Après avoir atteint les bases du poste de police de Dallas, l'équipe se sépara.

JJ repris ses fonctions d'agente de liaison, même si elle semblait davantage parler aux avocats désireux de tisser leur propre version de la réalité, que les membres de la presse. Rossi et Reid retournèrent au bureau du coroner pour voir s'ils pouvaient ramasser tout complément d'informations de sa part. A partir de là, ils avaient prévu de visiter le yacht qui avait été remorqué vers le port.

Prentiss et Morgan retournèrent à l'hôpital. Le gardien prêté par le département de police était impatient de revenir à ce qu'il considérait son "vrai" travail. Après un court débat, Morgan décida de le laisser partir et occupa lui-même le poste. Cela n'avait pas d'importance que Megan le reconnaisse ou non. L'objectif principal était de laisser penser qu'il surveillait une personne de l'autre côté de la porte. A savoir… Hotch.

Prentiss errait dans le couloir. Elle voulait plus que tout prendre la suspecte dans le sac. Elle savait que Morgan évitait les coups de poings s'il traitait avec une femme. Emily n'avait pas autant de scrupules. Elle rodait dans les couloirs et le périmètre, fantasmant sur la prestation d'un joli crochet droit sur le petit visage de Megan. Pour Hotch.

C'était une chose de retirer les vêtements du chef de l'unité en face de Morgan. Aussi mauvais que cela avait été, il y avait une certaine mentalité qui laissait les deux hommes se réconcilier avec la situation. Mais exposer le corps du chef de l'unité devant une subordonnée féminine était bien plus dommageable que la suspecte pouvait le soupçonner. Il y avait une certaine courtoisie chez Hotch. Il était le genre à tirer la chaise ou maintenir la porte ouverte pour les dames. Cette forme de gentillesse chez certains hommes du Sud était l'une des choses que la moitié de l'équipe chérissait. C'était pittoresque et mignon et lorsque les filles avaient quelques verres de vin dans le nez, des paroles flatteuses étaient certes adorables.

C'était profondément enraciné chez cet homme. C'était un signe d'une conscience constante d'un ensemble distinct de règles pour négocier à la gente féminine. Le revers de la médaille était que Hotch était facilement embarrassé si ces lignes de conduite auto-définies étaient franchies.

Tandis qu'elle errait sur les lieux, Prentiss gardait en tête l'humiliation de son patron et façonnait une vengeance éventuelle. Elle voulait que Megan Kane ait les yeux noircis et la mâchoire enflée. Quelque chose qui serait immortalisé sur une photo.

Pour Hotch…

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Les affaires évoluaient comme d'habitude au Stoneleigh.

Les chariots des femmes de ménage apparurent et commencèrent à se frayer un chemin dans les chambres pour rafraîchir, nettoyer et réapprovisionner les fournitures. Personne ne perturba la chambre 419. Rossi avait eu la prévoyance d'accrocher le panneau "Ne pas déranger" sur la poignée de la porte.

Le sommeil de Hotch était profond et réparateur.

Quand il ouvrit les yeux dans l'après-midi, il se sentait mieux, plus fort et l'esprit plus clair. Pendant un moment, il eut des souvenirs fugitifs et es évènements des derniers jours menaçaient de le submerger. Mais il serra les poings, les yeux fermés dans un effort féroce pour repousser ces souvenirs qui lui donnait envie de grincer des dents. Hotch était bon dans la suppression. Quand il eut suffisamment enterré les sensations de honte et de dégradation pour prétendre qu'elles n'avaient jamais eu lieu, il força son esprit à se tourner vers l'extérieur.

De la nourriture. Une douche. Vois si tu es assez fort pour aider ton équipe.

Le parfum des pâtisseries à la cannelle et les pêches chauffées par le soleil étaient irrésistibles. Rossi avait laissé quelques plats soigneusement disposés sur la table de chevet avec un récipient de jus d'orange niché dans un seau à glace. Hotch se donna suffisamment de temps pour s'asseoir. Il ne voulait pas répéter l'expérience de s'effondrer comme il l'avait fait devant Morgan. Cela n'avait pas d'importance à présent puisqu'il n'y avait personne pour le voir se débattre et lutter. Et pourtant, Hotch exigeait toujours de lui-même un niveau de discipline et de performance supérieur à ce qu'il attendait des autres. Les autres pouvaient se permettre d'être humain. Mais Hotch devait les surpasser juste pour sentir qu'il était leur égal.

C'était l'un de ses secrets les mieux gardés.

La nourriture était délicieuse mais Hotch se força à manger lentement, avec des bouchées mesurées. Au cas où son estomac s'opposerait après un jeûne prolongé. Il vérifiait son téléphone pendant qu'il mangeait. Les textos de Rossi le mettaient à jour sur les activités et la localisation de l'équipe. Ils attendaient la suspecte qu'elle fasse une autre apparition à l'hôpital. Morgan et Prentiss étaient déjà sur place, prêts à la cueillir.

Hotch esquissa un sourire vindicatif envers elle. Il avait vu la lueur sauvage dans l'œil d'Emily, tandis qu'il déployait des efforts démesurés pour libérer Morgan. Hotch connaissait sa femme alpha. Elle avait le tempérament vengeur. Il espérait presque qu'elle serait seule pour rencontrer Megan Kane. Et qu'elle aurait le temps de lui rendre sa monnaie avant que Morgan ne puisse l'arrêter.

Il secoua la tête et se ravisa sur ses pensées. Ne pas l'encourager. Elle est celle qui est la plus susceptible de voir rouge. Si elle voit le moindre signe de permission en moi, elle va franchir la ligne. Son sourire s'agrandit et devint carnassier. Arrête-ça, Hotchner. Va prendre une douche. Ou du moins, essaie… Il remarqua que ses mains n'étaient pas tout à fait stables. Mais s'il était capable de se vêtir, il devrait peut-être prendre un taxi et pour se rendre au quartier général de la police de Dallas, là où il serait plus utile.

Se déplaçant avec une lenteur délibérée, Hotch fit son chemin vers la salle de bain.

Une douche chaude serait extraordinaire et laverait les derniers vestiges des odeurs antiseptiques de l'hôpital.

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Megan dormait au pire de son épuisement, mais inconsciemment, l'excitation la réveilla seulement après quelques heures de sommeil.

La première chose qu'il lui vint à l'esprit était la dernière chose qu'elle avait vue avant de s'endormir. Aaron. Elle bondit du lit et commença à mettre en branle le plan qui l'avait bercée avant de sombrer.

Elle remplit un petit sac avec soin, se rappelant de plier une serviette éponge et moelleuse sur le dessus du contenu.

Elle enfila un soutien-gorge bandeau… sans bretelles révélatrices. Elle passa une robe estivale légère. Il serait facile de s'en extirper. Et facile à rouler en un petit paquet négligeable.

Lorsqu'elle fut prête, elle regarda l'heure d'un œil calculateur. On était au milieu de l'après-midi. Les couloirs du Stoneleigh devaient grouiller de femmes de ménage qui travaillaient avec diligence afin de s'assurer que tout était en ordre pour leurs résidents.

Mais on ne pouvait jamais en être sûr.

Le sac sur l'épaule et chaussée de ses lunettes de soleil, Megan se dirigea vers sa voiture. Comme elle se glissait derrière le volant, elle sortit son téléphone et composa le nombre qu'elle avait programmé la nuit dernière. La voix était claire et efficace.

- Réception du Stoneleigh. Comment puis-je vous aider ?

Megan semblait légèrement contrariée.

- Nous semblons être à court de serviettes. Pourriez-vous s'il vous plait en faire monter ? Chambre 423 ?

Il y eut une hésitation.

- Je ne vois pas que vous appelez de la suite 423…

Megan passa du ton contrarié à un ton irrité.

- C'est parce que je suis sous la douche. Toute mouillée. Je n'ai même pas une serviette décente. Je n'ai pas envie de ruisseler en chemin vers le téléphone de ma chambre.

Elle soupira.

- Veuillez simplement demander à la fille de ménage de les laisser sur le comptoir.

- Oui, Madame. Je suis désolée. Mais il faudra quelques minutes pour les faire monter. Toutes nos filles sont occupées en ce moment.

- Très bien. Je vais attendre. Je ne peux décemment aller nulle part.

Megan raccrocha en souriant. Si elle n'était pas déjà au travail, il devrait y avoir une femme de ménage sur l'étage d'Aaron, dans les quinze prochaines minutes.

Parfait.