Bonsoir à tous,
Il ne me reste plus que quelques minutes pour publier dans les temps! Mais je le ferai! Mais avant tout, j'ai une question pour vous ... mais où sont mes fidèles lecteurs?! Depuis quelques temps, vous êtes globalement silencieux! Êtes vous tous si débordé?
merguez: Ça me fait plaisir de voir que tu me laisses un petit commentaire quoi qu'il arrive. Ça motive réellement car le silence me laisse un peu ... bé ... démotivée x). En fait non, j'oublie simplement d'écrire x) (enfin cette fiction là vu que j'en ai d'autres en cours et non publiées). D'ailleurs je dois t'avouer que c'est parce que j'ai vu que j'avais reçu ta review que je me suis rappelée que je n'avais pas publié! Donc merci à toi.
Terence est définitivement adorable je confirme. Et il fait fondre tout le monde. Malheureusement, Draco a redonné le médaillon à Voldemort mais il ignorait à quoi il servait. Mais en même temps, s'il ne l'avait pas fait, il aurait été tué donc ... voilà voilà. Ça lui a quand même coûté 2 doigts toute cette histoire!
Mais je pense que tu vas être contente de se chapitre ;). On y apprend quelques petites choses importantes.
Bonne lecture,
Letki
Harry n'arrivait pas à dormir.
Il était actuellement coincé entre Ron et Hermione et refrénait une envie de bouger qui le titillait depuis déjà une bonne dizaine de minutes. Ces longs mois d'exil volontaire les avaient rapproché. C'était ses amis, ses confidents et peut-être plus. Les gens en qui il avait le plus confiance et actuellement, les savoir blessés lui crevait le cœur et le faisait souffrir aussi efficacement qu'une véritable blessure. Il avait envi de faire du mal à Draco, réellement et ça le dérangeait car il se savait différent. Il n'était pas ce genre d'homme. Il avait souhaité épargné Pettigrow à la cabane hurlante alors il s'en voulait d'avoir réagit au quart de tour avec Draco. Mais il avait blessé Hermione et c'était au dessus de ses forces.
Il était … indécis, perturbé et incrédule à la fois. Remus était venu le voir la veille. Ils logeaient actuellement chez Bill et Fleur en attendant de trouver un nouvel endroit où se réunir. Tonks était reparti chez sa mère, Kingsley chez lui, les Weasley également et Sirius … Sirius avait simplement quitté sa maison avec ses vêtements sur le dos et sa baguette après avoir posé des sortilèges de protections qui avaient fait frémir même Severus et une dernière discussion avec sa mère. Tout le monde avait été surpris par la conversation calme et le ton doux de Walburga d'habitude si prompte à maudire tous les habitants de cette demeure. Sirius avait d'ailleurs été ébranlé par leur discussion car il n'imaginait pas que la sorcière lui dise de revenir vivre ici avec son mari une fois tout revenu dans l'ordre. Elle lui avait affirmé avoir confiance en lui pour réparer son erreur car elle le savait loyale, droit et persévérant. Réellement ému, il avait fait un premier pas vers le pardon en demandant à sa mère de le pardonner pour avoir fuit la maison étant adolescent et ne jamais avoir cherché à reprendre contact. A l'étonnement générale, Walburga lui avait avoué l'avoir pardonné depuis bien longtemps maintenant et n'espérer qu'un futur prospère pour lui et sa maison.
Il était parti sans rien dire à personne de l'endroit où il se rendait ni ce qu'il comptait faire. Et le pire sûrement, c'est que personne n'avait tenu à le savoir à par peut-être Remus qui était sorti un moment. Ils avaient discutés dehors alors que Harry les dévisageait par la fenêtre de la cuisine, incapable d'assimiler les révélations de son parrain.
La conversation n'avait pas du être agréable car Sirius avait les trais crispés mais il avait accepté les remontrances de Remus sans rien dire. A la fin, au grand étonnement de Harry et de Sirius, le loup-garou l'avait brièvement serré dans ses bras avant de lui glisser un mot dans la main. Sirius était resté saisi et avait semblé vouloir rendre son attention à son ami qui avait décliné en secouant négativement la tête. Sirius avait reculé, la tête basse et le dos vouté mais avait semblé rassembler son courage avant de se changer en Patmol et de disparaître au coin de la rue. Depuis, personne n'avait eut de nouvelles de Sirius et personne n'en avait demandé comme si Sirius Black était redevenu un sujet tabou.
Harry ne savait pas quoi penser. C'était horrible. Un cauchemar même. Mais il y avait tout de même une barrière dans sa tête car il s'agissait de Draco. Draco qui avait poignardé Hermione, qui avait aidé l'assassin de Dumbledore à s'enfuir et qui avait tenté d'assassiner ce dernier lui-même en plus de leur pourrir l'existence durant ces longues années. Alors Harry n'arrivait plus à ressentir de la compassion ou de la pitié pour le blond comme il avait pu en ressentir lors du mariage ou même après. Faire du mal à Hermione était le geste suffisant pour rendre son cœur hermétique à Draco Malfoy. Et Sirius … que penser ? Il arrivait juste à songer « Rogue avait raison, Sirius est un connard et mon père l'était sûrement aussi ». Ça l'obsédait et l'idée que son parrain soit mauvais le hantait. Et ça le gênait terriblement. Parce que jusqu'à présent, il chérissait avec force la mémoire de ses parents et l'image qu'il s'en faisait et maintenant, il remettait tous en question et l'idée que son Oncle Vernon ou Rogue ait pu avoir raison lui donnait envi de vomir. Et d'abandonner. Surtout d'abandonner en fait.
Il soupira lourdement et se retourna. Son nez failli heurter le front d'Hermione. Il recula doucement avant de reposer sa tête sur l'oreiller, dans les cheveux touffus de son ami. L'odeur et la texture bien connue lui parurent rassurantes. Il sursauta quand le bras de Ron se glissa dans par dessus son épaule pour venir se poser sur la nuque de la jeune sorcière qui ne broncha pas une seconde. Harry roula des yeux quand la jambe de Ron le recouvrit partiellement et que ses ronflements reprirent en puissance. Il ne chercha pas à se dégager, profitant de la chaleur et du poids (étouffant) de son meilleur ami. Il ferma les yeux, tentant vainement de se détendre.
Il n'était pas censé penser comme ça. Même penser rendait l'exercice du sommeil (déjà compliqué chez lui), très difficile.
Et rajouter a cela, Remus était revenu le lendemain. La discussion qu'il avait eut avec lui avait fini de le perturber. Le loup-garou c'était enquit de leur santé aussi bien physique que mental, lui avait proposé son aide et de les héberger si besoin. Il avait été très étonné d'apprendre que Remus et Tonks était séparé (à cause de Draco, encore) et que le loup-garou avait un appartement dans le Londres moldu. Harry avait refusé car Remus avait Teddy et il se savait pourchassé. Il ne voulait pas mêler le loup-garou à cela.
Puis la conversation c'était gâté. Remus lui avait parlé de l'incident des toilettes avec Draco en sixième année. Ses mots avaient été d'une douloureuse justesse alors que son ton restait mesuré et ses paroles sages. Harry avait senti ses joues chauffer alors qu'il se tortillait pour essayer de se soustraire au regard perçant du loup-garou. Il avait l'impression d'être un petit garçon à qui on tirait les oreilles. Il se sentait terriblement honteux et le visage mortellement sérieux du loup-garou n'avait rien arrangé à son sentiment de mal être. Il avait voulu protester et se défendre. Les remontrances avaient été plus sévères encore et Harry ne doutait pas qu'il aurait été sévèrement puni s'ils n'avaient pas été en temps de guerre. Pourtant, Remus avait fini par lui dire qu'il le sermonnait pour son caractère emporté et irréfléchi tant semblable à celui de sa tête brûlée de parrain et de père, mais que comme quoi, même ceux à la tête la plus dur finissait par apprendre. Il espérait juste que Harry n'attendrait pas qu'il soit trop tard pour apprendre de ses erreurs. Il lui avait dit qu'il ne le forcerait pas à s'excuser auprès de Draco car Draco avait autant de choses à se reprocher que lui, mais que si un jour il voulait qu'il le considère comme un adulte à par entière et qu'il désirait sa confiance pleine et totale, il allait falloir penser à changer d'attitude.
Harry avait été bouleversé. Il avait l'habitude des cris et des coups, des accusations injustes ou des sermons rébarbatifs, mais pas à des remontrances calmes et d'une offre de chance de faire ses preuves. Il c'était senti bêtement ému car il avait songé à une fois où sa Tante Pétunia avait disputé Dudley car il avait volé un bonbon à une petite fille qui était leur voisine avant qu'elle ne déménage. Pétunia n'avait pas haussé la voix, ne c'était pas énervée mais avait choisi ses mots avec tant de soins que Dudley avait rougit jusqu'à la racine des cheveux. Le lendemain, il avait demandé à sa mère d'acheter des bonbons avec son propre argent de poche et il les avait offert à la petite fille. Pétunia l'avait alors félicité pour sa manière d'avoir géré le problème et avoir reconnu ses torts. Dudley avait semblé si fier que Harry avait cru le voir grandir de quelques centimètres. Et malgré tous ses défauts, Dudley Dursley n'avait plus jamais volé.
Harry c'était senti un peu comme ça face à Remus. Il voulait qu'il le regarde avec fierté, qu'il le félicite, comme Pétunia avait félicité son fils pour avoir appris de ses erreurs. Il avait donc baissé la tête et réussi à articuler avec sa gorge serrée qu'il avait compris et qu'il ne recommencera plus. Remus n'avait rien dit et Harry avait senti son cœur s'emballer à l'idée d'avoir dit quelque chose qu'il ne fallait pas. Le blond lui avait simplement serré l'épaule avant de soupirer.
Puis Remus lui avait avoué quelque chose qui avait glacé le sang de Harry. Ginny. Ginny l'avait drogué à l'amortensia.
Ça lui avait fait l'effet de l'apocalypse. Il avait vacillé, heurté en pleine poitrine par la douleur alors qu'il tentait d'assimiler les mots. Remus l'avait retenu, le serrant contre lui en lui disant simplement d'être très prudent et que c'était sans doute des travers de jeune fille en fleur et qu'elle n'avait sûrement pas mal pensé. Mais Harry était amère. Car Ginny entre tous savait ce que ça faisait de perdre le contrôle de ses actes et de son esprit. Il c'était senti trahis et en quelque sorte abusé. Il avait réellement eut envi de vomir. Remus lui avait alors promis qu'il allait s'occuper de tout et lui promis de lui acheter une amulette de protection sur mesure contre ce genre de philtre. Il lui promis également que seul Harry et lui était au courant, qu'il n'avait pas voulu briser la famille Weasley mais que le choix d'en parler lui revenait. Puis ça c'était gâté.
Harry lui avait demandé comment il l'avait su. Remus lui avait répondu honnêtement qu'il le tenait du journal intime que lui avait confié Draco. Harry c'était une fois de plus senti trahis et avait demandé à Remus comment diable il pouvait croire en le venin de Draco, ça pouvait totalement être un piège. Mais Remus ne c'était pas démonté face à son accès de colère et lui avait raconté sa première rencontre avec Draco dans le magasin de . Puis chacune des crasses de Draco à Poudlard. Harry avait blêmit car c'était vrai. Draco n'avait pas menti dans le mal qu'il avait fait. Il avait dit la vérité, juste la vérité, alors … il pouvait ne pas avoir menti pour Ginny. Ce qui l'avait achevé, c'est que Remus lui avait dit que Draco lui avait confié ce journal en tant que testament.
Harry était simplement parti après avoir promis qu'il serait très méfiant et était allé se réfugier auprès de ses amis. Jamais il ne pourrait avouer ça à Ron. Il ne comprendrait pas. Il détestait sûrement Draco plus que lui d'ailleurs. Mais on parlait de sa sœur. Surtout que le mal était déjà fait. Ginny lui avait dit dans le train peut avant qu'il s'enfuit avec Ron et Hermione ... elle était enceinte. De lui. Harry gémit et se prit la tête entre les mains alors qu'il sentait le mal de crâne revenir. Si elle l'avait drogué, peut-être avait-elle menti aussi sur ça non? Il l'espérait de tout son être.
-Tu penses à Sirius ? Chuchota la voix endormie de Ron.
-Entre autre.
-Il reviendra, le rassura Ron, il revient toujours.
Harry acquiesça, la gorge serrée et chuchota simplement à Ron de se rendormir.
-Que puis-je faire pour vous?
Ils c'étaient tous réunis dans la clinique de Danitza pour l'occasion. Elle leur avait confié qu'elle ne pouvait pas s'éloigner de ses patients sans prendre ses dispositions à l'avance (notamment à cause du décès de la maman de la famille moldu) et qu'elle avait besoin de l'aide de Nelly. C'est pourquoi, le lendemain, Remus, Nelly, Violette et Severus se trouvait dans la chambre de la cubaine, seule pièce privée de sa clinique.
-J'ai une famille de moldu, expliqua Danitza, j'ai besoin de les renvoyer dans leur monde et de les cacher. La mère n'a pas passé la nuit. Les enfants sont en détresse et le père est blessé. Mais je n'ai plus de place et d'autres blessés arrivent.
-Je peux les héberger, affirma Nelly. Je prendrai contact avec leur famille dès qu'ils s'en sentiront la force.
-Êtes-vous bien consciente, dit Severus d'un ton qu'il adoptait pour ses élèves les plus lents et qui fit rougir Nelly d'embarras, qu'en faisant ce choix, vous prenez part à une guerre.
-Si j'ai bien compris, mon voisin de pallier est un résistant, loup-garou, parrain d'un sauveur prophétique et gardien d'un autre hypothétique sauveur, alors oui, je pense savoir dans quoi je m'embarque. Enfin malgré toute l'ironie de la situation.
-Bien, affirma sèchement Severus avant de fouiller dans les poches de sa robe pour en sortir un flacon, alors buvez ça.
-Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
-Ce n'est pas bon, la prévint Danitza, mais efficace. Ne faites pas de pause en buvant.
Prenant son courage à deux mains, attendit juste le hochement de tête rassurant de Remus puis elle déboucha le flacon, ne prit pas la peine de le sentir et le but d'une traite. Elle failli vomir. Le goût affreux fit hérisser tous les poils de son corps et elle leur tourna le dos pour tenter de rester digne alors que l'envie de cracher devenait très tentante.
-Vous êtes courageuse, la félicita Remus avec son habituel sourire doux.
-J'espère que vous avez bien regardé, parce que c'est la dernière fois, marmonna Nelly en déposant le flacon vide sur la table de chevet.
Danitza s'esclaffa et fit disparaître le plâtre de la jeune fille d'une incantation. Nelly failli protester avant de se rappeler que la cubaine était médecin et qu'elle savait sûrement ce qu'elle faisait. Elle du d'ailleurs se rendre compte que c'était le cas car elle n'avait plus mal.
-Passez ça, dit-elle, tous les soirs après votre douche pendant 3 jours. Les contusions disparaitrons.
-Wow, souffla Nelly en bougeant prudemment son poignet, c'est prodigieux.
-Magique, la corrigea Danitza avec amusement, allez-y doucement, la fracture est encore fragile. Evitez de rencontrer vos familiers histoire qu'il ne se rende pas compte de votre guérison miracle.
-Compris, dit-elle.
-Bien ! S'exclama . Passons aux choses sérieuses. Kreattur !
Severus sursauta quand l'elfe de maison se matérialisa dans la chambre de la cubaine, muni d'un bloc note et d'une plume. Nelly poussa un cri de surprise en bondissant derrière Remus avant de se reprendre et de se précipiter vers l'elfe de maison qui se hérissa.
-álfur ! S'exclama-t-elle d'un air émerveillé avant de tendre la main à Kreattur.
L'elfe de maison sembla aussi effrayé qu'elle l'avait pu l'être quelques secondes plus tôt mais céda face à l'enthousiasme de la jeune femme et lui tendit sa main squelettique avec réluctance qu'elle sembla ignorer car elle la serra vivement. Elle partit dans un babillage animé en islandais qui fit sourire avec indulgence . Nelly tournait autour du pauvre Kreattur qui se dandinait d'un air gêné sous toute l'attention qu'il recevait.
-Du calme jeune fille, nous ne comprenons pas.
-Je disais qu'il est exactement comme mon père m'avait raconté quand j'étais petite, dit-elle, il faut absolument que vous me laissez faire un portrait de vous monsieur.
-Monsieur ?! S'étrangla Kreattur.
-Oui ! S'exclama-t-elle avec enthousiasme en secouant le bras rachitique de la pauvre créature qui ne savait que faire. Vous êtes merveilleux !
Kreattur se dandina sous l'œil amusé de Violette. Il demanda implicitement l'autorisation à sa maîtresse temporaire qui lui dit de faire ce qui lui plaisait. C'est donc la voix prise par l'émotion qu'il accepta de faire plaisir à cette humaine qui le regardait avec tant d'émerveillement.
-As-tu des nouvelles de Draco ?
-Non, soupira l'elfe de maison avec une réelle émotion, le pauvre Kreattur n'arrive pas à rejoindre le maître. Quelque chose l'en empêche.
-Fidelitas, dit Severus, il ne pourra pas y aller à moins que Draco ne l'appelle. Et même là, ça risque d'être compliqué.
-Alors il est chez l'ennemi, conclu Violette. Cela complique considérablement la chose.
-Que faisons-nous ? Demanda Nelly avec inquiétude.
-Nous ne pouvons rien faire tant que nous ignorons à quel jeu nous jouons, dit Violette en croisant les bras sur sa poitrine alors que Kreattur commençait à prendre des notes. Et intervenir perturberait peut-être l'ordre des choses.
-Alors quoi ? On le laisse là-bas ? Demanda Remus.
-Du calme jeune homme, je n'ai pas dit que nous l'abandonnerons non plus, dit-elle. J'ai besoin de réfléchir.
Elle se mit à faire les cents pas dans la pièce sous l'œil inquiet de Remus alors que Danitza et Severus commençait à se disputer à voix basse. La cubaine voulait suivre son compagnon dans l'antre du seigneur des ténèbres et il essayait de l'en dissuader. Comme d'habitude, il se heurtait à un mur et elle aussi si bien que le ton monta progressivement sans qu'ils ne s'en rendent compte. Nelly et Remus se regardèrent d'un air embarrassé quand des « stupide femme bornée » commençèrent à fuser. Severus devait avoir l'habitude de ce genre de dispute car il ne sembla pas plus perturbé que cela quand, sous le coup de l'émotion, de l'espagnol venait entrecoupé le discours de Danitza. Et le ton qu'elle employait suffisait à leur faire deviner le sens de ces mots. Le visage de Severus paraissait crispé alors qu'il écoutait le flot de paroles de sa compagne. Remus pouvait presque voir sa patiente s'effriter graduellement. Et presque au moment où le loup-garou s'y attendait, il saisit les poignets de la femme pour l'empêcher de gesticuler et la secoua légèrement pour qu'elle le laisse parler.
-Je n'ai pas besoins de toi ! Aboya-t-il si près de son visage que leurs nez se touchaient.
-Moi non plus idiot ! Répondit-elle avec la même force alors qu'elle le défiait du regard.
-J'ai toujours travaillé seul. Tu me ralentiras.
Cela ne semblait pas la bonne chose à dire car les sourcils de la cubaine se froncèrent dangereusement alors que son regard se durcissait. Elle lutta un moment pour se dégager de la prise de Severus mais il ne sembla pas près de la laisser partir et il finit par la saisir par la taille, la serrant étroitement contre lui pendant qu'il retenait toujours l'un de ses poignets. De son autre main, Danitza tentait de le repousser en poussant des exclamations pleines de colères.
-Va ! Hurla-t-elle finalement. Va ! Espèce d'homme inutile et arrogant ! Vas-y !
-Je n'y arriverai pas si je m'inquiète pour toi !
Danitza le regarda longuement avant de baisser les bras. Elle posa sa tête contre son épaule et ferma les yeux, vaincu. Il resta un instant saisi, le corps totalement rigide avant de se détendre et d'enfouir son nez dans ses cheveux avant de lui donner une étreinte plus douce.
-Si tu as besoin d'aide, je viendrai.
-Je sais, soupira-t-il. Et j'espère ne jamais avoir besoin de ton aide.
Elle soupira lourdement avant de lui lancer un regard lourd de sens qu'il ignora en reprenant une distance convenable avec elle. Il tira sur ses robes et reprit son air strict et rigide alors qu'elle croisait les bras avec agacement. Il roula des yeux et marmonna quelque chose à propos d'une « femme irritante » auquel elle répondit par un regard noir. Une dispute serait sûrement repartie si Violette ne les avait pas interrompu en déclarant qu'elle avait un plan.
-Vous dites que le seigneur des ténèbres a dissimulé son âme dans des objets c'est cela ?
-Oui, confirma Severus.
-Je sais quels sont ces objets. Et je sais où sont certains. J'avais une théorie qui a été confirmée partiellement, enchaina-t-elle rapidement. Il a cherché à rassembler des objets de légendes, j'ignorai juste pourquoi.
-Vous êtes brillante, souffla Nelly alors qu'elle la regardait d'un air admiratif.
-Merci jeune fille. Kreattur, le dossier, exigea-t-elle.
L'elfe de maison claqua des doigts et un épais dossier intitulé au nom du seigneur des ténèbres apparu et lévita jusqu'à la vieille femme qui l'ouvrit avant de le feuilleter.
-Vous avez dit que Potter affirme avoir détruit un morceau d'âme contenu dans son journal intime, que Dumbledore aurait détruit une bague et que le serpent du seigneur des ténèbres est un réceptacle selon Potter n'est-ce pas ?
-C'est cela, dit Remus.
Kreattur s'empressa de griffonner sur son parchemin et aussitôt qu'il eut terminé, le morceau s'envola pour venir se greffer au dossier. Elle en tira la nouvelle page et la parcouru un instant des yeux avant de pincer ses lèvres d'un air contrarié.
-C'est … terriblement brouillon s'il s'agit effectivement de l'ensemble de son œuvre. Brouillon et mal avisé. Bien, dit-elle avant de placarder la page de son dossier sur le mur d'un mouvement de baguette. Il possédait le journal déjà détruit, la bague détruite également, le serpent qui est à ses côtés, le médaillon que possède Draco qui est également à ses côtés, le diadème de Rowena Serdaigle et la coupe de Poufsouffle. Et je n'en compte que 6.
Le visage de Severus se ferma alors qu'il regarda la vieille femme gravement. Il comprenait mieux pourquoi on la craignait tant et pourquoi elle était en même tant si désirée. Elle avait réussi à déduire quelque chose que le seigneur des ténèbres lui même ignorait, la possibilité d'existence d'un dernier horcruxe. Quelque chose qu'il n'aurait jamais soupçonnée si Dumbledore ne lui en avait pas parlé. Elle était dangereuse, terriblement dangereuse.
Il hésita un instant à révéler le secret qu'il gardait et qui pesait sur ses épaules depuis un moment déjà. Ce serait l'occasion de confier un peu sa charge à d'autre. Son regard glissa vers sa compagne et le regard à la fois concentré et déterminé qu'elle posait distraitement sur une seringue avec laquelle elle jouait, lui prouva qu'elle n'hésiterait pas à partager son fardeau. Il frissonna. Danitza n'était pas le genre de femme indécise et sentimentale. Il était pratiquement certain qu'elle tuerait le survivant elle-même si ça pouvait leur garantir la victoire. Mais Remus, se dit-il alors que son regard se tournait vers le loup-garou, n'a pas les épaules pour ça. Il voudra gagner du temps et finalement manquera peut-être leur unique chance de gagner.
Un pour et un contre donc. Puis il y avait Nelly Arnidottir. Une moldue, courageuse ou inconsciente, au choix, qui semblait ne pas se rendre compte de la gravité de la situation car trop prise dans l'excitation de la découverte. Impossible de lui faire confiance. Deux contres.
Violette Lake ? Encore un personnage particulier. Severus avait du mal à la cerner. Il connaissait son histoire bien entendu, mais de là à pouvoir affirmer la connaître ? Non. Certainement pas. Pire, plus il l'écoutait parler, tirer des conclusions et mener leur petit groupe aussi fermement qu'un militaire mène sa troupe, moins il était certain de ses véritables allégeances. Pour lui elle était un peu … comme un savant fou. Capable de défier tout et n'importe quoi tant que sa curiosité n'était pas satisfaite. C'était finalement peut-être juste un coup de chance que ceux qui suscitent le plus sa curiosité soit les mages noirs et les travers des gouvernements. Non, Severus ne pouvait décidemment pas lui faire confiance. Et donc, pas leur en parler.
Et lui ?
Il était indécis. Il en voulait encore à Dumbledore de ne pas avoir réglé le problème Potter dès le berceau. Il trouvait ça cruel d'avoir élevé l'enfant avec le sens du sacrifice pour ensuite le mener à l'abattoir en espérant qu'il accepte son sort sans broncher. Lui Severus Snape, aurait peut-être été capable de tous les laisser mourir par pur esprit de contradiction (si bien sûr cela n'avait pas impliqué Lily, et maintenant Danitza). Et justement, c'était le fils de Lily. Il ne savait pas s'il serait capable. Capable de tuer Potter s'il le fallait.
Il regarda une nouvelle fois Danitza qui lui sourit brièvement en lui faisant signe de défroncer ses sourcils. Le maître des potions employa un trésor de patiente et de maîtrise de soit pour laisser son visage retrouver un aspect lisse. Satisfaite, elle lui fit cette fois-ci un réel sourire avant de se concentrer de nouveau sur la discussion.
Il ne pourrait pas. Mais s'il a besoin d'aide, Danitza sera là.
-Que ? S'étonna Nelly, c'est plutôt pas mal déjà je trouve.
-Non jeune fille, le 6 est un chiffre magique qui n'est pas indiqué dans ce cas. 7 serait le nombre parfait et au vu des exploits qu'il a fait durant ces dernières années, ça m'étonnerait fortement qu'il n'y ait pas songé. Mais je ne m'y connais pas assez dans ce rituel pour savoir si le chiffre 7 inclus sa partie vivante ou non. Dans ce cas, il aurait achevé son œuvre. Mais rien n'est certain avec cet homme.
-Vous pensez qu'il en a fait un dernier ?
-Ou qu'il va en faire un, dit-elle en hochant la tête. Mais ça ne reste qu'une possibilité. J'étudierai ce rituel dès que possible pour savoir si il doit en faire un dernier ou pas.
-L'épée de Griffondor ? Proposa Remus.
-Inaccessible, dit Severus, et je ne vois personne parmi ses adeptes capables de la faire apparaître.
-C'est exacte, confirma la vieille Lake, seul un vrai Griffondor le peut et il n'en existe moins que nous le pensons réellement.
-Il y en a toujours 2 totalement inaccessible, fit remarquer Remus, et deux autres perdus.
-Non jeune homme, dit Violette alors qu'elle arborait un sourire victorieux, nous en avons au moins un.
-Lequel ?
-Pas de précipitation jeune homme, dit-elle en tapotant gentiment la main de Remus qui baissa les yeux en rougissant légèrement face à son empressement. J'ai pris le temps d'étudier le médaillon, expliqua-t-elle, ils sont très bien protéger et il sera très compliqué à les détruites. Il nous faut savoir comment les détruire avant même de chercher à les obtenir.
-Pourquoi ? Demanda Danitza.
-J'ai vu les effets que cela engendrait sur Draco. La dépendance, dit-elle. Cela change la personne qui le détient. Il devient obsédé, agressif si on essaye de le lui prendre, ça empoisonne l'esprit.
-Et le corps, dit Severus en se rappelant l'état de la main de Dumbledore.
-Nous trouverons, dit Violette avec assurance, en attendant vous aurez une mission mon enfant, dit-elle en s'adressant à Severus qui se crispa comme s'il avait avalé un citron à l'appellation. Vous devez trouver la coupe.
-C'est impossible sans indice, dit-il à contre cœur.
-Il vous en a donné déjà suffisamment, dit-elle avant de tapoter son dossier avec affection. Il a caché ces précédents morceaux d'âmes dans des endroits symboliques. Le diadème est à Poudlard, la bague était dans la maison de sa famille d'après Potter, le médaillon était chez les Black après que Regulus l'ait volé d'une grotte selon Kreattur. Et vous avez dit vous même qu'il avait confié le journal à Lucius. Il reste peut d'endroit symbolique où la dissimuler. Il y a la maison des Potter, son orphelinat, l'Albanie mais c'est à exclure connaissant le personnage, Barjow & Beurk où encore, confié à quelqu'un de confiance.
Il resta un instant silencieux et accepta le dossier qu'elle lui tendit.
-Vous trouverez tout ce que vous avez besoins de savoir dans ce dossier, dit-elle sérieusement. Vous devez trouver la coupe, garder le médaillon en sécurité, et garder un œil sur Draco et les autres morceaux d'âmes … C'est une lourde tâche mon enfant, pensez-vous y arriver ?
-Je le ferai, articula lentement Severus.
-Je t'aiderai, dit Danitza en prenant sa main.
-Danitza, soupira-t-il.
-Non, les coupa Violette, pour vous jeune fille, j'ai une autre tâche à accomplir.
Severus et Danitza se tournèrent tous les deux vers elle.
-Vous allez devoir trouver comment tuer un serpent, dit-elle, de manière si efficace que la magie ou les potions ne pourraient pas le sauver. Et peut-être même quelques hommes. Et comment faire sortir cet enfant de Draco et les garder tous les deux en vie.
Le regard de Danitza brilla de contentement alors qu'elle hochait la tête.
-Quand à vous jeune homme, dit-elle en se tournant vers Remus, j'ai besoin que vous retrouviez Sirius Black. Nous devons connaître le contenu de cette prophétie le plus rapidement possible. Et vous devez garder un œil sur lui. Je crains qu'il ne puisse s'empêcher de retrouver Draco et ça les mettra tous les deux en danger. Dans l'idéale, il faudrait que vous récupériez la prophétie. Vous devez également reprendre contacte avec et trouver un moyen de faire sortir Draco de là quand le moment sera venu, et de le garder en sécurité.
-Oui, affirma Remus avec détermination.
-Quand à vous jeune fille, dit-elle en se tournant vers Nelly.
-Moi ? S'étonna-t-elle.
-Vous avez une famille moldu à cacher d'une part, dit-elle. Et ensuite, j'aurai besoin d'aide pour pouvoir me fondre dans le monde moldu.
-Oh oui bien sûr.
-Et vous ? Demanda Severus finalement.
-Moi, dit-elle pensivement, je résoudrai cette énigme d'une manière où d'une autre. Je me rends en France dans deux semaines afin de découvrir les origines de toute cette histoire. Peut-être que ça dégagera assez l'horizon pour que j'en tire les bonnes conclusions.
-Vous pensez que vous trouverez sans la prophétie ?
-Mon enfant, dit-elle avec amusement avant de tapoter gentiment la joue de Severus qui l'assassinat du regard, j'ai trouvé avec mon mari assez de preuve pour renverser un gouvernement, alors ce n'est pas une prophétie qui me fait peur. Je ne crains qu'une chose en réalité.
-C'est quoi ? Demanda Nelly.
-Le temps, répondit-elle sombrement, et je crains que nous en manquions cruellement.
-La guerre approche, confirma Remus.
Violette secoua négativement la tête avant de regarder par la fenêtre d'un air distrait.
-Draco ne tiendra pas. Et je ne sais pas encore ce que sa mort engendrera. Nous avons beaucoup à faire.
-Qui est votre maître ? Demanda brusquement Severus qui n'y tenait plus faisant sursauter Nelly et Danitza qui se regardèrent avec inquiétude.
-Oh, je crois que vous le savez Severus.
Violette planta son regard noisette dans les yeux noirs de Severus qui chercha à lire en elle avec sa légilimencie. Etonnamment, il ne rencontra pas de barrière mais juste un souvenir. Un homme et une femme visiblement enceinte qui jouait aux échecs devant le feu d'une cheminée crépitant. L'homme brun, le port altier, l'allure strict et des yeux étonnement doré, regardait sa femme avec amour alors qu'il hochait patiemment la tête face à tout ce qu'elle disait. Il la mis en échec et elle parue estomaquée. Il lui sourit doucement mais avec une pointe d'amusement alors qu'elle fronçait les sourcils. Elle se concentra intensément pour tenter de gagner alors qu'il la regardait sereinement et amoureusement. Jamais il ne détourna les yeux d'elle.
-Après tout, continua-t-elle alors que le souvenir s'effritait et que Severus quittait son esprit, nous avons les même motivations.
-Je suis désolé, articula-t-il la gorge serrée. Qui … ?
Il était plus ému qu'il ne l'aurait imaginé car il se revit serrant le corps de Lily sur le parquet d'une chambre d'enfant. Danitza posa sa main sur son épaule et la serra brièvement.
-Pour Spartacus, dit-elle, je finirai ce que nous avons commencé.
-Vous ne désirez pas la vengeance ? Demanda-t-il.
-On ne devrait jamais chercher la guerre, mais être prêt à l'affronter. D'autres m'ont vengé bien que cela n'ait pas été leur but.
-Vous êtes plus sage que moi, admit Severus en regardant distraitement son bras gauche recouvert par sa manche.
-Juste plus vieille, lui dit-elle en secouant la tête négativement. Plus vielle et moins seule. Si je n'avais pas eut les enfants au moment de son emprisonnement, confia-t-elle, j'aurais suivi un chemin sûrement plus sombre que le vôtre Severus.
-Vous n'avez rien à prouver, leur dit Remus prudemment.
-Oh non jeune homme, c'est simplement une histoire entre nous et notre conscience.
Nelly se rapprocha inconsciemment de Remus. La vieille bibliothécaire l'intimidait et l'homme si sombre lui faisait un peu peur. Elle était impressionnée et un peu craintive. Elle n'était pas le genre de personne à être motivée par la vengeance et s'imaginait mal en faire le centre de sa vie. Mais elle comprenait également qu'elle n'avait jamais aimé aussi fort que ces deux là avait pu le faire. Elle ne sait pas comment elle aurait réagit à leur place. Et surtout, elle se sentait impuissante, comme lorsque Daniel avait pénétré son appartement. Ce n'était pas la volonté qui lui manquait, juste les moyens. Elle ne voulait pas faire défaut à Remus, à ces gens qui luttaient contre quelque chose de tellement plus grand qu'eux. Mais ignorait comment leur être utile.
-Il nous faut un endroit où nous rassembler en toute sécurité, dit Danitza. Inconnu de l'ordre et des mangemorts.
-Chez moi, proposa spontannément Nelly.
-Non, votre maison n'est pas protégée, refusa Remus, et les mangemorts n'ont aucune pitié pour les moldus. En plus Tonks sait où vous habitez.
Ils se turent tous pour penser à leur différentes options quand Nelly poussa une petite exclamation en relevant vivement la tête, faisant virevolté ses cheveux blonds autour de son visage.
-Vous avez peur des loup-garous ?
-Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, dit Remus.
Un silence pesant tomba sur le groupe où chacun se regardait. Severus semblait totalement hermétique à l'idée de proposition alors que Violette et Danitza semblaient beaucoup plus intéressée. Remus quand a lui donnait l'impression de vouloir disparaître dans le sol.
-Hors de questions, dit Severus.
-C'est exactement ça, dit Nelly avec un air triomphant alors qu'elle se retenait visiblement de sautiller tant elle semblait excitée, Remus m'a dit que les sorciers craignent et fuient les loup-garous, alors qu'elles sont les chances que l'ont vienne vous chercher sur le territoire d'une meute !
-C'est bien pour une raison, s'étrangla Severus,
-Elle n'a pas tort.
-Danitza !
-Non vraiment, dit Danitza, elle n'a pas tort. Personne n'ira penser à aller chercher parmi une meute.
-Sauf que toutes les meutes ont ralliées le seigneur des ténèbres.
-Non pas toute, dit Nelly.
-Comment par Merlin pouvez-vous le savoir ?!
Remus poussa un petit geignement de dépits en enfouissant son visage dans ses mains. Il fut surpris par la force de l'Islandaise quand elle lui donna une franche accolade dans le dos alors qu'elle lui souriait avec ravissement. Elle semblait tellement pleine de vie et de bonne volonté que Remus se demanda s'il avait rêvé l'horrible soirée où il l'avait découverte recroquevillé dans sa salle de bain alors que son compagnon la battait. Il n'avait pas envi de lui faire de la peine, et puis l'idée était bonne. Et ça lui donnerait l'occasion de rejoindre sa meute.
-Parce que j'ai une maison en forêt, totalement protégée, en bordure de territoire d'une petite meute. Ma meute.
-Ta- Par Merlin Lupin tu as une foutu meute ?!
-Depuis peu, soupira le blond, et j'en ai donné la position à Sirius. Pas la maison, mais la meute.
-C'est parfait, conclu Violette avec ravissement, nous l'aurons à l'œil comme ça.
-Si il s'y rend, dit sombrement Severus, uniquement si il s'y rend.
