Chapitre 38
"Il n'est rien si cruel ne si aimant le sang qu'est un tyran couard"
Jacques Amyot.
La nuit était tombée depuis bien longtemps quand Solf se réveilla, mort de soif. Il grommela faiblement en jetant un oeil à sa montre posée à côté du lit, qui indiquait trois heures moins dix, puis se leva, complètement nu. Il s'assit devant son bureau, se versa un verre d'eau qu'il but d'un coup sec, et respira à pleins poumons l'air sec du désert. Il y avait un trou dans le plafond de sa tente, nota le jeune homme en levant les yeux. Il pouvait y voir distinctement chaque étoile, magnifique et étincelante. Il bailla et saisit un élastique afin de refaire un catogan lâche. Il songea l'espace d'un instant à couper ses cheveux à la fin du conflit avant de s'attarder justement sur cette idée : la guerre d'Ishbal allait bientôt toucher à sa fin. Il était pile dans la nuit du 31 Juin au 1er Juillet, et il n'y avait que très peu de quartiers à faire tomber.
Les troupes militaires étaient bien moins nombreuses qu'au départ, et la résistance ishbale s'était considérablement amoindrie, laissant place à un exil de masse. Il avait ouï dire que beaucoup d'anciens habitants imploraient Aerugo de les laisser passer, jour et nuit, hurlant, pleurant et couchant juste devant les hautes grilles du poste-frontière. Des gens qu'il avait lui même chassés, de rares survivants de ses attaques alchimiques destructrices. Son regard tomba sur ses paumes tatouées, qu'il avait nonchalamment posées sur ses cuisses, puis il pensa à la Pierre, bien au chaud dans la poche fermée de sa veste. Il allait devoir la rendre, à moins que ... Les Homonculus ne lui donnent d'autres ordres. Ou qu'il trouve un moyen de la garder sans qu'on puisse la lui reprendre de force : mais comment ? Il n'avait aucune envie de céder ce précieux élixir aux huiles de Central, plus assoiffés de pouvoir que de justice ou d'existence, comme lui. Oui, Kimblee se sentait lié à la Mort, qu'il avait dans son ombre, cette cape noire et glacée, cette menace inéluctable, le faisait se sentir vivant. Tuer le faisait sentir exister. Regarder les gens rendre leur dernier souffle lui rappelait qu'un jour, lui aussi rendrait le sien, et qu'il devait vivre, exister, encore plus intensément pour ne rien regretter le jour où cela arriverait. La guerre allait bientôt se terminer, une parenthèse dans la vie de tous ceux qui y avaient participé, plus ou moins longue ou douloureuse, qui laisserait des traces physiques comme mentales chez les uns ou les autres. Pour lui, ça resterait un moment heureux et intense de sa vie, les seules semaines où il avait pu s'accomplir en tant qu'être humain. Où il avait pu se découvrir lui-même, ses facultés et exposer au monde sa façon de faire et penser. Ishbal avait été une belle aventure à ses yeux : Kimblee sourit faiblement avant de s'arrêter et de se retourner pour voir Bethsabée se retourner sous les draps, en chien de fusil.
Qu'allait-elle faire une fois tout cela fini ? Rentrer chez elle, seule ou revoir ses parents pour mettre les choses au clair ou ...? Il n'en avait aucune idée. Il n'avait partagé avec qu'elle qu'une parenthèse de sa vie, une parenthèse dans une parenthèse, où il avait eu un comportement différent de celui qu'il pouvait arborer au quotidien, en dehors de ces parenthèses. Solf ne savait pas comment Betty faisait les choses les plus banales, car il n'avait pu l'appréhender que dans des conditions rustiques, sous la pression de la hiérarchie et sous sa propre pression. Il aurait vraiment aimé la rencontrer ailleurs, pour pouvoir mieux la saisir, sans la presser, sans la brusquer. Il voulait la boire, la dévorer et la posséder : il pensait l'avoir fait, en la blessant, l'acculant et l'ayant près de lui chaque soir. Mais il devait se rendre à l'évidence : aucun d'entre eux n'était vraiment lui-même sous cette tente, bien malgré eux. Une brève sensation acide lui envahit l'estomac en réalisant la relative inutilité de ses efforts, jusqu'à ce qu'il entende la voix ensommeillée du Lieutenant Blood s'étonner :
"- Pourquoi es-tu levé à cette heure ?
- J'ai eu chaud, et soif. Et toi donc ? riposta-t-il sans animosité dans la voix.
- J'ai eu ... une angoisse. Un cauchemar en flash, disons. Très bref mais intense. Ça ne t'arrive jamais ?
- Pas que je sache. Je me rappelle très rarement de mes songes.
- Alors, à quoi tu réfléchissais avec autant d'attention ? le taquina Beth en se redressant.
- Comment sais-tu que j'étais concentré sur quelque chose ? s'enquit-il.
- Tu fronces les sourcils quand tu cogites. J'ai presque cru voir de la fumée sortir de tes oreilles, en plus."
Il ne répondit pas et se leva pour marcher lentement et se positionner exactement sous le trou de la tente, les yeux levés vers le ciel. Il resta silencieux puis croisa les bras et soupira :
"- Je me dis qu'on est assez peu de chose, finalement. Qu'on ne sait jamais tout ce qui peut arriver, et qu'on ne pourra jamais être plus que ce que l'on est.
- Woah. Tu as des pensées profondes, et je dis ça sans ironie. Tu penses ça de toi ? demanda Betty d'un ton curieux mais empressé.
- De ?
- Que tu ne pourras jamais ... t'améliorer ? Être plus ... ce que tu veux être ? Enfin, je veux dire ... Tu crois ne jamais pouvoir t'accomplir en tant que ce que tu veux être ? En tant que Solf J Kimblee et pas en tant que simple être humain ? Montrer au monde que tu es toi et pas un autre ? expliqua la jeune femme, légèrement hésitante.
- Humm ... Je vais sûrement changer à travers les années, mais je ne peux pas savoir dans quel sens. J'espère rester moi-même, dit Solf avec un sourire de gosse immature.
- Tant mieux. Maintenant arrête de sourire comme ça en restant debout sans vêtements sur toi, ou il va t'arriver des bricoles.
- Par exemple ? la taquina-t-il en s'approchant et se penchant vers son visage vaguement éclairé par la lune.
- Tu ne veux pas savoir, jeune homme. Des choses comme tu n'en as jamais vues !
- Oh ! Mais si, je veux le savoir. Je brûle de le savoir !
- Crois-moi, non. Tu commences à m'énerver avec ton p'tit air narquois .
- Je ne suis pas narquois, je suis juste très curieux !" la contredit Solf en s'appuyant sur le bord du lit.
Il fut servi niveau surprise et curiosité : Betty le saisit et fit une prise de judo-ninja-karatéka et il finit allongé sur le ventre à côté d'elle, encore sonné, alors que la jeune femme se frottait les mains d'un air satisfait.
"- La curiosité est un vilain défaut, se contenta-t-elle d'énoncer avant de se rallonger. Reste sage maintenant.
- Je ne pense pas risquer de t'énerver une seconde fois. Ouch, tu n'y es pas allée de main morte ! grimaça-t-il en se frottant la nuque et les épaules, endolories.
- Désolée. C'est mieux ? fit Beth après lui avoir embrassé l'arrière du cou et les omoplates.
- Beaucoup mieux, murmura-t-il en se retournant pour la dévisager. Je ne pensais pas que ça allait rester ... lâcha l'Alchimiste en caressant la fine cicatrice qu'elle arborait verticalement à la bouche.
- Tu n'y es pas allée de mai- dent morte. Je ne pense pas que ça partira un jour.
- Humm. Désolé. Je ne voudrais pas que tu m'en veuilles pour ça, que tu crois que j'ai voulu te défigurer ou quoi que ce soit.
- Oh, non ! Ça fait blessure de guerre. Même si je trouve que c'était immature voire primal de ta part de me marquer comme du bétail, ronchonna Bethsabée.
- J'ai eu une pulsion, avoua Kimblee en levant les épaules. Tu es très jolie.
- Ah... Merci.
- Tu es surprise quand je te fais un compliment. Je suis si méchant que ça ?
- Non, c'est ... On me complimente rarement. Je sais pas comment réagir, je dois t'en faire en retour, je dois me taire, te sacrifier mon premier-né ?
- Laisse ce pauvre hypothétique enfant tranquille, il va déjà souffrir avec une mère pareil-Aïe ! piailla Solf quand elle lui met une tape en plein front. Je ne dis plus rien. Bonne nuit.
- Bonne nuit."
"- SOOOOOOLF MON SAUVEUUUUR !
- Gaspard. Je suis "ravi" de ton appel, soupira profondément l'Alchimiste Écarlate, mais que me vaut cet honneur ?
- Comme si je ne t'appelais jamais ! le réprimanda joyeusement son aîné. Tu es très photogénique, dis-moi !
- De quoi tu parles ..?
- De ta photo avec Bradley dans le Central Times ! Tu as un très bon profil gauche ! Et l'uniforme te va à ravir, frérot ! s'extasia-t-il.
- C'est donc paru ... Que dit l'article ?
- Que tu es un beau et courageux Alchimiste d'État prêt à tout pour nous sauver des vilains Ishbals et que l'Armée est composée de gens sympas et dévoués comme toi. D'ailleurs, à quoi ressemble ... Blood ? Le Lieutenant là ... Beth ... sabée ! Bethsabée Blood ?
- Pourquoi tu me demandes ..? s'alarma Kimblee, faisant de son mieux pour rester impassible.
- Parce qu'il faudra que tu l'amènes à la maison une fois la guerre finie ! Je veux serrer dans mes bras la femme qui t'aura supporté pendant plus de deux mois, et qui t'aura sans doute empêché de te prendre des balles dans la tête ! Elle en a du courage, cette pov' mamzelle ! continua Gaspard Kimblee, tranquillement assis à même le sol de son hall d'entrée, très occupé à gribouiller des bonhommes bâtons dans un carnet.
- Le Lieutenant Blood est mon sous-officier, pas ma baby-sitter ! rugit Solf dans la tente vide.
- JE FAIS LES DEUX ! hurla Beth depuis l'entrée.
- J'ai entendu ! se réjouit le plus âgé des frères. Elle a une jolie voix !
- Euuh ... oui, je suppose qu'elle a ...
- POURQUOI VOUS PARLEZ DE MOI AVEC VOT' FRÈRE ?!
- IL DIT QUE VOUS AVEZ UN BEAU CUL ! brailla Gaspard, hilare.
- MAIS J'AI JAMAIS DIT CA !
- Passe-la moi ..! implora son frère, qui avait les larmes aux yeux à imaginer son frangin engueulé par sa subordonnée. Alleeeeez, j'veux y dire bonjour !
- Mon frère veut ... vous parler, annonça Solf en tendant le combiné à Betty, à côté de lui. Ne faites pas trop attention à ce qu'il peut dire, il a un humour spécial.
- Bonjour, Lieutenant Blood, salua-t-elle.
- Bonjour Lieutenant ! Vous avez les cheveux et yeux quelle couleur ?
- En quoi c'est intéressant ?
- Pour savoir à quoi ressembleront mes neveux et nièces, bien sûr ! (Solf, qui entendait tout, eut le visage qui prit une teinte intéressante de rouge, entre le tomate et le brique)
- Mmmm ... réfléchit Betty en fixant intensément son supérieur. A pas grand chose en fait ... Votre frère est brun aux yeux bleus, je suis rousse aux yeux verts, ça fait un peu la loterie génétique. Ou bien ils auront deux têtes, une qui ressemble à chaque parent .
- HAN COMMENT ÇA SERAIT TROP COOL ! s'exclama Gaspard avec un enthousiasme de gamin de six ans, ce qui fit que Sumire, son épouse, le darda d'un regard noir réprobateur depuis la cuisine.
- ET OUAIS ! Quoique, j'espère qu'ils me feront une césarienne dans ce cas. Sinon, ça va douiller, et pas qu'un peu. Paraît qu'accoucher fait aussi mal de dix-huit fractures.
- Ouiiille. Vous avez déjà eu dix-huit fractures ?
- Non, seulement trois. Encore quinze et j'aurais une idée, rétorqua Beth, qui souriait franchement.
- Sinon ... Vous pouvez me dire si Solf est aussi canon en vrai que sur papier ? Je soupçonne un traitement photographique qui le met en valeur dans le Central Times ...
- Vous êtes dans le Central Times ? glissa Betty.
- Oui. Il dit quoi ?
- Il me demande si je trouve que vous êtes aussi "canon" qu'en photo.
- J'attends ! lui rappela Gaspard.
- Eeeuh ... Oui ?
- J'entends comme du doute dans votre voix.
- Je me vois mal dire dans une tente où tout le monde peut entrer et m'entendre "Oui il est canon et le pantalon réglementaire lui fait beau cul", soupira-t-elle.
- Vous venez de le dire.
- Ah oui. Il me regarde bizarrement, je fais quoi ? s'informa la jeune femme.
- Il a l'air de vouloir vous tuer ? Ou ME tuer ?
- Les deux.
- Frappez-le avec le féléphone ! félétone ! télétone !... le COMBINÉ quoi ! lui conseilla vivement interlocuteur.
- Vous voulez peut-être que je vous le repasse ?
- Oui, mais avant que vous quittiez, vous serez invité chez moi, ma femme et ma fille à la fin du conflit avec Solf pour vous remercier d'avoir pris soin de mon p'tit frérot !
- C'est très aimable. Y'aura quoi à manger ? enquêta-t-elle à voix basse.
- On vous commandera un gâteau "Bravo pour avoir supporté Solf aussi longtemps", murmura Gaspard avec un grand sourire.
- Trop cool. Au revoir.
- Au revoiiir ! Oooh, Solf ! Elle a l'air merveilleuse !
- Tu parles comme la grand tante Suzanne.
- Mais j'ai raison ! À part ça ... Tu as bientôt terminé, n'est-ce pas ? demanda son grand frère d'un ton calme.
- Oui. Encore une semaine ou deux, je pense, grand maximum.
- Ah. J'espère que tu vas bien, le Lieutenant aussi.
- Tu aurais pu lui demander toi-même.
- Je préfère demander à toi, je ne la connais pas assez.
- C'est ma subordonnée, pas mon épouse, sourcilla Solf.
- Elle pourrait ? la taquina son aîné.
- Pourquoi ?
- Roooh, Solf ! C'est toi qui t'es enfui en courant quand Margaret Nathan t'a embrassé ! Alors que tu restes autant avec une femme, drôle qui plus est, c'est louche !
- ELLE M'AVAIT FAIT PEUR ! se justifia le terrifiant Alchimiste Écarlate, qui semblait régresser petit à petit.
- TU AVAIS DIX-SEPT ANS !
- ... Lieutenant, vous pouvez aller petit-déjeuner, dit-il à Beth, qui repartit après un hochement de tête. Et ... Peut-être.
- Il y en a qui draguent au Club Med, toi, tu dragues au front Ishbal ...
- Non, c'est ... compliqué. Vraiment compliqué. Je n'ai plus trop le temps pour téléphoner, je vais aller travailler.
- Tu es vraiment détaché de tout, Solf ... D'accord. Je ne t'embête plus, soupira Gaspard. Fais comme tu veux, tu es adulte depuis assez longtemps. Je te rappellerai dans quelques jours. Fais attention à toi ."
Il raccrocha avant d'entendre la moindre réponse et rest a un long moment silencieux, en tailleur sur le sol, à finir ses bonhommes-bâtons. Sumire s'approcha de lui et posa son visage fin sur son épaule et s'enquit d'une voix douce comme du velours :
"- Que dit ton frère ?
- Il m'a avoué à demi-mot avoir trouvé une copine, rit silencieusement son époux. Solf ! Lui ! Une femme !
- C'est vrai qu'il est plutôt introverti et ... bizarre mais il est charmant.
- Je ne pensais pas qu'il y arriverait un jour. Depuis toujours, il est assez taciturne et ne supporte que très peu la compagnie des autres, surtout sur le long terme. J'ai toujours eu peur pour lui à cause de son comportement différent, depuis l'école où certains le foutaient dans la poubelle aux récrés. Quand il a grandi, il est devenu encore plus ... curieux et renfermé sur lui-même, tout en restant lisse de l'extérieur, courtois, poli, charmant. Mais ... je ne vois pas Solf marié. Il m'a dit être "comme les autres" mais je me demande à quoi peut ressembler quelqu'un qui arrive à le comprendre. Ce que je n'arrive pas à faire, visiblement, conclut-il, le visage fermé.
- Gaspard ... Solf t'apprécie énormément, et est très reconnaissant de tous tes efforts, l'embrassa sa femme. Tu ne peux pas le couver toute sa vie. Il va avoir vingt-cinq ans cet hiver, il est assez mature pour savoir ce qu'il est et ce qu'il veut. Si il trouve quelqu'un avec qui il est heureux, c'est l'essentiel. Simplement, il ne faut pas que tu prennes tout ce qu'il dit pour acquis.
- Hmmm ?
- Il est en pleine guerre. La guerre change le comportement des gens, certains font tout pour vivre "normalement", sans privations ni punitions. On ne connaît pas cette femme, le raisonna-t-elle.
- Je lui ai parlé. Elle a l'air très drôle.
- Tu en jugeras mieux si on la rencontre un jour. En attendant, viens manger, il va falloir aller travailler.
- Sumire ! l'appela Gaspard après qu'elle se soit éloignée. Tu ... Tu penses que ça changerait Solf d'avoir sa propre famille, toi ?
- Cela dépend avec qui il la fonde. Ne te fais pas de mouron pour lui. Tu l'as bien élevé."
" Ton frère est très extraverti, semblerait-il."
Elle et Kimblee se trouvaient en haut du bâtiment d'où l'Alchimiste avait détruit une immense artère commerçante Ishbale, le sourire aux lèvres. Elle était occupée à colorier certaines rues en rouge sur son plan afin d'indiquer quelles parties avaient été purgées par les forces militaires, assise au bord du toit, les pieds dans le vide. Il s'accroupit à côté d'elle.
"- Oui. On ne se ressemble pas beaucoup.
- Tu as l'air de beaucoup l'aimer malgré ça.
- Bien sûr que je l'aime ! C'est mon frère ! s'indigna-t-il en fronçant les sourcils.
- ... Je suppose que oui, sourit-elle tristement.
- Oh. Hum ... Désolé. Tu comptes lui reparler ?
- À Marian ?
- Oui. Je pense que ta famille doit s'inquiéter pour toi, encore plus depuis que tu es ici, et encore, encore plus comme tu ne leur réponds pas, expliqua Kimblee.
- Aucune idée. Comment es-tu si au point sur les relations familiales ? le questionna la jeune femme.
- J'ai eu une vie de famille assez chaotique. Je suppose que je projette ce que j'aurais aimé avoir sur ... ceux qui ont le potentiel de pouvoir vivre comme je l'aurais aimé. Tu as deux parents qui t'aiment, sans aucun doute, et un frère qui s'inquiète pour toi. Je n'ai que mon frère et nous nous comprenons peu.
- Je sais que je gâche tout ... souffla Beth en se frottant le bout du nez comme si elle allait pleurer.
- Tout ne t'incombe pas. Les humains ont parfois du mal à se comprendre les uns les autres, surtout ceux qui ne pensent pas ou ne vivent pas comme eux le font ou voudraient qu'ils le fassent, la rassura-t-il.
- Tu prévois de faire un pied de nez à ta famille en restant célibataire jusqu'à ta mort ?
- Pas du tout. Je prévois de me marier, être heureux en ménage et aimer mes enfants. Quoi ?! s'étonna-t-il alors qu'il la voyait sourire.
- C'est que ... Je t'imagine mal père de famille avec ... riait Bethsabée, avec la barbe et ...
- Pourquoi j'aurais une BARBE ? Je suis imberbe en plus.
- Je sais pas ... Mon père a de la barbe alors ... Pfff ! Enfin ... Je sais pas, je te vois pas ... "en dehors" d'ici, se calma-t-elle soudain. Je n'arrive pas à t'imaginer en dehors de la vie au front, comme au quotidien à Central ou plus tard, comme tu le dis.
- C'est ce que je me disais cette nuit.
- C'est à ça que tu pensais alors ?
- Tout à fait.
- Tu comptes faire quoi en rentrant ? s'enquit Bethsabée.
- Hmmm ... Des crêpes, dit-il comme si c'était un projet formidable.
- Tu te moques de moi ?
- Jamais. Je ferai des crêpes, et je t'en ferai aussi. Tu m'as bien dit que tu adorais ça, non ?"
Leur yeux se croisèrent : ceux de Beth étaient ronds comme des billes, ceux de Solf, plissés à cause du soleil et du mince sourire qu'il arborait. Betty détourna le regard et se concentra sur l'éboulement à ses pieds, et entrelaça ses doigts tout en balançant ses pieds dans le vide. Elle se mordit la lèvre inférieure et lâcha très distinctement dans le silence :
" Je ne pensais pas que tu puisses vouloir de moi en dehors d'ici."
Cette fois, ce fut au tour de Kimblee d'écarquiller les yeux, avant de se reprendre et pousser un long soupir.
"- Pourquoi ça ?
- Ce n'est qu'un jeu, après tout. Tu me l'as souvent dit. Un jeu doit se terminer à un moment ou un autre. Je pensais que la fin du conflit sonnerait la fin de la partie.
- Non, pas du tout. On peut déplacer le jeu ailleurs, on peut changer les règles, mais pas les joueurs, répondit Solf en resserrant son catogan. Je serais heureux de continuer à jouer avec toi."
Il sortit une cigarette de la poche de son pantalon, ainsi qu'un briquet. Il en offrit une à Beth avant d'en mettre une autre entre ses dents et de les allumer. Leur unité s'approchait petit à petit alors que de minces volutes de fumée se dissipaient dans l'air.
"- Tu devrais faire gaffe. On pourrait croire que t'es amoureux de moi.
- Je n'oserais jamais, rétorqua-t-il avec un rictus sarcastique. C'est trop dangereux.
- Tu me rassures. J'ai eu peur. Il va falloir y aller. Et continue à t'appliquer, il faut qu'on se souvienne de toi, Ishbals et Amestris confondus, dit Betty en se redressant. De Kimblee, et pas d'un autre. Si tu tiens tant à te rappeler du visage de chaque personne, autant que ceux-ci se souviennent de toi également, non ?
- Parfaitement. Merci.
- De quoi ? s'alarma la jeune femme.
- De me comprendre sans me juger, dit Solf en descendant les éboulis. Tu es la seule personne, avec mon frère, à en faire ainsi.
- Je t'en prie. Waaaw !" glapit Beth en glissant sur des briques.
En un geste précis, Kimblee lui prit la main gauche et la ramena près de lui. Elle poussa un soupir de soulagement, heureuse de ne pas avoir dégringolé quinze mètres sur les fesses ou la tête en avant. Elle focalisa son attention sur Solf, qui la tenait toujours sans ciller : il finit par lui lâcher les doigts. Et peut-être était-ce à cause du soleil qui tapait fort,leur conversation toute fraîche ou un simple effet de son imagination, mais Betty aurait pu jurer qu'il avait tenu et fixé son annulaire gauche avec une intention toute particulière.
Bonsoir les pioupious ! J'ai complètement oublié de vous remercier pour votre soutien dans mes deux derniers chapitres, j'en excuse. Je suis vraiment très très contente de savoir que vous êtes là =]
Cette semaine, je pars en vacances sur la côte avec des amis, et je n'aurai pas Internet [JINGLE DRAMATIQUE]. Je vous laisserai donc avec ces trois nouveaux chapitres, pour ceux qui les lisent en retard. En parlant de la fic, je devrais changer la résumé, mais je n'ai pas trop d'idées dans que ça sonne " Trop mystériiieux liis mes 38 chapitres pour savoir même si c'est loooong" ou "Ooow trop du luv c'est trop kawaiii".
En revanche, je demande ici à crazyuser : si je t'envoie un message, est-ce que je l'écris en anglais ou en français ? Parce que je ne parle pas portugais du tout, de toute façon. (L'inconvénient d'avoir des lecteurs/lectrices étrangers/étrangères, comme avec moi, en Russie et au Brésil)( BRAZIIIIIIL ! Comme le film de Terry Gilliam ... que je n'ai toujours pas vu).
PAR CONTRE, je regarde mes stats là ... Donc, si les Suisses, les Americans, les Gabonais et les Canadiens voulaient bien se manifester, si vous lisez ça, ce serait gentil ... Parce que je là, je suis devant mon ordi à hurler : "QUI ÊTES VOUS ? QUELS SONT VOS RÉSEAUX ?!" ( je dis pas " C'EST LE KGB !" , vous êtes pas russes. Je peux dire "Le FBIII !" en revanche)(je suis si nulle en géographie africaine que j'ai du regarder où était le Gabon. A côté du Congo. Je me coucherai moins con)
Musique : "Protège-moi" , "The bitter end" et "Twenty Years" de Placebo, "Makedansure" de Taking Back Sunday.
PS : OUI LA FIN DE LA FIC EST PROOOOCHE ! Enfin, la fin de la partie à Ishbal, ahah. Je vous prévois une petite surprise pour les fans de KimBetty x]
