Disclaimer : je ne possède ni les personnages, ni l'histoire que je me contente de traduire.
Avertissement : euh... si vous en êtes arrivés à ce point de l'histoire, je pense qu'il n'est plus nécessaire de vous avertir de quoi que ce soit, non?
Bonne année! et bonne lecture!
Chapitre Trente-six
« Allez, viens, Harry, » dit Draco en se levant de table.
« Pourquoi ? » demanda Harry d'un ton légèrement suspicieux.
« Suis-moi, c'est tout, » insista Draco en prenant sa main, pour le forcer à se lever. « Maman va s'occuper de Victoria. »
Quand il regarda le visage des autres personnes assises autour de la table, Harry ne vit que des expressions étrangement neutres. « Où est ce qu'on va ? » demanda-t-il, se laissant traîner hors de la pièce à contrecoeur.
Draco ne répondit pas, et ne s'arrêta pas avant d'arriver au milieu du salon.
« Des cadeaux ? » demanda Harry d'un ton incrédule, regardant l'immense pile de paquets emballés.
« Qu'est ce que ça pourrait être d'autre ? » rétorqua Draco, mais il semblait particulièrement content de lui.
« Ils sont pour moi ? » demanda Harry, les sourcils haussés, incrédule.
« Je savais que tu trouverais ça bizarre, » marmonna Draco. « Oui, ces cadeaux sont pour toi, Harry, » dit-il, poussant gentiment Harry pour qu'il s'assoie sur le sol à côté de la pile de paquets.
« D'où est ce qu'ils viennent, par Merlin ? » demanda Harry, regardant la pile sans y croire. « Je suis sûr qu'il y a là plus de cadeaux que ce que j'ai reçu dans toute ma vie. »
« Tu as été privé de beaucoup de choses, » se contenta de répondre Draco.
Harry lui adressa un regard en coin. « Et toi, tu as été trop gâté, » dit-il d'un ton amusé, retrouvant ses esprits.
« Et c'est à ton tour d'être gâté, » lui dit gentiment Narcissa.
Les adultes avaient suivi et s'étaient assis de façon à pouvoir regarder Harry ouvrir ses cadeaux. Narcissa posa Victoria sur le sol, et cette dernière se mit immédiatement à ramper en direction des paquets colorés.
« D'où est ce que tout ça vient ? » demanda Harry. « Ce n'est pas comme si qui que ce soit pouvait aller faire les magasins, après tout. »
« Et bien, pour une partie, Maman et moi les avons acheté avant de venir chez toi, ce premier jour, » admit Draco. « Pour les autres, j'ai demandé aux copies conformes de m'aider. »
Harry, ébahi, cligna des yeux. « Tu te préparais à disparaître, et tu es allé faire les magasins ?! »
« En fait, c'était seulement Maman, » dit Draco. « Tu sais bien que je ne pouvais pas sortir, même à ce moment. Je lui ai juste dit ce que je voulais. »
Harry se tourna vers Narcissa, les yeux ronds. « Pourquoi est ce que vous feriez quelque chose comme ça ? » demanda-t-il. Il était certain d'avoir complètement dépassé les limites de la bizarrerie. La situation lui paraissait totalement incompréhensible.
Ce fut Severus qui lui répondit. « Narcissa a passé quelques heures dans un véritable tourbillon, à faire d'innombrables magasins, dans plusieurs villes, me laissant une trace impossible à suivre, » dit-il, sarcastique. « Ce n'était pas seulement pour ton bénéfice. »
« Merci Merlin, » dit Harry d'un ton reconnaissant. Il n'aurait jamais considéré que faire les magasins pouvait être une façon d'échapper à d'éventuels poursuivants, mais bizarrement, s'agissant des Malfoy, cela paraissait logique.
« Toi aussi tu veux des cadeaux ? » demanda Harry à Victoria d'un ton amusé. Elle avait réussi à arracher un morceau de papier de l'un des paquets, et le secouait d'un air ravi, comme s'il s'était agi d'un drapeau. « Je suis sûr que ta grand-mère t'a acheté plein de choses pour ton anniversaire le mois prochain. »
« Elle l'a fait, » dit Draco en souriant. « Mais Victoria peut s'entraîner sur tes cadeaux. Il est déjà deux heures, et tu as un horaire à respecter. »
« Tu avais dit que j'avais jusque six heures, » protesta Harry.
« Non, j'ai dit que tu étais attendu chez les Weasley pour six heures, » le corrigea Draco. « Je n'ai pas dit que tu n'avais rien d'autre de prévu d'ici là. »
« Et qu'est ce que je suis censé faire d'autre ? » demanda Harry d'une voix incrédule.
« Ouvre tes cadeaux, et tu sauras, » dit Draco en lui adressant un sourire moqueur.
« Je crois que Draco essaye d'utiliser ta curiosité pour s'assurer que tu acceptes et que tu ouvres ces cadeaux, » dit Remus d'un ton amusé.
« Mais je ne peux pas accepter tout ça, » protesta Harry. « C'est trop. »
« Tu vois, je t'avais bien dit qu'il se disputerait avec moi sur ses cadeaux, » dit Draco en s'adressant à Severus.
« Je ne me souviens pas avoir dit que je n'étais pas du même avis, » répondit ce dernier.
« Harry, » dit calmement Lucius, attirant l'attention de tous. « De toute évidence, ma femme et mon fils vous apprécient énormément, et souhaitent simplement vous offrir ces cadeaux pour témoigner de leur affection à l'occasion de votre anniversaire. D'après ce que j'ai pu comprendre, vous méritez d'être gâté pour une fois. Accepter ces cadeaux ne vous retirera pas vos qualités. »
Stupéfait, Harry ne trouva rien à répliquer au commentaire de Lucius.
« Allez, ouvre les, c'est tout, » l'encouragea Draco. « Et si Severus essaye de dire quoi que ce soit pour t'embêter encore une fois, comme pendant le repas, je lui jetterai un sort de silence pour toi. »
Harry sourit en voyant l'air renfrogné qu'affichait à présent Severus. « Et bien, avec une proposition comme celle-ci… » dit-il, laissant sa phrase en suspens.
« Dépêche toi d'ouvrir tout ça, espèce de sale gosse, » dit Severus d'un ton ironique.
« Oui, Monsieur, » dit Harry, souriant d'un air moqueur face au rire des autres.
Harry n'arrivait toujours pas à croire que tout cela soit pour lui, mais il s'amusa beaucoup avec Draco et Victoria en ouvrant tous les paquets. Beaucoup des cadeaux étaient des vêtements, ce qui ne surprit pas Harry, étant donné qu'il savait très bien ce que pensait Draco de sa garde-robe.
Ce qui surprit Harry fut le fait qu'il s'agissait de vêtements à son goût. Ce n'était pas des trucs à la mode, ou luxueux comme ce que Draco semblait préférait, et il y avait à la fois des vêtements moldus et sorciers. Il reçut de tout, depuis des jeans et des T-shirts jusqu'à des robes de cérémonies. Il sourit, amusé, quand il reçut ses propres pyjamas en soie. Il les appréciait, mais ressentit une pointe de désappointement du fait qu'il n'avait désormais plus d'excuse pour emprunter ceux de Draco. Il aimait assez porter les affaires de son petit ami.
Parmi les cadeaux se trouvait une tenue dont Draco l'informa qu'il la porterait au mariage. Un pantalon noir à pince, une chemise blanche, une cravate verte, et une robe ouverte qui était noire brodée de vert. Sur le dos, un phénix vert émeraude était brodé. Ajouté à cela se trouvait une épingle à cravate, des boutons de manchettes, et une broche pour fermer la robe, tous en forme de phénix argentés avec des yeux en émeraudes. Une ceinture et des chaussures noires brillantes complétaient l'ensemble.
Harry s'étouffa à l'idée de posséder une tenue de cérémonie. « Draco, je ne peux pas porter tout cela, » protesta-t-il. « J'aurai l'air… déguisé. »
Draco éclata de rire. « Tu auras l'air superbe, » corrigea-t-il.
« Les gens vont savoir que ce n'est pas moi qui ait choisi ça, » insista Harry.
« Evidemment qu'ils le sauront, » dit Draco d'un ton terre à terre. « C'est pour cela que tu leur diras que tu as acheté tes vêtements de base, Lupin t'a donné la robe, et les copies conformes ont emprunté les bijoux pour toi, spécialement pour l'occasion. »
« Bon, très bien, puisque je vois que tu as tout prévu pour moi, » dit Harry d'un ton sarcastique.
« Je refuse que mon petit ami aille à un mariage en ayant l'air négligé, » dit Draco, fronçant le nez à cette seule idée.
« J'allais m'habiller correctement, » protesta Harry. « Enfin, peut être pas aussi bien que ça, » admit-il, retraçant des doigts le phénix brodé sur la robe.
« Je pense que tu auras l'air incroyablement beau, » dit Draco. « Et je pense que ça te convient tout particulièrement. Le vert et l'argent représentent Serpentard, alors que les phénix représentent ton rôle au sein de l'Ordre. »
« Je l'aime beaucoup, » admit doucement Harry, caressant toujours le phénix. « Merci. »
« De rien, » dit Draco d'une voix tout aussi douce. « J'ai, euh, encore autre chose pour toi, que je voudrais que tu portes, » dit-il d'un ton hésitant. « Enfin, deux choses, pour être précis. »
Harry le regarda avec curiosité, s'étant rendu compte de la soudaine nervosité de Draco, mais sans en comprendre la raison.
Draco jeta un regard à ses parents avant de tendre à Harry un paquet qu'il avait rangé dans la poche de sa robe.
« C'est de notre part à Victoria et à moi, » dit Draco.
Harry l'ouvrit beaucoup plus lentement que les autres cadeaux, sentant par l'attitude de Draco que celui-ci était beaucoup plus important. Il ouvrit précautionneusement le couvercle de la petite boîte à bijoux, et contempla le contenu.
« Qu'est ce qu'elles signifient ? » demanda-t-il d'un ton plein de respect.
Draco tendit la main et souleva la chaîne d'argent avec les deux bagues qui y étaient accrochées. Il saisit l'une des bagues et la présenta à Harry. C'était un anneau argenté avec une frise de lierre et à l'intérieur de cette frise se trouvait une pierre bleue en forme de cœur.
« Cette bague représente Victoria, » dit Draco, ce qui expliqua à Harry son apparence plutôt délicate et féminine. « Le saphir bleu est sa pierre de naissance, et le lierre représente son mois de naissance. L'argent est mat parce que le gris est l'une de ses couleurs. »
Il regarda Harry dans les yeux. « C'est le genre de bague traditionnellement porté par les parrains ou marraines d'un enfant Malfoy, » dit-il.
Le regard de Harry se porta vers Severus. Sans un mot, ce dernier sortit de sous le col de sa robe une chaîne similaire avec une bague.
« Traditionnellement, cette bague est portée sur le petit doigt, mais Severus ne met pas la sienne à cause de ses potions, » dit Draco. « Tu ne peux pas non plus porter la tienne, parce que, et bien, les gens poseraient des questions. Normalement le nom de l'enfant devrait être gravé à l'intérieur, mais je n'ai pas osé le faire pour le moment, » dit Draco d'un ton plein de regrets. « Mais on l'y mettra dès que possible, » promit-il.
Harry se contenta de hocher la tête, essayant désespérément de garder ses émotions sous contrôle. Cette bague signifiait que la famille Malfoy approuvait son rôle auprès de Victoria. Ça avait bien plus de signification que de quelconques papiers au Ministère.
Draco prit l'autre bague, la montrant à Harry. Elle était elle aussi en argent mat, mais plus large que l'autre bague. À la place du lierre, il y avait des dessins de dragons de chaque côté, leurs longues ailes s'étendant pour entourer la perle sertie au centre de la bague, gravée en fleur.
« Cette bague me représente moi, » dit Draco. « Elle est assez similaire à celle de Severus et elle a aussi été faite quand je suis né. La perle est ma pierre de naissance, le muguet représente aussi mon mois de naissance, et je suis certain que tu comprends d'où viennent les dragons. Les détails des dragons sont plus élaborés sur cette bague, mais la principale différence devrait normalement venir des inscriptions. L'inscription traditionnelle y est, mais je ne veux pas prendre trop de risques en mettant mon nom dessus. Il y a trop de gens qui la reconnaîtrait comme étant la mienne, déjà. »
Il la tendit d'un geste brusque à Harry, alors qu'il continuait à parler nerveusement. « C'est une bague de fiançailles. Elles sont toujours plus détaillées que les bagues de mariage ou d'engagement magique. Elles sont traditionnelles dans le monde Sorcier, surtout parmi les vieilles familles de Sang-Pur. Mais elles paraissent plus féminine parce que, et bien, il y a une telle importance accordée aux héritiers, ce qui veut dire qu'elles sont généralement données à une fille. Je ne m'attend pas à ce que tu la portes à la main, même si tu pouvais le faire, mais je voulais que l'aies. »
Harry avait pris la chaîne avec les bagues et lut l'inscription. « Je me promets à vous. » Simple et traditionnel.
« Draco, » dit Harry, interrompant le déluge de mots qui s'échappaient toujours de la bouche de Draco. « Est-ce que tu ne devrais pas te taire et m'embrasser maintenant ? » demanda-t-il. « Pour sceller la promesse, ou quelque chose du genre ? »
Draco regarda Harry d'un air scrutateur, un sourire se formant lentement sur son visage. Il s'approcha pour que ses lèvres touchent celles de Harry, et c'était tellement doux et tendre que ce dernier avait l'impression qu'il allait fondre sous l'assaut d'émotions exprimées par ce baiser.
Ils n'allaient pas se marier, ou se lier magiquement, mais une promesse de fiançailles lui paraissait suffisamment proche. Harry se sentait submergé par ses émotions, et il avait l'impression que son cœur était sur le point d'exploser. « Merci, » murmura-t-il contre les lèvres de Draco.
« De rien, » répondit Draco, chuchotant lui aussi. Il s'écarta légèrement. « Je voulais que tu saches que moi et Victoria n'allons partir nulle part. »
Harry avait l'impression qu'il allait se mettre à pleurer, mais n'avait aucune envie de le faire. C'était un truc de fille, et il ne voulait surtout pas ressembler à une fille dans ces circonstances. Les choses étaient suffisamment en sa défaveur sur ce point. Il se sentit un peu mieux quand il réalisa que les yeux de Draco semblaient plus brillants que d'habitude.
Les lèvres de Draco esquissèrent un sourire, alors qu'il essayait d'alléger l'atmosphère. « C'est à cause de ton caractère buté de gryffondor, j'avais besoin de quelque chose de plus tangible pour te convaincre de ma sincérité, » dit-il.
Bizarrement, Harry apprécia la légère insulte, et sourit à son tour. « Bien sûr, parce que nous savons tous qu'on ne peut pas faire confiance à un serpentard sans avoir de preuve, » répliqua-t-il.
Ils furent tous les deux surpris quand Narcissa fut soudain à genoux à leurs côtés, essayant de les serrer tous les deux dans ses bras en même temps. Harry était gêné, mais heureux d'avoir son approbation. Remus souriait chaleureusement lui aussi. Severus restait étrangement impassible. Harry jeta un coup d'œil à Lucius.
Ce dernier eut un sourire ironique. « Félicitations, » dit-il. « Il semblerait que vous soyez à présent un membre à part entière de la famille. »
Harry écarquilla les yeux. « Et ça ne vous pose aucun problème ? » demanda-t-il, incapable de ne pas laisser son incrédulité transparaître dans sa voix. Moins de vingt-quatre heures plus tôt, Lucius se trouvait à Azkaban, et était toujours, techniquement du moins, dans le camp de Voldemort. Maintenant, il avait changé de camp et accueillait Harry dans sa famille ?
Lucius sembla peiné pendant un moment. « Je... m'habitue peu à peu à cette idée, » dit-il. « Il est certain que je respecte Draco pour avoir pris ses propres décisions. » Il fit une pause, regardant Harry d'un air pensif. « Vous souhaitez que je sois honnête ? »
Harry fut surpris par la question, mais hocha lentement la tête. Narcissa s'était écartée, et était à présent assise par terre, à côté de Draco, et tous attendaient que Lucius continue.
« Cela ne devrait pas vous surprendre d'apprendre que je respecte beaucoup le pouvoir, » dit Lucius. « Et vous avez énormément de pouvoir, Harry. »
Harry était déjà en train de secouer la tête pour nier cette affirmation, mais Lucius leva une main pour lui faire signe d'écouter.
« Vous avez du pouvoir, » continua Lucius. « Je ne veux pas simplement dire que vous êtes un sorcier puissant, bien que je sois persuadé qu'une fois que vous serez parfaitement entraîné vous serez redoutable. Même sans entraînement, vous réussissez à tenir tête au Lord Noir. J'ai appris que vous aviez un certain pouvoir politique au niveau de Ministère. Vous avez un ascendant sur ceux que vous dirigez dans l'Ordre du Phénix. »
« Non, c'est faux, » le contredit Harry, qui ne souhaitait pas le laisser croire cela.
« C'est la vérité, » dit fermement Lucius. « La différence est que vous utilisez votre pouvoir de façon très différente que le Lord Noir. Vous n'utilisez pas votre pouvoir pour blesser les autres, mais pour les aider. »
« Ce n'est pas quelque chose que vous avez toujours considéré comme un atout, » dit Harry d'un ton sarcastique.
L'expression de Lucius se fit tourmentée. « Non, en effet, » admit-il. « Cependant, j'ai eu une année pour revoir mon point de vue, » dit-il rapidement.
La pièce était silencieuse alors que Narcissa retournait s'asseoir auprès de son mari. Même Victoria était silencieuse alors qu'elle grimpait sur les genoux de Harry.
« Mes valeurs n'ont pas toutes changées, » dit Lucius. « Pour être tout à fait honnête, je ne pense pas que mon fils aurait pu choisir un compagnon plus puissant ou plus influent. Je suis parfaitement conscient que vous êtes riche. Vous êtes un leader qui ne recule pas face à l'adversité. »
Harry écarquillait les yeux pendant que Lucius listait ce qu'il considérait comme les principales qualités de Harry. Il jeta un coup d'oeil à Draco, mais ce dernier avait les yeux rivés sur son père. Harry se retourna vers Lucius, essayant de déterminer comment il se sentait par rapport à cela.
Lucius eut un sourire moqueur. « Je trouve assez ironique le fait que quand mon fils a essayé de me convaincre de votre valeur en tant que partenaire, afin que je lui donne sa bague, il n'a pas mentionné une seule de ces qualités. Des qualités recherchées chez un partenaire potentiel pour un Malfoy ont été totalement écartées en faveur de caractéristiques bien plus sentimentales. »
Harry se contenta de cligner des yeux pour toute réponse, son esprit essayant d'appréhender toutes les implications de ce que Lucius était en train de dire.
« J'ai toujours quelques inquiétudes. Parmi celles-ci, il y a l'importance que j'attache au fait d'avoir un héritier pour perpétuer le nom de Malfoy. Cependant, étant donnée votre évidente dévotion à la famille, je suis certain que vous trouverez tous les deux une solution appropriée, » dit Lucius.
Une solution appropriée ? Pour un héritier ? Et bien, voilà un problème impossible à résoudre, en tant que personne de sexe masculin, se dit Harry.
« Ce n'est pas quelque chose que je puisse faire, » dit-il amèrement. Il fusilla Lucius du regard. « Vous le savez. Vous vous moquez de moi, et prenez Draco pour un imbécile. »
« Non, Harry, ce n'est pas le cas, » dit calmement Lucius. « Je dis simplement qu'il est possible qu'il y ait des solutions que je n'aurais pas accepté de considérer par le passé. Je dis que j'attends de vous que vous essayiez de trouver l'une de ces solutions dans le futur si vous souhaitez sérieusement poursuivre cette relation. C'est la seule condition pour que j'approuve le fait que mon fils soit avec un autre homme, quelles que soient vos qualités par ailleurs. Vous vous êtes montré plein de ressources, j'attends de vous que vous continuiez à l'être. »
« Donc, pas d'inquiétude, alors, » marmonna Harry d'un ton sarcastique.
« Harry ? » demanda Draco d'un ton hésitant.
Harry regarda Draco, puis Victoria, sur ses genoux, qui mordillait sa chaussure, puis la chaîne qu'il tenait toujours, et les bagues qui les représentaient. Harry ne prétendait pas comprendre les traditions malfoyennes, mais il reconnaissait que le fait qu'il avait ces bagues dans la main était probablement plus significatif que de longs discours.
Pour que Draco fasse autant d'efforts pour que son père l'accepte, et pour que Lucius donne son approbation, cela représentait une promesse essentielle. Quelque chose que Harry réalisa qu'il n'apprécierait probablement jamais à sa juste valeur.
Maintenant était le moment de tout arrêter si il devait le faire. Ce ne serait pas facile d'être avec Draco, mais... il n'était pas du genre à abandonner.
Il montra la chaîne. « Tu peux m'aider à la mettre ? » demanda-t-il.
Draco l'aida à l'accrocher, scellant la promesse par un autre baiser. Harry se sentait un peu bizarre avec cette chaîne autour du coup, mais ridiculement heureux tout de même.
« Garde-la cachée, » dit Severus d'un ton égal.
« Je le ferai, » dit solennellement Harry. Il était conscient du risque qu'il y avait à porter cette chaîne avec les bagues. Clairement, Severus n'approuvait pas qu'il prenne ce risque, mais il semblait respecter le désir de Draco de donner ces bagues, et le désir de Harry de les porter.
« Draco, » dit doucement Remus. « On va bientôt être en retard. »
Harry les regarda d'un air curieux alors que Draco jetait un coup d'œil à l'horloge. « Merde, » marmonna Draco. Il commença à fouiller rapidement parmi la pile de vêtements, sans cesser de marmonner à voix basse.
« Qu'est ce qu'il se passe, maintenant ? » demanda Harry.
« Je suis sûr que Draco te dira quand il sera prêt, » dit Remus, en regardant Draco d'un air amusé. « Tu as encore un peu de temps, et il te reste deux autres cadeaux à ouvrir. »
Harry fut distrait de l'étrange comportement de Draco par Severus qui lui tendait un paquet. Harry le regarda avec surprise. Severus lui offrait un cadeau d'anniversaire ?
« Lupin m'a aidé, » dit Severus, clairement mal à l'aise.
Narcissa reprit Victoria dans ses bras, et Harry déballa avec soin le paquet, devinant qu'il s'agissait d'une sorte de livre. Il était assez large, relié en cuir, mais ne portait aucun titre sur la couverture. Avec curiosité, Harry l'ouvrit à la première page.
Pour Harry
Du Prince de Sang-Mêlé
Harry leva les yeux vers Severus, mais ce dernier lui fit signe de continuer à regarder. Harry commença à parcourir les pages. Il y avait des listes de sorts et contre-sorts. Il y avait aussi de très nombreuses pages de potions, toutes annotées par le Prince de Sang-Mêlé. Harry reconnut la plupart de ces sorts et potions, la plupart lui étaient inconnus, mais il ne lui fallut pas longtemps pour découvrir que tous ces sorts et potions avaient quelque chose en commun.
« C'est sur la Médicomagie ! » s'exclama-t-il.
« Tu as semblé t'y intéresser particulièrement ces derniers temps, » dit Severus tranquillement. « J'ai réuni beaucoup de mes notes sur le sujet, et Lupin m'a aidé à les copier et les relier. »
« Merci, » dit Harry avec reconnaissance, sachant que Severus n'avait pas l'habitude de donner ses notes personnelles sur un coup de tête.
« De rien, » répondit Severus. « J'espère que tu étudieras attentivement le contenu de ce livre et que tu en apprendras quelque chose, » ajouta-t-il.
Harry était en train de feuilleter les pages du livre avec un grand intérêt, et il éclata de rire en entendant le conseil de Severus. « Je le ferais, » promit-il. Alors qu'il faisait cette promesse, il réalisa qu'il s'agissait de quelque chose qu'il avait vraiment envie de faire. Il baissa les yeux sur le livre. Peut être devrait-il penser un peu plus sérieusement à la Médicomagie.
« Encore un cadeau, » dit Remus. « Un cadeau pour chacun de vous, en fait. » Il sortit deux petits paquets de sa poche et les donna à Harry et Draco.
« Ce n'est pas mon anniversaire, » dit Draco en fronçant les sourcils.
« Ouvre, et je vous expliquerai, » dit Remus.
Harry déchira le papier, révélant un bracelet en argent. Il jeta un coup d'oeil au cadeau de Draco, et se rendit compte qu'ils étaient parfaitement assortis. Ils n'étaient pas d'apparence féminine, contrairement aux bagues, et ils ressemblaient à quelque chose que Draco pourrait porter. Ils faisaient penser à Harry aux bracelets moldus sur lesquels on inscrit le nom, d'une certaine façon, mais ils étaient presque solides, et les maillons entrelacés étaient formés de serpents. Sur une surface large et plate était écrit le nom de Victoria.
« Est ce que je me suis tout d'un coup transformé en une fille, et personne ne m'en aurait informé ? » marmonna Harry. Il portait déjà des bagues autour de son cou, et maintenant un bracelet ? Il n'avait jamais porté de bijoux de sa vie !
Draco ricana. « Crois moi, Harry, je peux t'assurer que tu n'es pas une fille, » dit-il, lui adressant un regard plein de sous-entendus.
Remus reprit rapidement la parole, mettant fin à ce genre de discussion avant que ça ne dégénère. « Harry, je sais que tu ne portes pas ce genre de choses habituellement, » dit-il. « Mais il y a un but pour ces bracelets et à mon avis, tu apprécieras. »
Harry et Draco le regardèrent avec curiosité.
« Les bracelets sont quelque chose que tu peux porter en toutes circonstances, et ils remplaceront les pièces que vous transportez tous les deux, » expliqua Remus.
« Ils ont le sortilège Protéiforme sur eux ? » demanda Draco, haussant un sourcil pour montrer sa surprise.
« Une version modifiée, oui, » dit Remus. « Ils sont enchantés pour que des messages puissent apparaître à la place du nom de Victoria. Son nom disparaîtra et le message s'inscrira là. On pourra te connecter à plusieurs personnes, grâce aux bracelets. Il sera plus simple pour toi de recevoir les messages. Par contre, il te sera un peu plus difficile d'en envoyer aux autre, » le prévint-il.
« Parce que nous devons faire attention à qui exactement nous envoyons un message, » dit Harry, comprenant où il voulait en venir.
« Est-ce qu'ils deviendront chauds comme les pièces ? » demanda Draco. Il avait déjà accroché le bracelet autour de son poignet et attachait celui de Harry facilement, montrant qu'il avait une certaine habitude.
Remus hocha la tête. « Oui, » dit-il. « Et, tant que Harry garde le sien, il y aura moins de risque qu'il l'oublie ou le perde, comme pour les pièces. »
Draco adressa un sourire moqueur à Harry. « C'est certainement une idée brillante, » dit-il.
Harry sourit. « C'est vrai, ils sont géniaux, » acquiesça-t-il. Il n'était toujours pas très emballé à l'idée de porter un bracelet, mais l'idée semblait très bonne, et ce serait en tous cas beaucoup plus pratique que les pièces.
« Alors, pourquoi le nom de Victoria ? » s'enquit-il, curieux.
Remus afficha un large sourire. « J'avais pensé à Draco quand je les ai acheté, et encore plus quand il a été temps de choisir quel nom serait affiché, » dit-il. « Mais pour le moment, Victoria semblait être un choix plus sûr. »
Retrouvant un moral au plus haut, Harry se leva et serra d'abord Remus dans ses bras, puis Severus. Ce dernier protesta, mais Harry ne put s'empêcher de remarquer qu'il le serra lui aussi. Harry embrassa ensuite Narcissa, pour la remercier pour tous les cadeaux merveilleux. Il se tourna ensuite vers Lucius.
« Je n'ai pas envie de vous embrasser, » dit-il.
« J'en suis heureux, » dit Lucius d'une voix amusée, tendant sa main à Harry, qui la serra avec un large sourire.
« Très bien, Harry, » dit Draco, affichant lui aussi un air heureux. « Si tu as fini de tripoter tout le monde, il est temps que tu te dépêches et que tu ailles te changer. Maman va s'occuper de préparer Victoria. »
« J'emmène Victoria ? » s'étonna Harry.
Draco traîna Harry à l'étage, quelques vêtements dans la main, et lui expliqua en chemin. Harry avait un rendez-vous à quatre heures. Lupin emmènerait Harry, et garderait Victoria pendant qu'il était là-bas. Ils iraient directement chez les Weasley après. Victoria irait à la fête, et pendant ce temps, Draco resterait avec son père.
Harry se changea et mit le nouveau jean noir et le pull vert que Draco insista pour lui faire porter. Alors qu'il mettait ses nouvelles chaussures, il redemanda où il devait être à quatre heures.
« Tu as rendez vous pour un examen oculaire pour avoir des lentilles, » admit finalement Draco, alors qu'il regardait Harry dans ses nouveaux vêtements.
Harry le regarda, stupéfait. « Tu t'es arrangé pour que j'aille voir un ophtalmologiste et que j'ai des lentilles ? » répéta-t-il.
Draco hocha la tête.
« Comment ? Pourquoi ? » demanda Harry, sans comprendre. « D'ailleurs, comment est ce que tu peux savoir ce que sont des lentilles ? »
« J'en ai parlé avec Lupin, » admit Draco. « Je voulais que tu fasses soigner tes yeux magiquement, mais Lupin m'a dit que tu ne voudrais peut être pas. Mais après il a suggéré les lentilles moldues. Ce n'est pas un changement permanent, et tu pourrais décider si tu veux ou pas faire soigner tes yeux magiquement après avoir eu une chance de voir ce que c'est de ne pas porter tes lunettes. Il a pris le rendez-vous et tout ça. »
Harry cligna des yeux, regardant Draco d'un air incrédule. « Pourquoi ? » demanda-t-il de nouveau.
« Parce que j'aime bien te voir sans lunettes, » répondit Draco.
« Tu es vraiment superficiel et futile, Malfoy, » dit Harry d'un ton sarcastique.
« Ce n'est pas que ça, » répliqua Draco. « Mais c'est vrai, je pense que tu es mieux sans. »
« Alors, qu'est ce que c'est ? » demanda Harry avec curiosité. « Je suis habitué à mes lunettes. Elles ne me gênent pas vraiment. »
Draco hésita un moment. « Là, maintenant, avec tes lunettes, tu es Potter, » dit-il. Il s'approcha et lui enleva ses lunettes. « Maintenant, tu es Harry, » dit-il doucement.
« Oh, » souffla Harry. C'était certainement quelque chose qui donnait à réfléchir. Cependant, il lui était un peu difficile de réfléchir alors que Draco l'embrassait passionnément.
Rompant le baiser, Draco posa ses lèvres une dernière fois contre celles de Harry avant de se redresser en souriant. « Je préfère nettement embrasser Harry, plutôt que Potter, » dit-il.
C'était sans aucun doute une bonne raison pour aller au rendez-vous et essayer les lentilles, se dit Harry, qui avait toujours quelques difficultés à penser clairement.
« Alors, tu vas y aller ? » demanda Draco.
« Oui, » répondit Harry en roulant des yeux. « Mais je pense toujours que tu es superficiel. »
« Peut être, » dit Draco d'un ton traînant, se reculant et examinant Harry d'un regard appréciateur. « Mais je sais exactement ce que j'aime voir. »
Harry baissa les yeux pour s'examiner à son tour, essayant de voir ce qui plaisait tant à Draco. Il supposait qu'il n'était pas si mal, mais il ne se sentait pas particulièrement différent.
« Tu es magnifique, Harry, » dit Draco d'un ton amusé, en le regardant. Son ton se fit menaçant alors qu'il passait ses bras autour de la taille de Harry. « Par contre, tu as intérêt à rester éloigné de la Weaselette ce soir. »
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Harry avait ri un peu plus tôt face à l'avertissement de Draco, mais quand il arriva chez les Weasley et qu'il vit Ginny qui le regardait avec de grands yeux, il se demanda si Draco n'avait pas eu raison de le prévenir de se tenir éloigné d'elle.
« Wow, » souffla-t-elle. « Tu es vraiment sexy aujourd'hui, Harry. »
« Euh, merci, » marmonna Harry, plaçant Victoria plus haut sur sa hanche.
Ginny secoua la tête, et lui sourit. Il jeta un coup d'oeil pour s'assurer qu'ils étaient seuls. Elle était la seule à être sortie pour accueillir Harry, Victoria et Remus.
« Il y a quelqu'un qui a beaucoup de chance de t'avoir, » dit-elle.
« Il y a quelqu'un qui m'a prévenu que je devais me tenir éloigné de toi, » rétorqua Harry.
« Je parie que quelqu'un l'a fait, » dit joyeusement Ginny. « Vu ton apparence, je suis étonnée que tu aies eu le droit de quitter la maison. »
« En fait, j'ai pratiquement été mis à la porte, » dit Harry en grimaçant.
Ginny était curieuse, et ce fut Remus qui répondit. « On était pressés parce que Harry avait un rendez vous chez un ophtalmologiste, un docteur pour les yeux, » expliqua-t-il.
Ginny réfléchit pendant quelques secondes. « Tu n'es plus obligé de porter tes lunettes ? » demanda-t-elle à Harry.
Ce dernier secoua la tête. « On m'a dit que je ressemblais à Harry sans, Potter avec, alors euh, Remus a pris le rendez vous pour moi et maintenant je porte des lentilles, » dit-il.
« Remus a tout arrangé ? » demanda Ginny.
Harry se contenta de hausser les épaules en souriant.
« Tu dois avoir eu une journée de shopping bien remplie avec Remus, » se moqua Ginny.
« Je ne sais pas trop, » répondit Remus. « Je dois dire qu'à part la visite chez l'ophtalmologiste, c'était la journée de shopping la plus reposante que j'ai jamais eue. »
Harry et Ginny éclatèrent de rire tous les deux. Remus était l'excuse de Harry pour tout, mais Ginny comprenait qu'en réalité, Draco était derrière tout cela.
« Peut être devrions-nous entrer maintenant et faire savoir aux autres que nous sommes là, » suggéra Remus.
« Euh, en fait, je voulais montrer quelque chose à Ginny avant, » avoua Harry.
Remus sourit chaleureusement. « Je ne doute pas que tu aies envie de montrer à quelqu'un, » dit-il d'un ton compréhensif. « Je vais prendre Victoria avec moi et prévenir les autres que tu arrives dans quelques minutes, alors ? »
« Si ça ne te déranges pas ? » dit Harry, d'un ton plein d'espoir.
« Pas de problème, » dit Remus en lui prenant Victoria. Elle était encore un peu endormie, comme elle venait juste de se réveiller après sa sieste.
Harry prit la main de Ginny et l'entraîna plus loin de la maison et hors de vue, au cas où quelqu'un serait en train de les regarder.
« Qu'est ce qu'il se passe, pour que tu soies aussi excité ? » demanda Ginny alors que Harry lançait un sort de Silence autour d'eux pour plus de sécurité.
En souriant, il passa la main dans sa chemise et en sortit la chaîne avec les bagues.
« Oh, wow, » souffla Ginny, son visage reflétant sa compréhension. « Il t'a donné sa bague de fiançailles ? »
Harry hocha joyeusement la tête.
« Et celle-ci ? » demanda Ginny, touchant délicatement la bague de Victoria alors qu'elle les examinait. « C'est la bague qui signifie que tu es le parrain de Victoria, n'est ce pas ? »
Harry acquiesça de nouveau. « Oui. De toute évidence, tu t'y connais plus que moi en traditions sorcières, » dit-il d'un ton sarcastique.
« Ce n'est pas que j'y attache autant d'importance que d'autres personnes, mais je suis une sorcière de Sang pur, » dit Ginny. « J'ai grandi en apprenant toutes les traditions sorcières. »
« Je continue d'apprendre, » dit Harry en haussant les épaules.
« Tu comprends bien ce que représente le fait qu'il t'ai donné ces bagues ? » demanda Ginny.
« Oui, je comprends bien, » dit doucement Harry.
« Harry, je suis un peu surprise qu'il te l'ait donnée aussi vite, » dit-elle, plissant le front. « Ça ne fait pas si longtemps que vous êtes ensemble. »
« Je sais que tout se passe très rapidement, mais je suis heureux, Ginny, » dit-il.
« Je peux le voir, » dit-elle doucement. « Et de toute évidence, il s'occupe bien de toi, » ajouta-t-elle d'un ton moqueur, alors qu'elle reculait d'un pas et l'admirait.
« J'ai quasiment eu une nouvelle garde robe en cadeau, » admit Harry. « Je parie que quand je rentrerais, je ne trouverais plus aucun de mes anciens vêtements. »
« Bon débarras, » dit Ginny en souriant. « Ces nouveaux vêtements te vont vraiment bien. Je risque de regretter de t'avoir laissé partir. »
Harry lui jeta un regard perçant, soudain nerveux.
Ginny secoua la tête. « Je ne le regrette pas, Harry, » dit-elle sérieusement. « Je suis heureuse pour toi. » Elle sourit d'un air moqueur. « Par contre, j'aimerais bien savoir où se trouve mon Serpentard à moi. »
Soulagé, Harry lui sourit à son tour.
« Est ce que tu as parlé à Zabini ? » s'enquit Ginny avec curiosité.
Harry haussa les épaules. « Ça fait presque deux semaines depuis la dernière fois où je lui ai parlé, mais Draco l'a vu la semaine dernière, » dit-il. Il expliqua rapidement la situation concernant les Serpentards qui ne voulaient pas recevoir la Marque, et expliqua que Draco et Blaise mettaient en place des plans de secours au cas où Voldemort déciderait de les marquer plus tôt que prévu.
Il laissa de côté la partie concernant Narcissa et Severus qui les aidaient à former ces plans. Il y avait maintenant un système en place pour qu'ils puissent contacter rapidement les Serpentards en cas de besoin. Lui-même n'avait pas pu contribuer beaucoup. Il les connaissait à peine, et il ne comprenait certainement pas leurs façons de faire Serpentardes. Il savait seulement qu'il aurait probablement une maison remplie de Serpentards si Voldemort décidait d'envoyer ses partisans en mission de recrutement.
« Est-ce que ce Zabini est un type sympa, alors ? » demanda Ginny.
« Oui, ça va, » dit Harry. Il pencha la tête et la regarda avec curiosité. « Est ce que tu es souhaite vraiment sortir avec un Serpentard ? » demanda-t-il.
Ginny tapota son torse, à l'endroit où les bagues étaient de nouveau cachées sous sa chemise. « Ça t'a plutôt bien réussi, » dit-elle, d'un ton plein de sous-entendus.
« C'est vrai, » reconnut Harry. Il faudrait qu'il pense à parler avec Draco pour savoir si Blaise serait intéressé par Ginny. Surtout depuis l'incident de la douche, il savait que Draco serait plus qu'heureux de caser Ginny avec quelqu'un, même avec son meilleur ami, tant que cela permettrait de l'éloigner de Harry.
Ils firent demi-tour et entrèrent dans la maison, où le chaos régnait.
« Harry, tu es arrivé ! » s'exclama Hermione. Immédiatement, toutes les personnes dans la pièce se tournèrent vers lui. Il ne savait pas s'il devait se montrer mal à l'aise ou amusé alors que tous écarquillaient les yeux en voyant son apparence.
Il décida d'être amusé. « Est ce que j'ai vraiment l'air si différent ? » demanda-t-il en souriant.
« Tu portes des vêtements sympas et neufs, qui sont à ta taille, tu ne portes pas tes lunettes, et tes cheveux, pour une fois, sont coiffés, » dit Hermione, faisant une liste des différences. « Tu es magnifique, » admit-elle.
« J'ai eu une journée chargée, » dit Harry en haussant les épaules. « Remus m'a emmené acheter des lentilles et il m'a aussi emmené chez le coiffeur. » Il grimaça. « Pour le coiffeur, c'était plutôt inutile puisque mes cheveux sont toujours de retour à leur état normal dès le lendemain, mais personne ne semble vouloir me croire. »
« Et bien, ils sont vraiment bien, peu importe comment ils sont coiffés, » dit Hermione d'un ton diplomatique.
« Qu'est ce que c'est, des lentilles ? » demanda Ron, regardant Harry sans comprendre.
Harry salua les autres pendant que Hermione se lançait dans de grandes explications, donnant un cours sur la vision et les lentilles de contacts à Ron, ainsi qu'à Mr Weasley qui écoutait bien plus attentivement que son fils. Tous les Weasley, sauf Percy, étaient là, mais il n'y avait personne d'autre. Quand il demanda où était Fleur, on lui dit qu'elle passait les quelques nuits précédant son mariage dans sa famille. Bill ne la verrait pas avant la répétition du vendredi.
« Ce soir, après le dîner, et après que tu aies ouvert tes cadeaux, on sort, » annonça Charlie, s'adressant à Harry. Ses mots lui attirèrent immédiatement des regards désapprobateurs de la part de Mrs Weasley et de Hermione.
« On va retrouver quelques uns de mes amis dans une pièce privée aux Trois Balais, » expliqua Bill, regardant sa mère d'un air amusé. « Ce sera en quelque sorte une double célébration : mon enterrement de vie de garçon et ta majorité. »
« C'est déjà assez mal que vous sortiez comme ça, » dit Mrs Weasley. « Mais emmener Harry et Ron dans votre soirée de beuverie… ça ne me plaît pas. »
« Allons, Molly chérie, » dit Mr Weasley, essayant de la rassurer. « Les garçons iront bien. C'est juste une petite fête. Pas vrai, les garçons ? »
Tous acquiescèrent d'un hochement de tête. Même Harry hocha la tête, écoutant avec intérêt. Cependant, il n'était pas certain d'y aller. Il devait penser à Victoria, et il ne pensait pas que Draco serait très heureux à l'idée qu'il sorte sans lui.
Les discussions se poursuivirent alors que le dîner était servi. Ron était enthousiaste à l'idée de cette soirée, malgré l'opposition de Hermione. Etant donnée qu'elle n'était pas invitée à la sortie entre garçons, et que Ron se faisait un point d'ignorer totalement sa désapprobation, Harry ne pouvait pas vraiment le lui reprocher. Il se disait simplement qu'elle pourrait trouver un meilleur moyen de le dire à Ron.
« Hermione a peur qu'il n'y ait des filles à cette soirée, » chuchota Ginny à Harry. « Et tu sais comment était Ron avec Lavande. »
« Oh, » dit Harry, qui comprenait beaucoup mieux l'attitude de Hermione tout à coup. « Je suppose que je devrais probablement y aller pour garder un oeil sur lui, mais... » il ne finit pas sa phrase, incapable d'énoncer ses inquiétudes à voix haute.
Ginny se contenta de hausser les épaules, comprenant son problème, mais n'ayant pas de solution à proposer.
Harry se concentra sur Victoria, pour la nourrir, n'écoutant que d'une oreille Hermione qui se disputait avec Ron, et Bill et Charlie qui essayaient de rassurer leur mère. Remus discutait avec Arthur, et les jumeaux conspiraient à voix basses à propos d'on ne savait quoi.
Toutes les discussions cessèrent quand Mrs Weasley apporta un immense gâteau. Harry sourit joyeusement. Cette famille avait un bien plus grand respect pour les gâteaux, et il allait pouvoir le savourer.
« Regarde, Remus, » dit Harry en souriant. « C'est au chocolat. »
« En effet, » dit Remus, souriant.
« Je pensais que tu aimais le chocolat, Harry, » dit Mrs Weasley.
« J'adore ça, » la rassura Harry. « C'est parfait. Merci. »
« De rien, Harry, » dit Mrs Weasley, souriant affectueusement.
Harry savoura chaque bouchée de son gâteau, mais il ne donna pas à Victoria sa propre part, se contentant de lui offrir quelques morceaux de son assiette, qu'il gardait hors de sa portée.
Ils se dirigèrent ensuite au salon pour que Harry puisse ouvrir ses cadeaux. Il était assez curieux de savoir pourquoi le paquet avait été envoyé chez les Weasley, mais il fut heureux d'apprendre que Hagrid lui avait envoyé un cadeau, finalement. Evidemment, il n'était pas particulièrement emballé par les biscuits faits maison, mais il était heureux de recevoir des bonbons de chez Honeydukes, ainsi que la carte, et surtout, il était heureux que Hagrid ait pensé à lui.
De la part de Mr et Mrs Weasley, il reçut un cadeau qui était destiné à lui et Victoria. Mrs Weasley avait tricoté des pulls assortis pour tous les deux. Ils étaient vraiment jolis, mais ils étaient rouges brodés d'or, ce qui signifiait qu'il allait devoir les cacher de Draco.
« Victoria fera une adorable Gryffondor, » dit joyeusement Fred.
« Je pense qu'elle sera ravissante avec ce pull cet automne, » acquiesça George.
Ginny essayait de camoufler son rire, et Remus semblait avoir une soudaine quinte de toux.
« Je l'ai fait un peu grand pour Victoria pour qu'elle puisse le porter pendant plusieurs mois, » dit Mrs Weasley.
« Merci, Mrs Weasley, » dit Harry, jetant un regard noir aux jumeaux.
« Quoi ? » demanda Fred d'un ton innocent. « Je trouve simplement qu'il est amusant de vous voir, toi et Victoria, dans des vêtements assortis, comme aujourd'hui. »
« Comme aujourd'hui ? » demanda Harry sans comprendre.
« Je ne crois pas que tu aies réalisé à quel point toi et Victoria êtes assortis au niveau des couleurs, » dit Remus, esquissant un sourire.
« Oui, assortis en vert Serpentard, » marmonna Ron.
Harry baissa les yeux sur son pull puis regarda Victoria dont la robe était également verte, et portait aussi des chaussures noires. Il remarqua enfin qu'effectivement, ils étaient habillés de manière assortie, et réalisa que Draco les avait délibérément habillés de cette façon, lui et Victoria.
Face aux commentaires de Remus et de Ron, et en voyant s'assombrir brusquement le regard de Harry, Fred, George et Ginny ne tinrent plus et éclatèrent de rire.
« Les enfants ! » les réprimanda Mrs Weasley, mais cela fut en vain, car les autres se mirent peu à peu à rire à leur tour.
« C'est assez drôle, Harry, » reconnut Hermione qui commençait elle aussi à ricaner. « D'habitude, tu n'arrives même pas à assortir tes propres vêtements. »
Fred, George et Ginny rirent de plus belle, sachant parfaitement que c'était Draco qui avait choisi les vêtements.
« Mais pourquoi en vert ? » demanda Ron d'un air étonné.
Harry haussa les épaules. Dire à Ron que c'était Draco qui avait choisi cette couleur risquait de ne pas très bien passer.
« Ne fais pas attention à Ron, » dit Hermione à Harry. « Le vert te va vraiment très bien, c'est assorti à tes yeux. Et sans tes lunettes, tes yeux ressortent encore plus. »
Ron grimaçait maintenant à Hermione.
« Oi ! Vous ne pouvez pas vous arrêter cinq minutes tous les deux ? » s'irrita Harry. « Ne me mêlez pas à tout ça. »
Hermione eut un air désolé et Ron rougit.
« Tiens, Harry, » dit Charlie, souriant alors qu'il lançait un paquet à Harry.
Reconnaissant pour la diversion, Harry déchira le papier. Quand il découvrit ce qu'il y avait à l'intérieur, il sourit à Charlie. « Je suppose que tu penses que je devrais le porter sur moi à chaque fois que je vais quelque part, » dit-il d'un ton ironique.
« On ne sait jamais quand on peut avoir besoin d'un couteau, » dit Charlie, secouant la tête d'un air amusé.
Ce fut ensuite au tour de Bill de lui lancer un paquet, et Harry l'ouvrit pour découvrir un livre sur la Médico-magie. Le brun ne fut pas aussi surpris de le voir qu'il l'aurait été s'il n'avait pas déjà reçu le cadeau de Severus. Il parcourut les pages avec curiosité.
« J'ai pensé que ça pourrait t'intéresser, » dit Bill. "Tu étais l'un des seuls à ne pas être dégoûté en me voyant avant, et tu semblais assez fasciné par la guérison. J'ai pensé que tu aimerais peut être en apprendre un peu plus sur le sujet, et t'informer sur une possible carrière. »
« Mais Harry veut devenir un Auror, » dit Ron.
« Il peut toujours changer d'avis, » fit remarquer Hermione. « Il aurait les qualifications. Enfin, si on peut passer nos ASPICs, » ajouta-t-elle.
« Oh, on pourra passer nos ASPICs, » dit Harry d'un ton confiant. « Et en ce qui concerne d'éventuelles études en Médico-Magie, et bien, je pense que ça pourrait peut être m'intéresser, » admit-il. « J'aime assez l'idée de pouvoir soigner des gens au lieu de les détruire. »
Un silence gêné tomba sur la pièce à la suite des paroles de Harry, tous sachant que Harry devrait détruire Voldemort avant qu'il ne puisse passer ses NEWT ou faire des études de Medico-Magie.
Harry attrapa le cadeau de Hermione, souhaitant alléger l'atmosphère. Il réalisa cependant qu'il avait choisi le mauvais cadeau pour cela. « Hermione, » gémit-il. « Pourquoi est ce que tu m'as offert un livre pour apprendre à faire des discours efficaces ? »
Ginny et Ron ricanèrent de là où ils étaient assis, de chaque côté de Hermione, mais celle-ci les ignora tous les deux. « Je sais que c'est un cadeau utile, mais tu es majeur maintenant, Harry. Je ne pense pas que certains discours préparés puissent fonctionner pour toi en toutes circonstances. »
Harry grimaça. « Je n'ai pas l'intention de donner d'autres discours, » marmonna-t-il.
« Je ne crois pas que tu avais l'intention de dire un discours la dernière fois non plus, » fit-elle remarquer.
« Non, je suppose que non, » admit Harry à contrecoeur.
« Ouvre ça, Harry, » dit Ron sans essayer de cacher son sourire. « C'est de notre part à Ginny et à moi. »
« On a pensé que notre Capitaine pourrait trouver ça utile, » ajouta Ginny.
Harry déchira le papier pour trouver un autre livre. Il souriait déjà en lisant le titre, Capitaines de Quidditch, mais alors qu'il regardait la description du contenu du livre, Les Discours Motivants des Capitaines Qui Ont Menés Leurs Equipes à la Victoire, il se mit à rire.
Harry dut expliquer la raison aux autres personnes présentes, ce qui les fit rire. Même Hermione sourit, bien qu'à contrecoeur.
« Heureusement que Harry n'a pas la même approche que Oliver pour les discours, » fut le commentaire de Fred.
George et Harry frissonèrent avec Fred, totalement d'accord. « Je ne pense pas que les discours d'Oliver étaient particulièrement motivants, » marmonna Harry.
« Tu t'es plutôt bien débrouillé avec tes discours aux réunions de l'Ordre, » dit Arthur avec fierté. « Tu as impressionné Rufus, aussi. Il a demandé de tes nouvelles aujourd'hui, il se demandait comment tu allais. »
« Euh, qu'est ce que vous lui avez dit ? » demanda Harry.
« Et bien, je ne pouvais pas lui dire que je t'avais vu depuis ta visite au Ministère hier, » dit Arthur. « Mais je lui ai assuré que tu venais pour le dîner. Il a dit qu'il passerait peut être ce soir pour te parler. » Il s'arrêta un moment pour réfléchir. « Il a dit quelque chose de bizarre, au sujet de ne pas avertir le Daily Prophet de ta visite au Ministère jusqu'à ce qu'il t'ai vu de nouveau. »
Harry jeta un coup d'oeil à Remus, ignorant délibérément les regards suspicieux de Ron, Hermione et Ginny. Techniquement, il avait vu Scrimgeour quand il avait quitté Azkaban, mais il n'avait pas été très en forme à ce moment. Il réalisa qu'il aurait probablement dû envoyer un message à Scrimgeour lui disant qu'il avait survécu à la visite à la prison tout en conservant toute sa tête. Il avait aussi oublié que quand sa visite serait publiée dans le Daily Prophet, il devrait répondre aux questions de ses amis.
Harry put remercier tout le monde pour ses cadeaux avant que Ron et Hermione ne le traînent en haut, Bill leur criant qu'ils partiraient bientôt. Harry grogna, réalisant qu'il devait aussi prendre une décision à ce sujet, et décider s'il allait ou pas à la soirée.
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