« Avant de commencer une partie, mettez-vous d'accord sur trois points :

Les règles, les enjeux et le moment de s'arrêter »

Proverbe chinois


Tu glisses tes doigts par ma chemise entrouverte,

Et pose sur ma peau,

La paume de ta main,

Et les yeux mi-clos nous restons,

Sans dire un mot,

Sans faire un geste,

Après l'amour,

Quand nos corps se détendent,

Après l'amour,

Quand nos souffles sont courts,

Nous restons étendus,

Toi et moi,

Presque nus,

Heureux, sans rien dire,

Eclairés d'un même sourire,

Après l'amour,

Nous ne formons qu'un être,

Après l'amour,

Quand nos membres sont lourds,

Au sein des draps froissés,

Nous restons enlacés,

Après l'amour,

Au creux du jour,

Après l'amour : Charles Aznavour


Chapitre 44 : En route pour la Normandie (le 20 mars)

Hélène ne m'avait rien dit lorsque nous avion regagné notre chambre. Je ne savais pas si elle avait compris mon message ou pas. Mais elle était mieux disposée à mon égard et le trajet en train se passa le mieux du monde.

Nous avions un compartiment pour nous trois seulement. Je leur fis un petit compte rendu sur la France, patrie de mes ancêtres puisque ma grand-mère maternelle était française et sœur du peintre Vernet.

Elle avait toujours préféré s'adresser à moi dans la langue de Molière. J'en profitai aussi pour faire réviser à Hélène son français et je constatai avec plaisir qu'elle se débrouillait bien. À part l'accent…Trop anglais encore ! Je n'avais presque pas d'accent anglais quand je parlais français, mais il restait quand même une légère trace.

La campagne normande défilait sous nos yeux avec tout ces villages et leurs maisons à colombages.

Soudain, Watson me demanda :

- Au fait, votre ami Andrew, il est vraiment inverti ou pas ?

- Pourquoi cette question ? Vous avez envie de le draguer ? (Il me fit un regard noir). Oh tout doux Watson ! Ne me fusillez pas du regard ! Je plaisantais…

Il hocha la tête et sourit quand même.

- Mais non je ne veux pas le draguer ! Rassurez-vous, je marche du bon côté… Mais comprenez mon étonnement, la première fois, au Cosmopolitain, il nous la joue « fofolle » et hier il est « normal ». Alors ? Il aime ou il n'aime pas les femmes ?

- Détrompez-vous ! Il adore les femmes et elles le lui rendent bien !

- …

- Il aime les femmes mais il ne couche pas avec elles ! Satisfait Watson ? Et la première fois, il a eu envie de vous faire son spectacle, tout simplement. Il le fait rarement et je vous serais gré de ne pas ébruiter l'affaire : il risque la prison ! Pour la loi, c'est un crime !

- Un crime ? fit Hélène. Alors j'ai été témoin d'un crime moi !

- Quoi ? fit Watson. Vous les avez vu…

- Juste s'embrasser dans la cuisine John ! J'y allais pour voir pourquoi ils mettaient autant de temps à revenir avec le café… Ils s'embrassaient, c'est beau l'amour ! (Watson et moi fîmes la grimace en imaginant deux hommes s'embrasser). Je leur ai dit de ne pas s'interrompre pour moi, j'ai pris le café et je suis repartie. Voilà tout !

- Je ne savais pas qu'il vivait avec quelqu'un, je ne suis pas au courant de sa vie privée. Avec Hélène, on saura tout !

- Moi j'ai rencontré son compagnon puisque je suis restée chez lui toute une soirée et que j'y ai même passé la nuit. Il est charmant ! Nous avons discuté à battons rompus toute la soirée et quand Georges est venu nous chercher – Meredith et moi – nous n'avions pas envie de partir. Alors nous sommes restés avec eux. Cela fait quatre ans qu'ils sont ensemble.

- Nous saurons tout ! fis-je.

- Le fameux cardinal du Vatican cherchait aussi Meredith et il avait fait la route avec Georges. Mais Meredith lui a dit que les amies passaient avant le travail, alors il s'est assis avec nous et nous avons discuté jusque tard dans la nuit ! Je l'ai bien mouché lui !

- Comment tu as pu moucher un cardinal du Vatican toi ?

- Le débat sur l'origine de sa religion fut houleux ! Je ne lui ai laissé aucun répit à cet homme ! Je lui ai balancé tous les mensonges, les tromperies… Quand il est repartit, il m'a serré la main chaleureusement et m'a dit que s'il restait une heure de plus, j'allais le faire douter de sa foi ! Si je vais à Rome, il me fait visiter ! Mais il ne veut plus parler de religion avec moi ! On s'est amusé comme des fous quand même !

- Voilà John ! fis-je. Vous savez tout ! Elle se permet même de faire vaciller la foi d'un homme d'église !

- Un cardinal qui va voir votre amie ! Et pas pour prendre le thé !

- Watson, la vie des hommes d'église ne me regarde pas ! Meredith est majeure !

- Il se permettait en plus de juger Andrew ! fit Hélène. Je ne me suis pas gênée pour lui voler dans les plumes ! Il pouvait bien dire lui ! Il voit la paille dans l'œil du voisin et pas la poutre dans le sien ? Avant de juger les autres, il faut être sans tache !

Watson encaissa la petite pique qui lui était un peu destinée en plus du cardinal.

Hélène reprenait du poil de la bête lorsqu'elle était en société et que son esprit était occupé ailleurs qu'à ses sombres pensées. Tant mieux !

- Que lui as-tu répondu exactement ?

- Je lui ai cité les Evangiles : « Aimez-vous les uns les autres », a dit le Christ ; mais il n'a pas interdit les préférences ! Il en a eu la mâchoire qui s'est décrochée ! Et nous avons commencé le débat ! J'ai gagné !

Watson et moi ne pûmes pas nous empêcher de rire ! Le cardinal Tosca avait dû la trouver saumâtre ! Mais elle avait sûrement des arguments convaincants pour le faire douter de sa foi qui était quand même grande, même si la chasteté n'était pas toujours respectée chez lui !

Le voyage était long et puisque nous étions en première classe, on nous servi du thé, du café et quelques douceurs. Hélène sirotait sont thé. Ce fut à ce moment là qu'une réflexion de Meredith me revint à l'esprit. Trouver des « petits noms » :

- Au fait ma chérie, nous n'avons pas encore réfléchit à …

Ma phrase fut interrompue par Hélène qui recracha presque son thé ! Watson me regarda avec de grands yeux ébahis.

- Mais… William ! fit-elle. Qu'est-ce qui vous prend ?

- Vous voyez mon cher John ! fis-je avec emphase. Voilà l'illustration parfaite de la femme : six mois de fréquentation, six mois de fiançailles, six mois de mariage… et quand je lui dis « chérie », elle en avale son thé de travers ! Vous comprenez pourquoi je suis anti-mariage maintenant ?

Je les fis sourire tous les deux avec ma petite tirade. Au moins Watson avait perdu son comportement belliqueux ! Pourvu que ça dure…

- Je peux comprendre, fit-il, qu'elle en ait avalé son thé de travers ! Si j'avais eu un quelconque liquide en bouche, je l'aurais avalé de travers aussi ! Holm… monsieur, vous nous avez surpris avec votre petit mot doux !

- J'ai repensé à ce que Meredith m'avait dit : ne pas oublier de glisser de temps en temps des petits noms gentils… Tel que « chérie, ma puce, mon amour, mon aimée »… Mais vous voyez, je n'existe déjà plus pour elle ! La lune de miel est finie mon cher John…

- Bravo William ! me dit Hélène en rigolant elle aussi. Tu as parfaitement raison « chéri » ! Puis-je t'appeler « poussin » ?

- Pas si tu veux que je te réponde !

- Mais enfin ! Amélia et Meredith le font sans arrêt et tu leur réponds !

- Elles seules ont plus ou moins le droit de garder cette appellation… et cela m'exaspère quand elles m'appellent ainsi ! J'ai vingt-neuf ans tout de même ! Je pense qu'elles le font exprès…Des idées de petits noms mon cher John ? C'est votre département tout compte fait !

- Mon lapin ? fit-il en riant.

- Oubliez les noms d'animaux ! lui répondis-je en grimaçant. De grâce John !

- N'oubliez pas John que mon mari a un orgueil démesuré (Elle planta son regard dans le mien et heureusement que Watson ne vit pas son petit sourire). Je me contenterai de l'appeler « mon chéri » de temps en temps, si j'y pense…

- C'est une excellente leçon, cher ami ! Si elle y pense… elle me dira « mon chéri ». Je vous parie ma chemise qu'un autre homme occupe déjà ses pensées !

- Au moins monsieur, me dit Watson avec malice, vous ne pourrez jamais accuser votre secrétaire particulier !

- Pas dit mon cher John ! Les plus belles histoires d'amour commence parfois par des noms d'oiseaux…Je vais me méfier et mieux surveiller ma femme…Mais si je retrouve l'un de vous deux avec un poignard planté dans le dos, je n'aurai pas à chercher loin le coupable…

- Surtout lorsque l'on sait que les poignards sont des armes de femmes…Cherchez la femme ! Madame sera coupable de ma mort !

- Oh là messieurs ! fit Hélène choquée. Vous oubliez le poison… Plus propre que le poignard qui risque de faire des tâches sur le tapis ! On voit bien que ce n'est pas vous qui devrez laver le tapis… Restons pragmatique ! Un meurtre oui, mais tout en propreté !

- Le poignard est l'arme des femmes ! lui rétorqua Watson. Vous êtes championne pour le planter dans le dos !

- John, si je dois vous poignarder un jour, je vous promets de vous regarder dans le blanc des yeux ! Je viendrai de face ! Pas en traître dans votre dos !

- Il me semble madame, fit Watson en souriant, que vous allez un peu mieux !

- Chut, la migraine pourrait revenir si elle vous entend… Je vais attendre demain avant de me prononcer sur sa disparition définitive…

Le reste du voyage fut bon enfant. Watson avait l'air calmé, mais je restais méfiant.

Après le train, un fiacre nous conduit à l'auberge « Napoléon ». Trois anglais dans une auberge à la gloire de Bonaparte ! Au regard de la gifle qu'on lui avait donné à Waterloo… Mon client avait de l'humour ! Cela fit rire Hélène.

- Le palefrenier de ma mère avait son père qui avait servi sous Napoléon. Il me racontait les grandes batailles avec grandiloquence et moi, toute gamine, je l'écoutais avec passion. Toutes les grandes victoires ! Mais il me parlait peu de Waterloo…

Le bâtiment de l'auberge était imposant, et pas de colombages ici, mais de la pierre un peu jaune. Pas de chaume sur le toit non plus. C'était assez rare dans la région.

Vu l'heure tardive, nous prîmes un rapide souper et montâmes nous coucher. Notre chambre était située au troisième étage, sur le devant. Elle était spacieuse, confortable, pourvue d'un balcon assez important. Elle était la seule à en avoir un. C'était dû au fait d'une extension de la réserve. Le patron en avait profité pour installer une terrasse balcon.

Il y avait un poêle à charbon pour tenir des objets au chaud et un feu ouvert. La chambre se composait de deux pièces. La plus grande était constituée d'une table pour quatre, de quatre fauteuils – dont deux devant le feu ouvert et les deux autres devant le poêle – d'un grand sofa devant le feu aussi, d'un secrétaire et du lit. La deuxième pièce était la salle d'eau avec lavabo, baignoire, eau chaude courante et même une douche simple mais fonctionnelle.

Les lampes étaient au gaz. Mais il y avait un stock de bougies !

Hélène me signala qu'elle allait prendre un bain pour se détendre.

Un bain ? C'était le bon moment pour aller la retrouver… Moi aussi j'avais besoin de détente… Je lui laissai le temps de remplir la baignoire et de se plonger dedans.

Je frappai à la porte et lui criais :

- Permission d'entrer dans la salle de bain ?

- Permission accordée bien entendu ! (Je poussai la porte et la découvrit plongée dans le bain) Je ne vois pas pourquoi je te l'interdirais… Mais ne te plains pas si tu vois des choses que tu ne veux pas voir !

Je me tenais derrière son dos, en robe de chambre. Somptueuse ma nouvelle robe de chambre d'ailleurs !

- Dis-moi, c'est Meredith qui a choisit ma robe de chambre ?

- On l'a choisie à deux… Pourquoi, elle ne convient pas ?

- Juste un souci… Regarde (je retirai la robe de chambre).

- Mais tu es nu sous ta robe de chambre ? me dit-elle avec un petit sourire.

- Oui ! Totalement nu ! Permission d'entrer dans le bain ?

- Permission accordée !

- Où préfères-tu que je me mette…Certains endroits sont plus dangereux que d'autre…

- J'aime vivre dangereusement… Et mes épaules sont douloureuses…

Je sautai délicatement dans le bain et pris position derrière elle pour lui masser les épaules. Elle se détendit sous mes mains et moi, je me tendis…

- Serait-ce un appel du pied de mon époux…

- Ce n'est pas vraiment mon pied… Mais oui, c'est une proposition, indécente certes, mais si tu es toujours bien disposée à mon égard, je te propose un petit jeu…

Mes bras lui enlacèrent la taille et je la fis frissonner en l'embrassant dans le cou.

- Tu as raison, lui fis-je au creux de l'oreille, j'en crevais d'envie…

- Je le savais, me répondit-elle grivoise. Vu le comportement de certaines parties de ton corps au Cosmopolitain et dans ton lit à Baker Street…

- J'avoue que ces derniers temps, mon corps n'en fait qu'à sa tête…

Quand nous eûmes fini nos ébats aquatiques et fort ardent, (oui, cela m'avait manqué plus que je ne voulais bien me l'avouer !) nous nous séchâmes et puis j'allai m'asseoir dans un des fauteuils devant la cheminée. Hélène vint s'installer sur la peau de mouton par terre, entre mes jambes. Elle avait apporté deux verres de cognac et nous les dégustions à notre aise.

- Pourquoi as-tu reparlé de ma fausse migraine à Watson ce matin ?

- Il avait remarqué que tu n'étais pas en forme, que tu avais à peine bu du thé, fait l'impasse sur le café et il avait senti une sorte de tension entre nous… Il m'a demandé où avaient disparu notre petite complicité et nos commentaires grivois… Tu l'avais payé combien pour qu'il me tienne ce genre de discours ?

- Rien du tout ! me dit-elle en riant. Mais je constate que j'avais raison…C'est pour cela que tu es venu me rejoindre dans le bain ? Pour faire taire les soupçons de Watson ?

- Oui ! Je dois payer de ma personne et faire des sacrifices…

- Mon pauvre mari ! Es-tu sûre que c'est la bonne réponse ?

- Non. La réponse est : parce que j'en avais envie… j'ai essayé de résister…en vain…

- Sherlock, sache que personne ne me résiste ! Au moins, j'aurai moins froid cette nuit !

- Et dans un mois, quand je ne serai plus là pour chauffer tes draps ? Tu feras quoi ?

- Nous serons en avril, vers la fin sans doute. Les beaux jours reviennent…

- Merci ! Et on s'étonne que je me méfie des femmes… Quel enseignement tu m'as donné aujourd'hui ! Enfin, maintenant tu as retrouvé la place qui t'es due : à mes pieds comme le chien… (Cela la fit rire)

- Tu étais sérieux lorsque tu m'as dit que Watson t'avait demandé où était passée notre complicité ou c'était une boutade ?

- Véridique ! Attends, je te raconte toute la conversation…

Je lui racontai tout ce que Watson m'avait dit ce matin au petit déjeuner. Hélène en fut estomaquée.

- Il faudra un jour que je demande à ton ami ce qui lui prend parfois… Il ne sait pas ce qu'il veut ! Si tu dors sur les draps à Londres, il te passe un savon et en France, si tu dors sur le canapé, il t'engueule parce que tu n'as pas dormi sous mes draps !

- Ne cherchons pas à comprendre ! Il s'est calmé, autant en profiter ! De plus, sa chambre est au premier…Côté jardin, très utile !

- Pourquoi ?

- Pour quitter l'auberge discrètement pardi ! Par la fenêtre de sa chambre… Nous sommes au troisième, côté route ! Pas discret les sorties nocturnes… et les retours seraient épuisants. La sienne se trouve au bout d'un couloir, personne n'occupe les autres chambres aux alentours… Nous-mêmes sommes au bout d'un couloir, pas loin de l'escalier de service… Les chambres ont été bien choisies… Nous pouvons quitter la nôtre pour aller dans la sienne discrètement…

- Bien vu, je ne savais pas où il logeait mon ami John ! Quel est le programme demain ? On loue des chevaux à l'aubergiste ?

- Oui et on sillonne la région l'air de rien. Je suis géologue, j'étudie les sols pour mon client ! Ce sera une reconnaissance mais attends toi à passer du temps sur la selle du cheval !

- Mes pauvres fesses ! Une selle amazone en plus ! Pitié !

- Attends un peu et ensuite on utilisera les selles d'Andrew.

- Il a réellement été cow-boy au Texas ?

- Oui ! Ainsi que lanceurs de couteaux dans un cirque ! Il sait tirer à la carabine ou lancer des couteaux d'un cheval au galop ! Et viser juste !

- Il m'avait parlé qu'il était excellent lanceur de couteaux. J'ai eu droit à une démonstration sur mannequin. Il aurait pu mal tourner lui aussi !

- Il a commencé sur le mauvais chemin… Meredith l'a remit sur le bon !

- Tiens au fait, en parlant d'elle… Au Cosmopolitain, elle a rit parce que Watson pensait que nous l'avions fait sur la table… j'ai cru comprendre qu'il y avait une double lecture du message… puisque vous n'avez jamais eu de relation, comment sait-elle pour… (Son regard descendit vers mon entre jambe)

- Parce que les filles, ça parle ! soupirais-je.

- Que veux-tu dire par là ?

- Les filles entre elles, ça parle… met deux filles ensemble pendant des soirées entières et à un moment donné, elles parlent de choses plus intime… voilà comment Meredith le sait…Sa meilleure amie le lui avait dit…

- J'ai comme l'impression que ma question banale a touché un point sensible… désolé, je n'avais pas pensé à cette éventualité… je pensais que seul les hommes racontaient ce genre de choses…

- Certains le font, mais chez les hommes, ça reste plus grivois, plus « m'as-tu vu » tandis que chez les femmes, c'est plus subtil, plus… je sais pas moi…romantique !

- Désolé de ne pas y avoir pensé…

- Ce n'est pas grave… les filles ça parle ! La preuve, tu parles trop !

Quand elle vit que je la taquinais elle sourit à son tour.

Pas de divan cette nuit et pas sur les draps non plus. Je me glissai aux côtés d'Hélène, lui souhaitai de passer une bonne nuit et ne tardai pas à m'endormir.