Titre du chapitre : Mon troisième est la vengeance … mon quatrième est un cauchemar (2/3)

Disclaimer : O JK Rowling, tout t'appartient, excepté quelques ingrédients à ma sauce.

Résumé du chapitre précédent : Après la mort de Ron et d'Hermione, Harry est devenu irascible. Installé dans un Manoir, l'Ordre s'organise pour faire face à Voldemort tandis que le Ministère propose à Harry de participer à leur programme sur la magie sans baguette.

Petits bavardages : ¨Pourquoi ne suis-je pas surprise ? En fait, j'ai eu des réactions similaires sur hpf à savoir des personnes qui ne savaient pas du tout ce qui ce passait : Je vais clairement dire ce qui se passe à la fin de ce chapitre dans la note. Je vous laisse tout de même chercher les indices ici

RAR : Eden : le rapport avec ma fic est là ^^ Je suis entrain de répondre à toutes les questions, après, si tu ne trouves toujours pas, la note en bas de page va t'éclairer.

Playlist : Eventide de Brand X Music


Quelqu'un frappa à sa porte. Allongé, il ne répondit pas alors que sa tête lui faisait terriblement mal.

- Harry ?

Qu'elle arrête ! Il ne se sentait pas bien du tout et il voulait juste être seul, était-ce si compliqué à comprendre ? Apparemment oui puisqu'il vit sa porte s'ouvrir.

- Tu vas bien ? demanda Ginny en venant à côté de lui. Tu étais encore au Ministère ?

- A ton avis ? lança-t-il.

- Tu dois arrêter, lâcha-t-elle. Tu disparais pendant des jours et Lupin t'a entendu aller vomir il y a une semaine. Si tu continues ça va te tuer !

- Je vais bien…

- Je ne suis pas née de la dernière plus, rétorqua Ginny. Lève-toi !

Il regretta bien vite d'avoir fait un signe négatif de la tête lorsqu'elle l'attrapa pour le forcer à se mettre sur ses deux pieds. Tentant de rester droit, il sentit ses genoux céder et retomba sur son matelas sous les soupires exaspérés de Ginny.

- Tu es brûlant, dit-elle en mettant sa main sur son front. Je peux savoir ce qu'ils te donnent ?

- Rien.

- Arrête de mentir, tu…

- Ecoute, Ginny, ils ne m'obligent à rien alors laisse-moi faire ça, marmonna-t-il la bouche pâteuse.

Elle le dévisagea, hésitant apparemment entre le gifler et lui hurler dessus.

- Plus les jours passent, plus tu t'épuises, dit-elle. Il y a trois mois tu es même tombé dans les escaliers et maintenant, lorsqu'on te voit ici, c'est à peine si tu ne vomis pas devant nous. Ma mère se fait un sang d'encre et toi tu ne penses qu'à bousiller ta santé pour quelque chose qui n'aboutira peut être qu'à un échec !

- Laisse-moi…

- Non, lâcha-t-elle sèchement. Ron est mort, Charlie est sur un lit à St Mangouste, ne crois pas que je vais te laisser aussi facilement !

- Dans ce cas apporte-moi une bassine, marmonna-t-il en se penchant légèrement par-dessus son lit pour se prémunir du mal de cœur qui venait de le prendre.

Sur le coup, elle ne sembla pas comprendre, mais en le voyant pâlir bien plus qu'il ne l'était déjà, elle tira un des tiroirs de l'armoire, fit tomber tout ce qu'il contenait à terre avant de le lui tendre. Au moins, c'était parfaitement chronométré pensa Harry en déversant le contenu de son estomac dans ce qui avait été l'endroit où il rangeait ses chaussettes.

- Je vais aller chercher maman, dit-elle en quittant la chambre en courant.

Il ne manquait plus que ça… Avec en plus Mme Weasley à ses petits soins, il était certain de ne pas pouvoir retourner au Ministère avant plus d'une semaine. Tout ce qu'il voulait, c'était parvenir à des résultats au plus vite, s'il devait en tomber malade, il s'en fichait.

Comment pouvait-il rester sans rien faire alors que les Mangemorts ne cessaient d'attaquer, que ce soit des sorciers ou des Moldus ? Il ne le pouvait pas et c'est pour cela qu'il voulait s'entraîner encore et toujours pour un jour avoir la chance de tuer Malefoy de ses propres mains. A vrai dire, il n'avait plus vraiment une vie très joyeuse, juste focalisée sur cet objectif.

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- Combien lisez-vous ?

- Trois.

- Vous sentez quand j'appuie ici ?

- Oui.

Anna rangea son matériel et se plaça devant lui.

- Pas de nouveaux malaises ?

- Non.

- Pas de problèmes à signaler ?

- Juste que je ne vais plus aux toilettes.

Elle haussa un sourcil.

- Depuis quand ?

- D'après mes souvenirs, trois jours.

Notant ce qu'il venait de dire sur son carnet, elle fit signe à Asford qu'il pouvait venir. Harry soupira en voyant son regard dur le dévisager.

- Vous vous forcez trop, dit-il.

- Pour l'instant, je suis celui qui vous permet d'avancer le plus vite dans vos recherches, rétorqua-t-il en se replaçant sur le siège qui lui donna toujours des crampes au plus mauvais moment.

- Mais au lieu de dormir quand vous rentrez chez vous, je sais que vous participez aux réunions de l'Ordre, reprocha-t-il en lui plaçant une longue bande blanche autour du cou. Votre état s'est amélioré depuis quelques mois mais il vaut mieux rester prudent et rester loin de toute autre activité pouvant vous fatiguer.

- En gros, ne pas évacuer les villages moldus lorsqu'ils se font attaquer ? demanda-t-il.

- Entre autre, admit-il. Je ne vous dis pas de ne rien faire, juste de ne pas participer activement.

- Mais je tiens à faire également remarquer que j'ai nettement progressé, dit Harry. Vous aviez raison pour ce qui de la plus grande facilité à maitriser les sorts, et ce n'est que sur le terrain que l'on peut véritablement le vérifier.

A court d'arguments, Asford le fixa longuement. Harry avait l'habitude de ces regards silencieux qu'il lui lançait, deux années au fin fond du Ministère lui avaient largement laissé le temps de comprendre le bonhomme. Mais il commençait parfois à s'en lasser.

- Tout est prêt, lança Tom derrière la vitre.

- Dites-le si nous devons arrêter, lança Asford.

Acquiesçant vaguement à ce qu'il lui répétait depuis tant de temps, Harry attrapa les poignées du siège. Bon, siège était un bien grand mot pour cet engin qui ressemblait plus à un instrument de torture.

- Aujourd'hui, les cibles vont bouger, dit Horner assis à la gauche de Tom. N'oublie pas de toujours garder à l'esprit de ne relâcher que le minimum.

- Je sais, marmonna sombrement Harry.

Regardant face à lui, il observa les cibles qui commençaient à se croiser, avançant et reculant. Déjà qu'il avait du mal lorsqu'elles restaient immobiles, il détestait vraiment lorsqu'elles partaient en vadrouille.

- Commençons par le sortilège de Désarmement, dit Tom en remuant sa baguette pour régler les appareils. La cible rouge.

Inspirant profondément, Harry localisa la cible. Il fallait qu'il reste concentrer sur ce qu'il faisait et ne pas se laisser distraire par les mouvements. Sentant l'avant de son bras le démanger, il recentra ses pensées. Lever et relâcher, le tout sans en laisser déborder. Lâchant la poignée, il leva la main, envoyant un jet rouge frapper la cible.

- Bien, mais essaie de toucher la rouge, marmonna Horner alors que Tom agitait à nouveau sa baguette pour réparer la cible jaune.

- C'est ce que j'ai fait, rétorqua Harry.

- On recommence, marmonna Tom. Cible verte.

Agitant sa main, il rattrapa la poignée en cherchant la cible du regard. Il s'était concentré sur son tir, et non sur la direction, il devait absolument réussir à équilibrer les deux. Reprenant une inspiration, il rassembla à nouveau ses forces, suivant la cible des yeux tout en travaillant la puissance de son tir. De nouveau, il lâcha la poignée et laissa un sortilège frapper la cible… enfin… les deux.

- Bonne nouvelle, tu as eu la verte, mais aussi la rouge, dit Horner. C'est bien d'agir à retardement.

- La ferme, lâcha Harry alors que ses sarcasmes lui passaient par dessus la tête.

- Bon, on va voir si tu maîtrises mieux le sortilège de Stupéfixion que le tir, intervint Tom.

- Si tu t'y mets aussi je te prends pour cible.

- Vu comment tu vises j'ai intérêt à me cacher, marmonna Horner en glissant de son siège.

- Arrêtés tous les trois, dit Asford. Potter, allez-y. La jaune.

Fixant un instant les deux autres idiots derrière la vitre, il ramena son regard sur les cibles. Il avait toujours aimé faire preuve de ces sortilèges, mais maintenant son préféré était le sortilège de Lévitation. Certes, il avait déjà fait exploser les quelques centaines d'oreillers qui lui avaient servis pour s'entraîner mais au moins, il était sûr de parvenir à quelque chose.

Inspirant, il chercha la cible jaune, ramenant sa magie à sa main. Le tout était de toujours penser à la dose dont il avait besoin et de ne surtout pas penser à autre chose. C'était très simple donc il n'avait pas à faire d'erreur. Tendant le bras, il sentit cependant quelque chose le démanger, juste un millième de seconde mais ce fut suffisant.

Harry hurla tombant de son siège après que l'explosion ait eu lieu. Mettant ses mains sur son visage, il sentait le sang chaud coulé entre ses doigts, continuant de crier.

- Horner, allez chercher Anna ! hurla Asford.

- Je ne vois rien ! lança Harry dont la douleur était insupportable. Je ne vois rien !

- Ne mettez pas vos mains sur vos yeux, ordonna Asford en lui attrapant les poignets pour l'obliger à les écarter. Tom, venez m'aider !

Il ne pouvait pas fermer ses paupières, des entailles se formant dès qu'il le voulait. Le sang qui en coulait ne semblait pas vouloir s'arrêter.

- Ecoutez-moi, Potter, dit Asford. Restez les yeux ouverts, c'est compris ? Surtout n'essayez pas de les fermer !

En plus du sang, Harry sentait également des larmes se mêler à ce qu'il lui coulait sur le visage. Serrant la main qu'il sentait dans la sienne, il frappa son autre poing sur le sol tout en se mordant jusqu'au sang l'intérieur de la joue.

- Que s'est-il passé ? demanda la voix d'Anna.

- Un sortilège a mal tourné et les verres de ses lunettes ont explosé, dit Asford.

Sentant des mains se poser sur son front et sa joue, il tenta de calmer sa respiration mais c'était de pire en pire.

- Il faut l'emmener à St Mangouste, dit-elle.

- Il s'agit de Potter, vous comptez le faire sortir par la porte d'entrée ? ! lâcha Asford.

- Dans ce cas appelez d'autres Médicomages, mais il est hors de question que je l'opère seule dans le Ministère ! répliqua Anna. Tom, occupez-vous en !

Alors que la main qu'il tenait s'échappa, Harry sentit un sort le frapper, l'empêchant de bouger les paupières.

- Ecoutez Harry, dit Anna. Je vais vous donner une potion, buvez là entièrement, elle vous fera dormir donc surtout ne lutter pas.

Tout ce qu'il voulait c'était que ça s'arrête. Qu'elle l'assomme avec un marteau ou bien lui coupe le nerf optique, il s'en fichait royalement. Attrapant aveuglément ce qu'elle lui tendait, il avala d'un trait le contenu.

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C'était étrange. En fait, disons plutôt qu'il n'avait pas l'habitude, comme s'il lui manquait quelque chose. Lui et le miroir, ça n'avait jamais été une grande histoire d'amour mais là, il ne se cachait de jouer pendant quelques minutes le narcissique. Vu qu'il ne se reconnaissait pas, ce n'était pas non plus comme s'il se contemplait.

- Tonks m'a dit que tu étais sorti de St Ministère.

Se tournant vers la porte, il aperçut Fred qui était appuyé contre le chambranle de la porte.

- St Ministère ? répéta Harry.

- J'ai hésité avec St Mangoustère, expliqua-t-il. Je vois que je ne suis pas le seul à être dérangé de te voir sans lunettes, tu comptes t'admirer pendant encore longtemps ?

- C'est juste que je trouve ça bizarre, marmonna-t-il en revenant vers le miroir. J'ai toujours eu une très mauvaise vu, alors, me voir correctement sans lunettes, ça doit dater de mes cinq ans.

- Souvenir de ta tendre enfance, dit Fred dans un sourire nostalgique. J'imagine bien un Harry courant joyeusement les cheveux dans le vent et pouvant se prendre les murs sans danger.

- Je me prenais plutôt les poings de mon cousin, rectifia-t-il.

- C'est la même chose, rétorqua Fred en haussant les épaules avant de se rapprocher. Combien de fois dois-tu refaire le sortilège ?

- Tous les mois, répondit Harry qui continuait de se regarder.

- Rassure-moi, tu ne compte pas te coller le nez au miroir à chaque fois ? demanda-t-il en s'appuyant sur sa tête pour qu'il se baisse et qu'il puisse s'installer convenablement sur lui.

- Je vais m'habituer, répliqua Harry. C'est juste étrange…

Continuant de se dévisager, il sentit également le regard de Fred peser sur son reflet.

- C'est une marque de fabrique qui vient de s'envoler, lança-t-il théâtralement.

- Arrête.

- Je dis ça mais c'est juste pour faire la conversation, dit-il en souriant tout en cessant de servir de lui comme d'un accoudoir.

Se dirigeant vers la porte, il s'arrêta subitement pour revenir en face de lui et lui poser solennellement les mains sur les épaules.

- Au fait, je voulais t'offrir un magnifique étui à lunettes pour ton anniversaire, j'en fais quoi ?

- C'était il y a deux jours, rétorqua Harry. Et tu m'as offert ce…

- Ne dis pas de bêtises, tu ne vas pas refuser ce magnifique cadeau, surtout que dans un an tu auras atteint la vingtaine !

- M'offrir ce que tu n'as pas acheté risque d'être difficile et ne me fais pas plus vieux que je ne le suis, répliqua-t-il.

- Dix-neuf ou vingt, on ne va pas chipoter, dit Fred en lui ébouriffant les cheveux, chose qui était absolument inutile.

Harry préféra ne rien dire pour qu'il sorte plus vite et cesse de vouloir le dépeigner encore plus qu'il ne l'était. En fait, il ne considérait pas trop comme un cadeau le fait de ne plus avoir ses lunettes. Noël ou bien son anniversaire, il ne les fêtait plus depuis plus de deux ans alors il voyait juste ça comme un changement dans son apparence. Un changement qui en plus n'avait rien eu de plaisant et il ne souhaitait pas vraiment se retrouver avec des morceaux de verre plantés à nouveau dans ses yeux.

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Il n'y avait pas un bruit, en fait, il fallait plutôt dire que tout le monde se fixait en silence, l'attention avant tout porté sur le ministre en personne. Assis à l'autre bout de la pièce, Harry se retenait d'aller le frapper directement.

- Depuis quand êtes-vous au courant ? demanda Kingsley.

- Un an, répondit Scrimgeour.

Harry eut un rire amer qui attira le regard de Jonathan à côté de lui ainsi que d'un autre homme.

- Pourquoi n'avez-vous rien dit ? interrogea Lupin.

- Nous pensions être en mesure de donner des résultats satisfaisant avant eux, étant donné que le projet a fait de grandes avancées, il était certain pour nous qu'ils ne pouvaient pas donner eux aussi un résultat avant quelques années. Nous…

- Arrêtez de vous cacher derrière des « nous », coupa sèchement Harry. Vous m'avez utilisé sans même être franc !

- Harry, calme-toi, marmonna Asford.

- Vous étiez au courant vous aussi ? lâcha-t-il.

- Non, mais je suis d'accord qu'il ne vous ait pas prévenu, vos résultats auraient alors été détruits et tous ces mois ne se seraient résumés qu'à un échec.

- Mais à cause de lui il vient d'y avoir des dizaines de morts ! hurla Harry. Vous…

- Harry, marmonna George en l'obligeant à se rasseoir.

- Si nous avions su, cette attaque aurait pu être différente, intervint McGonagall. Plusieurs membres de l'Ordre sont morts alors dites nous si d'autres informations se sont échappées du Ministère.

Scrimgeour fixa Harry à l'autre bout de la pièce, chose qu'il remarqua bien vite puisque la prise de George se raffermit sur son épaule pour l'obliger à rester assis.

- Rien, dit-il. A part les informations sur les expériences que nous menons en ce moment au Département des Mystères, il n'y a rien…

- Et vous ne croyez pas que c'est déjà assez ? demanda Harry. Je passe tout mon temps là-bas à me crever la santé pour qu'on nous puissions parvenir à trouver un moyen pour battre les Mangemorts et voilà qu'en réalité je leur ai tout fourni !

- Je vous assure que ce n'était notre inten…

- Alors allez-vous faire voir ! hurla-t-il en parvenant à se défaire de l'emprise de George. Vous nous demandez d'expliquer nos plans et nos conclusions alors que vous nous cacher l'essentiel ! Vous êtes encore pire que Fudge !

- Cessez d'agir comme un gamin M. Potter, répliqua Scrimgeour. A votre âge, il serait peut être temps de réfléchir un peu aux raisons qui…

- Qui est le gamin ? coupa Harry. Celui qui moisi durant des jours dans votre saleté de Ministère pour essayer de faire avancer les choses ou bien celui qui n'ose même pas avouer avoir des espions de Voldemort autour de lui ? Si vous aviez parlé, nous aurions pu sauver des vies !

- Et Harry a raison, approuva un vieil homme. Vous êtes les seuls coupables à vouloir envisager un projet de cette envergure et être incapable de le garder en sécurité.

Le silence qui se réinstalla fut d'autant plus dur à garder qu'Harry était à deux doigts de se lever pour aller frapper le ministre. Il avait passé des années à donner tout ce qu'il avait pour parvenir à des résultats corrects et ses idiots laissaient les Mangemorts s'en emparer. Il n'arrivait pas à supporter cette idée, surtout que cela signifiait que tout cela n'avait servi à rien.

- L'espion a été arrêté depuis déjà quelques mois, il faisait parti de l'équipe de Roger Hanks, continua Scrimgeour.

- Et vous allez me dire qu'il ne s'est rendu compte de rien ? interrogea Harry qui avait fini par bien connaître l'Auror en question.

- Nous lui avons demandé de ne rien ébruiter pour éviter de ne perturber les autres volontaires, continua-t-il.

- « Nous » ? répéta Harry en haussant un sourcil. Vous êtes combien dans ce corps ?

- Harry, il vaudrait mieux que tu te calmes avant de continuer, intervint Arthur.

- Tout est de sa faute et il veut nous faire croire d'avoir agi d'un comme un accord avec d'autres personnes, lâcha-t-il amèrement.

- Ne pensez pas que je suis le seul à la tête du Ministère, rétorqua Scrimgeour.

- Mais vous êtes le seul qui nous mentez puisque les autres sont les toutous de Voldemort !

Certes, il ne faisait pas preuve de délicatesse, mais il savait pertinemment que tout le monde pensait comme lui dans la pièce. Comme ce cher Scrimgeour avait dit, il avait passé l'âge d'être naïf et n'avait pas peur de ce qu'il pouvait bien lui dire. A cause de leur manque de vigilance, Voldemort était à présent au courant pour l'usage de magie sans baguette, autant dire que le faible avantage qu'ils avaient venait de s'envoler.

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Il courait. Autant dire qu'il en avait un peu plein les jambes. Attrapant le bras de l'homme qui était à terre, il l'obligea à se relever pour rejoindre le groupe devant eux.

- Neville, il faut séparer le prochain groupe, lança Harry en passant en coup de vent devant lui.

- D'accord mais fais attention ils sont en train de s'attaquer à la partie sud du village !

Les Mangemorts… Si Harry pouvait s'en faire un tableau de chasse, il n'allait certainement pas s'en priver. Sautant par-dessus le banc sur la place, il évita un sortilège qui passa à côté de lui et ne perdit de temps pour tuer celui qui le lui avait lancé.

- M. Weasley, il reste combien de personnes à l'intérieur ? lança-t-il à celui-ci en le voyant sortir d'un bâtiment.

- Tous évacués.

- Nous…

Et de nouveau une explosion, il allait finir par devenir sourd mais si au moins les Mangemorts prenaient leur pied à détruire les bâtiments vides plutôt que de tuer les gens, c'était ça de pris.

- Nous avons fini notre partie, recommença Harry. Mais apparemment il y en a au sud. Je vais m'en charger mais il faut s'occuper de la partie de Tonks.

Le voyant acquiescer, Harry repartit en courant. L'avantage qu'il y avait était que, plus il avançait, plus il était sûr de ne croiser que des Mangemorts, ne s'embarrassant pas à réfléchir à quel sort lancer.

- Oh, mais ce n'est pas Potter ?

S'arrêtant, il se tourna vers Bellatrix qui souriait assisse sur les restes d'une maison.

- Depuis combien de temps nous ne nous sommes pas vu ? demanda-t-elle en se levant. Je t'ai croisé à Poudlard ?

Harry envoya directement un sortilège à la mention du nom du château. Riant, celle-ci l'évita sans peine. Il devait se ressaisir.

- Apparemment non, marmonna-t-elle en faisant une mine boudeuse. Mais je crois que tu as croisé mon cher neveu.

Il ne devait se laisser avoir mais le fait qu'elle le fasse penser à Malefoy le faisait bouillir de rage. Ce type, il se ferait un plaisir de le tuer et elle avec.

- Je crois qu'il est dans le coin, dit-elle tout en frappant dans une pierre à ses pieds. Je l'ai entrevu tout à l'heure mais il est sûrement occupé avec tes amis les Moldus. Avec un peu de chance, vous allez vous croiser.

Harry la dévisagea. Malefoy était ici ?

- Mais parlons de nous, lança-t-elle. Donc la dernière fois que nous nous sommes vu… ah oui… ce cher Sirius !

Le sortilège qui se dirigea vers elle mit moins d'une seconde à sortir de la baguette d'Harry. Sous ses éclats de rire, il tenta en vain de maitriser ses émotions qui lui hurlaient de se jeter sur elle.

- Que de souvenirs, marmonna-t-elle en souriant. Depuis combien de temps d'ailleurs… quatre ou cinq ans ?

Se baissant pour éviter le sortilège vert qu'il venait de lui lancer, elle se mit à calculer sur ses doigts dans une moue enfantine.

- Si tu me disais ton âge, ça irait sans doute plus vite, lança-t-elle en abandonnant son calcul.

- La ferme ! hurla Harry.

- Quel enfant bruy…

- Harry, on peut partir !

Laissant un instant ses yeux se poser sur Ginny, il revint sur Bellatrix qui venait à nouveau d'éclater de rire.

- Mais c'est une Weasley ? dit-elle. Il en reste encore ?

- Harry, il faut partir, lança-t-elle en l'attrapant par le bras pour le forcer à reculer malgré le fait qu'elle se contrôlait elle-même.

- Nous parions sur le troisième à y passer, continua Bellatrix. Moi j'ai placé mon argent sur celui avec la queue de cheval !

La prise de Ginny se relâcha soudain mais une main la saisit avant qu'elle ne s'élance vers elle.

- Ginny, il faut partir, ordonna Lupin tout en attrapant également Harry.

- Elle est en train de parier sur Bill ! hurla Ginny en se démenant. Je ne vais pas…

- Prends ça comme une bonne nouvelle, j'avais aussi parié sur lui la dernière fois mais c'est le petit frère qui est passé, dit Bellatrix. Avec un peu de chance ce sera un des deux idiots.

Harry était à deux doigts de frapper Lupin pour qu'il lui laisse aller lui régler son compte mais le cas de Ginny était bien pire.

- Ramène-toi espèce de sale truie ! cria-t-elle. Ramène-toi ou bien est-ce que tu préfères lécher ton merdeux de Vol…

- Ginny, arrête ! coupa Lupin en lui plaçant sa main sur la bouche. Harry transplane immédiatement !

- Mais je…

- Fais ce que je te dis !

Serrant les poings, Harry fixa un instant le regard de Bellatrix qui venait de s'obscurcir à l'intervention de Ginny. La prochaine fois qu'il la croiserait il la tuerait. Transplanant, il arriva dans la clairière de laquelle il transplana à nouveau pour atterrir devant le Manoir, un craquement suivant bientôt à ses côtés.

- Pourquoi vous ne m'avez pas laissée la tuer ? hurla Ginny en se détachant de l'emprise de Lupin.

- Tout simplement parce que nous n'avons eu aucun mort et qu'il était hors de question que le premier soit toi, répondit-il. Tu n'es ni assez forte ni assez calme pour la battre.

Jurant, elle se détourna pour retourner à l'intérieur de la bâtisse, les laissant tous deux derrière elle.

- Avez-vous vu Malefoy ? demanda Harry.

- Pardon ?

- Avez-vous vu Drago Malefoy ? répéta Harry en articulant parfaitement cette fois-ci.

- Non, répondit Lupin. Et je vais te dire une chose Harry, ce n'est pas en voulant le tuer que tu parviendras à te sentir soulager de quoique ce soit. C'est un Mangemort alors ne devient pas comme lui en tuant sans raison valable.

- Il a tué Ron et Hermione, il continue dans les villages et vous pensez que ce n'est pas une raison valable de le tuer ? répliqua-t-il.

- Ce que je veux dire, c'est que vu ton état d'esprit, tu serais près à le tuer même s'il serait sans défense, continua-t-il. Tu n'es pas ce genre de personne alors ne fais quelque chose que tu viendrais par la suite à regretter toute ta vie.

- S'il avait tué Ted, vous ne voudriez pas le tuer de vos propres mains ? dit sombrement Harry.

- Ne mélange pas les…

- Non, coupa-t-il. Vous me faites des sermons dont je sais que vous ne respecteriez pas le moindre mot si vous étiez à ma place, alors je vais le dire une fois pour vous car je ne l'ai jamais fait encore mais : fermez-la lorsque vous ne connaissez rien. Je vous ai toujours considéré comme un mentor mais ne croyez pas pouvoir me dire comment penser !

Ne le laissant pas répondre, Harry partit vers le Manoir en se retenant de ne pas exploser de colère. Il avait eu la meurtrière de Sirius devant lui et n'avait rien fait, Lupin devait déjà s'en féliciter mais il n'avait pas à penser qu'il garderait tout autant son calme avec Malefoy. Cette petite tête blonde, il la ferait sauter dès qu'il en aurait l'occasion et ce n'était pas un membre de l'Ordre qui risquait de l'arrêter.

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- Rattrapez Harry ! hurla une voix dans l'escalier.

Descendant les marches à la volée, il poussa Luna de son chemin et évita le sortilège de Stupéfixion qui partit se frapper contre la plinthe en bois. Il passa dans le hall en courant, apercevant vaguement Kingsley et une femme sortir du salon alors qu'il ouvrait violemment la porte de la cave.

- Qui est l'abruti qui le lui a dit ? lança la voix Neville derrière lui.

- On cherchera plus tard mais ne le laissez pas descendre ! lança Arthur. Charles, retiens-le !

Mais l'homme en question avait préféré se mettre à l'abri, lorsque, ne voyant pas la porte s'ouvrir, Harry la fit exploser avant de s'engager dans les escaliers menant au sous-sol. Il était en colère, pire encore, il sentait une rage sans nom bouillir en lui et l'empêchant de discerner quoique ce soit. Son seul objectif refusait de s'effacer et chacun de ses pas ne faisait que renforcer ce sentiment. Dévalant les dernières marches, il s'engagea dans le long couloir aux multiples salles en entendant des pas précipiter le suivre.

- A-t-il sa baguette ? lança Kingsley.

- Avec ou sans baguette le résultat sera le même ! cria plus loin derrière Lupin.

S'arrêtant devant la seule porte parfaitement fermée à double tour, Harry évita à nouveau un sortilège de Stupéfixion et visa la porte comme il l'avait fait tant de fois avec ces satanées cibles sauf que cette fois il se ficha bien de la dose magie qu'il pouvait envoyer.

- Malefoy éloigne toi de la porte ! hurla une voix alors que le sortilège venait d'être lancé.

La cave entière trembla alors que la porte en métal fut violemment projetée à l'intérieure de la pièce. S'arrêtant dans le nuage de poussière qu'il s'éleva dans le couloir ses poursuivants se placèrent brusquement la main devant leur bouche mais Harry ne prit pas cette peine et entra immédiatement dans l'étroite pièce. Une bonne partie des cloisons s'étaient effondrées et ce fut en apercevant un amoncèlement de débris bouger, qu'il se précipita vers lui et attrapa la personne en-dessous pour l'envoyer violemment contre le seul mur encore debout.

- Espèce de salopard ! hurla-t-il en se jetant sur lui pour le frapper directement au visage.

Sans s'en rendre compte, il laissait encore de la magie s'échapper de sa main. Jamais encore il n'avait encore ressenti une telle colère. Elle le rendait aveugle, il ne voyait rien d'autre que le visage de l'ancien Serpentard entre ses jambes, le tenant par le col, tout en continuant à le frapper. Tout ce qu'il voulait c'était ne plus ressentir ce sentiment qui le rongeait de l'intérieur et dont il souhaitait se débarrasser. Il le haïssait… il haïssait cet homme qui avait tué ceux qu'il aimait devant lui. Il fallait qu'il crève et que plus jamais il ne voie son visage ! Il fallait qu'il meure !

- Harry, arrête ! hurla Neville.

L'emprise qu'il sentit se créer autour de sa poitrine prit brutalement fin lorsqu'il laissa sa magie éclater dans sa direction, l'envoyant au violemment au sol.

- Je vais te tuer pour ce que tu as fait ! cria Harry.

- Occupe-toi de Neville ! lança Kingsley à quelqu'un.

Un nouveau bras se plaça autour de sa poitrine tandis qu'une main se posa devant ses yeux, l'empêchant de voir le visage en sang de Malefoy.

- Lâchez-moi ! hurla-t-il en se débattant.

- Remus, ses mains ! dit Kingsley en luttant pour qu'il ne s'échappe pas.

Sentant des cordes s'enrouler autour de ses poignets, il fut contraint de s'allonger au sol alors de quelqu'un s'asseyait sur lui pour l'immobiliser.

- Fais quoique ce soit et je n'hésiterai pas à utiliser un sortilège contre toi, dit sèchement Kingsley dont le visage était juste au-dessus du sien.

- Laisse-moi le tuer ! Je…

Mettant sa baguette de côté, il le frappa directement alors qu'il entendait quelqu'un passer à côté de lui pour s'occuper de Malefoy.

- Il les a tués, dit Harry en venant dévisager Kingsley.

- Nous le savons tous, ne…

- Dans ce cas pourquoi le gardez-vous sagement enfermez ici ? hurla-t-il. Ce type mérite crever pour ce qu'il a fait !

- Et nous le jugerons, intervint Arthur. Mais Ron était mon fils alors ne crois pas être le seul à vouloir vengeance et agis de manière plus mature !

- Le juger, ricana-t-il. Par qui ? Où comptez-vous l'enfermer ? Azkaban n'existe plus les Détraqueurs sont encore pire que les Mangemorts et le Ministère est débordé ! Quand comptez-vous juger ce connard ?

De nouveau, la pointe de la baguette de Kingsley s'enfonça dans sa gorge.

- Tu veux le mettre à mort toi-même ? demanda Arthur en s'accroupissant pour se rapprocher. Tu veux être un lâche qui croit se satisfaire en ôtant la vie ? J'ai perdu deux de mes fils en moins de quatre ans, alors je vais choisir comment nous allons traiter Drago Malefoy jusqu'à que nous puissions enfin le juger convenablement. Je ne vais pas laisser mes sentiments détruire ce que nous tenons à maintenir dans ce pays juste pour une vengeance. Comprends ça Harry, il ne s'agit pas seulement d'un prisonnier, si nous le traitons comme eux nous traitent, c'en est fini de l'Ordre et du Ministère.

Harry secoua négativement la tête. Il se fichait de ça, il s'en fichait royalement ! Tout ce qu'il voulait ce n'était plus voir ce visage souriant qui hantait ses nuits alors que les corps de ses amis étaient à ses pieds. Il voulait à nouveau pouvoir fermer les yeux sans cauchemarder pendant des heures.

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Playlist : The Approaching Night de Philip Wesley

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Il faisait les cents pas dans la salle à manger. En fait, il n'aimait pas être laissé derrière. Il avait juste fait une stupide chute dans l'escalier, ce n'était pas pour autant qu'il devait rester enfermer ici alors que les autres étaient partis combattre des Mangemorts.

Marchant en rond, il finit par s'arrêter brusquement et partit dans la cuisine. A nouveau personne, il devait être « seul » en fait ici. Cependant, une odeur parvenait à ses narines. Contournant la table en bois, il arriva devant le long comptoir de la cuisine.

- Du poulet ? demanda Harry.

- Non, du porc, rectifia Mme Weasley en levant la tête de l'énorme marmite dont un épais nuage de vapeur s'élevait. Je ne te laisserai vraiment jamais toucher à quoique ce soit dans cette cuisine, Harry, je crois que tu peux être pire que Tonks.

- Je m'occupais de la cuisine chez les Dursley, rétorqua-t-il.

- Et bien tu as perdu la main pour confondre du porc avec du poulet, dit-elle en replongeant dans sa marmite.

Bon, il avait fait une erreur, ça pouvait tout de même arriver ! S'asseyant sur une chaise haute, il s'appuya sur le comptoir pour voir ce qu'il y avait d'autre.

- Tu ne toucheras pas non plus ce qui est en train de cuir, ajouta-t-elle en le voyant fixer la tarte à la mélasse un peu plus loin.

En contestation, son estomac émit un grognement plus que suspect. Afin d'éviter le carnage, il préféra détourner son regard de la nourriture, celui-ci tombant sur un plateau posé un peu plus loin.

- C'est pour qui ?

- Malefoy.

A son nom, il eut un rictus de dégoût.

- Pourquoi ne pas le laisser mourir de faim ? dit-il dans un grognement en enfouissant son menton entre ses bras croisés. Au moins, ça couterait moins cher de le loger…

Il n'eut pas besoin de la voir pour sentir son regard peser lui.

- Je ne veux pas enfoncer encore le bouchon mais s'ils l'avaient laissé pourrir sous cette maison, nous aurions eu nettement moins d'embêtement, ajouta-t-il.

- Le Ministère veut garder à l'œil sur tous les Mangemorts que nous attrapons, rappela-t-elle. En le gardant ici, nous sommes sûrs d'en avoir au moins un sous la main, et puis, Azkaban n'étant plus, nous sommes sans doute l'endroit le plus sûr pour enfermer des personnes.

- Un, ça me suffit déjà, lâcha amèrement Harry. Surtout celui-là, je me passerai volontiers d'avoir ce type sous mon toit.

En fait, son but ultime était d'espérer que Malefoy ait une crise cardiaque dans cette satanée cave et qu'il meurt sans que personne ne s'en rende compte. Harry était un grand utopiste.

- Je dois rester ici encore beaucoup de temps, je peux donc te demander un service ?

- Nettoyer le Manoir ?

- Ce serait bien mais pour l'instant peux-tu lui descendre le plateau ? termina Mme Weasley.

Tandis que ses yeux s'arrondissaient, il fit aller et venir son regard entre elle et le plateau en question.

- C'est une grande marque de confiance que vous me faites là, dit-il en se remémorant vaguement la dernière fois qu'il avait vu Malefoy il y a six mois pour le tabasser. Personne n'a encore eu la grande idée de me demander à moi de lui apporter à manger.

- Et c'est pour cela que si tu lui fais quoique ce soit sache que je ne te pardonnerai pas, répliqua-t-elle durement. Je te demande juste de lui descendre à manger et de reprendre l'autre plateau, c'est très simple ce qui veut dire que si tu le touches ou bien décides de le frapper, je me chargerai personnellement de toi.

- Pourquoi ne pas attendre que Lupin revienne, c'est son passe-temps favoris de jouer les baby-sitters avec lui ? lança-t-il.

- Parce que nous n'allons pas l'affamer juste pour ton plaisir, répondit Mme Weasley. Dépêche-toi.

A contre cœur, Harry quitta son siège et attrapa le plateau sans précaution.

- Fais aussi en sorte que le plateau arrive en bas intact, ajouta-t-elle en le voyant ouvrir la porte avec son pied.

Il acquiesça vaguement, à vrai dire, ce n'était pas vraiment sa première préoccupation. Il se demandait juste s'il allait résister à l'envie qui lui dictait de tuer Malefoy dès qu'il serait en bas. C'était tellement facile : il avait sa baguette coincée dans sa poche et, même sans elle, il avait suffisamment fait de progrès au Ministère pour faire des merveilles.

Descendant les dernières marches menant à la cave, il s'engagea dans le long couloir sombre avant de s'arrêter devant la « chambre » de Malefoy. Il avait vraiment envie de faire demi-tour et le laisser mourir de faim pendant toute la journée. Non seulement il aurait « descendu » le plateau mais en plus il n'aurait pas « touché » Malefoy. Mais il entendait déjà les hurlements de Mme Weasley. Plaçant le plateau en équilibre dans une main, il se servit de l'autre pour ouvrir les différents verrous avant de pointer sa baguette sur la poignée qui apparut.

Pénétrant dans la pièce, il laissa son regard en faire rapidement le tour. A part un lavabo, des toilettes, une table basse, une lampe, une serviette, une chaise et un lit, il n'y avait rien d'autre. Allongé, Malefoy fixait le plafond et ne bougea lorsqu'il s'approcha.

- Tu n'ais même pas étonné de me voir ? lança Harry.

- Je suis censé l'être ? répliqua-t-il sans bouger.

- C'est très coquet, tu profites bien de ton séjour ?

Cessant de fixer le plafond, il se redressa sur ses coudes.

- On sait tous les deux que tu ne tiens pas être ici donc il vaudrait mieux que tu t'en ailles avant de vouloir m'égorger, dit-il.

- J'ai plus envie de t'éviscérer, répliqua Harry.

Malefoy eut un rire jaune en l'entendant tournant un instant son visage vers la gauche. Harry entraperçut un reflet et ce fut à son tour de sourire.

- Très jolie, c'est de moi non ?

Levant sa main à sa mâchoire, Malefoy lui lança un regard noir en laissant son regard glisser dans un coin à l'opposé de la pièce.

- Ne t'en fais pas, je ne vais pas me priver de t'appeler le balafré juste à cause de ça, marmonna-t-il.

- Et moi j'ai fait ce que je devais faire donc ne crois pas que je sois ta bonne, lâcha Harry en retournant le plateau qu'il avait dans les mains.

Même si ce n'était pas des assiettes en céramique, il eut un grand bruit lorsque toute la nourriture toucha terre. Malefoy ne bougea pas et regarda ce qu'il y avait sur le sol alors qu'Harry posa le plateau désormais vide sur la table basse et avant de prendre celui de la veille.

- Si je te demande quelle heure il est, tu comptes me répondre ? demanda le blond.

- L'heure de te pendre, répondit Harry en se tournant pour partir.

- J'en étais sûr, marmonna Malefoy en se laissant retomber sur son lit.

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Harry inspira profondément, il était épuisé. Les grondements ne cessaient d'augmenter.

- Qu'est-ce qui se passe ? marmonna-t-il en voyant Tom arriver en courant.

- Des Mangemorts, ils sont parvenus à infiltrer le Ministère, dit-il en le détachant de la chaise. Tu dois partir maintenant !

Dès qu'il ne fut plus maintenu, il manqua de s'effondrer au sol mais Tom le rattrapa de justesse.

- Est-ce que tu peux tenir sur tes jambes ? demanda-t-il.

Harry fit un signe négatif de la tête. Voilà des mois qu'il n'avait plus fait de malaises et voilà que le jour où cela recommençait, le Ministère se faisait attaquer. L'attrapant fermement, Tom l'entraîna dans le couloir. Un nouveau grondement survint, réveillant de très mauvais souvenirs dans l'esprit d'Harry. Instinctivement, il leva les yeux au plafond.

Mais il y avait une chose qu'il avait compris au moment même où Tom était revenu le chercher, c'était qu'ils n'atteindraient pas la sortie à temps, du moins pas dans son état.

- Pars sans moi, lança Harry en le forçant à le lâcher.

- Pour me faire engueuler par Asford ? Non merci, rétorqua Tom.

La porte du fond du couloir se mit à trembler. A bout de souffle, il lâcha prise, il ne pouvait plus faire un pas de plus malgré toutes les protestations du chercheur.

- Va-t-en, marmonna Harry en le repoussant.

- Je ne…

La porte bougea à nouveau sur ses gonds.

- Cours je te dis ! hurla Harry.

Alors qu'un nouveau grondement s'éleva, Tom fit aller et venir son regard entre les deux. Il fallait qu'il s'en aille tout simplement car il n'était pas de taille à lutter contre les Mangemorts. Ce n'était de la lâcheté puisqu'il ne pouvait rien faire pour l'aider. Fixant Harry, celui-ci lui fit signe d'y aller. Hésitant encore une dernière seconde, Tom se mit à courir lorsque la porte s'ouvrit brutalement.

Mais Harry était absolument vidé, s'effondrant, il se tourna sur le dos pour regarder le plafond au-dessus de lui qui semblait se flouter peu à peu. Il avait l'impression d'avoir la tête dans un aquarium, ou bien tout simplement d'avoir fumé un peu trop quelque chose de pas très légal. Il se fichait bien des personnes qui se précipitaient dans la pièce, à vrai dire, c'était à peine s'il avait conscience qu'ils étaient là.

- Il y a quelqu'un ici ! lança une voix rauque.

Apercevant un visage au-dessus de lui, il vit un homme avec une barbe pointer sa baguette entre ses côtes.

- Il est vivant, dit-il.

- On se fiche bien de ceux travaillant ici, lâcha un autre. Trouve des documents et des trucs que l'on peut revendre à bons prix avant que ces Mangemorts n'arrivent.

- Par la culotte de Merlin…, marmonna celui à la barbe.

- Quoi, tu as trouvé quelque chose d'intéressant ?

- C'est Harry Potter !

Aussitôt il entendit des bruits de pas se précipiter vers lui. Avant, il voyait le plafond, maintenant, il voyait des têtes qui le dévisageaient.

- Tu es sûr ?

- Regarde la cicatrice !

- Moi je pensais juste trouver des bibelots, pas ça !

- A combien peut-on l'échanger ?

- Vous-Savez-Qui donnerait sa mère pour l'avoir !

Très drôle, à vrai dire, même s'il était complètement vidé, Harry n'avait pas eu de mal à trouver l'ironie de la phrase.

- Vous deux, attrapez-le, lança un des hommes. Il faut sortir de là avant que ces cinglés ne nous trouvent.

Ce fut la dernière chose qu'il entendit, ses oreilles se mettant à bourdonner et qu'un voile tombait sur ses yeux. Il avait envie de vomir.

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Il avait vomi. En fait, c'était la seul chose qu'il avait trouvé pour effacer la douleur qu'il avait à l'estomac bien que cela ne soit pas si intelligent puisque la pièce puait déjà assez comme ça. Baissant les yeux, il regardait la croûte près de sa hanche. Au moins, ça avait commencé à cicatriser, une bonne chose comparée à la blessure qu'il lui avait faite dans le dos. Il ne tenait pas vraiment à goûter de nouveau à sa médecine version… moldue aurait été un adjectif un peu trop gentil en fait.

- Réveillez Potter.

Ce n'était pas une question. Tirant sur les chaines qui le maintenaient au sol, Harry se redressa et fixa Macnair qui venait d'entrer dans la pièce dans une grimace de dégoût.

- Tu n'as qu'à faire le ménage, lança Harry en le voyant fixer la mare à côté de lui.

- Je te laisse croupir dans ce que tu rejettes, rétorqua-t-il en prenant sa baguette.

Harry leva les yeux au ciel. Il savait torturer mais soigner n'était en aucun cas dans ses capacités, il ne savait même pas que cela ne faisait que favoriser les nombreuses infections qu'il avait déjà eu. C'était dans ses rares moments qu'il sautait de joie à la vue de Bellatrix. Même si elle était du genre timbrée qui prenait son pied à le faire hurler, au moins, elle nettoyait sa cellule lorsqu'elle arrivait. Non pas par pitié, juste car elle ne voulait pas vomir à cause de l'odeur.

- Je vous préviens, je ne suis pas devenu le Gardien des Secrets depuis avant-hier, dit Harry en le voyant s'approcher.

- Dans ce cas, dis-moi qui est-ce ? répliqua Macnair.

Serrant ses mains autour de ses chaînes lorsque le sortilège écarlate le frappa, Harry se mordit pour ne pas hurler.

- Vous savez… marmonna-t-il une fois qu'il fut levé. A force de l'utiliser à longueur de journée… il va devenir inefficace…

Et se reçut un coup mémorable entre les côtes.

- C'est pour ça que je varie entre Doloris et manières, disons plus artistiques, répliqua Macnair en souriant.

- Voldy doit vraiment être occupé pour n'être venu me voir qu'une fois, dit Harry qui riait à moitié. Vous ne…

A nouveau, un sortilège le frappa, l'obligeant à se taire s'il ne voulait pas hurler tous ses poumons. Il détestait cette sensation qui lui donnait l'impression d'avoir les organes en feu et la tête prête à se fendre.

- Le Seigneur des Ténèbres a autre chose à faire que de s'occuper d'un gosse dans ton genre ! lâcha Macnair en l'attrapant par les cheveux pour qu'il se redresse. Lorsqu'il te donnera à nouveau l'honneur d'être présenté à lui, sache que tu cracheras tout ce que tu as dans ta misérable cervelle !

Sans aucun doute, sauf que là, Harry se demandait tout simplement où était le nez de son tortionnaire. Il ne voyait plus rien, tout était flou autour de lui et ceux depuis déjà deux semaines. En fait, Harry ne distinguait que des tâches se mouvoir, autant dire qu'il se fiait à la couleur pour voir l'état de ses blessures.

- Je reviens ce soir, marmonna Macnair. Amuse-toi bien pendant ce temps.

Manquant de laisser un cri franchir ses lèvres, Harry le sentit enfoncer quelque chose en haut de son estomac avant de tirer vers le bas, son sang recommençant à nouveau à couler. Il pouvait certes supporter la douleur mais il n'avait pas non plus vingt litres de sang dans son corps !

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- Arrête de bouger !

- On échange de place quand tu veux ! marmonna Harry en serrant les bords de la table alors qu'une douleur aigüe lui perçait le ventre.

- Ginny va chercher une potion pour qu'il dorme !

- Enlevez-moi ces trucs et après on verra si je dors ! hurla Harry en rattrapant Ginny.

- Harry, lâche-la ! ordonna Lupin en lui attrapant le poignet pour qu'il relâche la prise.

- Je vous dis de m'enlever ces trucs maintenant ! répliqua sèchement Harry. Je dois vous le dire en quelle langue ?

Dans le salon, autant dire que les hurlements d'Harry ne cessaient de se répercuter contre les murs. Allongé sur la table, chose qui était en réalité bien plus pratique que cela en avait l'air, il ne cessait de se remuer pour retirer lui-même les fines tiges métallique qui étaient enfoncées un peu partout dans son corps.

- Molly, il faut une bassine d'eau et appelez un Médicomage, lança Charles.

- Dites vous êtes sourds, enlevez-moi ça !

Apparemment, sa dernière requête venait de faire effet puisque qu'une nouvelle douleur lui traversa cette fois-ci les côtés.

- Ils sont complètement fou, marmonna la voix de Ginny à côté de lui.

- Macnair m'a clairement dit que j'étais son cobaye préféré, dit-il alors qu'il sentait une des barres quitter à nouveau son corps. J'ai eu le droit à pire mais là ces trucs commencent véritablement à me passer par-dessus la tête !

- Lorsqu'on t'a trouvé là-bas, on pensait te trouver mort donc disons que c'est déjà mieux que ce qu'on avait imaginé, dit Bill.

- Mais j'aurais préféré te trouver en un morceau, ajouta Tonks. Ils ne t'ont même pas soigné…

- Ah si, rétorqua Harry qui revenait à serrer les bords de la table alors qu'il respirait de plus en plus fort. J'ai eu le droit à deux ou trois cautérisations !

- Qu'est-ce que c'est ? demanda Ginny.

- Une version assez barbare des moldus pour fermer les plaies, répondit Tonks.

Barbare, quel joli mot, Harry en aurait choisi un autre. En fait, il avait vraiment été heureux de voir un visage familier débouler dans la pièce où il avait moisi durant plusieurs semaines mais, maintenant, tout ce qu'il voulait, c'était qu'on lui retire tout ce qui pouvait le rattacher à ce cauchemar. En voyant Mme Weasley arrivée près de sa tête, il sut déjà ce qu'elle voulait lui faire avaler.

- Dites, vous êtes plus de dix dans cette pièce, suffisamment pour retirer ces machins tous en même temps alors au lieu de vouloir me faire dormir, tirez dessus en même temps ! cria-t-il.

- Harry, on sait que tu es maso mais il est hors de question que l'on fasse ça ! rétorqua Ginny.

Cause toujours ! Inspirant profondément, Harry fixa le plafond ainsi que le lustre juste au-dessus de lui. Il n'avait pas utiliser sa magie depuis longtemps, autant dire que ce fut avec soulagement qu'il ressentit à nouveau les démangeaisons qu'il avait avant tant redouter dans son avant-bras. Cependant, cela indiquait une chose, la drogue que lui avaient donnée ces abrutis qui l'avaient fait sortir du Ministère commençait enfin à disparaître, et ce n'était pas trop tôt.

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Assis, la tête posée contre le mur, il fixait les rideaux fermés de la pièce. Remontant les jambes contre sa poitrine, il se tassa un peu plus contre la bibliothèque. Même dans l'obscurité, il n'arrivait pas à se reposer, en fait, c'était comme s'il était obligé de devoir rester indéfiniment éveiller. Entendant des bruits de pas, ce fut en fermant brusquement les paupières qu'il entraperçut la porte s'ouvrir.

- Désolée, je ne pensais pas que quelqu'un dormait ici, dit Luna.

- Je ne dormais pas, marmonna Harry. J'essayai juste de… enfin…je ne… oublie ce que je viens de dire.

Fermant la porte derrière elle, la pièce redevint sombre tandis qu'elle s'avançait jusqu'à lui avant de s'accroupir.

- Ginny m'a raconté que tu étais celui qui avait réveillé tout le monde la nuit dernière, dit-elle.

- Excuse-moi, j'ai du mal à dormir ces temps-ci, répondit-il en fixant la vieille bouche d'aération qu'il n'arrêtait pas de tripoter depuis plusieurs minutes.

- Je n'étais pas là, donc ça ne m'a pas dérangée, lança-t-elle en haussant les épaules. Je peux ?

En apercevant vaguement sa silhouette pointée le petit coin à côté de lui, il lui fit un signe affirmatif de la tête et elle passa devant lui à quatre pattes avant de s'y asseoir. Le silence qui s'écoula entre eux dura plusieurs minutes, minutes durant lesquelles les yeux d'Harry se réhabituèrent à l'obscurité. Il voulait du calme, et dans un sens, ce n'était pas avec Luna qu'il risquait d'avoir le contraire.

- Tu ne vas pas bien.

Harry eut un faible sourire en l'entendant. Question ou non, elle avait toujours le don de tout dire d'une manière bien trop naturelle pour lui en vouloir.

- Tu as peur de dormir ?

Il tourna la tête vers elle. Il ne savait pas en fait puisqu'il ne dormait plus… ou du moins pas de la manière dont il le voudrait.

- Avant, marmonna-t-il, je voyais Ron et Hermione. Mais, maintenant, c'est comme si j'étais seul et il suffit que je ferme les yeux pour me retrouver là-bas.

« Là-bas »… Harry ne tenait plus à donner un réel nom à cet endroit où il avait moisi durant des semaines. En y pensant, il avait froid, un peu trop alors qu'elle était juste à côté de lui.

- Tu sais, dit songeusement Luna en prenant elle aussi ses genoux contre sa poitrine, nous avons tous vu des choses que l'on préférait oublier. Je ne crois pas que tu sois en tord de ne pas vouloir les recroiser.

- Peut être…

Il n'en était pas sûr. Tout ce qu'il voulait vraiment, c'était pouvoir fermer ses yeux sans rien voir et que ses oreilles ne lui ramènent pas les funestes souvenirs de tous ses cris. Sentant l'un des doigts de Luna s'appuyer contre la peau de son cou, il la dévisagea sans comprendre alors qu'elle lui souriait à nouveau.

- Tu vois, tu ne m'as rien fait, dit-elle.

Prenant sa main, il la repoussa en baissant les yeux.

- Je voudrai bien que ce soit si simple, murmura-t-il. Lupin risque de ne pas me pardonner pour ce que je lui ai fait.

- Moi je crois qu'il comprend, répondit-elle.

- Je l'ai frappé.

- Et alors ? Tu crois qu'il va changer la manière dont il agit avec toi juste pour ça ? rétorqua-t-elle. Tu sais, tout le monde est conscient que tu es un peu étrange en ce moment, je pense que tu inquièterais bien plus de personnes si au contraire tu étais comme avant.

Il eut à nouveau un sourire. Luna… ce n'était pas n'importe qui, un peu trop à côté du sujet parfois mais là elle venait de frapper en plein milieu.

- Je veux juste oublier, dit-il. Malefoy, le Ministère et « ça », si je pouvais juste ne plus m'en rappeler je crois que je pourrai enfin dormir sans avoir peur de me réveiller encore plus effrayé qu'avant.

Serrant encore plus fort ses genoux contre lui, il cessa de jouer avec la grille d'aération. Il pensait que, juste un instant, il avait le droit de craquer. La dernière fois datait d'il y a des années mais là, c'était bien pire. Il avait accumulé tant de fatigue qu'il était incapable de continuer à garder ses paupières ouvertes alors qu'il savait que les fermer signifiaient à nouveau replonger dans l'horreur.

- Je ne pense pas qu'oublier soit vraiment la meilleure chose, marmonna Luna en fixant le plafond en bois. Si tu oublies, tu voudras absolument savoir ce qu'y t'ait arrivé… tu crois que tu pourrais supporter de tout redécouvrir ?

Surement pas, mais c'était si facile d'y penser qu'Harry était prêt à tout juste pour ne plus entendre tout ce qui lui trottait dans la tête.

- Je dois t'ennuyer avec tout ça, dit-il en secouant la tête.

- Pas vraiment, ça fait longtemps qu'on n'a pas parlé ensemble donc c'est un peu comme un « bonjour », répondit-elle. Ginny me dit souvent que je devrais aller te voir mais je ne veux pas déranger.

- Tu ne déranges pas, certifia Harry. C'est juste que j'ais l'impression de jouer les martyrs. Plus les années passent, et plus ça empire.

- Tu ressembles à Jonathan.

- Qui ?

- L'allemand, celui qui est toujours avec Ginny.

- Ah, lui…

Ce n'était pas qu'il le détestait juste qu'il avait comme un blocage à apprendre les prénoms. Pas seulement le sien, Harry semblait ne pas parvenir à retenir toutes les nouvelles têtes qui entraient dans l'Ordre.

- Tu ne l'aimes pas ? demanda Luna.

- Ce n'est pas ça, marmonna Harry. C'est juste que je ne voie plus l'intérêt d'apprendre des noms qui finissent sur des cadavres.

- Il est vivant.

- Je sais, mais c'est une généralité, répondit-il en soupirant. Dès que j'arrive à me souvenir de quelqu'un, de ce qu'il aime ou bien de la manière dont il pense, on finit par nous annoncer qu'il vient de se faire tuer. Je crois que j'ai fini par baisser les bras…

A côté de lui, il sentait le regard de Luna qui le dévisageait intensément. Il n'était pas cruel, juste que si c'était pour voir à nouveaux des personnes auxquelles il tenait mourir, ça ne valait plus la peine d'essayer de les approcher.

- Tu es un peu défaitiste, lâcha-t-elle.

- Peut être, mais si ça me permet d'enfin dormir, je crois qu'il vaut mieux pour moi de continuer comme ça.

Reposant ses yeux sur les épais rideaux qui empêchaient la lumière du jour de pénétrer la pièce, il laissa à nouveau sa main tripoter la grille d'aération. Il ne pouvait plus continuer comme ça.

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- Baisse-toi !

Harry s'exécuta, tombant à la renverse dans les escaliers menant au sous-sol. Rattrapant sa baguette, il visa la silhouette qui était à l'encadrement de la porte, celle-ci s'effondrant lorsque le sortilège le frappa.

- Qui est là ?

La voix s'était faiblement élevée un peu plus loin et il se précipita près de Tonks en la voyant à terre dans le couloir.

- Tu es blessée ? demanda-t-il.

- Où est Teddy ? répliqua-t-elle immédiatement. Il…

- Ne t'inquiète pas, tous les enfants sont partis, la rassura-t-il en l'aidant à se relever. Tu as ta baguette ?

Ne l'entendant pas répondre, Harry regarda le sol autour de lui et s'arrêta un instant sur la baguette brisée à terre. Jurant à mi-voix, il passa son bras sous son aisselle pour qu'elle conserve son équilibre.

- Combien sont-ils ? interrogea Tonks.

- Je n'en sais rien mais il faut évacuer maintenant.

- Et puis comment ont-ils découvert le Manoir ? lâcha-t-elle.

Il n'en savait strictement rien. Lupin était juste parti le matin pour amener la liste des provisions qu'ils avaient besoin, il était certain de l'avoir vu depuis. Mais il ne tenait pas à affoler Tonks plus qu'elle ne l'était déjà. Même si elle ne lui avait pas répondu, Harry avait sans peine remarqué qu'elle boitait trop pour être intacte.

- Dès qu'on sera sorti, on transplanera, dit-il. Il faut juste que tu…

- J'ai trouvé des rats !

Harry eut tout juste le temps de dresser un bouclier avant que le sortilège ne les touche. Tombant à terre alors qu'une partie du plafond s'effondrait, il se mit au-dessus de Tonks pour la protéger des gravats qui leur tombaient dessus. Ces Mangemorts étaient vraiment idiots ! Il…

Sa baguette… il avait perdu sa baguette. Regardant autour de lui, il ne vit rien d'autres que des débris jonchant le couloir où une bonne partie des portes avaient volé en éclat. Harry se redressa un peu, profitant du nuage de poussière qui flottait encore pour se mettre à tâtonner le sol. Il n'avait sans doute que quelques secondes avant que la visibilité ne devienne correcte autant dire que lui n'allait pas risquer que le Manoir entier s'effondre sur leur tête en lançant un sort au hasard.

Il s'arrêta soudainement en buttant contre des jambes. Levant les yeux, il vit sa baguette tenue par une main à quelques centimètres de lui. Instinctivement, il regarda la porte qui avait été ouverte juste à côté d'eux… Les yeux acier qu'il venait de croiser lui appartenaient donc.

- Où vous êtes donc mes petits rats ? chantonna une voix. Où êtes… Malefoy ?

Harry avait donc eu raison, se reculant près de Tonks, il considéra l'ancien Serpentard qui se tenait au beau milieu du couloir.

- Malefoy, qu'est-ce que tu fais i…

Le rayon vert qui sortit de la baguette d'Harry le frappa en pleine poitrine, l'envoyant à terre glisser sur quelques mètres. Au sol, Harry ne saisissait pas du tout ce qui se passait. Malefoy ne s'était-il trompé pas de personne ? Il ne comprenait pas du tout pourquoi le Mangemort était en train d'éliminer un de ses semblables, c'était illogique et incroyablement risible !

Croisant le regard gris de Malefoy, ils se fixèrent un instant, Harry ne voyant rien d'autre que sa mort dans les secondes à venir. Soudain, le blond s'avança vers lui, il poussa violemment de son pied les débris au sol avant de tirer la porte vers lui, cachant Harry et Tonks aux deux Mangemorts qui venaient de descendre des escaliers.

- Drago ? marmonna une voix.

Derrière la porte, Harry n'eut pas de peine à reconnaître Amycus Carrow, sa sœur devait être également là. Mais, totalement au-dessus de tout ça, il se demandait ce que Malefoy était en train de faire. A moins être devenu totalement fou au bout d'un an, il aurait normalement dû les tuer eux dès sa sortie de sa « cellule » et non un Mangemort !

- Ne me dis pas que c'était ici que tu étais enfermé ? marmonna Alecto. Ton père a démonté pierre par pierre Azkaban ainsi que le Ministère pour te retrouver.

- Disons que j'ai été traité comme un ministre, répondit la voix froide de Malefoy.

- Quand Lucius va…

- On passera les retrouvailles plus tard, coupa son frère. Qui l'a-tué ?

- Je viens de sortir mais j'ai entendu des pas partir par là.

Il venait de les vendre. En les entendant arriver vers eux, Harry se tourna vers Tonks pour essayer de la réveiller. Il devait absolument…

- Potter ? lança Amycus en le voyant.

Aussitôt, un sortilège vert le frappa dans le dos, un autre suivant presque immédiatement pour sa sœur. Fixant les corps qui venaient de tomber à ses pieds, Harry arrondit les yeux. Il était complètement abasourdi à tel point il ne comprenait rien à ce qui se passait. La porte se referma, laissant apparaître Malefoy qui se précipita vers lui.

- Qu'est-ce que tu…

- Lève-toi espèce de crétin ! coupa-t-il en l'attrapant par le col pour le forcer à le mettre sur ses jambes.

- Malefoy, je ne sais pas ce que tu es en train de faire mais je ne vais pas te…

- Tu veux crever dans ton sous-sol ? demanda-t-il alors qu'il attrapait Tonks. Je ne crois pas alors aide-moi !

D'accord, Harry était totalement largué ! Malefoy avait passé son temps à tuer tout ce qui bougeait et voilà que maintenant il était en train de vouloir aider Tonks après l'avoir protégée. Entendant un bruit sourd retentir au-dessus d'eux, il décida de couper court à sa réflexion. Malefoy avait décidé de tuer des Mangemorts, très bien pour lui, il ne verrait que cet aspect dans l'immédiat.

Mettant l'autre bras de Tonks autour de son cou, il fixa le blond en détaillant chaque partie de son visage. S'il voulait à nouveau retourner sa veste, il ferait un plaisir de le tuer une bonne fois pour toute.

- Par où sort-on ? demanda Malefoy.

- Tu ne…

- Potter, j'ai passé tout mon temps ici, je ne connais strictement rien à ta foutue baraque !

Certes il était devenu surprenant mais certainement pas poli entre temps.

- On va passer par l'arrière, dit Harry en lui montrant le couloir, à l'opposé de l'escalier qui les auraient conduits dans le hall.

S'exécutant, Malefoy se mit à courir dans cette direction, Harry à côté de lui alors qu'ils portaient Tonks. Non, il n'y avait aucune logique, il avait beau retourner la situation dans tous les sens pour l'instant il ne trouvait aucune réponse qui aurait pu expliquer le comportement de l'ancien Serpentard. Détalant dans le labyrinthe de couloirs, ils finirent par arriver devant une vieille porte en bois que Malefoy ne s'embarrassa pas à ouvrir à la force de ses bras mais directement avec la baguette d'Harry.

Et il eut quelque chose d'étrange. Alors que la porte s'«ouvrait », un sortilège venant de l'extérieur frappa directement Harry. En voyant Malefoy fait aller et venir son regard entre la baguette qu'il avait dans la main et lui, le brun saisit que ce n'était pas l'ancien Serpentard à l'origine de cela et qu'il était tout aussi surpris, d'autant plus qu'Harry se portait comme un charme.

- Anti-transplanage, marmonna sombrement l'ancien Gryffondor.

- Si tu le dis, rétorqua Malefoy en commençant à monter les marches qui les menaient à l'extérieur.

Contrairement aux souvenirs qu'il avait de Poudlard, le jardin du Manoir était bien plus vide ce qui leur permis de courir tête baisée jusqu'à la limite de transplanage.

- Où faut-il aller ? demanda Malefoy.

- Tu crois vraiment que je vais te le dire ? lâcha Harry qui n'en croyait pas ses oreilles. Tu peux partir où tu veux mais ne crois pas que je vais te mener tout droit aux autres !

- Potter, on va crever tous les trois si tu ne te dépêches pas ! répliqua-t-il.

- Il y en a là-bas !

Dans un même mouvement, ils se tournèrent vers le Mangemort qui venait de crier cela, grand bien lui fit lorsque le blond le visa, son cadavre s'effondrant sur l'herbe.

- Où ? répéta Malefoy.

Toujours rien compris, ça, Harry en était certain mais il était aussi sûr de la dizaine de Mangemorts qui venaient de les voir.

- Dusdom, dit-il.


Comment se remettra donc l'Ordre du Phénix après l'attaque du Manoir ? Pour quelles raisons Drago a-t-il sauvé Harry et Tonks ? Quelles seront les nouvelles relations établies entre les personnages ?

Donc, pour ceux encore dans le vague, ce que j'écris dans ce chapitre (divisées en 3 parties je le rappelle) sont les souvenirs du futur d'Harry !
Vous avez sans doute remarqué qu'aucun futur n'était mentionné puisqu'ils n'existent pas dans cette version du temps. Après, le pourquoi du comment, j'ai déjà en grande partie expliqué ^^