nda: Merci pour tous vos compliments sur mon précédent chapitre qui m'on fait super plaisir XD maintenant, un nouveau chapitre entiérement du point de vue de Draco, bonne lecture!

Les Contraires s'attirent

Chapitre 36

Que c'est-il passé au juste ? Rien qu'il ne devait avoir lieu.

Pourquoi je n'arrive donc pas à me retenir quand elle est là ? Pourquoi tout semble me pousser vers elle ?

Ce sentiment en moi que je n'arrive pas à contrôler, ce sentiment que je vais devoir maîtriser si je ne veux pas faiblir.

Je ne cesse de me demander si j'ai fait les bons choix, si ce que je fais est bien, mais je me rends compte que je n'ai pas beaucoup d'autres solutions.

Comment changer de camps après tout ce que j'ai pu faire ? Comment rester dans le mien après tout ce que j'ai connus ? Je suis comme pris au piège entre deux vies.

« être prêt a tout et au pire. »

Si seulement elle était une simple sorcière, moi un sang pur de moindre importance, tout serait plus simple, personne ne ferait attention à nous, et notre trahison serait des moindres…

Mais cupidon a choisi les deux êtres les plus opposés pour s'aimer.

D'aussi loin que je me souvienne, je l'ai toujours détesté, c'était mon devoir, une évidence. Elle, la petite ascendante moldue, ces livres toujours serrés contre elle, les cheveux ébouriffés, et sont petit air de miss je-sais-tout qui m'exaspérais par-dessus tout.

La première fois que je l'ai vu pleurer, c'était à cause de moi, le serpent avait craché son venin, comme toujours, aussitôt que j'ai vu ces jolis yeux s'embuer, je me suis senti mal, stupide, sans savoir pourquoi, sans comprendre ce que j'avais fait de mal, car après tout, je n'avais fait que mon devoir de sang pur, en oubliant celui d'être humain avant tout.

Et puis, au fur et à mesure que je l'ai croisé, j'ai commencé à détester st Potter et ce stupide rouquin, eux qui étaient tout le temps avec elle, eux qui avaient son sourire au quotidien, eux qui faisaient partis de sa maison, de sa vie, de son cœur…et je l'ai détesté, elle, qui aurait du me regarder, moi, le prince des serpentard, vaniteux et possessif que j'étais.

Je n'ai jamais tant compris mes sentiments qu'aujourd'hui, toutes les parts de mon esprit qui me semblaient si embrouillé auparavant et dont j'avais peur, tout s'est éclairé quand j'ai posé mes lèvres sur les siennes, jamais je n'ai aussi peu regretté d'avoir succombé.

Hermione, mon péché.

L'Histoire se renouvelle sans fin, à toutes les époques, Adam a retrouvé son Eve comme Roméo sa Juliette, Tristan son Iseult, ils se sont moqués des lois, des règles, on vécu leur amour comme bon leur semblaient, pour finir par payer leur soi disant erreur.

Et nous, devrons nous payer cette « erreur » de notre vie ?

Jamais je ne te laisserai, tu auras souvent l'impression d'être seule, j'espère égoïstement que je te manquerai, mais pourtant je serais toujours là, je serai ton ange gardien, veillant sur ton sommeil, écrasant tes ennemis, et t'aimant plus que tout.

Discours illogique d'un homme qui vient de te laisser à tes larmes. Tu vois cela comme une trahison, mais ma seule trahison est d'être né dans une famille que je considère maintenant comme ennemie.

Jamais mon avenir n'a été aussi indécis qu'aujourd'hui, moi qui me voyait quitté Poudlard pour devenir un mangemort exemplaire, voir le meilleur, puis ensuite me marier avec une sang pur afin de perpétuer le nom de Malefoy, j'imaginais déjà toute la gloire que m'apporterait mon allégeance.

Aujourd'hui je ne pense plus qu'à toi, à ce que ton sourire perdure, à ce que ton avenir soit plus brillant que le mien, le mien…m'importe peu.

J'appréhende le jour ou ces yeux de serpents se poseront sur mon cœur, ma trahison, mon péché…

19 heures, je devrais être rentré dans ma salle commune depuis une heure déjà, qu'est ce qui m'a pousser à traîner dans les couloirs ? Qu'est ce qui a guidé mes pas dans ce couloir précisément ? Une sorte de magie m'a entraîné, une nostalgie, un manque d'elle.

Je voulais tellement la revoir, Merlin a exaucé mon souhait.

Et elle, que faisait-elle là ? J'aimerais penser que je lui manque, même si ça devait signifier qu'elle souffre.

Une rumeur dans l'air, un ciel qui s'assombrit, je sens les rouages du temps qui s'accélèrent, s'emmêlent, vers un destin qu'il ne contrôle pas, un destin que mènent un homme aux yeux de serpents, et un jeune homme arborant une cicatrice en forme d 'éclair. Deux destins en emmenant hélas beaucoup d'autres, dont les nôtres.

« Elle cherche à m'oublier, je cherche simplement à la retrouver, avant que tout s'enchaîne. »

La porte de la salle commune grince avant de s'entrouvrir, j'entre, essayant de me faire repérer le moins possible, c'est peine perdue pour cette fois ci.

Aussitôt rentré, un autre élève de septième année m'interpelle.

- Hey ! Mais Draco, t'étais ou ?

- Je traînais dans le coin, pourquoi ?

- Rien, c'est juste que tu as reçu une lettre tout à l'heure.

Il me désigne d'un geste de la tête une enveloppe sur la table, mais autre chose m'interpelle, que je n'avais pas remarqué en arrivant, ce silence inhabituelle, ce silence pesant, ces regards qui dès que je les croise se détournent, ces attitudes fuyantes, comme si j'étais damné, et qu'une malédiction hanterait tous ceux qui croiseraient mon regard.

Je m'approche d'un pas vif de la lettre, afin de faire tomber au plus vite le verdict, je n'aime pas être en suspens.

J'observe la fine écriture retranscrivant mon nom, je ne la reconnais pas, je retourne l'enveloppe et observe le sceau…c'est le mien.

Qui pourrait m'écrire de chez moi et dont je ne connaisse pas l'écriture ? une hypothèse plus que probable se forme dans mon esprit, mais je ne veux pas la croire, pourtant…

Assez d'attente, de doute, je déchire le sceau et sors le papier, ma main ne tremble pas, je sais déjà ce qui m'attend, je m'y suis préparé depuis longtemps déjà.

Mes yeux parcourent les mots tracés à l'encre émeraude, ils s'assemblent dans mon esprit, formant un discours des plus limpide, mais que je ne veux pas croire.

Pas maintenant, c'est impossible, mais c'est écrit.

Mon regard se détache du papier, un simple parchemin, mais qui vient de décider de tout mon avenir, j'enrage.

Un bruissement de papier, la lettre vient de se froisser dans mon poing, comme si je pouvais briser ces mots, briser le serment que mes parents on fait à ma place.

Une voix, lointaine, que je croyais oublié me souffle « c'est ton devoir » une nouvelle, me dit « fais le pour elle », je sais laquelle choisir, de toute façon, ça ne changera pas ma destination, juste mon ambition.

Le temps passe, les secondes défilent, à partir de ce soir je peux compter celui qui me reste.

Hier insouciant, aujourd'hui comptant le temps qui semble me glisser entre les doigts, l'impression de ne rien maîtriser me tue lentement.

« Le temps qu'il me reste, je voudrais tant le partager avec toi. »

Il me reste juste le temps de remettre mes affaires en ordre, juste le temps de te dire aurevoir.

Une boule se forme dans ma gorge, je ne pensais pas que cela arriverait si tôt, j'espérais pouvoir encore contempler ton sourire à ton insu.

Je suis un condamné à qui on vient de remettre sa sentence, et ça fais mal, une épée de Damoclès qui menace de me tomber dessus à tout moment.

J'ai la date de ma condamnation.

S'il te plaît, ne m'en veux pas.

Je fais ça pour toi.

On dit qu'il peut lire dans les pensées, je ne l'espère pas.

Je remets mon masque insondable, béni soit-il, il me sauvera peut être, là où je vais, j'en aurai besoin.

Mais tu seras ma seule pensée heureuse, quand j'aurais l'impression de sombrer.

Ma seule Magie blanche, quand la noir m'entourant essayera de m'envahir à nouveau.

La seule à qui je pourrai me raccrocher, et trouver la force de le regarder en face.

Il suffit de me voir fixer la ligne d'horizon, la mâchoire crispée, accusant durement ma pénitence dont je ne pense pas la mériter entièrement, un lourd poids sur mes épaules que je n'enlèverai pas, pour comprendre ce qui vient de se passer.

Les seuls sons que je perçois sont ceux des joueurs de quidditch dans le parc, et les sanglots étouffés de Pansy dans le coin de la pièce. Je croise un instant son regard brillant de larme, jamais je n'aurai imaginé qu'une personne autre qu'Hermione puisse me pleurer.

Peut être que je manquerai à quelques personnes finalement ?!

Je détourne mon regard, et rejoins ma chambre avec l'air d'un condamné résolu à accomplir la mission qu'on lui a infligé, sans broncher.

Je dois montrer l'exemple, être le Draco Malefoy qui rêvait de devenir cette personne.

Je dois paraître heureux, tout en étant déchiré de l'intérieur.

« Changer de vie, tout recommencer du début, est un rêve que je ne peux pas me permettre de réaliser. »

nda: non non, Draco n'est pas condamné à mort, c'est...encore autre chose que vous saurez bien assez tôt, Biz!