Chapitre 36

Vous appelez ça sécurisé ?


Bon je vais faire rapide aujourd'hui parce qu'il est déjà tard et je vais vous épargner une attente plus longue ^^

Merci encore à tous pour vos reviews et

Enjoy !


Disclaimer : Seule la traduction m'appartient.


Il ne pourrait pas voir Severus avant plusieurs jours et il ne pouvait pas ne pas lui écrire pour lui raconter ce qu'il s'était passé, même s'il était probablement déjà au courant. Il attendit qu'Hedwige revienne de sa chasse avant de lui donner la lettre. Même en retournant vers son lit, Harry savait pertinemment qu'il n'y aurait pas de dodo pour lui ce soir. Simplement plus de questions sur le déroulement de la future année scolaire.

Comme Harry s'en était douté, Severus était bien au courant de l'évasion de Pettigrow, ayant été informé la nuit-même. Sa colère était encore pire que celle de James, qu'Harry avait pu voir lorsqu'il leur avait avoué à Adrian et lui-même que Peter s'était échappé, et ça voulait en dire long. Pour voir le côté positif, pensa Harry, en regardant un Severus enragé faire les cents pas dans le grand salon de Silbreith, il avait très probablement enrichi son vocabulaire en Gobbelbabil.

« Je n'arrive pas à croire l'imbécilité pure de l'abruti qui nous sert de Ministre. » enragea-t-il, pour au moins la dixième fois en une heure.

« Tu n'es pas le seul. » le rassura Harry. Ce qui n'eut aucun effet sur Severus.

« Vérifier les protections ? » demanda-t-il dans le vent. « Pourquoi il s'occuperait de ça ? Ce n'est pas comme si un Animagus pouvait peut-être essayer de s'échapper sous sa forme animale, non ! » Harry, qui était, il fallait le reconnaître, amusé par la scène, essaya néanmoins de le calmer.

« Et bien, on pourrait parler en long en large et en travers de l'idiotie de Fudge pendant des heures et ne jamais arriver à une conclusion, ou tu peux essayer de respirer un bon coup et essayait de penser à quelque chose qui ne te donnera pas une crise cardiaque. » Severus lui lança un regard noir mais se força à s'assoir dans un fauteuil.

« Voilà. » grogna-t-il sombrement. « Content ? »

« Euphorique. » répondit sèchement Harry. « Tu me donnais mal à la tête, à marcher comme ça. » Il essayait de masquer toute trace d'humour de sa voix pendant que le maître de Potions soupira un bon coup.

« Désolé pour ça. » s'excusa-t-il. « Ca semble juste trop stupide pour s'être vraiment passé. »

« Je pense qu'en fait, ça s'est passé justement parce que c'est aussi stupide. » déclara Harry s'attirant un regard surpris du professeur de Potions. « Ce que je veux dire, c'est que c'est souvent les choses les plus stupides qui font le plus de dégâts. » Severus hocha la tête.

« Tu as raison, bien sûr. » admit-il. « Et avec Fudge, on a eu énormément de chance qu'il ne se soit rien passé avant. »

« On a de la chance que le reste des Mangemorts arrêtés soient encore à Azkaban. » nota Harry tristement. « Mais ça ne devrait pas être ta plus grande préoccupation. » ajouta-t-il malicieusement.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda Severus, confus. « Il y a d'autre meurtriers dérangés mentalement en liberté qui devraient m'inquiéter ? »

« Et bien, je pensais que tu serais plus préoccupé par les nouveaux professeurs de Défense de cette année. » expliqua Harry de manière espiègle. Son sourire s'agrandit un peu plus devant la confusion de Severus.

« Il va y en avoir plus qu'un ? » demanda l'adulte.

« Dumbledore n'a rien dit du tout ? »

« Il a dit que c'était encore incertain, qu'il cherchait encore un nouveau professeur. » répondit prudemment Severus. « Est-ce que tu sais quelque chose que j'ignore ? »

« Alors ils ne plaisantaient pas lorsqu'ils ont dit que ce serait une surprise. » rit Harry.

« Tu prévoies de partager ton info avec moi ? » demanda Severus d'un ton ennuyé.

« Je pourrais simplement te laisser souffrir, mais je suis d'humeur clémente ce soir. » déclara Harry, sachant pertinemment qu'il allait lui dire, et ce depuis le début. Sa réaction serait trop inestimable pour qu'il la loupe, et puis, il n'aimait pas trop le voir s'inquiéter à mort comme ça. Il se baissa vivement alors qu'un oreiller se rapprochait très rapidement de sa tête. « Si tu veux la jouer comme ça, je pourrais changer d'avis. » menaça-t-il avec un sourire aux lèves.

« D'accord, je vais me tenir. Maintenant, accouche. »

« Sirius était censé être le nouveau professeur de Défense mais, puisqu'il doit aussi donner un coup de main dans les recherches de Pettigrow, il partagera ses classes avec Remus. » Harry avait entendu cette proposition être acceptée la veille. Remus avait bien eu raison en disant que Fudge accepterait n'importe quoi pour essayer de réparer la situation. « Donc, qu'est-ce que tu as à dire à propos de ça, Sev ? » demanda l'adolescent aux yeux verts. Severus était devenu complètement immobile. Pendant un instant, Harry se demanda même s'il respirait encore. Visiblement oui, si on en croyait la diatribe furieuse qui suivit.

« Black ? » demanda-t-il, terrifié. « Un professeur ? Quel être sain d'esprit ferait de lui un professeur ? » Et il continua là-dessus pendant une bonne dizaine de minutes, jusqu'à ce qu'il épuise toutes les raisons pour lesquelles Sirius ne devrait jamais être autorisé à se tenir dans une salle de classe. Harry se demanda brièvement si ces deux-là parviendraient un jour à arranger les choses entre eux. Une part de lui pensait que s'ils y arrivaient, ils pourraient se révéler être de bons amis. Au fond, ils avaient le même tempérament, selon lui, même si le maître de Potions contrôlait beaucoup mieux ses pulsions. Peut-être lorsque lui et Severus n'auraient plus à se cacher pour ne pas attirer l'attention.

« Ca risque d'être intéressant. » se moqua Harry. Les yeux d'Harry se réduisirent en deux fentes en saisissant un des oreillers du canapé. Harry se recula prudemment. « Ok, Papa, n'agis pas sans réfléchir… »

« Je vais te montrer de l'intéressant moi ! » déclara Severus d'un ton menaçant. Et ce fut avec une grande bataille de polochons que les deux sorciers dirent au revoir à leurs vacances d'été.

Le lendemain matin, Harry poussait son chariot vers le Poudlard Express avec l'aide de Sirius. On avait rabâché à Adrian et lui qu'il fallait qu'ils fassent attention à leurs moindres mouvements à Poudlard. L'Animagus chien et le loup-garou prirent le train avec eux, les ayant enfin mis au courant des personnes qui seraient officiellement les nouveaux professeurs de Défense Contre les Forces du Mal pour l'année. Harry avait prétendu être surpris, alors qu'Adrian avait été aux anges. Sa bonne humeur diminua considérablement après que leur mère leur ait interdit d'aller à Pré-au-Lard pendant l'année entière.

« C'est nécessaire. » avait-elle insisté. « Avec Peter en liberté, on ne peut pas prendre de risques. » Harry comprenait bien le raisonnement derrière ses actions, mais il ne pouvait pas s'empêcher de se demander si c'était bien nécessaire. Comme il était devenu apparent, le Ministre avait assigné une sécurité supplémentaire pour patrouiller les terrains. La nature de cette sécurité était toujours inconnue. Ce n'était pas des Aurors, leur avait dit James. Le Ministre soutenait que tout était pris en charge et, même si, venant de lui, ce n'était pas vraiment rassurant, il avait probablement réquisitionné les Langues-de-Plomb. Harry s'était toujours demandé ce que faisaient les Langues-de-Plomb, qui, comme leur nom l'indiquait, n'en parlaient jamais. Peut-être qu'il le découvrirait cette année songea-t-il, en s'asseyant dans le même compartiment que son frère, Ron et Hermione, les deux nouveaux professeurs, Neville et Ginny.

La plus jeune des Weasley semblait plus discrète et réservée que ce dont il se souvenait d'elle durant le dernier trajet en train, mais il s'y attendait, étant donné qu'elle avait été possédée par le souvenir du Seigneur des Ténèbres pendant la majeure partie de sa première année. Peut-être qu'elle se remémorait ce qu'il s'était passé l'année précédente ou les raisons pour lesquelles elle avait commencé à écrire dans le journal ? Peu importe, même le regard dégouté que Malfoy leur avait lancé en passant à côté d'eux avec ses larbins – n'osant rien tenter avec Remus et Sirius dans le compartiment – ne réussit pas à la faire réagir, même si ça l'aurait au moins fait rougir l'année dernière.

« Alors, comment vous avez trouvé l'Egypte ? » demanda Remus, après une heure de voyage en détournant l'attention d'Harry de la description de Neville de sa nouvelle plante, effectivement intéressante.

« Ginny a adoré… » commença Ron.

« C'est vrai. »

« … Mais j'ai trouvé qu'il y faisait horriblement chaud. Je veux dire, les tombeaux étaient superbes tout comme la communauté magique, mais le putain de sable… »

« Ton langage, Ron ! » le prévint Hermione.

« Je comprends ce que tu veux dire. » admit Sirius. « James et moi, on s'est entraîné en Egypte pendant quelques mois lorsqu'on était à l'académie et je peux vous assurer qu'il y fait très chaud, surtout pendant l'été. » Moi j'ai bien aimé, pensa Harry.

« Ce n'est pas la question la plus importante du moment. » coupa Ginny avec un doux sourire sur ses lèvres, même s'il n'atteignait pas complètement ses yeux. Harry se demanda ce qu'elle voulait dire comme le reste du compartiment et ils se tournèrent tous vers elle.

« Et que serait la question la plus importante, Miss Weasley ? » lui demanda Remus avec bonhomie.

« Je me demandais simplement comment vous vous sentiez tous les deux en tant que nouveaux professeurs de l'école. » demanda-t-elle innocemment. Le sorcier aux yeux verts la regarda avec curiosité du coin de l'œil. Quelque chose lui disait qu'elle avait encore des choses à demander.

« Ca va être bizarre, ça c'est clair. » déclara Sirius. « Je veux dire, la plupart de vos professeurs étaient nos professeurs aussi. »

« Mais maintenant vous allez travailler ensemble, sur un même pied. » continua Ginny, en hochant la tête comme si elle comprenait exactement ce que voulait dire Sirius. « Vous allez êtres des égaux en quelque sorte, à travailler ensemble et tout ça. »

« C'est exactement ça. » confirma Sirius. « Je serais le premier à admettre que j'ai encore du mal à appeler le Professeur Dumbledore, Albus. »

« J'ai encore du mal à appeler McGonagall Minerva. » admit Remus.

« Alors imagine, travailler avec elle ! » s'écria Sirius émerveillé, comme s'il n'avait jamais considéré la possibilité.

« Ou avec Flitwick ! » ajouta Remus.

« Ou avec le professeur Snape. » commenta Ginny de manière toujours aussi innocente, faisant grimacer les deux amis qui la fixèrent, un regard d'horreur peint sur le visage. Harry faillit exploser de rire lorsqu'elle continua. « Tout le monde sait que les professeurs de Potions et Défense ont toujours travaillé de manière plutôt proche. Enfin, sauf Lockhart mais bon… » Elle haussa les épaules et Harry attendit patiemment l'explosion. Sirius ne le déçut pas.

« Dumbledore n'a jamais parlé de ça ! » Il avait du mal à respirer et agrippait fortement les accoudoirs de son siège pendant que Remus essayait de le calmer. Ginny se radossa calmement dans son fauteuil et ouvrit son manuel de Sortilèges en fredonnant pendant que les reste des élèves du compartiment la regardait comme s'ils ne l'avaient jamais vu.

« Ca, Miss Weasley, » déclara Harry « ça vous désigne soit comme un génie soit comme un pur démon. » Sirius hyperventilait toujours, en jurant qu'il ne travaillerait jamais à proximité du bâtard graisseux, encore moins lui montrer du respect.

« On pourrait pas juste dire que je suis un génie démoniaque et en rester là ? » demanda-t-elle, espiègle, pendant qu'Harry souriait et que son frère la regardait avec admiration. Elle sourit encore une fois et soupira de contentement lorsqu'elle vit son frère rire. Ron aussi avait eu le moral dans les chaussettes, de ce qu'il avait pu en apercevoir pendant les vacances, et il n'avait pas cessé de regarder sa petite sœur comme si elle allait s'envoler depuis qu'ils étaient rentrés dans le train, avait remarqué Harry. Peut-être que c'était pour ça qu'elle avait fait ça.

« Beaucoup de temps passé avec les jumeaux ? » demanda Harry, intéressé.

« Il semblerait, M. Potter. » répondit-elle.

« Et si un jour, on attend de moi que je l'aide pour quelque chose, pour quoi que ce soit, » continuait Sirius, dans sa lancée « je jure que je vais… » Il ne finit jamais sa phrase puisque le train ralentissait.

« Super, je crève de faim. » commenta Ron en regardant par la fenêtre, en essayant de discerner l'école au loin.

« Pour changer. » grogna Sirius, encore un peu énervé.

« On ne peut pas encore être arrivé. » affirma Neville en regardant sa montre de poche, un cadeau d'anniversaire de la part d'Harry.

« Alors pourquoi on s'arrête ? » Le train devenait de plus en plus lent. Comme le bruit des rails diminuait, le vent et la pluie sonnaient de plus en plus fort contre les vitres. Harry, qui était le plus proche de la porte, se leva pour regarder dans le couloir. Tout le long du wagon, des têtes curieuses sortaient de leurs compartiments. Le train s'arrêta avec une secousse, et des bruits sourds un peu plus loin, les informa que les bagages étaient tombés des filets. Puis, sans préavis, toutes les lampes s'éteignirent et ils furent plongés dans un noir total.

« J'y vois que dalle ! » se plaignit Adrian.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? » sonna la voix de Ron, de derrière Harry.

« Ouch ! » s'exclama Hermione. « Ron, c'était mon pied ! » Harry retourna sur son siège à tâtons, en marchant avec plus de facilité que tout le monde dans le noir, puisque sa vision de nuit se manifestait.

« Aïe ! Ca c'était le mien ! » s'écria Ginny alors que son frère essayait d'arrêter de marcher sur les gens autour de lui.

« Pour l'amour de Merlin, Ron ! » s'énerva Neville, puisque Ron avait échoué à sa tentative.

« Calmez-vous tous ! » cria Remus avant d'utiliser le Lumos pour éclairer le compartiment. Sirius, Adrian et Harry suivirent instantanément son exemple et, une fois que tout le monde fut capable de voir à nouveau, ils tentèrent de comprendre ce qu'il s'était passé exactement.

« Vous pensez qu'on est tombés en panne ? »

« Sais pas. » dit Adrian à son meilleur ami.

« Peut-être que je devrais aller demander au conducteur ce qu'il s'est passé. » proposa Hermione en se tournant vers les deux professeurs pour en avoir la permission.

« Je ne pense pas que tu devrais commencer à te balader dans le train en ce moment, Hermione. » répondit Sirius, en regardant sa fenêtre soudainement couverte de givre, l'air secoué. Il partagea un regard avec un Remus tout aussi confus et haussa un sourcil. Harry ne réussit pas à saisir leur code communication mais visiblement, le loup-garou n'eut aucun problème.

« Oh, il ne ferait pas… » commença-t-il, incrédule.

« Il a prouvé qu'il était assez stupide. » le contra Sirius, pendant que Neville essayait de regardait hors du compartiment, en évitant soigneusement Pattenrond.

« C'est tout noir ici. » les informa-t-il.

« Il y a quelque chose qui bouge là dehors, » dit Ron en regardant par la fenêtre. « Je pense que des gens montent à bord… »

« Quoi ? » demanda Sirius, en pressant son visage contre le verre. Harry les avait vus aussi. Grand, bien trop grands pour être humains, des silhouettes encapuchonnées entraient dans le train. Elles ressemblaient à des ombres et la manière dont elles bougeaient laissait à Harry l'impression qu'elles flottaient juste au-dessus du sol. La température diminua encore de quelques degrés et Harry sentit son cœur se serrer. Soudain, des images de flammes puissantes dans une pièce souterraine envahirent son esprit. Les cris d'un homme mourant et Adrian, inconscient sur le sol. Harry déglutit pour essayer de faire passer sa culpabilité. Il n'avait pas pensé à la mort de Quirell depuis des mois. Voldemort glissant sur le sol de la forêt, en s'approchant de son frère, du sang argenté gouttant de sa bouche, pendant que lui restait pétrifié.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda Adrian, la baguette en main. Il tremblait. « Qui sont ces gens ? » Ginny, pâle et immobile sur le sol de la Chambre des Secrets.

« Ce ne sont pas des gens. » cracha Sirius. Il n'eut pas besoin de développer. La fraîcheur du compartiment tourna à un froid glacial et la porte se rouvrit d'un seul coup. La grande silhouette devant eux faisait partie de celles qui étaient montés dans le train. A cause des cris de l'homme qu'il avait tué, qui résonnaient dans son esprit, Harry eut besoin de quelques secondes pour réaliser qu'il faisait face à un des gardiens d'Azkaban. Le Détraqueur s'avança et Harry parvint à peine à distinguer une main squelettique avant qu'elle ne s'éloigne. Puis le Détraqueur prit une très longue inspiration. Et les cris triplèrent de volume. Quirell brûlait, et Harry le tuait, encore et encore. Son frère était en danger. Ginny était mourant. Le Basilic l'attaquait. Le froid se propagea en lui. Sa vision se brouilla.

« Aucun de nous ne cache Peter Pettigrow dans notre chapeau ! » hurla Remus et Harry enregistra vaguement que ce dernier avait pointé sa baguette du la silhouette sombre. Expecto Patronus, avait-il lancé et une forme argentée, un loup ou un très gros chien, sortit du bout de sa baguette, en chassant le Détraqueur. Tout à coup, les cris ne furent plus qu'un écho avant de disparaître définitivement. Harry secoua sa tête comme s'il essayait d'expulser les dernières traces de ses pensées et jeta un coup d'œil rapide à Neville, son frère et Ginny. Les trois étaient bien pâles et perturbés mais définitivement en vie.

« Des Détraqueurs, sérieusement ! » pesta Sirius avant de se tourner vers les adolescents choqués derrière lui. « Vous allez bien ? »

« Bien ne serait pas le mot que j'utiliserais pour décrire comment je me sens maintenant. » répondit Harry entre ses dents serrés, en essayant de se redresser. Il découvrit, que c'était particulièrement difficile de rester debout, alors qu'il tremblait encore.

« Plutôt foutrement mal ! » ajouta Adrian et Harry acquiesça d'un signe de tête en regardant son frère, un peu plus petit que lui, maintenant qu'il avait révélé sa taille naturelle petit à petit durant l'été. Il ne l'aurait pas mieux dit que lui.

« C'était quoi ce truc ? » s'exclama Hermione, en regardant la porte, effrayée. Les lumières étaient revenues, réalisa Harry et, avant que quiconque ne puisse lui répondre, le train se remit à bouger.

« Un des Détraqueurs d'Azkaban. » lui répondit Remus, en surprenant tout le monde lorsqu'il partagea une grande barre de chocolat en plusieurs morceaux. Il se balade toujours avec du chocolat sur lui ? se demanda Harry. C'était pas idiot.

« Ils gardent la prison. » développa Sirius en prenant le bout que lui tendait Remus. « Ce que vous avez ressenti, c'était leur capacité d'aspirer tout ce qu'il y a de bon ou de joyeux en vous tout en ramenant vos souvenirs les plus douloureux à la surface. C'est comme ça qu'ils gardent leurs prisonniers sous contrôle. » Harry savait déjà tout ça. Il en avait déjà entendu parler dans des livres depuis longtemps. Et le sort que Remus avait jeté ? Il le connaissait également. Mais la magie ne lui avait même pas traversé l'esprit lorsque la créature réelle avait fait un pas – avait glissé – dans leur compartiment. Il s'était encore une fois pétrifié, exactement comme dans la forêt presque deux ans auparavant, ce qu'il s'était promis qu'il ne ferait plus jamais.

« Mais que faisaient-ils ici ? » demanda Ginny, en croquant dans son bout de chocolat, essayant de regagner un semblant de calme. Le cœur d'Harry – du moins la partie qui ne se contractait plus douloureusement – se serra pour elle. Merlin savait comme elle devait se sentir après tout ce qui lui était arrivé l'année dernière. Et Neville aussi, réalisa-t-il, en s'asseyant à côté de son ami et en lui serrant l'épaule pour le soutenir moralement. Avec son passé et la situation de ses parents – une partie de sa vie qu'il avait partagé avec Harry durant l'été, après une longue hésitation – le garçon tremblait encore.

Harry prit un court moment pour observer son ami plus attentivement. Neville aussi avait bien grandi et une partie des rondeurs de bébé sur son visage avaient commencé à disparaître. Il tremblait encore mais semblait se porter bien mieux que si cet incident avait eu lieu au début de l'année précédente, pensa Harry tandis que son ami lui faisait un petit sourire hésitant.

« C'est l'idée que Fudge se fait de la sécurité. Il veut attraper Peter presque autant que nous. » les informa Sirius, en répondant à la question de Ginny tout en grignotant son chocolat. Harry suivit son exemple, en remerciant mentalement l'addiction de Remus pour les sucreries, lorsqu'il sentit la chaleur revenir dans son corps.

« Il est si dangereux que ça ? » demanda doucement Neville, en regardant ses mains.

« Oui. » répondit laconiquement Remus. « Mais ce qui intéresse plus le Ministre c'est sa réputation. La vérité sur comment Pettigrow s'est échappé est sortie. Rien ne ternit plus votre réputation que d'oublier de vérifier les protections d'un criminel reconnu. »

Ce fut dans une ambiance plutôt sombre qu'ils rentrèrent dans le château. Plus de Détraqueurs étaient positionnés à l'entrée de l'école et même les Sombrals avaient l'air affectés. Une fille blonde, Serdaigle, remarqua Harry, regardait en direction des créatures équines d'un air perplexe, presque comme si elle pouvait voir leur réaction inhabituelle également. Mais bon, son regard avait l'air tellement perdu qu'Harry haussa les épaules et passa à autre chose. Peut-être qu'il s'imaginait des choses. Au même moment, Ginny regarda la fille, plongée dans ses pensées pendant quelques secondes, avant de sourire légèrement et de s'approcher de cette dernière. Elle la salua et monta dans la même calèche qu'elle. Elle devait probablement être aussi en 2ème année, conclut Harry avant de reporter son attention sur Neville.

Le festin était bien plus calme que d'habitude. Même le Directeur avait perdu cette aura de joie qu'il radiait habituellement au début de chaque année et Severus avait simplement un air meurtrier peint sur le visage. Les deux sorciers échangèrent un regard et Harry pouvait presque sentir la tirade dans sa tête. L'adolescent caressa un instant l'idée d'enfermer Fudge et Severus dans la même pièce pendant une heure et y retourner pour en récolter les pièces après. Au moins, cela réussit à lui faire ébaucher un sourire.

Les deux nouveaux professeurs furent accueillis sous de nombreux applaudissements, avec les étudiantes un peu plus âgées qui regardaient Sirius d'un air appréciateur. Mais la plus grande surprise fut le moment où Dumbledore annonça qu'Hagrid prendrait le relais pour les cours de Soins Aux Créatures Magiques puisque l'ancien professeur, Silvanus Brûlopot, était parti à la retraite dans l'effort de préserver son membre et demi restant. L'ancien professeur avait été assez connu dans l'école pour avoir survécu à pas moins de 62 périodes de probation pendant ses années de travail et le sorcier aux yeux verts était pratiquement certain qu'Hagrid serait à la hauteur de cette réputation.

« On aurait dû le savoir ! » grogna Ron, en tapant sur la table. « Qui d'autre nous aurait dit d'acheter un livre qui mord ? » Cette déclaration était parfaitement sensée, pensa Harry en applaudissant son ami géant, avant de rire à la prédiction de Neville, qui disait qu'ils élèveraient des Griffons en classe. Les cinq adolescents rejoignirent même Hagrid, à la table des professeurs, un peu plus tard, pour le féliciter pour son nouveau poste.

« C'est grâce à vous, » dit Hagrid, en essuyant son visage brillant sur sa serviette en les regardant. Harry essaya de ne pas lever les yeux au ciel face au professeur ému qui remerciait son frère et ses amis. Il ne put pas s'empêcher de penser que ce serait sympathique si son aide pouvait être reconnue pour une fois, mais il repoussa ces dites-pensées en se rappelant que, de un, Hagrid n'avait aucun moyen d'être au courant de son implication et, de deux, quelque chose de bon en était ressorti au final. « Peux pas y croire… un grand homme, Dumbledore… Venu direct à ma cabane après que Brûlopot ait dit qu'il en avait assez… C'est ce que j'ai toujours voulu… » A ce moment, ils furent chassé par le professeur McGonagall, qui les emmena à leur Dortoir.

Le lendemain matin, il y eut la distribution des nouveaux emplois du temps. Et tandis que celui d'Harry était un peu plus chargé que celui de son frère, Hermione avait le gros lot. Le jeune adolescent avait regardé par-dessus l'épaule de cette dernière, et essayait de comprendre comment elle allait tout faire rentrer parce que, d'après son programme, le matin à 9h, elle avait Divination avec Ron et Adrian, Arithmancie avec lui et L'Etude des Moldus. Le seul moyen qu'elle avait de pouvoir faire ça était d'avoir un Retourneur de Temps mais… Il regarda la fille aux cheveux touffus d'un air exaspéré. Faites confiance à Hermione pour obtenir un Retourneur de Temps et l'utiliser pour travailler. Ca expliquerait son rendez-vous impromptu avec le professeur McGonagall avant le festin de la veille.

« Mais pourquoi est-ce que t'as pris l'Etude des Moldus, Hermione ? » demanda Ginny curieuse, après que Georges lui ait donné son propre emploi du temps. « Tu es une Née-Moldue après tout. » Harry hocha la tête de manière absente face à la logique de Ginny en remplissant son assiette de quelques pancakes qui semblaient particulièrement appétissants et en discutant légèrement avec Neville sur leur manuel d'Etudes de Runes.

« Je sais. » répondit Hermione rayonnante. « Mais ça va être fascinant de voir ça d'un point de vue sorcier. » Ginny la regarda attentivement.

« Et bien, prépare-toi à passer l'année à lire des pages sur la fonction potentielle d'une gomme en forme de canard. Tiens c'est une idée ça… Mais en gros, les deux premières années vont surtout être une introduction à la culture Moldue. » dit-elle avait de se retourner vers son petit-déjeuner.

La théorie d'Harry qu'Hermione avait réussi à obtenir un Retourneur de Temps se trouva vérifiée lorsque, après l'avoir vu partir avec son frère et Ron pour la Divination, il la trouva assise dans la classe d'Arithmancie, en attendant le professeur Vector. Le jeune garçon aux yeux verts rangea cette information dans un coin de sa tête. On ne savait jamais quand on avait besoin d'un Retourneur de Temps.

Le cours était plutôt intéressant – même si Harry avait déjà couvert bien plus que les bases de son côté – et bien moins peuplé que ce dont il avait l'habitude, avec seulement 6 élèves présents. Et si on mettait de côté son impulsion d'ajouter la fabrication de balai à la liste des études magiques où l'Arithmancie était utilisée, le cours se passa calmement. Bien mieux que le cours de Divination visiblement, comprit Harry en observant le visage sombre d'Adrian et les regards furtifs qu'on lui avait jeté, dans le cours suivant, celui de Métamorphose.

La leçon était sur les Animagus et Harry l'avait trouvée plus qu'intéressante, surtout parce qu'il en était déjà un. Il fut l'un des rares qui fut attentif lorsque le professeur McGonagall se transforma en chat tigré puis de nouveau en elle-même. Même elle fut surprise du peu de réaction visiblement, puisque elle ne perdit pas une minute pour en parler à la classe.

« Sérieusement, qu'est-ce qu'il vous arrive à tous aujourd'hui ? » dit le professeur de Métamorphose en balayant la classe du regard. « Pas que ce soit vraiment important, mais c'est la première fois que ma transformation ne cause aucuns applaudissements. » Toutes les têtes se tournèrent vers Adrian encore une fois, mais personne ne parla. Harry regarda son frère d'un air curieux et également plus qu'inquiet. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer pour qu'ils le regardent tous comme s'il allait tomber raide mort d'un moment à l'autre ? Il regarda Neville qui haussa les épaules, apparemment aussi perdu par le comportement de ses camarades. Puis Hermione leva la main.

« S'il vous plaît, professeur, on vient d'avoir notre premier cours de Divination, et on lisait les feuilles de thé, et… »

« Ah, bien sûr, » la coupa McGonagall, en fronçant les sourcils d'un seul coup. Harry se demanda pourquoi ce qu'Hermione avait dit paraissait tout expliquer. Severus ne parlait jamais du professeur Trelawney, en partie parce qu'elle avait été celle qui avait fait la prophétie sur lui et Voldemort. En un sens, le maître de Potions n'avait jamais pardonné Trelawney pour ça tout comme il ne s'était jamais vraiment pardonné lui-même. Il avait bien sûr admis que c'était illogique de détester quelqu'un pour quelque chose sur lequel elle n'avait aucun contrôle et qu'il serait probablement plus tolérant face à ça si elle avait décidé de se battre au lieu de se dissimuler dans l'ombre durant la Première Guerre. « Pas besoin d'en dire plus, Miss Granger. » dit McGonagall, interrompant le cours de ses pensées. « Dites-moi, lequel d'entre vous va mourir cette année ? » Tout le monde la fixa.

« Moi. » répondit finalement Adrian. De quoi ?

« Je vois, » dit le professeur de Métamorphose, en fixant Adrian, qui était assis au fond de la classe, d'un regard intense. « Alors vous devriez savoir, Potter, que Sibylle Trelawney a prédit la mort d'un élève par an depuis qu'elle est arrivée dans cette école. Aucun d'entre eux n'est mort pour l'instant. Voir des présages de mort est sa manière préférée d'accueillir une nouvelle classe. Si j'étais du genre à dire du mal de mes collègues… » elle se stoppa à ce moment, et ils purent voir que ses narines avaient blanchies. C'est vrai, pensa Harry. Les employés de l'école ne pouvaient absolument pas savoir qu'elle avait fait la prophétie. En y réfléchissant un peu, la plupart ne devaient même pas connaître la prophétie. Elle continua, un peu plus calme. « La Divination est une des branches les plus imprécises de la magie. Je ne vous cacherais pas que j'ai très peu de patience dans ce domaine. Les véritables Voyants sont très rares et le professeur Trelawney… » elle s'arrêta encore, puis finit, sur un ton naturel, « Vous m'avez l'air d'être en très bonne santé, Potter, donc vous m'excuserez si je ne vous épargne pas de devoirs aujourd'hui. Je vous rassure, si vous mourrez, vous n'aurez pas besoin de me les rendre. »

Le reste du cours finit normalement mais la peur de Ron n'avait pas été apaisée, visiblement. Au moment où la cloche sonna, il était déjà à côté d'Adrian, en débattant sur le fait que Trelawney ait réellement vu un Sinistros dans sa tasse de thé. Harry renifla au moment où il réalisa ce qu'il s'était passé.

« C'est pas drôle, mec ! » s'indigna Ron pendant qu'ils s'asseyaient à la table de Gryffondor pour le déjeuner. « Mon… mon oncle Bilius en a vu un… et il est mort 24h plus tard ! » Harry essaya d'intervenir mais Hermione le devança.

« Coïncidence. » dit-elle légèrement, en se servant du Jus de Citrouille.

« Tu ne sais pas de quoi tu parles ! » s'énerva Ron. « Les Sinistros font grave flipper la plupart des sorciers ! »

« Bah voilà ton explication, » rétorqua Hermione, d'un ton supérieur. « Ils voient le Sinistros et meurent de peur. Le Sinistros n'est pas un présage, c'est la cause de la mort ! Et Adrian est encore avec nous parce qu'il n'est pas assez stupide pour en voir et penser 'Ok, bon ben je ferais mieux de passer l'arme à gauche maintenant' ! »

« Aussi intéressant que ce débat a été, » intervint Harry en se servant des petits pois et en faisant passer le Jus de Citrouille à Neville à côté de lui, « je trouve que c'est surtout inutile. »

« C'est-à-dire ? » demanda Adrian, exaspéré, en grande partie par la dispute entre Hermione et Ron.

« Je veux dire, si les Sinistros étaient réellement des présages de mort, toi et moi, on aurait déjà passé l'arme à gauche, comme dirait Hermione, depuis bien longtemps. » Il rajouta un peu de purée dans son assiette avant de se tourner pour sourire à Ron. « Tu serais mort toi aussi. » ajouta-t-il.

« Quoi ? » demanda Ron, perdu.

« Pourquoi ? » questionna Hermione.

« Dis-moi Adrian. » dit-il en s'adressant à son frère. « Tu as vu Sirius se transformer en Patmol, pas vrai ? » demanda-t-il et son frère hocha la tête. « Et tu ne t'es jamais demandé quel genre de chien il était ? Même après que tu sois assez vieux pour réaliser que Patmol était presque aussi gros qu'un ours ? » continua Harry en ricanant face à l'expression de son frère et de ses amis.

« Patmol est un Sinistros ? » demanda Ron, perdu.

« Mais je pensais que les transformations Animagus en animaux magiques étaient impossibles ! » s'écria Hermione. Ah bon ? se demanda Harry, intéressé mais laissa passer sur le moment.

« Oui, Patmol est un Sinistros et oui, les transformations en Animagus magiques sont, de ce qu'on sait, impossibles. » confirma Harry. « Mais, même si les Sinistros sont des animaux assez timides en général, il ne possèdent aucune particularité magiques, du moins rien de concret. » Trois paires d'yeux le regardaient toujours, un peu perdues, donc il soupira et continua son explication. « Ce que je veux dire c'est que les Sinistros sont des présages de mort. Ils n'ont aucune capacité magique qui tuerait un sorcier à sa simple vue. Donc, ils ne sont pas plus magiques que les chouettes et elles peuvent trouver un sorcier n'importe où dans le monde. » Il coupa un morceau de son steak et le mâcha tranquillement.

« Et bien, le fait que Sirius se transforme en Sinistros peut toujours être utile. » sonna la voix de Ginny de derrière Harry.

« Auriez-vous laissé traîner vos oreilles, Miss Weasley ? » demanda malicieusement l'adolescent aux yeux verts.

« Si tu ne voulais pas qu'on t'entende, tu ne devrais pas parler en plein milieu de la Grande Salle pendant le déjeuner. » plaisanta Ginny faisant glousser Neville qui était d'accord avec elle.

« C'est pas faux. » admit Harry avec un sourire.

« Et je ne laissais pas vraiment traîner mes oreilles. » dit-elle. « La rumeur dit que Trelawney a prédit la mort de quelqu'un et quand vous avez commencé à parler de Sinistros, j'ai deviné que c'était un de vous. »

« Moi, en fait. » ajouta Adrian avec un froncement de sourcils.

« Et pourquoi Patmol pourrait être utile ? » demanda Ron et Harry vit le petit sourire en coin se former sur le visage de Ginny.

« J'ai juste pensé que, avec toutes ces discussions sur le Sinistros, Trelawney serait peut-être intéressé d'en voir un en vrai. » Son idée fit rire tout le groupe et Harry pensa que Sirius serait probablement d'accord avec ce plan, professeur ou pas.


Et voilà, on finit sur de l'humour ! Bon à la semaine prochaine !