Titre : Ni personne d'autre
Disclamer : Rien à moi, tout à JKR
Paring : HP/DM
Rating : M
Note : Bonjour tout le monde! Vous avez passer une bonne semaine? Moi je me plain pas vu que je suis en vacance :p Je suis contente que vous aillez aimer mon précédent chapitre et j'espère que vous aimerez celui-la! Merci à Lyashura pour sa correction ^^
Bonne lecture!
Chapitre 36:
Bon, j'ai deux solutions. Deux petites solutions. Rien de bien extraordinaire. Soit, je feins l'ignorance, et je reste naturel. Soit, et c'est bien le plus dur, je fais taire ma fierté et je me jette sur lui. Donc, deux solutions. Les deux me tentent vraiment. D'un coté, j'ai ma furieuse libido qui a décidé de se réveiller en six ans, alors qu'elle m'avait bien laissée tranquille pendant un moment. Puis, de l'autre coté, il y a ce sexy brun qui me tend les bras.
La raison ou la libido. La fierté ou le sexe.
Je me frapperais bien la tête contre ma casserole moi. Jolie casserole. Elle est gentille et en plus pleine d'eau bouillante. Ça doit faire suffisamment mal pour me faire penser autre chose qu'avec mon bas ventre. Le deuxième cerveau d'un mec n'est pas à écouter.
On se demande pourquoi je me mets dans cet état ? Très simple, on est samedi et Gabriel va passer le week-end chez son père. Son père qui doit venir le chercher dans quelques minutes. Son père qui devra rester avec moi le temps que Gabriel revienne de chez son oncle. Merlin, que ce gosse est demandé. Mais je ne pouvais pas empêcher Théo de jouer avec Gabriel !* Après tout le gosse est son neveu. Mais maintenant ça me laissera seul avec le père en attendant qu'il me ramène mon fils.
Parce que le père est ultra sexy et que j'ai envi de me le taper. Et que le père m'a foutu par terre, il y a quelques jours, une semaine pour être précis, et que depuis je l'évite comme un malade. Un peu comme avant, quand je ne voulais pas le voir pour qu'il ne me parle pas et qu'il ne découvre pas qui est Gabriel pour lui. Je suis un peu dans cet état maintenant. Mais là, je n'ai pas le choix, je ne vais pas pouvoir l'éviter. Je vais devoir le voir et rester avec lui le temps que mon gamin revienne et l'emporte avec lui. Il faut emporter le brun. Il ne faut pas garder le brun. Car brun est égale à baiser brûlant. Et baiser brûlant est égale à sexe.
Et le sexe c'est bien, de ce que je me souviens. Mais le sexe, c'est mieux si les deux partenaires ne sont pas engagés autre part. Bon, j'ai failli me laisser faire, et perdre ma virginité... une seconde fois. Mais je ne recommence pas ! Bon ok, techniquement parlant, je n'aurais rien perdu une seconde fois, mais disons que depuis le temps je pense être re-virginisé.
Voilà, c'est décidé : je l'ignore. L'ignorance est la meilleure solution. Après tout, je ne suis pas du tout attiré par lui. J'ai réussi à vivre sans sexe et sans lui pendant un certain temps, je peux continuer. Et de toute façon, je n'ai jamais été en manque. Je le saurais si je l'étais... Je suis toujours au courant de tout ce qui se passe dans mon corps.
Je sortis un couteau et ma planche à découper. Je lavai mes courgettes dans mon lavabo. Je me préparai à les couper quand la sonnerie de l'entrée retentit. Mon cœur s'affola et mes mains devinrent moites. Je devais me contrôler. Je ne suis pas attiré par Harry, c'est un mensonge. Bordel, Draco tu es le mec le plus doué du monde pour le déni, alors « dénis » un peu Harry. Par pitié, « dénis » Harry ! Tu as bien réussi à oublier que tu avais un utérus ! Je lâchai mon couteau et partis ouvrir la porte. Il était là, les mains dans les poches. Je lui souris pour le laisser entrer chez moi. Il passa à coté de moi et je sentis une bouffé de son odeur.
Alala, comment je suis censé rester naturel, moi ? Je peux, sans me mentir, arriver à rester à peu près calme, même si j'ai une furieuse envie de... me pendre... Merlin, que la mort serait douce comparée à la tentation de ce joli petit cul moulé dans ce jean. Joli cul ? Mais où est-ce que je regarde ? Je déglutis et secouai ma tête, il fallait bien remettre son cerveau en place ! Je remis machinalement mes cheveux en ordre, pour me donner une contenance. Je vis le plan de travail de ma cuisine et décidai de reprendre là où je m'étais arrêté pour faire quelque chose de mes mains... quelque de chose de non pervers...
Serpentard... si tu es vraiment mon père spirituel, viens-moi en aide... ou pire, tue-moi sur le champ comme je te l'ai si gentiment demandé à de nombreuses reprises dans ma vie...
- Pourquoi il ne m'écoute jamais... me chuchotais-je, désespéré, en empoignant mon couteau pour couper mes légumes.
- Tu as dis quelque chose ? me demanda Harry, qui s'était posé sur le rebord de la table à manger, juste derrière moi.
-Non, non ! Euh… Gaby n'est pas encore là, il était avec son oncle.
- J'ai tout mon temps...
Alala... je fais quoi ? Je coupe mes légumes, certes, mais le savoir dans mon dos me stresse. Je ne veux pas qu'il soit dans mon dos. De préférence, je ne veux pas qu'il soit chez moi, je veux continuer à l'éviter le plus possible, parce que je ne suis pas sûr d'arriver à ne pas lui sauter dessus. Si ! Je suis plus fort que mes hormones ! Plus fort que tout en fait. Je suis une force de la nature. Je peux résister au sex-appeal de ce brun derrière moi.
Je reniflai et repris mon travail, je me concentrai sur ma découpe, faisant des tranches fines que je coupai ensuite en dés. Je me concentrai pour ne penser à rien d'autre. Je sentis soudainement une chaleur dans mon dos. Une chaleur se collant à moi. Une grande main glissa de mon avant-bras nu jusqu'à ma main qui tenait le couteau. Cette main entoura la mienne pendant que l'autre s'enroula autour de mon ventre me collant encore plus à ce corps chaud derrière moi. Je sentis un souffle chaud et régulier sur ma nuque. Sa main suivait les mouvements de la mienne pour couper mes légumes, mon cœur était un tambour dans ma poitrine.
- Que fais-tu ? chuchotai-je, peu confiant en ma voix.
- Je t'aide pour la cuisine.
- Je n'ai pas besoin d'aide, retourne t'asseoir s'il-te-plait.
- Je ne peux pas.
Je lâchai mon couteau pour me retourner en lui donnant un coup d'épaule pour le décoller de moi. Il recula à peine, restant si près de moi, me captivant de ses yeux, m'emprisonnant de sa présence. Il enroula de nouveau ses bras autour de ma taille, me ramenant à lui.
-Non, Harry, ne fais pas ça.
-Alors arrêtes-moi, je ne peux pas le faire. Depuis ce jour, où tu m'as laissé te toucher, je ne peux pas m'empêcher d'y penser. J'ai tellement envie de toi. Tu es une telle obsession.
Il m'embrassa, sauvagement comme pour me faire renoncer à le repousser. Il m'emporta vers la table en me soulevant légèrement. J'étais comme un pantin entre ses bras, incapable de me résonner. Je l'aimais c'était indéniable. Je le désirais et cela aussi était flagrant. Il me posa sur la table et s'installa entre mes cuisses. Je repris le contrôle de mon corps quand je sentis ses mains aller sous mon haut. Je le repoussai.
- Stop! On ne peut pas faire ça, et tu le sais. Enfin, peut-être que tu ne le sais pas, mais je ne peux pas le faire, je ne suis pas comme ça. Tu es censé m'aimer.
- Draco, tu ne te rends pas compte de mon amour. C'est bientôt fini. Je suis presque qu'au but. Scrimgeour va devoir faire sa part du marché. Je serais bientôt divorcé.
- C'est vrai ?
-Oh oui ! Les élections sont dans une semaine, je dois faire semblant d'être de son côté jusqu'à la fin des votes, puis ensuite, il annule mon mariage. Il sait qu'il est foutu, et qu'il n'a aucune chance d'être réélu. Alors il pensait qu'en me forçant à me pavaner à ses côtés, il gagnerait des points avec le « Héros National ».
- Dans une semaine ? C'est monstrueusement proche...
- Moi je dirais plutôt monstrueusement loin, dit-il en jetant un coup d'œil à mon corps, toujours collé contre lui sur la table.
- Tu pourrais me laisser descendre... ?
- Je ne pense pas... Je suis dans un état assez précaire, je préfère que tu ne vois pas ça...
-Y'en a d'autre qui ne doivent pas voir « ça » ! dit une voix que j'identifiai comme celle de Théo.
Et qui dit Théo, dit Gabriel. Le petit nous a déjà vu en train de presque faire l'amour à même le sol, il ne faudrait pas qu'il soit plus traumatisé, même si c'est comme ça qu'il a été conçu... Je dégageais Harry alors qu'il esquivait un geste pour le faire, mais pas assez vite à mon goût. Je remis en place mon haut sous le regard goguenard de Théo. Je lui foutrais bien mon poing dans la figure.
- Où est Gabriel?
- Il joue dehors. Je lui ai dis de le faire, le temps que je vérifie qu'il n'y ait rien d'illicite dans cette maison. Il a de jeunes yeux fragiles, ne le rendons pas encore aveugle...
- Oui, c'est bon, on a compris... fis-je de mauvaise humeur pour le faire taire. Tu peux aller le chercher.
Théo partit et je me retournai vers Harry qui avait l'air d'avoir repris un peu le contrôle de son corps. Il me sourit, de son beau sourire de canaille, en s'approchant pour poser doucement ses lèvres sur les miennes. Sans tenter d'approfondir.
- Désolé de t'avoir mis sur cette table, mais plus les élections approchent, plus je sens ma libido devenir incontrôlable. J'ai l'impression que tu es de plus en plus beau. Je pense qu'il faudrait éviter de se voir avant que je sois enfin libre, si tu veux bien...
- Tout à fait d'accord...
- Et me donnes-tu l'autorisation de venir te voir immédiatement quand ça sera fini ? Quand je ne serais plus marié ?
- Viens...
Il toucha ma joue tendrement avec un sourire sincère. Il ne pourrait pas arrêter un peu de mettre mon esprit à l'envers au moins une fois dans ma vie ? Gabriel entra dans la maison et se jeta dans les bras de son père. Je voulus reprendre mes esprits, juste pour réfléchir correctement. Non, non ! Mes hormones ne contrôlent pas ma vie ! Alors j'y penserais quand l'objet de tous mes désirs ne sera plus là.
- Je vais aller chercher mon sac. Papa et moi, on l'a fait hier ! Et je te promets que je n'ai rien oublié ! s'exclama Gabriel, qui était heureux de passer le week-end avec son père.
Harry lui frotta les cheveux et mon fils partit en courant dans sa chambre. Je n'aimais pas quand il courrait dans les escaliers, mais je me retins de lui hurler dessus. Ma frustration n'avait rien à voir avec lui. Quand il réapparut, je lui servis mon regard le plus noir et il se mordit la lèvre, sachant qu'il avait dû faire une bêtise. Et, à mon avis, il fut plus que content de partir avec son père, celui-ci n'arrivait pas à être sévère avec lui.
Théo s'assit sur une des chaises de la table pendant que je raccompagnais Harry et Gabriel à la porte. Je donnai un gros câlin à mon fils en lui chuchotant que je ne voulais pas qu'il court dans les escaliers, même chez son père. Harry remit une mèche de mes cheveux derrière l'oreille et me sourit.
- Tu vas me manquer...
Je ne répondis pas. C'était ma technique préférée : ne rien dire, ne rien faire comprendre. Je restais de marbre quand il tendit sa main vers Gabriel qui la prit avec joie. Mais il ne résista pas à un dernier regard appréciateur sur moi, qui me donna soudainement chaud. Il se mordit la lèvre avant de retrousser un coin de sa bouche, me faisant un sourire canaille. Puis, il se retourna pour partir avec son fils. Je posai ma main sur mon visage et le sentit incroyablement chaud.
Je retournai chez moi pour voir Théo, le visage entre ses bras croisés, sur ma table, l'air accablé. Mais qu'arrive-t-il encore à ce truc qui me sert d'ami? Je fronçai les sourcilles et m'approchai. Je m'assis en face de lui et tâta tranquillement le haut de son crâne pour vérifier qu'il n'avait pas eu une attaque cardiaque pendant le temps où je disais au revoir à Harry et Gabriel. Mais Théo grogna et je compris qu'il était en vie.
Pauvre de moi.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Rien...
Je le frappai sur la tête. Il cria et releva le visage en me fusillant du regard. Il frotta l'arrière de son crâne en faisant sa victime, bien que je n'ai pas frappé fort. Mais je n'aimais pas quand il reprenait soudainement sa diction lente et laborieuse. Je n'aimais pas, mais alors pas du tout. Il fit une tête de sale gosse qui fait la moue.
- Qu'est-ce que tu as?
- Rien... répéta-t-il, mais il se reprit quand il vit ma main se lever. Je t'assure ! Je vais bien !
- Ne me prend pas pour un Poufsouffle ! Je ne suis pas idiot, et je te connais. Tu as quelque chose, et tu veux me le cacher ! Et je me doute que tu as du te servir de mon fils pour une chose ! Et comme ce gamin est le mien, tu me dois une explication.
- Et bien, il semblerait que cela t'ai été utile que je prenne Gabriel, tu as pu te faire presque sauter par Harry !
- Trop vulgaire !
- Bon, ok : tu as failli faire « hop-hop-hop » avec lui...
- Ce n'est même pas vrai ! On discutait juste...
- Tu discutes souvent avec ton interlocuteur entre tes cuisses ?
- Ne change pas de conversation : on ne parle pas de moi mais de toi ! Si tu es là, en train de te plaindre, c'est que tu as quelque chose à me dire. Et ce quelque chose doit te poser problème, vu le temps que tu mets à parler !
- On pourrait parler de toi et de tes hormones incontrôlables ! Après tout, tu t'es jeté sur lui et il t'a mis par terre. Et si ton pauvre garçon, si chaste, ne vous avait pas arrêtés, tu aurais fait l'amour avec lui à même le sol !
- En effet. Mais j'ai déjà débattu de ça avec moi-même et aussi avec toi. Donc on passe à autre chose et on parle de toi.
- Il n'y a rien à dire sur moi...
- Tu mens ! Et tu mens très mal. Je sais que tu es parfaitement capable de jouer la comédie, donc être aussi évident n'est pas ton genre. Sauf si tu veux que je sache qu'il y a quelque chose et que tu désires me le dire !
Théo se mordit la lèvre et je compris que j'avais raison ! Il était un garçon si peu compliqué... Non mais c'est vrai quoi : il ne pourrait pas simplement venir chez moi et me dire qu'il a des choses à me raconter et qu'il souhaite que je l'écoute pour l'aider à se démêler dans ses sentiments ? Je le fais bien moi ! Je ne compte plus le nombre de fois où je suis allé chez lui pour raconter mes déboires. Particulièrement ceux avec Harry. Donc, j'estime en mon bon droit de lui demander des comptes !
-J'ai démissionné...
-QUOI ? m'exclamai-je, sans pouvoir me contrôler.
- J'ai quitté mon travail. Je suis au chômage. Tu vois, il y a tellement de choses qui changent autour de moi, j'avais l'impression d'être englué dans ma petite vie sans surprise. Mais je n'en peux plus, je veux vivre, enfin.
- Tu veux vivre?
Je ne pus m'empêcher de sourire. Comment Théo, mon si prévisible Théo, pouvait avoir soudainement envie de vivre ? Lui qui avait passé sa vie dans le passé, à ne penser qu'à se protéger de tout le monde. Il avait décidé de vivre ?
- Je ne veux plus avoir seulement mon boulot dans la vie. Je voudrais tellement plus de choses. Je voudrais enfin m'arrêter, et réfléchir. Et puis, je n'en peux plus d'être obligé de faire toujours mieux que les autres, seulement parce que je m'appelle Nott. J'en ai royalement marre d'être constamment obligé de me justifier ! Je n'ai rien fait de mal...
Je n'avais jamais vu cette lueur de détermination dans les beaux yeux bleus de Théo. Il avait les mains posées sur la table, les doigts entremêlés. On resta un moment silencieux, tous les deux. Lui, les yeux baissés sur ses mains, et moi, attendant qu'il parle. Il devait parler, continuer à parler.
- Tu sais... pour ma mère.
- Bien sûr. Elle est morte quand tu étais enfant.
- Elle s'est suicidée.
J'opinai de la tête. Je le savais. Pas que cela ait été divulgué dans les journaux, mais, un jour, mes parents en avaient discuté. A l'époque, je ne savais pas ce que tout cela signifiait. Mais je ne l'avais jamais vraiment oublié. Et puis, quand Théo m'en avait parlé, je m'en étais souvenu. Il paraît que personne ne connaissait la raison de son geste.
- Fred est venu chez moi.
J'aimais beaucoup la façon dont Théo avait prononcé le prénom de Fred. Il y avait beaucoup de douceur et de respect dans sa voix. Je me retins de faire le moindre commentaire. Théo était bien parti pour me raconter ce qui lui arrivait.
- Il a commencé à parler, comme toujours. Je ne l'écoutais pas vraiment, mais il a voulu aller dans la cuisine où ma mère est morte. Cette pièce a été scellée par mon père. Et plus jamais personne n'y a mis les pieds. Enfin, Fred m'a crié dessus parce que je refusais d'affronter mes peurs. Il disait que ce n'était que de cette façon que l'on pouvait les vaincre pour avancer.
- Vous vous êtes disputés?
- Oui... J'ai dit des choses méchantes, un peu comme avec toi, le jour de la fête. Il est parti en claquant la porte. Et pour être tout à fait honnête... ça m'a fait un peu mal qu'il parte comme ça.
- C'est un Weasley : ils ont le sang très chaud dans cette famille. Il en va de même pour les jumeaux.
- Oui, je sais. Mais je dois quand même le lui dire. Il m'a fait de la peine. Sûrement parce qu'il avait raison. Je désirais tellement vivre comme tous les autres mais je n'y arrivais pas... même encore maintenant. Peut-être que je ne fais que des conneries?
- Qu'as-tu fais?
- Après plusieurs jours de réflexion, complètement seul, j'ai compris que je m'étais habitué à la présence de Fred, il venait tous les jours m'apporter un repas, il disait que j'étais trop mince et que je faisais pitié.
Fred voulait vraiment séduire Théo ? Il a une façon bien à lui de le faire !
- Bon Théo, je sens bien que tu vas me faire languir pour me dire réellement ce qui se passe. Et peut-être même que tu penses que nous allons nous écarter du sujet initial. Alors tu pourras me raconter tous les détails après, mais tu accouches maintenant !
Il ne répondit pas immédiatement et il semblerait que j'avais visé juste, encore une fois. Il ne comptait vraiment rien me dire du tout... cet enfoiré ! Il laissa soudainement sa tête tomber sur ma pauvre table dans un bruit sourd qui résonna un peu dans la maison. Je sursautai et l'entendis dire quelque chose contre le bois de ma table. Je n'en compris pas un mot.
- Théo répète, la tête levée.
Il redressa le visage. Il avait les coins de sa bouche qui tombaient lui donnant un air de chien malheureux. Je le prendrais presque en pitié... mais je le regardais férocement. Mais répond-moi, enfin ! Il me fait un peu peur le con !
- Je me suis fait lapiner ! répéta-t-il, en couinant.
- Tu t'es fait lapiner ?
Il opina de la tête comme si j'avais compris ce qu'il m'avait dit. J'essayais de comprendre ce que ce mot voulait dire et pourquoi il mettait Théo dans un tel état. Mais Théo était lancé, et il continua d'une voix qui frôlait l'hystérie.
- Bah ouais, je suis finalement entré dans cette cuisine ! Dans cette satanée cuisine ! Et tu sais quoi ? Ce n'était qu'une pièce pleine de poussière. Il n'y avait rien dans cette pièce. J'ai passé ma vie à en avoir peur, à voir cette porte close comme un monstre, alors qu'il n'y avait rien ! J'étais en colère ! Alors j'ai quitté cette maison, je la déteste, et je suis allé chez Fred. J'ai squatté chez lui pendant une semaine, j'ai démissionné et j'ai rien foutu chez lui ! Mais il était simplement content que je sois chez lui. Tout simplement content ! Alors quoi ? Je suis resté. Il ne me mettait pas dehors, donc je suis resté chez lui. Et puis, finalement, un soir, je me suis fait lapiner.
- Je crois que je ne comprends pas trop ce mot...
Théo me regarda méchamment. Comme si tout était de ma faute, que je n'étais qu'un abruti qui ne comprenait rien à la vie. J'avais bien envie de lui en coller une ! Mais il était bouleversé… De plus, je n'avais jamais vu autant de passion, ni autant de vie, chez lui. Ses yeux brillaient, il avait les joues rouges. Il tremblait d'indignation. Et j'étais étrangement content qu'il soit ainsi. Il était enfin vivant.
- J'avais un peu bu. Pas beaucoup, juste un verre ou deux pour me détendre. On a discuté. Et puis, j'étais tellement bien. J'aime bien être chez lui. C'est tellement plus vivant que chez moi. Je déteste ma maison. Et puis, j'aimais comment il me regardait... Je me sens bien quand c'est lui qui me regarde. Comme si j'étais précieux.
-Tu as couché avec Fred ? m'exclamai-je, comprenant d'un coup le « lapiner ».
- Je me suis fait lapiner par Fred... Tu te rends compte ? Je discutais tranquillement avec lui. On ne parlait de rien en particulier… enfin pour une fois je dois dire que c'est plus moi qui parlais. Je te jure que je me sentais tellement bien, c'était comme si j'étais enfin sorti de ma prison. Et puis, Fred m'a embrassé. Et j'aime quand il m'embrasse. Et puis... je ne sais pas vraiment comment, mais on a fini par terre, sur le tapis. Et je me suis fait lapiner par Fred...
-Tu as couché avec Fred ?
- Je te jure que j'ai du mal à m'en rendre compte moi-même... Mais je n'ai... pas pu contrôler mes mouvements. Ni mes pensées d'ailleurs... Alors ce matin, quand je me suis réveillé près de lui, j'ai pris peur... Finalement je ne suis pas si courageux...
- Tu as couché avec Fred ?
- Tu te répètes ! J'ai besoin de soutien moral ! Je viens de perdre ma virginité !
- Ok... et tu as aimé ?
- Je ne sais pas... C'était bizarre... Je ne sais pas du tout si j'ai apprécié*, mais il m'a dit qu'il m'aimait et pour une fois je l'ai cru. Mais je me suis enfui. Et comme il fallait que je fasse quelque chose, j'ai emprunté ton gosse...
- J'en viens presque à te détester... Pourquoi toi tu arrives à coucher et pas moi...
- Oh, tu claques des doigts et Potter sera plus que ravi de se sacrifier pour le faire...
Je voulus contester mais la porte de ma maison s'ouvrit en fracas. Nous sursautâmes et, dans un parfait ensemble, nous dégainâmes nos baguettes. Nous étions le matin, et je n'avais malheureusement pas mis mes protections en marche. Mais quand je vis la tête du type qui était entré chez moi sans y être invité, je baissai ma baguette. Mais pas Théo. Surtout pas lui.
C'était Fred qui venait d'arriver. Et il était méchamment en colère. Il pointait son doigt dans la direction de mon ami, qui gardait sa baguette bien levée et tremblait légèrement. Je sentis bien qu'il y avait un petit problème dans le secteur et je pris sur moi de faire un accio sur la baguette de Théo pour la garder avec moi. Bon, Théo me fusilla du regard, mais Fred accapara ensuite toute son attention.
- Toi ! Comment tu as pu, ne serait-ce que penser, à m'éviter toute la journée ? Tu ne peux pas coucher avec moi et ensuite me laisser en plan. Je ne suis pas comme toutes les pouffes que tu t'es tirées ! Pas après une nuit comme celle que tu viens de me donner!
Théo avait les yeux exagérément ouverts et, de temps en temps, me jetait un regard pour que je l'aide. Mais je préférais rester dans mon coin et ne rien dire. Ce qui se passait sous mes yeux était encore mieux que la télé !
- Alors tu vas venir avec moi et on va en parler !
- Je ne veux pas...
- Je ne te laisse pas le choix, Théo ! Je ne vais sûrement pas te laisser faire autant de pas vers moi pour retourner ensuite au point de départ ! Il est temps que tu assumes le fait que tu sois attiré par moi !
- Ce n'est pas totalement vrai...
- Alors pourquoi c'est chez moi que tu es venu ? Pourquoi tu n'es pas aller habiter chez Draco pendant tout ce temps ? Hein ? Pourquoi chez moi ? Et puis, nous avons couché ensemble ! Tu m'as laissé te prendre !
- Tais-toi !
Théo était maintenant complètement rouge. Fred avança vers lui et lui prit le bras pour l'emporter vers ma cheminée. Théo me supplia presque de venir le sauver, mais je restais stoïque. Cela ne lui fera pas de mal d'être un peu engueulé pour sa lâcheté et son apathie émotionnelle ! Fred jeta de la poudre et emporta mon meilleur ami chez lui pour une longue conversation.
Ma maison fut soudainement très calme. J'imaginais un peu les hurlements de Fred et les excuses foireuses que devaient donner Théo pour se justifier. Mais au final, je les imaginais bien se réconcilier d'une façon bien particulière.
Je retournai vers le plan de travail de ma cuisine et reprit tranquillement la découpe de mes légumes. Parce que ce n'était pas tout, mais je mourrais de faim ! Après tout, les émotions, ça creuse !
oO-Oo
Une semaine passa. J'étais fébrile. Je présentai ma carte d'électeur et ma baguette pour une vérification d'identité. Je reçu le fameux regard de la préposée à la vérification. Le fameux regard face à mon nom. Je restai stoïque, ayant même le culot de lui sourire gentiment. Elle me rendit ma baguette et ma carte, et m'autorisa à rentrer dans l'arrière salle, main dans la main avec mon fils que j'avais emmené avec moi pour lui montrer comment se passait une élection. Il y avait multitude d'isoloirs, et une urne. Je me rendis vers l'étal où se trouvaient les noms des candidats et les enveloppes. Je ne pris même pas le nom du ministre en place.
Je votais pour celui qui me paraissait le meilleur. Enfin, celui-ci pourrait faire en sorte que je récupère mon héritage. Du moins, celui de ma mère. Et puis, il avait des idées d'amélioration de la vie sociale qui me semblaient primordiaux. J'expliquai à mon fils ce qui se passait et ce que je devais faire. Il mit lui-même le nom que je choisis dans l'enveloppe et on sortit de l'isoloir. Un membre du personnel du bureau de vote jeta le sort permettant à l'enveloppe de ne plus pouvoir être modifiée, et je la glissa dans l'urne.
C'était la semaine des élections. Les élections...
Je secouai la tête et je partis vers le parc du Chemin de Traverse pour nous promener. Il faisait très beau. Le Soleil tapait fortement sur nos têtes et pas un seul nuage à l'horizon. Cette journée était parfaite. Nous partîmes en direction des espaces de jeux vers lesquels Gabriel se précipita. Je m'assis sur un banc, en plein soleil et leva mon visage pour m'imprégner de chaleur. Je sentis une personne s'asseoir à coté de moi. Je voulus grogner qu'on me laisse seul : ce n'était pourtant pas compliqué d'aller s'asseoir sur un des autres sièges inoccupés ! J'ouvris les yeux pour faire mon méchant garnement, et reprendre mon banc pour moi tout seul, quand je reconnus la personne à coté de moi.
Ginny...
Mais que fait La Weasley ici ? Elle avait les cheveux relevés en une queue de cheval qui lui tombait sur les épaules. Ses taches de rousseurs étaient foncées par le soleil. Elle aussi avait fermés les yeux, le nez relevé pour se réchauffer. Elle portait une jupe blanche et un haut bleu. Je devais quand même avouer qu'elle était belle... dans son genre !
- Que fais-tu ici?
- Je suis allé voter. Et il faisait si beau que j'ai voulu me promener.
- Et tu m'as vu donc tu t'es dis que tu allais venir me faire chier ?
- Pas vraiment... Cela fait un an. Un an que Harry et toi vous vous êtes revus. Merlin, que le temps passe vite. Je n'arrive pas à croire que dans l'espace d'un an, il ait pu arriver autant de choses. Je me suis séparé de mon mari, celui que j'aime depuis toujours, puis j'ai rencontré quelqu'un et ensuite je suis divorcée. Les choses s'enchainent si vite...
- Tu es divorcée ?
- J'ai signé les papiers ce matin... Tu sais, depuis la naissance de Rose, je me suis raisonnée. Certes, j'aimais Harry et peut-être l'aimerais-je toute la vie. Mais, j'ai rencontré quelqu'un qui m'a redonné l'espoir. Oui, je perds mon mari, mais cela ne veut pas dire que je ne pourrais pas retomber amoureuse et refaire ma vie. Alors, j'ai accepté de divorcer. Et j'ai attendu avec Harry ce jour des élections où le Ministre nous donnera les papiers d'annulation du mariage. Et c'est fait. J'ai du mal à y croire...
Moi aussi. Je regardais mon fils jouer dans le sable, faisant des petits tas. Je regardais ensuite le visage de Ginny qui me regardait, elle-aussi. Elle ne souriait pas. Elle ne disait rien. Puis, elle jeta un coup d'œil à mon fils, et eut un sourire tendre pour le petit garçon.
- Je pense que ça prendra un peu de temps, mais j'oublierais Harry. Je serais toujours attachée à lui, il fera toujours parti de la famille Weasley. Alors je vais te dire une chose, Malfoy, et je ne le répèterais jamais : si jamais tu lui fais du mal, je viendrais personnellement te le faire regretter.
Bien entendu, je ne pris pas cette menace au sérieux. Mais, étrangement, je me sentis un peu serein qu'elle me dise cela. Elle avait abandonné Harry et m'avait implicitement dit qu'elle ne tenterait plus rien pour l'avoir. Alors je n'aurais plus à avoir peur qu'elle vienne me le reprendre. Elle se leva soudainement, lissa sa robe et reprit sa route après m'avoir fait un mouvement de bras pour me saluer.
Elle marchait, légère, comme enfin libre de ses mouvements. Libre d'un mariage qui n'en était plus un, d'avoir tiré un trait sur son amour pour Harry. J'imagine que j'aurais été comme ça si j'avais réussi à oublier Harry. Finalement, elle a été bien plus forte que moi. Mais, elle marchait tranquillement sur les chemins du parc et elle semblait heureuse.
Maintenant, alors que son histoire à elle était finie, c'était la mienne qui commençait. Je restais encore un moment dans le parc, à regarder mon enfant jouer, imaginant toutes les possibilités qui s'offraient à moi. J'appelai Gabriel pour qu'on rentre chez nous, dans notre maison. Je ne lui racontais rien, je ne voulais pas le perturber, ni lui donner des idées. Je voulais garder pour moi la sensation qu'on éprouve quand on a toutes les portes qui s'ouvrent pour nous. Un peu plus, et j'ouvrirais une des portes pour regarder derrière. Juste pour avoir un aperçu de ce que pourrait être mon futur.
En arrivant dans ma rue, je dis bonjour à mes voisins, m'écartai pour ne pas être percuté par les des enfants en vélo. Je vis le toit de ma maison quand je tournai à une rue. Et il y avait une personne assise sur les marches de mon perron. Il avait des cheveux noirs et une haute stature. Gabriel me lâcha la main et se précipita vers lui. Je le suivis en marchant doucement pour ne pas précipiter ce moment.
Je fermai le portail de ma maison et marchai sur mon allée pour rejoindre l'homme que j'aimais, tenant dans ses bras son enfant, qui lui ressemblait tant. Il remit en place les cheveux blonds de Gabriel et se tourna vers moi. Il y avait, dans ses yeux verts, une lueur de bonheur. Il sortit de sa poche une liasse de papiers et me les tendit. Je les pris, en fronçant des sourcils. Je ne pris pas la peine de les lire, seul l'entête me sauta aux yeux et me suffit :
« Acte d'annulation de mariage. »
Je sentis sa main sur ma joue alors que je relevais mes yeux des papiers. Il était toujours plus grand que moi. Il tenait Gabriel contre lui, sur sa hanche. Il avait un sourire si tendre et si heureux que je ne pus m'empêcher de lui répondre. Et il se pencha vers moi pour m'embrasser. Et pour la première fois depuis un an, je ne ressentis aucune culpabilité de me laisser faire et de lui répondre.
Harry était enfin là, avec moi. Nous étions enfin ensemble, comme si nous n'avions jamais été séparés. J'enroulais mes bras autour de sa taille, en collant mon front contre le sien. De son bras libre, Harry me serra contre lui.
Je crois que la lueur de joie dans ses yeux devait aussi se refléter dans les miens.
A suivre...
Tadaaaaam! ^^ A la semaine prochaine!
