CHAPITRE 37

BELLA POV

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Oh what a mess we made

And now the final frame

Love is a losing game »

Love is a losing game – Amy Winehouse

Je vais les tuer.

Mais après le rassemblement d'aujourd'hui, d'accord ?

Ouais, ouais, j'ai besoin d'eux pour tout débarrasser avant.

Abrutis de mecs !

Je sais, d'accord ?

J'évinçai la conversation inepte que je tenais avec moi-même. J'avais fait ça souvent auparavant, argumenter et me parler à moi-même dans ma tête. Finalement, c'était une habitude assez commune, c'est juste que ça arrivait plus fréquemment ces derniers temps. J'en vins à la conclusion que j'étais un peu tarée sur les bords et que j'avais désespérément besoin d'une personne à qui parler. Je revins à ma tâche première qui était de préparer le dîner pour la fête que nous organisions, Edward m'aidant du mieux qu'il le pouvait.

C'est agréable… de cuisiner ou d'être avec lui comme ça.

Ouais, c'est agréable. Cela dit, avant que Jazz arrive ici et qu'ils agissent pour que tu en sois toute tourneboulée.

Ouais, garçons stupides avec leur façon d'être tellement sexy et leur odeur envoûtante et leur envie de sexe.

Peux-tu les blâmer, cependant ?

Non, pas vraiment, mais…

Mais quoi ? Tu veux ça aussi fort qu'ils le veulent eux. Admets-le !

Ouais, c'est vrai. Mais…

Ouais, c'est bien ce que je pensais.

Oh, ferme-là !

Est-ce que tu réalises que tu es en train de te dire à toi-même de la fermer, d'accord ?

Oui, maintenant ferme-là vraiment. Je ne vais plus argumenter avec toi… heu… avec moi.

Tiens-toi le seulement pour dit, chérie.

Arghhhhh…

Ok, il fallait vraiment que ça s'arrête maintenant. C'en était arrivé au point où je me posais des questions sur l'état de ma santé mentale et où je me demandais si je ne devrais pas me faire subir une évaluation psychiatrique. Je veux dire, ce n'est pas comme si je ne savais pas que d'autres personnes se parlaient à elles-mêmes dans leur tête, mais allons, la voix dans la tête devenait de plus en plus vindicative et de plus en plus narquoise.

Je n'aimais pas ça… du tout.

Depuis que j'en étais venue à réaliser que je ne pourrais jamais aimer qu'Edward et ne pouvais continuer à… je suppose, faire semblant avec Jasper, je n'étais qu'un pur désastre. Trois semaines plus tard et je n'arrivais toujours pas à comprendre ce que j'allais faire au sujet de toute cette foutue "Situation Jasper". Je veux dire, il m'avait dit qu'il m'aimait, qu'il était amoureux de moi. Comment étais-je supposée réagir et répondre à une déclaration comme celle-ci sachant que je ne ressentirai jamais la même chose pour lui ? Je n'en savais vraiment rien.

Heureusement, ou malheureusement, mes règles débarquèrent le lendemain de cette déclaration, suivies juste après par une infection urinaire des plus basiques. Je veux dire, cette merde était douloureuse, mais elle permit de mettre le sexe de côté jusqu'à ce que les antibiotiques soient ressortis de mon organisme. Je savais que je ne pourrais plus être avec Jasper seul à seule, et cela ne m'embêtait pas plus que ça. Je savais également que je laissais tomber ça pour quelque chose de bien mieux, quand je dévoilerai finalement mes sentiments à Edward. Pour autant, en ce qui concernait nos activités "de groupe", je voyais juste ça comme du sexe. Donc, en y pensant de cette manière, je pouvais continuer d'être avec eux deux ensemble. Du moins, c'est ce que je croyais. Et si je pouvais faire ça, cela ne pouvait pas alerter Jasper que quelque chose n'allait pas… pour l'instant.

Le fait de ne pas avoir de relation sexuelle avec eux me donnait le temps d'élaborer un plan pour traiter le "Dilemme Jasper" comme je m'étais mise à le nommer. Pas que j'avais déjà finalisé un plan, cela dit. Faire des plans et les organiser, c'était le truc de Jasper, ça, pas le mien.

Ouais, c'est tout ou rien. C'est de la balle.

Grrrr… je le sais, crois-moi, je le sais.

Et maintenant, ils savent que tu es libre et saine, à même de recommencer à baiser.

Hummm… s'il te plait, ne me le rappelle pas !

Alors, qu'est-ce que tu vas faire ? Hein ? Ou devrais-je plutôt dire "QUI est-ce que tu vas te faire ?

S'il te plait, peux-tu juste me foutre la paix ? J'ai besoin d'un jour sans t'entendre me gueuler dessus, bordel !

Qu'importe ! C'est une merde qu'il va bien falloir que tu comprennes, putain. C'est pour ça que je suis là à te gueuler dessus !

Ouais, ça te fait une belle jambe ce que tu es en train de me faire. Putain, si tu savais ce que tu peux me faire chier !

Hé, c'est ton subconscient, pas le mien. Enfin, tu vois ce que je veux dire.

J'arrêtai d'écouter la voix emmerdante qui me prenait la tête et me concentrai à la place sur mes gestes pour que tout soit fait et correctement fait, comme ça avait besoin de l'être, pour la fête de tout à l'heure. J'avais l'habitude d'être une spécialiste pour mettre les choses de côté et ne plus y penser, mais ce n'était plus le cas maintenant. Car à présent, je ne pouvais tout simplement plus laisser tout ça de côté. Les choses avaient pris une telle ampleur que c'était devenu un truc vraiment chiant et énorme et que je pouvais plus le négliger. J'avais ignoré ce que je ressentais pour Edward depuis neuf putain d'années et j'avais le sentiment que j'étais sur le point d'exploser. Et par-dessus tout ça, il y avait le "Dilemme Jasper" auquel je devais faire face, en plus.

J'avais désespérément besoin d'une personne à qui parler, quelqu'un qui n'était pas la voix dans ma tête. La personne avec laquelle j'avais pour habitude de parler, Jasper, était la source du problème, donc, avec lui, c'était hors de question. Et honnêtement, quel que soit le nombre de fois que les garçons me diraient que ce que nous faisions était bien et qu'il n'y avait pas à en avoir honte, j'en avais honte quand même.

Je ne voulais raconter à personne mon, ou notre, arrangement secret, ce qui ne me laissait que vraiment très peu de gens à qui pouvoir finalement parler. Je m'étais demandée s'il ne faudrait pas que j'en parle à un psy, mais je ne pensais pas que cela puisse m'aider. J'avais besoin de quelqu'un qui me connaisse pour me dire ce que je devais faire ou ce qu'il pensait de la situation, mais je ne pouvais pas en parler avec les deux personnes qui me connaissaient le mieux. Vous voyez mon dilemme qui s'ajoutait au "Dilemme Jasper" ? Ben, ça craignait d'être moi en ce moment.

Il y avait quelqu'un que j'avais rencontré récemment à qui je pensais que, peut-être un jour, je pourrais me confier, mais pour l'instant, je ne croyais pas que nous soyons suffisamment proches.

Alice était un souffle d'air frais dans l'atmosphère lourde qu'était ma vie. Nous nous étions rencontrées au centre communautaire ; elle était là pour devenir bénévole et s'inscrire dans un atelier. Alice était de quelques années plus jeune que moi, juste vingt-et-un ans. Elle avait déménagé ici de quelque part dans le Mississipi au début de l'année scolaire. Elle ne connaissait personne et n'était pas introduite dans tout le système qui entourait l'université, donc, elle avait décidé d'aller au centre communautaire pour sortir et avoir un peu une vie sociale.

Alice était piquante et spirituelle et sarcastique et honnête et intelligente et ne prenait ombrage de personne. Elle était forte où je me sentais faible. Elle était facile à vivre et insouciante où je m'enlisais dans des situations impossibles. Elle était mon opposée dans bien des domaines, mais nous avions accroché immédiatement. Je n'en étais pas au point où je sentais que je pouvais la charger de mes problèmes, mais elle était la copine dont je savais maintenant que j'avais désespérément besoin.

Avant Alice, j'avais les garçons et je croyais qu'ils étaient tout ce dont j'aurais jamais besoin. Etant un garçon manqué, être copine avec des filles ne m'avait jamais semblé vraiment intéressant pour moi. Mais maintenant, maintenant, je voyais bien que cela me manquait. Qu'avoir une femme avec qui parler, à qui se confier, pour être juste une femme à son contact, serait bien.

Je m'amusais avec Alice et cela me surprenait. Nous ne nous étions rencontrées qu'une paire de fois pour prendre le café ensemble, durant les deux dernières semaines, mais ça avait été sympa. Avec elle, le poids de la situation difficile dans laquelle je me trouvais s'évanouissait et je pouvais simplement être moi-même.

Elle allait passer aujourd'hui et je pourrais la présenter à mes mecs. J'espérais qu'ils pourraient l'apprécier autant que moi. Je n'étais pas en train d'essayer de les remplacer, mais elle comblait quelque chose en moi qui avait manqué, même si je ne m'en étais pas rendue compte avant.

Alice comblait un vide en moi et peut-être qu'elle ferait la même chose avec mes copains. Un espace non rempli d'émotions et de sentiments compliqués, confus et conflictuels. Je savais que je ne voulais pas qu'elle devienne partie prenante de notre vie privée ou de notre arrangement, car cela ne nous concernait que nous trois, strictement. Mais peut-être que ça nous ferait du bien d'avoir quelqu'un d'autre dans notre entourage pour un moment.

- Ah, Bella ! Dit Edward en secouant mon épaule, me sortant brutalement de mes divagations.

- Hum ! Répondis-je toujours à moitié dans mes pensées.

- Heu, je pense que ces pommes de terre sont assez écrasées, petit cœur, fit Edward, me prenant le presse-purée des mains et rigolant.

Cela me sortit totalement de ma rêverie et je baissai les yeux sur le saladier posé devant moi. J'avais maintenant presque une soupe de pommes de terre à la place de la purée que j'étais censée préparer. J'avais été tellement plongée dans mes pensées que j'en avais beaucoup trop écrasé les patates. Mes pensées tournaient en boucle, ne s'arrêtant jamais.

Bah…

Merde. Super. Juste. Super.

- Oh, chiotte ! Sursautai-je, calculant si nous avions encore assez de pommes de terre et assez de temps pour les préparer. Et ce n'était pas le cas. « Rahhh putain de putain de putain ! »

- Arrête de dire putain ou je vais être obligé de m'occuper de toi, ma douce Bella, me susurra Edward tout bas à l'oreille, son souffle chaud et son ton propageaient des frissons dans tout mon organisme.

- Edward, soupirai-je en m'appuyant en arrière contre lui, souhaitant que ça arrive et aussi souhaitant que ça n'arrive pas.

- Je sais, bébé, bientôt ! Je te le promets, murmura-t-il en serrant mes hanches entre ses mains et en me faisant des bisous sur la tempe avant de prendre le saladier devant moi pour jeter les pommes de terre gâchées.

Ils avaient été tellement patients ces dernières semaines. Je savais qu'ils étaient tendus à cause de leurs besoins sexuels inassouvis, tous les deux, tout comme je l'étais moi-même d'ailleurs. Cela faisait maintenant deux mois que nous nous grimpions dessus les uns les autres et cette soudaine interruption sèche nous avait tous blessés. Mais Edward n'avait rien bousculé ou pressé et ne se plaignait pas. Pas comme Jasper qui était plus excité que je ne l'avais jamais vu. Il ne me forçait pas, mais suggérait seulement des alternatives à notre pratique habituelle du sexe, ce que j'avais rapidement repoussé. Si je ne pouvais rien faire, alors eux non plus. Cela me semblait normal.

Plus tôt, Edward et moi avions préparé des patates douces en y déposant sur le dessus des mini marshmallows. Nous en faisions une sorte de concours. Nous avions chacun un côté du plat et faisions un motif avec les marshmallows. Quand nous eûmes terminé, il me dit : "J'te montre le mien si tu me montres le tien !" ce qui enclencha nos éclats de rire, chacun de nous se remémorant l'incident de notre jeunesse. Nos rires attirèrent en courant Jasper, puis ils se mirent tous les deux contre moi, à m'exciter et à m'allumer et à me laisser finalement frustrée et à bout de nerfs. J'allais devoir tenir ma promesse de "plus" tard" ; j'en avais besoin autant qu'eux.

- Donc, pas de purée de pommes de terre, alors ? Fit remarquer Edward avec un sourire sournois sur le visage. Je voulais lui retirer ce sourire en le léchant.

- Je suppose que non, mais nous avons assez pour nourrir tout le monde et même davantage.

- Bon, on dirait bien que tout est fait ou dans le four. Pourquoi est-ce que tu n'irais pas te préparer, ma chérie ? Me dit-il en m'embrassant sur le front.

Je fis à peine un signe affirmatif de la tête et quittai la cuisine pour ma chambre comme il me l'avait suggéré. Pendant que je me préparai, je repensai au comportement bizarre qu'Edward me dispensait depuis l'incident de la douche. La douche où j'avais craqué parce que Jasper m'avait dit qu'il m'aimait et je n'avais pas pu le supporter, et ensuite, Edward était arrivé et m'avait sauvée, me rendant les choses meilleures comme il le faisait toujours.

Edward avait agi… bizarrement depuis lors. Bon, pas bizarre, pour tout dire… plutôt… curieuse, peut-être. Je ne pouvais pas vraiment mettre un nom dessus. Il était devenu plus affectueux, mais pas d'une façon sexuelle. Il avait pris l'habitude de m'appeler "Chérie" ou "Bébé" ou "Mon petit cœur" ou "Ma Bella". Pas que je m'en plaigne, pensez-vous. C'était juste inattendu et ça me prenait au dépourvu. C'étaient des termes d'affection que vous utilisiez avec une petite amie, pas avec votre meilleure amie.

Tu aimes ça et tu le sais.

Bien sûr, mais…

Mais quoi ? Ce n'est pas ce que tu voulais ? Qu'il soit comme ça avec toi ?

Si, mais enfin…

A nouveau, enfin quoi ?

Je ne sais pas, ça à l'air… faux.

Faux ? Comme quoi ?

Comme s'il avait pitié de moi, il fait ça parce qu'il pense que je me sentirai mieux. Même si c'est pourtant pas le cas.

T'as un sérieux problème, tu sais ça, pas vrai ? Tu peux pas tout simplement apprécier et pas tout le temps analyser le pourquoi ?

J'essaye, mais…

Rahhhhh, tu es désespérante.

C'était seulement des termes d'affection, mais il y avait d'autres choses aussi. Des petites choses comme m'apporter mon café du matin et le petit-déjeuner au lit, mettre des petits mots dans mon sac pour me rappeler des choses que sans cela j'aurais oubliées, préparer le dîner les soirs où il rentrait avant moi à la maison, laisser des petits mots sur le miroir de la salle de bain, me serrer dans ses bras et me câliner sur le canapé ou au lit, même s'il savait qu'il ne se passerait rien de sexuel entre nous, brosser mes cheveux et plein de petites choses inconséquentes qui prises séparément, ne représentaient pas grand chose. Mais qui, mises ensemble, arrivaient à faire quelque chose de très important. C'était presque comme s'il me courtisait. Je refusai de me donner de faux espoirs, en tout cas, pas avant que j'ai mis les choses au point avec Jasper.

Ahhh… Jasper. Maintenant il y avait une autre énigme à laquelle je devais penser. Jasper avait été aussi attentionné envers moi depuis sa déclaration d'amour, mais pas de façon si évidente que l'avait été Edward. Il me disait qu'il m'aimait, comme si à chaque fois qu'il avait l'occasion de prononcer ces paroles, il essayait de me faire sentir au travers des mots ce qu'il ne pouvait pas me démontrer dans ses actes. Il était hésitant dans ses démonstrations d'affection, comme s'il n'était pas certain de la façon dont on aime quelqu'un, et ça, justement, ne faisait qu'aggraver les choses.

Jasper ne savait pas comme aimer quelqu'un Il essayait vraiment de tout son cœur de devenir ce qu'il croyait qu'il devait être. Je tentais de me montrer au mieux de mes capacités, sans lui donner cependant un espoir qu'un jour je puisse lui retourner ses sentiments, mais en même temps, je ne pouvais pas le rejeter non plus. Il fallait que je fasse avec, lui montrer ce que c'était d'aimer quelqu'un, dans l'espoir qu'un jour, il trouverait quelqu'un à aimer comme ça, quelqu'un qui ne serait pas moi. Mon cœur était d'ores et déjà pris.

C'était une pente très glissante sur laquelle je m'aventurais. J'avais constamment peur de faire plus de mal que de bien. Peur que je devais juste lui dire que je ne pouvais pas l'aimer de cette façon-là. Est-ce que je faisais ce qu'il fallait ? Ou allais-je simplement le détruire ? Je ne pouvais plus faire machine arrière et repenser à ma décision maintenant, j'avais commencé dans cette voie-là, je ne pouvais plus en dévier dorénavant. Je ne faisais pas de débordantes démonstrations d'affection avec lui, mais je lui offrais mon sourire "spécial Jasper" quand il me disait "les mots", et je ne repoussais pas timidement ses gestes et ses câlins, mais je ne les encourageais pas non plus. J'étais un monstre de me comporter ainsi avec lui. Je le savais et je me haïssais moi-même un peu plus encore. Je n'entrevoyais pas de solution à mon "Dilemme Jasper" et c'est ce qui m'effrayait plus que tout. Comment allais-je résoudre cela sans qu'il en vienne à me détester ou sans perdre ou miner notre amitié en même temps ?

Je ne vois pas un moyen d'y arriver sans que ça tourne à la cata.

Mais… mais il doit bien y avoir un moyen, il le faut. Je ne peux pas le perdre.

Peut-être faut-il que tu t'y prépares ? Peut-être que c'est le mieux ?

NON ! Non, je dois avoir Jasper dans ma vie. Ce n'est pas négociable.

Maintenant tu es égoïste en plus.

Ouais… et alors ?

C'était juste pour dire.

J'étais dans la salle de bain en train de me maquiller quand Edward entra et me fit sursauter. Il fit un bond et ricana un peu à me voir ici à me faire belle avec du maquillage, entre autre chose. Nous allions avoir du monde à la maison et je voulais faire bonne impression. C'était seulement la seconde fois que nous participions à un rassemblement social depuis que notre arrangement avait commencé, et le premier ne s'était pas trop bien passé. Espérons que celui-là se passera mieux ! Pour ajouter au stress, il y avait le fait que Jasper avait couché avec toutes les femmes qui allaient être présentes aujourd'hui.

Je me sentais possessive envers Jasper maintenant, comme s'il m'appartenait. Je n'avais aucun droit véritable de ressentir cela, mais c'était pourtant le cas. Je ne voulais pas de lui de cette façon, mais ça me dérangeait quelque part qu'il se soit de lui-même offert à toutes ces filles. Cela rendait ce que nous faisions ou ce que nous avions moins spécial, je trouve. Et même si je n'étais pas amoureuse de lui, ce que nous faisions était spécial. Du moins, ça l'était pour moi.

Tu es vraiment très égoïste et mesquine.

Oui, je sais. Je hais ça, mais comment pourrait-il se donner à toutes ces filles et que ça soit toujours spécial avec moi ?

Il le fait, c'est la vérité. Mais tu ne veux pas de lui, que ce soit d'une façon romantique ou sexuelle, d'ailleurs.

A nouveau, je le sais. Ce n'est pas rationnel et ça n'a aucun sens, mais c'est ce que je ressens.

Tu as vraiment besoin d'aide.

Je commence à penser par moi-même.

Edward s'éclaircit la gorge, me tirant de mes divagations. J'avais complètement oublié qu'il était là. Je regardai son image réfléchie par le miroir et il regardait la mienne. Je soulevai un sourcil à son attention, l'air de dire "quoi ?"

- Est-ce que tu vas bien ? Tu as l'air dans la lune, aujourd'hui, encore plus que d'habitude ! S'inquiéta Edward en s'appuyant contre le montant de la porte. Il regardait toujours mon image, pas moi.

- Je vais bien. J'en ai juste plein la tête, je suppose, traînai-je tout en appliquant du mascara sur mes cils. « Est-ce que tu as besoin de quelque chose, ou est-ce juste le fait que je me maquille qui est si fascinant ? »

- Ben, pas vraiment ! Pourtant, le fait que tu te maquilles m'a rendu curieux et m'intrigue. Et j'ai envie de pisser et t'es dans ma salle de bain.

Ben, pour commencer, c'est NOTRE salle de bain et ne te gêne pas pour moi !

Je lui fis un vague geste de la main, lui indiquant qu'il pouvait y aller franco, avant de me remettre à mon maquillage.

Il soupira lourdement, roulant des yeux en même temps, avant d'ajouter :

- Bella, j'ai vraiment besoin de pisser. Tu peux sortir, oui ?

Je fus choquée et surprise par cette déclaration, alors je me tournai vers lui. Croisant mes bras sur ma poitrine, je le regardai finalement lui, et pas sa réflexion dans le miroir.

- Edward, tu es en train de me dire que tu ne peux pas pisser devant moi ? Je te connais depuis vingt ans, pas besoin d'être tout timide devant moi maintenant. Sérieusement, je t'ai vu nu à de nombreuse occasions. Crois-moi, ce n'est pas de te voir faire ça qui va me déranger ou me mettre en rogne ! Il n'y a plus de mystère. Va utiliser les toilettes de la salle de bain de la chambre d'ami si tu as autant envie et que ça t'ennuie de le faire devant moi, lui dis-je en levant les yeux au ciel avant de me retourner vers le miroir.

Edward vint derrière moi, pressant mes hanches contre le rebord du plan du lavabo, alors qu'il appuyait son corps contre mon dos. Empoignant mes cheveux légèrement, il tira sur le côté, lui exposant la longueur de mon cou. Son autre bras s'enroula autour de mon corps, sa main massant et serrant mon sein. Ses yeux rivés dans les miens dans le miroir, me piégeant de son regard en abaissant sa bouche sur mon cou. C'était si sauvage, si primal et je ne pouvais pas détourner les yeux.

- Oh, ma chère Bella, j'ai un secret ou deux que tu ne connais pas et d'autres trucs du même genre que j'ai encore à te montrer. Même après vingt ans, tu es toujours un mystère pour moi. Un mystère que j'ai l'intention d'explorer totalement et de découvrir, me susurra Edward en me regardant à travers ses cils, nos regards ne se quittant à aucun moment.

Il effleura mon cou de ses lèvres, de haut en bas, ne leur faisant jamais complètement toucher ma peau. Utilisant seulement le bout de ses doigts sur mon sein, Edward les remonta doucement jusqu'à mon mamelon, le captura avec la pointe de chacun de ses cinq doigts. Mon mamelon se durcit sous ce toucher inhabituel, alors qu'il tourmentait la pointe entre le bout de ses doigts.

Ma tête retomba contre son épaule, nos regards toujours liés l'un à l'autre. C'était si érotique de le regarder me faire ces choses. J'avais envie de tenter l'expérience plus loin et avec nettement moins de vêtements. Juste cette pensée me fit ressentir un serrement dans mon ventre, mais nous avions de la compagnie qui était probablement déjà là. Edward savait ce qu'il faisait. Il me poussait dans mes retranchements, mais sans me permettre de m'y perdre totalement. Il savait que nous n'avions pas le temps de terminer ce jeu maintenant. Je le haïssais et l'aimais pour cela.

Putain, il m'allume à mort !

Et puis brutalement, il me lâcha, se retournant pour faire face aux toilettes. Je l'entendis relever la cuvette et descendre la fermeture Eclair de sa braguette.

- Edward, tu… tu… haletai-je en regardant son dos dans le miroir.

Il haussa à peine les épaules avant de dire :

- J'ai besoin de pisser et je ne vais pas utiliser les toilettes de la chambre d'ami alors que les gens sont déjà là et ça me prendrait quinze minutes pour naviguer entre les salutations des uns et des autres avant d'y arriver. En plus, tu as dit que t'étais d'accord !

Je n'étais pas dérangée par le fait qu'il se soulage devant moi. J'étais énervée après lui d'avoir exciter mon désir et ensuite de m'avoir laissée tomber.

- Qu'importe ! Putain, tu m'as allumée à mort ! Lui crachai-je fâchée, avant de quitter la salle de bain.

Avant que je ferme la porte, je l'entendis rigoler et s'exclamer :

- C'est peut-être vrai, mais bordel, tu adores ça et tu le sais !

Etant l'adulte mature et responsable que j'étais, je regardai par dessus mon épaule et lui tirai la langue. Je pouvais entendre son rire à travers la porte de la salle de bain et je ne pus m'empêcher de me mettre tranquillement à rire moi aussi.

Ouais, aujourd'hui ça va être une longue journée !

Tu peux répéter un peu ça, ma puce ?