CHAPITRE 38

Deux semaines. Cela faisait maintenant deux semaines qu'Alessia avait sombré dans un profond coma et la situation ne s'améliorait pas. Aucun signe de rétablissement quelconque, ce qui détruisait le moral de ses deux pères adoptifs de jour en jour. Draco retournait ciel et terre, faisait usage de son nom plus que de raison pour pouvoir obtenir les meilleurs soins pour Alessia. Harry lui avait bien reproché son comportement mais finit par faire de même, la jeune fille lui manquant horriblement.

Evidemment, entendre les noms Potter et Malefoy revenir régulièrement au sein de l'hôpital finit par ne plus passer inaperçu, surtout qu'à chaque visite, le blond et le brun faisaient un scandale. Hermione, Ron et Blaise avaient pris l'habitude de les accompagner à Sainte Mangouste pour essayer de les contenir un peu mais souvent sans succès. Lorsqu'ils rentraient le soir après leur visite, le couple se faisait même sermonner par la Directrice qui recevait des plaintes de l'hôpital. Mais McGonagall comprenait leur attitude et ne leur faisait qu'une légère leçon de moral, ils n'avaient pas besoin d'en entendre davantage, surtout après les longues journées qu'ils passaient.

De leur côté, Ginny et Neville veillaient de près sur tous les Gryffondor et Pansy tendait l'oreille du côté des verts et argent pour vérifier que l'état d'Alessia n'était pas dû à une nouvelle frasque des Serpentards. Malheureusement, aucun changement d'attitude de la part des élèves si ce n'est quelques questions que certains rouge et or ne pouvaient s'empêcher de poser. Seuls les amis les plus proches d'Alessia avaient été mis au courant de son état. Le reste de l'école savait qu'elle était hospitalisée mais en ignorait la raison. Une idée d'Hermione : éviter de provoquer la panique parmi les élèves en leur disant qu'il y avait un poison dangereux qui se baladait dans Poudlard. Pour le tournoi de Quidditch, Ron s'était débrouillé pour que tous les matchs de Poudlard se fassent le plus tard possible vu qu'il manquait leur attrapeur. Harry et Draco lui en étaient reconnaissants bien que le Quidditch était la dernière chose dont ils avaient envie de parler. L'absence de la jeune fille se faisait sentir un peu plus chaque jour et une routine s'était installée pour Harry et Draco : réveil, petit déjeuner, cours, déjeuner, cours, hôpital, dîner, hôpital, dormir. Mais il n'était pas rare que ni l'un ni l'autre ne trouve le sommeil et attaque leur journée de cours avec une nuit blanche derrière eux.

XxXxXxXxXxXxX

Le mois de Février commençait doucement et Alessia n'avait toujours pas ouvert les yeux. Le couple rentrait tard une fois de plus. Fatigués autant physiquement que mentalement, ils s'affalèrent dans un fauteuil du salon du brun en silence, la mine sombre. Chacun réfléchissait en silence à une solution à laquelle ils n'auraient pas pensé quand Harry lança simplement :

- Je vais prendre une douche.

Draco le regarda partir dans sa chambre mais il n'avait pas vraiment envie de le suivre. Depuis qu'Alessia était à l'hôpital, le couple n'avait plus vraiment le moral pour de nombreuses choses ; les relations intimes en faisaient partie. Mais cela faisait tellement longtemps que le blond n'avait pas tenu son amant dans les bras… Draco se leva brusquement pour retrouver Harry dans sa chambre. Le brun était debout devant l'un de ses placards ouverts mais ne bougeait pas. Lorsque Draco s'approcha, il vit qu'Harry fixait le balai d'Alessia qu'il gardait pour elle. Le blond se posta derrière lui avant d'entourer sa taille de ses bras.

- Ne t'en fais pas, je suis sur qu'elle remontera bientôt dessus, fit le blond.

- Si jamais j'attrape celui qui lui a fait ça... commença Harry sur un ton qui ne présageait rien de bon.

- Pas si vite. On ne sait pas si c'était un accident ou…

- Attends, c'est évident que c'était elle la cible. On n'aurait jamais dû faire savoir qu'elle avait un lien avec nous ! Regarde ce qui lui est arrivé ! C'est notre faute ! S'emporta le brun. Quelqu'un nous en veut et il veut lui faire payer alors qu'elle n'a rien fait de mal.

- Je penserai comme toi si on avait fait une annonce dans la Gazette mais le fait qu'elle ait changé de nom et qu'on l'ait annoncé à toute l'école ne veut pas forcément dire que tout le monde sorcier est au courant.

- Et t'en fais quoi des élèves qui ont du en parler dans leurs courriers pour leurs parents. Et je te ne parle même pas du personnel qui traîne au Ministère et qui ont vu son dossier.

- Si ma mère nous a recommandé une personne digne de confiance, on peut être tranquille de ce côté-là.

- Comment peux tu en être aussi sur ? Le ministre lui-même n'est pas quelqu'un de fiable.

Draco soupira ; Harry contrait tous ces arguments alors qu'il cherchait seulement à remonter un peu le moral de son amant. Mais le brun ne semblait pas s'en rendre compte et s'énervait tout seul.

- Ecoute, je pense qu'on devrait se concentrer sur un moyen de réveiller Alessia. On s'occupera du coupable plus tard, fit le blond en sortant de la chambre.

Il entendit Harry entrer dans sa salle de bain et verrouiller la porte mais Draco n'y fit pas plus attention. Quand Harry était en colère, il valait mieux s'en éloigner et attendre qu'il se calme tout seul. Le blond reparti vers son appartement. En entrant dans le salon, Draco jeta un coup d'œil au vivarium où dormait Silver. Le reptile n'avait gardé aucune séquelle et avait retrouvé sa forme. Draco en avait profité pour lui soumettre tous les poisons dont il connaissait les antidotes et voir si l'un deux ressemblait de près ou de loin à celui qui avait rendu Alessia malade. Mais chaque tentative se soldait par un échec.

Le blond se dirigea vers son bureau et se lança dans la rédaction d'une lettre :

Bonsoir Maman,

Je suis conscient de te déranger à une heure pareille et que tu es sans doute revenue de ton voyage avec de bons souvenirs mais je dois t'annoncer une mauvaise nouvelle.

Alessia a été admise à Sainte Mangouste il y a maintenant presque trois semaines.

Elle est dans le coma à cause d'un poison inconnu qu'elle a ingéré.

Harry et moi avons beau secouer tout l'hôpital, personne ne semble être capable de trouver le remède.

Si tu as dans ton entourage une personne capable de nous aider, fais le nous savoir rapidement.

Merci

Tendrement

Draco

Le blond relu rapidement la lettre et se rendit compte qu'il avait tutoyé sa mère et qu'il l'avait même appelé « maman ». Se rappelant que Narcissa lui avait déjà demandé plusieurs fois de se comporter de cette manière avec elle, il ne prit pas la peine de la réécrire. Il roula le parchemin dans sa poche, attrapa sa cape et sortit de chez lui pour se rendre à la Volière. Bien que le plus gros de la neige soit déjà tombé les deux mois précédents, quelques flocons tombaient encore et recouvraient le sol d'un léger voile. Draco rabattit sa capuche sur sa tête et franchit les portes du château. L'air frais lui faisait du bien et la neige lui rappelait les nombreux fous rires qu'Alessia, Harry et lui avaient partagés pendant les vacances. Un sourire au coin des lèvres, le blond entra dans la petite tour qui servait de refuge aux volatiles et se dirigea vers le premier oiseau qu'il trouva. Il attacha la lettre à la patte du hibou et le regarda s'envoler. Lorsqu'il se retourna vers la sortie, il ne fut pas vraiment surpris d'y voir un loup blanc, sagement assis. Tout comme son amant, Draco prit sa forme d'Animagus, qu'il maîtrisait désormais parfaitement et sortit de la Volière, accompagné d'Harry. Le froid les atteignant moins sous leur forme animale, Harry et Draco optèrent pour une ballade nocturne. Pendant une bonne partie de la nuit, un loup et un léopard marchaient, jouaient, faisaient la course sous la neige tombante. Le couple se défoulait, tout simplement.

Le lendemain matin, un elfe transplana dans l'appartement du blond et réveilla ce dernier, endormi depuis peu.

- Monsieur Malefoy ?

- Mmhh… Quoi encore ? Râla le blond, fâché d'être réveillé alors que c'était le week-end.

- Madame la Directrice veut vous voir rapidement dans son bureau, monsieur, répondit l'elfe un peu craintif.

- Très bien j'arrive, marmonna Draco sans pour autant ouvrir les yeux.

Le blond resta quelques minutes dans son lit, maintenant Harry encore endormi contre lui. Mais ne pouvant pas trop traîner, il finit par se lever, laissant le brun dans son lit et enfila le premier pull et le premier pantalon qui lui tombèrent sous la main. Il jeta un dernier regard à son amant, pensant qu'il avait de la chance de continuer à dormir et partit voir la Directrice.

Arrivé devant la porte du bureau, Draco donna quelques coups avant d'entendre la voix de McGonagall lui demandant d'entrer.

- Bonjour Monsieur Malefoy

- Professeur McGonagall…

Draco s'avança dans la pièce avant de s'apercevoir qu'une autre personne était déjà assise face à la Directrice.

- Mère ?

- Oh Draco, j'ai bien reçu ta lettre, fit Narcissa en se levant de son fauteuil pour aller enlacer son fils. Des nouvelles ?

- Non, j'avais l'intention de retourner à l'hôpital ce matin, répondit Draco.

- Bien je t'accompagne. Où est Harry ?

- Il dort encore, sourit Draco. Je vais aller le chercher.

Le blond sortit du bureau en laissant sa mère discuter avec McGonagall. Il retourna dans sa chambre mais lorsqu'il entra, il ne découvrit qu'un lit vide. Harry et ses affaires avaient disparu.

« Merlin, où est-il encore passé ? »

Draco ne voulant pas faire attendre sa mère regagna le bureau et utilisa la cheminée pour se rendre à l'hôpital avec elle. Les deux Malefoy arrivèrent à Sainte Mangouste et traversèrent ses couloirs rapidement. En chemin, Draco questionna sa mère :

- Est-ce que tu aurais trouvé quelqu'un susceptible de nous aider ?

- Après avoir reçu ta lettre, j'ai tout de suite pensé à une vieille connaissance. Je l'ai contacté cette nuit. Je pense qu'il pourra faire quelque chose, sourit Narcissa.

Draco allait relancer sa mère pour en savoir davantage quand il entendit deux hommes se disputer devant la chambre d'Alessia.

- Je vous interdis de me menacer ! Ce n'est pas parce que vous nous avez sauvé il y a six ans que cela vous donne le droit d'être agressif avec les gens.

- Vous me trouvez agressif ?! Faites quelque chose pour ma fille où je vous jure que vous allez le regretter !

Draco se précipita sur les deux hommes pour les séparer alors que la bagarre était imminente. Narcissa prit le médicomage à part pendant que Draco tentait de raisonner son amant.

- Harry, calme toi enfin ! Ca ne servira à rien de t'en prendre à lui. Et pourquoi es-tu venu ici sans me prévenir ?

- Un hibou est arrivé tout à l'heure. Tu étais déjà levé quand je l'ai reçu. L'hôpital disait de venir vite parce qu'Alessia…

- Quoi ? Qu'est ce qu'elle a ? Paniqua le blond.

- Viens…

Harry entraîna Draco dans la chambre et le blond put constater l'état de la jeune fille : en plus de son teint qui devait plus pale de jour en jour, de nouvelles marques avaient fait leur apparition. Des traces bleues, ressemblant à de fines veines, recouvraient les bras de la Gryffondor et semblaient continuer leur chemin sur le reste de son corps. Draco suivait les traces des yeux, horrifié par ces marques encore absentes la veille.

- C'est le poison. Il continue à s'infiltrer partout dans le corps. Si on ne l'arrête pas…

Harry n'eut pas besoin de finir sa phrase que Draco avait déjà compris. Les marques sur les bras continuaient leur ascension vers les épaules. Le poison remontait vers la tête et il n'était pas utile d'être médicomage pour comprendre que le cerveau ne résisterait pas à une telle substance.

- Qu'est ce qu'on va faire ? Soupira le brun.

Narcissa entra alors dans la pièce et fut choquée de voir l'état de sa « petite fille ».

- Merlin, Alessia…

La mère de Draco passa ses doigts dans les cheveux de la jeune fille et lui caressa le visage d'un geste tendre avant d'ajouter :

- On va te soigner, je te le promets. Vous deux, venez avec moi. Il y a quelqu'un que vous devez voir, fit Narcissa en s'adressant au couple.

Harry et Draco jetèrent un dernier regard à Alessia avant de suivre Narcissa dans le couloir.

- Où est ce qu'on va ? demanda Harry alors que le trio se dirigeait vers une zone de transplanage d'un pas rapide.

- Au Manoir. Une personne qui peut peut-être aider Alessia nous y attend, répondit Narcissa.

A cette nouvelle, Harry et Draco accélèrent le pas si bien que la mère du blond dut presque courir pour rester à leur hauteur.

Arrivés au Manoir, le couple se précipita vers le grand salon, lieu d'attente habituel pour les invités. Ils ouvrirent sans ménagement la double porte avant de reconnaître instantanément leur visiteur :

- Rogue !

- Severus !

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Une bonne heure plus tard, Draco terminait son récit. Il avait expliqué en détail l'empoisonnement d'Alessia, son état d'abord stationnaire puis devenu critique. Il expliqua aussi les effets du poison sur son serpent puis les expériences qu'il avait déjà faite. Pendant ce temps, Narcissa écoutait sans interrompre son fils alors qu'Harry observait son ancien professeur de Potions du coin de l'œil. Il ne s'attendait pas à revoir cet homme un jour. Ne l'ayant pas revu depuis la Bataille, il pensait que Rogue avait été tué. C'est pour cela qu'il n'avait jamais parlé de lui avec Draco. Le blond lui, semblait bien content de retrouver son parrain et lui exposait les faits avec une grande précision.

- Tu as donc réussi à extraire un peu de ce poison ? Demanda enfin Rogue à son filleul.

- Oui, je l'ai laissé à Poudlard, sous bonne protection, bien sur.

- Dans ce cas, il va me falloir l'étudier pour trouver ses composants et comprendre comment il agit. Ramène le moi ici.

- C'est hors de question, intervint Narcissa. Tu vas aller faire tes recherches au château sinon ces deux là ne vont cesser leurs allés et retours ici pour voir comment tu avances. Ils ne te laisseront pas en paix, tu sais bien qu'ils peuvent se montrer très… pénibles lorsqu'ils le veulent.

- C'est le moins que l'on puisse dire, rétorqua Severus en jetant un regard vers Harry.

Les Malefoy eurent un faible sourire alors que le Survivant échangeait des regards noirs avec le maître des Potions. Encore une vieille habitude qui refaisait surface.

- Bien, alors on retourne au château, lança Draco détourner l'attention de son amant et de son parrain.

Narcissa salua les trois hommes et les regarda disparaître derrière les grandes flammes vertes de l'âtre du salon.

Ils atterrirent dans le bureau de McGonagall où cette dernière, ainsi que Slughorn, les attendaient.

- Je te laisse avec eux, murmura Harry à l'oreille du blond. Je vais voir Ron et Hermione.

Draco suivi du regard Harry qui sortait du bureau avec un sourire en coin : il aurait bien aimé voir la tête de Ron quand le brun lui dirait que Rogue était de retour.

Harry parcouru plusieurs couloirs, salua des élèves au passage avant d'arriver devant les portes de la bibliothèque. Persuadé qu'il ne ferait pas un détour pour rien, il entra et se faufila à travers de nombreux rayons avant d'apercevoir Hermione, les bras chargés de livres, pour ne pas changer.

- Ah te voilà enfin. Où étais tu passé ce matin ? On ne t'a pas vu au petit déjeuner. Des nouvelles d'Alessia ? demanda la brune en reposant ses manuels.

- Oui et pas des meilleures. Dis moi, tu ne saurais où est…

- Ron est au terrain. Viens on va le chercher, sourit Hermione.

Le roux était en pleine séance d'entraînement avec l'équipe de Poudlard et ne fit pas attention à l'arrivée d'Harry et Hermione. Le brun décida d'aller parler à l'un des joueurs qui semblait faire une pause, près des vestiaires.

- Excuse moi…

- Professeur Potter ?

- Est-ce que je pourrais t'emprunter ton balai une seconde ?

- Oui oui bien sur, tenez.

Le joueur s'empressa de donner son balai au brun et le regarda s'envoler dans les airs avec admiration. Après tout, peu d'élève avait eu le privilège de voir Harry Potter jouer au Quidditch alors que tous savaient la qualité de son jeu.

Harry rejoignit rapidement Ron et vint se poster à ses côtés :

- Salut vieux ! On se demandait où t'étais passé ce matin. Ca va ? demanda le roux.

- Ca pourrait aller mieux. Tu aurais cinq minutes ? Je dois vous parler de quelque chose.

- Bien sur, je vais leur dire d'arrêter de jouer, répondit le roux avant de voir un point doré passer à toute vitesse devant ses yeux. Dis, tu pourrais pas aller me le chercher ? demanda Ron au brun.

- C'est comme si c'était fait, sourit Harry avant de s'élancer à toute vitesse vers le centre du terrain.

Aussitôt, tous les joueurs stoppèrent leurs mouvements pour admirer Harry en pleine action. Le Vif fut d'ailleurs bien vite attrapé par le Survivant sous les acclamations des élèves. Harry revint au sol, déposa le Vif dans sa boite et rendit le balai à son propriétaire, encore sous le choc de la prouesse de son professeur de DCFM.

Le brun entraîna ensuite ses amis dans le parc pour pouvoir discuter en toute tranquillité et leur raconter l'aggravation de l'état de santé de la jeune fille.

- C'est quand même incroyable que personne ne soit en mesure de trouver un remède, s'indigna Hermione. Il y a forcément un antidote.

- Faut-il encore être capable de connaître le poison, rajouta Ron.

- C'est pour cela qu'il nous fallait quelqu'un de compétent. La mère de Draco a réussi à trouver quelqu'un capable de nous aider, sourit Harry.

- Qui ça ?

- Rogue

- Quoi ? Rogue ? Celui qui passait son temps faire perdre des points à Gryffondor juste pour le plaisir ? s'exclama le roux.

- Lui-même. Et je peux vous dire qu'il n'a pas du tout changé. Il a l'air aussi désagréable qu'avant.

- Personne ne l'avait revu depuis la Bataille. C'est incroyable qu'il ait accepté de sortir de son trou pour venir vous aider.

- Je te rappelle qu'il est le parrain de Draco. Il doit faire ça pour lui.

- L'important est qu'il réussisse à soigner Alessia, fit Hermione.

- C'est vrai. Il était horrible avec nous mais si il y a bien une personne capable de guérir Alessia, c'est bien cette vieille chauve souris !

- Ron !

Mais Ron ne faisait pas attention au reproche de Hermione ; il était bien trop content d'avoir fait rire son meilleur ami.

Pendant ce temps, dans les sous-sols du château, Draco conduisait son parrain jusqu'au laboratoire où le poison était entreposé.

- Tu as bien changé depuis la dernière fois que je t'ai vu, lança Severus.

- C'est-à-dire ?

- A l'époque, tu multipliais les conquêtes en dilapidant la fortune de ton père. Aujourd'hui, je te retrouve avec une fille adoptive et en couple avec Potter. Tu m'expliques ?

- Il n'y a pas grand-chose à expliquer. Ca s'est fait tout seul. Et bien que ça paraisse ahurissant, je suis heureux comme ça, sourit le blond.

- Potter a bien déteint sur toi. J'ai l'impression d'avoir un Poufsouffle devant moi, se moqua Severus.

- Détrompe toi. C'est encore moi qui mène le jeu, se défendit Draco.

- Permets moi d'en douter…

Les deux hommes arrivèrent dans le laboratoire qui, prévu pour les expériences, contenait les ingrédients et le matériel nécessaires à Rogue. Les deux sorciers allumèrent le feu sous plusieurs chaudrons et Severus put commencer son travail avec l'assistance de son filleul.

Plusieurs heures passèrent sans que Severus et Draco ne ressortent du laboratoire. Ils sautèrent les deux repas de la journée bien qu'Harry finisse par perdre patience en début de soirée. Il ne savait pas si les recherches avançaient où non, ce qui l'exaspérait déjà suffisamment mais le fait que Draco le laisse sans nouvelle toute la journée le rendit furieux.

Peu de temps après le repas, le brun descendit vers les cachots, bien décidé à savoir où ils en étaient. Lorsqu'il arriva devant la porte, il ne prit pas la peine de frapper et ouvrit la porte si brusquement qu'il fit sursauter Draco. Le blond fit tomber le récipient qu'il avait dans les mains et le liquide blanchâtre qu'il contenait se répandait sur le sol.

- Bon sang Harry !! Regarde ce que tu m'as fait faire ! Qu'est ce qui t'as pris d'entrer comme ça ? Cria Draco. J'espère que tu es content, il nous a fallu deux heures pour le préparer !!

Harry resta muet face à la colère du Serpentard qui, visiblement, n'allait pas s'estomper d'aussitôt. Draco attrapa Harry par le poignet et le fit sortir de la pièce, le tout sous le regard inexpressif de Rogue.

Dans le couloir, le blond agressa Harry de plus bel :

- Pourquoi tu es venu ici ? Ca te n'a pas traversé l'esprit que si nous sommes resté cloîtré toute la journée dans cette pièce c'était pour ne pas être dérangé ?

- Ca t'aurait tué de sortir cinq minutes pour me tenir au courant ? Rétorqua Harry, retrouvant sa répartie.

- Je ne pouvais pas. On a passé la journée à faire des potions qui méritaient une surveillance constante.

- A quoi ça sert d'être deux alors ?

- Ecoutes, je n'ai pas de temps à perdre avec toi à t'expliquer quelque chose que tu ne comprends pas. Remonte te reposer, on se voit plus tard, fit Draco avant de s'engouffrer dans le laboratoire, laissant Harry en plan.

Le brun, encore plus en colère qu'en arrivant, retourna néanmoins dans son appartement, non sans faire un détour chez le blond pour récupérer Silver. Le serpent dans une main, sa baguette dans l'autre, il jeta un nombre incalculable de sort sur sa porte pour empêcher Draco de venir le rejoindre plus tard.

Il partit s'installer confortablement sur son lit avant d'entamer une petite conversation avec le reptile. La présence du serpent le détendait et lui permettait, pendant quelques instants, de penser à autre chose. Et bien que Silver et lui ait beaucoup de chose à se raconter, le Survivant finit par s'endormir tout habillé.

XxXxXxXxXxXxXxX

La Lune était déjà bien haute dans le ciel quand McGonagall entra à son tour dans le laboratoire. Draco cru d'abord que c'était son amant qui revenait à la charge et aller hurler quand il vit l'air affolé de la Directrice :

- Monsieur Malefoy ! Vite ! A l'hôpital ! Votre fille va très mal !

- Severus je…

- File, je peux finir sans toi. Va voir ce qui se passe et prend ça avec toi.

Le maître des Potions donna à son filleul une petite fiole contenant une substance rouge sang.

- Prévenez Harry ! fit Draco avant de récupérer la potion et partir en courant.

La Directrice laissa Rogue seul et remonta vers les appartements du Survivant. Elle fut stoppée par les protections de la porte tellement redoutables que même elle ne parvint pas à les faire tomber. Dans la chambre, le serpent qui s'était aussi endormi, se réveilla et se plaça devant le visage du brun :

- Maitre ! Maitre, réveillez vous, siffla le reptile.

Mais le sommeil d'Harry étant de plomb, le serpent opta pour une autre solution et mordit le brun à la main qui se réveilla aussitôt :

- Aie ! Silver qu'est ce qui t'as pris ?

- Maître, il y a quelqu'un devant votre porte. Quelqu'un qui souhaite entrer.

- C'est sûrement ton autre maître. Mais il ne rentrera pas, il est très bien dehors.

- Non ce n'est pas maître Draco.

Faisant confiance au flair et à l'instinct du reptile, Harry prit sa baguette et partit dans le salon enlever les protections de sa porte. Le brun ouvrit cette dernière pour retrouver la Directrice, la baguette pointée sur lui.

- Enfin Monsieur Potter ! Qu'est ce qui vous a pris de vous enfermer d'une telle manière ?

- Professeur McGonagall ?

- Foncez à Sainte Mangouste, il semblerait que votre fille soit dans un état critique. Monsieur Malefoy y est déjà et…

Harry partit en bousculant quelque peu la Directrice sur son chemin. Il courut jusqu'au bureau de McGonagall pour emprunter sa cheminée et atterrit dans un hall de l'hôpital qu'il connaissait désormais par cœur. Lorsqu'il arriva devant la chambre, il aperçut Draco qui était maintenu par trois gardiens de l'hôpital, l'empêchant de bouger, bien que le blond se débattait férocement. Harry fonça droit sur eux et dégagea les trois hommes d'un sort et son amant put se précipiter dans la chambre. Plusieurs médicomages et infirmières entouraient le lit, barrant le chemin à Draco. Harry entra à son tour et aida son amant à pousser le personnel pour découvrir Alessia en pleine crise.

A vue d'œil, on pouvait voir que le poison remontait le cou de la jeune fille et s'engageait sur son visage. La Gryffondor était secouée de spasmes et les infirmières avaient du mal à maintenir la jeune fille sur son lit. Le brun vit la fiole que Draco avait en main et s'approcha davantage pour attraper la tête de sa fille et la tenir droite. Bien que les médicomages criaient qu'il ne fallait rien lui donner, le blond versa la totalité de sa potion dans la bouche d'Alessia. Après quelques secondes, le corps de la jeune fille retrouva son immobilité et tous s'écartèrent du lit. Les traces avaient cessé leur remontée et quittaient le visage pour redescendre vers la nuque.

- Que lui avez vous donné ? fit un médicomage stupéfait. Un antidote ?

- Non, ce n'en est pas un. Mais ça va ralentir la progression du poison, répondit Draco en rangeant la fiole vide dans sa poche.

Le blond sortit de la pièce alors qu'Harry fixait toujours Alessia, de peur que la crise ne recommence. Mais quand les infirmières eurent fini de replacer correctement Alessia dans son lit, le brun sortit à son tour pour retrouver son amant, assis sur l'une des chaises du couloir. Harry s'assit à ses côtés, attendant en silence les explications du blond :

- Severus a réussi à faire cette potion mais elle n'est pas assez puissante pour la guérir complètement, expliqua Draco sans quitter la porte des yeux.

- Tu crois qu'il va réussir ?

- Il va bien falloir. Cette potion est notre seule chance. Mais en attendant qu'il trouve la solution, il va falloir faire avaler régulièrement à Alessia la potion que je viens de lui donner pour ne pas empirer son cas, soupira Draco, visiblement exténué par sa journée.

Voir son amant dans un tel état de fatigue fit culpabiliser Harry. Il s'était tué à la tache toute la journée avec son parrain et lui l'avait dérangé et avait même massacré une de leur expérience. Quand le brun voulu s'excuser, il vit Rogue arriver au loin avec une sacoche. Severus attrapa le médicomage responsable d'Alessia et lui remit la sacoche avec de nombreuses instructions sur son contenu. Bien que les deux hommes murmuraient, Harry put entendre Rogue expliquer qu'il apportait d'autres fioles de sa nouvelle potion et indiquer au médicomage son usage. Le médecin embarqua la sacoche avec lui et disparu au bout du couloir et Rogue se retourna vers Harry :

- Cela devrait la maintenir en vie le temps que je trouve l'antidote. Vous pouvez souffler un peu et vous occuper un peu plus de votre… compagnon, Potter.

Rogue donna à Harry la baguette du blond qu'il avait apparemment oublié en partant de Poudlard et quitta le couloir à son tour.

Harry le regarda partir, pensant qu'il aurait peut-être dû le remercier. Mais il sentit un poids sur lui. Draco venait de s'endormir, la tête posée sur son épaule. Le brun passa son bras derrière le dos du blond pour l'installer plus confortablement sur lui et ferma les yeux à son tour.

XxXxXxXxXxXxXxX

Voilà un chapitre de plus !

Je suis désolée de ne pas avoir répondu aux reviews mais j'étais en vacances ( et oui, y'en a qui ont de la chance lol)

En tout cas, merci encore pour vos nombreux commentaires que je suis toujours aussi heureuse de lire.

Bizz à tous

À très vite

Darklara.