Un pas vers lui, deux pas plus loin.

Une semaine s'était écoulée et le printemps qui pointait son nez sans ramener de temps dégagé, n'aidait en rien les gens de Poudlard. Tellement de choses illogiques, tellement de peurs inavouées, d'amitiés perdues, d'attaques inexpliquées et de paroles blessantes. Jamais depuis leur intégration au château magique, les élèves s'étaient sentis aussi peu protégés, aussi apte à mourir sans raison et entourés de si peu de sécurité. Malgré la présence d'un corps professoral imposant, de surveillants présents et agiles et d'un directeur grand de sa réputation, la période noircie ne trahissait plus personne. Petits et plus grands savaient que leurs années de jeunesse allaient être volées.

Chaque semaine au minimum, des évènements tristes et douloureux remplissaient les pages de la gazette et ce depuis plus d'une année. Chaque semaine au minimum, Lily Evans consolait quelqu'un qu'elle trouvait errant dans les couloirs, d'avoir perdu un parent, un voisin ou autre.

Le nom de Voldemort était sur toutes les langues et pour la première fois depuis le début de son ascension, la mort d'un membre du magenmagot par l'un de ses partisans à visage découvert lui fut directement allouée. Les gens savaient, à présent, ce mage ne reculait et ne reculerait devant rien.

Les maraudeurs n'étaient plus ce qu'ils étaient, Sirius ne pardonnait toujours pas à Rémus d'avoir à ce point si peu de foi en lui, bien que Rémus ne présenta pas d'excuses directes, ce dernier savait qu'il avait peut-être accéléré sur ses conclusions, il ne savait toujours pas ce que gardait Sirius comme secret mais les paroles sensées de Lily et les sermons incessants de James le firent capituler. Marlène, elle n'avait jamais été vue aussi calme, aucun élève de Poudlard ne l'avait jamais vu aussi pacifique et indifférente. En se laissant aller avec Benjy, elle avait réalisé qu'elle n'avait vraiment de recul devant rien et que ses comportements impulsifs étaient encore plus irresponsables qu'elle le pensait. Elle avait aussi mal pour Sirius, elle avait mal d'être attirée par la seule personne instable émotionnellement, la seule personne qui ne s'engageait jamais, la seule personne aussi impulsive et irresponsable qu'elle. Elle avait une rage enfouie contre ce qui se passait dans le monde externe, mais celui interne aussi, elle avait mal de savoir que peut-être une amie ou une connaissance à elle, cherchait à ce point à ternir le monde autours d'elle. Marlène McKinnon, était blessée en cette période, ce qui ne diminuait en rien sa force, mais son calme ne présageait rien de bon. Tout comme ce bon vieux calme avant la tempête.

Mary Macdonald ne venait plus aux entrainements lorsqu'elle apprit que Darius Weasley avait été suspendu pour avoir attaqué Lily. Son camarade de maison n'avait rien d'un fou furieux qui voudrait du mal aux autres et pourtant le voilà qui punissait la personne qui lui plaisait le plus dans ce château. Mary ne savait plus en qui avoir confiance, elle préféra s'isoler entre ses cours et sa salle commune, recevant souvent des lettres de Severus et Lily qui prenaient de ses nouvelles.

Frank Londubat, perdit son père dans cette guerre. Il reçut la nouvelle, un matin de la dernière semaine de Mars. Sa mère était venue en personne à Poudlard, une femme imposante et certainement bien connue pour sa langue bien pendue. Elle était d'une franchise et froideur déroutantes. Elle entra dans le bureau du directeur avec qui elle s'entretint pendant de longues minutes, avant de laisser entrer Minerva, Pomona et Silvanus Brulopôt, qui connaissaient Monsieur Londubat très bien. Les trois professeurs présentèrent leur condoléance à Augusta Londubat, qui hocha la tête et cligna des yeux lentement, puis arrangea sa coiffe et se racla la gorge en débitant pompeusement.

- Nous savions ce qui nous attend, en prenant position. Il a toujours préparé tout le monde à sa disparition, au moins, il n'a pas beaucoup souffert. Paix à son âme.

- Frank est-il au courant ? Demanda Minerva en reniflant.

Minerva Mcgonagal avait connu Tristan Londubat, durant ses années à Poudlard, mais aussi dans son implication sans retenue à la capture de ce lord prénommé Voldemort. Depuis une petite décennie, une guerre secrète menée par Dumbledore qui refusait de laisser un autre Grindelwald prendre possession de pouvoirs extrême, avait été instauré. Les duels n'en faisaient pas parti, les attaques directes non plus, seulement Dumbledore réunissait des fidèles partout dans le royaume et ailleurs afin de contrer les idéologies néfastes de ce mage, mais aussi de le limiter dans l'acquisition de ces pouvoirs.

Tom Jedusor avait été élève à Poudlard, avec le père de Frank, Tristan Londubat. Tristan l'avait connu personnellement, alors le jour où Albus Dumbledore se confia à son ancien élève prodige en partageant avec lui le secret de l'identité de Tom. Ce dernier n'hésita pas une seconde avant de se vouer corps et âme à cette cause, il connaissait le pouvoir de persuasion de manipulation de son ancien camarade, alors il offrit son aide entièrement à la cause de Dumbledore.

Minerva avait été celle qui avait conseillé à Tristan d'étudier l'occlumancie, pour pouvoir mener la quête dangereuse qu'il voulait mener : trouver une faille dans les plans de Voldemort et détourner ses partisans de lui. Pour cela, Tristan devait être parfaitement impassible, que le mage lui-même ne puisse entrer en contact avec sa mémoire. Ainsi, il devint brillamment, l'un des proches des mangemorts qui voulaient récupérer des postes au ministère. Tout se déroula parfaitement bien durant six ans, jusqu'à ce que Rabastan Lestranges se mette à douter de lui en entendant une conversation se dérouler entre Tristan et Hagrid sur une Chambre des secrets et qui en serait le véritable coupable.

Rabastan rapporta l'information à Voldemort qui n'hésita pas une seconde à éliminer une personne qu'il avait accueillie parmi eux depuis des années. Voldemort affronta Tristan et obligea Augusta à se cacher dans leur chambre. Sachant que sa femme ne se tiendrait pas tranquille et voudrait venir à son secours, dès qu'il comprit que le mage noire venait lui régler son compte, il ordonna à sa femme de rester cachée, la rendit invisible aux yeux de n'importe quel humain et lui fit jurer de prendre soin de ses deux enfants, Frank et Eleanor. Augusta refusa mais il lui fit jurer de ne pas bouger d'écouter et se rappeler de tous les détails possibles de ce qui lui arriverait avec Voldemort et en aucun cas qu'elle n'apparaisse devant le mage noir.

Augusta resta dans la chambre de leur appartement à Londres, elle devait être forte. Elle devait être aussi forte qu'il a toujours voulu qu'elle soit. Augusta pleura pour la première fois de sa vie cette nuit-là et plus jamais un malheur n'eut à la faire sombrer. Ecouter son mari mourir, avait tout enlevé d'elle.

- Je lui dirai dans quelques minutes. Le temps qu'il finisse sa ronde.

Pomona regarda Augusta comme si elle ressemblait à une créature inédite qu'elle ne saurait jauger. Le jeune homme venait de perdre son père, mais sa mère préférait le laisser surveiller des enfants au lieu d'accourir consoler son propre enfant. Elle ne dit pas un mot et s'assit près de Silvanus.

- Chers amis, trinquons pour notre ami Tristan et rappelons-nous toujours de l'homme brave et rieur qu'il a toujours été.

- Un homme fabuleux et tu as raison Albus, malgré tout ce que nous avons partagé ensemble, son sourire est la chose qui ne quittera pas nos souvenirs. Déclara Minerva en se mouchant le nez pour la énième fois.

Augusta renifla et lui sourit légèrement. Elle ferma les yeux un instant, les ouvrit, hocha la tête et trinqua avec ses amis. Elle sortit quelques minutes plus tard, et se dirigea vers la tour de Gryffondor. Elle ferma les yeux et se remémora ses années à Poudlard. Elle n'aurait jamais pensé que sa vie serait ce qu'elle serait quelques années plus tôt, elle était une élève moyenne et discrète, elle n'était pas connu pour être forte et ses amies à Gryffondors avaient toujours été à ses côtés, d'ailleurs c'était l'une d'elles qui lui avait présenté Tristan quelques années après ses Aspics.

- Maman !?

Augusta trouva son fils en compagnie d'une jeune fille maigre aux cheveux courts, une brune aux yeux rieurs. Elle tenait le bras de son fils et le pressait trop fortement, pour qu'ils ne soient que de simples amis. La jeune fille en entendant, le mot que décréta son petit ami, lâcha le bras, se tint droite et vira au cramoisie.

- Bonjour tante Augusta.

- Bonjour Alice. Frank, fiston as-tu fini ta ronde ? Nous avons à causer.

Frank regarda sa mère et y lut comme dans un grimoire ouvert. Il la fixa longtemps et cette dernière ravala sa larme. Elle devait être forte pour lui aussi et accepter la haine que lui avait dirigé sa grande fille qui venait à peine de connaître les joies du mariage. Elle cligna des yeux plusieurs fois, alors Frank chassa son dernier doute.

- Quand ? Réussit-il à murmurer la gorge serrée.

- Hier soir. Répondit Augusta avec la même voix.

Alice fit quelques pas en arrière et ne sut où se mettre, que faire, qui consoler, comment poser la question. Elle voulait être présente pour son petit-ami et voulait offrir son soutien. Mais comment faire ?

Frank hochait la tête continuellement comme pour imprimer cette affirmation, pour la forcer à entrer dans son esprit.

- Je… Que ?

Frank se tourna vers Alice en se rappelant qu'elle était là. Il tenta de lui expliquer mais dire la phrase était plus dur qu'il ne l'avait pensé.

- Jeune fille, peux-tu nous laisser un moment ?

- Oui, désolée pour...

- Attends.

Frank la serra contre lui en la laissant partir.

- C'est ta petite amie ?

- Ce n'est pas le moment.

Il suivit sa mère qui le guida au parc. Il était encore tôt, les élèves n'avaient même pas encore commencé à aller prendre leur petit-déjeuner et les cours ne commençaient que dans une heure. Augusta fit asseoir Frank sur l'herbe en faisant apparaître une nappe de pique-nique de nulle part. Il sourit, sa mère ne pouvait s'empêcher de vouloir intégrer son style peu importe la situation.

- Il a souffert ?

- Non, mon garçon.

Elle s'assit près de lui et lui tint la main. Elle respira profondément, lui déposa un baiser sur le front et déclara avec une voix enrouée.

- Tu dois savoir que tout ce que je vais te raconter, il voulait que je te le dise et il voulait que je fasse ce que je fais, tu connais ton père, personne ne peut rien contre lui et il savait ce qui allait se passer, avant que ça se passe.

Frank ne parla pas, alors sa mère se mit à narrer tout ce qui se déroula la nuit dernière en précisant le vrai rôle que jouait son père depuis maintenant six ans. Lorsqu'elle donna à son fils, tous les détails possibles, Frank se laissa tomber sur l'herbe. Des larmes coulèrent à flots et il ne réussit pas à dire un mot, pas un seul, pas une seule pensée. Des minutes passèrent, il ne fit que pleurer comme un enfant, puis sans préavis, il se releva et regarda sa mère, droit dans les yeux.

- Tu as été brave maman. Très brave.

Alors, Augusta s'effondra. Elle tomba sur les genoux de son fils et pleura toutes les larmes de son corps. Frank tapota son épaule, puis son dos, puis essaya son front, puis retira son chapeau et caressa ses cheveux.

- Maman. Ça ira. On s'en sortira, papa est mort en héros. Ça ira, maman, promis, toi, moi et Eleanor nous survivrons.

- Ta sœur me déteste Frank… Elle m'a dit des choses horribles. Elle a dit que je l'ai laissé pour mort, elle… Elle a dit que je n'étais pas une vraie sorcière… Que je voulais… me débarrasser de ton père… comment ?

- Maman, arrête. Elle est sous le choc, elle ne pense à rien, elle dit n'importe quoi. Calme-toi maintenant, papa doit être fier de toi, promis. Tu sais ce qu'on va faire maintenant ?

- Quoi ?

- On continuera à nous battre. Je finis dans deux mois, et je n'arrêterai pas jusqu'à ce que justice soit faite.

Augusta regarda son fils comme si elle le voyait pour la première fois, cet enfant qui voulait jouer tout le temps, qui était trop respectueux pour son âge, qui aimait avec passion déjà tous ses proches et qui ne faisait pas de mal à une mouche. Ce petit enfant qui voulait toujours qu'elle fasse voler des objets bruyants sur sa tête avant qu'il dorme, parce qu'il avait peur du silence. Cet enfant qui, quelques années encore, était son bébé. Le voilà, qui était devenu un homme et elle ne l'avait même pas vu. Il était l'homme que son père voulait qu'il soit.

- Frank. Rentre avec moi à la maison, Albus te laissera partir.

- Je ne peux pas maman, j'ai mes Aspics. Je dois travailler.

Frank continua de bavarder avec sa mère, puis l'accompagna au bureau de Dumbledore et revint se réfugier dans son antre de Préfet-en-chef.

- Frank !

Alice courut vers lui et ne desserra son étreinte que lorsqu'il se détacha d'elle. Elle le regarda tristement et lui demanda si elle pouvait faire quelque chose.

- Oui.

- Ce que tu veux chéri.

- Ne change pas ton comportement avec moi, s'il te plait. J'étais toujours le moins dur, pour ne pas dire l'éponge, et toi tu m'as secoué toujours. Ne change pas ça.

- Je ne le ferai pas, promis. Je serai là pour toi, mais je ferai comme me l'avait demandé Lily l'année dernière. Pas de pitié juste des fous rires.

- Ça me va.

- Et quand tu es prêt à en parler je suis là.

- Je sais, ma puce.

Il lui embrassa le front et la ramena contre lui. Alice leva sa baguette et fit tourner le tourne-disque de Lily en mettant une chanson des Beatles.

- Tu sais quoi ?

- Hum… Fit Frank qui n'arrivait pas à chasser la douleur dans son corps.

- Je crois que ta maman a compris que nous sommes ensemble, elle risque de le dire à mes parents qui vont m'étriper d'être tombé amoureuse du fils parfait de leurs amis.

Frank sourit et la regarda avec amour. Elle avait ce don, de tout tourner à l'humour et elle l'aidait souvent avec ça.

- Surtout ma mère. Elle va m'expliquer comment je lui fous la honte depuis que j'ai appris à parler.

- Elle te dit toujours ça ?

- Maintenant, elle dit pire, alors ma fille bien passée ton année ? Combien de gens te haïssent plus que l'année dernière ? Qui menace intérieurement de te ligoter au calamar géant ? Quelle catastrophe va me raconter Minerva sur ton comportement ? Quand vas-tu grandir ? Quand ?

Frank agrandit son sourire.

- Tu n'es pas si terrible !

- Mais elle ne le sait pas. Elle pense que je suis toujours la peste des premières années et quand je lui dis que je me suis calmée, elle ne me croit pas. Quand je lui dis que des gens peuvent en témoigner, elle me demande à quel point je maitrise le sortilège de confusion.

A ce moment-là Frank rit. Les yeux humides et le regard triste, mais le sourire sur ses lèvres et la jeune fille auprès de lui, lui donnèrent une bouffée d'air un peu plus supportable. Il n'allait pas admettre qu'il n'avait pas mal, qu'il n'était pas en colère, qu'il ne haïssait pas profondément pour la première fois de sa vie. Il n'allait pas mentir en déclarant que tout irait bien, non. Tristan avait préparé Frank et ce dernier avait compris depuis quelques mois déjà que tout ce qui venait ne serait que combat. Même les évènements au sein de son école attestèrent de la gravité de cette ère.

Susan Perry entra à ce moment-là, elle vit Alice auprès de Frank et essaya de repartir quand celui-ci l'interpela.

- Peux-tu finir mes rondes avec quelqu'un aujourd'hui ?

- Pourquoi ?

- Il… Commença Alice.

- Je ne me sens pas d'attaque. Interrompit Frank.

- D'accord, mais tu me revaudras ça. Alice, Dorcas te cherche, elle a dit que c'était urgent.

Alice regarda Frank et celui-ci lui demanda de partir sans s'inquiéter, elle lui promit de revenir dès qu'elle pouvait.

- Tu es sûr que ça va, Frank ? Tu ne rates jamais de ronde. Demanda Susan.

Il haussa les épaules et monta se refugier dans sa chambre. Il devait réfléchir, il devait suivre ce chemin qu'il avait l'intention de prendre, il devait honorer le travail assidu de son père et il travaillerait avec Dumbledore, avec ou sans le consentement de sa mère. Il pensa à Alice en se demandant si elle serait combative à ses côtés ou protectrice de lui. Voudrait-elle se battre ? Ou voudrait-elle se protéger et s'éloigner ? Que deviendraient-ils ?

- Alice. Tu étais où ?

Alice avait pleuré tout le long du couloir qui menait vers sa tour, elle ne voulait pas pleurer devant Frank. Elle appliquait les conseils de Lily à la lettre et pourtant voir son petit-ami vivre ce chagrin lui ôtait toute force qu'elle croyait avoir.

- Qu'est-ce que tu as Dorcas ?

- J'ai fait un rêve. J'ai fait un rêve, il faut qu'on trouve Frank. Je crois qu'il court un danger, ou qu'un membre de sa famille court un danger.

Alice ferma les yeux et tira son amie vers elle.

- Le père de Frank a…

- Oh mon dieu !

- Oui, hier soir.

- Comment ?

- Par tu-sais-qui en personne.

Dorcas se tint le cœur et s'assit près de son amie en se demandant qui serait le prochain. Au même moment, Dorcas aperçut Sirius s'approcher d'eux.

- Alice. Où est Frank ?

Alice regarda Sirius avec des yeux de merlans frits.

- Pourquoi ?

- Je… Je dois le voir.

Alice fronça les sourcils.

- Qu'est-ce que tu sais ?

- Comment va son père ?

- Comment tu le sais, Sirius ?

- Ma cousine a entendu sa sœur parler d'un guet-apens, elle a entendu le nom Londubat.

- Ils l'ont tué. Lança Alice avec venin. Ne me dis pas que c'est encore la faute d'un des tiens !

Soudain l'expression de Sirius changea, passant par la compassion extrême à la colère noire. Dorcas écarquilla les yeux et pour la première fois de sa vie ressentit de la peur en voyant Sirius.

- Patmol, je te cherchais.

James remarqua l'expression de son ami, celle d'Alice et la peur dans les yeux de Dorcas.

- Il se passe quoi encore ?

Sirius sortit sans un mot et jeta un sort sur le premier élève lui barrant le chemin. James le suivit en courant et le tira vers le terrain de Quidditch, en route, ils rencontrèrent Rémus et Susan en ronde. Rémus s'arrêta net en voyant ses deux amis, mais le regard de Sirius le dissuada de parler. Il l'avait blessé. Rémus était sa deuxième famille avec les deux autres, et il l'avait jugé à cause de la famille qu'il passait son temps à rejeter. Le Lycanthrope ressentait de plus en plus de remord, mais n'arrivait pas à s'excuser clairement auprès de son ami.

- Il se passe quelque chose de bizarre ce matin. Lança Susan.

- Tu es toujours avec le Serpentard ?

- Depuis quand tu es aussi curieux ?

- Je l'ai toujours été Susan. Lança Rémus malicieusement.

- Oui, pourquoi, je t'intéresse ?

- Tu es vieille pour moi Perry.

- Sale môme on ne dit pas ça à une fille.

- Désolé. Alors tu fais quoi avec lui ?

- Tu ne l'aimes pas ?

- Il me parait pas très honnête, il a vraiment l'air de profiter de toi, d'être jaloux de toi et des fois-même, il disparait et dans nos rondes, on passe notre temps à le chercher, tu ne penses pas qu'il trafique quelques choses ?

Susan pensait que Selwyne la trompait sûrement, mais elle n'avait personne à qui en parler, puisque leurs amis étaient des amis en communs et que Rémus pose des mots sur ses peurs lui donna envi de se confier à son cadet.

- Si. Mais je ne suis jamais arrivée à trouver quoi que ce soit sur lui, donc ça ne reste que des doutes.

- Et quand tu lui poses la question ?

- Il dit qu'il traine dans les cachots avec ses amis.

- Tu l'as déjà espionné ?

- Pas vraiment, je ne le suis pas, si c'est ça que tu demandes.

- Tu devrais…

- Pourquoi tu dis ça, Lupin, tu sais quelque chose ?

- Pas du tout, mais j'ai des doutes aussi et je t'apprécie Susan, je ne voudrai pas le voir profiter de toi.

- Tu es un brave garçon. Dommage que tu me trouves vieille.

Elle lui sourit et il ricana en entrant dans la grande salle. Lily était en train de prendre son petit-déjeuner à moitié endormie.

- Evans, tu devrais dormir, tu as des cernes horribles. Lança Susan avant de laisser Rémus et Lily et s'éloigner.

- Elle ne m'aime pas cette fille.

- Elle est jalouse, tu t'en fous. Ça va Lily ?

- Moyen, je veux dormir, mais je n'arrive pas.

- Tu fais encore des cauchemars ?

- Ouais… Passe-moi un peu de beurre s'il-te-plait.

- Tiens… Prends des potions.

- Merci. Non, non, ça me rend folle, on dirait que ça a des effets secondaires sur moi.

- J'imagine. Où sont les filles ?

Elle haussa les épaules, cala sa tête sur sa main libre et mâchouilla lentement son toast au beurre et à la marmelade.

Quelques minutes plus tard, entra Peter, suivi de Marcus, puis Maisy et enfin tous les cinquièmes années se retrouvèrent assis côte à côte sur la grande table. Marlène assise près de la cavalerie de filles avec qui elle partageait son dortoir, ne mangea rien, elle se contenta de les surveiller tous un par un, avant de se tourner vers ses amis.

- Arrête de chercher. Lui murmura Rémus.

- Je n'arrive pas. J'en deviens malade.

Il lui tapota l'épaule et retourna à son assiette. Soudain, Gideon Prewett entra en trombe et se dirigea vers la table des professeurs, il parla en vitesse au professeur Mcgonagal qui le suivit. Marlène les suivit du regard, puis posa ses yeux sur Sirius qui la fixait. Le retour de Gideon signifiait qu'il pouvait attester la version de Marlène sur Regulus puisqu'il l'avait accompagné lui-même au terrain ce fameux matin et le terrain était encore scellé. L'école cesserait peut-être de prendre Marlène et Sirius pour des menteurs et peut-être Regulus reviendrait.

Dorcas suivaient les autres du regard et ses yeux devinrent humides.

- Qu'est-ce que tu as Dorcas ? Demanda Marcus.

Elle ne dit rien, puis vit la gazette auprès d'elle. En gros titre, « disparition d'un ancien employé du ministère, Tristan Londubat, aimé et cherché par toute la communauté ». Elle jeta le journal au Gryffondor de cinquième année, mais Lily fut plus rapide. Elle écarquilla les yeux et voulut se lever, quand Sirius la retint par le bras.

- Il n'a pas disparu, il est mort. Alice est avec Frank maintenant.

Toutes les personnes qui entendirent cette information se turent, plus aucun son ne fut émis. Cette fois-ci, la disparition était plus proche que d'habitude, cette fois-ci, c'était comme avec Lily, l'année dernière, ce n'était pas un oncle lointain et vieux, ou une mystérieuse collègue que tout le monde appréciait, ce n'était pas un cousin ou une arrière-grand-tante, c'était le père. Le père d'une famille de sang-pur, le père de leur ami, le père du garçon qui protégeait tout le monde dans ce château.

Marlène mit un poing dans la table et se leva, faisant sursauter la moitié des élèves et se dirigea vers le table des professeurs. Elle demanda un mot au professeur Dumbledore et décida enfin de tout lui narrer, comme ils s'étaient promis avec les maraudeurs dans leur QG deux semaines de cela.

Le directeur acquérait les informations dans son bureau, lorsqu'il entendit des bruits devant sa porte. Il s'excusa alla ouvrir et accueillit James, Sirius, Rémus, Peter, Lily et Dorcas.

Cinq minutes après le début des cours, il hocha la tête en regardant les sept personnes en face de lui.

- Je vous remercie d'avoir partagé avec moi vos expériences et je vous informe que nous savons déjà la plupart de ses théories, nous savons pour ce groupe prénommé Lautus et nous faisons en sorte de déterminer si son auteur est même au sein de ce château ou non. Vue les correspondances écrites, nous tentons d'avoir des autorisations pour fouiller tous les courriers avant d'être remis aux destinataires. Seulement, je ne suis pas très fervent de cette méthode donc je m'efforce de trouver d'autres moyens avec les surveillants de trouver la tête du groupe.

- Pourquoi ne pas attraper les autres alors ?

- Nous avons besoin du dirigeant du groupe avant de nous occuper des autres, et je vous assure personne n'y échappera. Déclara Dumbledore en souriant.

- Seulement, ils continuent.

- Ils ne feront mal à aucun élève, je surveille tout et tous les antidotes et antisorts sans déjà à la disposition des surveillants professeurs, préfets-en-chef et bientôt préfets et chefs de groupes (que ce soit d'études, ou des clubs, ou autres…)

- Qu'en est-il des cheminées ?

- Vous et moi, cher Sirius, savons que je ne les condamnerais jamais, elles restent un moyen de communication pour certains ayant besoin d'aides externes.

Sirius comprit alors que Dumbledore connaissait l'objet de sa correspondance.

- Ce qui arriva au père de Frank, c'est à cause d'un Lestranges ? Demanda Sirius.

Le directeur le regarda longuement, puis hocha la tête. Il ne put s'empêcher de remarquer l'air coupable de Sirius.

- Il faudra savoir Sirius, que nous ne sommes pas ce que nous sommes nés, mais ce que nous décidons de devenir. Je vous ai toujours appelé par votre prénom, ça voudrait vouloir dire quelque chose ?

Sirius hocha la tête.

- Regulus doit revenir professeur. Lança James.

- Une théorie ?

- Il sera plus en sécurité ici, il sera plus maitrisé, moins contrôlé et moins sujet à quelconque pensées euh… pas très…

- Pensées élitistes ? Demanda Rémus.

- Voilà. Il n'est pas derrière ses attaques, c'est tout ce qui compte maintenant. Mais les personnes qui veulent lui faire porter le chapeau…

- Doivent partir ? C'est le même principe monsieur Potter, c'est aussi des enfants et adolescents mal orientés.

- Mais qui agissent.

- Il y aura des répercussions à leurs agissements, dès que nous saurons qui a initié le Lautus.

- Et pour Regulus ? Demanda Marlène.

- Il reviendra, j'y veillerai personnellement. Maintenant, vous sept et si je n'ose me tromper vous êtes huit si nous comptons Alice Fawley avez fait un travail remarquable si je ferme l'œil sur les règlements que vous avez du enfreindre, je vous donnerai sûrement deux cent points en plus, mais vue les moyens utilisés pour arriver à vos conclusions, je vous donne seulement cinquante points en plus. Essayez de les garder, monsieur Potter. Et ma porte vous sera toujours ouverte.

- Monsieur, nous avons dix minutes de retard. Lança Lily avant de franchir la porte.

- Vous n'avez qu'à dire à votre professeur que vous avez aidé un vieil homme à monter la tour d'astronomie et que ce vieil homme se trouve être son directeur.

Lily le regarda outrée et ne put s'empêcher de rajouter autre chose devant son sourire et son geste de la main expéditif. Lily, Dorcas, Rémus et Peter allèrent en cours, alors que Marlène, Sirius et James allèrent trouver Frank.

La semaine qui suivit par respect pour leur ami, James et Sirius ne firent perdre aucun point, ne firent aucune bêtise et n'entravèrent à aucun moment le travail des préfets et préfets-en-chef. James cria même une fois sur des élèves qui s'éclaboussaient de bombe à eaux, en les forçant à nettoyer et aller jeter les bombes dans les toilettes de Mimi geignarde.

Seulement, le jour de son anniversaire, il ne put réprimer sa nature plus longtemps. Entre remplir le château de Beuglante qui rappelait à tous les élèves que c'était l'anniversaire de James Potter, ou encore de faire apparaître des gâteaux volants dans les classes, ou faire porter à une multitude de première année des tenues de Quidditch et les forcer à venir lui chanter joyeux anniversaire dans ces heures de pause, les idées fusaient par milliers. Sirius lui avait même présélectionné une liste de filles acceptables pour accompagner James à son anniversaire et leur faisait passer un casting en leur demandant des choses plus ridicules les unes que les autres. Peter avait passé la journée à voler des choses de la cuisine, mais aussi du chaudron baveur pour préparer la fête de ce soir. Quant à Rémus, il était chargé d'envoyer des invitations pour les personnes qui ramenaient les cadeaux les plus originaux.

Lily avait une journée chargée ce jour-là, elle avait eu cours toute la journée, puis avait eu une réunion au club de Slug, ensuite une ronde à effectuer avant de rentrer. Elle était esquintée et ne pensait qu'à son lit, même son ventre qui gargouillait l'importait peu.

Alors à vingt deux heures, lorsqu'elle entra dans sa salle commune, elle se retint de crier. Des filles par milliers remplissaient leur salle, elle était même certaine de ne jamais les avoir vues dans cette salle. Elle réalisa que leur salle commune était insonorisée, sinon avec le boucan existant, elle aurait entendu tout cela à des kilomètres à la ronde.

James Potter était assis dans un siège qui ressemblait à un trône avec plusieurs filles qui dansaient près de lui, un gâteau presque fini trônait au milieu de la salle. Rémus était en pleine discussion avec une jeune blonde un peu plus loin, Sirius, forcément enivré dansait avec deux filles en leur jetant du papier mâché sur la tête et en criant : « je vous offre ma grâce et ma délicatesse, dansez avec, dansez ! ». Peter et Marcus jouaient à un bras de fer, pendant que Dorcas mangeait un morceau de gâteau en compagnie de Bilius. Les jumelles se mirent à danser aussi autours de James qui leur donnait des notes. Marlène se déhanchait sur un canapé en compagnie d'un jeune garçon en Septième année et pour couronner le tout, Ayni était à son tour complètement soule et tentait de faire danser Mary Macdonald avec un foulard autours de sa taille. Lily s'approcha et réalisa que la fille en question était Evelyne Dean et non Mary.

Lily se tint la tête. Ils avaient perdu la tête ! Puis elle resta debout et fixa Marlène. Sa meilleure amie, avait beau rire en dansant, elle se remplissait le verre à une vitesse ahurissante, comme pour oublier de penser, oublier tout. Rémus qui faisait semblant de sourire à la jeune fille auprès de lui, jetait des regards meurtris vers Dorcas, des regards d'un cœur brisé qui avait cessé de se battre. Sirius, lui, était tellement loin de la réalité, qu'il devait forcément s'imaginer une autre vie. Soudain, Lily percuta.

Lily réalisa enfin qu'aucun d'eux n'était irresponsable, mais ils voulaient le devenir, aucun de ceux qu'elle venait de toiser n'avait de contrôle sur sa vie au quotidien, ils grandissaient tous malgré eux et vivaient tous un malheur malgré les efforts d'être heureux, ils avaient tous besoin d'oublier une seule nuit et pour la première fois de sa vie, Lily se versa un verre sans que personne ne l'oblige.

Elle arracha un verre à Ronald et l'ingurgita cul-sec. Ronald sifflota, quand Casey s'approcha d'elle en lui offrant une part de gâteau.

- C'est super bon.

- Merci.

- Tu ne vas pas arrêter cette fête n'est-ce pas ? Demanda Casey la suppliant des yeux.

- Je ne suis pas la seule préfète. Entonna Lily en prenant un deuxième verre.

- Tu es la plus effrayante.

- Pas ce soir. Passe-moi la friandise à ta droite.

Casey s'exécuta, puis trinqua avec Lily. James tourna le regard à ce moment-là. Il cligna des yeux plusieurs fois, Lily et Casey trinquaient dans son anniversaire. Lily Evans buvait ? Et elle n'avait pas fait de scandale. Il n'avait même pas fait attention à l'heure à laquelle elle avait rejoint la fête, alors qu'il avait passé la journée à la chercher.

Il ne la quitta pas des yeux et son cœur se mit à battre si fort en voyant son sourire qu'il crut avoir une attaque cardiaque. Elle lui manquait, elle lui manquait même quand elle se trouvait assise près de lui. Il continua de la fixer, et comme toujours, remarqua tous les détails concernant ses expressions, son sourire vrai, mais ses yeux fatiguées, ses joues qui rosissaient de chaleur à présent, sa posture moins imposante, son pied droit qui tapait au rythme de la musique, ses cheveux qu'elle tenait en queue de cheval et ses mains hésitant à se resservir.

Il voulait aller la prendre dans ses bras, il voulait chasser tout le monde, danser avec elle, rire aux éclats, boire avec elle, oublier avec elle, l'embrasser, puis s'oublier dans ses bras. Il voulait qu'elle le voie comme il la voyait, mais elle ne le voyait pas.

Alors, il repoussa la fille assise sur l'accoudoir et se dirigea vers Lily. Elle ne le voyait toujours pas, puis il poussa la personne devant elle et vint se planter dans son champ de vision.

Elle le regarda puis pouffa de rire devant son expression sérieuse.

- Tu m'accordes cette danse ? Demanda-t-il en ignorant son regard moqueur.

- Je ne suis pas bourrée, Potter.

Elle lui tourna le dos, puis il la suivit.

- Sérieusement, je ne vais pas te mordre.

- Je n'ai pas envie de danser.

- C'est pour ça que tes pieds bougent seuls et que tu dandines ta tête ?

- Oui, ça dans mon monde c'est un signe de faim.

- Alors je t'emmène manger aux cuisines.

- Je peux le faire toute seule.

- Je t'accompagne comme ça personne ne te kidnappe.

- Qui te dit que je ne veux pas qu'on me kidnappe ? Hurla Lily en riant.

- J'en étais sûr ! Je l'ai toujours dit. Non, mais les malheurs n'arrivent qu'à Evans. Mais qui nous dit qu'Evans n'aime pas le malheur ?

- Follement même, je ne peux pas vivre sans drame.

Lily ne s'en rendait pas compte, mais leurs joutes verbales, les avaient rapprochées. Pour pouvoir s'entendre dans ce brouhaha, ils étaient à quelques centimètres l'un de l'autre.

- Ben, ça tombe bien mon deuxième prénom c'est Drame. Cria James pour se faire entendre

Lily sourit puis hocha la tête.

- Sérieusement ne me dis pas que des filles tombent dans ça. Faut améliorer le niveau si tu veux en avoir une de décente Potter.

- Pour répondre à ta question, celles-ci, là-bas, je n'ai même pas eu besoin de leur parler, donc faire un effort et les draguer les ramènent directement au manoir demander ma main.

- Oh doux misérable ! C'est plus grave que je ne croyais. Tu es déjà allé voir un médicomage pour ta tête disproportionnée ?

- Il a dit qu'elle allait bien à un autre membre disproportionnée que j'ai.

Lily ouvrit grand les yeux, puis lui asséna un coup dans le ventre.

- Tu es abjecte ! Je n'y crois pas, tu dépasses l'entendement ! Tu es un porc !

- Alors vas-y apprends-moi. Maitresse de la drague, et génitrice de la langue acerbe.

- Que je t'apprenne ?

- Oui, vas-y comment tu draguerais toi ?

Lily but un autre verre et arqua son sourcil.

- Je ne te dois rien.

- Tu me donnes des leçons, alors corrige-moi. Je suis sûr que je vais adorer, allez ! Punis-moi ! Cria-t-il avec une voix sensuelle en attirant l'attention sur eux.

- Tu es vraiment malade !

- Yep. Et ça n'a pas de remède apparemment.

- J'en étais sûre ! Hurla Lily en joignant ses poings en un signe de triomphe.

- Tu n'en as aucune idée. Dit-il avec un sourire malicieux en approchant son visage du sien.

- Oh que si. Répondit-elle en le fixant dans le blanc des yeux, ne réalisant toujours pas qu'il était aussi proche d'elle.

- Tu ne peux savoir que si tu souffres de la même chose, alors ?

Lily qui en était à son sixième verre sentait qu'elle n'arriverait pas à tenir longtemps dans cette conversation trop compliquée.

- Je suis au-delà des souffrances crois-moi, j'ai dépassé le cap et j'ai atterri dans l'île de l'indifférence. Finit-elle par dire après un long moment de réflexion.

James remarqua qu'elle était moins lucide.

- C'est ce que tu veux faire croire aux autres, mais tu sais Evans. Dit-il en lui touchant le nez. Tes yeux te trahissent, tes yeux te trahissent toujours.

Lily en sentant le doigt froid de James sur son nez réalisa que si elle se mettait sur la pointe des pieds ses lèvres toucheraient les siennes, alors elle recula d'un pas et réalisa la proximité dans laquelle, ils se trouvaient, elle regarda autours d'elle et sans avoir besoin de tendre l'oreille réalisa qu'en parlant à James, elle avait oublié tous ces gens autours d'elle, elle avait oublié le bruit tonitruant, les rires, les bagarres, les verres qui tombaient, la musique forte, la foule. Elle se tourna vers lui à nouveau et se remémora sa dernière phrase, ses yeux. Elle fixa les siens et ne sut quoi en déchiffrer.

- Mes yeux expriment ce que je veux, mais les tiens sont tellement perdus dans ton esprit si vide, qu'ils ne savent plus quelle tendance suivre.

- Ils suivent la tendance de leur cœur et quand celui-ci se perd, ils se perdent.

Lily le regarda étonné et ne lui avoua jamais, mais ces mots pouvaient être profonds et touchant par moments.

- Arrête de prétendre que tu as un cœur Potter.

- Tu fais des rimes avec mon nom ?

- Il y a aussi harceleur, si tu veux…

Il éclata de rire et elle ne put s'empêcher de le suivre.

- Alors danse avec moi.

- Mais tu ne vas pas lâcher l'affaire ? Je n'ai pas envi de danser avec toi Potter. Je ne supporte même pas que tu t'approches, bien sûr que je ne danserai pas avec toi ! Lança-t-elle.

- Mets-toi d'accord avec tes yeux, ils ne disent pas la même chose. Dit-il avec un grand sourire en s'éloignant d'elle.

Il ne se tourna pas mais savait pertinemment qu'elle le fixait. En s'asseyant sur sa chaise et en poussant deux jeunes filles autours de lui, il daigna enfin la regarder et comme prévu, elle le fixait encore, n'ayant aucune conscience de son regard sur lui. Il le soutint alors et murmura un « Je t'aurai » qu'elle n'eut aucun mal à déchiffrer. Il la dénuda du regard puis sourit et ne lui prêta plus attention, Lily revint sur terre, et sirota un autre verre avant d'aller rejoindre Marlène.


Les rayons de soleil avaient déjà trouvé un chemin sur le visage de la jeune rousse, quand elle daigna ouvrir les yeux. Elle ressentit une douleur atroce prendre place sur son front. Elle ouvrit difficilement ses yeux et ne reconnut pas l'endroit où elle était allongé, il lui fallut une dizaine de minutes pour se rappeler. Elle longea son regard et se leva en vitesse malgré ses membres lourds, sa tête pesant une tonne et bruyante, et ses os qui craquelaient. La panique prenant déjà place dans son esprit.

- Debout ! Cria-t-elle.

- Hum…

- Lève-toi !