Merci à elodiedalton, Nibai, Shiro Akuma et ptite clad pour leurs reviews !

Shiro Akuma : Un chapitre spécial Raven et Arthur ? Eh bien, ce sera quand même difficile à la vue de l'avancée de l'histoire, mais je verrais si je ne peux pas en faire un bonus sur le blog de Sa Majesté ^-^

Sinon, je suis certaine que tout le monde se demande qui a pu gagner le sondage de popularité ! La réponse juste là : http: / / my. deviantart. com / messages / # / d3c1ra5

La suite arrive !


Chapitre 38

Ou

Sa Majesté dans le village oublié


- On est bientôt arrivés ?

– Duo, c'est la dixième fois que tu le demandes, et c'est donc la dixième fois que je te dirais que je ne le sais pas.

Le natté regarda le brigand avant de renifler ostensiblement.

– Mais Trowa ! Il fait bientôt nuit, et on est tous très fatigués !

– Oui, justement, on l'est tous, alors pas la peine que tu en rajoutes.

– Je n'en rajoute pas ! Je ne fais que souligner un détail qui regarde tout le monde !

Heero leva les yeux au ciel, se demandant s'il était le seul à considérer que cette conversation n'avait ni queue ni tête.

Mais personne n'écoutait réellement les deux jeunes hommes, et les kilomètres continuaient de s'enchaîner.

Là où on pouvait clairement sentir la fatigue des membres du petit groupe, c'était dans la baisse générale de l'ambiance.

Même Camilla ne trouvait plus de commentaires à faire sur les merveilles qui pouvaient les entourer.

Réléna approcha doucement de Tomas Jenkels.

– Dîtes moi, n'est-il pas temps de nous arrêter pour la nuit ? Tout le monde commence à en avoir assez.

Le vieil homme se tourna vers elle, et lui fit un clin d'œil.

– Faîtes-moi un peu confiance, je vous promets une belle surprise pour ce soir.

Hilde soupira derrière lui.

– Le problème, c'est pas la confiance, c'est votre sens de l'orientation…

Quatre, qui marchait en tête, s'exclama alors :

- Il y a un village ! Droit devant !

Le vieux prêtre eut un sourire satisfait.

– Et voilà, ce soir nous ne dormirons pas dans la tente, mais à l'auberge !

– Attendez… On va pouvoir se laver ! s'exclama Hilde pour qui une trempette dans un ruisseau n'était pas vraiment synonyme de bain.

– Et on va manger des légumes ! rajouta Réléna qui ne supportait plus la soupe aux herbes et les lapins que ramenait Trowa.

– Des lits bien chauds… déclara Duo qui, lui, trouvait que s'enrouler dans une cape ne donnait pas réellement chaud.

Les autres n'ajoutèrent rien, mais ils n'en pensaient pas moins.

– Alors, n'est-elle pas merveilleuse ma surprise ?

Mais, alors qu'ils sortaient du sentier pour entrer sur la place du village, Quatre cassa toute l'ambiance.

– Je ne suis pas sûr que ce soit vraiment une bonne idée d'être venu ici…

Et, en regardant les maisons, les voyageurs comprirent rapidement pourquoi.

Les vitres étaient toutes cassées, les portes défoncées, les meubles renversés…

Il n'y avait pas âme qui vive ici.

Ni démons, ni humains.

– Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Trowa en regardant les quelques restes de la lumière du soleil.

Rapidement, ils se retrouveraient dans le noir.

Quatre entra dans l'une des maisons, et en ressortit rapidement.

– Il y a des corps à l'intérieur, mais, de ce que je sens, il n'y a plus eu de démons ici depuis des mois.

– Donc, ils ont tout détruit et sont repartis… marmonna Réléna en regardant autours d'elle.

– Est-ce que vous croyez qu'il y ait des survivants ? demanda Duo à qui l'idée d'un village totalement vide faisait réellement peur.

Mais Heero détruisit rapidement ses espoirs.

– S'il y en a eu, ils ne doivent plus être ici depuis longtemps.

Tomas ne bougeait plus vraiment, observant les alentours avec un intérêt certain.

– Alors, nous remettons-nous en route ? demanda Trowa à qui l'idée de rester dans un village détruit ne disait trop rien.

Mais le vieil homme l'arrêta bien rapidement.

– La nuit sera trop rapidement là, nous allons devoir nous arrêter ici pour cette nuit.

– Bien, montez la tente messieurs ! lança Camilla, peu désireuse d'aller dormir dans l'une des anciennes bâtisses.

Et, au vu de l'ardeur avec laquelle les garçons montèrent la grande toile, elle se dit qu'ils devaient ressentir la même chose.

Même leur cheval ne semblait guère rassuré à l'idée de rester dans les parages.

Et, dans l'ombre des arbres, l'éternelle poursuivante de Trowa les guettait, attendant le bon moment.

Si elle perdu leur trace dans la montagne, elle ne comptait plus perdre un seul instant pour retirer la vie au brigand.


Ils marchaient à peine depuis quelques heures lorsque le chevalier s'arrêta.

Arthur, surpris que l'homme lui accorde une pause aussi vite, se pressa de le rejoindre en haut de la butte qu'il venait de gravir, et ses yeux se posèrent sur l'étrange spectacle que Raven admirait.

Une ville gigantesque se tenait à leurs pieds, ou, tout du moins, ce qu'il semblait en rester.

Les maisons semblaient toutes fermées, personne n'était visible dehors et seul un gigantesque château semblait réellement vivant.

Pourtant, Arthur était persuadé que toutes ces maisons abritaient des centaines de personnes.

– Qu'est-ce qu'on fait ? demanda-t-il, espérant secrètement que le chevalier décide de passer à côté de cet endroit.

Le jeune apprenti prêtre sentait clairement une énergie des plus malsaines s'élever au dessus de cet endroit, et même si aucun démon n'était visible, il savait qu'il y en avait.

Raven se grata la joue un instant, passant ses doigts sur les fines griffures que la démone avait pu lui faire.

Il faisait ce geste depuis un moment, et Arthur se demandait si cette blessure le gênait.

Le chevalier finit par répondre.

– On a pas trop le choix. On va y passer pour prendre de quoi manger.

Arthur haussa les sourcils, surprit par ce genre d'excuse.

Généralement, Raven préférait largement chasser lui-même ce qu'ils pouvaient manger par la suite.

Mais, comme il se remettait en route, Arthur se contenta de lui emboiter le pas.

Ils atteignirent très rapidement les portes grandes ouvertes de la ville, et Arthur se rapprocha immédiatement du chevalier, sentant un peu plus cette aura négative qui semblait entourer chaque chose.

Raven le regarda un instant, ne comprenant sans doute pas une telle réaction, et il se contenta de sourire.

– T'en fais pas, reste prêt de moi et ça ira.

Et il reprit sa marche, entrant dans cette ville hantée.

Arthur se dit alors que quelque chose n'allait pas avec Raven.

Face à la réaction d'Arthur, le chevalier aurait pu avoir diverses réactions, se moquer de lui, lui passer la main dans les cheveux, comme il le faisait depuis quelques temps, lui prendre la main pour le faire avancer à ses côtés, ou faire demi-tour, tout simplement.

Mais partir seul devant en le laissant en arrière, cela ne faisait pas parti des habitudes de Raven.

Et c'est presque terrorisé qu'Arthur rejoignit Raven, et qu'ils s'avancèrent dans cet endroit maudit.

En regardant autours de lui, Arthur vit quelques rideaux bouger, et des ruelles qui semblaient emplies de corps qui restaient au sol.

Il n'y avait pas âme qui vive dans la rue principale.

En passant au croisement de l'une de ces petites rues, il entendit quelqu'un l'appeler en chuchotant.

En se retournant, il vit un homme qui devait avoir dans les trente ans.

Ce dernier lui faisait signe de venir, mais, en se retournant, Arthur vit que Raven avait également vu cet homme.

Le chevalier le regarda un instant avant de reprendre sa route, droit devant lui.

Arthur regarda à nouveau dans la ruelle, mais l'inconnu avait déjà disparu.

Effrayé, il couru pour se remettre au niveau du chevalier, et il comprit alors où ce dernier se rendait.

Directement au château qui se dressait devant eux.

Mais Raven ne semblait pas réellement inquiet à l'idée d'y aller, juste un peu ennuyé.

C'était, en tout cas, ce que comprenait Arthur en le voyant continuer à gratter cette joue.

Et, avec l'impression que tout irait de travers beaucoup trop rapidement, le jeune homme continua à avancer, s'enfonçant un peu plus dans le marasme négatif qu'était cette énergie.


Les flammes de leur feu de camp montaient haut, éclairant un peu les ténèbres qui les entouraient.

Les membres du petit groupe se tenaient le plus proche possible les uns les autres, mangeant en guettant le moindre mouvement qu'il pouvait y avoir autours d'eux.

Camilla ne semblait pas des plus inquiète, de même que Trowa, mais aux yeux de Duo, ces deux là n'étaient pas normaux.

Non, ce qui était nettement plus logique, c'était la main d'Heero qui restait proche de son épée, Réléna qui se retournait dès qu'il y avait un bruit derrière elle, Hilde, qui se tenait le plus repliée possible sur elle-même ou Quatre, qui mangeait, les yeux perdus dans les ténèbres devant lui.

Et, le plus anormal de tous, c'était Tomas Jenkels, qui s'était tout simplement endormi devant son assiette.

Duo lui-même ne se sentait pas très bien en ces lieux.

Au moindre bruit, il sursautait, s'attendant à voir apparaître un monstre droit devant lui.

Il craignait réellement toute nouvelle rencontre avec un démon, n'ayant pas vraiment apprécié la dernière.

Mais Quatre leur avait assuré que, si un monstre approchait, il le sentirait immédiatement.

Réléna avait émit quelques réserves quand à sa propre capacité à les sentir venir.

Duo ne savait pas si c'était Quatre qui était trop sûr de lui, ou Réléna qui ne l'était pas assez.

Et, ce qui était probablement le plus effrayant, c'était le fait que les filles n'arrivaient pas à se détendre assez pour parler et rire comme elles le faisaient habituellement.

Cet endroit leur retirait tout courage, les laissant perdu comme des enfants dans les ténèbres de la nuit.

Camilla reposa son assiette au sol, faisant sursauter tout le monde.

– Nous ferions mieux d'aller nous coucher rapidement. Vous vous sentirez sans doute bien mieux dans la tente !

Elle se releva, et Hilde, presque libérée d'un poids, reposa son assiette pour la rejoindre rapidement dans la tente.

Il serait toujours plus rassurant de se retrouver à l'abris de ces tentures.

Réléna rangea un peu leurs couverts, et Duo décida de rejoindre les deux femmes dans la tente.

Quatre ne dit pas un mot, mais alla également se coucher.

Alors que Réléna les rejoignait, Heero demanda calmement au brigand :

- Tu ne vas pas te coucher toi ?

Trowa secoua la tête.

– Je vais rester ici, veiller à ce que rien ne nous attaque cette nuit. Et puis…

En regardant le vieillard endormi, il ajouta :

- Ce ne serait pas correct de le laisser seul dehors.

Heero hocha la tête et se releva.

– Réveille-moi quand tu voudras être remplacé.

Trowa acquiesça, mais en regardant Heero aller se coucher, il se dit qu'il n'irait sans doute pas le réveiller.

Il reporta ses yeux sur les flammes qui dansaient devant lui, et il ne fut pas surpris d'entendre Monsieur Jenkels commencer à lui parler.

– Alors mon garçon, combien de temps allez vous encore rester parmi nous ?

Trowa se pencha en avant, ses mains se liant et se déliant, il était mal à l'aise.

– Je ne le sais pas trop…

- Votre dette envers Sa Majesté est payée depuis longtemps. Tout comme celle que vous aviez envers Quatre. Vous les avez même sauvé plusieurs fois. Alors, que fait-on maintenant ?

Trowa releva les yeux vers lui, et répondit calmement.

– Je n'y ai pas encore vraiment pensé. Je suppose que je vais rester encore un peu avec vous. Je partirais quand j'en aurais assez de tout ça.

Le vieil homme hocha la tête, semblant satisfait d'une telle réponse.

Le brigand n'était pas une force négligeable dans leur groupe, et il aurait été dérangeant de le voir les quitter aussi vite.

Tomas se releva, et annonça au jeune homme :

- Je vais rejoindre les autres pour dormir un peu. S'il y a le moindre problème, essayez de ne réveiller que ceux qui pourront vous aider.

Sous-entendant ainsi qu'il comptait bien dormir toute la nuit sans avoir à attraper ses armes à une heure avancée, il rejoignit la tente et disparut rapidement à l'intérieur.

Trowa reposa ses yeux sur les flammes, réfléchissant à ce qu'il se devait de faire.

Et, à vrai dire, il songeait sérieusement à rester avec eux.

Il n'avait plus vraiment d'endroit où aller, et il commençait à sérieusement apprécier être avec ce petit groupe.

Il ne faisait rien de mal en restant à leurs côtés.

Un bruit de pas retentit dans l'ombre, juste derrière lui, et il reconnu immédiatement la façon de marcher de cette fille qui tentait de le tuer depuis des mois.

– Tu ne t'arrêteras jamais, Meï ?

Les pas s'arrêtèrent, et il l'entendit braquer directement son arme vers lui.

– Uniquement si tu reviens avec moi.

Trowa se releva doucement, et se tourna vers la jeune fille qui continuait de le regarder froidement.

Ennuyé, il se passa la main dans les cheveux.

– Tu ne te lasseras donc jamais ? Je pensais pourtant que la montagne t'aurais suffisamment dégoûtée pour que tu arrêtes de me suivre…

La prise de la jeune fille sur son arbalète se fit plus serrée.

Elle n'avouerait jamais qu'elle avait eu bien trop froid, qu'elle s'était perdue, et qu'elle avait faillit mourir dans cette montagne.

Pas devant lui en tout cas.

– Ne prend pas ce sujet autant à la légère Trowa ! Je suis venue te tuer cette fois !

Le jeune homme ne sembla pas réellement impressionné.

– C'est pas ce que tu as dis la dernière fois qu'on s'est vu ?

Elle serra les dents, avant d'exploser.

– Tu as toujours été tellement chiant !

Et, alors qu'elle tirait, il se jeta sur le côté, évitant la flèche sans grand problème.

– Tu sais que tu as déjà blessé un innocent avec tes bêtises ?

– C'est de ta faute si c'est arrivé ! Tu n'avais qu'à mourir avant !

Elle le visa une nouvelle fois, et il continua à éviter tranquillement, ne la prenant absolument pas au sérieux.

Elle se retrouva rapidement à cours de munitions.

– Et maintenant ? demanda-t-il, sans réellement croire qu'elle allait partir et abandonner rien que pour ça.

Elle jura, et sortit un coutelas de sa poche avant de foncer directement sur lui.

– Mais tu vas mourir oui !

Trowa se décala sur le côté et saisit immédiatement le bras armé de la jeune femme, le lui tordant jusqu'à ce qu'elle lâche son arme.

Il la repoussa en arrière, et elle tomba à genoux au sol.

Elle ne releva pas la tête et frappa le sol avec son poing.

– Merde… Mais pourquoi j'arrive jamais à te tuer toi !

Trowa ramassa le coutela, et le rangea dans sa poche.

– Parce que je n'ai pas envie de mourir.

Elle releva la tête, et lui cria presque :

- Mais les lois de la tribu sont claires ! Tu dois m'épouser ou mourir de ma main ! C'est comme ça !

– Je ne fais plus parti de la tribu, et tu le sais.

– Tu n'as pas le droit de partir de cette façon !

– Plus rien ne m'attend dans la tribu Meï. Et tu n'as plus à t'accrocher à cette coutume.

Un silence s'installa entre eux, et, au bout de quelques minutes, Trowa vit Heero sortir en trombe de la tente.

Alerté par les cris que Meï avait poussés, il avait juste mis un peu de temps à remettre son équipement.

L'assassin était déjà sur pieds, tendant un doigt accusateur vers Trowa.

– La prochaine fois que nous nous verrons, tu ne t'en sortiras pas comme ça ! Les lois se doivent d'être respectées, et je serais le bras de la justice !

Et, alors que la gamine partait en courant, Heero se plaça à côté de Trowa.

– C'est quoi ce numéro au juste ?

Trowa haussa les épaules.

– Ma fiancée. Enfin, ex…

Il ne fit pas réellement attention aux yeux grands ouverts d'Heero, et se contenta de retourner auprès du feu de camp.

Le chevalier regarda un instant la tente, hésita, mais vint, finalement, s'installer auprès du brigand, peu décidé à le laisser veiller seul toute la nuit.

Et, alors qu'ils parlaient de tout et de rien, plus proches qu'il n'était nécessaire de l'être, ils ne sentaient pas que sur eux étaient posés les yeux brillants de Sa Majesté.


A suivre…

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