Bonjour ! Merci pour vos reviews et votre soutien au cours des derniers chapitres. On se revoit dans un nombre de jours indéterminé ! Bonne lecture. Et un merci particulier à Thalilitwen et Aeliheart974, je devrais le dire à chaque fois lmao
Lundi
C'est une fin heureuse. C'est une fin heureuse. Il suffit d'y croire, et tout se passera bien.
Mardi
Les résultats de l'entretien sont arrivés aujourd'hui, quelques mots sur une lettre froide et générique, exactement tels que je les avais imaginés. Les examens d'entrée réguliers auront lieu le 12 février, disent-ils. Bonne chance.
J'en passe d'autres samedi, pour une école différente, plus abordable. On verra.
Mercredi
Il pleut, depuis quelques jours, un peu trop à mon goût. Pas assez au goût de Bokuto-san, qui, apparemment, a décidé qu'il n'était pas meilleure météo pour se promener en t-shirt dehors à la tombée de la nuit. Il fait « trop chaud », selon lui. Je me demande comment il s'en sort quand il fait 15 ou 20 degrés. Son surplus d'énergie doit lui servir de chauffage interne, je ne vois que ça.
Quoi qu'il en soit, il est malade — ça alors — et son médecin l'a arrêté pour la semaine. Bokuto-san devait être trop amoché pour protester, je suppose. Ça ne l'a pas empêché de s'en plaindre par message cent fois sur la journée.
Kuroo a éteint son téléphone, et Kenma — bon, Kenma reste Kenma. La fin du monde ne le lui ferait pas lâcher. Je n'ai pas pu m'y résoudre. J'ai honte de l'avouer, mais j'aurais presque de la peine pour Bokuto-san. L'ennui ne peut lui être qu'insupportable. Enfin, il s'en remettra.
Je pense.
Jeudi
Hum. Bon.
Je suis allé chez Bokuto-san, aujourd'hui.
Je ne sais pas si ce sont ses nombreux smileys tristes qui m'ont convaincu, ou bien le fait qu'absolument tout le monde ait refusé de s'y rendre. Ses camarades de classe ont apparemment donné ses cours manqués à un membre de l'équipe de volley de Fukurodani ; celui-ci les a passés à un autre joueur, qui les a passés à un autre, qui les a passés à un autre, enfin, soit, on se comprend. Bref, les cours en question se sont retrouvés entre les mains de Kuroo, qui a refusé tout net, puis de Kenma, qui les a rangés dans mon sac pendant que je regardais ailleurs.
Il m'a prévenu par SMS. Je ne pouvais pas les garder pour moi. Et puis, Bokuto-san n'était certainement pas aussi terrible qu'ils le disaient tous. J'estimais le connaître assez que pour au moins savoir ça.
Donc je suis allé chez lui, confiant, et, soudain, j'ai compris.
Il y a trois types de malades, d'après mon expérience : ceux qui font comme si tout allait bien, continuent à vivre entre deux quintes de toux ou passages aux toilettes suspicieusement longs ; ceux qui souffrent en silence et comatent en attendant que ça passe ; et ceux qui en font des tonnes.
Ai-je vraiment besoin de préciser dans quelle catégorie tombe Bokuto-san ? Je ne crois pas.
Je le pensais fatigant avant, et je suis navré d'admettre que j'avais tort. J'aurais dû déposer les cours chez Kenma et le laisser se débrouiller tout seul. Ou engager une baby-sitter. Il y aurait eu au moins une personne payée pour le travail fourni.
J'ai essayé de m'enfuir une dizaine de fois, sans succès. Je me suis échappé quand sa mère est arrivée et qu'elle est venue s'assurer que tout allait bien — juste assez longtemps pour détourner son attention et me permettre de me glisser dehors, enfin libre.
Vendredi
La liberté ne me plaît pas tant que ça.
La mère de Bokuto-san n'est pas tellement présente, pas vraiment absente non plus. Je préfère ça. La croiser au détour d'un couloir sans avoir à la regarder en face. Elle n'a pas l'air de m'en vouloir. Elle a compris quelque chose à mon propos, et je ne prendrai pas le risque de demander quoi.
J'aurai au moins appris une chose aujourd'hui : on finit par s'habituer aux lamentations incessantes. C'est un bruit de fond comme un autre. Qu'elles soient accompagnées de multiples manœuvres pour détourner mon attention est beaucoup moins productif. Bien sûr, il sait que je dois étudier. Et bien sûr, si j'étais un peu malin, je travaillerais ailleurs. Les torts sont partagés. Je savais dans quoi je me lançais, en revenant ici, mais je ne pouvais décemment pas laisser à ses quatre murs le tourment que j'endure désormais.
Ou bien il ne m'ennuie pas autant que je l'aurais cru. L'entendre jacasser sur ses entraînements manqués n'est pas si terrible, lorsqu'on se rend compte qu'au fond, on comprend le sentiment. Et puis, il faut bien que je m'habitue à ce qui m'attendra dans quelques mois. J'imagine.
Je n'aurai pas de meilleur moment pour observer cette facette de sa personnalité. Si on peut dire ça comme ça. Je commence à comprendre comment il fonctionne, mais ça reste insignifiant, juste une goutte parmi toutes celles jamais tombées du ciel.
J'ai dû lui promettre que je reviendrais demain. Il n'a pas eu beaucoup de mal à me convaincre.
Samedi
Je ne leur ai pas dit pour l'examen de ce matin. À quoi bon ? Il n'a pas tellement d'intérêt. Je ne m'attends pas à entrer dans ce lycée — mais je ne pouvais pas continuer sans plan B. Et puis, Nohebi est une bonne équipe. J'aurai au moins une chance de me rattraper.
Je suis retourné le voir ce soir. Il fait le malade, mais il a l'air d'aller beaucoup mieux. Tellement mieux que sa mère a décidé de partir visiter une tante pour le week-end en le laissant à mes « bons soins », quoi que ça puisse vouloir dire.
Il m'a demandé de rester. J'ai dit oui.
Je devrais retourner dormir.
Dimanche
Il était étonné d'apprendre que je savais cuisiner. Comme si ça avait quelque chose de spécial. Je ne cuisine même pas bien. Juste le minimum vital.
J'ai dit sans réfléchir : « Ma sœur n'a pas toujours été là. » Pas ce qui aurait dû sortir de ma bouche, mais c'est sorti, et c'est comme ça. Je ne l'ai pas regardé, parce que ce n'était pas la peine. Ils ont toujours la même expression.
Il a demandé ce qui était arrivé à ma mère. Je ne sais jamais quoi répondre à cette question. Je ne sais pas ce qu'elle fait. Je ne sais même pas où elle se trouve. Pas en prison. Pas à la maison. Elle pourrait être en ville comme ailleurs. Elle pourrait être en train de travailler, de se promener Dieu sait où, de dormir dans un lit d'hôpital. Ma sœur connaît la réponse. Je ne lui poserai pas la question.
Je me suis dit qu'il y avait des moments pour mentir et d'autres pour être honnête. Alors, j'ai répondu : « Je n'en suis pas sûr. »
Ce n'est sans doute pas la réponse la plus satisfaisante à entendre, mais c'est la seule possible. Il n'a pas insisté après ça. Il s'est plaint du manque d'entraînement, encore, longtemps, puis a parlé du volley, peut-être parce que c'est le sujet de conversation qui lui paraissait le plus sûr, mais je suis mal placé pour deviner ses intentions.
Je suis resté jusqu'à ce que sa mère revienne.
