Coucou ! Désolée si j'ai été un peu longue à poster mais avec la rentrée je n'ai pas vraiment eu le temps. Pour me faire pardonner je mets deux chapitres d'un coup mais ensuite je repassera à environ un ou deux chapitres par semaine ^^

Merci pour toutes vos reviews, j'espère que Jemina les lit et constate qu'elle a toujours autant de soutien :)

Bonne lecture !


Chapitre 37 : Scrabble

A la fin du repas, je remonte dans ma chambre sous prétexte d'aller chercher un dictionnaire. En fait je veux juste voir si mon paquet est bien arrivé chez Gwen.

J'entre dans ma chambre en vérifiant bien que personne n'est dans le couloir, je ferme la porte et je prends la télécommande posée sur ma table de chevet.

J'allume la TV et je baisse immédiatement le son, j'ai tendance à toujours le mettre à fond et je risque de me faire repérer.

Je vois une salle de bain, apparemment mon cadeau est bien arrivé à destination.

La salle de bain a l'air tout à fait normal, à part bien sûr le scrutoscope géant et la glace à l'ennemi.

Quelqu'un entre dans la salle de bains, un mec assez âgé, sûrement le père de Gwen.

Il regarde autour de lui, l'air pas très rassuré. Il se met à 4 pattes et regarde sous le lavabo pour être bien sûr de ne pas être observé.

Un vrai parano, il lance maintenant un sort sur la fenêtre.

Après avoir bien protégé la fenêtre, il se met à tripoter sa ceinture.

Il va pas… Non !

Je suis incapable de détourner les yeux, une sorte de stupeur horrifiée, je ne peux pas m'empêcher de regarder le père de Gwenna Johnson se déshabiller pour aller prendre sa douche.

Il faut que je ferme les yeux, il faut que je coupe la télé, il ne faut pas que je voie ça, je vais faire des cauchemars !

J'entends du bruit venir de l'escalier.

Quelqu'un vient me chercher.

Si jamais la personne me trouve à mater un vieux sous la douche je vais avoir des problèmes.

Il faut que j'éteigne, il faut que j'éteigne, je DOIS éteindre.

Les bruits de pas se rapprochent, l'intrus arrive presque à la porte et mon doigt est toujours paralysé.

Un peu de maîtrise, j'ai pas encore vu de quoi faire des cauchemars, mais ça va pas tarder alors je DOIS couper cette saleté de télé !

« Tany chérie ? Tu es là ? »

C'est la voix de Black, qu'est-ce qu'il vient foutre ici ?

Je coupe la télé sans même y penser, entendre sa voix à travers la porte m'a sortie de ma torpeur.

Il entre dans la chambre, il me regarde soupçonneusement comme si il savait ce que j'étais en train de faire une minute avant.

« Pourquoi tu fais une tronche pareille ? Demande-t-il.

- Rien, j'ai pensé à toi, dis-je.

- Très drôle, marmonne-t-il.

- Qu'est-ce que tu viens faire ici ?

- J'ai besoin de ton aide, marmonne-t-il d'une voix presque inaudible.

- T'as besoin de l'aide d'une Serpentard ?

- J'ai besoin de l'aide d'une fille de moldus, répond-il avec mauvaise humeur. Je sais pas jouer au scrabble.

- Je croyais que tu t'étais initié au monde moldu pendant les grandes vacances avec Potter ?

- On s'est pas tournés vers les jeux ennuyeux, répond-il. Si je dois bien jouer mon rôle, il faut bien que je sache jouer, non ?

- Ouais, ça semble logique, dis-je. Surtout que Steve est un champion au scrabble.

- Alors, c'est quoi le principe du jeu ? Demande-t-il.

- Tu as des lettres et avec tu fais des mots, dis-je. Quand tu fais des mots tu as des points. A chaque tour tu pioche dans un sac des lettres pour en avoir 7 sur ta barre. »

Il me regarde l'air parfaitement crétin, il n'a rien compris.

« Je reprends, dis-je. Tu as des petits carrés avec dessus un drôle de signe. Le drôle de signe est une « lettre », et avec plusieurs « lettres » tu fais des « mots ».

- Je sais écrire, merci, répond-il avec mauvaise humeur. Mais comment on détermine le nombre de points ?

- Il y a un nombre de points marqué sur le carré, tu fais la somme des points marqués sur les lettres pour un mot. Au début du jeu tu as 7 lettres, et à chaque tour tu pioche le nombre de lettre qui te manque pour avoir tes 7 lettres.

- C'est tout ? Demande-t-il étonné.

- Ouais, dis-je.

- Ça a pas l'air compliqué, dit-il. C'est ça les jeux pour intellos des moldus ?

- Ça a pas l'air, mais les apparences sont trompeuses, dis-je. Et puis tu insinues que les moldus sont débiles ? Ou moins intelligents que les sorciers ?

- Non, je… commence-t-il.

- Ça m'étonne pas d'un Black, dis-je. Tu joues les rebelles, le mec qui renie sa famille et ses idées, mais tu peux pas t'empêcher de penser comme eux. Alors t'as intérêt à gagner cette partie, parce que c'est pas ton ego surdimensionné qui jouera pour toi. »

Il a l'air furieux, pourtant c'est bien lui qui est en tort, c'est lui qui trouve le scrabble d'une facilité déconcertante sans y avoir jamais joué.

On descend rejoindre les parents qui ont déjà installé le plateau de jeu.

« Ah, vous voilà enfin ! S'exclame ma mère. Qu'est-ce que vous préférez ? Que l'on joue en équipe ou individuellement ?

- Je pense que l'on devrait jouer en équipes », dit Black mielleusement.

Oh non, Black, tu t'en sortiras pas comme ça, tu crois que si on joue en équipe tu pourras laisser les vieux faire tout à ta place ? Ce jeu est trop facile pour un grand sang-pur, alors tu vas pouvoir nous écraser en solo.

« C'est mieux qu'on joue individuellement, dis-je. Quand on joue en équipe c'est plus difficile de se concentrer, et tout le monde ne peut pas participer.

- Non, je crois que jouer en équipe est une meilleure idée, dit Black.

- T'as peur de jouer tout seul, Steve ? Dis-je.

- Tu oublies que je suis un champion, répond-il sur un ton de défi.

- Ça c'est ce qu'on va voir », dis-je.

OoOoOoO

Le jeu est installé, les lettres sont piochées et ma mère piaille gaiement en mettant ses lettres sur le plateau.

J'ai des lettres nulles, trois E et quatre N. Pas de quoi faire un super mot.

En face de moi, Black-Steve se prend la tête entre ses mains et il semble réfléchir intensément.

Il galère ? Parfait.

« Tany chérie c'est à toi », me dit Michelle.

Je dépose un N d'un côté d'un O et deux autres N et un E de l'autre côté du O.

« Nonne ! 15 points ! Dit Michelle toujours aussi enjouée. J'espère que tes professeurs à St Anne ne te donnent pas de mauvaises idées, tu es si… enfin en tout cas ça serait dommage de gâcher ta vie au couvent !

- Merci Michelle, dis-je. Steevy chéri, c'est à toi.

- Allez mon poussin, épate-nous ! » Dit Michelle.

Black lève la tête vers sa « mère », il hésite un peu et pose une lettre sur le plateau.

Il rajoute un S à mon NONNE.

Silence de mort autour de la table. Jack et Michelle dévisagent leur faux fils avec des yeux ronds.

Black, mal à l'aise, répond à ces questions silencieuses.

« J'avais de mauvaises lettres.

- C'est un coup de malchance pour un champion comme toi, Steve, lui dit mon père.

- Une question de chance ou de cervelle, dis-je.

- Allons Tany, tu sais très bien que Steve est excellent au Scrabble ! Dit ma mère scandalisée.

- Rose a raison, Tany, écoute ta maman ! Me Dit Black.

- Alors joue un peu mieux que ça », dis-je.

Black me fusille du regard avant de piocher des lettres. Vue sa tête elles doivent pas être bonnes.

Mon père joue, puis c'est au tour de Jack, ensuite vient Michelle, puis ma mère…

Ça se répète toujours, un cercle infernal, le temps est long, très long…

Dire qu'en ce moment même je pourrais être tranquillement dans ma chambre en train de mater Mr Johnson sous la douche !

Quand je commence à penser des trucs comme ça c'est que je suis bonne à débrancher.

Je pourrais me faire sauter la cervelle, peut-être qu'ils comprendraient à quel point je me fais chier, le truc c'est que si je me fais sauter la cervelle je vais mourir alors ça servira à rien…

Black va faire une connerie, je le sens.

Il ne sait pas jouer, les parents vont comprendre qu'il y a un truc qui cloche…

Ou alors il va sortir un gros mot ou un mot sorcier, s'il fait ça je suis morte.

Et puis le paquet ensorcelé envoyé à Rogue n'est pas du tout à la bonne place, dans la salle de bain il ne se passe jamais rien, à part les douches mais je crois pas avoir l'estomac assez solide pour voir ça.

Rogue ne se lave jamais, il aurait dû laisser le flacon de shampooing dans un coin de la chambre de Gwen, comme ça j'aurai pu espionner sans être une voyeuse perverse.

« Tany chérie ? Tany ? Tania ! » S'impatiente ma mère.

Je sors de mes pensées, tout le monde me regarde.

« Quoi ?

- C'est à ton tour de jouer ! » Dit ma mère.

J'ai pas du tout réfléchi à un mot, je déteste ce jeu.

Je mets mon dernier N sur le plateau à côté d'un O.

« ON, deux points, dit ma mère légèrement déçue. A toi, Steve. »

On va voir si Black s'en sort mieux cette fois-ci… Il place ses sept lettres sur le plateau.

CHANTEUR.

« Un scrabble ! Bravo mon chéri ! S'exclame Michelle en ébouriffant les cheveux de Black.

- Revoilà le champion ! » Dit mon père.

Effectivement, revoilà le champion. Black aligne scrabble sur scrabble, une veine pas possible ou un cerveau hors pair.

Il va pouvoir se vanter d'avoir réussi à gagner, il va pouvoir dire qu'il avait raison, je sens que je vais commettre un meurtre ce soir.

N'empêche, autant de chance c'est vraiment bizarre…

J'observe bien Black, il plisse les yeux l'air concentré, un éclair presque imperceptible passe dans ses yeux… il triche !

Black utilise la magie pour changer les lettres, c'est pas très compliqué, c'est un sort qui se lance sans baguette.

Il s'en sortira pas comme ça.

Je lance le sort à mes lettres et je les place sur le plateau pour faire apparaître le mot TRICHEUR.

Black regarde le mot sans ciller, il place ses lettres le plus naturellement du monde.

DELIRANT.

Mon père met ses lettres sur le plateau.

PAIN.

Ça n'a plus rien à voir avec notre « conversation » à Black et à moi, les vieux vont finir par se rendre compte de quelque chose.

« Steve, tu as soif ? Dis-je.

- Heu, non, répond-il.

- Tu devrais, dis-je, tu m'as l'air assez déshydraté.

- Oh, euh oui, je vais prendre un verre, dit-il en comprenant enfin.

- Moi aussi », dis-je en me levant.

On entre tous les deux dans la cuisine, Black regarde sa montre, surpris.

« Il est pas encore l'heure de prendre ma potion, dit-il, étonné. Pourquoi tu m'as fait venir ici ?

- A ton avis ?

- Je vois pas, répond-il l'air parfaitement innocent.

- Tu triches ! Dis-je.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Demande-t-il.

- Tu arrives toujours à faire des scrabbles, tu n'arrêtes pas de gagner ! Dis-je.

- Et alors ? Ca prouve pas que je triche, répond-il. Je t'avais dit que ce jeu était trop facile pour moi.

- Me prend pas pour une conne, dis-je. Je t'ai vu lancer le sort, je suis pas débile.

- Ça reste à prouver, répond-il.

- Tu as triché, je le sais. T'es pitoyable, pas foutu d'aligner trois lettres tout seul, il te faut l'aide de la magie ! Si c'est ça un élève brillant de Poudlard je vais me poser des questions sur les facultés intellectuelles des sang-pur, ou alors juste des mangemorts.

- Je suis tout à fait capable d'aligner trois lettres tout seul, répond-il.

- Alors pourquoi tu utilises la magie ?

- Parce que je suis sensé jouer le rôle d'un champion, dit-il. Alors autant prendre des précautions.

- Un champion ne gagne pas systématiquement ! Mes parents vont finir par se douter de quelque chose si tu continues comme ça, et puis en utilisant la magie tu prouves que tu es un parfait abruti, dis-je.

- D'accord, je ne tricherai plus, répond-il. Et tu verras je t'écraserai quand même.

- Dans tes rêves, dis-je. Tu sais à peine écrire, t'as besoin d'un sort écrire un mot alors je pense qu'une pauvre sang-de-bourbe comme moi à qui on a appris à lire et à écrire au lieu de lui apprendre à lancer des sortilèges impardonnable est tout à fait capable de t'écraser.»

On rejoint les parents qui nous regardent bizarrement, on a peut-être bu notre verre un peu trop longtemps.

« Eh bien, vous en avez mis du temps ! Dit mon père. C'est à ton tour de jouer, Steve. »

Black réfléchit, il a l'air mal à l'aise, sans magie c'est tout de suite plus difficile.

Tout le monde le regarde, il est sous pression.

C'est fou ce qu'un jeu de société horriblement ennuyeux peut devenir palpitant quand on entre vraiment en compétition.

Il finit par poser ses lettres sans réfléchir.

MOLDU.

Silence de mort.

Je suis pas encore morte ? Miracle, ça viendra dans quelques instants.

Mes parents ne sont pas stupides, ils savent très bien ce qu'est un moldu, et comment Steve pourrait le savoir ?

Si j'ai le droit de remettre les pieds dans cette maison je pourrais m'estimer heureuse, mais je vais devoir passer le reste de l'année scolaire à Poudlard…

Ma mère regarde le mot, sans comprendre, puis lentement elle demande à Steve.

« Qu'est-ce que c'est que ce mot, Steve ? »

Black a l'air complètement paniqué, il réalise enfin ce qu'il a fait, un peu tard mais il réalise.

« Euh, Tania m'a dit que c'était le nom d'un cocktail, Tania boit en cachette !

- Quoi ? S'écrie ma mère. Tany chérie tu…

- Elle prend du whisky caché dans le meuble en bois du salon, continue Black.

- Tu connais l'emplacement de ma cachette secrète ? Demande ma mère, incrédule.

- Ouais, je suis bien obligée de boire pour oublier que je dois passer deux semaines avec un mec qui fantasme sur ma mère.

- Qu… quoi ? Balbutie ma mère.

- Ouais, t'as bien entendu, dis-je.

- Rose, c'est faux, c'est… dit Black.

- Tu parles dans ton sommeil, Steevy chéri, dis-je.

- Steve ! Tu n'as pas honte ! Intervient Michelle, scandalisée.

- C'est vraiment… répugnant, dit mon père.

- Je… je… marmonne ma mère toujours aussi choquée.

- Steve, mon garçon, je sais qu'à ton âge les hormones commencent à te travailler mais tu sais, Rose est trop vieille pour toi, dit Jack. Excuse-moi Rose, je ne voulais pas dire que tu étais vieille, je veux dire que…

- Mais enfin c'est faux ! S'écrie Black.

- On ne t'en veut pas, Steve, dit Jack posément. A ton âge c'est normal.

- Jack, enfin, ne l'encourage pas ! Ces idées sont malsaines ! S'écrie Michelle. Rose est comme sa mère ! Mon dieu, Steve tu n'as jamais… eu des idées malsaines par rapport à moi ?

- Non ! Maman je… commence Black.

- Mon propre fils ! Pleurniche Michelle. Rose, j'ai terriblement honte. Si tu ne voulais plus qu'on soit amies je comprendrais.

- Non, Michelle, on est amies, on traversera cette épreuve ensemble, dit ma mère. Ton fils a un problème, nous vous soutiendront durant cette épreuve.

- Ecoutez-moi, tente Black.

- Arrêtez de dramatiser, dit Jack. A son âge c'est tout à fait normal de fantasmer sur des femmes d'âge mûr, il n'a aucun problème.

- Mais c'est notre fils, Jack ! Pleurniche Michelle.

- Ecoutez-moi ! Rugit Black.

- C'est horrible, je suis tellement confuse, Rose, continue Michelle sans prêter attention à Black.

TANIA N'EST PLUS VIERGE ! » S'écrie Black.

Tout le monde s'arrête de parler brusquement. Ils me regardent tous.

Black a réussi à inverser la situation, plus personne ne prête attention au fait que lui ou Steve fantasme sur Rose. Jones, une jeune traînée assise dans le salon fait plus d'effet, et je ne vois vraiment pas comment reporter l'attention sur lui.

Calmement, je me tourne vers lui et je lui demande.

« Et comment tu le sais, Steve ? »

Black a encore fait une gaffe, il s'en rend compte et se fait immédiatement le plus petit possible.

Si tout Poudlard sait que Tania Jones « est allée jusqu'au bout » avec Chuck Matthews, un moldu comme Steven Trenton ne peut pas le savoir.

Chuck Matthews est un Poufsouffle, un naze, un rejeté.

Ce qui n'est pas du tout le cas de sa frangine, d'ailleurs celle-ci l'ignore superbement.

L'année dernière je suis sortie avec ce mec.

Vous vous demandez pourquoi ? Par pitié pour un pauvre rejeté ? Non, les Serpentards n'ont aucune pitié.

Si je suis sortie avec lui c'est uniquement parce que je l'aimais bien.

Matthews est un mec assez banal, il est sympa sans plus, mignon sans plus, intelligent sans plus, un vrai Poufsouffle en gros.

Sympa sans plus, mignon sans plus, mais agréable à vivre même si je m'ennuyais un peu avec lui vers la fin.

Je l'aimais bien, je vois pas pourquoi j'aurais pas couché avec lui, je vais pas me réserver pour le prince charmant non plus ! Je suis pas une fille vertueuse.

Chuck Matthews était un mec bien, un mec sans plus mais un mec bien quand même.

Le problème, c'est que malgré le fait que sa sœur jumelle l'ignore, il ne pouvait pas s'empêcher de lui déballer sa vie quand elle daignait l'écouter, un truc de jumeaux sans doute.

Et Sandra Matthews n'est pas une fille du genre discret. Dès que son frère lui a parlé, elle a tout raconté aux gens qui croisaient sa route et à la fin de la journée tout Poudlard était au courant.

Au bout du compte Sandra Matthews m'a donné l'occasion de casser avec son frère, sans ça je sais pas trop comment j'aurais pu le larguer, je ne sais même pas si j'en aurais eu envie. C'est après que je me suis rendue compte du bien fou que ça me faisait d'être débarrassée de lui.

Je ne suis pas une fille vertueuse, ni une fille sentimentale.

« Tany chérie ? Est-ce que Steve a dit la vérité ? » Demande ma mère d'une voix tremblante.

Je pourrais lui mentir, lui dire que c'est totalement faux, mais qui ils vont croire ? Le garçon parfait ou la fille qui répond à ses parents ?

« Oui, maman, c'est vrai, dis-je. J'aimerai juste savoir comment il le sait.

- Je… euh… marmonne Black visiblement très mal à l'aise.

- Viens avec moi, Tania, me dit mon père. Il faut qu'on se parle, je crois que j'ai tout compris. »

Mon père est peut-être un râleur de première mais c'est pas un con pour autant, il a tout deviné, je suis foutue.

OoOoOoO

On s'installe dans la cuisine, il est en face de moi et il me fixe avec un regard inquisiteur.

« Ecoute, Tania, j'ai remarqué plusieurs choses étranges au cours de cette soirée. Je sais qu'aujourd'hui tu es une grande fille, tu es plus… libre de faire ce que tu veux, alors c'est tout à fait normal que tu en profites, depuis le temps que tu attends ça. J'ai aussi remarqué que Steve avait l'air différent. Il est plus… libre, un peu moins…

- Coincé ?

- Je n'aurais pas utilisé ce mot, mais en gros oui, répond mon père. Steve a changé depuis quelques temps, je pense que c'est à cause de toi, après tout tu as l'âge de faire ce que tu veux. Je vais te poser une question, Tania, une seule question et je veux que tu y répondes franchement. Si tu veux la réponse restera entre nous.

- Je t'écoute, dis-je assez nerveuse.

- Est-ce que toi et Steve vous… vous fréquentez ? » Demande-t-il.

Hein ? C'est ça la question ? C'est ça la déduction à laquelle il est arrivé ? Moi et Steve ?

Je retire ce que j'ai dit sur les capacités intellectuelles de mon père, c'est abruti fini.

« Non ! Bien sûr que non ! Dis-je écoeurée.

- Très bien, je te crois, c'est tout ce que je voulais savoir. Je te fais confiance, Tany chérie, je ne pense pas que tu me mentes, j'espère ne pas me tromper.

- Je ne te mens pas, papa, dis-je. Je suis pas assez désespérée pour me jeter sur Steve Trenton.

- Dans ce cas, allons rejoindre les autres », dit-il.

On retourne au salon où ma mère, blanche comme un cachet d'aspirine, se fait réconforter par les autres.

Elle me regarde avec des yeux vides, sans expression.

Je peux voir qu'elle a tout un tas de questions qui bouillonnent dans sa tête, l'interrogatoire va être long.

« Alors c'est vrai ? Demande-t-elle encore.

- Oui, dis-je.

- Quand ? Qui ? Qu'est-ce qui t'es passé par la tête ? Je croyais t'avoir mieux éduquée que ça ! Tu t'es protégée au moins ?

- Une question à la fois s'il te plaît, dis-je.

- Quand as-tu commis cette erreur ? » Demande-t-elle.

La vraie réponse c'est : en mai, deux semaines après avoir eu 16 ans l'année dernière.

« Il y a deux semaines, dis-je.

- Mais, il y a deux semaines tu étais encore à l'école, intervient Michelle. Il n'y a que des filles dans ton école.

- On organise des sorties, dis-je. Et aussi des fêtes. A l'occasion de ces fêtes on voit des garçons de l'école St Pierre. A St Pierre il y a un garçon dont je suis amoureuse.

- Et comment il s'appelle ? Tu le fréquentes depuis longtemps ? Continue ma mère.

- Je le fréquente depuis deux ans, dis-je. Il s'appelle… Remus Lupin.

- C'est un nom bizarre ça, il doit avoir des parents étrange, commente Michelle.

- Est-ce que c'est un garçon sérieux ? Demande mon père.

- Il est très sérieux, dis-je.

- Et quand pourra-t-on le rencontrer ce charmant garçon ? Demande ma mère.

- Je sais pas, il est absent pour le moment, dis-je.

- Je veux le voir, dit ma mère. Tu vas lui écrire et l'inviter à dîner. Je veux rencontrer ce garçon, il viendra pendant les vacances rencontrer sa belle-famille et il a intérêt à nous plaire. »

S'il vient tout de suite en tant que loup-garou il risque de pas trop leur plaire, quoique…