Bonjour à tous,
alors pour ceux qui suivent les JO... Le forfait de la capitaine de l'équipe de France féminine fait mal... Presque autant que l'Australie qui a battu les français, les filles et les garçons. La France doit gagner contre la Serbie si elle veut sa qualif pour les quarts! Parce qu'elle ne gagnera pas contre les States. Et le match, c'est aujourd'hui. Allez Tony et toute l'équipe! Sortez votre meilleur jeu!
Les States assurent tranquillement leur qualif et dominent très largement.
Et l'Espagne après sa défaite contre le Brésil n'est pas en forme. Je l'avoue, ça ne me chagrine pas trop.
Sinon, je milite pour que Phelps apparaissent à lui tout seul dans le tableau des médailles, comme une nation :-) Il serait dans le top 10 et devant la France!
Bref, bonne lecture et merci encore à Sarhtorian pour la correction toujours aussi rapide.
Aurélia,
encore un grand merci à toi.
C'est encore un chapitre calme comme je les aime. J'espère que ça te plaira tout autant.
Bonne lecture
C.C. Fan de tous,
je suis très flattée parce que c'est toujours ce que j'ai toujours cette impression quand je lis un super bouquin. J'ai envie de connaître la suite et j'ai tout autant envie que ça ne s'arrête pas.
Alors oui, c'est très flatteur :-)
Alors un petit chapitre calme avant le match contre l'Argentine avec deux trois petites choses qui devraient te faire sourire. Et une présentation en règle de l'équipe de Ginobili.
Bonne lecture
Mardi soir
Cleveland
Alors que le générique de l'émission défile, aussi bien Lucas que LeBron James sont sans voix après les derniers mots de Louise…
- J'aimerais bien, moi, pouvoir dire un truc pareil face à Steve Kerr…
Se retournant dans un même sursaut, ils tombent nez à nez avec Tyronn Lue, leur coach tourné vers l'écran…
- Coach, vous êtes là depuis combien de temps ? demande Lucas.
- Depuis le début…
Tyronn Lue avait été choisi pour remplacer l'ancien coach qui n'avait jamais réussi à gagner le respect des joueurs. C'était son premier poste de coach et s'il avait été un joueur d'exception, il faisait encore ses marques au sein de l'équipe des Cavaliers et la presse n'avait pas été trop tendre sur ses choix lors de ses premiers matchs.
L'hostilité des journalistes et l'humilité du jeune coach avaient eu pour effet de souder le groupe autour de lui et il avait sans peine gagné l'attention et les faveurs de l'équipe.
Mais face à Steve Kerr, un entraîneur aguerri, le coach d'Oakland, des Warriors, de Stephen Curry, deux fois MVP et vainqueur du championnat, Tyronn Lue sait qu'il n'est pas encore de taille à lever la tête.
- Miller a raison, dit-il en se tournant vers Lucas, ton ancienne coach vous a donné à tous un sens aigu du travail d'équipe et je pense que sans toi, l'équipe aurait une dynamique bien différente.
Lucas n'est pas bien sûr qu'il s'agisse d'un compliment mais, étant de nature optimiste, il décide de le prendre comme tel devant LeBron James qui acquiesce en silence.
- Dis-moi, Lucas, continue Tyronn Lue, si on prend ton ancienne coach comme assistante, tu vas commencer à écouter les débriefs et à être moins expansif à l'entraînement ?
- Si je ne le fais pas, répond du tac au tac Lucas, je m'en prends une, alors oui !
Son coach et LeBron James rigolent une seconde en imaginant la scène et Tyronn continue à penser tout haut, s'imaginant face à Steve Kerr :
- Vous ne nous faîtes pas peur…
Il fait une petite moue dubitative :
- Va falloir que je le bosse…
Hôtel Okura
Chambre de Kise
La chambre d'Aomine avait été déclarée trop en désordre, celle de Murasakibara trop pleine de nourriture en tout genre, celle de Midorima trop bizarre avec son accumulation de plusieurs semaines de porte-bonheurs, celle d'Akashi trop… parfaite pour que quoi que ce soit y soit dérangé…Et lorsqu'ils entrent dans celle de Kise, elle leur convient tout à fait.
Toute l'équipe avait rapidement entassé coussins, couvertures et chaises dans la petite chambre pour regarder l'émission de la coach.
Une émission qu'ils regardent tous depuis qu'il se sont intéressés au basket.
Une émission qui leur est consacrée, à eux et aux USA, car ils ont, tous les deux, accédé au dernier carré de la compétition en même temps.
Avec les USA !
Les demi-finales de la coupe du monde…
C'est surréaliste.
Les joueurs sont épuisés. Kise, Kuroko et Aomine se sont installés sur le lit, adossés contre le mur, Izuki et Takao étalés sur le bout, tandis que les autres se sont répartis autour sur des coussins et des chaises, tous tournés vers l'écran.
L'émission est bien sûr en anglais et tour à tour, Akashi, Kise et Kagami assurent la traduction à ceux qui ne comprennent pas, de façon plus ou moins précise ou imagée.
Curieusement, les traductions de Kagami prêtent plus à rire que celles d'Akashi. Surtout lorsqu'il explique, à sa façon, les intentions qu'il croit deviner derrière les mots des coachs ou de la journaliste.
- Hé les mecs, le coach Miller dit qu'il nous attendait face à l'Espagne ! Il dit en gros que la génération miracle, c'est des bons joueurs mais zéro pointé en collectif. Mais qu'on a progressé et qu'il n'est pas surpris de nous retrouver en demi-finale.
Akashi qui a compris chacun des mots échangés se dit que oui, au final, c'est un compte rendu assez juste.
Sur la réplique cinglante des deux coachs sur les chances de victoire de la Chine face à l'Argentine, il dit laconiquement :
- Bon, là, les deux coachs sont à peu près d'accords pour dire que la Chine a autant de chance de gagner que nous de survivre à un repas entier préparé par Riko.
Des rires plus ou moins étouffés, des soupirs désabusés et un oreiller évité de justesse plus tard, Kagami continue, imperturbable, sa traduction comparant le match Serbie/ Russie à Yosen/ Seirin, la meilleure défense contre la meilleure attaque.
Avant de rester un instant sans voix un instant quand le coach américain fait l'éloge de Kise.
- Hé Kise, t'as tapé dans l'œil du coach américain !
Kise sourit comme un bienheureux, il n'avait pas besoin de traduction, il comprend tout à fait l'anglais.
- Et toi aussi Capitaine ! Il dit que t'as été grandiose face à l'Espagne !
Akashi avait aussi très bien compris. Cela ne l'empêche pas de se sentir flatté.
Puis lors de la dernière tirade de Louise, Kagami fixe l'écran sans un mot.
Limoges
Juste après les derniers mots prononcés par Louise, Baptiste se contente d'un petit hochement de tête satisfait.
Ça, c'est Louise.
Ni plus, ni moins.
Chambre de Kise
- Comment expliquer ? commence Kagami en faisant une petite moue comique.
Il réfléchit une seconde pour trouver les mots :
- Vous avez vu ces films où le gringalet du lycée se fait tabasser par la grosse brute. Il se trouve un mentor, apprend une dizaine de prises trop cool de karaté et retourne voir la grosse brute. C'est toujours une crevette mais quand il regarde et défie le mec qui fait deux têtes de plus que lui, il est prêt.
- Tout le monde a vu Karaté Kid, Kagami-kun, dit Kuroko d'une voix un brin sarcastique.
Le ton ironique passe complètement au-dessus de Kagami qui acquiesce avec enthousiasme :
- Oui, c'est exactement ça ! Ben, ce que vient de faire notre coach, ça correspond à peu près au moment où la crevette défie le mec de deux mètres et qu'il lui dit « J'ai pas peur de toi ».
Akashi étouffe un petit rire devant l'image.
Parce que c'était exactement ça.
Encore plus que Kagami ne le pensait puisque leur coach avait déjà perdu la première manche face au coach des US et qu'elle pensait bien pouvoir prendre sa revanche avec sa nouvelle équipe.
Et parce que c'était drôle aussi.
Oui, vraiment drôle.
Et ces équipiers, d'abord surpris de l'entendre rire, ne s'en formalisent pas plus que ça.
Après l'émission, un à un, ils regagnent leurs chambres, jusqu'à ce qu'Aomine, Kagami, Kuroko et Kise restent seuls dans la chambre, avachis sur le lit.
Entre Aomine et Kise, Kuroko s'est endormi, tandis que Kagami est en train de rassembler ses dernières forces pour se lever.
- Les mecs, dit Aomine, je suis mort. Je crois que je vais ramper jusqu'à mon lit. Et je ne suis même pas sûr d'y arriver.
Kagami rigole une seconde, se lève et prend le bras d'Aomine pour l'aider à se relever. Il s'apprête à protester mais il n'a pas assez de force pour ça et finit par accepter son aide.
Chambre d'Akashi
Akashi s'allonge sur son lit, fatigué comme rarement il l'avait été.
Il bénit les cieux de ne pas avoir un match demain lorsque son téléphone vibre sur sa table de nuit. Il le prend d'une main et constate avec étonnement que c'est un appel de son père.
D'un bond, il se redresse, ferme les yeux une demi-seconde et prend une grande inspiration.
Le moindre mot avec son père pouvait être éprouvant.
Et après l'échange des politesses un peu rigides, son père le félicite pour le match.
- Ton match a eu une répercussion assez inattendue, je dois bien l'avouer…
Après avoir entendu son père le féliciter, Seijuro se demande bien ce qui pourrait être plus inattendu que ça…
- Tu te souviens du groupe Havoc…
Bien sûr qu'il se souvient. Havoc inc, un gros groupe américain avec lequel son père avait plus d'une fois essayé de conclure des accords commerciaux pour s'implanter plus durablement dans le marché fermé des Etats-Unis, un groupe qui avait jugé le groupe Akashi trop ancré dans des valeurs et des habitudes qui ne sont pas les siennes.
- Je reviens du siège et j'ai obtenu plus que je ne pouvais en espérer. Et quand je lui ai demandé ce qui l'avait fait changer d'avis, il m'a dit qu'un homme dont le fils était capable de briller autant sur un parquet a bien plus en commun avec lui et son groupe qu'il ne le croyait.
Akashi, habitué à recevoir depuis toujours gracieusement les éloges des adultes de son entourage, reste sans voix en écoutant la pointe de fierté qu'il entend dans les mots de son père.
- Merci, père, dit-il simplement.
- C'est à moi de te remercier. Et je crois qu'il a raison. Diriger une équipe de basket, surtout à ce niveau, t'apprends des choses sur le management qu'aucune école ne t'apprendra jamais, te force à élaborer des stratégies, tenir compte de tes joueurs, de tes adversaires, de la situation. Je crois que c'est une chose que je n'avais encore jamais vraiment comprise jusqu'à aujourd'hui.
- J'ai beaucoup appris, c'est vrai. Autant auprès des joueurs que de la coach.
Akashi devine que son père sourit à l'autre bout du fil.
Akashi ne peut s'empêcher de regarder avec un mélange de prudence et de crainte son téléphone car il ne se souvient pas la dernière fois qu'il avait vu son père ne serait-ce que relâcher cette tension permanente qui accompagne chacun de ses mots.
- Avec Monsieur Jones…
Le PDG de Havoc Inc, se rappelle mentalement Seijuro, un homme immense, massif et déconcertant, aussi exubérant dans ses manières que prudent dans ses affaires.
- …nous avons regardé l'émission d'aujourd'hui. Il a écouté chaque parole des deux coachs avec plus d'attention que les cours de la bourse. Mais la dernière petite bravade de ta coach a bien failli le faire tomber de sa chaise !
Alors que Seijuro essaye tant bien que mal de justifier les propos de sa coach devant son père amusé par l'audace de la française, il met bien une minute à se rendre compte que pour la première fois de sa vie, il lui parle sans la chape de plomb qui régit depuis toujours leurs échanges.
Simplement.
Comme un fils devrait pouvoir parler à son père.
Chambre d'Aomine
Kagami dépose Aomine sur son lit et se pose un instant.
- Tu comptes pas squatter ? demande Aomine un brin moqueur.
- J'ai encore un étage à monter, rétorque Kagami. Si je fais pas une pause, c'est moi qui vais ramper !
Magnanime, Aomine se déplace sur son lit pour lui laisser un peu de place pour s'allonger une seconde. Les deux ailiers contemplent le plafond, un sourire idiot aux lèvres :
- Tu te rends compte qu'on est en demi-finale ! s'exclame Kagami. On va aller voir le quart de final demain pour savoir qui nous rejoindra en demi-finale.
- Que ce soit l'Argentine ou la Chine, ils n'ont qu'à bien se tenir, on est prêt !
Kagami ricane une seconde avant de se reprendre plus sérieusement :
- T'y étais presque, dit-il.
Aomine n'a pas besoin d'en entendre plus, il sait très bien de quoi parle Kagami.
La porte de la seconde zone.
Il l'avait effleuré, poussé et entre-ouverte.
- La prochaine fois, dit-il, je sais que la prochaine fois, j'y arriverai.
Kagami sourit :
- Je n'aimerais pas être dans l'équipe adverse le jour où tu y arriveras…
Les joueurs de Seirin et Tôô se jettent un regard en coin avant de rigoler comme des idiots.
- T'as tapé dans l'œil de la coach des Spurs, dit Aomine.
- J'ai transféré le message à mon père, je crois qu'il est encore plus fier que moi ! Il sera là pour notre prochain match. Il vient des States exprès, j'ai intérêt à assurer !
Aomine ne dit rien mais pense que si ses parents sont aussi fiers, ils voient surtout le basket comme la source de mes mauvaises notes.
- Le basket, dit Aomine, c'est la seule chose que je sache faire, la seule pour laquelle je suis vraiment doué. Jouer en circuit pro, ça toujours été mon rêve, ma plus grande ambition. Et plus les jours passent et plus j'ai l'impression que ce rêve devient possible, à portée de main.
- Mais bien sûr qu'il est à portée de main ! Regarde le parcours de l'ancien cinq majeur de la coach. Et ils n'ont même pas gagné leur finale !
Devant l'enthousiasme de Kagami, Aomine s'autorise le jeu des « Et si… ».
- Si on se faisait drafter un jour en NBA, tu aimerais te faire récupérer par quelle équipe ?
- Les Spurs ! Je suis fan des Warriors et des Cavs. Mais j'aime ce que Popovitch a fait des Spurs. Elle a une âme cette équipe, elle se base sur un noyau dur immuable qui assure une cohésion trop rare en NBA. Et toi ?
- Les Cavs'…
Kagami sourit, pas vraiment étonné par la réponse.
- A une époque, je t'aurai dit que c'était pour avoir la chance d'être dans l'équipe d'un joueur comme LeBron James. C'est toujours ma motivation principale. Mais la simple idée de peut-être un jour rejouer avec Lucas me donne la chair de poule. Il est incroyable ce joueur !
Aomine se dit que lui, qui avait toujours rêvé de simplement jouer contre des joueurs plus forts, a pour une fois le rêve de jouer avec un autre joueur, un équipier.
Kagami acquiesce en se replongeant dans ses souvenirs. Il avait fait plusieurs parties à ses côtés en tant qu'ailier fort, la position de LeBron James en personne. Jouer avec l'équipier de LeBron James au poste de la star lui avait donné l'impression de voler sur le parquet.
- Si on mettait Lucas et Kuroko contre nous deux et qu'on autorisait seulement Kuroko à marquer, je crois qu'on se ferait quand même battre à plate couture
- Je crois que si on mettait Lucas et Akiko contre nous deux, on se ferait étaler de la même manière.
Kagami rigole devant la situation qui naît dans son esprit.
- Et tu sais quoi, ce sera beaucoup plus dur de convaincre Akiko de tenter l'expérience que Lucas !
Aomine lève les yeux au ciel avant de rire.
Parce que Kagami a plus que sûrement raison.
Chambre de Kise
Kise se tourne vers l'oreille de Kuroko, endormi sur son épaule.
- Je vais te porter jusqu'à ta chambre, murmure-t-il.
Mais contrairement à ce qu'il pensait, Kuroko ne dormait que d'un œil puisqu'il se rapproche de Kise, les yeux toujours fermés, ouvre les couvertures et les referme lentement sur eux:
- Pas besoin, souffle-t-il en s'accrochant à Kise, calant sa tête contre son torse avant de continuer sans un mot sa nuit.
Kise l'observe avec un mélange de sentiments qu'il n'arrive pas vraiment à définir.
Depuis le premier jour où il l'avait vu jouer, il avait toujours été celui qui recherchait son jeu, son attention, son regard, celui qui fonçait derrière chacune de ses passes. Il avait toujours accouru dans l'espoir de voir ces sourires qu'Aomine obtenait si facilement.
C'est toujours lui qui s'accroche à Kuroko, recherchant sans trop comprendre pourquoi ce contact qui l'enivre.
Et voir Kuroko s'accrocher à lui ainsi le remplit d'un sentiment de plénitude étonnant.
Il passe doucement un bras dans son dos et s'enfonce un peu plus sous les draps.
Il lui souhaite de beaux rêves. Plein de basket et d'adversaires formidables.
De son nouveau rival, l'Argentin Gabriel Vitoria.
Puis avec un petit sourire, il se dit que c'est sûrement l'unique fois qu'il s'autorise à aimer l'idée que Kuroko puisse rêver d'un autre que lui.
Surtout un basketteur.
Alors que Kuroko dort paisiblement contre lui, il découvre une nouvelle chose sur lui qui ne lui plaît guère mais qu'il a dû mal à museler.
Il est jaloux.
Un tout petit peu…
Son bras qui entoure Kuroko se crispe une seconde.
- N'oublie pas que c'est moi ton rival, souffle-t-il en ayant presque peur de le réveiller.
Mercredi matin
Grand Gymnase de Tokyo
Argentine/ Chine
Le trajet pour aller au grand gymnase de Tokyo, c'est celui qu'ils faisaient tous les matins pour aller à l'entraînement depuis un mois.
Ces dix minutes de marche, ils les connaissent par cœur.
Mais ce matin, ce trajet entre l'hôtel et le terrain de basket leur paraît presque surréaliste.
Dès leur sortie de l'hôtel, derrière la coach, les joueurs dans leur tenue aux couleurs du Japon, leur numéro et leur nom imprimé dans le dos sont accueillis par quelques fans enthousiastes.
De tous les âges, des filles, des garçons, des adultes, tous arborent le même sourire fier en voyant les membres de leur équipe passer.
Menant la marche, la coach, Akashi et Kise accueillent sereinement l'attention alors que tous les autres sont médusés par la situation. Surtout Izuki qui observe toute la scène du haut de l'épaule droite de Murasakibara qui ne lui a pas vraiment laissé le choix du transport.
Une fois dans les tribunes, alors que le coup d'envoi allait être lancé dans quelques minutes, tous les membres de l'équipe observent avec la plus grande attention les deux équipes s'entraîner sur le terrain.
Sur le parquet, les Chinois sont plus grands et massifs que les Argentins. Mais ces derniers ont gagné contre les States pendant leur tournoi de qualification et ce seul exploit leur assure la place de grand favori.
Pour le match et la coupe.
Ginobili veille calmement sur ses joueurs.
Bien que son équipe soit déjà donnée vainqueur, il prend ce match avec sérieux et aligne son cinq majeur dès les premières minutes.
Et dès le début du match, la Chine, qui n'a rien à perdre, met toutes ses forces dans la bataille.
- Laissez-moi vous présenter l'équipe d'Argentine, dit Louise.
Sur le terrain, les deux capitaines se font face dans un duel de haute volée remporté d'une courte tête par le Chinois.
- Le numéro quatre, Matias Kossi, l'ailier fort et capitaine de l'équipe.
Alors qu'il vient de perdre contre le Chinois, il se reprend aussitôt pour se placer dans la raquette, donner une indication et vole une passe imprécise de l'adversaire qui l'avait juste battu.
- Ce joueur n'est pas imposant mais il est rapide, précis et surtout c'est un…
Louise cherche le mot qui conviendrait le plus à ce joueur atypique en français, en japonais ou même en anglais sans succès…
- Disons, continue Louise, que c'est un idiot.
Tous les regards se tournent vers elle avec surprise.
Au même moment, Kossi voit l'équipe japonaise dans les tribunes. Il fait un signe à son passeur dont les yeux s'illuminent en croisant le regard de Kuroko, avant de les saluer d'un petit hochement de tête.
Le sourire que lui renvoie Louise parait un brin hypocrite à ses joueurs sur le moment.
- Et c'est curieusement sa plus grande qualité, continue Louise sur le même ton. Parce qu'il joue comme si chaque balle, chaque point était unique. Il laisse la vision globale du jeu à son coach et à Vitoria car il ne joue que dans le présent. Il est toujours à fond sur chaque balle, chaque attaque, chaque défense. Il sait parfaitement organiser son équipe localement. Et c'est un monstre d'endurance, il peut jouer à fond pendant tout un match sans faiblir un seul instant. La seule façon de lui faire prendre un peu de repos, c'est de le sortir du terrain.
Alors que l'Argentine marque son premier panier, la balle est rapidement mise en jeu.
- C'est le pilier de toute l'équipe, le joueur que tout le monde remet dans le droit chemin quand il s'emporte et celui vers qui tous les regards se tournent quand l'équipe perd pied. Car, que l'équipe mène de vingt points ou perde d'autant, il joue toujours de la même façon, à cent pourcent sur chaque ballon.
La Chine égalise à 2 partout d'un dunk impressionnant de l'as Chinois, Kossi relance l'attaque en s'appuyant sur son meneur.
- Le numéro sept, Leonardo Racca, le meneur est un bon joueur, rapide, prudent et adroit avec une vision précise du jeu et de celui des adversaires. Mais quand Vitoria est sur le terrain, il passe d'un bon meneur à un joueur extraordinaire. Intouchable. Il place le ballon où il veut quand il veut et grâce à Vitoria, il exploite chacune des faiblesses de ses adversaires avec une précision qui peut faire basculer le match en un rien de temps.
Sur le terrain, le meneur argentin déjoue d'une passe la solide défense chinoise sans un effort. Le pivot attrape le ballon dans la raquette pour un panier impressionnant.
- Le pivot, le numéro cinq, Luis Campana est le joueur le plus solide et le plus impressionnant de cette formation. Aussi doué sous le panier qu'en défense, il est parfaitement ambidextre, ce qui complique particulièrement son marquage et lui donne un avantage conséquent sur chacune de ses actions.
Les Chinois ne se laissent pas faire mais la défense argentine semble impénétrable. Vitoria surgit de nulle part, vole le ballon et l'envoie sur Campana qui fonce vers le panier.
Mais il n'a pas la vitesse du meneur et les Chinois ont déjà réorganisé la défense. Le pivot argentin ne s'affole pas le moins du monde, trouve son entrée dans la raquette et envoie un sky-hook digne d'un Kareem Abdoul Jabbar en pleine forme sous l'ovation du public.
- Ce bras roulé qui vient du ciel, dit Louise en reprenant la première définition de ce geste qui donna son nom à ce tir qui lobe le défenseur impuissant, c'est la signature de Campana. Et jusqu'à aujourd'hui, personne, pas même les meilleurs joueurs américains n'ont réussi à le contrer sur ce shoot.
Le défi sous-jacent allume des éclairs dans le regard des Japonais.
Sur le terrain, les Chinois ont du mal à trouver leur chemin dans la raquette argentine alors que les Argentins réussissent tout ce qu'ils entreprennent.
Ou presque.
L'arrière argentin rate un panier à trois points qui atterrit dans les mains du capitaine chinois qui relance l'attaque ramenant les Chinois à moins de dix points à la fin du premier quart temps.
20-11
- Le numéro six, Angel Oberto l'arrière, continue Louise, n'est pas le meilleur arrière de la compétition. C'est un joueur qui a besoin d'être sous pression pour jouer à son meilleur. Mais quand l'équipe a vraiment besoin de lui, il ne rate plus aucun panier.
Alors que le deuxième quart temps démarre à toute vitesse, tous les regards se tournent vers le dernier membre de l'équipe dont Louise n'a pas encore parlé.
Gabriel Vitoria, qui a pris la place de l'ailier Alejandro Delfino, se contente pour le moment de simples passes qui déjouent presque trop facilement la défense chinoise.
Et depuis qu'il a vu son rival dans les tribunes, il lance régulièrement des regards vers son coach, le priant du regard de pouvoir jouer à fond.
Mais Ginobili reste inflexible.
Il ne veut rien dévoiler des nouvelles techniques de son passeur. Surtout avec les Japonais dans les tribunes.
- Leur sixième joueur, continue Louise, le numéro 20…
Kuroko sourit de la référence, le numéro 20, c'est celui porté par Manu Ginobili chez les Spurs.
- … c'est lui qui fait passer l'Argentine d'une excellente équipe à une groupe capable de vaincre les States aux qualifications. Il compense son petit gabarit par une vitesse incroyable et une précision d'orfèvre dans ses passes. Il exploite tous les points faibles de ses adversaires et fait jouer chacun de ses équipiers à son maximum. Et comme toi, Kuroko, il a toujours quelques techniques bien déroutantes en réserve qu'il ne sort qu'au moment le plus opportun.
Autant dire, traduisent ses joueurs, que nous n'en verront aucune face à la Chine.
Sur le terrain, les Chinois ont beau montrer leur meilleur basket et leur capitaine ne rien lâcher, l'écart se creuse lentement.
Et pire que tout, chaque action argentine est si bien coordonnée que tout a l'air presque trop facile.
Les Japonais profitent de la leçon, bien conscients que si l'Argentine aligne son équipe A sur le terrain, elle est très loin d'en exploiter tous les atouts.
Et à quelques minutes de la fin, alors que le match a depuis longtemps basculé, Ginobili fait un petit signe à Gabriel.
Le jeune Argentin fait une passe…
Et le public retient son souffle en se demandant s'il n'est pas devenu fou…
Car il envoie le ballon au capitaine chinois qui s'apprête à réceptionner la passe par réflexe.
Mais c'est loin d'être un mouvement ordinaire. La trajectoire du ballon semble se dédoubler et si le capitaine chinois attrape bien la balle, elle finit par lui échapper comme si elle lui brûlait la main.
Kossi, qui s'y attendait, la récupère pour mettre un dernier panier qui scelle la victoire des Argentins.
Alors que Gabriel cherche du regard Kuroko dans les tribunes avec un petit sourire de défi, il ne met pas longtemps à comprendre que cette passe étrange rend les ballons argentins impossibles à voler.
Et que c'est loin d'être le seul atout en réserve du passeur argentin.
98-56
