Dans son état et malgré ses progrès, il avait besoin de certitude. Il avait besoin de garanties. Pas de « peut être ». Et dans cette histoire, c'était malheureusement tout ce que Castiel avait à lui offrir.
Bien sûr, le jeune homme avait conscience que sa décision allait tout changer entre eux. Il serait incapable de continuer à voir Castiel sans penser constamment à leurs sentiments mutuels. Et il ne voulait pas imposer cela à son ami. S'il voulait le voir rencontrer quelqu'un d'autre, il allait devoir prendre ses distances. Et c'était sans doute le meilleur moment pour le faire. Leur année touchait à sa fin et il était sans doute temps pour eux de prendre un nouveau départ. De faire de nouvelles rencontres. De se reconstruire chacun de leur côté.
Dean espérait qu'après quelques temps, quand Castiel aurait enfin trouvé la personne faite pour lui, ils pourraient se revoir. Comparer leurs expériences respectives et reconstruire une amitié plus saine et bénéfique. Le jeune homme voulait se montrer optimiste sur ce point. Et il priait pour que Castiel finisse par voir les choses du même œil. Il allait devoir se montrer convaincant.
Il envoya finalement un message à son ami pour lui donner rendez vous. Il n'évoqua pas sa décision. Il devait le faire en face à face. Ils convinrent de se voir la veille de la fin officielle de leur « contrat ».
Dean savait qu'il serait difficile pour lui de dire à Castiel qu'il n'avait pas changé d'avis. Qu'il serait plus difficile encore de ruiner ses espoirs et de partir ensuite sans se retourner. Il avait peur de ce que Castiel lui dirait en retour. Peur aussi de ce qu'il ferait une fois seul. C'était dans ces moments là qu'il souffrait plus encore de l'absence de Jesse. Mais il n'avait toujours pas pardonné à son sponsor et ami. Et il n'avait pas l'intention de chercher du réconfort auprès de lui quand il en aurait fini avec Castiel.
Il avait toutefois averti Benny qu'il s'absenterait une semaine ou deux. Il avait préparé ses bagages et réuni tout ce dont il avait besoin pour Kansas. Quand il aurait tout dit à Castiel, il prendrait sa voiture et partirait rejoindre son frère et Jess. Il allait avoir bien besoin de leur soutien. Même si Sam lui ferait sans doute des reproches. Il savait toutefois qu'il pouvait compter sur eux pour le remettre à flots.
Les rues étaient désertes quand il partit rejoindre Castiel à leur lieu de rendez vous. Il avait choisi Central Park en souvenir du jour où ils avaient signé leur contrat ensemble. Celui où ils avaient scellé ce pacte qui leur avait sauvé la vie. C'était un symbole et Dean espérait que son ami l'avait compris.
Il arriva plus tôt que l'heure qu'il avait fixée avec Castiel. Il prit place aussitôt sur le banc qui se trouvait juste devant la statue de Balto. Dean la regarda par dessus son épaule pendant de longues secondes. La dernière fois qu'il l'avait vu, il ne comprenait pas comment on pouvait ériger un tel mémorial pour un animal. Il ne comprenait pas non plus comment il était possible de s'attacher autant à un chien. Mais Kansas l'avait aidé à comprendre. Son chien n'était pas le chien « idéal » dont toutes les familles rêvaient. Il avait des défauts. Il avait vécu l'enfer et il en portait les stigmates. Il lui arrivait d'avoir peur de tout et n'importe quoi. Et Dean l'aimait plus encore pour toutes ces raisons. Il l'aimait parce que, comme lui, la vie n'avait pas été tendre avec lui. Elle ne l'avait pas épargné. Et il en était ressorti plus fort encore. Il continuait d'aimer les gens. Il continuait de s'amuser. Il continuait d'être enthousiaste. Dean comprenait mieux à présent l'amour inconditionnel qu'on pouvait ressentir pour son chien. Parce qu'il savait parfaitement que Kansas se fichait de son apparence, de ses humeurs ou de ce qu'il traversait. Il l'aimait sans se soucier des détails.
Dean était perdu dans ses pensées et n'entendit pas Castiel approcher. Ce ne fut que lorsqu'il tourna le visage pour regarder à nouveau l'allée devant lui qu'il vit que son ami se tenait devant lui. Pendant une seconde, Dean l'observa en silence. Il avait toujours trouvé Castiel séduisant. Mais depuis qu'il avait pris conscience des sentiments qu'il avait pour lui, il le voyait d'un œil différent. Il avait remarqué tous les petits détails qui faisaient de lui un homme à part. Un homme exceptionnel que la cruauté du monde avait manqué de détruire. Comme lui et comme Kansas, Castiel était un survivant. Et cela lui donnait une sorte d'aura qui faisait battre son cœur un peu trop vite et un peu trop fort.
- Tu veux t'asseoir ? Demanda t-il en guise de salut.
Comme à son habitude, Castiel était habillé chaudement. Il avait une veste d'hiver, une écharpe et un bonnet. Son nez était rouge et il avait enfoncé ses mains dans ses poches. Il supportait difficilement les températures basses de la saison. Dean ne pouvait s'empêcher de trouver ça adorable. Castiel allait lui manquer après ce soir. Il pouvait déjà ressentir son absence. Et c'était presque comme si on lui avait arraché une petite partie de lui même.
- Je vais rester debout, répondit finalement Castiel.
Dean ne savait pas comment commencer cette conversation. C'était la première fois qu'il avait du mal à parler avec son ami. Ça n'avait jamais été aussi difficile entre eux. Bien au contraire. Parler avec Castiel lui avait toujours semblé extrêmement naturel. Il déglutit avec peine alors que son ami le regardait sans bouger.
- Tu veux qu'on aille se mettre au chaud quelque part ?
Castiel secoua la tête. Dean en fut soulagé. Il ne voulait pas avoir cette conversation avec des gens pour les entendre. Il ne voulait pas non plus l'avoir chez lui ou chez Castiel. Dans l'intimité de leurs appartements, il doutait de pouvoir dire tout ce qu'il avait à dire. Central Park était le compromis idéal. Ni trop intime ni bondé.
- Tu te souviens de la dernière fois où on s'est retrouvé ici ? Demanda t-il ensuite pour gagner quelques minutes.
C'était probablement injuste de faire durer le suspens. Mais si cela devait être la dernière fois avant un moment qu'il se trouvait seul avec Castiel, il ne voulait pas que cela se termine trop rapidement.
- C'est le soir où tu m'as lancé mon premier défi. C'était il y a presque un an maintenant, répondit Castiel d'une voix calme.
Dean hocha la tête. Il se rappelait de chaque seconde de cette entrevue avec son ami. Il n'avait pas oublié le moindre des moments passés à ses côtés. Il chérissait ces souvenirs tout autant que ceux qu'il avait de sa mère.
- C'était le début d'une grande aventure. Parfois, j'ai la sensation que c'était hier et parfois … parfois, j'ai l'impression que c'était il y a des dizaines d'années … comme si je te connaissais depuis toujours … comme si tu avais toujours fait parti de ma vie.
Castiel hocha la tête mais ne dit rien. Dean pouvait lire son angoisse sur son visage. Il pouvait y lire de l'espoir aussi. De l'affection. De l'amour. Et il détestait l'idée de devoir les faire disparaître. Il aurait aimé pouvoir préserver son ami. Lui dire ce qu'il voulait entendre. Mais il devait se montrer raisonnable. Il devait avant tout penser à leur bien être sur le long terme. Même si cela devait impliquer qu'ils soient malheureux sur le moment.
- Et sans doute que c'est la preuve de l'importance que tu as pour moi aujourd'hui. Je n'ai jamais réussi à être autant à l'aise avec quelqu'un … mis à part avec Sam bien sûr. Il m'a fallu plus de temps pour faire confiance à Jesse. Avec toi, ça n'a pris que quelques jours. Et je suppose que ça aurait du m'alerter plus tôt mais je refusais de voir les choses de cet œil à l'époque.
- Dean, est-ce qu'on pourrait en venir à la raison de ma venue ?
Castiel avait besoin de savoir. Il avait besoin d'obtenir sa réponse. Et Dean aurait du la lui donner immédiatement. Parce qu'il était cruel de le laisser continuer à espérer inutilement. La chute serait plus rude encore ensuite. Mais il ne voulait pas l'annoncer brutalement. Il avait besoin d'y mettre les formes. Faire comprendre à Castiel que ce n'était pas un « adieu définitif ». Qu'il ne voulait pas le rayer pour de bon de sa vie. Qu'il s'agissait juste d'une pause nécessaire pour oublier ce qu'ils ressentaient. Il avait besoin que son ami comprenne que tout n'était pas terminé pour eux. Ils avaient juste besoin d'un peu de temps.
- Cas, juste … laisse moi le temps de m'expliquer s'il te plaît, supplia t-il sans quitter son ami des yeux.
Ce dernier sourit tristement.
- Parce que tu sais que la fin ne va pas me plaire et que tu souhaites me ménager n'est ce pas ?
Le visage de Castiel se tendit en disant cela. L'espoir qui semblait briller dans ses yeux s'éteignit brusquement et ses épaules s'affaissèrent, comme accablé soudainement par un poids qui n'était plus là depuis leur rencontre. Il ressemblait trait pour trait au Castiel que Dean avait trouvé prêt à sauter du toit un an plus tôt. Et tout était de sa faute. Il savait qu'il allait s'en vouloir pendant un long moment mais il était prêt à assumer ses responsabilités. Il ne chercherait pas à les fuir cette fois.
- Cas, je ne peux pas te dire ce que tu veux entendre. Et je sais que je vais me détester après ce soir mais ce serait pire encore si je te faisais des promesses que je suis incapable de tenir ensuite.
Il ne laissa pas le temps à son ami de prendre la parole. Il savait ce qu'il allait lui dire et il n'était pas prêt à l'entendre. Il n'en avait de toute façon pas fini avec tout ce qu'il souhaitait dire. Il avait besoin d'un moment encore pour que son message soit clair.
- Tu as raison quand tu dis qu'on ne peut prévoir l'issue de quelque chose avant d'avoir tenter sa chance. Tu as raison de penser que les choses peuvent bien se terminer. Et tu as raison de vouloir être optimiste. C'est la preuve que tu as changé. C'est la preuve que tu vas mieux. Mais il y a quelque chose qu'on ne peut pas ignorer tous les deux … c'est l'autre possibilité. Celle que tout pourrait échouer et … qu'on pourrait en ressortir détruit l'un comme l'autre. Ce risque là, je refuse de l'ignorer. Je refuse de fermer les yeux dessus juste parce qu'il est possible que cela n'arrive pas.
Castiel détourna les yeux et Dean le laissa faire, conscient que ce qu'il disait faisait souffrir son ami. L'énervait également. Il enchaîna après avoir pris une grande inspiration.
- J'ai beaucoup réfléchi à ce que tu m'as dit Cas. J'ai pesé le pour et le contre et je suis désolé mais je continue de penser que le risque est trop grand … que l'issue pourrait être … dramatique. Alors, non … désolé mais je ne peux pas me lancer tête baissée dans cette histoire sans avoir plus de certitudes.
- Tu sais que tu n'en auras jamais n'est ce pas ?
La question de Castiel déstabilisa Dean une seconde. Il fronça les sourcils, perdu quant à ce que son ami cherchait à lui faire dire.
- Comment ça ? Demanda t-il finalement.
Castiel se passa une main sur le visage puis fit un pas en direction de Dean avant de se laisser tomber sur le banc à côté de lui. Le simple fait qu'il n'ait pas pris la fuite était une bonne chose. Mais Dean savait que cela ne le pousserait pas à changer d'avis. Il était convaincu d'avoir pris la bonne décision.
- Des certitudes … tu ne pourras jamais en avoir en matière de relations humaines. Et si c'est la seule chose qui pourrait te convaincre de te lancer dans une quelconque histoire avec quelqu'un, alors tu vas probablement finir ta vie seul.
C'était difficile à entendre mais c'était très certainement vrai. Dean le savait et il avait fini par l'accepter. Il ne serait peut être jamais prêt à avoir une relation amoureuse avec quelqu'un. Mais il saurait se contenter d'avoir des amis et sa famille. Il ne serait jamais seul du moment qu'il pouvait compter sur eux.
- Je te l'ai dit l'autre soir … je ne suis sans doute pas fait pour la vie à deux. Je ne suis pas suffisamment courageux pour me lancer là dedans et je doute d'être le partenaire idéal de toute façon.
- C'est des conneries, protesta Castiel aussitôt.
Dean soupira longuement. Il savait bien que son ami était en colère. Il l'avait prévu. Et il ne lui en voulait pas. Il le comprenait même. Mais il ne devait pas se laisser convaincre. Il était sûr d'avoir pris la seule décision logique dans leur situation. Castiel avait le droit de le détester pour cela. Il accepterait n'importe laquelle de ses réactions. Il assumerait pleinement les conséquences de son choix. Il ne prendrait pas la fuite cette fois.
- C'est des conneries et tu le sais aussi bien que moi. Seulement, tu es borné et tu es stupide et franchement, à cet instant précis, je te déteste ! Ajouta finalement Castiel après quelques secondes.
Dean baissa les yeux sur ses mains jointes entre ses jambes. Il observa les tatouages sur ses doigts. Se faire graver la date de sa rencontre avec Castiel sur la peau avait eu un sens pour lui quand il avait demandé à Benny de le faire. Il ne le regrettait pas. Mais il savait qu'il ne pourrait jamais plus le regarder sans repenser à ce soir. Au moment où il avait froidement éteint l'espoir que Castiel avait d'obtenir une réponse positive de sa part. C'était une bonne chose en fin de compte. Si toutefois, il était tenté d'oublier sa culpabilité, son tatouage serait là pour la lui rappeler.
- Tu as le droit de me détester, constata t-il alors.
Il entendit Castiel ricaner à côté de lui mais il ne leva pas les yeux sur lui. Il n'en avait pas le courage.
- Sauf que je ne le peux pas bien sûr … ce serait tellement plus facile si je pouvais te haïr ! Mais je t'aime et c'est probablement la pire chose qui me soit arrivée depuis longtemps … ce qui n'est pas peu dire quand on me connaît. Tomber amoureux de toi … je voyais ça comme quelque chose de merveilleux … quelque chose d'impensable pour quelqu'un comme moi. Tu avais fait naître un espoir et tu … maintenant, je réalise que développer des sentiments pour toi est une sorte de malédiction. Parce que je ne peux pas m'en défaire aussi facilement et que ça ne m'apporte rien de bon.
Dean hocha la tête lentement. Il était du même avis que Castiel. Il savait bien qu'il était en train de faire du mal à son ami. Et il s'était pourtant juré de tout faire pour le rendre heureux. Mais il voulait croire qu'à terme, c'était cette décision qui permettrait à Castiel de s'en sortir. De se reconstruire. Il devait couper les liens avec ce qu'il avait traversé jusque là. Et Dean lui rappelait le moment de sa vie où il avait voulu mourir. Il était temps pour Castiel d'aller de l'avant. Le jeune homme ne faisait que le retenir en arrière continuellement.
- Et le pire c'est que tu m'aimes aussi. Si encore ce n'était pas le cas, je pourrais probablement oublier tout ça et continuer ma vie comme si de rien n'était mais là c'est … c'est impossible. Je ne peux pas te regarder sans penser au fait que tu … que tu partages mes sentiments mais que tu es trop stupide pour agir en conséquences.
Une nouvelle fois, Dean hocha longuement la tête. Il leva ensuite les yeux de ses mains pour regarder les allées du parc devant lui. Il n'y avait toujours personne autour d'eux.
- Ce n'est pas ce qui va se passer Cas, souffla t-il alors.
Il prit une seconde pour rassembler ses idées avant de reprendre la parole.
- Je sais que tu es en colère et franchement, je ne te le reproche pas. Je le serais aussi à ta place. Je sais que ce que je te dis ne te semble pas logique mais je peux te garantir que je n'agis pas égoïstement. Je pense à toi avant tout et je continue de croire que je ne t'apporterais rien de bon. Nous ne sommes pas prêts à nous engager dans une relation après ce qu'on a vécu.
- J'aimerais assez que tu arrêtes de prendre des décisions pour moi Dean … ou que tu fasses comme si tu savais mieux que moi ce qui est bon ou non pour moi.
Dean se passa une main sur le visage. Il y avait quelque chose d'incroyablement froid dans le ton de son ami. Une nouvelle fois, il n'était pas surpris.
- D'accord, si tu préfères croire que je n'ai pensé qu'à moi … je ne te le reprocherais pas non plus. C'est peut être vrai d'ailleurs. Peu importe. Ça ne change rien de toute façon. Ce qui est important que tu comprennes c'est que je ne vais pas … je ne suis pas venu ici pour te dire « non » et t'imposer ensuite ma présence comme ami. Il est évident que ce ne sera pas possible de continuer à se voir dans ces circonstances. Et c'est peut être mieux ainsi. On s'était donné une année. Elle sera terminée demain soir. On ne se doit plus rien à présent.
Dean savait combien ses propos devaient être atroces à entendre pour son ami. Ils l'étaient à prononcer aussi. Et ils n'étaient pas totalement vrais d'ailleurs. Ils en avaient déjà discuté. Au moment de leur rencontre, le jeune homme avait été convaincu qu'à la fin de cette année, il n'entendrait plus jamais parler de Castiel. Parce qu'il serait mort ou heureux quelque part loin de lui sans aucune volonté de continuer à le voir. Et il l'avait accepté. Mais ils étaient devenus amis ensuite et avaient fini par s'avouer mutuellement que leur relation dépassait clairement le cadre de leur contrat. Qu'elle ne s'éteindrait pas avec lui. Il aurait aimé que cela soit possible. Il savait toutefois qu'en tenant ces propos, il offrait à son ami une porte de sortie convenable. Une qu'il n'aurait probablement pas honte de franchir. C'était tout ce qu'il pouvait faire pour lui.
- Tu sais quoi Dean ? Je ne sais même pas si tu cherches à me dire tout ça uniquement pour m'aider – et ça ne m'aide pas, crois moi – ou si tu m'as menti depuis le début en disant que notre amitié n'avait rien à voir avec notre contrat. Je commence sérieusement à me demander si tu me mens ce soir ou si tu m'as menti depuis le début.
Dean avait envie de se défendre. Envie de dire qu'il avait été honnête avec son ami depuis leur rencontre. Qu'il n'avait jamais joué un rôle avec lui. Qu'il était probablement le seul avec qui il avait toujours essayé d'être lui même. Mais il préférait que Castiel parte en le détestant. Ça rendrait sans doute leur séparation plus simple à gérer pour lui. Il pourrait se reconstruire en utilisant sa haine pour Dean comme carburant. Et cela l'aiderait sans doute aussi à oublier ses sentiments pour lui.
- Est-ce que tu jouais un jeu avec moi ? Est-ce que tu m'as menti pour que je continue à faire ce que tu voulais que je fasse ? Ce n'était qu'un contrat pour toi ? Un arrangement ?
Dean tourna finalement le visage vers lui et ne fut pas surpris de le voir déformé par la colère. Il déglutit avec peine. Il ne savait pas comment répondre. Il savait pourtant qu'il devait dire quelque chose. Il ne pouvait pas laisser Castiel sans réponses.
- Non, déclara t-il finalement.
Castiel fronça alors les sourcils.
- Comment ça non ? Non quoi ?
- Non, je n'ai pas joué un jeu. Non je ne t'ai pas menti et non ce n'était pas qu'un contrat.
Il soupira ensuite longuement. Il s'y était mal pris. Il n'aurait jamais du aborder les choses de cette manière. Et il s'en voulait de ne pas avoir su dire les choses comme Castiel avait besoin de les entendre.
- Ce n'était pas qu'un contrat mais c'était un contrat quand même, ajouta t-il alors.
Castiel secoua la tête en souriant tristement.
- Ce que tu dis n'a aucun sens, constata t-il d'une voix lasse.
Dean se leva finalement du banc et fit quelques pas droit devant lui. Il enfonça ses mains dans ses poches pour ne plus voir le tatouage sur ses doigts et remonta ses épaules pour protéger son cou du froid. Il hésita une seconde à faire volte face pour pouvoir regarder Castiel. Mais c'était plus simple en lui tournant le dos.
- Ce que j'essaie de te dire c'est que devenir ami avec toi n'était pas … ce n'était pas juste pour obtenir quelque chose de toi … ce n'était pas prémédité et ce n'était pas temporaire. J'étais sincère quand je te disais que je ne voulais pas que tout se termine à la fin de cette année. Mais ça n'empêche que notre contrat prend fin demain soir et il … après lui, on sera libre de continuer à se voir ou non. Libre de se séparer si c'est ce qu'on veut. Et je pourrais comprendre que tu en aies envie. Ce que je veux que tu comprennes c'est que tu as une porte de sortie … et que tu es en droit de la franchir si tu le veux. Ce serait même probablement une bonne chose pour toi.
- Et pour toi ? Demanda Castiel dans son dos.
- On s'en fiche de moi.
Dean entendit son ami ricaner à nouveau.
- Tu fais toujours ça.
Le jeune homme fronça les sourcils, surpris par ce qu'il entendait. Sans réellement s'en rendre compte, il fit volte face pour regarder son ami. Il était toujours assis sur le banc, la tête basse, les mains serrées sur ses cuisses. Il regardait le sol avec attention. Ses épaules tremblaient. Mais il ne pleurait pas.
- Explique toi, l'encouragea t-il parce qu'il voulait comprendre.
- Tu fais toujours ça … tu fais comme si ce que tu voulais ou ce dont tu avais besoin n'avait aucune importance … tu fais mine de te sacrifier pour les autres mais ce que tu ne comprends pas c'est que ça n'a rien d'un acte gratuit et généreux. C'est la chose la plus égoïste au monde. Parce qu'en forçant les autres à faire quelque chose que tu considères bon pour eux mais par forcément pour toi, tu les prives de l'opportunité de t'aider comme ils pourraient en avoir envie. Tu l'as fait avec Sam … avec Jesse et tu es en train de le faire avec moi. Tu ne te rends même pas compte que tu nous fais du mal en agissant de la sorte.
Sam lui avait fait des reproches similaires à plusieurs reprises. Il avait refusé de l'entendre. Refusé de le croire. Parce qu'il estimait que c'était son rôle de se sacrifier pour son frère. Qu'il savait ce dont il avait besoin mieux que lui parce qu'il était son grand frère, son aîné et qu'il était plus expérimenté que lui. Il n'avait jamais imaginé une seule seconde que son attitude pouvait paraître égoïste. Il avait les meilleures intentions en tête et il était convaincu que c'était évident pour tout le monde. Mais dans la bouche de Castiel, c'était différent. Son ami n'avait probablement pas tort. Qui était il pour penser en savoir plus que lui ? De quel droit prenait il des décisions à sa place ? Il n'était pas son grand frère. Il n'était pas son aîné. Il ne pouvait pas garantir qu'il était plus expérimenté ou plus sage que lui. Et cela donnait en fin de compte un peu plus de relief à ce que Sam lui avait dit jusque là. Il allait devoir s'excuser auprès de son frère. Une nouvelle fois.
Castiel avait probablement raison oui. Mais ça ne changeait rien au fait que Dean était convaincu qu'il n'avait rien à lui offrir. Et son ami ne pouvait pas le convaincre du contraire. Il était temps pour lui de changer son fusil d'épaule et d'aborder les choses sous un nouvel angle. Le seul qui réussirait à convaincre Castiel qu'il était inutile de continuer à argumenter.
- D'accord … d'accord, tu as sans doute raison. Je n'ai pas le droit de te dire ce que tu dois faire, penser ou ressentir. Mais l'inverse est vrai également. Tu dois accepter ma décision même si elle te paraît stupide. Je ne veux pas de cette relation. Point final.
Ce n'était pas tant une question de ne pas vouloir que de ne pas pouvoir. Mais Dean le garda pour lui. Il voulait que ces mots soient entendus et assimilés par Castiel. Il ne voulait surtout pas le pousser à croire qu'il existait une faille dans ce qu'il pensait. Une faille à exploiter. Il devait se montrer ferme. Et il fut satisfait de voir que sa voix n'avait pas tremblé en prononçant ces terribles mots.
- Je suppose que tu as raison, admit finalement Castiel.
Il ne semblait pas ravi de l'admettre mais Dean était tout de même heureux de l'entendre. Il sortit ses mains de ses poches et croisa ses bras sur son torse.
- Et maintenant ? Demanda ensuite Castiel.
C'était une question à laquelle il était difficile de répondre. Dean aurait aimé avoir les mots justes pour soulager son ami. Il n'en existait malheureusement pas.
- Maintenant on continue de vivre.
- Chacun de notre côté ?
- Chacun de notre côté.
Castiel se leva alors du banc et Dean crut pendant une seconde qu'il allait partir sans rien ajouter. Mais il se contenta de s'approcher du jeune homme et de poser ses mains sur ses épaules. Dean aurait préféré qu'il ne le touche pas. Ça rendait les choses plus difficiles encore. Mais il ne chercha pas à se soustraire à ce contact.
- C'est comme ça que tu vois ton futur Dean ? Loin de moi ? Seul ?
Dean n'avait pas vraiment réfléchi aussi loin. Il savait d'ors et déjà qu'il partirait en Californie dès le lendemain. Qu'il y resterait une semaine ou deux. Mais il n'avait pas pensé à ce qu'il ferait en rentrant. Il espérait juste qu'un jour ou l'autre, Castiel accepterait de le revoir et de mettre tout ceci derrière eux.
- Je vais aller voir mon frère. Rester avec Jess et lui quelques temps et ensuite je … je suppose que je reviendrais et … Cas, je ne veux pas tirer un trait définitif sur notre amitié. Je sais aussi que je ne suis pas en droit de te demander quoi que ce soit. Mais ce dont je suis sûr, c'est que si … dans un mois ou dix ans, tu penses avoir envie de me revoir, je serais ravi de redevenir ton ami. C'est à toi de voir. Je serais là.
Castiel ne dit rien et Dean n'était pas en droit d'exiger une réponse. Il se contenta donc de garder les yeux rivés sur son ami. Leurs regards se croisèrent une seconde et le jeune homme sentit un frisson lui remonter aussitôt la colonne vertébrale. Une alarme se déclencha également dans un coin de son esprit. Il y avait quelque chose d'étrange dans les yeux de son ami. Quelque chose qu'il n'y avait plus lu depuis qu'il l'avait fait descendre du muret le soir de leur rencontre. Il sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine aussitôt.
- Et toi ? Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? Demanda t-il alors parce qu'il avait peur de ce qu'il voyait sur le visage de son ami.
Castiel haussa les épaules avant de détourner le regard. Dean eut alors la sensation qu'il lui échappait. Que l'homme qu'il avait appris à connaître et à aimer disparaissait. Qu'il était remplacé par celui qu'il avait rencontré un an plus tôt. Comme si Castiel venait de faire un énorme pas en arrière en quelques secondes. Un qui le ramenait à la case départ. Mais ce n'était pas possible. Dean s'inquiétait probablement pour rien.
- Je vais en faire de même … reprendre ma vie de mon côté. J'irais peut être voir Gabriel et … je vais continuer à écrire. Je vais … je vais juste vivre je suppose.
« Juste vivre » ne sonnait pas bien aux oreilles de Dean. Cela ressemblait bien trop à une façon de dire « survivre » sans prononcer le mot. C'était avouer qu'on ne trouvait plus forcément de sens à notre existence mais qu'on avait tout de même envie d'essayer. Et ce n'était certainement pas ce que Dean avait voulu obtenir après cette année passée avec Castiel. Il avait la sensation que tous ses efforts n'avaient servi à rien. Qu'il venait de tout gâcher en quelques minutes.
- Tu ne vas pas faire de bêtises hein ? Demanda t-il alors.
Castiel ricana une seconde mais le son fit frissonner Dean à nouveau. Il n'y avait plus aucune colère dans le ton de Castiel. Juste quelque chose qui ressemblait à s'y méprendre à de la résignation. A du désespoir. Il avait la sensation que son ami avait pris conscience de quelque chose. Et il avait peur de savoir quoi.
- Je crains que cela ne te regarde pas … ou plus. Notre contrat est terminé Dean et ce que je ferais demain n'a plus rien à voir avec toi.
Sur ces mots, Castiel relâcha les épaules de Dean et fit un pas en arrière. Mais le jeune homme n'était pas prêt à le laisser partir. Pas tant qu'il n'avait pas obtenu une réponse plus claire à sa question. Il n'avait pas imaginé une seconde que son refus pourrait pousser son ami à reconsidérer le bilan de cette année. Il était pourtant convaincu à présent qu c'était exactement ce qui se passait dans la tête de Castiel à cet instant précis. Et cela ne présageait rien de bon.
- Cas, tu ne vas pas … j'ai encore vingt quatre heures pour … tu … s'il te plaît.
Il ne trouvait pas les bons mots. Il ne parvenait même plus à faire une phrase. La peur le paralysait et l'empêchait de se montrer cohérent. Il regarda Castiel faire un nouveau pas en arrière. Et même s'il n'y avait pas plus d'un mètre entre eux, il avait la sensation que des kilomètres les séparaient.
- Cas, souffla t-il alors.
- Ne t'en fais pas Dean. Je ne vais pas faire de bêtises. Je te le promets.
Et le jeune homme aurait pu s'en contenter. Mais il savait que ça ne voulait rien dire. Il était fort probable que Castiel considère le fait de continuer à vivre comme une bêtise. Et que ce soit dans ce sens qu'il avait prononcé ces mots.
- Je ne veux pas te laisser partir comme ça. Pas quand j'ai l'impression que c'est la dernière fois qu'on se voit, protesta t-il alors.
- C'est toi qui l'a voulu Dean, répliqua Castiel.
- Sauf qu'il me reste vingt quatre heures et que je peux toujours te lancer un dernier défi. Tu devras le relever … tu n'as pas le choix.
Castiel secoua la tête pour signifier son refus mais Dean n'avait pas l'intention de baisser les bras.
- Je te mets au défi de vivre Cas. Je te mets au défi de te battre et de ne surtout pas oublier tout ce que tu as appris au cours de cette année … tout ce qu'il te reste à faire et à découvrir.
Castiel le dévisagea alors une seconde. Il semblait sûr de lui. Calme et déterminé. Dean sentit son estomac se nouer.
- Non, asséna alors Castiel.
Dean sentit des larmes couler sur ses joues devant le ton de son ami.
- Non, je ne vais accepter ce défi Dean. Non, je n'ai plus envie de jouer le jeu et non … tu n'as pas le droit de me le demander. Ce que je fais à partir de ce soir ne te concerne plus.
Castiel commença alors à s'éloigner et Dean lui attrapa le bras pour l'en empêcher.
- Tu vas le faire hein ? Demanda t-il d'une voix rauque.
- Lâche moi Dean, exigea Castiel en retour.
- Pas tant que tu ne m'auras pas dit si tu comptes mourir demain soir.
Castiel secoua son bras brusquement pour se défaire de l'étreinte de son ami et mit à nouveau de la distance entre eux.
- Je ne compte pas mourir demain soir.
Ça sonnait faux et Dean ne pouvait pas l'ignorer. Il leva le bras pour tenter de retenir Castiel à nouveau mais son ami recula d'un pas, l'en empêchant.
- Je ne vais pas mourir, répéta Castiel. Au revoir Dean.
Sur ces mots, il s'éloigna rapidement et sans se retourner. Le jeune homme le regarda faire, incapable de bouger. Incapable de dire quoi que ce soit pour le retenir. Pour le convaincre de rester. Il était convaincu que son ami lui avait menti. Il était presque sûr qu'il avait l'intention de faire le grand saut. Et Dean se souvenait de ce qu'il avait promis à Castiel au moment de signer leur contrat. Quoi qu'il puisse se passer, à la fin de leur année ensemble, ils n'avaient pas le droit de s'opposer à la décision de l'autre. Il n'avait pas le droit de l'empêcher de faire le grand saut. Castiel était libre et Dean lui avait juré qu'il ne ferait rien. Mais les choses avaient changé. Et le jeune homme était aujourd'hui incapable d'accepter la décision de Castiel. Il ne pouvait pas le laisser mourir. Il savait que ce n'était pas ce que son ami voulait. Il était toutefois inutile de tenter de le rattraper maintenant. Il ne ferait que le braquer. Il n'avait plus qu'à espérer que Castiel ne ferait rien avant la fin officielle de leur contrat. Qu'il tiendrait lui aussi sa promesse. Quant à Dean, il serait sur le toit où ils s'étaient rencontrés un an plus tôt demain soir. Il serait là et il ferait en sorte d'empêcher Castiel de faire une bêtise. Il appellerait la police et Gabriel si toutefois c'était nécessaire. Peu importait que cela fasse de lui un menteur. Peu importait que Castiel le déteste plus encore ensuite. Il ne le laisserait pas faire de bêtises.
Le jeune homme se dirigea vers le banc devant la statue et se laissa tomber dessus. Il se prit la tête entre les mains et laissa échapper un long soupire. Il espérait sincèrement se tromper sur toute la ligne. Il espérait se trouver seul sur le toit demain soir. Même si quelque part dans son esprit fatigué, il était convaincu que ce ne serait pas le cas.
