Bonjour tout le monde ! Sans ajouter des blablas, voici la suite. Bonne lecture.


Après une semaine chez moi, j'avais enfin pu regagner Poudlard. La guerre entre mes parents s'était arrêtée le jour même où elle avait débutée. J'étais déçu, ma mère avait abdiqué du coup il était hors de question que j'obtienne ce serpent dont je rêvais tant.

Heureusement, on ne m'avait pas posé trop de questions sur la raison de mon absence. L'excuse d'une grande tante éloignée décédée avait bien fonctionné. Il ne s'était pas passé grand chose durant ma convalescence, je pouvais donc reprendre le rythme des cours sans trop de perturbation. Mais un autre problème que je n'avais pas prévue commençait à m'ennuyer sérieusement. Daphnée Greengrass ne me lâchait pas d'une semelle, soit disant pour me remonter le morale face à la perte de ma tante imaginaire. Au début je trouvais cette situation amusante, mais maintenant je ne le supportais plus. Aussi bien que j'ai dû utiliser un stratagème pour m'en débarrasser une bonne fois pour toute.

J'étais tranquillement installé sur mon fauteuil fétiche de notre salle commune. Bruce et Jack planchaient sur un devoir de Divination et je les aidais en inventant, pour leur carnet de rêves, des accidents les plus extravagants les uns que les autres. Ils m'avaient expliqué que le professeur Trelawney avait un penchant pour les catastrophes... En face de nous Drago lisait la Gazette du sorcier avec la tête de Pansy sur ses genoux. La jeune fille était en profonde admiration du blond et je détournais le regard pour ne pas me moquer. Pour moi, il s'agissait d'un couple des plus improbable. D'ailleurs Drago avait peut-être ingurgité un philtre d'amour contre son grès ? Enfin non pas que je m'en préoccupe, mais cela me donnera une bonne raison pour me moquer de lui, après tous il m'avait profondément ennuyé avec la Potter.

-"Mardi, j'ai rêvé que je … que je buvais un verre d'eau, donc ça signifie, que selon l'alignement de Jupiter avec Neptune, je vais me noyer dans mon bain !" Écrivait fièrement Jack.

-"Tu t'es pas déjà noyé dans ta piscine le mois dernier ?" Signale Lestrange.

-"Si, mais là c'est dans mon bain ; ce n'est pas pareil." Déclare Jack comme une évidence.

Bruce médite quelque instant puis décide que cette réponse est parfaitement cohérente.

-"Qu'est-ce que vous faites ?" Demande Isida Black avec ennui en s'asseyant sur l'accoudoir de mon fauteuil.

-"Ils s'inventent des morts …" J'explique sur le même ton d'exaspération.

-"Quelle idée de choisir la Divination. Il y a pas plus débile comme matière." Rétorque Isida.

-"Si c'est pour nous dire ce qu'on sait déjà, inutile de rester ! On n'a pas besoin de tes ondes négatives." Se révolte Lestrange.

-"Très bien je m'en vais, de toute façon on ne peut pas faire gober autant d'ânerie à quelqu'un, vous êtes bon pour un T."

La jeune fille se lève et à ce moment précis j'aperçois Daphnée qui s'approche dans ma direction. Sans réfléchir une seule seconde, j'attrape Isida par la taille pour la faire s'asseoir sur mes jambes. Trop surprise par mon action, avec satisfaction je constate qu'elle ne proteste même pas. Mes amis me dévisagent tous avec incompréhension, mais je les ignore complètement en me cachant derrière la chevelure de la brune. Après quelques secondes Isida se retourne pour me faire face et ses yeux bleus me lancent des éclairs.

-"Mais qu'est-ce que tu fabriques ?" Elle chuchote entre ses dents serrées..

-"La même chose que toi, je t'utilise pour me débarrasser d'une fille trop entreprenante."

Elle dirige alors son regard vers une Daphnée furibonde qui s'éloigne à grands pas, sans avoir préalablement soupiré exagérément. Jack comprend alors mon manège et m'envoie un clin d'œil avec un sourire machiavélique.

-"Il me semble que moi, je n'avais pas poussé à l'extrême pour me débarrasser de Mulciber." Elle réplique en chassant mes mains de sa taille.

-"Certes, mais je ne suis pas toi." Je la nargue.

-"Espèce de …"

Un coup d'œil à la pendule m'indique qu'il est l'heure de nous rendre à notre cours de potion. Je ne lui laisse alors pas le temps de m'insulter. Je la lève dans mes bras, pour ensuite la jeter sur le fauteuil que j'occupais précédemment. Ses traits sont déformés par la fureur, elle est prête à m'arracher les yeux. À cette constatation je lui adresse un grand sourire, ce qui accentue encore plus sa colère. J'attrape mes affaires et m'éloigne en compagnie de mes amis, tout en évitant de justesse un maléfice de furoncle.

-"Tu es mort Jedusor !" Crie une Isida complètement folle.

-"Ça c'est ce qu'on appelle l'amour vache." Je plaisante avec mes amis dans un murmure.

Nous nous esclaffons tous les trois en quittant la salle commune. Nous arrivons en avance devant la salle de potion. Quelques Gryffondors patientent déjà dans le couloir du cachot. J'aperçois Gauïs Black en compagnie de Grace Potter et je ne peux m'empêcher de reprendre mes vieilles habitudes. Je m'arrête à leur hauteur dans le dos de la jeune fille. Je fais signe à mes camarades de me laisser seul, puis je me penche à hauteur de l'oreille de la rouquine.

-"Hey, salut."

Après un léger sursauts, elle se retourne le visage quelque peu rosie. Elle m'adresse un léger sourire auquel je réponds.

-"Oh, bonjour. Comment vas-tu ? Enfin, je suppose pas terrible, je te présente mes condoléances."

-"Merci, c'est très aimable de ta part." Je minaude avec un air triste.

-"Pffff." Souffle Black.

Je le dévisage avec un air faussement choqué. Mais je sais tout de suite qu'il ne croit pas du tout à mon air penaud.

-"Gauïs, tu pourrais au moins te taire." Lui dit discrètement la jeune fille.

-"Non, mais ouvre les yeux tu ne vois pas qu'il te raconte n'importe quoi, ça lui fait ni chaud ni froid." Proteste le brun.

-"Je suis désolé, heureusement que tout le monde n'est pas une brute sans cœur." Elle s'excuse pour son ami.

Je maintiens l'expression de tristesse quelque seconde, puis souris faiblement.

-"Je ferai mieux de rejoindre mes amis, de toute façon on se voit à l'intérieur."

Elle m'adresse un signe affirmatif, puis je continu mon chemin. Arrivé à hauteur de Black, j'affiche un petit sourire en coin tout fier mon intervention. Immédiatement le jeune homme se renfrogne en m'envoyant un signe grossier de la main. Je ne m'en formalise pas, mon but était atteint ; embêter Black.

Le professeur Rogue nous ouvre la porte dans un claquement. Comme d'habitude, il attend que tous ses élèves s'installent sans prendre la peine de nous saluer. J'avais toujours pensé que les enseignants de l'école se plaisaient à Poudlard, mais j'avais de sérieux doutes en ce qui concernait le maître des potions. Pas besoin d'être une lumière pour comprendre qu'il détestait profondément ses étudiants. Le raclement des chaises résonnent dans le cachot, Rogue irrité ne put alors s'empêcher de faire une remarque.

-"Quand vous aurez fini de faire du bruit inutilement nous pourrions peut-être débuter ce cours ?"

Personne ne prend le risque de répondre, de peur de s'attirer les foudres du professeur de potion.

-"Bien, je savais que vous n'étiez pas brillant, mais je ne m'attendais pas à une telle catastrophe. Je vais vous rendre votre devoir sur la Pierre de Lune, seul trois élèves auraient obtenue leur B.U.S.E. Et oui Mr Anderson je suis au regret de vous informer que le filtre de paix est très souvent demandé lors de l'examen. Il est désolant de voir que la plupart d'entre vous ne prenne même pas la peine de faire des recherches. Je vous rappelle que je n'accepte que les Optimal et les Efforts Exceptionnelles, en sixième année. Cela vous laisse encore une marge de deux ans pour vous y mettre sérieusement."

Après ce sermon démotivant, les copies furent distribuées. Quand je récupérais la mienne, je fus heureux de constater qu'un O grossier était inscrit sur mon devoir comme mon père l'avait prédit. Il n'y avait aucun commentaire pour accompagner ma note, comme-ci cette réussite agaçait profondément le professeur Rogue. Un coup d'œil en coin m'appris que ma voisine avait obtenu un A ; Le maître des potions était très sévère dans sa notation. Grace s'empressa de ranger sa copie dans ses affaires, il y avait toujours eu une compétition entre nous deux. Bien qu'elle soit très douée, j'aimais constater que je la devançais toujours.

-"Après la théorie la pratique, allez-y, la liste des ingrédients est inscrite au tableau."

Je laisse ma voisine installer le chaudron tandis que je me sers dans l'armoire du cachot. Les bras chargés des ingrédients je reprends place. Intrigué par le mutisme de la jeune fille, j'engage la conversation.

-"Au fait j'ai une nouvelle information pour toi."

-"Ah ?" Elle fait plus par politesse.

-"Tu peux ajouter à tes recherches sur les baguettes que le bois de cerisier est principalement utilisé dans la composition des baguettes des Japonais."

-"Merci, mais je le savais déjà." Elle conclut.

-"Mince, j'aurai dû m'en douter." Je constatais un peu vexé par son manque d'intérêt.

Nous commençons à préparer la potion, mais le silence me gêne, car je n'arrive pas à l'expliquer. Nous étions plutôt en bon terme dernièrement. Même si je ne la qualifiais pas d'amie, j'avais su apprécier sa présence. J'acceptais même avec moins de désinvolture ses questions indiscrètes me concernant.

-"Il y a un problème ?" Je demande prudemment.

-"Un problème ? Non tout va très bien." Elle réplique en détournant les yeux.

-"Est-ce par rapport avec ta note ?" J'essaie de comprendre.

-"Ce n'est qu'une note Jedusor, je n'ai pas joué ma vie sur ce devoir. Tu es ridicule."

Son ton antipathie ne me plait pas du tout. Moi qui avais été sympathique, voilà qu'elle m'envoyait balader sans aucune raison. Étions-nous dans la mauvaise période ?

-"Pardon ?" Je vérifie que j'ai bien compris.

-"Tu ne peux pas te mêler de tes affaires ? Tu m'avais bien signalé que nous ne sommes pas amis. Alors, pourquoi es-tu toujours en train de faire la conversation ?" Elle s'énerve.

Pour qui elle se prenait celle la ? Elle avait oublié que je l'avais défendu lorsque ce vil Serpentard l'avait attaqué ! Pas question que je la laisse s'en sortir à si bon compte.

-"Certainement parce que tu es si aimable. Pardonne moi, la prochaine fois je laisserai Mulciber terminer ce qu'il a commencé, après tout pour ce que j'en ai à faire !" Je lui crache.

La claque sur ma joue résonne à travers les vapeurs des chaudrons. Certains se retournent vers le fond de la classe pour nous regarder, mais peu de personnes ont assistés à la scène. Seul ma joue rouge laisse à supposer la véritable cause du précédent bruit. Cette garce venait de me gifler. Hors de moi je la regarde droit dans les yeux, plein de haine. Je la domine de toute ma hauteur. Elle se croyait tout permis. Je vérifie que Rogue ne nous regarde pas et j'attrape son poignet violemment.

-"Ne refais jamais ça." Je la menace avec rage.

-"Lâche moi ! Tes.. yeux …" Elle bafouille surprise.

Apeuré elle essaie de s'éloigner de moi. Je ne la retiens pas. Je respire lentement pour calmer ma colère, elle venait de m'humilier et je ne le supportais pas. Pour éviter de faire une bêtise et surtout pour lui faire comprendre qu'elle vient de dépasser les bornes, j'attrape mes affaires et change de place. Le professeur surpris, lève un sourcil avant de me demander.

-"Pourquoi avoir changé de place Mr Jedusor ?"

-"Miss Potter souhaite faire cavalier seul." Je rétorque en claquant ma langue.

Voyant que la jeune fille ne proteste pas le professeur n'insiste pas. En revanche, Black se plaît de la situation et ne se gêne pas pour me lancer un sourire moqueur. Je resserre mes poings, je me vengerai plus tard. J'avais usé de toute ma volonté pour me calmer, mais je n'en revenais pas. Il y a 10 minutes, elle était tout à fait cordiale puis tout d'un coup elle m'envoyait balader avec une baffe en plus ! Mon père m'avait parlé des humeurs changeante de ma mère, mais là je n'y comprenais rien. Tant pis pour cette idiote, elle perdait plus que moi, après tout je me fichais complètement de sa personne. Parvenu à me convaincre de l'ignorer à partir de maintenant, je continuais mon filtre de paix.

Vers la moitié de notre cours de potion, on frappe à la porte. J'aperçois le petit frère de Bruce s'avancer vers le professeur Rogue tout hésitant. Bien que l'homme soit plus sympathique avec sa maison, il effrayait les élèves et particulièrement les premières années.

-"Oui ? Mr Lestrange, que me vaut le plaisir de votre visite." Grogne Rogue.

-"Je suis venu pour prévenir Coba, qu'il devait se rendre en salle d'Arithmancie."

-"Pourtant, il me semble que Mr Jedusor est en plein cours de potion."

-"Oui, professeur, mais c'est pour l'examen des baguettes et la gazette du sorcier."

Qu'est-ce que c'était cette histoire ? Pourquoi la gazette du sorcier voulait me voir ?

-"Tous les champions doivent s'y rendre." Continue le petit Bran.

J'avais presque oublié ce maudit tournoi une fois de plus. Je n'avais pas envie de pavaner dans leur stupide journal. Rogue allait bien se rendre utile et pouvoir m'en dispenser.

-"Et bien, ça peut attendre la fin de mon cours." Il rétorque catégoriquement.

Je suis tout à fait d'accord avec lui.

-"Euh non, Mr Verpey a bien précisé que c'était obligatoire..."

-"Très bien ! Jedusor allez en salle d'Arithmancie !" Coupa Rogue en râlant.

Je me levais pour quitter la salle, sans au préalable avoir jeté un regard mauvais à Black. Encore énervé par la confrontation avec la fille Potter je prends tout mon temps pour m'y rendre. Après tout nous étions 25, il pouvait nous appeler au fur et à mesure, non ? Mais j'ai dû me rendre à l'évidence je n'avais pas le choix. J'entrais alors dans la salle de classe.

Mr Ollivander était installé à une table en compagnie de Verpey. Les directeurs étaient aussi présents autour du marchand de baguette. Je remarquais aussi une femme que je connais comme Rita Skeeter. Apparemment j'étais le dernier qu'on attendait, car le célèbre batteur des Frelons prend la parole. Je me presse de m'installer tout seul au fond de la salle.

-"Bien maintenant que tout le monde est présent nous allons pouvoir commencer l'examen des baguettes ! Pas d'inquiétude, nous vérifions juste que votre principal moyen de défense est en bon état. Nous allons vous appeler un par un et notre expert Mr Ollivander vérifia tout ça !"

Les candidats furent convier à tour de rôle à se présenter devant la table. Ollivander vérifiait l'aspect physique de la baguette pour ensuite réaliser un petit enchantement afin de valider son fonctionnement. Il était étonnent de constater que, selon les pays, les fabricants n'utilisaient pas les mêmes composants. Le cheveu de vélanne dans la baguette de Fleur Delacourt surpris même le vieux sorcier. Et finalement ce fut mon tour. Je m'approchais de la table et confiais ma baguette, non sans regret, au marchand de baguette.

-"Ah, Mr Jedusor. Oui je me rappelle parfaitement de cette baguette. Hum …"

Il examine le bâton entre ses doigts précieusement. Et je remarque qu'il avait omis de signaler la composition de ma baguette. Je ne m'en offusque pas, pourvu que je puisse retourner rapidement en cours.

-"Elle est en parfait état. Je ne pense pas me tromper en affirmant que vous y prenez soin."

Je lui confirme ses dires. Puis il exécute un sort ; sans succès. Tiens, Grace avait raison, tout le monde ne peut pas utiliser ma baguette. Cette pensée ravive la brûlure sur ma joue et je m'oblige à penser à autre chose. Le vieil homme rit à voix haute, puis se tourne vers Dumbeldore.

-"J'aurai dû m'en douter, il s'agit d'une baguette très exigeante. Je me demande … Elles viennent toutes les deux du même animal. Peut-être qu'avec vous Albus ?" S'amusa Ollivander en tendant ma baguette au directeur.

Au-delà des papotages du marchand, dont je ne comprenais pas un mot, cette proposition ne m'enchante pas du tout et je me crispe lorsque le bâton atterrit dans les mains du directeur. Et Dumbeldore le remarque. C'était ma baguette, je ne souhaite pas la prêter à n'importe qui. L'homme prend ma baguette entre ses mains avec un brin de curiosité dans ses pupilles et je constate qu'elle lui répond timidement en émanant de petites étoiles bleus.

-"Je suis certain, que Mr Jedusor pourra nous confirmer son bon fonctionnement." Propose Dumbeldore.

-"Sans aucun doute." Confirma Ollivander pensivement en nous regardant tous les deux à tour de rôle.

Soulagé, je reprends ma baguette et exécute un sort de métamorphose sur un verre à pied qui se transforme en théière. Je peux alors regagner ma place, mais pas quitter la salle malheureusement. Bras croisés sur ma poitrine, j'attends que les autres aient terminé. Devant moi, Yannick ne cesse de se retourner dans ma direction pour m'adresser des regards remplis de menace. Il n'avait personne d'autre à enquiquiner ? Je réfléchis à un moyen de m'en débarrasser, mais je dois bien reconnaître que j'ai peu de chance de l'amadouer. Le gaillard devait être une masse de muscle avoisinant les 90 kilos, sans parler de ses deux têtes de plus que moi. Donc physiquement parlant je n'ai aucune chance. Je ne supporte pas de devoir faire profile bas pour obtenir la paix. Mais pour le moment je n'avais guère le choix.

Bientôt on nous demande de réaliser une photo de groupe pour la gazette du sorcier. Je ne souhaitais pas du tout apparaître dans le journal et je n'étais pas le seul. Harry Potter avait demandé discrètement s'il était possible d'éviter cette partie, mais on le lui refusa. J'observe avec dégoût Rita Skeeter se languir des prochaines médisances qu'elle inscrira dans son article. Car évidemment la sorcière demandait aux champions des interviews exclusives. J'élabore un plan dans ma tête pour me faire dispenser de la rubrique ; présentation des ânes concourant au titre du tournoi des écoles. Peut-être devrais-je prétexter une subite dépression résultant du décès de ma fausse tante ? Oui, on ne pourrait pas me refuser de m'isoler face à ma récente perte, ça serait inhumain.

Le flash de l'appareil photo était aveuglant. L'école de Durmstrang venait de finir de poser. Logiquement les élèves devaient se diriger vers la salle mitoyenne pour débuter une pseudo interview, mais Yannick en avait décidé autrement. Je vois à son allure qu'il prépare un mauvais coup. Avec un sourire carnassier il amorce un pas dans ma direction, mais ne termine jamais son geste. Car à ce moment précis, Dumbeldore recule d'un pas en laissant traîner un pied par inadvertance. Le Bulgare, bien trop occupé à me toiser n'avait rien vu et il se retrouva à plat ventre sur le sol.

-"Yannick, vous allez bien !?" S'empresse de s'assurer Karkaroff.

Dumbeldore l'air confus, essuit ses lunettes avec sa robe.

-"Mon cher ami, je suis vraiment désolé, ma vue n'est plus ce qu'elle était, la vieillesse vous savez..."

Le directeur de Durmstrang s'empêchait clairement de crier à l'attentat contre son champion. Mais il ravale vite sa hargne pour déclarer moqueusement.

-"Non je ne sais pas, je n'ai pas ces prrroblèmes voyez-vous."

Je regarde Karkaroff emmener son élève avec un grand sourire aux lèvres. La maladresse de Dumbeldore m'avait épargné une nouvelle confrontation avec le Bulgare. Cette journée n'était pas si désolante que ça. Le grand sorcier remet ses lunettes sur son nez aquilin, puis les mains croisées dans le dos il sort de la salle en chantonnant. Cet homme est vraiment étrange ... Son geste était-il aussi innocent qu'il le laissait entendre ? Je chasse cette idée de ma tête. L'avantage d'être intelligent est qu'il est beaucoup plus aisé de faire l'idiot sans se faire remarquer.

Je rejoins mes coéquipiers pour la photo de groupe. Si Diggory avait l'air content de ma présence, ce n'était clairement pas le cas des autres. Potter restait indifférent, après tout je n'avais jamais importuné le Gryffondor. Mais Dubois et Stump ne se gênaient pas pour montrer leur méfiance ; rancune de Quidditch je suppose. Il faut dire que les personnes n'accordaient pas facilement leur confiance aux verts et argent. Un ressenti légitime sans doute. Je suis exaspéré par l'incompétence du photographe, il a dû prendre au moins cinq clichés différents, tout ça à cause d'un soit disant reflet. À peine finit, Rita Skeeter s'empresse d'intervenir.

-"Parfait, on commence les interviews, pourquoi pas avec le plus jeune Mr Jedusor."

J'ouvre la bouche pour lui servir mon excuse préalablement préparée, mais la sorcière en décide autrement. Elle attrape mon bras pour m'entraîner dans la salle propice à cet effet. La porte derrière moi se referme vivement et nous nous retrouvons seul. La sorcière sort une plume à papote, ce qui ne m'enchante pas.

-"Installe toi, ça risque de prendre un moment." Elle me propose.

-"Justement, je préférais ne pas tarder, j'ai beaucoup à faire." Je m'agace.

-"Allons, voyons j'ai exagéré dix petites minutes seront amplement suffisante. Tu dois m'accorder cette interview, cela fait parti de ton engagement..."

J'ai l'impression qu'elle essaie de m'embobiner. Mais je n'avais jamais vérifié si j'avais l'obligation de répondre à un reporter. Je soupire puis m'installe non sans une grimace.

-"Excellent ! Bien commençons, tu es le fils de notre Directeur des Aurors."

-"..."

Je ne réponds rien et renifle avec mépris. Je ne voyais pas très bien le rapport avec ce tournoi.

-"Aucun doute là-dessus, aussi bavard que son père... Hum hum, alors dis moi, as-tu été influencé par le métier de tes parents pour te mêler à pareil danger ?"

-"Non."

Je regarde d'un mauvais œil la plume à papote s'activer.

-"Au cours de l'histoire, rare ont été les Serpentards sélectionnés pour ce Tournoi. Te sens tu comme un être à part au vu de ta nomination ?"

Mais qu'est ce qu'elle raconte ? Il y a vraiment des gens qui la paient pour poser des questions aussi incongrues !

-"Pas du tout."

-"J'apprécierai que tu expliques tes réponses." Soupire la sorcière.

Je tique à cette remarque, mais n'en fait rien. Tant mieux si je peux l'agacer je sortirai plus vite d'ici.

-"Tout juste 15 ans, n'es tu pas trop jeune pour affronter de telles épreuves ?" Continue Rita.

-"L'âge est seulement un chiffre, la maturité est un choix personnel."

La raison ne vient pas avec l'âge, elle est dans la tête. Je ne me sens pas du tout inférieur aux autres à cause de mon âge. Les enjeux ne sont pas les mêmes, j'avais bien plus à perdre qu'une simple victoire. La plume s'arrête dans les aires, puis continue rapidement à écrire. Skeeter fronce les paupières un instant, puis reprend le cours de son interview.

-"Bien, comme le tournoi ne t'anime pas plus que ça, pourquoi ne pas aborder un autre sujet."

Un jour on m'avait dit qu'on gagne toujours à taire ce qu'on n'est pas obligé de dire. Son interview n'avait aucun sens. Tout le monde se fichait de la vie privée de chaque participant. Je n'ai aucune raison de rester là. Je me lève sans aucune hésitation. Je lui avais accordé assez de mon temps, les autres lui rempliraient sa rubrique sans moi. Une fois la poignée actionné, la reporter intervient.

-"Comment as-tu réagis à la mort de Morfin Gaunt ? Il s'agissait d'un membre de ta famille …"

Je ne méprise pas tous ceux qui ont des vices, en revanche je hais tous ceux qui n'ont aucune vertu. M'associer avec cet individu est une insulte et fait mal, bien que vrai, aussi je suis persuadé qu'elle était au courant de cette particularité depuis un bout de temps. Salir le nom de mon père avec Gaunt, raviverait la notoriété de Rita Skeeter. Je referme la porte et me retourne vers mon tortionnaire. Cette femme se réjouissait à l'avance du mal qu'elle ferait circuler.

-"Vous faites erreur sur la personne."

-"Je ne crois pas les arbres généalogiques, aussi secret soient-ils, ne se trompent pas. Les gens parlent tu sais et certains faits sont irréfutables." Elle révèle d'une voix perchée.

Elle sait parfaitement qu'elle tient un scoop. Si cette information quitte cette salle toute ma famille subira les conséquences. Gardait-elle cet atout dans sa poche depuis un moment ? C'est une catastrophe, je n'ai aucune idée de ce que je suis censé faire. La prudence, la dernière fois que je m'étais retrouvé dans une telle situation je l'avais joué de manière trop impulsive. Je dois à tout prix prévenir mon père avant qu'elle ne publie un article le discréditant. Je choisis bien mes mots, ne pas la contredire pour la faire douter.

-"Il y a ceux qui parlent et ceux qui font. Pour ma part, je préfère vous laisser parler. Vous savez un mensonge en entraîne un autre, personne n'est à l'abri."

Ma réponse rend la femme perplexe, s'attendant sûrement à ce que je me braque à ses propos. Intérieurement je croise les doigts pour que l'incertitude traverse son esprit. J'ai besoin de temps. La porte s'ouvre derrière moi et Dumbeldore entre sans demander la permission.

-"Mrs Skeeter, il me semblait pourtant vous avoir prévenu que pour interviewer un élève mineur, l'autorisation écrite des parents était nécessaire. Or je pense ne pas me tromper en confirmant que les Jedusor ont formellement refusé que leur fils participe à une quelconque interview." Remarque le directeur avec une pointe de colère.

-"Oh, pardonnez-moi mon cher, j'ai dû égarer cette fiche d'autorisation par inadvertance..." Sourit la femme.

Cette vile sorcière ! Elle m'avait fait croire que je lui devais cette entrevue. Pourquoi on ne me disait jamais rien à moi ? Bon, même si je n'avais pas suivi avec grand intérêt les règles de ce tournoi, il me semble qu'il s'agit d'une information capitale !

-"Et bien maintenant que ce point est clair, Mr Jedusor va regagner sa salle de cours. Oh et si j'étais vous, j'éviterai de publier l'article que vous venez de rédiger. Tom Jedusor est un homme n'aimant pas être contrarié. Il serait fâcheux pour vous, qu'il soit informé par inadvertance de votre incapacité à suivre un règlement imposé par le ministère."

Le sourire de Rita Skeeter se transforme en un rictus. Apparemment la sorcière s'était déjà frotté à mon père. En connaissance de cause, je savais que l'expérience n'était jamais agréable. Dumbeldore attendit que les parchemins me concernant soient brûlés, puis je sortis précipitamment de la salle. L'homme avait beau être clément avec Skeeter ce n'était pas mon cas, je me pressais d'aller prévenir mon père via le miroir à double sens.

Merci ! Votre avis ? Des questions ?


Corrigé le 31/12/2015

Disclaimer ; tout l'univers d'Harry Potter appartient à Jk Rowling, seul quelques personnages originaux m'appartiennent.