Bonjour !
Voici le 36ème chapitre et Alastair passe à l'action. Attention, ce chapitre comporte de la violence comme le titre l'indique.
Je m'excuse par avance pour la fin du chapitre et le Cliffhanger que je n'ai pas pu éviter. Je vous rassure tout de suite, cette histoire se finit bien ! Promis juré !
Sur ce, merci de me lire, de m'écrire, de me suivre et bonne lecture !
A lundi les amis
Sydney8201
Musique du chapitre :
Skinny Love de Birdy
Chapitre 36 : Tortures
« La torture. Il y a quelque chose d'insoutenable et de vertigineux, la destruction de l'homme à l'état pur »
Vladimir Volkoff
Castiel avait attendu une ouverture, une opportunité de reprendre le dessus sur l'homme qui les conduisait jusqu'à sa voiture. Il avait étudié sa façon de se déplacer, cherché une faiblesse quelconque. Mais leur adversaire gardait Dean collé contre lui, soutenant au passage une partie de son poids pour l'aider à avancer. Et son couteau ne s'éloignait jamais du ventre puis de la gorge du jeune acteur. Castiel ne pourrait jamais prendre le dessus sur lui sans mettre son petit ami en danger. Et il refusait catégoriquement de prendre ce risque.
De surcroît, il sentait Dean de plus en plus faible au fil des minutes. Marcher était devenu extrêmement compliqué pour lui. Castiel avait espéré qu'il tentait par là de faire baisser sa garde à l'homme qu'il tenait en joug. Mais la façon qu'il avait de tenir son bras appuyé contre son ventre et les dents serrés, il était évident qu'il souffrait réellement. Il était extrêmement pâle et vacillait toutes les secondes. Castiel n'était pas sûr qu'il arriverait jusqu'à la voiture sans s'effondrer. Il avait toujours du sang sur la moitié du visage mais la coupure au front qui en était la cause ne semblait pas sérieuse. Elle n'inquiétait pas Castiel. Sa douleur au ventre, en revanche, le terrifiait au plus haut point. Car la pâleur du visage de son petit ami pouvait parfaitement signifier qu'il perdait du sang. Et puisqu'il n'avait aucune plaie qui saignait encore, il était fort probable que le sang se répande à l'intérieur de son corps. Dans son abdomen très certainement. Si Dean faisait une hémorragie interne, il ne survivrait pas très longtemps sans soins. Et Castiel ne pouvait rien pour lui. Il allait assister à son agonie sans pouvoir agir. Il ne pourrait jamais se le pardonner. Il était presque sûr qu'il en mourrait d'une façon ou d'une autre à son tour.
Castiel tenta toutefois de ne pas se laisser envahir par le désespoir. Il avait encore une chance de sauver son petit ami s'il trouvait un moyen de prendre le dessus sur leur agresseur. Mais ils étaient sortis de la forêt à présent et il n'avait toujours pas trouvé d'ouverture.
L'homme qui menaçait Dean ouvrit la portière de la voiture et indiqua à Castiel qu'il devait entrer le premier. Il était évident qu'il se méfiait de lui. Il avait conscience qu'il représentait un danger. Sans son acolyte pour lui prêter main forte, il devait faire plus attention encore.
Castiel s'assit finalement sur le siège arrière et regarda son adversaire sortir des menottes pour l'attacher à la poignée de la portière. Il jura entre ses dents quand il fut totalement immobilisé. Puis fouillé et privé de son arme. Il avait espéré avoir les mains libres durant le voyage. Il n'était pas sûr de pouvoir tenter quelque chose alors que l'homme conduisait – ils finiraient dans un fossé et dans son état, Dean ne pourrait pas survivre à un second choc aussi violent – mais il détestait l'idée d'être totalement sans défense.
Il testa la solidité des menottes quand son adversaire fut concentré sur Dean mais dut renoncer quand il fut évident qu'elles ne céderaient pas.
Après quelques secondes, l'homme installa Dean à côté de Castiel. Il l'attacha également à sa portière et lui arracha un cri de douleur quand le métal de la menotte serra son poignet. Castiel n'avait pas remarqué la blessure que son petit ami avait à cet endroit, trop concentré sur sa douleur à l'abdomen. Mais à présent qu'il en avait conscience, il était presque sûr que le poignet de Dean était fracturé. Et cela datait probablement du moment où leur adversaire l'avait trouvé. Il n'avait rien après l'accident. Castiel garda ses yeux rivés sur le poignet de son petit ami, furieux . L'articulation était enflée et violette. Castiel savait combien une telle fracture pouvait être douloureuse. Mais une nouvelle fois, ce n'était définitivement pas la blessure qui l'inquiétait le plus.
Leur adversaire verrouilla ensuite les deux portières puis s'installa derrière le volant. Il mit le contact en silence et s'engagea sur la route presque aussitôt.
Castiel tourna alors le visage vers Dean pour s'assurer qu'il n'avait pas perdu connaissance. Le jeune acteur était toujours aussi pâle. Il tremblait également violemment mais il était éveillé. Il semblait lutter pour garder les yeux ouverts et Castiel fut une nouvelle surpris par la force dont il faisait preuve.
Il avait envie de lui demander comment il allait. De lui décrire le degré de douleur qu'il ressentait. S'il avait du mal à respirer. S'il avait la sensation de perdre du sang. Mais il ne pouvait pas le faire devant l'homme qui conduisait. Ils ne devaient surtout pas lui révéler l'ampleur des blessures de Dean. Il pourrait s'en servir contre eux ensuite.
Castiel attendit que son petit ami le regarde à son tour pour tenter de lui transmettre un peu d'énergie. Dean respirait de façon saccadé et son regard était clairement voilé par la douleur et la peur. Mais il ne détourna pas les yeux.
- J'ai peur, murmura t-il.
Castiel savait qu'il était terrifié. Il l'était lui aussi. Mais il refusait de le dire à voix haute. Il devait faire en sorte de rester le plus stoïque possible. Ne surtout rien révéler qui puisse ensuite se retourner contre lui. Il se contenta donc d'hocher la tête pour signifier à Dean qu'il l'avait entendu. Il aurait voulu pouvoir le prendre dans ses bras et le serrer contre lui pour le rassurer. Il aurait voulu pouvoir lui parler et lui assurer qu'il ferait en sorte de le sauver d'une manière ou d'une autre. Mais une nouvelle fois, il ne devait surtout pas parler.
Il garda donc ses yeux rivés sur Dean jusqu'à ce que la voiture ralentisse enfin. Il aurait du faire attention à ce qui l'entourait. Au chemin emprunté et à la distance parcourue. Mais il ne parvenait pas à détacher ses yeux de Dean. Il avait la sensation qu'au moment où il détournerait les yeux, son petit ami s'effondrerait. Qu'il perdrait connaissance et cesserait de respirer. Qu'il mourrait. Il avait l'impression que le regarder dans les yeux était la seule chose qui le maintenant en vie. Il avait besoin de l'entendre respirer, de le voir cligner les yeux et se battre pour rester conscient. Il avait besoin de le voir vivre pour ne pas perdre complètement la tête.
Une fois le moteur coupé, leur adversaire sortit de la voiture et ouvrit la portière du côté de Dean. Il ne se soucia pas que le jeune acteur soit attaché à la poignée et qu'il n'ait pas réellement de marge de manœuvre. Quand il tira la portière violemment en arrière, Dean fut entraîné et ne dut son salut qu'à un réflexe de dernière minute qui l'empêcha de tomber de la banquette. L'homme le détacha alors sans ménagement puis le fit sortir du véhicule. Il le conduisit ensuite en direction d'un bâtiment que Castiel n'avait pas vu jusque là et disparut à l'intérieur avec lui.
Le garde du corps sentit alors la panique le gagner. Maintenant qu'il n'avait plus son petit ami dans son champ de vision, il ne semblait plus capable de garder le contrôle sur ses émotions. Il commença à se débattre inutilement en espérant pouvoir se défaire des menottes. Il hésita une seconde à tenter de se déboîter le pouce pour libérer sa main. Il savait que c'était possible. Mais il doutait de réussir à le faire avant que son adversaire ne revienne. Il devait se montrer plus intelligent que ça.
Il ne savait pas ce qu'Alastair avait prévu pour lui mais il n'y avait que deux possibilités envisageables à cet instant précis. Soit l'homme revenait et le tuait pour se débarrasser de la menace qu'il représentait. Soit il venait le chercher pour le conduire à l'intérieur et le forcer à assister à la torture de l'homme qu'il aimait. Dans tous les cas, Castiel refusait de se laisser faire. Il allait se battre et il allait gagner. Il ne le faisait pas pour lui. Il le faisait pour Dean. Il était le dernier rempart entre Dean et Alastair. Il devait à tout prix réussir.
Castiel observa donc les environs pour s'en faire une idée aussi précise que possible. Ils étaient en pleine forêt à nouveau. Il n'y avait qu'un seul bâtiment à côté de la voiture. Une vieille cabane de chasse probablement. L'endroit n'était pas grand et semblait totalement abandonné. Personne ne les trouverait là. Il ne pouvait pas compter sur une aide extérieure. Ils allaient devoir s'en sortir seuls.
Castiel reporta son attention sur la porte que Dean avait franchie. Elle se rouvrit quelques secondes plus tard sur l'homme qui les avait conduits jusque là. Il ne semblait pas armé mais Castiel était presque sûr qu'il avait au moins un revolver sur lui. Il le regarda contourner la voiture et ouvrir sa portière. Il fut projeté en avant aussitôt mais parvint à garder son équilibre en contractant les muscles de son dos. Il laissa son adversaire défaire les menottes pour les détacher de la portière. Avant qu'il n'ait le temps de tenter quoi que ce soit, l'homme prit la parole.
- Je sais exactement ce à quoi tu penses Rocky mais je te déconseille de tenter quoi que ce soit. Parce que si je ne suis pas revenu avec toi dans cinq minutes, les hommes à l'intérieur s'en prendront à ton petit ami. Et crois moi, ils ne le tueront pas. Non. Je te laisse imaginer ce qu'ils lui feront. Et tu n'as définitivement pas envie qu'ils le fassent.
Non. Castiel ne pouvait pas les laisser poser leurs mains sur son petit ami. Que ce soit juste pour le frapper ou pour autre chose. La menace était claire. Ils violeraient Dean. Castiel refusait d'être responsable de ça. Il allait donc suivre les ordres de son adversaire. Il ne tenterait rien pour le moment. Mais quand il aurait repris le dessus, il ferait payer à tous ce qu'ils avaient fait. Ils allaient amèrement le regretter.
- Parfait. Maintenant, suis moi gentiment. Il y a quelqu'un à l'intérieur qui est vraiment très impatient de te rencontrer. Il a quelques questions à te poser. Parce qu'il déteste l'idée que tu aies pu toucher à ce qui lui appartenait.
Il allait donc enfin être confronté à Alastair. Et ce monstre savait ce qu'il y avait réellement entre Dean et lui. Il considérait cela comme un affront. Il voyait Dean comme son objet. Il était plus fou encore que ce que Castiel avait imaginé jusque là.
Le garde du corps hocha la tête pour signifier qu'il avait compris puis sortit lentement de la voiture. Il suivit ensuite l'homme à l'intérieur de la cabane en faisant attention aux moindres détails de tout ce qui les entourait.
L'endroit était totalement délabré comme il l'avait deviné en ne voyant que l'extérieur. Il y avait un feu dans la cheminée. L'unique pièce ne contenait pas énormément de mobilier. Juste un vieux matelas taché et une table avec des chaises dans un coin. Il y avait deux autres hommes dans la pièce. Dean était allongé sur le matelas, les yeux ouverts et un bras toujours refermé autour de son ventre. Il était plus pâle encore que quelques minutes plus tôt. Mais quand il vit Castiel, il sembla soulagé. Il pensait sans doute que l'homme parti le chercher l'avait tué.
Castiel jeta un rapide coup d'œil à son petit ami mais se concentra ensuite sur tout ce qui l'entourait. Il n'y avait rien dont il pourrait se servir comme arme. Il n'y avait aucune autre issue mise à part la porte qu'ils venaient de franchir. C'était une situation compliquée et Castiel savait qu'il serait difficile de s'en sortir en un seul morceau. Il allait toutefois devoir réussir.
L'homme qui l'avait conduit à l'intérieur le fit s'asseoir sur une chaise puis l'attacha avec les mains dans le dos. En plus des menottes, il passa une corde autour de son torse qu'il noua à la chaise. Castiel n'avait aucune chance de s'en débarrasser sans qu'on le voit faire.
Personne ne dit rien durant de longues secondes. Un bruit dans le dos de Castiel l'alerta sur l'entrée d'une nouvelle personne dans la cabane. Il n'avait pas besoin de voir de qui il s'agissait pour savoir que c'était Alastair. Il en eut la confirmation quand il se présenta devant lui une seconde plus tard.
Castiel avait vu des photos de lui. Il l'avait trouvé impressionnant sur clichés. Mais il l'était plus encore en vrai.
Pour commencer, il était immense. Peut être plus que Sam encore. Il était musclé et visiblement solide physiquement. Son visage était étrangement long et anguleux. Ses yeux bleus étaient froids et durs. Il était vêtu d'un costume qui semblait totalement inadéquat dans un tel endroit. Il toisait Castiel du regard avec un dégoût évident et une colère à peine masquée.
- Alors c'est vous, lança t-il d'une voix étrange qui le rendait plus terrifiant encore.
Castiel ne savait pas comment réagir. Il ne dit donc rien, convaincu que ce qu'il dirait ne ferait qu'énerver plus encore Alastair. Il se fichait que ce monstre passe ses nerfs sur lui mais il savait qu'il n'en ferait rien. Il utiliserait Dean à la place. Castiel ne pourrait pas le supporter.
- Je vous avoue que je suis surpris qu'il vous ai choisi. Il vaut tellement mieux que ça, expliqua Alastair après quelques secondes.
Castiel eut envie de rire devant l'ironie de la situation. C'était exactement ce qu'il avait pensé au tout début de son histoire avec le jeune acteur. Il ne se pensait pas à la hauteur. Il était persuadé de ne pas jouer dans la même catégorie que son petit ami. Mais il avait fini par comprendre qu'il se trompait. Dean avait réussi à le convaincre.
- Je voulais vous tuer … je pensais vous tuer à la seconde où je me retrouverais devant vous. Mais je pense avoir une meilleure idée maintenant. Je vais vous prouver que Dean m'appartient. Qu'il m'a toujours appartenu et que vous ne pourrez jamais l'avoir. Ensuite, je vous tuerais.
- Non, protesta faiblement Dean dans le dos d'Alastair.
Castiel eut envie de lui dire de se taire. De ne surtout pas attirer l'attention sur lui. Tant qu'Alastair était concentré sur lui, il ne tentait rien avec le jeune acteur. Et Castiel était prêt à recevoir des coups et à entendre des insultes si cela offrait un peu de répit à son petit ami.
- Oh Dean, tu prends sa défense ? Tu es amoureux de lui n'est ce pas ?
Alastair semblait amusé à présent par la situation. Castiel aurait aimé pouvoir l'attraper et le frapper jusqu'à ce qu'il perde connaissance. Mais il était totalement impuissant. Il savait ce qu'Alastair avait l'intention de faire. Ce qu'il avait sous entendu en lui expliquant qu'il allait lui prouver que Dean lui appartenait. Il ne pourrait pas en être le témoin. Il ne pourrait pas oublier ensuite même s'ils s'en sortaient sains et saufs.
- Je l'aime oui ...je l'aime lui. Pas toi … jamais toi, jeta Dean en tentant de se redresser.
Il souffrait atrocement. C'était évident. Et Alastair semblait satisfait de le voir grimacer de la sorte. Il était amusé par sa souffrance. Castiel avait envie de vomir.
- Tu changeras d'avis Dean. Tu finiras par te rendre compte que tu te trompes. Que je suis celui qu'il te faut depuis le début. Je me souviens de la façon que tu avais de me regarder dès notre rencontre. Tu étais jeune et innocent et je rêvais d'être celui qui t'apprendrais la vie. Tu en avais envie aussi à l'époque. Je le sais. Bien sûr, j'ai du attendre que ton père ne soit plus là pour mettre mon plan en exécution. J'ai du faire en sorte qu'il disparaisse.
Dean fronça alors les sourcils et se redressa pour de bon. Castiel savait parfaitement ce qu'Alastair avait voulu dire par là. Il était responsable de la mort de John Winchester. Il l'avait tué pour pouvoir approcher Dean. Et le jeune acteur allait inévitablement penser que tout était de sa faute. Il oublierait qu'il était une victime au même titre que son père. Cette révélation allait le détruire et Castiel n'était pas sûr d'être capable de l'aider à la surmonter.
- Tu l'as tué ?
Alastair haussa les épaules. Il était toujours debout devant Castiel mais toute son attention était braquée sur Dean à présent.
- Peut être oui … mais il serait mort dans tous les cas. Il buvait et conduisait totalement ivre. Même son mon intervention, il aurait fini encastré dans un arbre. Disons que j'ai juste fait en sorte que cela arrive plus vite. Je ne pouvais plus attendre. Je devais t'avoir.
L'obsession d'Alastair remontait donc bien à sa première rencontre avec Dean. Quand le jeune acteur n'avait encore que seize ans. Quand il n'était rien de plus qu'un adolescent. Ce type était malade. Et il avait patienté quatorze ans pour avoir Dean. Il était déterminé et en conséquence, extrêmement dangereux.
- Espèce de sale fil de pute, jura finalement Dean après quelques secondes.
- Non, mon amour, ne sois pas en colère. Tu sais qu'il n'était pas bon pour toi. Il te tirait vers le bas et moi, je voyais ton incroyable potentiel. Je savais que tu étais destiné à accomplir de grandes choses. Mais tu avais besoin de moi pour ça.
Castiel ne pouvait pas rester plus longtemps à ne rien faire. Il pouvait voir le visage de son petit ami se décomposer au fil des secondes. Il était totalement dévasté par ce qu'il venait d'apprendre et il souffrait énormément. Il semblait sur le point de tenter quelque chose. Cela serait vain et pousserait probablement Alastair à agir. Castiel devait attirer à nouveau l'attention de ce monstre sur lui.
- Vous savez que je ne vous laisserais jamais lui faire du mal. Vous savez que je vous tuerais avant que vous n'ayez le temps de le toucher. Alors … si vous tenez un tant soit peu à la vie, vous allez partir et nous oublier.
Il regarda Alastair se tourner vers lui lentement, un large sourire étirant ses lèvres. Castiel soutint son regard tout en tentant de tordre sa main dans tous les sens pour la délivrer de la menotte. Il savait qu'il avait très peu de chances d'y parvenir mais il refusait de ne pas essayer.
- Vous pensez réellement que j'ai peur de vous Monsieur Novak ?
Castiel savait qu'Alastair pensait avoir le contrôle sur la situation. Qu'il n'envisageait pas une seconde une victoire du garde du corps. Et les chances étaient effectivement minces. Mais il avait tort de le sous estimer. Tort de se croire invincible. Castiel allait prendre un malin plaisir à le lui prouver.
- Vous devriez, asséna t-il alors.
Alastair sourit de plus belle. Il posa ensuite ses mains sur les épaules de Castiel et se pencha dans sa direction. Le garde du corps cessa aussitôt de bouger pour ne pas se trahir. Il se força à soutenir le regard de son ennemi. Il était terrifié. Il était à deux doigts de paniquer. Mais il ne devait surtout pas laisser Alastair le voir. Il refusait de se montrer vulnérable.
- Vous vous croyez plus fort que moi et pourtant … c'est vous qui êtes attaché sur cette chaise. Vous qui allez être contraint de me regarder faire tout ce que j'ai envie de faire à l'homme que vous aimez. Vous qui avez perdu. Monsieur Novak … ouvrez les yeux. C'est vous qui devriez avoir peur de moi.
Castiel ne pouvait plus supporter de l'entendre parler. Il ne pouvait plus supporter cette proximité et de sentir le souffle d'Alastair sur son visage. Il se sentait sale et nauséeux. Il n'avait pas vraiment de marge de manœuvre mais puisque son ennemi avait jugé bon de s'approcher autant de lui, il allait saisir cette opportunité.
Il prit une grande inspiration puis lança sa tête en avant. Son front entra alors en contact avec le nez d'Alastair avec violence. Ce dernier poussa un cri de douleur en reculant brusquement. Il porta une main à son nez et Castiel fut satisfait de voir qu'il saignait. Il le lui avait probablement fracturé. Il aurait aimé pouvoir lui faire plus mal encore mais c'était déjà un début.
- Vous allez regretter ça ! Jeta alors Alastair.
Il perdait son calme et Castiel était satisfait de voir qu'il pouvait l'atteindre. Bien sûr, cela signifiait qu'il allait très certainement passer sa colère sur lui. Mais il s'en contrefichait. Tant qu'il le frappait, il ne touchait pas Dean. C'était du temps de gagné.
Castiel recommença à tordre sa main dans tous les sens pour tenter de se libérer. Il finit par appuyer son pouce contre un barreau de la chaise et à appliquer une pression contraire à celle du sens de son articulation. Il devait tenter quelque chose. Peu importait la douleur. Il était capable de tout supporter pour sauver Dean.
Il pouvait sentir son articulation protester violemment contre la pression exercée au moment où Alastair abattit son poing dans son visage. Le coup était incroyablement violent et la tête de Castiel bascula en arrière sous l'impact. Une violente douleur se propagea aussitôt de sa tempe à sa joue. Sa vision se brouilla et pendant une seconde, il crut qu'il allait perdre connaissance. Il trouva toutefois la force de rester conscient en se concentrant sur Dean qu'il voyait du coin de l'œil.
- C'est tout ce que vous avez ? Demanda t-il alors en redressant sa tête.
Il avait mal dans tout le côté droit et il pouvait sentir du sang couler de son arcade sourcilière. Mais il avait déjà subi pire.
- Ce n'est que le début, lui assura Alastair en levant à nouveau le poing dans sa direction.
Il l'aurait probablement frappé si Dean n'avait pas jugé bon d'appeler son nom pour attirer son attention dans sa direction à nouveau. Castiel jura alors entre ses dents. Pourquoi son petit ami ne comprenait il pas que c'était idiot de sa part ? Que tout ce qu'Alastair ferait à Castiel n'était rien en comparaison avec ce qu'il avait en tête pour le jeune acteur ? Le garde du corps était entraîné pour encaisser les coups. Mais si ce monstre touchait Dean, il ne se contenterait pas de le frapper. Non. Il le violerait. Et Dean ne pourrait jamais s'en remettre.
- Ne lui fais pas de mal … je … je ferais tout ce que tu veux, assura Dean en baissant les yeux.
Il évitait soigneusement le regard de Castiel. Il devait savoir que ce qu'il faisait le mettait hors de lui. Qu'il voulait le voir se taire et le laisser gérer la situation. Mais il voulait le protéger. C'était idiot et tellement Dean que Castiel avait envie de pleurer.
- Tout ce que je veux ? Parfait. Déshabille toi.
Castiel sentit alors son cœur accélérer son rythme dans sa poitrine. C'était comme assister à un accident de voiture au ralenti. Le garde du corps savait que ça ne finirait pas bien mais il ne parvenait pas à détourner le regard. Il ne parvenait pas à réagir. Il était comme hypnotisé. Dean était sur le point de se sacrifier pour lui. Et Castiel avait envie de le détester pour ça. Son petit ami semblait ignorer qu'il ne serait pas le seul à souffrir. Qu'il allait imposer quelque chose au garde du corps qu'il ne pourrait ensuite plus jamais oublier. Dean ne réfléchissait pas. Il agissait à l'instinct mais sa décision était stupide.
- Je … tout sauf ça, souffla Dean en resserrant un peu plus encore son bras autour de son ventre.
Alastair secoua la tête. Il était en position de force et il le savait. Il avait compris que Dean était capable de tout pour protéger Castiel. Que l'inverse était vrai également. Et c'était sans doute pour cela qu'il avait tenu à garder le garde du corps en vie. Il allait l'utiliser contre le jeune acteur. Et cela fonctionnait.
- Déshabille toi ou je lui ferais mal. Et tu sais que ce ne sont pas des paroles en l'air. Je le ferais souffrir et je ferais durer tout cela durant des heures et des heures. Je ne le tuerais pas mais je le couperais en morceaux jusqu'à ce qu'il pleure et appelle au secours. Mais personne ne l'entendra Dean … et ensuite … ensuite, quand il ne pourra plus le supporter, c'est lui qui me suppliera de te faire tout ce que j'ai en tête … juste pour que ça s'arrête. On sait tous les deux comment cela va se finir. Alors épargne lui toutes ces souffrances en faisant ce que je te demande.
Dean leva alors les yeux vers Alastair et le regarda durant quelques secondes. Il cherchait sans doute à s'assurer qu'il ne mentait pas. Qu'il ne bluffait pas. Et il était évident qu'il était parfaitement sérieux. Mais il n'obtiendrait jamais de Castiel qu'il l'encourage à faire du mal à son petit ami. Il préférait souffrir durant des jours entiers que de céder. Il était toutefois sûr que Dean ne tiendrait pas. Il ne supporterait pas de le voir souffrir par sa faute.
- Je … ok, accepta finalement le jeune acteur.
Alastair se passa alors la langue sur les lèvres et s'éloigna doucement de Castiel. Ce dernier secoua la tête, paniqué.
- Non, ne le touchez pas ! Laissez le tranquille espèce de salopard ! Je vais vous tuer. Si vous lui faites du mal, je vous tuerais.
Alastair ne lui jeta même pas un regard. Il était totalement concentré sur Dean qui avait retiré son bras de son ventre et tentait tant bien que mal de retirer son tee shirt. Castiel savait qu'il venait de se trahir en intervenant. Qu'il n'avait fait que renforcer la détermination d'Alastair. Mais il ne pouvait pas rester sans réagir. Il ne pouvait pas laisser Dean s'offrir à ce monstre juste pour leur faire gagner quelques minutes. Car peu importait ce que le jeune acteur ferait. Alastair tuerait Castiel. Il le ferait souffrir avant. Et Dean ne pouvait pas ne pas l'avoir compris.
- Cas, ça va aller, assura le jeune acteur après quelques secondes.
Il avait réussi à retirer son tee shirt mais cela semblait l'avoir vidé de toute énergie. Il avait le visage incroyablement pâle et des larmes s'accumulaient sur ses paupières. Il avait des difficultés à rester assis. A ce rythme là, il finirait par perdre connaissance.
Castiel posa alors son regard sur le ventre de son petit ami. Ce qu'il vit lui donna envie de pleurer. L'hématome couvrait l'abdomen du jeune acteur de part en part. Il avait déjà pris une teinte violacée qui n'était définitivement pas bon signe. Il était à présent presque sûr qu'il y avait des dégâts internes. Peut être pas une hémorragie. Mais c'était une blessure sérieuse. Une qui obligeait Castiel à trouver une solution rapide. Il tenta de se débattre à nouveau mais il était paniqué et il ne parvenait plus à agir rationnellement.
Quand Dean commença à déboutonner son jean et à détacher sa ceinture, Castiel se força à retrouver un semblant de calme. Il perdait du temps à s'agitant ainsi inutilement. Il devait s'en tenir à son plan. Il appuya donc son pouce contre le barreau de la chaise à nouveau et exerça une pression. Il serra les dents quand son articulation protesta puis se retint de crier quand il entendit un craquement significatif. Il avait franchi la première étape. Mais il lui en restait de nombreuses et il manquait cruellement de temps.
Dean s'était à nouveau allongé sur le matelas. Il avait baissé son jean jusqu'au milieu de ses cuisses mais il ne parvenait pas à aller plus loin. Il ne réussissait pas à s'asseoir à nouveau. Alastair sembla le comprendre et s'approcha un peu plus de lui. Il lui retira ses chaussures brutalement puis attrapa le bas de son pantalon pour le glisser le long de ses jambes.
Les autres hommes dans la pièce ne manquaient pas une seconde du spectacle qui leur était offert. Castiel avait envie de leur faire du mal à eux aussi. Ils s'amusaient de ce que Dean était en train de subir. Et leurs yeux allaient et venaient sur son corps exposé. Ils étaient répugnants.
Alastair débarrassa ensuite Dean de son caleçon avant de l'observer longuement. Il se redressa ensuite et se tourna vers ses hommes de main.
- Sortez, exigea t-il.
Aucun ne protesta et Castiel en fut soulagé. Cela lui offrait une chance. Si toutefois il parvenait à se défaire de ses liens sans qu'Alastair le voit, il serait en un contre un. Et il était parfaitement capable de prendre le dessus sur ce monstre. Même s'il était nettement moins grand que lui.
- Si tu savais combien de fois j'ai rêvé de ce moment, expliqua Alastair quand ses hommes furent sortis de la cabane.
Dean pleurait à présent. Il le faisait en silence mais son visage était baigné de larmes. Il avait posé ses mains sur lui, par pudeur sans doute. Il les utilisait pour couvrir son entrejambe. Castiel détourna les yeux et prit une grande inspiration. Il était temps pour lui de faire quelque chose.
Il pressa son pouce contre sa main de toutes ses forces puis commença à tirer pour retirer la menotte. C'était atrocement douloureux. C'était presque comme si on tentait de lui arracher sa main. Mais Castiel savait qu'il pouvait réussir. La menotte n'était pas serrée et il avait suffisamment de jeu pour la retirer. Sans l'articulation de son pouce en travers du chemin, il avait une chance. Il continua à tirer le plus discrètement possible alors qu'Alastair continuait d'observer Dean avec un désir évident.
- Je devrais les tuer pour t'avoir fait du mal, commenta t-il en posant ses yeux sur l'hématome qui recouvrait l'abdomen de Dean.
Castiel trouvait ironique que ce monstre soit en colère contre des personnes qui avaient fait souffrir le jeune acteur. Il était lui même sur le point de lui faire bien plus de mal. Mais il ne réfléchissait pas ainsi. Il ne voyait pas Dean comme une victime. Il le voyait comme un objet. Comme quelque chose qu'il possédait. Et il était en colère parce que quelqu'un avait abîmé sa possession. Castiel ne comprenait pas comment on pouvait voir un être humain de la sorte. Comment on pouvait ne pas avoir conscience qu'on était sur le point de faire quelque chose d'extrêmement grave.
- Je leur ferais payer. Je leur avais dit de ne pas te toucher. Tu devais être parfait pour nos retrouvailles.
Dean ne dit rien mais Castiel pouvait deviner qu'il était en colère. Qu'il se retenait de cracher au visage d'Alastair. Il se contentait de l'écouter et de se couvrir. Il essayait tant bien que mal de rester digne. C'était incroyablement dur à voir pour Castiel. C'était la pire des tortures.
- Mais je vais prendre soin de toi Dean. Je vais te remettre sur pieds et on passera le reste de notre vie ensemble. Tu finiras par comprendre que tu as besoin de moi et que tu m'aimes. Que tu m'aimes depuis le premier jour.
Le jeune acteur secoua alors la tête en ricanant tristement.
- Je ne t'aimerais jamais, jeta t-il ensuite.
Il avait tort de provoquer ainsi Alastair. Il risquait de l'énerver et de le pousser à passer à l'acte plus rapidement. Mais il ne pouvait pas rester silencieux. Pas quand ce monstre tenait de tels propos. Castiel le comprenait. Il aurait simplement aimé être celui qui dirait toutes ces choses. Pour épargner Dean. Et pour détourner son attention du jeune acteur.
Le garde du corps avait toutefois besoin qu'Alastair ne le regarde pas. Il avait presque réussi à retirer sa menotte et il ne lui resterait ensuite que la corde à détacher. Il préférait ne pas s'interroger sur la façon dont il s'y prendrait. Car il doutait d'avoir une solution. Mais une chose après l'autre. Il ne devait surtout pas perdre son calme en pensant au pire. Il devait avant tout rester concentré.
- Inutile de mentir Dean. Je sais qu'il s'est passé quelque chose entre nous à l'époque. J'ai commis l'erreur de penser que tu étais prêt pour la seconde étape de notre relation mais tu étais trop jeune. Je le sais à présent. J'aurais du me montrer plus patient. Attendre que tu comprennes. J'ai été stupide. Personne ne peut m'en vouloir bien sûr. Tu étais déjà tellement beau à l'époque. Il était impossible de te résister. Tu es plus magnifique encore maintenant que tu as mûri. Bien sûr, j'aurais préféré que tu m'attendes. Que tu restes pur pour moi. Je vais devoir accepter que d'autres t'aient touché avant moi. Qu'un type t'ai volé ta virginité quand j'estime qu'elle m'était réservée.
Plus Alastair parlait et plus Castiel avait du dégoût pour lui. Il n'avait jamais connu quelqu'un comme lui. Jamais été confronté à cette forme de folie avant.
- Tu es complètement fou. Tu ne vois pas que je ne veux pas toi ? Je suis dégoûté à l'idée que tu puisses me toucher à nouveau. Je me sens sale juste quand tu me regardes. Je ne veux pas être ici. Je ne veux pas de toi. Alastair, s'il te plaît … laisse nous partir.
C'était une tentative désespérée de la part de Dean. Il devait forcément savoir que cela n'avait aucune chance de fonctionner. Castiel n'était pas vraiment sûr de comprendre ce qu'il cherchait. Il provoquait Alastair. Mais il ne pouvait pas chercher à le faire sortir de ses gonds. Non. Il savait exactement ce qui l'attendait s'il poussait son agresseur à réagir. Il devait toutefois avoir une idée en tête. Castiel observa son petit ami tout en réussissant enfin à retirer sa main de sa menotte. Il s'attaqua aussitôt à la corde. Le nœud était serré mais il devait tenter sa chance.
- Tu trouveras quelqu'un d'autre. Je veux dire … si on met de côté le fait que tu es un peu dérangé, tu es séduisant. Tu as réussi et n'importe quel homme serait ravi de t'avoir dans sa vie. Pour ça bien sûr, tu devrais procéder autrement. Un premier rendez vous … puis un second et … Alastair, tu dois m'oublier. Je ne suis pas si exceptionnel que ça.
Alastair s'agenouilla devant Dean et posa ses mains sur ses tibias. Il les remonta lentement le long de ses jambes mais s'arrêta au niveau de ses genoux. Castiel ne supportait pas l'idée qu'il puisse le toucher. Il devait toutefois faire confiance à Dean et espérer que son petit ami savait exactement ce qu'il faisait.
Il fut surpris quand le jeune acteur lui jeta très rapide coup d'œil. Alastair ne le remarqua pas mais pour Castiel, il était évident que Dean cherchait à lui faire passer un message. Il était clair. « Dépêche toi ». Le jeune acteur agissait de la sorte pour gagner du temps. Parce qu'il savait que Castiel tenterait de se libérer. Et il lui en offrait l'opportunité en accaparant l'attention d'Alastair. C'était un plan risqué. Mais un plan brillant.
- Ce que tu ne comprends pas Dean, c'est que je ne veux personne d'autre que toi. Je t'ai attendu quatorze ans mon amour. J'aurais pu trouver quelqu'un mais ce n'est pas ce que je veux. Tu es parfait et tu es à moi. Tu finiras par le comprendre.
Castiel avait des difficultés à défaire le nœud de la corde avec une main quasi inefficace. Son pouce le lançait affreusement. Il faisait son maximum pour l'ignorer mais il s'agissait de sa main dominante. Et il n'était pas très doué avec sa main gauche.
- Tu ne te vois pas tel que tu es Dean. Mais je vais remédier à tout ça.
- La faute à qui Alastair ? La faute à qui ?
Dean était en colère. Il avait toutes les raisons de l'être. Alastair était celui qui l'avait convaincu qu'il ne valait rien. Qu'il n'était pas suffisamment mince ou suffisamment beau pour remplir les critères demandés par les autres photographes. C'était une tactique classique pour quelqu'un comme lui. Ils faisaient en sorte de briser toute confiance que leurs victimes avaient en elles même pour les convaincre qu'ils ne trouveraient jamais personne d'autre. Et ils finissaient par être reconnaissants envers leurs agresseurs de leur donner un tant soit peu d'attention. Heureusement pour lui, Dean avait surmonté tout ceci. Il n'était pas totalement guéri. Mais il allait mieux. En partie parce qu'il était entouré de gens qui l'aimaient tel qu'il était.
- Certainement pas à moi. Je t'ai toujours encouragé. J'ai toujours fait en sorte de t'aider à être le meilleur. Mais tu étais têtu et tu refusais mes conseils. J'ai du me montrer un peu dur pour que tu comprennes. J'aurais réussi si tu n'avais pas pris la fuite. Je ne t'ai pas pardonné d'ailleurs. Mais le passé est le passé n'est ce pas ?
Castiel avait réussi à glisser un doigt dans le nœud de la corde. Il tira en arrière de toutes ses forces pour tenter de le détendre un peu. La tâche s'annonçait longue mais il était convaincu à présent qu'il pouvait réussir.
- Tu ne faisais que me critiquer en permanence. Ce n'est pas comme ça qu'on se comporte avec quelqu'un qu'on aime ! Jeta Dean en foudroyant Alastair du regard.
Ce dernier posa finalement ses mains sur ses cuisses. Il semblait vouloir prendre son temps. C'était surprenant après qu'il ait attendu aussi longtemps. Mais c'était une bonne chose. S'il s'était jeté sur Dean sans attendre, Castiel aurait perdu son calme. Et toute chance de prendre le dessus sur Alastair.
Le garde du corps sentit le nœud céder un peu plus encore et il put insérer un second doigt. Il serra les dents en ignorant la douleur dans sa main droite. Il se concentra à la place sur Dean.
Le jeune acteur semblait à bout de force à présent. Il avait probablement brûlé le peu d'énergie qui lui restait. Mais il devait tenir bon encore quelques minutes. Castiel n'avait pas besoin de plus.
- Dean, ça suffit. Tu dois te montrer raisonnable. Je peux te pardonner beaucoup de choses mais si tu continues ainsi à me défier, je devrais te donner une leçon. Et tu sais qu'elle sera douloureuse.
Pendant une seconde, Castiel fut presque sûr que le jeune acteur allait l'encourager à le faire. Pour le pousser à bout. Pour le forcer à faire quelque chose qu'il n'avait visiblement pas envie de faire. Juste pour avoir la sensation de garder le contrôle. Mais il ne dit rien. Il se contenta de baisser les yeux.
Alastair dut croire qu'il s'agissait d'un feu vert pour continuer et il attrapa les mains de Dean pour les écarter de son entrejambe. Dean gémit quand il fut totalement exposé. Castiel dut détourner les yeux pour ne pas devenir complètement fou.
Il tira un peu plus fortement sur les liens qui enserraient ses mains. Il sentit finalement la corde céder et le nœud se défaire. Il utilisa sa main droite pour dégager suffisamment de place. Il y était presque. Il avait envie de le dire à Dean. Il avait envie de le rassurer. Mais il refusait de se trahir. Il libéra finalement ses mains et se redressa sur la chaise.
Alastair ne faisait absolument pas attention à lui. Il était totalement concentré sur Dean. Sa main avait agrippé son sexe et il tentait visiblement d'obtenir une réaction en le masturbant doucement.
Il n'avait aucune chance de réussir. Mais Castiel n'avait pas de temps à perdre. Il ramena ses bras contre son corps, plia et déplia ses doigts pour aider le sang à circuler à nouveau. Il n'avait qu'une seule chance et il devait absolument la saisir. S'il échouait, Alastair le tuerait. Et Dean serait seul.
Le garde du corps prit une grande inspiration puis contracta ses muscles. Il se jeta ensuite en avant. Il referma son bras gauche autour de la gorge d'Alastair et tomba avec lui sur le côté. Il ignora la douleur dans son coude quand il heurta le sol et tourna son adversaire sur le côté. Alastair avait été visiblement surpris par son intervention mais il reprit rapidement ses esprits. Il attrapa Castiel par les épaules et tenta de le repousser. Le garde du corps ne comptait pas se laisser faire. Il abattit son poing dans le visage de son adversaire puis dans un de ses bras. Alastair poussa un cri et retira une de ses mains de son épaule. Il referma toutefois l'autre autour de son cou et commença à serrer. Castiel était épuisé et son adversaire était plus fort que lui physiquement. Il devait trouver un moyen de le mettre K.O rapidement. Si le combat durait, il n'avait aucune chance.
Alastair accentua la pression autour de son cou et Castiel commençait à avoir du mal à respirer. Il se débattit de son mieux, lança son poing dans le visage de son adversaire puis lui attrapa le poignet pour tenter de le faire lâcher.
Alastair le fit alors basculer sur le côté et réussit à se positionner au dessus de lui. Castiel avait confiance d'être en train de perdre. Il manquait d'oxygène et tout son corps le lançait. Il entendit vaguement un bruit à sa gauche mais il n'y prêta pas attention. Si les hommes de mains d'Alastair étaient revenus, ils étaient fichus. Castiel préférait les ignorer pour le moment. Il enfonça ses ongles dans le poignet d'Alastair et fut satisfait de l'entendre crier. Il remonta ensuite sa main sur son visage et tenta d'enfoncer un de ses doigts dans son œil. Il l'entendit crier à nouveau. Il avait du sang qui coulait sur la main mais la pression sur son cou ne diminuait pas. Et Castiel avait la vision qui se brouillait. Il poussa son doigt un peu plus en avant et sentit l'œil d'Alastair céder sous la pression. Son adversaire relâcha alors son cou en portant une main à son visage. Castiel prit quelques secondes pour respirer. Ses poumons étaient douloureux. Il avait du mal à reprendre son souffle.
Déjà Alastair semblait prêt à repartir à l'attaque. Castiel leva les mains devant son visage pour se défendre. Mais son adversaire poussa un nouveau cri déchirant avant de tomber en avant sur lui. Pendant une seconde, le garde du corps ne comprit pas ce qui se passait. Quand il rouvrit les yeux, il vit Dean debout devant lui, l'arme d'Alastair entre les mains. Il avait visiblement abattu la crosse à l'arrière du crâne de son adversaire. Il l'avait probablement assommé pour un moment. Mais il restait trois hommes à l'extérieur et ils devaient s'en débarrasser avant de pouvoir fuir.
Il poussa Alastair sur le côté puis se remit difficilement sur ses pieds. Il posa ensuite son regard sur Dean. Il était toujours nu et tremblait violemment. Il serrait l'arme dans sa main, le canon pointé en direction d'Alastair.
- Dean, l'appela Castiel doucement.
Le jeune acteur leva alors les yeux vers son petit ami et ouvrit la bouche pour dire quelque chose. Il n'en eut toutefois pas le temps. La porte dans son dos s'ouvrit brutalement le faisant sursauter puis un bruit assourdissant résonna autour d'eux. Ce ne fut que lorsque Dean commença à basculer en avant que Castiel comprit ce dont il s'agissait. Un coup de feu. Un des hommes de mains d'Alastair avait tiré sur eux. Sur Dean. Et il l'avait visiblement touché. Castiel avait du sang sur son tee shirt et il était presque sûr qu'il ne s'agissait pas de celui d'Alastair.
Quand Dean tomba finalement contre lui, le faisant basculer en arrière, il sut avec certitude qu'il s'agissait du sang de son petit ami. Et la seule chose à laquelle il réussit à penser alors qu'il tombait à son tour fut qu'il avait échoué. Qu'il avait perdu Dean. Et qu'il n'avait à présent plus aucune raison de se battre et de vivre.
