J'avais le souffle coupé, tant ce baiser était inattendu. Incapable de prononcer un mot, nous nous dévisageâmes en silence. Au loin, dans le manoir, le grincement de la porte m'indiqua que Lucius et Narcissa avaient écourté leur sortie et étaient à présent rentré. Aussi brève cette parenthèse fut-elle, elle était à présent refermée. Drago soupira mais me rapprocha encore davantage de lui.

- Tout ira bien je te le promets, souffla-t-il d'une voix sourde.

J'hochais fébrilement la tête, alors qu'il s'éloignait de moi. Narcissa et Lucius firent leur entrée dans le salon et s'enquirent immédiatement de nos entrevues au Ministère. Nous tentâmes de les rassurer du mieux que nous le pouvions et Drago leur annonça la visite d'Harry Potter au moment même où des coups étaient frappés à la porte. Je vis clairement le visage de Lucius Malefoy se convulser en une expression de rage et de dégoût mêlée, mais un seul regard de Narcissa le convainquit de rien en laisser paraître devant notre hôte. Avec beaucoup de difficultés me sembla-t-il, celui-ci accéda à la requête de son épouse et tenta de modérer son aigreur.

Drago était plus nerveux que jamais quand Lettie, l'elfe de maison des Malefoy, annonça Harry Potter à l'entrée du salon avant de disparaître. Il prit une profonde inspiration, tandis que Lucius et Narcissa serraient la main du jeune homme. Harry Potter, pensai-je en réprimant l'envie de me pincer. Si l'on m'avait dit un jour que Drago et Harry Potter finiraient par coopérer, jamais je ne l'aurai cru. Et vu la tête de mon fiancé, debout à mes côtés, je jurais que lui non plus.

- Harry, souffla Narcissa avec douceur en souriant avant de s'emparer de sa main, vous êtes trempé mon garçon venez-vous installer, je vais demander à Lettie de vous préparer quelque chose.

- Je vous remercie Mrs Malefoy, répondit-il avec chaleur, monsieur Malefoy, ajouta-t-il sur un ton nettement plus froid.

- Potter, répondit laconiquement Lucius en lui serrant la main.

Je ne dis pas un mot, tandis que Narcissa adressait un regard de reproche à son mari avant de conduire Harry vers le sofa. Debout l'un à côté de l'autre face à la cheminée, Drago et moi dévisageâmes un instant le Survivant. Il y eût un silence gêné entre nous avant que je ne tousse légèrement, seule moyen de faire remarquer à Malefoy l'impolitesse de sa conduite. Je glissais rapidement ma main dans la sienne et lui lançait un regard que j'espérais encourageant. Poudlard était derrière eux. Et nous avions besoin de lui, même si je devinais que cela devait lui coûter énormément. Ceci eût l'effet de dérider Drago qui avança vers son meilleur ennemi et lui tendit la main.

- Potter, le salua-t-il d'un ton neutre.

- Malefoy, rétorqua ce-dernier avant de se tourner vers, Astoria c'est bien ça ? Dit-il avec douceur alors que je hochais la tête, j'ai beaucoup entendu parler de toi, me sourit-il avec douceur, Neville, Seamus et Dean m'ont chargé de te transmettre leurs amitiés.

- Tu les remercieras pour moi, murmurai-je en lui souriant sincèrement, ils me manquent beaucoup.

Il me sourit avec sympathie. Nous nous installâmes, en face de lui quand Blaise fit son apparition, un sourire bonhomme accroché à ses lèvres fines, les mains dans les poches. Je secouais la tête et le regardais avec un semblant de désapprobation. Comment parvenait-il à rester aussi maître de lui dans une situation aussi critique ? C'était un mystère…

- Excusez-moi de vous avoir fait attendre, sourit-il en baisant la main de Narcissa qui le regarda avec affection, j'avais quelques petites affaires à régler.

- Rien de grave au moins ? M'inquiétais-je, alors qu'il prenait place dans un fauteuil, ne me dis pas que tu as déjà mis hors de course la Commission ?

- Little Greengrass ! S'offusqua-t-il théâtral, tu m'insultes, comment peux-tu penser une chose pareille ?

- Elle doit probablement se fier à ton air de conspirateur, grinça Drago un brin caustique.

- Je ne suis pas un conspirateur, affirma Blaise, enfin…pas tous les jours.

Cette boutade eût au moins le mérite de dérider définitivement l'atmosphère. Harry attendit que nous lui prêtions tous attention, pour poser sur la petite table en ébène les dossiers qu'il avait amenés avec lui. Je lui lançai un regard interrogateur, en voyant l'épaisseur de son paquet. Comment un Auror encore en formation, avait-il pu réunir autant d'éléments en si peu de temps ? Toussant légèrement, il me regarda avec une pointe de nervosité avant d'expliquer :

- Ma principale mission en tant qu'apprenti consiste à surveiller les arcanes administratives du Ministère et à éventuellement repérer toute menace venant de l'intérieur.

- Les repérer seulement Mr Potter ? Interrogea Lucius les yeux fixés sur l'épais dossier.

- Pour l'instant…concéda-t-il, mais j'ai bon espoir que cela change.

- Et visiblement tu t'es montré très efficace, constata Blaise en se soupesant le dossier.

Harry lui adressa un rictus amer. Il se tourna ensuite vers moi et me demanda de raconter en détail tout ce qu'il s'était passé durant mon entretien au Ministère. Encouragée par Narcissa, et sentant la main de Drago se resserrer sur la mienne, j'entrepris de répéter tout ce qui avait été dit et fait durant cette entrevue avec Lucy, sous le regard pensif de Potter qui semblait totalement absorbé dans ses pensées. Je surpris le regard de Blaise s'attarder, songeur, sur le geste possessif de Drago, avant de m'adresser un sourire de connivence. Il se leva avec son élégance habituel et alla se servir un Whisky Pur-Feu, avant de se raviser et de faire un apparaître des verres pour tout le monde.

- Est-ce seulement possible ? Marmonna Lucius alors que j'achevais mon récit, qu'est-ce que cela signifie ?

Ma gorge se serra face à son attitude glaciale et je m'absorbais dans la contemplation du plancher, persuadée que mon futur beau-père allait me reprocher ma conduite. Néanmoins ce ne fut pas le cas, et Narcissa me gratifia de ses compliments – auxquels il répondit par un sec hochement de tête- sur mon attitude qu'elle déclara digne d'une dame de haut rang. Je lui souris, ravie d'obtenir son approbation. Il y aurait au moins une personne pour approuver mes choix, pensai-je en mon fort intérieur.

- Ça prend des proportions inquiétantes, soupira Harry en prenant son visage dans ses mains, c'est beaucoup plus grave que ce que les Aurors chargé de l'affaire avaient imaginé.

- Que veux-tu dire ? Demanda Drago perplexe.

- Depuis plusieurs mois, une minorité d'Aurors est inquiet dans le département, nous raconta Harry d'une voix lasse, nous ne sommes encore sûr de rien mais…il semblerait qu'une sorte de groupuscule se soit mis en place depuis très peu de temps.

- Qu'est-ce que tu entends par là exactement ? Demanda Blaise d'une voix atone que je ne lui connaissais pas.

- Il semblerait qu'un groupe de sorciers, dont nous n'arrivons pas à évaluer le nombre, se soit lancé dans une entreprise vengeresse contre tous ceux qu'ils soupçonnent d'avoir de près ou de loin collaboré avec Voldemort et ses partisans durant la guerre. Depuis trois mois environ, nous recevons régulièrement des courriers anonymes.

- Ce groupuscule dont tu parles, reprit Drago, est-il identifié ? En dehors de la délation, est-ce qu'il représente une menace pour la communauté de sorciers ?

- Je crois que oui, répondit gravement Harry, il faut être extrêmement prudent dans cette affaire et les prendre vraiment au sérieux.

Sans rien dire de plus, il ouvrit l'imposant dossier et commença à fouiller dedans. Je me tournais vers Drago et lui lançais un regard inquiet. Qu'était-il en train de se passer au juste ? A cette question silencieuse, mon fiancé n'avait pas de réponse, il partageait mon inquiétude et je sentis ses doigts se resserrer autour de mon poignet.

- S'ils sont décidés à s'attaquer à notre famille, déclara Lucius, nous sommes tout à fait en mesure de nous défendre Mr Potter.

- Je n'en doute pas, affirma Harry, et je ne mettais pas en doute votre engagement, mais vous devez comprendre que vous n'avez pas à affaire à une organisation ordinaire. Ils sont beaucoup plus organisés et beaucoup moins identifiables que…que, sa voix se perdit alors qu'il baissait la tête gêné.

- Que des Mangemorts ? Suggéra Narcissa avec douceur.

- Oui, approuva Harry dans un souffle, oui ils ne sont pas regroupés autour d'un chef. En fait, nous pensons qu'ils fonctionnent comme des unités indépendantes, des petits groupes de personnes qui s'entendent pour harceler par courrier des familles qu'ils ont jugé collaboratrices et favorables à Voldemort. Nous sommes encore trop peu nombreux au Ministère à nous inquiéter du problème, regretta-t-il avec amertume, pourtant la menace est réelle.

- Qui plus, soufflai-je alors que la gravité de la situation me donnait des sueurs froides, j'imagine que beaucoup encore ne considère pas ces actes comme contraires à la justice.

Harry leva vers moi un regard compatissant où je perçus nettement de l'amertume et de l'angoisse. Constater que j'avais raison, étreignit mon cœur d'une angoisse sourde. En effet, pensai-je en regardant les Malefoy, qui trouverait choquant de voir des sorciers ordinaires, dénoncer et rapporter les faits et gestes des familles ayant appartenu au mauvais camps ? Les Malefoy avaient été ouvertement des partisans du mage noir, qui viendrait les plaindre ? Le simple fait qu'Harry Potter soit là, écoute nos inquiétudes, restait sans doute la meilleure chose que nous ne puissions obtenir. C'était déjà plus que nous ne pouvions l'espérer.

- J'ai bien peur que tu es raison, pesta Blaise songeur, cette « milice », reprit-il d'une voix plus assurée en regardant Harry, a-t-elle un lien avec la Commission qui a ouvert une enquête sur les Malefoy ?

- Tout me porte à le croire, concéda Harry, mais je n'en ai pas la preuve. Les gens qui la composent sont extrêmement discrets, et refusent de parler ouvertement de leurs projets. Le ministre s'inquiète de plus en plus de l'influence et de la popularité grandissante de certains de ces membres.

- Comme les Coburn, lançai-je d'une voix si froide qu'elle le fit sursauter.

Mon entrevue avec Lucy me revînt en mémoire et je tentais de maîtriser, tant bien que mal, la colère que ce souvenir m'inspirait. Comment avait-elle pu se comporter de la sorte avec moi ? Quel était le lien entre Lucy et ce groupe radicalisé qui commençait lentement à prendre forme pour semer la terreur parmi les sorciers. « Lucy…pensais-je dépitée, qu'es-tu en train de faire ? ». Je fus tirée de mes pensées par un soupir exaspéré d'Harry. Levant les yeux vers lui, je vis qu'il avait cessé de fouiller dans son imposant dossier. Il avait visiblement trouvé ce qu'il cherchait. Sans un mot il donna la feuille à Lucius Malefoy qui pâlit en lisant son contenu. Inquiète, je lançais un regard à Drago qui fixait son père, la mine impassible, figé dans une expression neutre, avant que lui-même ne s'empare du document, qu'il m'invita à lire par-dessus son épaule. Je retins mon souffle en découvrant le rapport que j'avais sous les yeux.

Rapport d'enquête n° TX700023

A la date du 23/10/2000

Après
réception d'un patronus d'urgence, la Brigade de Justice Magique, est arrivé au domicile de Ichabod et Erzébeth Crane, famille de Sang-Pur, parents de trois enfants, tous scolarisés à Poudlard dans la maison Serpentard. La maison avait visiblement subie une attaque massive et foudroyante. Les époux Crane n'ont pas survécu. Selon les premiers rapports des médicomages, les époux auraient succombés à un sortilège de la mort après avoir été torturés. La piste du règlement de compte est envisagée.

Je déglutis et détournais les yeux de la suite du rapport. Je connaissais à peine les Crane, me souvenant vaguement qu'Ichabod avait été l'un des associés de Père. Je me rappelais d'un homme petit, maigre, à l'abondante chevelure brune. D'une gentillesse sans pareille. Que l'on puisse une seule seconde penser que cet homme soit l'un des partisans du mage noir était en soit risible.

- Vous pensez que ce sont ces personnes qui ont attaqué les Crane ? Demanda Narcissa d'une voix atone.

- Tout me porte à le croire et mon supérieur aussi, affirma Harry.

- Pourquoi personne n'en parle ? l'interrogea Blaise en étudiant le rapport d'enquête sous toutes les coutures.

- Parce que nous tenons à être discrets pour l'instant, confessa Harry, mon supérieur suspectait quelque chose d'anormale. Les Crane étaient passés devant la Commission et rien n'en était sorti, pour la simple et bonne raison qu'il n'y avait aucune charge valable contre eux. Cependant, personne au Ministère ne semble s'opposer à cette organisation, c'est plutôt même le contraire qui se produit. Nous n'avons pas les moyens ni les autorisations légales de faire cette enquête. Si tant est qu'un lien existe bel et bien entre la Commission et ce groupe de personnes.

- Donc en résumé, nous voici tous à la merci de gens tout-puissants contre lesquels on ne peut rien faire ? Demanda Drago dépité.

- Si, on peut toujours tenter quelque chose, dit Harry. Il y a toujours quelque chose à faire, ajouta-t-il soudain en le regardant droit dans les yeux, prévenez vos amis, prévenez votre famille. Qu'ils partent à l'étranger, qu'ils se cachent jusqu'à ce qu'on ait suffisamment de preuves pour mettre cette Commission et cette milice hors de course.

- Ainsi, Harry Potter le grand héros de Gryffondor encourage les Sang-Pur à prendre la fuite ? Rétorqua Drago sarcastique. Qui l'eût cru ?

La remarque était sournoise et blessa Harry qui le fusilla du regard. Un silence glacé s'établit entre eux que Narcissa tenta d'apaiser. Ce n'était pas le moment de se comporter comme des enfants, mais le mal était fait. Potter, se releva brusquement et rangea son dossier en nous souhaitant bonne chance avant de commencer à se diriger vers la sortie.

- Harry attends ! M'écriai-je en maudissant l'égo de Drago.

- Pourquoi ? Rétorqua-t-il en me faisant face avec agressivité, visiblement ton « fiancé » n'a nul besoin d'aide, en dépit des cris d'alarmes qu'il est venu pousser dans mon bureau tout à l'heure.

- Retire-ça immédiatement Potter ! Lança Drago furieux.

- Temps mort Drago ! Je te rappelle que nous avons besoin de lui, souligna Blaise avec tact.

- Mr Potter, intervînt alors la voix glacée de Lucius, je vous prie d'excuser mon fils qui a encore du mal à contrôler… ses émotions glissa-t-il en adressant à Drago un regard polaire qui le dissuada de répliquer, je vous en prie revenez et discutons calmement en personnes civilisées que nous sommes.

Je retins un soupir de soulagement en voyant Harry reprendre sa place auprès des Malefoy. Blaise et moi échangeâmes un long regard éloquent. Visiblement il faudrait veiller à ménager les susceptibilités des deux meilleurs ennemis de Poudlard, si nous voulions trouver une issue.

- Quels sont vos projets vis-à-vis de cette Commission ? Lucy a clairement évoqué une comparaison devant le Magenmagot, reprit Harry après que Lucius lui ait expliqué la teneur de ses affaires, peut-être devriez-vous songer à préparer votre défense, hasarda-t-il.

- Le Magenmagot serait notre seul solution ? Demanda Narcissa dépitée, et nous serions encore pris dans un immense scandale qui ternirait le nom de notre famille.

- Mais face à des jurés populaires vous auriez l'opportunité de défendre votre point de vue, avança Harry avec douceur.

- Potter…intervînt Drago avec amertume, nous sommes les Malefoy, personne ne voudra nous écouter. Nous étions les partisans du Seigneur des Ténèbres il a même vécu sous ce toit, comment peux-tu penser une seule seconde que quiconque acceptera d'entendre ce que nous avons à dire, même si nous n'avons rien à nous reprocher ? Pour beaucoup ce ne sera que justice…de toute façon, nous sommes d'ores et déjà coupable.

- Moi je vous ai écouté, répondit simplement Harry sur un ton neutre.

Alors au milieu de toutes mes angoisses, je sentis percée une lueur d'espoir. Si lui nous avait prêté une oreille attentive, peut-être d'autres le ferait ? Je priais Merlin pour qu'Harry ait raison sur ce point. Cependant notre conversation s'arrêta brusquement quand Snowy, mon hibou, se posa sur le rebord de la fenêtre du manoir Malefoy. Surpris, par cette interruption inattendue, nous restâmes tous un moment interdit, avant que Drago ne se lève pour récupérer la lettre que mon hibou apportait. Mon fiancé ouvrit la fenêtre et avec beaucoup de délicatesse retira la petite enveloppe du bec de l'animal. Lucius, Narcissa, Blaise et Harry reprirent leurs conversations comme si de rien n'était, tandis que je m'approchais de mon fiancé dont l'expression impassible m'intrigua.

- Qu'y a-t-il ? Demandai-je alors qu'il me regardait soudain le souffle court.

Sans un mot il me tendit le morceau de parchemin. Sans comprendre je m'en saisi et y jetais un rapide coup d'œil. Je reconnus immédiatement l'écriture de ma mère. Inquiète, je lis la courte missive et mon cœur alors s'arrêta de battre.

Astoria,

La Commission est venue ici mener une enquête sur nos affaires, prétendant que tu étais suspectée de participer aux affaires frauduleuses de ton fiancé. Ils se sont emparés de plusieurs de nos biens familiaux inestimables et n'ont pas hésité à me menacer, ainsi que ton frère, si « nous ne collaborions pas ». Ton ancienne amie Lucy commandait les opérations.

Toute la maison a été fouillée. Sans exception. Où que tu sois ma fille, je te recommande de partir très loin, et d'y rester le plus longtemps possible. Ne t'engage pas dans un combat que tu ne peux pas gagné. Ces gens sont puissants et agissent en toute impunité. J'ai conseillé à ta sœur de faire de même. Ils ont menacé de prendre Tomin Astoria. Ils veulent le soustraire à « notre influence » pour l'envoyer dans une pension d'orphelins de guerre, où il sera élevé dans le respect de la communauté sorcière, suivant les principes qu'ils jugeront bons de lui inculquer.

Je n'ai aucun moyen de protéger ton frère, ne fais rien d'irréfléchi, pense à ta propre sécurité. N'oublie pas, nous sommes les Greengrass, nous gardons le cap, même dans les Ténèbres.

Mère.

- Je dois aller les aider tout de suite ! M'écriai-je alors que Lucius, Narcissa et Harry me dévisageait.

Me précipitant vers la porte, je ne fus rattrapée au dernier moment, que par Blaise qui me garda contre lui. Furieuse, je menaçais mon meilleur ami des pires tortures s'il ne me relâchait pas immédiatement, mais Zabini ne voulut rien savoir. Me gardant fermement contre lui, il me dit d'une voix ferme :

- Ne leur donne pas ce prétexte, réfléchit Little Greengrass, insista-t-il, pourquoi Lucy est allée chez toi ? Pourquoi s'attaque-t-elle à Tomin ? Ce n'est pas un hasard Astoria, tu dois dominer tes émotions, me conseilla-t-il.

- C'EST MON FRERE ! Criai-je en me débattant, je me moque de ce que tu me racontes je dois le protéger !

- Astoria, ma chérie, intervînt Narcissa en s'approchant de moi avec douceur, Blaise a raison. Si vous vous portez au secours de votre frère pour les cacher, lui et Denevra, cela fournira un prétexte à Lucy Coburn de nous attaquer sur le champs.

- Et eux aussi par la même occasion, renchérit Drago, il doit y avoir un autre moyen ! Ajouta-t-il à l'intention de Potter qui semblait s'absorber dans ses pensées.

- Selon vous, je devrais laisser Lucy détruire ce qu'il reste de ma famille ? M'offusquai-je en me dégageant de l'étreinte de Blaise.

- Non, déclara Harry, Drago a raison, il y a une autre solution. Lucy est visiblement très pressée de vous voir hors d'état de nuire, ce qui explique cette erreur monumentale. Néanmoins, elle nous donne l'occasion d'agir. Mais il va falloir que nous travaillons ensemble et que nous soyons prudent, prévint-il avant de poursuivre, moi et Astoria allons récupérer le petit Tomin pendant ce temps vous allez contacter mon supérieur, Brutus Bane, ce faisant il lança un gallion à Drago qui le rattrapa au vol, je suppose que je n'ai pas besoin de t'expliquer comment ça fonctionne, glissa-t-il perfide, ensuite il faudra vous séparer. Lucius et Narcissa devront peut-être songer à occuper une des propriétés de la famille pendant que je m'occuperai de trouver une cachette pour Astoria, Drago et Tomin. Le tout étant de trouver un endroit où vous cacher, afin d'éviter qu'il vous arrive la même chose qu'aux Crane.

- Je peux arranger ça, intervînt Blaise.

- Parfait, approuva Harry, vous devrez rester à l'abri jusqu'au procès et vous fier à moi et à ce que je vous dirai.

- Et comment savoir si tu es fiable Potter ? Interrogea Drago sceptique en regardant le gallion, toi, plus que tous les autres, tu n'as pas vraiment de raisons de nous aider.

- C'est vrai, admit-il en se tournant vers lui, mais il ne s'agit pas de nos différents personnels Drago. Je n'ai jamais caché que je ne t'appréciais pas, et toi non plus d'ailleurs. Cependant, ce que cette commission projette de faire va au-delà de ce que nous avons pu connaître durant l'époque du règne de Voldemort et crois-le ou non, mais je n'ai aucune envie de voir une nouvelle guerre se profiler à l'horizon.

Sur ce, Harry se dirigea vers la porte et me demanda de le suivre. Me tournant vers Drago je lui adressais un faible sourire alors qu'il me dévisageait avec une expression indéchiffrable. Je soupirais et sortit de la pièce, alors que Harry m'attendait dans le hall.

- Tu as eu ton permis de transplanage ? S'enquit-il avec douceur.

- Oui, répondis-je en prenant son bras alors que Lettie nous ouvrait l'imposante porte d'entrée du manoir Malefoy.

- Alors allons-y, dit-il avec un sourire encourageant.