Bonsoir tout le monde,

Une nouvelle commande pour bien commencer cette semaine. Je suis désolée, le rythme de publication a de nouveau ralenti, puisque je suis de nouveau prise dans le cycle infernale du métro-beaucoup de boulot-vaguement dodo … Heureusement, ce sont bientôt les fêtes de fin d'année, et avec elles la perspective pour moi de me reposer et d'avoir du temps pour écrire !

En attendant, je vous laisse avec ce nouvel OS, en souhaitant de tout cœur qu'il vous plaise (que vous soyez ou non emballés par le couple) : )

Commande de : Lucille

Couple choisi : Draco/Hermione

Mot choisi : Craie

Rating : K

Disclaimer : la plupart des lieux et personnages sont la propriété de J.K. Rowling, je ne me fais donc pas d'argent avec (et en plus je réponds aux commandes gratuitement, moi la cupide de service, alors !).

Dédicace : Ma petite Lucille adorée, voici ta commande ! Je tenais à te remercier, tout d'abord pour ton immense gentillesse et ta fidélité (une de mes premières lectrices ! Merciii !). C'est si agréable de voir que tu suis avec autant d'attention tout ce que je fais. Et puis merci du fond du cœur pour cette commande, car ça m'a permis, moi qui ai pourtant du mal maintenant à séparer Hermione de Ron (et Draco de Harry ! lol), à renouer avec ce couple qui a pourtant été le premier par lequel je suis arrivée dans la fanfic HP (en lecture) … et oui ! Et j'avoue avoir adoré les mettre en scène (je devrais pas dire ça, lol), alors j'espère qu'en retour le texte te plaira. Gros bisous à toi : )

Bonne lecture à tous !


Pas l'habitude de toi

En entendant la porte grincer, je me suis retournée. Tu étais là. Sur le seuil.

Sur le seuil de cette salle de classe, où je ne t'attendais pas. J'ai lâché le morceau de craie que je tenais.

La craie tombe au sol. La craie s'écrase. Tu m'as troublée.

Tu n'aurais pas dû.

Et je n'aurais pas dû réagir comme ça.

« Oh, tu étais là … Granger ? »

L'hésitation se fait belle dans ta voix, comme une insulte qui s'échoue en caresse sur mon cœur. Je suis folle de penser ça.

Mais je ne suis pas redevenue pour autant ton ennemie en cette seconde, même si j'aurais dû … Si nous avions su.

Parfois même les meilleurs s'égarent.

« Je … je préparais la liste des tâches de chaque Maison pour la fête, Malefoy. »

Une simple phrase peut devenir la plus insurmontable des hérésies à prononcer, quand l'assurance nous quitte.

« Tu trembles ? » Lâche cette ironie que tu as dans la voix ; je n'y ai pas plus cru à cet instant que toutes les fois où tu me toisais, comme si je n'étais rien …

Parce que je ne veux pas être rien.

« Peut-être … » Ai-je voulu te faire plaisir ? Te laisser l'illusion que tu avais le dessus, juste pour prolonger l'instant ? … Juste pour te garder à moi, un peu.

Parce que tu le sais, même si tu te le caches, que quand on rentre dans ton jeu on te soumet ?

Je l'ai su, à cette seconde précise.

Mon pied a écrasé la craie quand j'ai reculé vers le tableau. Quand tu as fait un pas.

Vers moi.

Parce que oui, Malefoy, quand on fléchit, tu souris, et tu es pris à ton propre jeu. Tu crois nous soumettre, et tu deviens dépendant. De nous.

Tu étais dépendant de moi, alors. De moi, qui feignais de fléchir devant toi.

« Tu … tu voulais quelque chose ? »

Ah comme il est beau de se bâtir soi-même des dénis ! Démence après défense, j'ai envie de dire que je devenais par cette phrase la plus tortueuse de tes congénères, que je jouais un jeu maîtrisé et volontaire …

Je suis fière. Je ne dirais pas que ma voix tremblait réellement.

Je ne dirais pas que par ces mots je tombais moi aussi dans le piège …

Parce que je n'ai pas envie d'être comme toutes les autres ! Je n'ai pas envie d'admettre que ton charisme me touche, que quand tes yeux se posent sur moi, je sens quelque chose, là, au fond …

« La même chose que toi ? »

Et tourne, et vole, la ritournelle des quiproquos … Et se brisent mes espoirs au sol, comme ce morceau de craie blanche. Ton ton séducteur, loin de me faire chuter plus bas dans cette mascarade, me ramène au contraire douloureusement les pieds sur terre.

Tu tentes de me charmer. Et je n'en suis pas flattée.

Et je n'en suis pas heureuse.

Parce que tu le fais avec toutes les autres. Parce qu'alors … je suis comme toutes les autres.

« Je ne vois pas ce que tu veux dire. Moi je suis juste là pour faire mon travail. D'ailleurs, en tant que préfet-en-chef, toi aussi tu devrais être en train de t'occuper de … » Flot de paroles qui bourdonne, dans lequel moi-même je me suis perdue, comme étouffée.

Comme toujours quand je veux masquer une blessure, je parle et je parle, je noie le poisson qui suffoquera à tant recevoir d'eau. Ma gorge qui s'asséchait empêchait mes larmes de couler, sauvait ma fierté lacérée.

Mais tu ne m'as pas aidée, Malefoy. Tu n'as pas eu la décence qu'ont mes amis, qui fuient en râlant quand je prends mon ton autoritaire et désagréable.

Non.

Toi, tu es resté. Tu es resté à me regarder devenir cette fille que je n'aime pas, tu es resté à m'écouter déverser un fiel de façade. Tu es resté là. Souriant.

Souriant, salaud !

Souriant avec gentillesse.

C'est quand une larme a glissé sur ma joue que les mots sont morts dans ma gorge. J'ai baissé les yeux. Tu avais gagné. D'accord, je ne suis pas la plus forte. C'est vrai, aujourd'hui je n'ai pas pu me cacher derrière Ron et Harry.

La lionne s'est faite mordre par le serpent, alors maintenant va … laisse ton poison continuer à ronger mon âme chaque jour un peu plus, va, laisse-moi être une des idiotes qui soupirent dans ton sillage.

Mais laisse-moi au moins tomber avec dignité.

« Tu n'as rien d'autre à faire ? » Le murmure, affaibli, se résigne. Ma défaite, je te l'ai offerte sur un plateau, les yeux cachés sous mes cheveux. Alors va-t'en, au moins …

Je fixe ce morceau de craie, broyé en une poudre fine, sous ma chaussure. Je me suis sentie aussi misérable, aussi morte que lui, alors … Mon pied aurait pu être le tien, j'aurais pu être cette craie. Rien n'aurait été différent.

« Baisse les armes, Granger … »

Il y a des ordres qui sonnent comme des berceuses, des lames qui nous transpercent comme un songe … Pourquoi ne me suis-je pas révoltée, à ces mots ? Pourquoi ne me suis-je pas indignée, te criant que c'est ce que j'avais fait, que tu avais déjà gagné ?

Peut-être parce que tu avais raison … Même à terre je ne rends pas les armes. Et même quand je me sens misérable, je garde ma fierté. Mon armure. Ma douleur comme un rempart.

Mais pourquoi ne me suis-je pas opposée à toi quand tu m'as dit ça ? Même aujourd'hui ça me paraît incongru … Tu étais, et tu restes l'ennemi. Tu l'as toujours été, et j'ai beau parfois frémir quand ton regard m'effleure, avec indifférence ou pitié, je reste fidèle à ma Maison. A mes amis. A Harry.

Par loyauté pour la haine qu'il te voue, je ne tenterais jamais rien. Ca fait longtemps que j'ai cessé de faire croire que c'était par intelligence et raison que je lui suggérais de t'insulter moins fort, et je ne dis plus rien.

Mais en cet instant, dans cette salle de classe, ce qui s'est passé …

Le fait qu'il ne se soit rien passé, justement …

Pas d'insulte entre nous. Pas de sorts malencontreux. Pas de compétition pour être le meilleur.

Rien.

Rien que nous. Rien que mon ego qui s'évaporait, rien que ta perfidie qui s'adoucissait.

Et nous.

Et nous …

« Il faudra aller chercher d'autres craies si on veut continuer à faire la liste. J'ai fait tomber le dernier morceau, c'est bête … Et puis bon, il … » Quand je suis timide, je parle beaucoup aussi, tu sais.

« D'accord. » Merci.

Merci pour cette parenthèse. Je n'avais pas l'habitude.

Pas l'habitude de baisser les armes. Pas l'habitude de cette attitude, chez toi.

Pas l'habitude de toi.

C'est un plaisir de te rencontrer, Draco Malefoy. Enchantée, moi je m'appelle Hermione Granger …