Disclaimer : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à leurs concepteurs, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.
Avertissement : cette histoire est la suite de « Trois papillons autour d'une flamme » inspirée par celle de Lunagarden intitulée « Passions interdites ». Contrairement à « Tels des plantes sur un sol désertique », qui commence trois ans plus tôt, elle débute en 2012.
Avertissement 2 : cette histoire contient des scènes de sexe entre hommes, même s'il n'y en a pas dans tous les chapitres. Mes personnages ne sont pas des obsédés, sauf un ou deux méchants, qu'on a tué vite fait, mais parfois ils se laissent aller...
Le temps des gardiens
Chapitre 38
An 2012
Elena poussa la porte de la chambre de Loz en retenant son souffle, après le départ de Tseng et de Rufus Shinra, Reno et Rude s'étaient concertés sans même lui demander son avis. Sous ses yeux et ceux de Kadaj, le plus jeune de la fratrie, bras croisés et regard empli d'ironie, avait suivi l'échange sans rien dire.
Reno avait annoncé qu'il se chargeait de Yazoo, Rude avait aussitôt affirmé qu'il en faisait autant pour Kadaj.
Le jeune argenté réprima avec peine son envie de leur mettre des bâtons dans les roues et de le contrarier un peu en protestant, il était tentant de le faire, mais cela pourrait se retourner contre lui et contre ses frères, ce qu'il ne voulait à aucun prix.
Que Reno surveille Yazoo ne lui plaisait qu'à moitié, il avait beau faire, il avait encore du mal à accorder sa confiance à ce type, qu'il soupçonnait d'avoir des pensées mal venues en ce qui concernait son aîné. À tout prendre, il préférait que ce soit Tseng qui tourne autour de Yazoo, ce type là avait nettement plus de classe, surtout, il ne risquait pas de vouloir faire des saloperies à tout bout de champs.
Il était donc entré sans rien dire dans sa chambre, en refermant la porte au nez de Rude, dans un mouvement impulsif qu'il ne regretta pas. Être surveillé d'accord, mais avec un minimum d'intimité.
Rude ne broncha pas face à ce qui était pourtant clairement une provocation, il s'était attendu à quelque chose de ce genre et il n'avait de toute manière pas l'intention d'entrer. N'ayant pas reçu d'ordres en ce sens, il allait se borner à garder la porte.
Reno lui entra dans la chambre de Yazoo, tandis qu'Elena en faisait autant avec celle de Loz.
Elle se sentait nerveuse, mal à l'aise, après la façon dont elle était partie, en lui adressant des propos virulents, comment le colosse allait elle l'accueillir ?
Elle fut soulagée de le trouver profondément endormi et s'adossa à la porte, qu'elle venait de refermer, quelques secondes, avant de s'en écarter et de faire quelques pas en direction du lit.
Ajilu, percevant son entrée et ses sentiments mitigés se tendit quelque peu, avant de se forcer à se détendre. La femme qui venait d'entrer était troublée, mais il n'avait pas l'impression qu'elle serait une menace pour celui sur qui il veillait. Il ne se montra donc pas et continua à maintenir Loz dans un rêve agréable. Il avait la certitude que pour l'heure il valait mieux que celui sur qui il veillait ne s'éveille pas. Cela éviterait une confrontation pénible. L'idée que Loz pourrait lui en tenir rigueur ne l'effleura pas. Il était persuadé de faire au mieux dans l'intérêt de son protégé. Tandis que l'arrivante, qu'il considérait presque comme une intruse, continuait à avancer, il se réfugia dans le rêve de Loz, autant pour ne plus être tenté de se manifester que pour voir où en était le jeune homme.
Loz s'était étendu dans l'herbe, les yeux clos, le sourire aux lèvres, il ne bougeait pas, mais Ajilu sentait qu'il ne dormait pas pour autant, qu'il n'avait fermé les yeux que pour mieux savourer.
Prenant sa forme de dragon, Ajilu le rejoignit sans se presser et s'installa à ses côtés. Loz ne bougea pas, même s'il avait parfaitement conscience de la présence du dragon des airs à ses côtés. Les sentiments paisibles du dragon parvenaient jusqu'à lui, tout d'abord teintés d'un soupçon d'appréhension, ils s'étaient vite fait sereins, ce qui lui convenait parfaitement. Ajilu était vraiment reposant, après le déferlement qu'il avait enduré pendant trop longtemps.
Il rouvrit lentement les yeux et tourna la tête pour considérer le dragon couché à ses côtés.
Désormais d'une taille équivalente à celle d'un humain, Ajilu lui sembla magnifique, tout aussi délicat que lorsqu'il avait fait sa connaissance, mais bien moins fragile qu'il ne l'avait pensé au premier regard. Loz en était persuadé, cette constitution toute en légèreté ne signifiait pas pour autant que le dragon des airs était une créature fragile qu'un rien pourrait briser, bien au contraire, sa fragilité n'était qu'apparente. Quelque part, il était comme Yazoo, fin mais résistant, il avait des faiblesses, mais il savait comment les contourner. Ses yeux ne lui permettaient peut être pas de voir aussi bien que la plupart des gens, mais il était probablement plus lucide que beaucoup.
Un peu d'émotion se glissa dans l'esprit de Loz tandis qu'il songeait que cet être fascinant semblait l'avoir élu. Avait il vraiment mérité un tel honneur ?
- Pourquoi ne l'aurais tu pas mérité ? Questionna une voix douce de femme.
Surpris et alarmé Loz sursauta et se redressa vivement. Une femme vêtue de blanc, avec pour seule touche de couleur un ruban jaune qui retenait ses cheveux, se tenait non loin d'eux. Son regard était empreint d'émotion et de tristesse, elle ne semblait pas menaçante, mais Loz avait trop enduré entre les mains de scientifiques sans scrupules, qui pour certains avaient l'air de gens très ordinaires et inoffensifs, pour ne pas se méfier.
- Qui êtes vous ? Demanda t'il. Comment êtes vous entrée dans mon rêve ?
Ajilu le considéra d'un œil approbateur, il aimait entendre cette question, qui prouvait que Loz avait parfaitement conscience d'être dans un rêve et l'acceptait sans peine, cela présageait bien de leur avenir commun.
- Mon nom est Lucrezia Crescent, même si je n'ai probablement pas le droit de me qualifier du nom de mère, je suis celle qui a permis votre naissance, à tes frères et toi. Répondit la femme avec effort, en baissant les yeux comme si elle redoutait sa réaction.
Loz sentait qu'elle avait peur, sans doute d'être rejetée, mais aussi qu'elle était heureuse d'avoir pu lui parler et lui dire enfin la vérité.
Il prit soudain conscience du fait qu'il était nu, et en fut honteux, si cela ne lui avait semblé en rien gênant en présence d'Ajilu, il en allait tout autrement face à celle à qui il devait d'être en vie.
Rougissant, il s'efforça de se cacher maladroitement.
Ajilu, comprenant les raisons de son trouble, se hâta de le couvrir d'habits et le jeune homme s'apaisa un peu, même si ses joues restaient enflammées par la honte.
- Je vous demande pardon... souffla Loz en regardant Lucrécia.
Lucrécia lui adressa un sourire doux, son regard était dépourvu du moindre reproche.
- Ce n'est pas grave Loz, je ne vais pas m'offusquer pour si peu, ne crains rien.
- Vous... vous êtes vraiment... notre mère... notre vraie mère ? Balbutia Loz troublé par l'information.
Il sentait à nouveau un trop grand flot de questions se presser en lui, l'angoissant et lui faisant redouter de ne parvenir à s'exprimer. Déjà il avait commencé à bafouiller, Lucrécia allait le trouver stupide elle aussi, elle allait regretter qu'il soit son fils...
Cette pensée lui serra le cœur. Elle était si belle, elle semblait gentille, mais quelle femme voudrait d'un idiot tel que lui pour fils ? Kadaj lui même ne tolérait sa présence que parce qu'il lui trouvait une utilité en raison de sa force, parce qu'il l'avait protégé pendant des années. S'il ne l'avait pas fait, Kadaj l'aurait sans doute considéré comme il avait considéré Yazoo et traité de la même façon.
Il vit le regard de Lucrécia se faire plus triste encore. Elle frissonna longuement, comme si elle percevait ses pensées, ou tout du moins, ses sentiments... se pourrait il que cela soit vraiment le cas ? Qu'elle soit un peu comme lui ?
- Non, je ne suis pas comme toi, je ne perçois pas les sentiments des gens, mais je peux entendre certaines de tes pensées... une capacité dont j'ai hérité lors de ma contamination par les cellules de Jenova. Affirma Lucrécia. Si les pensées sont assez puissantes, je parviens à les capter et à les comprendre.
Loz ne savait trop que dire, il était surpris et un peu inquiet de cette rencontre imprévue. Si le dragon confirmait les affirmations de la femme, il n'avait pas à les remettre en doute, mais il ne comprenait pas pourquoi c'était lui qu'elle venait voir.
- Pourquoi moi ?
- Pourquoi pas ? Répondit Lucrécia avec douceur.
- Euh, mes frères sont plus importants, non ? Se risqua à répliquer Loz.
- Je ne vois pas pourquoi je préférerai l'un d'entre vous. Affirma Lucrécia. Vous êtes tous mes fils. Je suis venu à toi parce que tu étais accessible et que j'en ai eu le courage. Un courage qui m'a fait défaut trop longtemps, je dois bien l'admettre.
Elle ne parvenait pas à déterminer si elle était déçue ou soulagée, lorsque Loz lui avait demandé pourquoi elle avait choisi de le visiter lui au lieu d'un autre des fils qu'elle avait eu, elle avait cru qu'il le faisait parce qu'il se doutait de quelque chose, qu'il l'avait percée à jour.
Elle était un peu triste de voir qu'il se sentait inférieur à ses frères.
- Pourquoi dis tu que tes frères sont plus importants que toi ? Demanda t'elle.
Loz la fixa d'un air presque ahuri.
- Et bien, Yazoo est notre aîné et le plus courageux d'entre nous, Kadaj est le plus intelligent.
Il entendit Ajilu soupirer et en tournant la tête il le vit secouer la tête avec agacement.
- J'ai l'impression que ton dragon ne partage pas cet avis, si nous écoutions ce qu'il a à dire à ce sujet ? Commenta Lucrécia.
- Je dirai que je ne suis pas du tout de cet avis en effet, tu n'es ni moins courageux, ni moins intelligent. Affirma Ajilu.
Loz rougit à nouveau et se passa la main dans les cheveux. Il n'était pas certain que le dragon soit vraiment objectif, Kadaj était indéniablement le plus intelligent et jamais il n'aurait eu le courage dont avait fait preuve Yazoo face à ce qu'on lui imposait de subir. Il n'aurait pas accepté de devenir un prostitué pour protéger Kadaj si ce dernier s'était montré aussi ingrat et peu aimant envers lui comme l'avait fait Yazoo. Il préféra cependant ne pas argumenter pour ne pas blesser ceux qui étaient avec lui.
- Cela ne m'explique toujours pas pourquoi vous êtes vraiment venue, j'ai le sentiment que vous ne m'avez pas tout dit. Se risqua t'il à dire.
Ce n'était probablement pas le meilleur sujet à aborder, mais il avait l'impression que c'était ce dont ils devaient parler. Que cette femme qui lui avait donné le jour en avait besoin et qu'il en tirerait lui aussi un bénéfice.
- Vous devriez tout lui dire. Dit doucement Ajilu à l'intention de Lucrécia.
Cette dernière hocha la tête avec effort et fit face à celui de ses fils qu'elle avait rejoint.
Une fois de plus, elle détailla son visage, se demandant de qui il pouvait bien tenir ces traits indéniablement virils et comment il allait prendre ce qu'elle avait à lui dire.
Elle redoutait plus que tout qu'il ne la rejette au final. Après tout, elle n'avait porté aucun des quatre fils qu'elle avait fait naître grâce à la générosité de Vincent, pratiquement en le volant, en abusant de sa confiance et en utilisant ce qu'il lui avait confié.
- Il y a très longtemps, votre père, Vincent Valentine, qui redoutait de disparaître sans descendance, m'a confié son précieux matériel génétique, en me demandant de bien vouloir l'offrir à une femme qui serait comme lui désireuse d'engendrer mais ne trouverait personne pour répondre à ce besoin. À cette époque, j'ai accepté de lui rendre ce service, j'étais touchée par cette demande et par le fait qu'au lieu de trouver une femme qui accepterait de porter ses enfants, il préférait s'en remettre au destin et à moi. Quelques années plus tard, alors qu'il avait péri de la main de celui avec qui je m'étais liée, avec qui j'avais conçu des enfants, enfants qui m'avaient été arrachés, j'ai eu la faiblesse de me servir de ce qu'il m'avait remis pour vous faire naître. Je savais que vous porter moi même était trop risqué, pour vous, comme pour moi, en raison de la contamination. Je ne voulais pas que vous soyez affectés par les cellules de Jenova. Je n'avais pas prévu que cette contamination m'atteignait aussi profondément et que vous seriez malgré tout touchés. Après la première naissance, j'ai compris ce qu'il en était, la suivante, la tienne, a confirmé la chose. À l'époque, je me sentais déjà perdre pied, la culpabilité a achevé de précipiter ma chute, j'ai préféré faire en sorte de ne pas devenir une une nuisance pour Gaïa.
- Mais... si après ma naissance, vous saviez ce qu'il en était, pourquoi avoir fait naître Kadaj ?
- Par faiblesse. Il était déjà conçu, j'ai laissé à mes complices le soin de décider à ma place, elles ont tenu à mener le projet à terme après que je me sois retirée.
Lucrécia baissa les yeux, consciente que c'était justement la naissance de Kadaj qui avait scellé le destin de la fratrie. S'il n'était pas venu au monde, il était probable que ni Loz, ni Yazoo, n'auraient fini dans un laboratoire. S'il n'était pas venu au monde, il n'aurait pas peiné ses frères, ne les auraient pas entraînés à sa suite au service de Jenova.
Elle se reprocha ces pensées, qui ne l'absolvaient nullement de ses fautes, et qui accablaient injustement le plus jeune de ses enfants. Kadaj avait des torts, il était dangereux, mais il n'était pas plus coupable que ses frères d'être venu au monde et d'être ce qu'il était.
Loz écoutait attentivement, non seulement ce que disait Lucrécia, mais également ce qu'elle ne faisait que ressentir. Il n'avait pas manqué la tendresse dans sa voix lorsqu'elle avait mentionné le nom de l'homme à qui elle devait de les avoir engendré, mais aussi la note de remords et de honte. Elle était sincère, lorsqu'elle avait décidé d'utiliser ce qu'il lui avait confié, elle ne l'avait pas fait par calcul, simplement parce qu'à cette époque elle était une femme profondément malheureuse, qui avait l'impression d'avoir fait les mauvais choix et d'être en train de tout perdre, si cela n'était pas déjà fait. Elle avait perdu ses illusions, son avenir, l'enfant qu'elle avait mis au monde et qu'on lui avait arraché, l'homme qui l'aimait et qu'elle avait repoussé. Elle savait qu'aucun retour en arrière n'était possible, alors elle avait tenté d'aller de l'avant, à sa manière, d'offrir à celui qu'elle avait conduit à sa perte ce dont il rêvait et dont elle rêvait également : des enfants.
oOo
Dans la chambre, loin de se douter de ce qui était en train de se jouer, Elena s'arrêta tout près du lit, considérant le dormeur avec un peu de fascination.
Loz reposait sur le dos, dénudé jusqu'à la taille, le drap dévoilait son torse puissant. Il avait un bras le long du corps et l'autre replié au dessus de la tête. Sa poitrine se soulevait avec régularité, signe d'un profond sommeil.
Elena se détendit tout à fait, s'il simulait, ce dont elle doutait fortement, alors il était vraiment très fort, jamais elle n'avait vu spectacle plus convaincant, ni plus troublant en vérité.
Même si elle avait eu quelques aventures, elle n'était pas si prude que certains s'obstinaient à le croire, elle se devait de reconnaître que ses partenaires d'alors n'avaient ni la présence, ni la carrure de Loz. Ils en étaient même très loin.
Elle se mordilla les lèvres.
La présence de Loz... elle en avait terriblement conscience. Même ainsi endormi, il restait impressionnant de force. Tout son être semblait avoir été ciselé pour le combat.
Ajilu, qui gardait un œil sur elle, réprima une moue, il n'était pas certain d'apprécier que la blonde fantasme presque sur Loz. Celui sur qui il veillait méritait mieux qu'une femme capable de lui tirer dessus alors qu'il était pratiquement nu, blessé et vulnérable, qu'il ne montrait aucun désir de lutter.
Il n'irait pas à l'encontre de la volonté du jeune homme, mais il espérait vraiment que le choix de Loz se porterait sur quelqu'un de plus méritant.
Elena laissa courir son regard sur la forme étendue devant elle. Elle avait déjà vu Loz dénudé dans l'église, puis dans la chambre de Yazoo et dans le couloir, mais à l'époque, la tension qui l'habitait ne lui avait pas permis de l'observer en détail, elle ne voyait que sa force et la menace qu'il représentait.
À présent que la situation était indéniablement moins périlleuse, elle pouvait se permettre une observation plus poussée de cet homme.
Elle se sentit rougir.
Elle avait beau ne pas être tout à fait une oie blanche, elle devait tout de même admettre qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de détailler un si beau spécimen de la gent masculine.
Elle s'obligea à éviter le buste dans un premier temps, pour considérer le visage, mais ce fut la main qui se trouvait placée juste au dessus qui attira son regard.
Frôlant les mèches argentées, les doigts légèrement repliés, tournée vers le ciel, elle était à l'image de celui à qui elle appartenait, puissante, solide. Les doigts étaient longs, épais sans être noueux, les ongles rectangulaires, un peu usés, comme si Loz s'en était servi pour gratter quelque chose de dur.
Elena laissa son regard suivre le bras musclé, remarquant au passage les traces de liens et de piqûres, ce qu'elle avait raté lorsqu'elle s'était aventuré dans l'église. Elle avait certes vu qu'il était blessé aux pieds, mais elle n'avait pas réalisé que ce n'était pas là les seules meurtrissures du jeune homme.
Malgré ses efforts pour s'en défendre, elle sentit un peu de honte l'envahir. Elle s'en irrita immédiatement, elle n'avait aucune raison de ressentir de la honte, elle n'avait fait que son devoir, elle était seule dans cette église, face à une menace potentielle, elle se devait de se protéger, son tir était justifié.
Elle repoussa avec agacement la petite voix désagréable qui lui soufflait que Tseng lui même n'avait pas apprécié qu'elle blesse l'argenté, bien qu'il ne lui ait pas fait de reproches ouvertement. Il avait pris la peine de soigner la plaie, alors qu'il aurait du être le premier à s'en réjouir et à se montrer sans pitié.
Comment avait il pu tirer un trait sur ce que ces suppôts de Jenova leur avait fait ? Comment avait il pu passer sur le fait d'avoir été battu et pire encore ?
Elena ne parvenait toujours pas à comprendre.
Même si Tseng avait de l'intérêt pour Yazoo, ce qu'elle ne parvenait pas plus à comprendre, et encore moins à accepter, cela n'aurait pas du englober Loz... alors, pourquoi ?
Peut être que si elle passait du temps avec l'argenté dont elle avait la garde, et qu'elle réussissait à le tirer du sommeil et à le faire parler, elle parviendrait à comprendre.
Avant de faire quoi que ce soit, elle vérifia l'arme dissuasive dont elle avait pris soin de se munir. Ce petit pistolet tirait des projectiles anesthésiants, cela suffirait à la protéger.
Elle espérait cependant ne pas avoir besoin d'aller jusqu'à s'en servir.
Non... en vérité, elle n'avait pas envie de s'en servir. Elle voulait s'en sortir autrement cette fois. Prendre une voie que ni son père, ni sa sœur aînée n'auraient envisagé. Elle s'était trop longtemps efforcée de marcher sur leurs traces, sans que cela lui réussisse, sans que cela lui apporte la moindre satisfaction, ni même de reconnaissance.
Prenant une profonde inspiration, elle la rangea à nouveau dans sa poche.
À suivre
