Bonjour à tous !

Cette fois-ci, il m'aura fallu un peu plus d'une semaine et demi je crois... et je peux vous assurer que vous avez de la chance :D Ca faisait à peut près 5 jours que je voulais écrire et que j'avais pas le temps. Le week-end et ma rhino-pharingite auront fait avancer le shmilblick !

Quoiqu'il en soit, je suis ravie de publier ce nouveau chapitre ! Albus est sur le coup, vous en faites pas ^^ Il va finir par avoir son rôle... mais pour le moment... Et bien, vous verrez !

Merci énormément très beaucoup pour les reviews, je vous aime ! De me lire et de me commenter et... voilà *étoiles dans les yeux* Donc... dobblymcl : Merci pour le commentaire ! pour ce que tu dis sur Albus plus mignon amoureux de Minerva que Grindewald, je ne peut qu'être absolument d'accord. Ca fait partie de ces 'couples' que je ne peux pas accepter, c'est pas 'sexy'. Filius et Septima, et bien... ils arrivent ! Et pour ce qui est de la réaction de Minerva, je suis bien contente que tu trouves cela réaliste. C'était, en effet, le but recherché. Mais c'est vrai que de derrière mon ordinateur, par moment, je ne suis pas certaine ! Merci encore et encore ! entalea : Merci pour la review ! Et contente que tu aimes les étapes de la réacton de Minerva. Pour ce qui est du dédain... disons qu'elle se cache derrière, tout comme lui derrière ! Et merci, j'ai survécu à la philo ^^ Lou : Merci merci ! Rosine, je te l'ai déjà dit, mais merci, je suis super trop ravie que ça te plaise ! Tchitchina : La voici la suite ! Et merci encore pour la review !! Rin, mon amie, tu es géniale :D Voilà tu peux lire maintenant !!! la voici la suite : j'ai pas trainé ! Et va traitisé, aussi, na !

Donc, une fois encore, merci. Vous êtes des gens géniaux !! et... hum... et bien voilà, je vous soumets la suite ! Je vous souhaite une très bonne lecture !! J'espère que ça vous plaira ! Bises, Bergère.

Chapitre 38 : De la haine et de la bonté.

Il n'en pouvait plus. Cela faisait une semaine maintenant ; et les voir se comporter ainsi le rendait véritablement fou ; et ne pas savoir pourquoi le faisait enrager plus encore. Pourquoi, bon sang ? Qu'avait-il fait à Merlin pour devoir assister à ces démonstrations constantes de haines ? Le vieil homme, siégeant en bout de table pour cette réunion, retint un soupir : était-il donc le seul, ici, à remarquer ces regards insupportables qui fusaient de sa droite et sa gauche ? Cela paraissait pourtant impossible qu'en sept longs jours de guerre ouverte mais silencieuse personne d'autre que lui n'ait remarqué que quelque chose n'allait pas… C'était pourtant clair, comme de l'eau pure et transparente : quelque chose clochait. Les remarques assassines qu'ils échangeaient étaient vraiment méchantes, vraiment lancées pour percer, toucher le vif. C'était de la cruauté… et lui-même, pourtant extérieur à la querelle, tant qu'il n'en connaissait pas le sujet, se sentait atteint par ces attaques. Comme si la puissance du coup était si grande qu'il en sentait les répercussions, et était touché par la gifle du vent sifflant rapidement autour de la flèche.

A sa droite, Minerva McGonagall : la silhouette droite, le visage fermé, les yeux lançant des éclairs étincelants de mépris, le nez légèrement plissé par une expression dédaigneuse, les cheveux tirés en arrière, et les poings serrés sous la table (il le sentait). A sa gauche, Severus Rogue : l'air haineux au-delà de l'imaginable, le visage recouvert d'un masque d'indifférence hautaine, les yeux plantés comme des poignards vers sa collègue, la bouche aux coins relevé en un rictus de presque dégoût, les cheveux cachant partiellement son visage, et s'apprêtant à parler (il le voyait). Le vieil homme hésita à parler, pour éviter cette scène désagréable, mais il était déjà trop tard et le professeur de Potions ouvrait la bouche pour lancer une pique.

« - Minerva, je me demande…

- Vraiment ? ironisa-t-elle avec un sourire intentionnellement faux.

- …Comment vous parvenez encore à enseigner ? »

Il y eut un silence, et Albus, sans trop savoir pourquoi, constata qu'heureusement personne d'autre que lui ne semblait avoir conscience de ce qui se passait entre les deux enseignants. Lui, cependant, devait subir cette guerre psychologique violente qu'il ne pouvait ni n'osait interrompre : pas ainsi, pas si frontalement. Il observa Minerva se raidir plus encore, si la chose était possible, devant cette accusation à peine voilée : il insinuait qu'à son âge elle ne pouvait plus faire son métier correctement. Il laissait entendre qu'elle n'avait pas la capacité de tenir une classe à la fois éveillée et calme. Il la considérait comme moins que rien, incompétente, nulle ; et pire encore, il osait mettre cela en mots ! Personne n'avait jamais fait de remarque à Sybille sur son incapacité à enseigner, pas même lui ! jamais plus qu'une vague insinuation, une petite moquerie. Or il venait, les yeux dans les yeux, de lui dire aussi clairement que cela était possible qu'elle n'avait plus l'aptitude nécessaire à enseigner.

Pourquoi maintenant ? elle n'en savait rien. Mais elle savait, cependant, que leur haine réciproque, son dédain à lui, son désir de vengeance à elle ; tout cela était une explication suffisante. Elle ravala son orgueil blessé, ne pouvant se permettre de laisser voir qu'il était parvenu à la toucher d'une manière ou d'une autre, et après avoir cligné des yeux concentra à nouveau son regard sur le sien. Une expression d'indifférence voire de condescendance s'afficha lentement sur son visage et elle entreprit de lui répondre, appuyant avec une extrême lenteur sur chaque syllabe et savourant manifestement chaque remarque :

« - C'est toujours un plaisir, je l'avoue, de constater l'admiration que l'ancienneté fait naître chez les nouveaux venus, inexpérimentés. »

Severus camoufla immédiatement son désarroi, et se contenta de lui adresser un regard noir, haineux ; regard si malveillant qu'Albus, n'étant pourtant pas concerné, dut réprimer un frissonnement. Mais, constatant que Severus semblait se plonger dans la recherche d'une réponse assassine, il décida qu'il était temps de mettre fin à cela. Facile à dire… surtout quand, comme dans le cas présent, on ne connaissait pas la raison de cet état de fait. Il faudrait littéralement leur tirer l'information de force (il les connaissait assez pour s'en rendre compte) : après cela, il aviserait. Pour le moment, cependant, il n'était pas question d'en prendre aucun en entretien -ni les deux en même temps, d'ailleurs- pour savoir ce qui se passait. Toussotant légèrement pour ramener le silence dans la salle remplie de conversations et papillonnements, il finit, difficilement, par ramener le silence dans l'endroit.

« - Je constate, commença-t-il en souriant largement, que vous êtes une fois encore plus bavards que des élèves. Il y eut quelques rires diffus, et il reprit. Malheureusement, je ne peux pas vous laisser continuer à discuter comme ça : nous avons, comme on pourrait dire, d'autres Sombrals à fouetter ! J'ai reçu ce matin une lettre du directeur de l'école Shiva, de Bombay… »

Il s'interrompit un instant, laissant les uns et les autres échanger un regard avec son voisin ou quelque autre, fronçant les sourcils d'étonnement ou de vague appréhension. Severus ne bougea pas, Minerva lui lança un regard oblique.

« - Sachez tout d'abord que M. Gandhi s'est déclaré plus que ravi de sa visite, absolument enchanté, et très honoré… »

Il marqua un pause, et quelqu'un marmonna quelque chose qui ressemblait fort à : encore heureux. Le directeur fit semblant de n'avoir rien entendu, tandis que dans la salle un grand nombre de sourires légers et entendus ne laissaient pas d'apparaître sur les lèvres. Un instant, il laissa son regard errer sur les visages, pour la plupart tout de même plutôt gais ; et seul celui de Filius comme fatigué, le frappa un instant. Cependant, les expressions immobiles, pour ne pas dire constipées, qui l'entouraient de près, attirèrent toute son attention et il en oublia l'air préoccupé de son professeur de Sortilège pour se dépêcher de finir son explications et les obliger, véritablement les forcer, à cesser de prendre ces airs qui le rendaient fous.

« - Ainsi, comme de bien entendu, je vous remercie une fois encore pour votre comportement exemplaire, recommença-t-il en ne laissant le temps à personne le temps de faire remarquer qu'ils n'étaient plus des élèves. Ce n'est cependant pas là mon propos !

- Vraiment ? demanda Minerva irritée. Severus se mordit l'intérieur de la joue pour ne pas acquiescer.

- Absolument, répondit-il. Donc, ravi lui aussi, M. Nehru, directeur de l'école, souhaite nous rendre ce qu'il considère comme un honneur, en remerciement et quelque part en hommage. »

Une nouvelle pause lui laissa voir quelques plissements de sourcils. Même Minerva, qui avait cessé de fixer le vide derrière Severus, échangea un regard presque inquiet avec Pomona. Personne ne remarqua la manière nerveuse qu'avait Septima de se mordiller la lèvre, jetant par intermittence des regards inquiets en direction de Filius lequel semblait ne pas avoir conscience de ce qui se passait.

« - Pour ce-faire, il invite un membre du corps enseignant à venir passer 3 jours dans son établissement, tout comme M. Gandhi l'a fait pour le nôtre. Naturellement, ajouta-t-il avant qu'il y ait une recrudescence des bavardages, il est hors question de refuser… »

Alors qu'il s'apprêtait à continuer sa pensée, il fut coupé par Pomona qui s'exclama, bruyamment :

« - Vous voulez dire que Filius doit partir là-bas ?

- Quand ? coupa quelqu'un, tandis que s'échangeaient des regards assez soulagés de ne pas avoir à partir dans ce qu'ils ne pouvait s'empêcher de voir comme le Tiers Monde.

- Pourquoi cela ? demanda Septima en laissant son regard valser du directeur immobile à Pomona. »

Et, alors que tous se décidaient à se tourner vers le principal concerné qui affichait un air alarmé, presque déprimé, Dumbledore sembla prendre à nouveau conscience de ce qui l'entourait. Il attira brusquement l'attention à lui, faisant cesser les conversations diffuses.

« - Excusez-moi, je n'ai pas fini. Comme je tentais de vous l'expliquer, ils souhaitent rendre absolument la pareille, cela pour d'évidente raison de bienséance et de politique dans laquelle nos établissements se voient mêlés contre leur gré. Ainsi, respectant la question des grades…, il marqua un quart de seconde de pause et pivota, je suis heureux de vous apprendre, Minerva, que vous partez pour Bombay dans un mois. »

Pendant à peine une seconde, elle sentit son visage se décomposer avant qu'elle ne se reprenne : oui, c'était fort peu professionnel et tout ce que l'on voulait… mais elle n'avait pas envie de bouger de chez elle. Alors qu'elle se tournait vers Albus pour une inutile protestation, elle croisa le regard moqueur et le pli insupportablement dédaigneux de la lèvre de son collègue. Sans l'ombre d'un doute, il avait parfaitement lu sa déroute sur son visage. Elle résista avec peine à l'envie de lui jeter une méchanceté de front, ignora tant qu'elle le put le pincement au cœur qu'elle ressentait, et ouvrit la bouche pour parler en ne sachant pas encore ce qu'elle dirait. Immédiatement, elle trouva quelque chose, n'importe quoi, pour meubler le vide.

« - Moi ?... Je veux dire, se reprit-elle, pourquoi moi ?

- Vous êtes directrice adjointe et…

- Je comprends, coupa-t-elle. Elle aurait voulu protester, mais le savoir de l'échec à venir et le regard qui la jugeait l'en empêchaient.

- Parfait, sourit honnêtement le directeur en lui jetant un œil étonné par son manque de protestation.

- Vous avez dit dans un mois ? demanda-t-elle pour mettre un terme au silence qui se tramait.

- Oui, plus ou moins…, il hésita. Je pense que la réunion est finie ! Je voulais simplement vous mettre tous au courant. »

Dans un raclement de chaise, chacun se leva, se mit à discuter, partit vers sa salle, s'affala dans un des fauteuils ou encore s'apprêta à corriger quelques copies avec un incroyable manque d'entrain. Severus se leva et quitta la pièce, non sans lui avoir lancé un dernier regard hautain et satisfait : qu'elle aille donc s'ennuyer chez les sous-développés. Dérangé par l'idée que ce stage pourrait être intéressant, il secoua la tête et afficha une grimace de dégoût qui n'échappa ni au directeur, lequel se sentait presque malade de cette haine étalée devant ses yeux, ni à son adjointe qui détourna le regard brusquement en se levant pour faire face à un Albus désormais debout.

« - J'avoue que je manque singulièrement d'enthousiasme, à première vue, lâcha-t-elle sèchement.

- Je suis…, je suis désolé, fit-il d'un air inquiet inhabituel. Je n'y peux rien…

- Ce n'est rien, coupa-t-elle. Vous… allez bien ?

- Oui, oui… »

Pendant quelques instants, ni l'un ni l'autre ne reprit la parole et ils restèrent à regarder le vide. Le demander ? il lui jeta un regard en diagonale… Oui, il fallait qu'il le fasse. Il ne pouvait pas les laisser s'entretuer intellectuellement ainsi : son âme s'en serait repentie, c'était contraire à la morale, à l'éthique même…

« - Minerva ?

- Oui.

- Je…

- Quoi donc ? demanda-t-elle en se tournant vers lui.

- Je… Il se passe quelque chose ? »

Intentionnellement, elle leva un sourcil étonné et combattit pour ne pas laisser son regard errer vers la porte par laquelle Severus était sorti. Elle le fixa pendant quelques instants, réaffirmant intérieurement son insensibilité.

« - De quel type ?

- De…, le vieil homme retint un soupir en constatant qu'elle ne lui facilitait pas la tâche.

- De ?

- Pourquoi, fit-il après une grande inspiration, Severus et vous vous lancez-vous des regards haineux depuis une semaine ?

- Comment… ! elle marqua une pause… Parce que… »

A nouveau, elle s'arrêta, et pendant un long moment le fixa. Le lui dirait-elle ? Albus savait tout, ou presque. Sa vie, ses plaisirs, rares, ses tristesses, rares. C'était le seul confident… il était lui, simplement. Pourtant, la bouche encore légèrement entr'ouverte d'avoir commencé à répondre, elle ne savait que faire. Quelque part au fond d'elle, cette sensation qu'elle ne pouvait pas le dire prit de plus en plus clairement jusqu'à s'affirmer clairement : elle ne le pouvait pas. Pour tout autre chose, il n'y avait pas d'autre personne que lui à qui elle ferait part de ses sentiments : il y avait eu Judith, il y avait eu… tout cela, oui. Mais pour le reste, non, pour… Severus. Non. Elle ne le pouvait pas : c'était tout bonnement impossible ! Elle ne pouvait pas lui dire cela, lui parler de cela ! C'était… elle ne pouvait pas ! Elle le regarda :

« - Il n'y a rien…

- Mais…

- Veuillez m'excuser Albus, je dois y aller. »

Sans lui laisser le temps de répondre, de tenter de la retenir, elle sortit assez précipitamment de la pièce et laissa la porte se refermer lentement derrière elle. Il secoua la tête : il n'était pas parvenu à la faire parler, à savoir ce qui se passait. La vague sensation qu'elle ne lui faisait pas confiance lui étreignit le cœur assez douloureusement, et il la laissa s'emparer, comme un lent poison, de ses pensées. Elle avait refusé de le lui dire, tout en s'étant trahie quelques instants avant… Sans parvenir à s'en empêcher sur le moment, il sentit une animosité étrange à l'égard de Severus : pour la mettre dans cet état là, pour les écarter l'un de l'autre. Mais penser cela était imprudent… il fallait l'oublier. Si elle ne voulait pas le dire, ce devait être une vétille à laquelle elle attachait trop d'importance. Pourtant, il ne se sentait pas le cœur de la forcer à une quelconque confidence… jetant un œil circulaire, il décida qu'il cuisinerait Severus jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus s'il le fallait, mais il saurait…

Pour le moment, c'était faire son travail, l'important : jetant un œil à la table, il s'avança avec un sourire.

.

Tandis que tous se mettaient à vaquer à ses occupations, il poussa un long soupir silencieux : il y avait échappé de peu, et il en était intensément reconnaissant à Minerva, quoiqu'elle n'y soit à vrai dire pour rien. Il sentait bien qu'il n'aurait pas supporté de partir là-bas, juste dans la période où… Il sentit sa gorge se serrer et coupa court à la réflexion pour ne pas se mettre à pleurnicher ici. Autour de lui, régnait une certaine effervescence, et il fut surpris d'observer qu'en face de lui Septima sortait de son sac un paquet de copies. Distrait de ses pensées, il la regarda mettre de côté celles qu'elle avait déjà corrigées, sortir une plume et un encrier, et se préparer à écrire.

Après avoir jeté un rapide regard à sa droite, attirée par un éclat de voix, elle se pencha sur un des devoirs et en corrigea très sérieusement le premier exercice. Puis, à nouveau, elle releva la tête, et tourna brusquement, vers sa gauche cette fois, à la recherche de l'origine d'un bruit ou d'un autre. Après cela, elle plongea sa plume dans l'encre… mais celle-ci y resta, tandis qu'elle se mettait à fixer un point dans le vide, visiblement déconcentrée. Pendant quelques instants elle resta statique alors que sa plume, déséquilibrée, glissait lentement vers l'extérieur de l'encrier ; et elle sembla se réveiller en sursaut, la rattrapant brutalement et la plantant littéralement dans le pauvre récipient.

Malgré sa tristesse, il ne put retenir un léger sourire devant ce véritable jeu d'acteur attendrissant, ce doux comique de situation. Elle secoua la tête, s'empara à nouveau de la plume, l'essuya avec application, et se concentra sur l'exercice suivant… sans beaucoup plus de succès, puisqu'ayant à peine écrit une annotation dans la marge, elle se perdit à nouveau dans ses pensées, la plume en suspension entre ses doigts. Sans pouvoir s'en empêcher, il eut un petit rire qui attira l'attention de la concernée :

« - Filius ? fit-elle encore un peu déboussolée.

- Comment pouvez-vous espérer corriger des copies dans ce brouhaha ?

- Oh, j'ai l'habitude, je n'ai pas le choix, dit-elle avec un sourire, comme si de rien n'était.

- Pas le choix ? Il leva les sourcils, oubliant un instant ses propres soucis.

- Je…, elle soupira. Il ne fait pas plus de 10 degrés dans mes appartements : je dois bien composer avec le bruit si je ne veux pas finir en glaçon. »

Elle laissa échapper un petit son ironique, puis nettoya la plume et la posa à côté d'elle, tout en pensant à cet air qu'avait Filius ; lequel assimilait ce qu'elle venait de dire.

« - Mais, ça ne peut pas être réglé ?

- Il faut croire, expliqua-t-elle moqueuse, que c'est incurable. »

En face d'elle, le visage du professeur de Sortilèges se ferma a vu d'œil et elle se maudit intérieurement de si peu de tact… son ex-femme malade, un cancer, phase terminale… et elle qui allait faire une métaphore douteuse avec le mot incurable… Quelle imbécile ! pourquoi fallait-il qu'à chaque fois qu'elle lui parlait elle fasse une faute de goût ? C'était si excessivement rageant… Elle ferait peut être mieux de se taire, maintenant… Mais pourtant, son cœur, oppressé, et ses manières parfois impulsives, l'empêchèrent de retenir ses paroles :

« - Excusez-moi. Je ne voulais pas…

- Ce n'est pas grave.

- Si ! Je… si.

- Mais non…, tenta-t-il de la convaincre, les paroles contredisant l'air abattu.

- Vous… Elle inspira profondément et empoigna son courage comme un cheval de combat. Ca ne va pas bien, n'est-ce pas ?

- Non, en effet ça…, il fit une pause, ça ne va pas. Du tout, ajouta-t-il en levant les yeux.

- Oh…

- C'est que… Il hésita un instant, mais très vite cessa de se poser des questions. Les résultats sont encore pires que prévu.

- Je comprends.

- Elle… elle…, il ravala des larmes. Elle agonise, à vrai dire. »

Elle se sentit frissonner, elle eut presque la sensation que le vue de sa souffrance à lui la ferait pleurer. Elle tremblait légèrement, quoique réprimant du mieux possible ce mouvement ; et elle aurait voulu pour tout au monde lui venir en aide. Mais comment faire. Le laisser parler, tenter deux ou trois mots réconfortants. Elle était honorée de sa confiance, mais si mal-à-l'aise de ne pas parvenir à aider.

« - Elle dort beaucoup, elle… Moins d'un mois, fit-il la gorge serré. Et je…

- Septima ? »

Elle était concentrée, si fortement, sur ses paroles, qu'elle sursauta violemment en entendant son prénom, avec cette sensation que son cœur battait à toute vitesse dans sa tempe. Puis, comprenant qu'Albus lui adressait tout simplement la parole, elle se calma et se tourna vers lui, cachant avec peine une expression déçue. Pourquoi fallait-il donc qu'il dérange cette conversation maintenant, alors qu'ils étaient en train de converser sur un terrain si délicat ? Alors qu'il la choisissait pour confidente… A vrai dire, il fallait avouer que c'était de se trouver privée de ce qu'il allait lui dire qui la frustrait ; être forcée de ne jamais être un terrain de partage du secret. De son secret à lui. Elle aurait voulu savoir, qu'il lui dise : être proche. En tournant la tête, elle aperçu rapidement le visage à nouveau fermé, fatigué, lassé, de Filius. Elle se sentit coupable, quoique n'y pouvant rien. Il aurait fallu qu'il puisse le lui dire. Il aurait fallu… elle se concentra sur le directeur dont elle avait raté le début de l'explication, trop absorbée dans ses réflexions.

« - …puisque vous êtes la plus libre et je pense la plus capable pour cela… Ca ne vous dérange pas ? »

Naturellement, ne voyant pas de quoi il pouvait parler, elle le regarda avec de grands yeux pendant quelques instants, immobile, avant de se reprendre et de secouer vivement la tête avec une expression gênée :

« - Excusez-moi, je n'étais pas attentive…

- Ce n'est pas grave, sourit avec son petit air riant habituel un Dumbledore qui lui répéta l'explication. Je disais que durant l'absence de Minerva les cours de Métamorphoses ne seraient pas assurés, puisque cela ne durerait que 3 jours. Cependant, il serait bien d'avoir quelqu'un pour jouer le rôle de directrice de la maison Gryffondor en remplacement pour ces quelques jours, en cas de problème majeur. C'est là que vous intervenez.

- Je…, commença-t-elle dubitative. Pourquoi moi ?

- Pomona, Filius et Severus sont déjà occupés avec leurs propres maisons ; et vous entretenez de bonnes relations avec la plupart des élèves. De plus je ne vous demande pas de faire un quelconque travail administratif : je me débrouillerais très bien tout seul pour 3 jours. »

Il sourit gentiment, alors qu'elle le regardait avec une expression étonnée, et sans parvenir à donner de réponse. A ce qu'elle comprenait, elle n'aurait pas grand-chose, voire rien du tout, à faire… il s'agissait juste d'avoir l'air d'être là, pour empêcher des emportements que l'absence de leur directrice de maison pourrait faire naître dans de jeunes esprits. Après tout, ça ne lui changerait rien ou presque : un peu de décorum, et peut être un ou deux élèves réfractaires dans son bureau un soir…

« - Si vous voulez.

- Parfait ! »

Le vieil homme alla pour s'éloigner, mais fut interrompu par la voix de la jeune femme. Les sourcils froncés, elle semblait préoccupée, cherchant sans succès à recoller les morceaux.

« - Mais…

- Quoi donc ? une objection ?

- …enfin… je…, elle tenta un sourire peu convainquant mais plutôt comique par sa gaucherie. J'étais à Serdaigle.

- Oh ! s'exclama-t-il avant de se mettre à rire… Puis, se penchant vers elle, il lui chuchota presque à l'oreille : Qui a besoin de le savoir ? »

Sur ce, il s'en alla, la laissant agitée d'un petit rire ridicule, mêlé d'étonnement et d'amusement face à la manière qu'il avait eu de communiquer l'information. Ce n'était pourtant vraiment pas grand-chose, et c'était à peine drôle… mais elle ne pouvait s'empêcher de glousser comme une imbécile.

Le sourire aux lèvres, elle se retourna vers la table se rasseyant sur sa chaise dont elle s'était levée en faisant sa remarque sur son non-Gryffondorianisme chronique ; mais le sourire s'évanouit quand elle se rendit compte qu'en face d'elle, à la place du visage de Filius, ne s'élevait qu'un vide déconcertant. Froid. Tandis que les marques de joie simple flétrissaient brusquement sur son visage, elle se sentit coupable : s'être mise à rire ainsi, comme cela… Avec difficulté, elle déglutit en fixant d'un regard un peu vide la chaise inoccupée, avant de se tourner vers la porte, déjà refermée derrière lui. Sans prendre le temps de peser le pour et le contre elle se leva, remballa ses affaires d'un coup de baguette trop vif qui manqua de renverser une grande partie de l'encre sur les copies, se saisit de l'ensemble avec une presque fébrilité, et quitta la pièce en coup de vent. Le couloir semblait vide, bien sûr, et le bruit de la porte qui se refermait derrière elle lui sembla assourdissant ; puis, se mettant à marcher rapidement, ne sachant trop dans quelle direction aller, elle crut devenir folle, s'emportant au son de ses pas qui l'empêchait d'entendre, peut être, son collègue.

Pourtant, alors qu'elle débouchait d'un escalier, elle aperçut la petite silhouette qui marchait lentement, presque à reculons. Il n'était pas loin de la Salle Commune des Serdaigle, donc de ses appartements… et, visiblement, il n'avait pas envie d'y parvenir. Elle fit fonctionner son cerveau à toute vitesse, tout en accélérant le pas jusqu'à presque courir : ça n'allait pas. Elle sentait qu'il n'allait pas bien ; et son rire ridicule à elle. Pff. Plus vite, plus vite. Alors qu'il tournait au coude que faisait le couloir, elle ne put retenir une apostrophe. Comme un cri à l'aide, fruit d'une peur déraisonnable ; comme si le laisser disparaître hors de sa vue était aussi le laisser disparaître de tout, aspiré dans l'inconnu.

Il se retourna brusquement, et sembla attendre qu'elle arrive à côté de lui pour parler. Les sourcils légèrement relevés sur son front, le visage portant une expression fatiguée.

« - Septima, il y a un problème ?

- Je… euh… vous… »

Se rendant compte du sujet de moquerie qu'elle faisait d'elle-même en balbutiant des imbécilités, elle s'arrêta brusquement et s'obligea à ne pas le dévisager. Il paraissait si posé et calme, maître de lui-même, à côté de sa pause déséquilibrée, appuyée comme elle le pouvait sur un mur, reprenant sa respiration. Et puis que pouvait-elle bien dire pour expliquer sa course précipitée à sa suite… d'ailleurs, pourquoi était-elle partie à sa suite, à travers les couloirs, d'un pas précipité, angoissée, vraiment. Elle ne sentait que maintenant le nœud dans son estomac. Merlin, que lui avait-il pris de lui courir après ? D'un geste sec, elle rattrapa l'encrier qui menaçait de glisser du tas de parchemin et de s'écraser à terre, puis se concentra à nouveau sur son vis-à-vis. Que dire… ?

« - Non, non, rien de grave, je…

- Vous…? demanda-t-il en cherchant à comprendre.

- Je… Oh, et puis merde ! je suis désolée… ! s'exclama-t-elle puissamment.

- Désolée… Pourquoi !? »

Cette question l'étonna, et cette fois elle ne put résister à l'envie de le dévisager pour comprendre. De quoi croyait-il qu'elle s'excusait ? Et puis, déjà, quelle idée avait-elle eu de pousser un tel cri de cette manière… Sanguine, ouais… Elle aurait bien aimé ne pas être si impulsive. Dans ses yeux, derrière un étonnement sincère, elle voyait brûler une flamme de tristesse, et elle se sentait désarmer. Si profondément désarmée… Elle hésita un peu, sentant bien que sa réponse était pour ainsi dire ridicule ; mais alors qu'elle décidait de ne rien dire, les mots s'échappèrent d'entre ses lèvres, presque contre son gré.

« - Pour mon rire…

- Votre ?... Oh… ! il fit une pause, toujours étonné. Il n'y a pas de quoi s'excuser.

- Si…, laissa-t-elle tomber.

- Non, je vous assure. »

Il y eut un silence : comment pouvait-il ne pas lui en vouloir, comment se faisait-il que rien ne semble lui poser de véritable problème, que toutes ses maladresses ne le blessent pas ! C'était surnaturel : agréable, d'un certain point de vue… mais tout de même surnaturel !

« - Vous êtes trop gentil…

- Oh non !

- Si, si, je vous jure… Enfin, je suis vraiment une greluche.

- Euh…, fit-il en soulevant les sourcils… pourquoi ? Il semblait vraiment se poser la question, et une fois encore elle se dit qu'elle aurait mieux fait de réfléchir avant de parler, même pour se traiter de greluche.

- A cause de-mon-manque-de-tact, souffla-t-elle avant d'ajouter, en changeant de ton de voix complètement. Comment va votre ex-épouse ?

- Très mal, lui dit-il son visage perdant pour un moment toute couleur. J'avouerais que… non, c'est sans importance !

- Ce que vous ressentez n'est pas sans importance ! lança-t-elle d'un ton presque agressif avant de se reprendre. Pardon. Mais il n'en reste pas moins que… c'est important. »

Elle avait la sensation que sa gorge s'asséchait à vue d'œil ; et lui qui la regardait en balançant s'il lui dirait ou non. Il fallait qu'il se décide, Merlin, il le fallait.

« - Je me sens coupable.

- Que… ? dit-elle en agrandissant les yeux. Mais il ne faut pas, vous n'y êtes pour rien. Vous êtes quelqu'un de très bien, vous êtes allé la voir, vous…

- Merci, offrit-il avec un sourire indulgent. Je… dois y aller. »

Se sentant imbécile, elle hocha la tête un peu stupidement, n'enregistrant vraiment ce qu'il venait de dire que plus tard, lorsque la porte de ses appartements se fut refermée derrière lui. Merlin, qu'avait-elle encore eu à se comporter ainsi ? était-elle définitivement si tarée qu'elle le paraissait ? C'était trop tard… A regret, elle se retourna et commença à marcher en sens inverse vers ses propres appartements constatant qu'en ce moment, elle avait la sensation paradoxale d'être très proche de Filius, et pourtant d'accumuler les bourdes. Peut être avait-elle la divine chance de connaître quelqu'un qui ne s'offusquait de rien. Vrai ou non, c'était… Elle n'avait pas la moindre idée de ce que c'était, mais elle savait que Filius allait, dans peu de temps, avoir besoin de soutient et que, malgré ses gros sabots, elle se débrouillerait pour aider. Il était déjà si déprimé, et elle n'était même pas morte, encore… Le cœur lourd, elle soupira et allongea le pas.

Voili-voilou. Quel est votre verdict, ô lecteurs ?