Note de l'auteur :
Bonjour à toutes et à tous !
"Un secret de Slytherin" vient de dépasser les la barre des 700 reviews ! Preuve qu'elle vous plait toujours autant ! Encore merci de votre soutien !
Je sais que certains s'étonnent que je ne réponde pas à leurs commentaires mais mon boulot me laisse un marge de manœuvre assez étroite. Mais ne vous faites pas de soucis, je les lis toutes et je m'amuse beaucoup de vos suppositions et de vos questions. Mis à part des lieux ou des dates (quelqu'un m'a fait remarquer que le tunnel sous la Manche n'aurait été mis en service qu'un an après le début de la troisième année d'Harry. Je le pensais juste plus ancien que ça, moi !), sachez que tout action est calculée et aura sa réponse et son explication plus tard. Ce n'est pas obligé que ce soit dans le chapitre suivant, sinon, ce n'est pas drôle !
J'arrête d'écrire et je vous laisse à votre lecture. Les prochains chapitres vont faire désormais à peu près cette longueur, c'est-à-dire tourner autour d'une dizaine de milliers de mots.
Gros bizoux à tous !
Crystal of Shadow

Pertes, remises en question et conséquences

-Pourquoi Harry est ici ? fut la première question de Severus en débarquant au manoir Malfoy

Le maître de Potions avait reçu un rapide courrier de Sirius comme quoi il laissait directement Harry chez Narcissa.

Et c'était deux jours auparavant.

-Assieds-toi, soupira Lucius en lui servant un verre d'alcool.

Le brun s'exécuta.

-Seule Narcissa a pu lui parler, soupira Lucius. Et là, elle est en train de rassurer Harry, ce qu'elle fait depuis que Sirius est parti.

-Pourquoi ? s'étonna Severus

-Parce qu'il croie que c'est de sa faute si Sirius refuse de revenir, avoua Lucius. Il dit que les Dursley avaient raison, que personne ne tenait à lui.

Severus serra des dents. D'un côté, il avait envie de tuer Sirius pour faire retomber Harry dans ses anciens automatismes mais d'un autre, et Juan lui avait bien fait comprendre, on ne se sortait pas de dix ans de prison sans séquelles.

Les deux Sorciers dégustèrent leurs boissons en silence jusqu'à ce que Narcissa arrive. Avec grâce, elle prit place aux côtés de son époux qui lui servit un rafraîchissement.

-Tu salueras Harry avant de partir, ordonna Narcissa. Nous avons de la chance, le travail qu'il a fait avec Anastasia l'a empêché de replonger dans ses souvenirs.

Severus soupira de soulagement. C'était ce qu'il avait craint le plus.

-Je peux savoir ce qui s'est passé ? demanda Severus

-Sirius ne m'a pas raconté la scène, ce sont essentiellement les enfants qui l'ont fait, fit Narcissa après une gorgée. En gros, Lupin a voulu raccompagner Harry chez lui sur ordre du directeur qui lui avait dit que Sirius ne pourrait pas récupérer Harry à la gare.

-Dumbledore a fait une autre tentative pour introduire un pion chez Sirius, traduisit Severus. Nous nous sommes tous préparés à ce type d'éventualité. Alors pourquoi il a disparu ?

-Tu te souviens, il nous a parlé de l'ascendant qu'avait Lupin sur lui ? dit Narcissa. C'est de ça dont il s'agit.

-Je ne comprends pas, fit Severus, perdu.

-Quand Remus a dit qu'il devait raccompagner Harry à la maison, son subconscient a compris qu'on ne lui faisait pas confiance pour récupérer un enfant à la descente du train, voire pour élever un enfant, révéla Narcissa. Il a perdu confiance en lui et il sait qu'il ne sera plus bon à rien s'il ne se résonne pas. Il est allé voir Juan après avoir déposé Harry et Juan m'a confirmé qu'il faisait une rechute.

-Juan m'a effectivement expliqué qu'on ne pouvait pas guérir de la prison aussi facilement, avoua Severus. Il s'attendait vraiment à ce qu'il déprime d'un jour à l'autre.

-C'est chose faite, fit Lucius. Mais nous faisons comment ?

-Officiellement, Harry est chez Neville, réfléchit Severus. Nous n'allons pas créer la polémique si quelqu'un apprend qu'il est ici.

Les deux blonds acquiescèrent.

-Je vais aller voir Juan demain matin puis je vais aller chercher Sirius, fit Severus.

-Je croyais que tu n'irais pas l'aider, sourit Lucius.

-Il m'a aidé plus souvent qu'à mon tour, fit Severus. Et même si c'est difficile à concevoir, nous sommes les deux parents d'Harry. Nous sommes ensembles pour Harry. Alors il faut que je le trouve.

-Nous veillerons sur Harry, promit Narcissa.

Après un long câlin à son fils, Severus repartit dans la nuit.

ooooo

-Heureusement que je peux utiliser le lien qu'il y a entre Harry et lui, marmonna Severus en se frayant un chemin dans l'appartement poussiéreux.

A l'aide d'un procédé longtemps oublié, Severus avait ainsi pu exploiter le lien de parrainage entre l'homme et son fils pour pister Sirius. Cela l'avait conduit d'abord vers Black Rose puis un appartement visiblement non habité depuis des années.

Soudain, Severus se figea. Sur une table basse se trouvait une photo Sorcière où une sublime rousse était dans les bras d'un brun et portant un petit poupon, à côté d'un couple d'hommes, l'un brun, l'autre châtain clair. Il n'était pas bien difficile de reconnaître la petite famille Potter accompagnée de Sirius et de Remus. Par déduction, Severus comprit qu'il se trouvait dans l'appartement que Sirius avait acheté peu après la fin de ses études à Hogwarts et où il s'était installé avec Remus en colocation. Le maître de Potions s'était toujours demandé pourquoi il n'était pas revenu ici pour y vivre avec Harry en apparence, puisqu'il avait l'air beaucoup plus chaleureux et beaucoup moins lourd, même avec les arrangements qu'il avait fait.

Il fouilla soigneusement les lieux, notant qu'on avait dû y entrer sans s'attarder, puis repartit en vadrouille. Il atterrit devant une petite maison tout à fait ravissante et qui aurait également convenir en lieu et place du manoir Black. Il reprit ses recherches et trouva Sirius sur le toit, une bouteille de whisky bien entamée à côté de lui.

-C'est la maison de mon oncle Al, fit Sirius.

Severus s'installa à ses côtés et le laissa parler.

-Il est mort un peu après que je ne parte de la maison, reprit Sirius. C'était une sorte de mouton noir dans la famille, ouvertement contre Voldemort, contestant systématiquement ce que mère disait. Mais il détenait une très grande partie de la fortune Black et c'était pour cela qu'il était encore toléré. Il était sans enfant et pendant mes années à Hogwarts, son état de santé s'était de plus en plus dégradé. Quand il est mort, j'ai été invité à la lecture du testament. Quand elle m'a vu, mère m'avait fusillé du regard puis elle m'avait ignoré, comme le reste de la famille. Mais quand ils ont su que j'héritais de tous ses biens, ils sont tous entrés dans une rage sans nom, surtout ceux qui sont allés lécher le cul d'oncle Al pour être sûr de figurer dans son testament. Heureusement, ce jour-là, j'ai béni les Gobelins d'avoir fait barrage autour de moi pour me faire signer des papiers parce que si j'étais resté dans la salle, je suis sûr que j'aurais été salement amoché.

Sirius prit la bouteille et but quelques gorgées directement au goulot.

-La maison est superbe mais elle était trop grande pour moi, continua Sirius. C'est pour ça que j'ai pris l'appart. Je sais que tu y es allé puisque tu sens la bougie à la vanille que Remus avait allumée la veille où j'ai été arrêté.

-Tu es Animagus, comprit Severus.

Il aurait dû s'en douter, avec la facilité qu'il avait à le retrouver dans le manoir Prince ! Un odorat aussi fin ne pouvait pas s'inventer et il était persuadé qu'il n'était pas une créature magique.

-Un chien, pour être exact, confirma Sirius. Assez gros et assez sombre pour passer pour un Sinistros.

-Pourquoi tu es ici, Sirius ? demanda Severus

-Je ne sais pas, soupira Sirius. Je pense que je suis un bon à rien. Même Remus pense que je ne suis pas capable de venir chercher un gamin à la gare !

-Tu prends en compte un type qui a tellement peur de sa maladie qu'il refuse toute relation ? haussa un sourcil Severus

-Comment … ? se tourna Sirius

-Lupin n'a jamais eu de petite amie quand nous étions à l'école, affirma Severus. Ou sinon, il l'a vraiment bien caché. Et j'étais là quand tu as raconté à Harry la formation des Maraudeurs. Il est tellement effacé que ça ne m'étonnerait pas qu'il croit que sa maladie l'empêcherait d'être heureux.

Severus extrapolait peut-être mais c'était ce qui était ressorti de l'une de ses discussions avec Léon. Il savait que pour certains loups garous, la lycanthropie les empêchait littéralement de vivre.

-Tu n'as pas tort, souffla Sirius. Il a toujours été clair là-dessus.

-Si lui ne peut pas vivre avec sans penser que c'est une malédiction, pourquoi il devrait être le mieux placé pour critiquer comment tu te comportes avec Harry ? demanda justement Severus. Rappelle-toi, je suis peut-être le père adoptif d'Harry mais tu restes envers et contre tous son parrain qu'il adore. Et ouvre grand tes oreilles car je ne le répéterais pas mais je suis très satisfait de pouvoir l'élever avec toi.

Sirius recommença à sourire.

-Merci, souffla Sirius.

-Maintenant que je me suis comporté comme un Hufflepuff, grommela Severus, si nous allons chez Narcissa ? Harry te réclame.

-OK, fit Sirius.

Les deux hommes quittèrent tranquillement les lieux. Severus ne se leurrait pas. Il avait peut-être réussi à détourner l'attention de Sirius sur ce qu'aurait pu penser Remus de lui mais ce n'était pas pour autant qu'il était sorti de sa déprime. Le maître de Potions espérait seulement que les enfants termineraient de l'en sortir.

ooooo

Pour la deuxième année consécutive, Severus décida de se rendre au bal du Ministère. Alors qu'il se préparait dans sa chambre, Octavia Malone entra.

-Tu devrais mettre la chemise rouge, conseilla Octavia.

-Trop Gryffindor, grimaça Severus.

-Certes, concéda Octavia. Mais je commence à en avoir marre de te voir habillé tout de noir. Tu as à peine quarante ans, pas cents !

Severus soupira. A chaque fois qu'il devait se présenter quelque part en tant que lord Prince, Octavia le serinait pour qu'il porte plus de couleurs.

-Et cette chemise grise ? capitula Severus

-C'est déjà ça, renifla Octavia. Habille-toi, nous allons discuter un peu.

Intrigué, il se dépêcha pour trouver la gouvernante savourant tranquillement son thé.

-Il est temps de faire perdurer la lignée Prince, annonça tout de go Octavia.

-Je ne voudrais pas paraître présomptueux mais tu apparais plus comme une tante que comme une épouse, fit Severus.

-Sois sérieux quelques instants, veux-tu ? sourit Octavia. Un Sang Pur ne reste jamais bien longtemps célibataire. Tu reçois déjà des invitations pour connaître les jeunes Sorcières à marier. Pour la société Sorcière, tu n'as pas d'enfant, même si Harry est fantastique. Il est temps de faire parler de toi avant qu'on ne pense qu'il sera mieux que tu disparaisses.

Le visage de Severus se ferma.

-Dumbledore … souffla Severus.

-Tu sais parfaitement qu'il a tenté de s'emparer de la fortune des Prince avant de laisser faire le Ministère, confirma Octavia. Tu as assez d'argent pour financer pendant un bon moment ses ambitions, juste le temps pour qu'il puisse mettre la main sur l'argent d'Harry et de Sirius. En te présentant au bal l'an dernier, tu t'es mis sur le marché.

-C'est toi qui m'as forcé à y aller, protesta Severus.

-C'est vrai, reconnut Octavia. Mais il ne fallait pas que tu débarques comme une fleur et que tu reconnaisses Harry comme ton héritier comme ça.

Severus fut penaud. Pour lui, son seul fils et héritier serait toujours Harry. Mais personne ne pourrai comprendre pourquoi il décidait de léguer toute sa fortune à un double héritier.

-De plus, continua Octavia, si tu proclames Harry ton héritier, il va devenir bien trop puissant pour certains, Dumbledore en tête. Il a déjà entre les mains les clans Potter et Black, si tu lui rajoutes le clan Prince, alors tu lui dessines une cible sur la tête et il vivra moins d'un an après ton annonce. Et encore, je suis gentille.

Severus déglutit difficilement. Imaginer Harry mort était l'un de ses pires cauchemars.

-Commence à t'intéresser aux personnes qui pourraient convenir, conseilla Octavia. Je ferais le tri pour savoir lesquelles pourraient convenir comme lady Prince. Ou monsieur Prince.

La Sorcière savait parfaitement que bien que porté sur les femmes, Severus avait eu quelques aventures homosexuelles.

-OK, soupira Severus. J'imagine que je devrais également organiser un bal ?

-Je m'en occupe, sourit Octavia. Commence à trouver une excuse pour Dumbledore, ça t'occupera.

-Oui, Octavia, répondit Severus avec tout le désespoir du monde.

ooooo

-Tu es sublime, s'inclina Sirius en faisant un baisemain.

-Tu es le premier à me le dire, remercia Narcissa.

-Ton mari est un Sorcier indigne alors, ricana Sirius.

-Pour qu'il complimente sa femme, il aurait fallu qu'il sorte de son état de choc, ricana Severus. Ça fait une demi-heure qu'il n'a pas dit un mot.

Tous se moquèrent de Lucius qui était resté subjugué par la beauté de Narcissa. Le blond se reprit lentement avant de guider tout le groupe vers une petite table haute à l'écart. Ils s'installèrent tranquillement et discutèrent de choses et d'autres neutres. Certains virent les saluer et tous notèrent qu'il y avait de moins en moins d'enfants lors du bal. En fait, seules les familles clairement soumises à Dumbledore s'étaient permis d'emmener une nouvelle fois leurs enfants qui, en voyant que la plupart de leurs amis n'avaient pas daigné se déranger, faisaient la tête.

-Dumbledore est là, annonça Augusta.

Le groupe se retint de se retourner. D'abord, il ne voulait pas montrer qu'il l'avait repéré et d'autre part, personne ne voulait se brûler les yeux sur ses tenues mal assorties.

-Dis-moi, Sirius, fit Narcissa en détournant son attention du vieil homme, j'ai croisé hier la McGregor et elle semblait prête à capturer quelqu'un de haut placé. Tu ne saurais pas quelque chose ?

-Ça fait un an qu'elle tente sa chance, haussa des épaules Sirius. Et il y a quelques jours, j'ai reçu une lettre d'elle trempée dans de l'Amortentia et avec un sort de coercition. Cent Galions que Dumbledore a poussé une gueulante sur le fait qu'en un an, elle n'a pas eu de résultats.

-Qu'est-ce qu'elle a fait ? demanda Lucius

-J'en ai rigolé pendant des jours, sourit Sirius.

Flash-Back

Cela faisait déjà quelques temps que Sirius savait qu'il était suivi par magie. Il avait testé plusieurs moyens pour sortir sans être reconnu mais il savait qu'il fallait que Clotilde McGregor lui mette la main dessus. Alors un jour particulièrement ensoleillé, il sortit ouvertement de sa maison et se mit en route à pied pour Diagon Alley. Il repéra très vite la personne qui le suivait mais il prit grand soin de ne pas trop la perdre. En entrant dans la rue commerçante Sorcière, il décida de passer une petite visite aux Gobelins pour laisser du temps à ses poursuivants de le rejoindre. Après avoir signé quelques papiers, il reprit ses déambulations et s'arrêta à divers magasins pour acheter des objets qui plairaient sûrement au quatuor infernal.

Mais soudain, quelqu'un le bouscula.

-Vous ne pourriez pas faire attention ? grommela Sirius qui avait fait tomber l'un des paquets miniaturisés qu'il comptait mettre dans sa poche

Il sortit donc sa baguette pour attirer la boîte par magie à lui.

-Je ne vous avais … Sirius Black ? fit une voix féminine

Sirius se tourna vers la personne.

-McGregor ? s'étonna faussement Sirius

-Allons, appelle-moi Clotilde, pouffa la femme. Cela fait des années qu'on ne s'est pas vus !

-Etant donné que j'ai passé dix ans derrière les barreaux, cela ne m'étonne pas, répondit Sirius pince sans rire.

La femme faillit reculer devant le ton incisif.

-Et si nous prenions une tasse de thé ? proposa Clotilde. Comme ça, tu me diras ce que tu es devenu.

-Pourquoi pas ? haussa des épaules Sirius

Il la suivit tout en faisant en sorte de foncer dans les groupes les plus nombreux pour qu'elle ne puisse pas s'approcher de lui. Quand il remarqua qu'elle s'éloignait des rues commerçantes pour s'enfoncer dans le quartier magique, il décida d'y mettre le holà.

-Clotilde ? interpella Sirius. Je suis d'accord pour une tasse de thé mais j'ai encore des choses à faire sur Diagon Alley. En plus, j'ai rendez-vous dans une heure.

La déception se peignit une fraction de seconde sur le visage de la femme. Nul doute que cela n'arrangeait pas ses plans.

-Tu ne peux pas repousser ? demanda Clotilde, cajoleuse. Nous ne nous sommes pas vu depuis si longtemps !

-Nous pouvons très bien convenir d'un autre rendez-vous, proposa Sirius.

-Non, non ! se précipita Clotilde. Je pensais simplement t'emmener dans l'un de mes endroits préférés. Mais comme tu n'as pas beaucoup de temps, un autre fera très bien l'affaire.

Sirius sourit à demi. Il se doutait que Clotilde ne perdrait pas la chance de l'avoir sous la main pour pouvoir le séduire dans les règles de l'art. Il était clair qu'elle voulait qu'il soit sur son territoire de prédilection. Mais avec son soi-disant rendez-vous, c'était impossible.

Ils tournèrent donc dans une nouvelle rue et Sirius fronça intérieurement des sourcils. Cette partie du quartier magique était loin d'être sa préférée. En effet, certains lieux politiquement incorrects s'y trouvaient, dont les maisons closes Sorcières. Y voir le lord Black n'était pas dans ses intérêts.

-J'ai une idée, fit Sirius. Je connais un bar dans la rue d'à côté. Allons-y, si tu veux. Je serais vraiment ravi de t'accompagner mais je ne tiens pas à arriver en retard.

Clotilde hésita franchement, c'était visible. Et capitula.

-D'accord, soupira Clotilde.

Sirius prit la direction des opérations. Il la mena vers un café proche qui n'était pas les préférés des Sang Pur. En effet, il était tenu par un Né Moldu et voulait apporter un peu de son monde du côté Sorcier. Tout pour déplaire à Clotilde, en somme, et un des lieux préférés de Sirius.

Avec réluctance, la femme s'installa sur la banquette dans un coin de la salle tandis que Sirius se plaçait face à elle.

-Cette endroit est … étrange, fit Clotilde.

-C'est un bar qui s'inspire de ceux des Moldus, sourit de toutes ses dents Sirius. J'y venais souvent avant d'aller en prison et il n'a pas changé d'un pouce.

L'homme nota la grimace de dégoût sur son interlocutrice. Durant leur scolarité, elle n'avait pas caché ses préjugés envers les Moldus. D'où son choix.

Après avoir été servis, Clotilde reprit la main.

-Alors, qu'est-ce que tu as fait de beau après être sorti ? demanda Clotilde

-Je me suis pris de très longues vacances, sourit Sirius.

-Où ? demanda Clotilde

-Oh, ici et là, éluda Sirius.

Il comprit que Dumbledore avait chargé la femme de lui soutirer le maximum d'informations de tous les moments où il n'était pas sous le regard scrutateur du vieil homme.

-Comme j'aurais voulu y être, soupira Clotilde, faussement rêveuse.

-Aucune chance, sinon je ne me serais pas amusé comme il faut, fit Sirius.

Traduction, si Clotilde avait été présente, il n'aurait pas pu se plonger dans des relations d'une nuit. Et ça, elle le comprit parfaitement, comme le montra sa moue boudeuse.

-Et ensuite ? passa Clotilde

-J'ai préparé l'arrivé de mon filleul, déclara Sirius.

-C'est vrai que tu as récupéré la garde du Survivant, s'extasia Clotilde. Tu me le présenteras ?

-S'il le veut bien, tempéra Sirius.

-Je croyais que tu étais son tuteur, s'offusqua Clotilde.

-Ça n'empêche pas qu'il déteste qu'on l'adule et qu'il refuse de rencontrer des personnes qui ne le voient que comme le Survivant, trancha Sirius.

Clotilde recula. C'était la première fois que Sirius se montrait aussi ferme. Nul doute qu'il ne transigerait pas sur ce point, qu'importe ce qu'elle ferait.

-D'accord, soupira Clotilde. Tu comptes faire quoi maintenant ? Redevenir Auror ?

Sirius faillit s'étouffer. Il pensait la femme face à lui beaucoup plus intelligente que cela. Quelle personne saine d'esprit retournerait travailler pour un gouvernement qui l'avait condamné sans procès et sans preuve à la prison à perpétuité ?

-Je vais voir ce qui va se présenter, haussa des épaules Sirius. J'ai beaucoup à réapprendre, dix ans de prison laissent des traces.

-Je peux t'aider, si tu veux, proposa Clotilde, enjôleuse.

-Nous verrons, fit Sirius. Oh, je dois te laisser, mon rendez-vous ne va pas tarder. Bonne journée.

Et il s'envola, la plantant dans le bar, la laissant ivre de rage.

Fin Flash-Back

-Et il y a eu que des rencontres de ce type, conclut Sirius.

-Et ça fait un an que tu la balades comme ça ? fit Lucius. Pas étonnant qu'elle passe à la vitesse supérieure !

-Je ne me vois pas passer le reste de ma vie avec un pantin de Dumbledore, trancha Sirius. Si tenté qu'il veuille me laisser vivre longtemps.

-Pas faux, concéda Severus.

Le groupe partit dans une autre discussion, saluant de temps à autre les invités qui venaient vers eux. Mais vint le moment qu'ils redoutaient tous, l'arrivée de Dumbledore.

-Bonsoir à tous, salua Albus.

-Bonsoir, répondirent-ils.

-Lord Prince, je voudrais vous parler maintenant, ordonna presque Albus. J'ai quelques amis qui souhaiteraient faire votre connaissance.

-Et cela les empêchent de venir d'eux-mêmes ? susurra Severus. Je ne me savais pas si inaccessible.

-Je me suis simplement proposé d'intercéder en leur faveur, se défendit Albus.

-Soit, concéda Severus. Mais je ne souhaite pas quitter ma discussion pour une autre qui pourrait s'avérer plus que décevante. J'irais trouver vos connaissances plus tard moi-même.

Albus ragea. Prince ne lui facilitait pas la tâche.

-Alors pourrions-nous discuter ? proposa Albus. J'étais un grand ami de votre prédécesseur, Joachim.

Severus étrécit le regard. Joachim Prince exécrait Albus Dumbledore, notamment pour diverses manipulations dont il avait découvert l'existence. Même pendant sa scolarité, il ne l'approchait pas à cause de ses préjugés tranchés.

-Cela fait quelques années déjà que j'ai repris le titre de lord Prince, fit Severus. Généralement, les gens me parlent de mon prédécesseur les premiers temps après sa mort. Que voulez-vous exactement, monsieur Dumbledore ?

-Professeur, corrigea Albus, maussade.

-Monsieur, maintint Severus.

-Je préfère vous en parler seul à seul, capitula Albus.

Severus réfléchit rapidement. Y aller leur permettrait d'obtenir des informations qui pourraient vraiment les aider. Mais c'était aussi se mettre vraiment en danger.

-Je vous suis, accepta Severus.

-Mais restez dans les parages, prévint Narcissa. Je viendrais réclamer ma danse.

-Il en va de soi, s'inclina Severus.

Le maître de potions sourit intérieurement pendant qu'il suivait le vieil homme. La blonde avait mis le directeur au pied du mur. En effet, ne pas paraître quand une Sang Pur réclamait une danse était un véritable outrage que peu se permettraient. En plus, s'il n'était pas présent quand Narcissa le voulait, Lucius pourrait considérer sa femme bafouée et demander réparation. Or, comme il était certain que Severus balancerait Albus pour l'avoir retenu, le clan Malfoy pourrait légalement défier Albus Dumbledore pour outrage à une dame. Et le vieil homme ne ferait jamais le poids, surtout avec derrière les Malfoy les Black, les Prince et les Longbottom.

Ils se retirèrent dans une petite alcôve qui fut rapidement entourée de sorts très proches de la magie noire, ce qui était étonnant – mais pas tant que ça - du leader de la Lumière.

-Il est difficile de vous croiser, accusa doucement Albus.

-Une simple invitation aurait très bien suffit, contra Severus.

-Certes, concéda rapidement Albus. En tant que président du Magenmagot, je ne vous vois que très rarement lorsqu'il est réuni.

-J'ai mes priorités, fit Severus. Et elles ne me permettent pas d'assister à toutes les réunions, ce qui est le cas de tous les chefs de clans.

Albus bouillait. A chacune de ses tentatives de culpabilisation, lord Prince semblait trouver une parade.

-Plusieurs groupes au sein du Magenmagot auraient des propositions à vous faire, fit Albus. Je pense qu'il serait de bon ton que vous vous rapprochiez d'eux.

-Alors je traiterais directement avec eux, déclara Severus. Quand ils m'approcheront, bien sûr. Je n'aime pas les intermédiaires. Ils ont la fâcheuse habitude d'omettre des éléments importants de leurs messages. Et je déteste tourner autour du pot, monsieur Dumbledore. Que voulez-vous exactement ?

Albus était bien embêté. Il n'arrivait pas à embrouiller lord Prince pour le manipuler correctement. Il gardait une distance agressive, à la limite du cynisme, ce qui n'était pas sans rappeler Severus Snape, qui était d'ailleurs son parent, sans doute un trait de famille. Il avait son objectif bien en vue et ne comptait pas en changer de sitôt. Trouver une femme de poigne capable de le supporter sans attirer les soupçons allait être une tâche ardue.

-Joachim avait fait une promesse de don avant sa mort, déclara Albus. Il ne l'avait jamais honorée.

Severus se souvenait. Joachim lui avait effectivement fait part de cette erreur. Mais c'était juste avant qu'il ne découvre quelques affaires louches. Et …

-Aucun contrat n'a été signé, assura Severus.

-Promesse orale, contra Albus.

Severus était bien embêté. Une promesse orale par définition n'avait pas de trace tangible. Et elle avait une valeur devant la Magie.

-Combien s'élevait cette promesse ? demanda Severus

-1 million de Galions, répondit Albus.

Severus faillit perdre son sang-froid. Son grand-père aurait voulu donner autant ? Impossible, pas avec les griefs qu'il entretenait contre le personnage !

-C'est une grosse somme, commenta Severus. Et je n'ai que votre parole pour attester de cette promesse.

-Je peux vous l'assurer, sur mon honneur de Sorcier, sourit faussement Albus.

Severus nota que le vieil homme n'avait pas juré ni même promis sur son honneur, ce qui constituait à ses yeux une preuve qu'il n'était pas tout à fait honnête.

-Je vais voir ce que je peux faire, déclara Severus.

-Je pensais récupérer la somme au plus vite, fit Albus.

-Même vous devriez savoir qu'il n'est pas aisé de sortir une telle somme de ses coffres, asséna Severus. A moins que le contenu de votre coffre n'ait jamais atteint cette somme.

Le lord Prince sourit en voyant son interlocuteur perdre un peu de sa superbe. Sous-entendre qu'Albus Dumbledore était pauvre était un coup dur à son ego. Surtout que Joachim avait découvert que sa fortune actuelle était due aux « dons » qu'il ponctionnait à ses fidèles.

-Est-ce tout ? demanda Severus

-En fait … commença Albus.

-Je pense que nous avons assez parlé affaires pour ce soir, coupa Severus. De plus, lady Malfoy m'attend et je m'en voudrais de lui faire faux bond.

Severus profita d'un groupe qui passait près d'eux pour disparaître et Albus n'eut que ses yeux pour pleurer la perte d'un aussi gros poisson.

Ce dernier partit à la recherche du ministre qui lui fit les gros yeux.

-Alors ? pressa Cornelius

-Du calme, cracha presque Albus. Non, il ne semble pas être au courant qu'on ait voulu lui prendre son héritage. Ou bien il cache bien son jeu.

-Vous pensez l'attirer de votre côté ? demanda Cornelius

-Je ne sais pas, avoua Albus. Mais je vais tout faire pour. De votre côté, essayez de tout savoir sur lui. Je veux pouvoir faire pression le cas échéant.

-Bien sûr, s'inclina Cornelius.

-En attendant, vous devriez continuer à faire le tour de la salle, conseilla Albus. Il ne faudrait pas que vos invités se sentent délaissés.

-Bien entendu, acquiesça Cornelius.

Et tous deux se séparèrent.

ooooo

-Où est-ce que nous allons ? demanda Harry. Et pourquoi les autres ne sont pas avec nous ?

-Je crois qu'il vaudrait mieux qu'on ne nous voit pas tous ensemble, fit Severus.

-Et ce sera moins flagrant si nous sommes que tous les trois, ajouta Sirius.

Harry se tut. Quelques jours après le bal du Ministère, les deux hommes avaient décidé de le retirer de chez les Longbottom pour qu'il passe la journée avec eux. Etant habitué à toujours être fourré avec Draco et Neville, sans compter Hermione, cette sortie en solo lui avait paru des plus insolites mais aussi des plus inquiétantes. Du manoir Longbottom, ils s'étaient rendus au manoir Prince pour récupérer quelques affaires pour ensuite passer au manoir Black. Mais une fois là-bas, Severus et Sirius décidèrent de parler franchement au jeune garçon.

-Harry, fit Severus. Si on a tenu à ce que tu sois le seul à nous accompagner, c'est parce que ça te concerne directement. Lucius a réussi à nous obtenir un rendez-vous avec le directeur du Département des Mystères pour que nous en sachions plus sur la prophétie dont ont parlé Vladimir et Alice, la mère de Neville.

-Mais il devrait être avec moi ! s'exclama Harry

-Non, réfuta Sirius. Parce qu'il a toujours été clair qu'elle te concernait toi et toi seul. Quand j'étais encore fidèle à Dumbledore, il sous-entendait toujours que tu étais vraiment précieux. Il ne s'est intéressé à Neville uniquement parce qu'il est avec toi.

-Ne t'inquiète pas, sourit Severus. Tout le monde sera mis au courant aussitôt que nous rentrerons.

-Même Vladimir ? demanda Harry

-Surtout lui, fit Sirius. Je lui ai envoyé une invitation pour passer quelques jours avec nous.

-Nous allons y aller, annonça Severus.

Ils passèrent dans la cheminée pour atterrir directement dans le bureau du directeur du Département des Mystères qui leur avait aimablement envoyé le mot de passe pour ne pas à traverser tout le Ministère et ainsi rameuter les personnages indésirables tels que Fudge ou Dumbledore.

-Xénia Lovegood, directrice du Département des Mystères, se présenta la propriétaire des lieux.

-Lulu ne nous avait pas prévenus de cela, grogna Sirius. Lord Sirius Black, enchanté de faire votre connaissance. Voici mon filleul Harry Potter et un ami, lord Seth Prince.

-Enchantée, s'inclina Xénia. Installez-vous, je vous en prie.

Les trois hommes s'exécutèrent.

-Je vois que lord Malfoy a parfaitement transmis mon message, sourit Xénia. Par contre, pardonnez mon impolitesse, mais puis-je savoir ce que vous faites là, lord Prince ?

-J'ai juré sur ma magie de protéger ce jeune homme, déclara Severus. Et Sirius a estimé que je devais assister à cet entretien.

-Je peux comprendre, fit Xénia. Je vais vous montrer où se trouve habituellement la prophétie et nous l'écouterons dans mon bureau. J'ai fait en sorte que personne ne puisse vous voir ni ne nous interrompe. Est-ce que vous avez des questions ?

-Pourquoi vous ne nous avez pas contactés plus tôt ? demanda Sirius

-Parce que je n'étais pas sûre que vous étiez encore fidèle à Dumbledore, répondit Xénia. Si c'était le cas, vous seriez directement allé voir le directeur pour lui révéler que le Département des Mystères avait des soupçons sur lui. Et ma nièce et mon frère auraient pleuré ma perte les jours qui auraient suivis.

Severus et Sirius concédèrent ce point. Vu les libertés que s'était autorisé Dumbledore, il n'aurait pas été étonnant qu'il commandite la mort de la directrice du département.

Quand il fut clair qu'il n'y aurait pas d'autres questions, Xénia les entraîna dans les entrailles de son lieu de travail. Ils traversèrent de nombreuses salles, notamment une avec des cerveaux plongés dans des liquides étranges ou encore une autre circulaire contenant des gradins qui descendaient jusqu'à une place où se dressait une arche inquiétante, avant de se retrouver dans une immense salle où il y avait des rayonnages à perte de vue. Et en s'approchant de plus près, ils se rendirent compte que les étagères contenaient des dizaines et des dizaines de petites boules de verre.

-Il y en a vraiment beaucoup, souffla Harry.

-En effet, rit Xénia. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il y a beaucoup de Voyant et de Prophète sur le territoire anglais. Et la plupart ont un don plus ou moins actif. Bien qu'on doive déplorer une chute drastique de leur nombre depuis une douzaine d'année. Je soupçonne fortement la faute revenir aux conditions d'enseignement de la personne qui a pris le poste à Hogwarts à ce moment-là. Parce qu'en plus d'avoir révélé la prophétie qui nous intéresse actuellement, son don est tellement faible qu'elle est incapable de le reconnaître chez les autres personnes, handicapant sérieusement les Gardes de Temps à la recherche d'apprentis.

-Les Gardes de Temps ? demanda Harry

-C'est ainsi qu'on surnomme les Voyants et les Prophètes, expliqua Sirius. Comme ils peuvent voir le passé, le présent ou l'avenir, on sait qu'ils ont un lien avec le Temps et qu'ils l'entourent.

Ils longèrent plusieurs corridors avant de s'arrêter devant un présentoir sur lequel était posée une unique boule de verre.

-Pour des raisons de sécurité, nous ne déposons devant les sphères qu'une simple étiquette indiquant les principaux concernés par la prophétie et nous les rangeons dans les étagères que vous voyez. Cependant, après le passage de Dumbledore, nous nous sommes aperçus qu'il avait mis en évidence celle-ci, qui n'était clairement pas l'une des nôtres.

-Donc vous n'avez pas la véritable prophétie, comprit Severus.

-Pas tout à fait, sourit Xénia. Je vais prendre ceci et je vais vous expliquer.

La femme s'empara de la sphère qu'elle glissa dans un sac de velours puis ils se dirigèrent vers une petite pièce au fond.

-Vous allez être en présence d'un des plus grands secrets du Département, annonça Xénia. Je vous demanderais un serment magique après.

Au fond de la pièce se trouvait une femme voûtée, les yeux vides.

-Par Morgane, une Pythie … souffla Sirius.

-L'oracle de Delphes ? se souvint Harry

-Pour les Moldus, oui, sourit Xénia. Mais chez les Sorciers, il s'agit d'une Voyante particulière. Elle peut voir si une prophétie est vraie ou non. Et si elle fait une prophétie et qu'il s'avère que cette dernière a été répétée après par d'autres devins, alors on peut parier que ce qu'elle annoncé sera de première importance.

Xénia s'inclina devant la femme.

-Salut à toi, dame Prophétesse, fit Xénia.

-Bonjour, ma petite Xénia, sourit la femme. Dis-moi, qui est avec toi ? Il est rare que tu emmènes des gens jusqu'ici.

-C'est vrai, confirma Xénia. Voici Sirius Black, Seth Prince et Harry Potter. Messieurs, je vous présente Ore, qui est comme vous l'avez si justement compris, Pythie. Veuillez vous approcher un à un, je vous prie. Comme elle Voit, elle est aveugle.

Sirius s'avança le premier et permit à la femme de toucher son visage.

-L'innocence a longtemps été votre credo, sourit Ore. Et les épreuves de la vie vous ont fait comprendre bien des choses, elles vous ont fait grandir. Et je sens dans vos traits une détermination bien rare de nos jours. Puis-je consulter votre magie ?

La stupeur s'inscrivit sur les traits de tous les adultes.

-Je croyais que vous ne faisiez cela que quand un nouveau directeur arrivait ! s'exclama Xénia

-Tu ne le sais peut-être pas mais tes invités sont très spéciaux, sourit Ore. Ne serait-ce que pour être sous la protection de Vladimir Romanov, Seigneur Vampirique.

-Il nous a laissé sa marque ? bondirent Sirius et Severus

-Cela ne vous étonne pas, monsieur Potter ? remarqua Xénia

-Vladimir m'a dit qu'il préférait que tous les vampires sachent que nous étions sous sa protection, avoua Harry. Mais je pensais sincèrement qu'il vous l'avait dit !

Les deux hommes soupirèrent et préférèrent ne rien dire.

-Est-ce que ça sera utilisé contre nous ? demanda Sirius

-Aucunement, assura Ore. Je suis très proche de la Magie et il n'est pas dans mes intérêts de vous trahir en révélant vos secrets. Sinon, je perdrais mon don et je n'aurais plus aucune utilité pour le Destin.

-Très bien, capitula Sirius. Allez-y.

La femme posa sa main sur le cœur de Sirius avant de prendre une profonde inspiration.

-Fidélité et ingéniosité, sourit Ore. Pour ce dernier point, il est dommage qu'elle ait été dirigée dans la mauvaise direction pendant un temps.

-Que voulez-vous dire ? s'étonna Sirius

-Il y a une ancienne consigne mentale qui vous a poussé à vous attaquer certaines personnes, répondit Ore. Elle s'est désactivée suite à une très grande pression psychique. Une pression qui vous a poussé à vous tourner tout entier vers l'innocence.

-Azkaban, répondit Sirius d'une voix blanche. Vous voulez dire qu'Azkaban m'a sauvé ?

-Ce lieu maudit vous a aidé sans que vous ne le sachiez, en effet, confirma Ore.

-Vous avez parlé d'une consigne mentale, intervint Severus.

-C'est exact, acquiesça Ore. Je peux voir ce qui a été.

-Qui a fait ça ? gronda Sirius. Et pourquoi ?

-Je ne peux pas vous répondre aussi précisément, s'excusa Ore. Seul un maître dans les arts de l'esprit pourrait vous répondre.

Les deux hommes pensèrent immédiatement à contacter Anastasia Romanov pour obtenir plus de détails. La Pythie repoussa doucement Sirius et Severus prit sa place.

-Seth Prince n'est pas votre nom complet, je présume ? sourit Ore

-Effectivement, concéda Severus de mauvaise grâce.

-Et je vois également que votre magie est parasitée, continua Ore. Une infime partie part de vous. Vous avez un lien qui vous siphonne de la magie.

Les yeux de Severus sortirent de leurs orbites. On lui prenait de la magie ?!

-Je ne sais pas qui, devança Ore. Mais le lien ne tient que par miracle, comme si le receveur était au bord de la mort.

Severus fut glacé d'effroi. Voldemort pompait donc de la magie de ses Death Eaters ! Voilà comment il avait réussi à se maintenir en vie, en plus de ses Horcruxes !

-Comme c'est étrange, fit Ore. Il faudrait que vous disiez au seigneur Romanov que des mages noirs existent encore.

-Qu'est-ce que c'est ? demanda Harry

-C'est une vieille légende, fronça des sourcils Xénia. En fait, il serait possible pour quelques élus de pratiquer la magie noire sans se faire corrompre par elle.

-Et qu'est-ce que vous appelez magie noire ? demanda Sirius

-Pas la définition du Ministère, heureusement, se récria Xénia. Vous êtes dans le premier endroit où on sait que magie noire ne signifie pas magie maléfique. Cependant, Ore a raison. S'il faut prévenir le seigneur Romanov, faites-le.

-Très bien, s'inclina Severus.

-Vous avez fait une adoption très puissante, que même la magie la plus abjecte ne pourrait détruire, sourit Ore. Chérissez ce lien aussi longtemps que vous pourrez. Il vous apportera encore plus que ce que vous pourrez imaginer.

Severus s'inclina avant de laisser la place à Harry. La stupeur s''afficha sur le visage de la femme.

-La mort danse avec toi, affirma Ore. Elle s'est penchée au-dessus de ton berceau et a refusé de te prendre, alors même qu'elle fauchait autour de toi.

Harry devint blafard et commença à entendre le hurlement de sa mère alors qu'elle tombait devant Voldemort. Mais soudain, la poigne d'Ore se fit douloureuse sur son bras, le ramenant à la réalité.

-On t'a plongé dans les ténèbres mais tu en es ressorti pur, asséna Ore. Malgré que tu aies vu ce qui se faisait de pire dans l'Humanité, tu as su garder foi en elle. La Magie a bien choisi en faisant de toi son Élu.

-Élu ? sursauta Harry

-Oui, sourit Ore. Elle t'a donné les armes pour que tu puisses L'aider dans son Dessein. Ta venue a été annoncée.

-Par qui ? ne put s'empêcher Harry

-Peu importe, balaya Ore. Ce qu'il faut que tu saches, c'est que de ton combat dépendra l'avenir de la Magie sur ces terres.

Soudain, Ore s'arqua et prit une voix gutturale.

-Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche

Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié

Il sera né lorsque mourra le septième mois

Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal

Mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore

Et l'un devra mourir de la main de l'autre

Car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit

Prenez garde à l'élu

Tourné vers la haine, il maudira à jamais les terres sur lesquelles il est né

Tourné vers l'avenir, il reportera le verdict final

Ore se redressa et sembla reprendre ses esprits.

-La véritable prophétie, déclara fermement Ore. Celle qu'on a voulu remplacer par ce que tu tiens dans les mains, Xénia.

-Il faudrait mieux entendre ce que Dumbledore a mis à la place, proposa Severus.

La directrice agita sa baguette et une légère brume s'éleva. On reconnut formellement la silhouette de l'actuel professeur de Divination d'Hogwarts.

-Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche

Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié

Il sera né lorsque mourra le septième mois

Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal

Mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore

Et l'un devra mourir de la main de l'autre

Car aucun d'eux ne peut mourir tant que l'autre survit

Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois...

-Ce n'est que la première partie de celle que vous nous avez révélé, nota Sirius.

-Sauf sur un point, fit Severus. Dans celle de Dumbledore, il est dit « Et l'un ne pourra mourir tant que l'autre survit ». Dans la vôtre, Ore, vous avez dit « Et l'un ne pourra vivre tant que l'autre survit ».

-C'est vrai, concéda Ore. A vous de trouver ce que ça veut dire.

-Vous ne pouvez pas nous le dire ? s'exclama Harry

-Non, jeune homme, sourit Ore. Je suis ici pour délivrer les mots du Destin. A charge de ceux qui m'entendent d'en trouver la signification.

-Je ne savais pas, s'excusa Harry.

-Ce n'est pas grave, fit Ore.

-Nous allons vous laisser, fit Xénia. Merci de nous avoir aidés, Ore.

-Il n'y a pas de quoi, petite Xénia. Reviens quand tu veux.

-Avec plaisir, répondit Xénia.

Les trois hommes la saluèrent à leur tour avant de suivre leur hôtesse. Ce ne fut que quand ils arrivèrent dans son bureau qu'ils desserrèrent des dents.

-Lucius nous a dit que vous aviez d'autres choses à nous révéler à propos de Dumbledore, fit Severus pour changer de sujet.

-Oh, il y a beaucoup de choses à dire sur Albus Dumbledore, sourit pauvrement Xénia. Nous pensons qu'il est une personne si ambitieuse qu'il sacrifierait tout ce qu'il pourrait pour obtenir un peu de pouvoir. Ce qu'il a d'ailleurs fait en faisant enfermer son compagnon à Nuremberg.

-Pardon ? sursauta Severus. Vous voulez dire que Grindelwald et Dumbledore étaient amants ?

-Exactement, acquiesça Xénia. Plusieurs témoignages démontrent qu'avant que la guerre n'éclate, ils étaient très souvent vus ensemble et vivaient dans la même maison. Quant à savoir pourquoi il en est venu à cette extrémité, je ne suis pas sûre que la raison soit uniquement celle de faire arrêter la guerre.

-Ensuite ? fit Sirius

-Lors de l'une de nos « enquêtes », nous nous sommes aperçus qu'il avait mené des expériences sur des liens magiques, révéla Xénia. Pendant un temps, il s'est particulièrement intéressé au lien de parrainage. Comme à l'époque, il entamait sa campagne de diffamation contre les familles dites de magie noire, nous ne savions pas si c'était pour s'introduire illégalement dans ces familles en tant que parrain pour spolier les héritages des filleuls ou bien pour autre chose.

-Vous envisagez le pire, constata Severus.

-Sa notion de plus grand bien a le don de me hérisser le poil, répliqua Xénia. En plus, cette diabolisation systématique des Slytherin, et ce, depuis qu'il est devenu professeur, n'arrange pas l'évolution de notre monde.

-C'est même passé dans les mœurs, ajouta Severus.

-Ce qui n'aurait jamais dû se passer, pesta Xénia. Sinon, il a réussi à convaincre beaucoup de Sang Pur encore indécis de ne pas faire confiance aux Nés Moldus.

-Mais il est pour une plus grand interaction avec les Moldus, fronça des sourcils Sirius.

-C'est ce qu'il dit, fit Xénia. Mais cette manœuvre a pour conséquence de bloquer toute avancée magique et de faire stagner notre société. Cela fait des siècles que nous sommes dans l'immobilisme et Dumbledore veut que ça le reste car ainsi, il peut diriger son monde comme il l'entend.

-C'est très inquiétant, fit Harry.

Tous les adultes acquiescèrent.

-Je ne vais pas vous retenir plus longtemps, fit Xénia. Merci d'être venus.

-C'est nous qui vous remercions, protesta Sirius. Sans vous, nous n'aurions pas eu la plus petite idée de ce que Dumbledore était en train de préparer.

-J'aurais un dernier conseil à vous donner, fit gravement Xénia. Je crois qu'il vous faudra vous préparer pour une guerre totale.

-Pourquoi ? demanda Severus

-Nous avons des preuves que Voldemort est peut-être encore vivant, annonça Xénia. Du moins, encore dans notre monde et il reprend des forces. Nous avons eu le temps d'examiner le corps de Quirinus Quirell après que Dumbledore ait assuré qu'il avait été tué lors d'une expédition dans la Forêt Interdite et nous sommes certains qu'il avait été en contact prolongé avec la magie de Voldemort, alors que nous savons qu'il était trop jeune pour porter la Marque des Ténèbres quand il était encore là. J'en déduis que Dumbledore le sait et cela appuierait le fait qu'il y a beaucoup de mouvement du côté de ses principales demeures. Et depuis que notre jeune ami est entre les murs d'Hogwarts, il fait prendre de plus en plus de risques aux élèves. Faites très attention.

-Nous serons prudents, assura Sirius.

Et ils s'en allèrent, la tête remplie de nouvelles questions.

ooooo

La rentrée des classes arriva et le quatuor reprit le chemin de l'école. Très curieux, voire trop, Draco posa la question qui était au bord des lèvres depuis près d'une semaine.

-Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda le blond

Les jumeaux roux soupirèrent puis entraînèrent leurs amis dans une salle proche qu'ils sécurisèrent. Il était hors de question pour eux que leurs plus jeunes frère et sœur leur piquent une crise de jalousie parce qu'ils avaient parlé aux quatre amis, et plus particulièrement à Harry Potter.

-D'abord, si on répond à ta question, c'est pour vous remercier de nous avoir confirmé cette rumeur, fit Fred.

-En temps normal, nous n'aurions pas raconté ce qui se passe dans notre famille, précisa Georges.

-Nous aurions compris si vous ne vouliez pas nous le dire, déclara Hermione. On sait que c'est privé.

-Ça l'est, soupira Georges. Mais nous savons que vous tiendrez votre langue.

-Et que vous ne le répéteriez pas à tout le monde, ajouta Fred.

-Promis, fit en chœur le Gang de Bronze.

-Alors voilà …

Flash-Back

Tous les membres de la famille Weasley étaient revenus de l'école. En effet, pour la première fois depuis des années, tous ses enfants étaient là pour les fêtes de fin d'année. Les deux aînés, Bill et Charlie, avaient dû négocier dur pour obtenir des congés pour cette période.

Alors qu'ils descendaient à leur tour du train, Percy, Fred et Georges eurent la surprise de ne voir sur le quai que leurs frères aînés Bill et Charlie. Par contre, aucune trace ni de leur mère, de Ginny ou de Ron.

-Ron et Ginny ne sont pas encore arrivés ? s'étonna Percy

-Si, répondit sombrement Charlie. Mais maman les a emmenés très vite. Elle a parlé de préparation ou un truc du genre.

-Et quand on lui a rappelé que vous n'étiez pas encore là, elle a eu l'air de s'en moquer, termina Bill.

Les cinq garçons soupirèrent lourdement. Depuis que les plus jeunes étaient entrés à Hogwarts, Molly Weasley ne voyait que ses deux derniers. Pas que cela change d'habitude, d'ailleurs.

-Où est papa ? demanda Fred

-Encore au travail, répondit Bill. Normalement, il doit arriver à la maison en même temps que nous.

-Je crois que nous devrions discuter en rentrant, fit énigmatiquement Georges.

Ils rentrèrent rapidement et moins d'une demi-heure plus tard, Arthur arriva à son tour. Après s'être changé, le patriarche rassembla ses enfants pour savoir ce qui s'était passé à l'école. Mais les jumeaux l'arrêtèrent très vite.

-On serait ravi de te raconter ce qui s'est passé à l'école, sourit pauvrement Georges. Mais nous devons parler.

-De quoi ? s'étonna Arthur

-Nous avons entendu une rumeur comme quoi nous serons présents au bal du Ministère, annonça Fred.

-Je ne crois pas, non, fronça des sourcils Arthur.

-C'est ce qu'on pensait aussi, fit Fred.

-Mais Harry est venu nous dire que Ron lui avait certifié qu'il serait présent, déclara Georges.

-Ron est un petit menteur, tu le sais parfaitement, intervint Bill. Il a juste voulu faire son intéressant.

-C'est ce qu'on s'est dit aussi, fit Georges. Mais quand tu as la sœur d'un pote qui t'affirme avoir vu ta mère dans une boutique de vêtements au-dessus de ses moyens, tu commences à te poser des questions.

-D'ailleurs, où sont Molly, Ginny et Ron ? fit Arthur

-On ne sait pas, répondit Charlie. Maman les a emmenés à la descente du train sans attendre les autres.

Arthur tiqua. Ce n'était pas dans les habitudes de sa femme de partir sans prévenir qui que ce soit de sa destination. Il jeta un coup d'œil sur l'horloge qui indiquait ce que faisait chaque membre de la famille et faillit s'étouffer en voyant qu'elle indiquait qu'ils faisaient les boutiques. Avec un seul salaire et aucun héritage familial, le shopping était une activité qu'ils ne réservaient habituellement qu'aux courses de la rentrée des classes en août.

-Restez ici, ordonna Arthur. J'en ai pour quelques minutes.

L'homme grimpa à l'étage. Bill n'avait pas tort quand il assurait que Ron était un menteur. Alors que chacun de ses frères brillait pour lui-même, lui n'avait aucun talent et il avait pris l'habitude de s'inventer des histoires extraordinaires pour faire parler de lui. Ses frères avaient appris à savoir quand il fabulait très rapidement et Arthur aussi. Paradoxalement, tous les membres de la famille savaient quand il ne mentait pas. Et si les jumeaux s'inquiétaient de savoir la rumeur vraie, alors quelqu'un avait dû l'affirmer à Ron. Or, la seule personne que Ron croyait et obéissait sur parole était Molly. Même quand Arthur lui donnait un ordre ou lui affirmait quelque chose, le garçon se tournait toujours vers elle pour avoir confirmation.

L'homme se retrouva devant une porte particulièrement bien protégée. Quand ils s'étaient installés au Burrow après leur mariage, Molly avait exigé d'avoir une pièce pour elle seule. N'y voyant pas d'inconvénient, Arthur avait accepté et il n'avait jamais tenté d'y entrer. Mais là, cette histoire l'inquiétait vraiment. Il réfléchit rapidement avant de prononcer ses mots.

-Au nom du chef de la famille, que toute invitation au Ministère vienne à moi, fit Arthur.

Et ça ne tarda pas. Moins d'une minute plus tard, Arthur tenait entre les mains une invitation comme il en recevait chaque année pour le bal de fin d'année.

Pire, c'était celle qu'il avait reçu. Et vu que le parchemin était enchanté pour qu'on écrive dessus si on venait ou pas, il voyait en toutes lettres que sa femme avait accepté d'y aller. Visiblement sans lui, contre toutes les convenances.

L'air grave, le patriarche redescendit et posa l'invitation sur la table. Tout le monde perdit ses couleurs.

-Rassure-moi, c'est ta prérogative d'accepter ou non d'aller à ce bal ? demanda Bill, l'aîné

-Ça a toujours été le cas, assura Arthur.

-Attends, je connais la secrétaire qui recense toutes les personnes qui vont venir, déclara Charlie. Je vais l'appeler.

Dix minutes plus tard, l'aîné des enfants Weasley revint, le teint blafard.

-Elle m'a confirmé qu'elle était prête à refuser que maman y aille sans toi, résuma Charlie. Mais un membre du Magenmagot l'a appris et elle a reçu l'ordre du ministre d'accepter cette réponse. Elle en a été choquée.

-Qui a fait pression sur le ministre pour un tel outrage aux coutumes Sang Pur ? s'étonna Arthur

-Le professeur Dumbledore, annonça gravement Charlie.

Le souffle de tout le monde se coupa. En quoi cela aurait servi le directeur que leur mère se présente au bal sans le chef de famille ?

-Ce n'est pas tout, continua Charlie. Vous savez tous que depuis un moment, le ministre inclut les enfants dans les invitations. Avec maman doivent y aller Ron et Ginny.

-Pourquoi eux ? fit Bill. Il aurait été plus logique que ce soit l'un de nous deux qui y aille, en tant qu'aînés.

-Je ne sais pas, soupira Charlie. Mais c'est ce qu'elle m'a dit. Trois Weasley doivent assister cette année au bal du Ministère. Et ça contre toutes les convenances.

Arthur réfléchit. Il était hors de question que sa femme se présente au Ministère en ne respectant pas leurs coutumes les plus élémentaires. De plus, elle avait toujours refusé que Ron et Ginny apprennent avec lui les coutumes Sang Pur et vu les manières de Ron, il semblait certain que ça n'avait jamais été au programme du jour.

-Je vais en discuter avec votre mère, gronda doucement Arthur. Il est tout simplement hors de question qu'elle s'y rende sans mon accord, encore plus avec Ron et Ginny. Si je refuse de m'y rendre, c'est pour ne pas jeter l'opprobre sur notre nom, malgré le fait qu'il soit bien malmené.

Fin Flash-Back

-Quand maman est arrivée, papa l'attendait de pied ferme, continua sombrement Fred. On s'est caché dans les escaliers pour savoir ce qui allait se passer.

-Il a exigé de savoir ce que contenaient leurs sacs et j'ai cru que ses yeux allaient sortir de sa tête quand il a vu le montant des factures, fit Georges.

-Il voulait savoir pour quelle occasion elle avait dépensé autant d'argent en futilités alors que ça nous aurait permis de vivre aisément pendant quelques mois, reprit Fred.

-Ça a rendu plus furieux papa quand elle lui a dit que c'était pour une petite fête où elle avait été invitée avec Ginny et Ron, grimaça Georges.

-Il lui a dit qu'il savait parfaitement qu'elle voulait se rendre au bal du Ministère et même s'il en avait les moyens, il aurait refusé d'y emmener ses deux plus jeunes enfants à la place de ses deux aînés, déclara Fred.

-Maman a l'habitude de monter dans les aigus pour se faire obéir, souffla Georges. Et elle a crié sur papa en disant que c'était une occasion unique qu'elle n'avait pas l'intention de manquer parce qu'il avait peur.

-Et là, il a explosé, fit Fred. Il a engagé la magie de la famille pour interdire à maman, Ginny et Ron de se rendre au bal. Et il lui a rappelé sèchement que le chef de la famille c'était encore lui et pas elle.

-Il a repris les achats et s'est chargé de les rendre, malgré les fausses larmes de Ginny, termina Georges.

Le quatuor se regarda. Ça avait vraiment été la crise chez les Weasley.

-On promet de ne rien dire, fit Neville.

-Merci, fit Georges. Maintenant, on va vous laisser, on doit faire de la vie de Ronny un enfer.

-A plus tard, petits aiglons, salua Fred.

ooooo

Octavia vaquait à ses occupations dans le quartier magique. Depuis qu'elle avait prévenu Severus qu'il fallait qu'il songe à se caser, la femme ne cessait d'arpenter Londres. Même si elle savait que l'homme allait prendre son temps - et il le fallait bien, avec Dumbledore qui louchait beaucoup trop sur la fortune des Prince - elle voulait que tout soit prêt pour la future lady Prince ou monsieur Prince, qui sait. Et comme tout mariage Sang Pur, des précautions étaient à prendre, encore plus quand l'héritier en titre était lord Potter et également l'héritier Black, sans compter qu'il était Harry Potter, icône érigée de la « Lumière ».

Elle entra dans une vieille boutique spécialisée dans la divination et se rapprocha du comptoir.

-Dame Malone, s'inclina le vendeur.

-Bonsoir Willem, répondit Octavia. J'ai besoin de choses bien précises.

-Passons à côté alors, proposa Willem.

Tous les deux poussèrent la porte adjacente pour se retrouver dans un petit salon où ils s'installèrent.

-Du thé ? proposa Willem

-Non merci, refusa Octavia. Je voudrais que dans une semaine, j'ai tous les ingrédients pour un rituel de sincérité.

-Pour vous ? osa demander Willem

-Cela ne vous concerne pas, cassa Octavia.

La gouvernante n'aimait guère son interlocuteur. En effet, elle avait bien failli se faire rouler plusieurs fois. Malheureusement, il était le seul à pouvoir la fournir rapidement. Mais il pouvait beaucoup trop de questions indiscrètes.

-Je vais m'en occuper, intervint une voix.

Octavia soupira intérieurement de soulagement. Autant elle ne voulait pas avoir à faire avec Willem, autant elle préférait discuter sérieusement avec Anatole, l'associé de Willem, beaucoup plus droit. Willem se leva donc, l'air maussade, et prit le chemin de la sortie. Mais Octavia ne comptait pas le laisser partir ainsi et sans aucun état d'âme, elle sortit sa baguette et lui effaça par magie les dernières minutes passées avec elle. Prudemment, Anatole ferma la porte et prit sa place.

-Vous me semblez remontée, dame Malone, constata Anatole.

-Préoccupée serait un terme plus correct, fit Octavia. Il me faut régler beaucoup de choses en ce moment.

-Vous avez parlé de rituel de sincérité, déclara Anatole. Puis-je vous proposer du Veritaserum ?

-J'en ai déjà, balaya Octavia.

-Je suis curieux, avoua Anatole. Ce rituel n'est plus utilisé depuis longtemps. Alors pourquoi ?

-Parce que je ne vais pas faire que ce rituel, sourit malicieusement Octavia.

Anatole se rassura. Le rituel seul ne servait à rien mais couplé avec d'autres, il fallait se lever tôt pour tromper Octavia Malone.

-Vous en avez besoin pour quand ? demanda Anatole

-Vous pouvez les avoir pour dans combien de temps ? demanda Octavia

-De tête, je dirais deux mois, réfléchit Anatole. Mais je ne me souviens pas de tous les ingrédients.

-Alors faites au plus tôt, déclara Octavia. Vous serez payé en conséquence.

-Vos désirs sont vos ordres, s'inclina Anatole.

-Le secret vous est demandé, ordonna Octavia.

Anatole hocha de la tête. Dès l'instant où il avait accepté la première mission d'Octavia Malone, il avait été soumis à un antique serment magique qu'il prenait garde à ne pas briser. La femme savait se montrer inventive et maudire toute sa descendance entre autres n'était pas dans ses projets.

Ils se saluèrent avant que la gouvernante ne quitte les lieux. Elle fit divers achats avant de rentrer.

ooooo

Remus avait passé toutes les vacances dans ses appartements à l'école.

Depuis la rebuffade qu'il avait essuyée sur le quai de la gare par son ancien meilleur ami, il se posait la question de savoir ce qu'il avait fait de mal. Il avait simplement obéi au directeur de ramener un élève jusqu'à chez lui, quand même !

Cependant, il devait reconnaître que ni Sirius ni Harry ne lui avait demandé de le raccompagner. Et Sirius n'avait pas tort sur un autre point. Même quand Sirius s'était enfui de chez lui - et ça en avait fait du raffut à l'époque - le directeur ne s'était pas préoccupé de savoir s'il avait un toit sur la tête. Il avait fallu attendre les vacances de fin d'année pour savoir que Sirius avait été recueilli par les Potter.

Remus avait noté que contrairement à ce qu'il pensait, ni Sirius ni Harry n'étaient proches du professeur Dumbledore. Pourtant, ce dernier lui avait assuré avoir tout fait pour réunir parrain et filleul dans les plus brefs délais. Et ce n'était pas de sa faute s'il n'avait pas su qu'il était innocent.

Le loup garou culpabilisa. Lui aussi n'avait pas cru à l'innocence de son ami et l'avait condamné comme les autres, l'abandonnant à son triste sort. Quand il avait appris sa libération, il avait voulu se précipiter chez son ami pour lui présenter ses excuses mais le directeur avait eu besoin de lui et il avait accepté de partir à l'étranger pendant de longs mois. Il aurait également pu écrire mais le directeur lui avait interdit tout contact avec l'Angleterre.

Remus ne savait plus quoi penser. Toutes les informations qu'il avait se révélaient fausses ou tout au mieux incorrectes. Sirius ne semblait pas vouloir lui parler et Harry, en tant que fils de Maraudeurs, ne tenait pas à le connaître. Or, tout le groupe s'était fait une promesse, que leurs enfants grandissent ensembles avec leurs exploits dans la tête, à la plus grande contrariété de Lily d'ailleurs. Et Sirius ne semblait pas avoir rempli sa part du contrat avec le fils de James.

Mais il ne tenait pas à s'imposer. Il avait conscience qu'il revenait comme une fleur après avoir fait silence radio pendant des années, même après sa libération qui remontait quand même à presque deux années. Dumbledore lui avait conseillé d'attendre avant de lui parler mais Remus n'avait plus cette patience. Les Maraudeurs lui avaient littéralement sauvé la vie et il ne tenait pas à détruire ce qui restait par inaction. Mais d'un autre côté, Dumbledore avait accepté de l'accueillir à Hogwarts malgré sa malédiction et il ne pouvait pas passer à côté de ses excellents conseils. En plus cette année, connaissant ses problèmes pour trouver et garder un emploi fixe, le vieil homme l'avait engagé comme professeur, avec le gîte et le logis, ce qui était une formidable opportunité à saisir. Il était reconnaissant au professeur d'avoir cru en lui et de lui faire confiance. Mais Sirius aussi lui avait fait confiance et il l'avait trahi de la pire des manières en ne le croyant pas quand il criait son innocence à la face du monde.

L'homme était indécis. Chaque homme lui avait apporté beaucoup et il ne savait pas quoi penser ni quoi faire. Il ne voulait être une charge pour aucun des deux mais il fallait reconnaître que Sirius lui manquait particulièrement et qu'il voulait absolument connaître le fils de James.

Remus se décida. Il quitta ses vieilles frusques pour prendre une douche et se préparer convenablement. Puis il se rendit dans l'ancien appartement qu'il avait occupé avec Sirius peu après leur sortie d'école.

ooooo

Les vacances avaient peut-être fait du bien à tous les enfants mais très vite, Harry ressentit la présence des Dementors aux abords du domaine. Heureusement, il en avait profité pour s'entraîner encore plus durement et les progrès avaient été spectaculaires. D'après Sirius, s'il continuait sur cette voie, avant la fin de l'année il allait produire un Patronus corporel.

-Vous ne savez pas la nouvelle ? fit Daphnée

-Non, on t'écoute, fit Blaise.

-Lestranges a été vu à Hogmeade, déclara Daphnée en consultant le Daily Prophet. Hier pour être exact. Les Aurors se sont rendus sur place mais ils n'ont trouvé personne.

-Ça se saurait si les Aurors arrivaient à temps pour être efficaces, renifla Théo.

-Il est dangereusement proche de l'école, constata Neville.

-Trop, même, ajouta Draco. Est-ce qu'ils parlent des mesures qu'a prises l'école ? Parce que je te rappelle que la prochaine sortie au village arrive.

-Rien, relut Daphnée.

-Il faudrait que nos parents se renseignent quand même pour savoir ce qui se passe, proposa Tracey. Je vais écrire à mon père.

-Bonne idée, félicita Blaise. J'ai un oncle qui travaille au Ministère. Je vais lui demander aussi.

-Je vais voir les préfets, proposa Neville. J'espère que des mesures ont quand même été prises.

-Sinon, on va s'organiser avec les années supérieures, décida Théo. Si nous devons attendre le directeur pour être efficacement protégés, les Slytherin encore plus, alors on peut attendre longtemps.

-Tu sais parfaitement que Flint pense, renifla Tracey.

-Qu'est-ce qu'il dit ? demanda Draco

-Que Lestranges ne s'attaquerait pas aux Slytherin, ricana Daphnée.

-Il oublie juste que Rodolphus a tué autant de Sang Pur que les autres, quand bien même c'est mon oncle par alliance, rétorqua sombrement Draco. Personnellement, je ne ferais pas confiance à une personne qui cautionne les actes de ma tante Bellatrix, même si c'est pour restaurer la grandeur des Sang Pur.

Tous frissonnèrent. L'absence de pitié de Bellatrix Lestranges était entrée dans les annales et on se servait beaucoup de la Sorcière dans les familles Sang Pur pour faire peur aux enfants. Quant à Draco, comme Lucius était aux premières loges pour assister à ses massacres, il ne s'était pas gêné pour entacher l'image soi-disant parfaite des trois membres de la famille Lestranges, dont celle de la plus fidèle des lieutenants de Voldemort.

-Draco, Neville, fit Blaise. Il va falloir que vous vous méfiiez vraiment de Flint.

-Pourquoi ? s'étonna Neville

-Parce qu'il veut vraiment que vous lui obéissiez, peu importe que vous ne soyez pas à Slytherin, répondit Théo. Il sait que s'il vous maîtrise maintenant, il se fera obéir de toute notre génération. Les Malfoy ont toujours eu une place importante chez les Slytherin et encore plus dans notre société une fois sortis de l'école.

-Il veut assurer son avenir, comprit Draco. Pas de chance, je ne vais pas laisser ma place aussi facilement. S'il veut l'avoir, il va falloir qu'il se batte. Sur mon terrain.

Tous les élèves sourirent. Rares étaient les Malfoy stupides et Draco, en étant à Ravenclaw, faisait figure de génie, contrairement à Flint qui n'avait que ses poings pour se faire respecter, ce qui lui avait plutôt réussi jusqu'ici. Même s'il était plus âgé que l'héritier Malfoy, ses chances de réussite restaient objectivement minces.

Quand il fut l'heure de regagner leurs salles communes, Neville et Draco se levèrent pour saluer tout le monde. Mais Daphnée attrapa le bras de Draco pour le rapprocher d'elle.

-Daphnée ? demanda Draco à voix basse

-Organise une rencontre avec Potter, ordonna Daphnée. Je veux savoir à quoi il ressemble.

-Tes parents ou toi ? se méfia Draco

-Moi, répondit honnêtement Daphnée. Théo a fait le choix de ne pas suivre le mouvement tout comme Blaise. Il est temps qu'on se fasse notre propre opinion.

-Que s'est-il passé ? murmura Draco

-Plus tard, chuchota Daphnée. Passez une bonne nuit.

Et elle le repoussa doucement. Assez perturbé, Draco quitta donc la salle commune des Slytherin. Il se demanda s'il devait révéler ce qui venait de se passer aux autres mais comprit qu'il lui faudrait plus d'éléments pour que ça puisse leur servir.

ooooo

Peter se demandait où son plan avait échoué.

Petit à petit, Rodolphus avait repris des forces et était devenu de plus en plus cohérent. Mais il semblait qu'il avait perdu le peu de neurones qu'il n'ait jamais eu. Il était devenu un parfait demeuré mais qui lui obéissait au doigt et à l'œil.

Peu après la nouvelle année, Peter l'avait envoyé à Hogmeade. Malheureusement, il n'avait pas été suffisamment précis dans ses consignes et il avait dû aller chercher lui-même l'évadé quand il avait vu l'agitation qui prévenait l'arrivée des Aurors.

Et là, il était sur sa chaise, regardant dans le vide.

-Répugnant, cracha Peter.

Il se retourna et partit dans ses appartements. Sur une table étaient compilés plusieurs numéros anciens du Daily Prophet. Il avait été étonné de ne voir aucun élément sur Harry Potter. Mais en y regardant de plus près, il avait su que Sirius avait fait jouer son titre pour intenter des procès à tout va au nom de son filleul et grâce à cela, tous les journaux Sorciers et écrivains amateurs qui s'étaient fait de l'argent sur le dos d'Harry Potter y repensaient à plusieurs fois avant d'oser utiliser ce nom, leur portefeuille s'en souvenant parfaitement. Il avait bien été tenté de se rendre à l'école pour espionner le jeune garçon mais Rodolphus lui prenait tout son temps.

En parlant de l'homme … Peter se demandait s'il avait bien fait de le prendre pour son plan. En se basant sur la rapidité à laquelle Sirius Black s'était visiblement rétabli, il avait espéré qu'il en serait de même pour Rodolphus. Mais il était évident que Sirius avait bénéficié d'une aide extérieure, que son cousin par alliance ne pourrait pas avoir. Il n'était pas inutile mais il fallait très soigneusement l'encadrer. C'était un coup de chance quand il l'avait mené jusqu'à la salle commune des Gryffindor et il était tout à côté quand il avait lacéré le tableau. Mais la sortie à Hogmeade s'était beaucoup moins bien passée. Il avait ordonné au fugitif de se rendre dans une boutique pour prendre de quoi manger et d'après ce qu'il avait pu comprendre, il n'avait pas assez d'argent. Il s'était mis en colère et la vendeuse avait eu le temps de découvrir son visage et de donner l'alerte. Etant dans une rue voisine, ça avait été la cavalcade des passants qui s'enfuyaient qui l'avait alerté. Il avait juste eu le temps de s'emparer de Rodolphus et de disparaître avant que les Aurors n'arrivent.

Il allait falloir qu'ils disparaissent quelques temps. Sa vengeance pouvait attendre que tout le monde se calme et pense qu'il n'y avait plus rien à craindre. Et il devait trouver une solution pour son colis qui devenait de plus en plus encombrant.

ooooo

Dumbledore était furieux.

Il avait été surpris de ne pas voir arriver au bal du Ministère Molly, Ginny et Ron. Pourtant, il avait forcé la main de la réceptionniste pour qu'elle accepte la réponse hors norme des Weasley. Mais après s'être rendu au Burrow, la matrone lui avait déclaré qu'Arthur avait appris leur petite magouille et qu'il avait usé de ses droits de chef de famille pour lui interdire d'y aller. Le vieil homme se doutait de ce qui s'était passé. L'un des fils Weasley avait dû entendre Ron parler de sa participation au bal et aurait demandé confirmation à leur père. En ce moment, il se posait de plus en plus de question sur le fait d'intégrer le dernier fils Weasley dans ses plans. Sa personnalité avait rebuté Harry Potter et ce n'était pas pour l'arranger. Il allait devoir utiliser les grands moyens dans le plus grand des secrets.

Un coup à la porte le sortit de ses pensées.

-Entrez, dit Albus.

Il cacha sa surprise en voyant Remus Lupin passer la porte.

-Bonjour, mon garçon, sourit Albus. Auriez-vous un problème avec vos élèves ?

-Non, non, rougit Remus. J'aimerai simplement votre avis.

-Je vous écoute, fit Albus.

-J'essaie de comprendre ce que me reproche Sirius, soupira Remus. Vous m'aviez pourtant certifié qu'il serait heureux de me voir ici en train de veiller sur Harry mais il n'est même pas venu me voir ni même écrit. Et sur le quai de la gare, c'était comme si j'étais un étranger pour lui.

Dumbledore soupira intérieurement. Il avait dû déployer des trésors de persuasion et des tonnes de mensonges et de demi-vérités pour convaincre le loup garou de venir enseigner. Malheureusement, il ne pouvait pas compter sur la coopération involontaire de Sirius Black pour que tout aille dans son sens.

-Il s'agit sûrement d'un malentendu, sourit hypocritement Albus. Vous devriez en discuter calmement.

-Vous avez sûrement raison, sourit pauvrement Remus. Je vais vous laisser alors. Bonne journée.

-A vous aussi, fit Albus.

Une fois que l'homme eut passé la porte, le masque tomba. Il commençait à en avoir marre que ses plans pour obtenir Harry Potter tombent toujours à l'eau.

ooooo

-Puis-je savoir ce que tu fais ici ? fit une voix

Remus sursauta. Après avoir longuement réfléchit, il s'était rendu plusieurs fois à la dernière adresse qu'il connaissait de Sirius, un appartement londonien qu'il s'était acheté après Hogwarts avec l'héritage d'un oncle mais il n'avait jamais osé entrer, sauf ce jour-là. Mais alors que les protections semblaient l'avoir reconnu et l'avaient laissées passer, il avait découvert un lieu vide de vie, totalement à l'abandon. En fait, il n'avait pas changé depuis ce soir d'Halloween où tout avait basculé. Lentement, il s'était réapproprié l'espace, voyant les souvenirs remonter en posant le regard sur tel ou tel objet. Et petit à petit, la culpabilité montait de plus en plus. Il était là depuis plusieurs heures quand la voix l'avait interrompu dans ses rêveries.

Il se retourna.

-Sirius ?! fit Remus d'une voix faible

-Je répète, qu'est-ce que tu fais ici ? demanda fermement Sirius

-Je voulais te voir … répondit Remus.

-Le courrier existe encore, railla Sirius. C'est interdit par la loi d'entrer chez les gens sans autorisation.

-Mais j'ai vécu ici ! protesta Remus

-Plus maintenant, corrigea Sirius. Réponds à ma question maintenant.

-Je voulais te parler, fit Remus.

-Pour me dire quoi ? fit Sirius. Me présenter tes excuses pour ne pas m'avoir cru ? Là, tu as presque deux ans de retard.

Le loup garou accusa le coup.

-Je voulais connaître le fils de James, poursuivit Remus.

-J'ai cru comprendre, ironisa Sirius. J'ai été étonné d'apprendre que mon filleul se faisait harceler dans l'enceinte même de son école par un professeur.

Remus ne put s'empêcher de reculer. Harry pensait qu'il le harcelait ?!

-Tu croyais quoi ? siffla Sirius en suivant le cours de ses pensées. Tu te prétends l'ami de ses parents mais c'est la première fois qu'il te voit. Tu veux le voir seul à seul tout le temps alors qu'il ne le veut pas. Tu lui as clairement dit que son meilleur ami n'était pas le mieux pour lui et qu'il fallait plutôt qu'il s'intéresse à un imbécile visiblement jaloux de lui qui insulte tout le monde et y compris ses plus proches amis. Tu ne trouves pas qu'il y a un problème, là ?

Remus baissa la tête. Vu comme ça, Sirius n'avait pas tort.

-Mais il ne me connait pas … fit Remus.

-Si, il connait Moony des Maraudeurs, réfuta Sirius. Mais l'homme qu'est devenu Remus Lupin, absolument pas, vu qu'il a disparu quand il a eu le plus besoin de lui, c'est-à-dire quand ses parents sont morts et son parrain emprisonné à tort.

Ça faisait mal, se rendit compte Remus. Il se prenait toutes ses fautes en pleine figure et il ne pouvait même pas riposter.

-Personne n'avait son adresse, protesta Remus.

-Si, Dumbledore, cracha presque Sirius. Vu que c'est lui qui s'est chargé de placer Harry dans sa famille Moldue.

-Il me l'aurait dit, assura Remus.

-Tu en es sûr ? pointa Sirius. Même soi-disant pour le protéger ?

Remus se figea. Evidemment, vu comme cela, le directeur aurait très bien pu lui cacher l'information.

-Il voulait peut-être le protéger de moi, tenta Remus.

-Tu n'es dangereux que parce que toi tu le veux, cassa Sirius. Depuis notre scolarité tu sais qu'il y a des personnes qui vivent parfaitement avec la maladie et tu as toujours refusé de les rencontrer. Regarde la vérité en face, tu ne veux pas qu'on t'aide, tu veux t'apitoyer sur ton sort !

-Non … ! protesta faiblement Remus

-Pourquoi tu n'es pas venu ici plus tôt ? siffla Sirius

-Le professeur Dumbledore me l'avait déconseillé, avoua Remus.

-Et c'est lui aussi qui te dit quand tu dois aller aux toilettes ? railla Sirius

-Non ! s'écria Remus. Je n'ai pas besoin qu'il me dise ça.

-Vu comment il dirige ta vie, j'en viens à douter, rétorqua Sirius.

L'Animagus jeta un coup d'œil tout autour de lui.

-Regarde bien cette baraque, fit Sirius, parce que c'est la dernière fois que tu la reverras. Dès que tu seras parti, tu ne pourras plus revenir. Du moins tant que tu n'as pas retrouvé ta cervelle et que tu laisseras d'autres réfléchir à ta place. Mes dix années à Azkaban m'ont permis de faire le point sur ma vie et de regarder de manière objective tout ce que j'ai fait. Il serait temps que tu fasses la même chose. Parce que ce n'est pas en te définissant uniquement par ta maladie que tu sauras qui tu es vraiment. Maintenant, pars.

Défait, Remus ne put qu'obéir, les dernières paroles de Sirius tournant dans sa tête. Ce dernier s'empressa d'exclure le loup garou du Fidelitas avant de regagner le manoir Black.