Chapitre 35 : Pourvue qu'il ne soit pas trop tard…

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POV Edward :

Lorsque nous avions été fin prêt, nous étions tous partis en direction de la planque qu'Emmett et Jasper avaient trouvée. Nous courrions tous à vive allure mais je m'étais callé sur le rythme, tout d'abord parce que je tenais la main de ma fille, puis ensuite pour ne pas arriver seul là-bas où je risquais de faire une bêtise et compromettre les chances de survie des amours de ma vie, surtout que Bella avait l'air d'être blessée, elle était déjà très affaiblies par le bébé. Plus on approchait de la planque et plus la panique me gagnait. Après tout, peut-être que j'avais tort, peut-être qu'ils n'attendaient rien de nous et voulaient simplement se venger, il avait menacé plusieurs fois Nessie de s'en prendre à Bella et Carlie si elle ne faisait pas ce qu'il voulait. Peut-être voulait-il les échanger contre Renesmée ? Peut-être s'en était-il déjà pris à elle ? En tout cas avec l'odeur du sang qui jonchait le sol de la chambre, je me mis à paniquer encore plus. Je voulus accélérer le pas mais Nessie me résonna.

Au bout de plusieurs minutes de course, je vis enfin la bâtisse, celle qui retenait prisonnière ma femme et ma fille. Plus on s'approchait et plus les bruits devenaient distincts. Des bruits lourds, violents, des cris, non pire des hurlements à la mort… des plaintes de douleur comme des animaux qu'on égorge, des sanglots… d'une femme… Bella… ma Bella… Cette fois je ne pus résister et lâcha immédiatement la main de ma fille pour accélérer ma course, Jasper sur mes talons.

Je n'eue pas besoin de réfléchir longtemps pour défoncer cette porte, les hurlements de Bella parlaient d'eux-mêmes. Il fallait faire très vite maintenant. Avec Jasper nous éclatâmes le bois de la porte, rejoint non loin derrière d'Emmett et Carlisle, laissant les filles un peu plus en retrait.

Cinq paires d'yeux nous regardaient dont ceux pleins d'espoir de ma fille. Celle que j'avais surprise au lit avec ma fille quelques mois plus tôt, tenait fermement Carlie alors que celle-ci s'écriait « papa ». Elle avait le visage en sang et je rentrai alors dans une rage folle. Un des hommes que j'avais vus dans l'esprit de Nessie et un autre homme blanc aux cheveux gris nous assaillirent mais l'adrénaline étant au rendez-vous, Jasper et moi n'eûmes aucun mal à les mettre à mort.

Le dernier des hommes, grand, très musclés aux cheveux noirs, se mit lui aussi à nous attaquer mais cette fois l'adrénaline ne changeait rien, c'était un géant très costaud, il rigolait de nous repousser en appuyant simplement la paume de sa main sur notre front. Aussi bien mon frère que moi, essayons de le toucher pour le frapper mais c'était peine perdue. C'est alors que je vis Alice lui sautait sur le dos et le mordre au cou. Il nous relâcha finalement et nous étions venus en aide de notre sauveuse. Malheureusement, on avait beau le bombarder de coups de pieds, de coups de poing, rien n'y faisait, il ne vacillait même pas. Il fallut qu'Em et notre père se joignent à nous pour qu'on puisse le décapiter tandis que Rose et Esmé s'occupait de la rousse Victoria. Nessie, quant à elle, serrait sa sœur dans ses bras.

Pendant notre bataille, les cris de mon amour avaient légèrement diminués mais je n'étais pas sûr que ce soit bon signe. Alors qu'Alice et Jasper commençaient à enflammer tous ces cadavres ma Carlie se jeta dans mes bras.

-Papa… Pleura-t-elle.

-Je suis là mon amour. Tu vas bien ? Où est-ce que tu es blessée ? T'as mal ? M'empressais-je en vérifiant son visage.

-Non… maman… Elle continuait de pleurer.

-Viens avec papi. Mon père la prit dans ses bras. Il allait surement s'occuper de ses blessures.

Mon père sortit de cet endroit avec mes deux filles. Alors que nous autres entrâmes dans la pièce d'à côté, d'où les cris de mon amour venait, après qu'Emmett ai défoncé la porte.

Mes frères et Rose se jetèrent sur ce connard de James qui avait voulu violer ma Nessie il y a plusieurs mois. Je l'avais mis en pièce et elle m'avait supplié de ne pas le tuer. Je n'eue pas le temps de voir ce qu'ils lui faisaient que mon regard fut attiré sur un corps inerte jonchant sur le sol. Sa magnifique robe blanche, souillée de sang… de son sang… Je me précipitais sans réfléchir à l'odeur du sang vers l'amour de ma vie et notre bébé.

Je me jetais près d'elle, à genoux au-dessus de sa tête ensanglantée elle aussi. J'eue soudainement le cœur brisé et pour la première fois depuis très longtemps, malgré que techniquement en tant que vampire je ne le pouvais pas, mes larmes jaillirent de mes yeux. Mon amour avait les yeux fermés et elle respirait très faiblement. Je pris son pouls avant de poser ma main sur son ventre alors que l'autre caressait ses cheveux poisseux. Je ne savais pas quoi faire… Alice et Esmé s'approchaient de nous. Alice eut l'air d'être aussi ravagée que moi alors qu'Esmé eut un visage plein de surprise puis de tristesse en jurant contre le seigneur.

-Je vais chercher papa… S'écria Rosalie en sortant.

-Sortez… Sortez tous… Sortez… Leur hurlais-je.

-Mais Edward… Commença Alice.

-Dehors. Criais-je de nouveau.

Je m'en voulais de leur avoir crié dessus ainsi mais à cet instant j'avais seulement envie de rester avec mon amour. J'avais l'impression de lui dire au revoir. J'étais sûr qu'elle était en train de mourir.

-Mon amour je t'en prie ne me fait pas ça… Ne me quitte pas… Bats-toi… pour moi, pour nos filles, notre fils mais aussi et surtout pour toi. Bébé je t'aime plus que tout je t'en prie…. J'ai besoin de toi… Je ne saurais vivre dans un monde où tu n'existes pas… Carlisle interrompit mon monologue en plaçant sa main sur mon épaule.

Il s'agenouilla ensuite à nos côtés pour ausculter ma femme. Il avait l'air embêter et triste, je sus alors que mon pressentiment venait d'être confirmé par le diagnostic de mon père.

-Elle va mourir ? Soufflais-je en direction de mon père.

-Je suis désolé mon fils, ses blessures sont trop graves et elle a perdu trop de sang. Son pouls est si faible. Me répondit-il douloureusement.

-Et le bébé ? Demandais-je tout de même.

-Si on l'opère rapidement, une césarienne, comme il est bien développé, il peut survivre. Me répondit-il.

-Il n'y a rien à faire ? Le suppliais-je tout de même.

-Si, tu connais la solution Edward… Me donna-t-il en guise de réponse.

La solution ? Bien sûr que je la connaissais mais j'aurai tellement voulu l'éviter… Surtout qu'on n'en avait jamais reparlé ensemble depuis le lycée, est-ce qu'elle le désirait toujours ? M'en voudrait-elle ? Est-ce que je peux lui voler son âme ? Mais en même temps suis-je prêt à la perdre et faire souffrir mes enfants ? La réponse est si évidente…

-On n'a pas une minute à perdre fils. Me rappela Carlisle en posant sa main sur mon épaule.

Je ne l'écoutais déjà plus, je pris ma femme dans mes bras et la souleva. Elle hissa difficilement son bras autour de mon cou, tandis que je déposais ma joue contre son front.

-Mon amour je ne te laisserai pas tomber. Je t'aime. Accroches-toi.

Je sortis de cette maison avec l'amour de ma vie dans les bras, Carlisle sur mes talons. Carlie voulut venir nous rejoindre mais Rosalie la retint.

-Tu vas pouvoir voir ta maman mon cœur mais pas tout de suite, d'accord ?

Je la remerciais d'un signe de tête, Nessie voulut tenter sa chance, elle aussi mais je lui fis non de la tête. Il était absolument hors de question que mes filles voient ma Bella dans cet état-là.

-Pourquoi tu pleures ? Maman va bien ? Demanda Carlie.

-Non… Soufflais-je simplement.

En réalité, elle voulait que je lui dise le contraire de ce qu'elle avait pu lire dans mon esprit. Nessie n'avait pas la même faculté que sa sœur mais elle comprit tout de suite. Elles se mirent alors toutes les deux à pleurer. Me mère et Rosalie prirent les filles en charge. Je les aurais bien serrées dans mes bras mais pour le moment je ne pensais qu'à ma Bella.

Emmett vint à ma rencontre et me proposa de porter Bella jusqu'à la maison. Je refusais catégoriquement voir méchamment la serrant plus fortement contre moi.

-Edward tu es épuisé et déboussolé, laisse-moi la prendre… Insista-t-il.

-Bella n'est pas un fardeau… Tires-toi Emmett. Lui dis-je.

-Ok, ok, je voulais juste t'aider frangin. Me dit-il.

-Je sais, merci.

Il alla rejoindre mes filles et me laissa avec mon amour. Jasper et Carlisle ouvrait la marche pour qu'on rentre le plus rapidement à la maison et sans embuches, Carlisle ne pouvait pas intervenir pour le bébé, en plein milieu de la forêt.

-Ca…rlie… Souffla si faiblement ma chérie que je crus avoir rêvé.

-Elle va bien mon amour, économise tes forces jusqu'à la maison, ça va aller. Je t'aime. Lui dis-je en lui embrassant le front.

-Non Edward… Je vais mourir… Je le sais… je le sens… mais…je…ne regrette rien… surtout pas… de t'avoir rencontré… j'ai passé les plus beaux jours de ma vie à tes côtés et on a deux merveilleuses filles. Prends soin d'elles… Je t'aime. Avoua-t-elle difficilement.

-Ca va aller mon amour, je te le promets. Je t'aime. Accroche-toi mon bébé. Lui répondis-je en essayant de la calmer pour qu'elle garde le peu de force qu'il lui restait.

J'aurai du en profiter pour lui demander son avis sur sa prochaine transformation mais j'avais été lâche sur ce coup-là. J'avais eu peur de sa réponse, peur qu'elle refuse et que je la perde définitivement. Je n'étais pas spécialement pour sa transformation mais j'étais encore moi prêt à la perdre. J'étais l'être le plus égoïste qui puisse exister, je me détestais tellement pour ça.

Nous arrivions près de la villa mais l'état Bella s'était encore détérioré.

-Je pars devant préparer le bloc. Hurla Carlisle.

-Fait vite Papa. Le suppliais-je alors que moi aussi j'accélérais ma course pour qu'on arrive le plus tôt possible.

Ma mère, Alice, Rosalie et les filles étaient loin derrière, Emmett était resté avec elles au cas où. Dans un sens ça me soulageait parce que je ne voulais pas que les filles soient traumatisées de voir leur mère ainsi. J'aurai bien aimé les avoir près de moi tout de même mais je savais qu'elles étaient en sécurité avec le reste de la famille et que la priorité c'était d'essayer de sauver le bébé et Bella.

Lorsque j'arrivais à la villa Carlisle et Jasper avaient déjà tout préparé. Mon père m'intima à poser ma douce sur la table d'auscultation qui se tenait au centre de la pièce. J'avais du mal à la laisser mais je le devais c'était pour son bien. Carlisle prit un peu de temps pour l'ausculter plus encore, ce qui me fit enrager légèrement, il prenait son temps mais nous étions un peu dans l'urgence.

-Carlisle dépêche-toi s'il te plait… Le suppliais-je.

Il découpa finalement sa robe par devant et l'ouvrit en deux, Bella n'avait plus de culotte alors que j'étais persuadé qu'en se préparant hier soir, elle en avait mis une et pour preuve, elle portait toujours son soutien-gorge. Une boule d'angoisse me frappa de plein fouet. Et si cette ordure l'avait violé ?

-Carlisle dis-moi que c'est toi qui lui a enlevé sa culotte pour l'examiner ? Le suppliais-je douloureusement croyant fort et dur qu'il allait me répondre par la positive.

-Non, fiston, je n'ai pas touché à son sous-vêtement. Me répondit-il finalement brisant tout espoir.

-Est-ce que tu penses qu'elle a été… violée ? Soufflais-je le dernier mot.

-J'en sais rien Edward mais la priorité est de faire sortir le bébé, pour pouvoir transformer Bella ensuite. Réagis et reviens parmi nous, ton fils et ta femme ont besoin de toi. Me gifla-t-il verbalement.

Jasper me secoua légèrement et je me repris alors.

-Ok, qu'est-ce que je dois faire ? Demandais-je.

-Je vais inciser son bas ventre pour la césarienne, lorsque le bébé sera sorti, tu devras lui nettoyer impérativement le nez et la bouche pour ne pas qu'il manque de s'étouffer, le tenir sur ton avant-bras sur le ventre et lui claquer les fesses assez fort dans l'espoir qu'il pleure. S'il ne respire pas, tu devras lui faire du bouche à bouche le temps que je m'assure de l'état de Bella puis je prendrais ta relève et tu t'occuperas des blessures de Bella.

-D'accord, j'ai compris. Mais pour Bella je fais quoi ? Je paniquais et je n'arrivais plus à réfléchir correctement, j'avais besoin que mon père me rassure alors qu'il commençait déjà à opérer l'amour de ma vie. Je lui caressais machinalement le front.

-Tu devras faire pénétrer dans son organisme un maximum de venin, lèche ses plaies pour la cicatrisation, puis mords-la ensuite afin de s'assurer que le venin est bien dans son organisme. Le reste se fera tout seul au fil des jours mon fils. Mais il faut faire vite, tu dois agir avant qu'elle n'ait cessé de respirer. C'est bon tu vas y arriver ? Me demanda-t-il finalement.

-Ouais… Répondis-je.

-Tant mieux parce que voilà déjà ton fils.

Il me donna le bébé très rapidement, tandis qu'il coupait le cordon, Jasper m'attendait à deux mètres de là, avec de quoi nettoyer les cavités du visage du bébé. Je le fis aussi rapidement puis me voilà parti avec la claque sur les fesses, je ne la voulais pas si forte mais je voulais m'assurer qu'il respirait bel et bien. Dès la première fessée, il se mit à hurler. Jasper et moi nous mîmes à sourire en entendant les cris du bébé, il était bel et bien vivant.

Carlisle arriva ensuite, il prit le bébé pour l'examiner et le nettoyer tandis qu'il m'ordonnait d'aller m'occuper de Bella. La vision d'horreur qui se tenait devant moi était juste irréelle, je ne pouvais pas croire que tout ça était en train d'arriver. Ma Bella était allongée sur le dos. Ses bras pendant de le vide sur chaque côté de la table. Elle était couverte de sang encore plus que je ne l'aurai cru possible tout à l'heure. Du sang s'écoulait de son ventre et elle gémissait doucement. Je commençais alors à laper le sang qui s'écoulait de sa plaie béante, jusqu'à atteindre sa peau. Ses chairs se resserraient au fur et à mesure que mon venin s'étendait en elle. Elle cicatrisait de mieux en mieux et respirait toujours si faiblement soit-il mais elle respirait. Je pris ensuite l'initiative de la mordre dans le cou, là où le venin avait le plus de chance d'agir.

De plus en plus son souffle s'éradiquait, de plus en plus son cœur ralentissait, la vie la quittait. Son cœur cessa soudainement de battre. Elle était morte… Je venais de la tuer… Je laissais tomber ma tête contre elle, mon front reposant sur son ventre vide.