Titre de la fiction : « PDJM »

Auteur : Sermina (chapitres impairs) Azerty (chapitres pairs)

Beta lectrice : Sermina et Azerty

Genre : Drame

Disclaimer : Non, on ne se fait pas d'argent sur le dos de Masashi Kishimoto, les personnages de Naruto lui appartiennent ainsi.

Chapitre 38

« Résumons » cogita Sakura en soulevant l'enveloppe de son coéquipier. « Naruto, que je sens clairement dans mes bras, est soit disant plusieurs étages au-dessus de ma tête. On me demande non plus de désactiver le piège mais de me jeter tête baissée dedans, et, pour couronner le tout, la personne qui m'a donné ces conseils est non seulement un dangereux criminel, ennemis juré de notre village, mais en plus elle est morte et enterrée depuis un bail. Même en tant que médecin, je n'avais jamais vu un cadavre se porter aussi bien. Et moi, je l'écoute… »

Rien à faire, quel que soit la manière dont elle tournait les choses, elle se faisait l'effet d'être folle à lier. Mais voilà : à chaque fois qu'elle envisageait de suivre les plans initiaux sans prendre en compte des avertissements d'Itashi, elle se souvenait de la quiétude et de la bienveillance qui planait sur sa vision. Dès lors, elle ne parvenait plus à se raisonner : il fallait qu'elle vérifie, quitte à se précipiter dans un piège. S'il y avait ne serait-ce qu'une once de vérité dans ce qu'avait dit l'aîné Uchiwa, alors ça valait le coup.

Naruto avait beau faire dix bons centimètres de plus qu'elle, habituée comme elle l'était à défoncer les murs à la seule force de son auriculaire, elle n'eut pas le moindre mal à le hisser par-dessus de son épaule, avant de s'avancer d'un pas décidé vers la fine barrière luminescence. Là, elle hésita pourtant un instant, frôlant du bout des doigts le chakra chatoyant. Puis elle franchit le pas, au sens propre.

Le temps d'un battement de cil, elle eut l'impression d'être littéralement écartelée de toutes parts, puis rassemblée en une fraction de seconde. Un seul regard alentours lui confirma qu'elle s'était bel et bien téléportée, et que le poids de son coéquipier sur son épaule ne l'avait pas quitté. Tous deux se trouvaient désormais dans une pièce sombre, sans fenêtre, et dont l'unique ouverture était une porte étroite solidement blindée. Par le soupirail, elle pouvait entrapercevoir une quinzaine de grilles successives, comme autant de sas infranchissables entre cette pièce et la liberté. Incrustés en nombre impressionnant sur les murs, des runes alambiquées et complexes empêchaient à toute personne s'y trouvant de faire usage de son énergie pour un jutsu, aussi mineur qu'il fut. Les gens qui avaient construit cet endroit étaient de véritables génies en ce qui concerne le chakra, constata la jeune femme, admirative malgré elle. Sauf qu'ils n'avaient pas pensé à quelque chose : la téléportassions par une personne à extérieure, grâce à un objet préalablement placé sur la ou les personnes à faire évader. Sans émission de chakra à l'intérieur de la cellule, toutes les belles sécurités ne servaient à rien ! Pour leur défense, il fallait avouer que non seulement il ne devait pas exister plus de dix artefacts de téléportassions (dont un était un héritage ancestrale du puissant clan Uchiwa, transmit de génération en génération, créé par le célèbre Madara, entre autre connu pour ses talents indéniables en manipulation de l'espace-temps). De plus, pour s'évader de cette manière, il fallait avoir prévu d'être enfermé et avoir laissé un allier à l'extérieur. Bref, quitte à créer une stratégie aussi poussée, autant éviter franchement de se faire capturer. Non, vraiment, toute cette histoire de bague ne tenait qu'à une succession de coups de chance, et en temps normal, cette prison aurait figuré haut dans le palmarès des mieux sécurisées du monde.

Dans un coin de la salle, elle repéra la dénommée Konan, prostrée contre un mur, le regard dans le vague. Toujours prisonnière d'une illusion, elle allait surement continuer à se battre contre des chimères pendant un certain temps. Rien à craindre d'elle donc, pour l'instant, elle était aussi dangereuse et agressive qu'une plante verte décorative.

Avec un soupir résolu, Sakura s'assit sur le sol rugueux, déterminée à attendre aussi confortablement que possible. Le reste dépendait désormais de Sasuke.


Aussi bon commandant qu'il soit, Ichiro était et avait toujours été avant tout un homme d'action, toujours en première ligne. Fou serait celui qui penserait qu'une fois l'Akatsuki lancée sur les talons de Sasuke, il serait resté les bras croisés alors que la seule personne à qui il tenait en ce bas monde était en danger. Alors si en plus son seul allier venait de se transformer en ennemi mortel…

C'est une dizaine de minutes après Konan qu'il pénétra dans les souterrains. Il manqua l'affrontement de peu, passa à une seconde près de croiser Itashi au coin d'un couloir et pénétra juste à temps dans la salle pour apercevoir deux formes se faire engloutir par le dernier piège. Il n'eut pas le temps de les reconnaître, mais il faut dire c'était la dernière de ces priorités. Non, deux autres éléments le perturbèrent bien plus : d'un, le corps artificiel, cet appât qu'ils avaient eu tant de mal à confectionner, avait disparu. De deux, et cet élément-là chassa tous les autres de son esprit, il remarqua une silhouette inconsciente, dont le reste du monde s'était complètement désintéressé.

Là, avachit à même le sol près de l'entrée de la salle depuis que Sasuke l'y avait assommé, Akiko respirait doucement. En une fraction de seconde, le jeune commandant fut sur lui, une main protectrice posée sur son épaule. Il prononça son prénom, et le plus jeune remua insensiblement, avant de soulever doucement les paupières. Pourtant, son regard embué ne resta qu'une seconde sur son ami d'enfance, avant de se retrouver aimanté vers le dernier endroit où il avait vu l'enveloppe de « son dieu ».

-Kyuubi-Sama, murmura-t-il dans un souffle.

- Il va bien, je te le jure. Maintenant, suit moi.

La voix d'Ichiro était autoritaire, comme elle l'avait toujours été. Pourtant, s'il avait été dans son état normal, même Akiko aurait pu y déceler une pointe de soulagement, mêlé à ce qui ressemblait bien à de la jalousie.

« D'abord, mettre cet imbécile en sécurité avant que tout ne commence à se compliquer et que les vrais combats n'éclatent, se dit le plus gradé. Je vais bien trouver une petite cellule où l'enfermer le temps que ça se calme. »

On avouera qu'il avait une façon assez rude et radicale de protéger ceux qu'il aimait, mais au moins c'était efficace !

« Ensuite, soit les ombres que j'ai vu disparaître sont le cadet Uchiwa et le faux Naruto, auquel ça je vais à la prison, je me fais un plaisir d'égorger cette sale fouine et récupérer l'appât. Soit je n'arrive pas à remettre la main dessus, et dans ce cas… et bien je donnerai le vrai porteur de Kyuubi à l'Akatsuki ! Après tout, je n'ai plus à l'épargner pour Itashi, puisque notre accord est déjà tombé à l'eau. De toute façon, je n'ai pas l'intention de les laisser en liberté assez longtemps pour qu'ils profitent du démon. Et si le garçon meurt dans la foulé, tant pis. Je donnerai la tête de leur chef à Konoha en dédommagement. »

Il en était là de ses réflexions lorsqu'une vive douleur le foudroya, le propulsant directement dans l'inconscience. En bon ninja, il était de ceux qui ne tournent jamais le dos à qui que ce soit. Sauf à Akiko. Debout derrière lui, ce dernier lâcha la planche dont il s'était servi pour l'assommer, puis il tourna les talons et se mis en quête de son précieux Kyuubi-Sama.


Lorsqu'il la convoqua, Sasuke eu le soulagement de constater que non seulement Sakura se téléportait convenablement, mais qu'elle tenait contre elle le corps endormi de leur coéquipier. Il dut lutter de toutes ses forces pour ne pas se précipiter pour vérifier qu'il allait bien, sentir son cœur battre en clamant que oui, il était vivant et enfin près de lui.

Sauf qu'il ne pouvait pas craquer. Pas ici, pas maintenant, et surtout, pas devant Sakura.

Le regard dur de sa coéquipière le coupa de toute façon avant qu'il ait pu laisser libre court à son soulagement;

-On a peut-être un gros problème, déclara-t-elle d'un air grave.

Et, désignant le corps dans ses bras, elle demanda.

- Selon toi, est-ce que c'est Naruto ?

D'abord interloqué pas la question, l'Uchiwa détailla l'appât de son regard sang ponctué de virgules. En quelques secondes, la vérité s'imposa à lui tout ce qu'elle avait de cruel et de décevant;

- Qu'est-ce que c'est que cette chose ? siffla-t-il d'un ton à mi-chemin entre le dédain et l'horreur.

- C'est vivant, c'est humain, et il n'y a pas d'illusion. Pour moi, on dirait vraiment Naruto, répondit la jeune femme.

- Cette chose est vide, la démenti le jeune homme. Je ne sais pas comment ils l'ont fabriquée, mais ça n'est pas et ça n'a jamais été un humain.

- Alors il y a quelque chose que tu dois savoir.

Sa voix était de plus en plus sombre, préoccupée.

- Quelque chose qui risque de te faire un sacré choc, Sasuke.

Mais avant qu'elle ait pu entrer dans le chapitre des révélations troublantes, le sifflement aigu d'un kunai l'interrompit. En garde, les deux ninjas de Konoha se désintéressèrent du corps pour se retourner vers une silhouette qui se découpait dans le noir, quasi invisible sous le couvert des arbres. Ils n'étaient pas seuls.