Titre Original: Never Alone, Never Again
Titre français : Plus jamais seul, plus jamais
Auteur : Bored Beyond Belief
Bêta traductrice : Essaidel
Bêta correctrice : Liselou
Chapitre traduit par : Gally et Misschatelle l'a terminée
Rating : T
État de la fic original : Fini (42 chapitre)
État de la fic en français : 36 ; Traduit 38 à 41 ; En cours : 42
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Nous avons l'accord de l'auteur
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Et bien voilà, ce n'était pas si dure.
Mais franchement, pensez un peu aux traductrices, qui passent du moment sur les chap, ainsi que les bêta traductrices et les correctrices.
Alors n'hésitez pas à mettre des reviews, on y répond pas souvent, manque de temps, mais nous vous assurons que nous adorons en recevoir, ça nous encourage à continuer. Voilà tout est dit
Bonne lecture et merci pour celles qui ont mit un mot :)
À demain pour la suite, si je reçois le chap
Eni et Onarluca
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Chapitre 36 : C'est Magique
Tante Pétunia lui faisait prendre son bain. Il devait être très petit, car la baignoire de Privet Drive lui semblait énorme. Sa tête dépassait à peine du rebord, l'eau arrivant presque à ses épaules. Son manque de coordination le frustrait comme il essayait de se laver les cheveux, le savon glissant souvent hors de ses petites mains. Il se nettoya à fond le cuir chevelu, inquiet de mettre sa tante en colère. La journée avait été mauvaise. Il avait accidentellement laissé tomber un plat dans l'évier. Les minuscules coupures qu'il s'était fait à cause des débris du plat piquaient au contact du savon, mais il ne pleurnicha pas.
« Rince-toi » dit-elle en appuyant sur sa poitrine pour le pousser dans l'eau. Il prit une profonde inspiration, se boucha le nez et s'immergea. Il secoua sa tête énergiquement et utilisa son autre main pour se frotter les cheveux en s'assurant qu'il ne restait plus de shampoing.
Quand il fut certain de s'être bien rincé, il s'apaisa en attendant que sa tante le laisse remonter à la surface. Les secondes s'allongèrent tandis qu'elle continuait à le maintenir sous l'eau. Le calme paisible d'être sous l'eau commença à s'estomper pour être remplacé par les battements de son cœur, qui résonnaient dans ses oreilles. De plus en plus fort, puis ses poumons commencèrent à le brûler et il combattit le désir d'ouvrir la bouche pour respirer.
Il ouvrit ses yeux sous l'eau. Sa vision n'était pas si mauvaise à l'époque, et même avec l'eau savonneuse il put clairement voir le visage de sa tante. Elle avait un regard étrange. Au lieu du froncement de sourcils habituel, ses yeux étaient pensifs et spéculateurs… Presque curieux tandis qu'elle le fixait ainsi.
Le temps s'allongea et au moment où des taches rouges commencèrent à éclater dans la vision d'Harry, elle enleva sa main. Il remonta rapidement, haletant, recherchant de l'air et s'étouffant presque quand il inhala quelques gouttes d'eau qui restaient en bas de son visage.
Il jeta de nouveau un coup d'œil à sa tante. Le froncement de sourcil était de retour, remplaçant un regard de... déception? Il ne comprit pas la lourdeur dans son cœur et cette douleur à la poitrine, qui n'avaient rien à voir avec retenir sa respiration aussi longtemps, mais depuis il ne put jamais rouvrir ses yeux sous l'eau. Chaque fois qu'il était temps de prendre son bain, il attendait dans l'obscurité qu'elle enlève sa main pour pouvoir reprendre de l'air.
« Merlin, je vais être malade ». Résonna la voix dégoutée de Snape dans son esprit.
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Sa bouche était remplie de salive. Il se sentit s'étouffer et essaya de rouler sur le coté pour la laisser couler. Il était trop faible pour la cracher. Ses membres tremblèrent si violemment qu'il abandonna l'idée de se déplacer.
Ce n'était pas un souvenir. Il était à Azkaban. Il avait dû avoir une crise. Harry commençait à reconnaître les symptômes. Il ne savait jamais quand il allait en avoir une, bien sûr, mais la sensation de flou et l'atténuation de ses sens par la suite en étaient la conséquence, c'était presque un soulagement.
Étant petit garçon, il avait vu un film éducatif sur l'épilepsie où ils montraient trois formes de crises et expliquaient comment elles arrivaient. Il avait observé, horrifié, la démonstration d'un petit garçon de son âge en pleine crise d'épilepsie, et voulait désespérément détourner le regard. Il lui semblait être le témoin d'une scène très intime, quelque chose qu'il ne devrait pas voir. Est-ce que le petit garçon savait au moins qu'il était filmé ?
Harry comprenait maintenant comment le petit garçon s'était senti ensuite. Puisqu'il le ressentait lui-même. La fatigue accablante, comme s'il avait couru 1000 mètres. La confusion comme ses pensées dérivaient dans son esprit, inconnues. La peur accrue au souvenir que le cerveau, pendant les crises, ne recevait plus d'air.
Combien de temps ?
Harry essaya de réprimer sa panique qui rendait sa tentative de respirer plus difficile. Avait-il des dégâts cérébraux ? En avait-il déjà ? Est-ce qu'il saurait même s'il en avait ? La pensée terrifiante que s'il en avait, il ne voulait pas le savoir.
« Combien j'ai de doigt ? »
Harry essaya de se concentrer, et essaya aussi de retrouver un certain équilibre avant que ses propres peurs ne le consument.
Je ne vois aucun doigt, Professeur.
« Alors votre cerveau n'est pas plus endommagé que d'habitude, Potter. Maintenant arrêtez de paniquer et respirez. »
Harry pris une autre bouffée d'air et senti l'énergie de Snape qui passait en lui, se répandre dans son torse et descendre jusqu'à ses membres tremblants. Il était étrange de sentir son corps bouger alors qu'il ne faisait aucun effort tandis que Snape le tournait sur le coté pour qu'il puisse sortir l'excédant de salive de sa bouche. L'air rempli ses poumons et même le fait de se sentir humide et froid ne pu effacer le soulagement qu'il ressenti avant de glisser dans l'oubli qu'il appelait de tous ses vœux.
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Quelque chose lui faisait horriblement mal. La magie noire qui parcourait son corps était encore pire que tout ce qu'Harry avait enduré jusqu'à ce jour. Le sort n'était pas dirigé contre une victime précise. Ce n'était pas non plus une vision de Voldemort. Au lieu de cela, l'écho de promesses échangées résonnait dans son crâne, accablant ses sens comme si quelque chose … un pacte … une alliance … se répandait dans son corps.
« Nous tuerons pour vous. Nous nous alimenterons pour vous. Nous ferons comme vous le voulez, Maître » promirent les voix, sèches comme l'os. Parlaient-elles même l'anglais ? Âge et décrépitude résonnaient dans leurs mots qui s'écoulaient dans son esprit, le laissant gelé et fragile. Il connaissait ces voix. Les Détraqueurs. La morsure du froid brûla ses nerfs et dansa sur sa peau quand ils rajoutèrent leur obscurité propre à la magie coulant en lui. La magie de Voldemort.
Oh non.
« Je vous promets de la nourriture, je vous promets des victimes mûres, savoureuses et fraiches à l'infini. Je vous promets l'innocence ». La voix de Voldemort résonna dans son esprit et Harry senti la nausée l'envahir rien qu'à l'entendre. Cela a été fait, alors. La magie dansant à l'intérieur de ses paupières, sinistre et lourde, avec des serments gravés dans le sang.
Le sang de qui ? Harry refusa de spéculer sur la question.
Bien sûr, il n'avait dans son estomac que de l'acide à vomir, et Harry trembla, soulagé d'être parvenu à vomir à côté du lit. Il ne s'était pas rendu compte qu'il avait bougé. En réalité, il était étonné qu'il en soit encore capable.
« Est-ce vous, Professeur ? » Se demanda-t-il à voix haute, trop fatigué pour se soucier de la réponse du Maître des potions.
Harry retomba sur ses coussins, frissonnant, tandis que l'incendie à l'intérieur de son corps commençait à se calmer. Tout mouvement, songe, ou même le simple fait de respirer, étaient devenus une lutte de chaque instant. C'était si difficile à réaliser et cela faisait si mal. A chaque seconde Harry pensait qu'il ne survivrait pas à la suivante, et pourtant il y arrivait. Il en était à se dire que ses seuils de douleurs avaient encore été dépassés. Il était tellement fatigué, et le fait de ne pas respirer apparaissait tellement plus aisé. Pourquoi devait-il encore lutter s'il n'avait plus rien ? L'obscurité s'approchait, l'étouffant et Harry était trop las pour s'en soucier désormais.
Snape réussit à se frayer un chemin dans l'esprit d'Harry, se manifestant dans le néant qui l'entourait. Harry se surprit à pouvoir voir son professeur. Les robes de Snape se gonflèrent sous l'effet d'une brise qu'Harry ne pouvait sentir, les yeux noirs du professeur le captivant.
Laissez-moi partir. Harry voulait juste dormir. Ce n'était pas si mal, n'est-ce pas ? Cette obscurité était si paisible. Il ne souffrait pas ici.
« Black est revenu pour vous, mon garçon » lui rappela-t-il doucement. L'image de Snape restait floue dans son esprit, comme si celui-ci n'arrivait pas complètement à se matérialiser, rappelant une veille image de film dont les trames se mouvraient trop lentement. « M'entendez-vous, votre parrain vient vous rendre visite, mourir maintenant n'aurait plus aucun sens, n'est-ce pas ? » demanda t'il, et curieusement le raisonnement de Snape valait quelque chose pour Harry. Après tout il l'avait suivit jusque ici, n'est-ce pas ? Il pourrait continuer un peu plus.
§*&o&*§
Harry senti la traction familière, son esprit revenant vers des pensées cohérentes.
Voldemort doit être à Azkaban.
Il était presque hors du temps. Et sans option. Il n'entendait presque plus la voix de Snape à présent. Harry savait qu'il était entrain de mourir. Il était mort depuis un certain temps maintenant. Il pouvait sentir les bribes de magie du professeur Snape le maintenir en vie, gardant son cœur et ses poumons en fonctionnement. Il était étrange de savoir qu'il était «littéralement» en sursis.
Il allait mourir à Azkaban. Harry l'avait accepté. Il savait qu'il avait peu de temps maintenant. Mais son lien avec Snape le forçait à se battre longtemps après qu'il ait lui-même abandonné. Il ne pouvait pas se laisser aller. Pas quand son professeur était là avec lui. Mais l'homme têtu refusait de briser le lien magique et Harry refusait qu'il y ait plus de sang innocent sur ses mains.
Qu'est-ce qu'une fois de plus? Chuchota sa conscience. Ferme là.
Harry se coupa résolument de ses pensées. Il avait eu tellement mal qu'il était devenu insensible… Comme si on avait coupé dans sa moelle épinière et qu'on avait volé des bouts de son âme. Il y avait maintenant son souffle, son être même.
Poudlard était un souvenir lointain, comme s'il avait eu plusieurs vies avant… Snape lui parlait de Ron et Hermione de retour à Poudlard qui l'attendaient impatiemment… sarcastiquement bien sûr. Cet effort rendait Harry nostalgique, comme un vieil homme repensant à son premier véritable amour. Mes meilleurs amis. La première bonne chose qui lui était arrivée. Il savait qu'il était parti loin quand il se rendit compte qu'il serait même retourné avec bonheur dans une classe de potions.
Sirius allait venir, et Harry prit conscience que son parrain n'avait aucune chance. Voldemort s'était allié aux Détraqueurs, et il n'y avait aucun moyen pour que Sirius ne s'en sorte contre les Détraqueurs et les Mangemorts seul.
« Qui a dit qu'il était seul ? » chuchota la voix de Snape dans son esprit.
Bien sûr. Remus Lupin était avec lui. Super. « Deux » personnes à protéger.
« Et que proposez-vous pour les protéger, Potter ? » demanda Snape, Harry luttant contre la voix du professeur. Il était seul, il était en train de mourir, et Snape, avec son ton ironique, était le plus bizarre des secours qu'Harry n'avait jamais connu. La voix de Snape était tendue, et Harry se surprit à comprendre que Snape lui cachait quelque chose. Et qu'il le laissait l'entendre.
Il avait encore un peu de force, et cela valait la peine de les gaspiller pour parler au professeur une dernière fois, pour du moins essayer de lui mettre un peu de bon sens dans la cervelle. Sever Us !* Harry apprécia sa propre tentative d'humour. Le professeur ne sembla pas amusé.
« Je vous ai posé une question, j'attends une réponse » gronda-t-il, ignorant totalement l'intervention d'Harry. Bien que la voix de Snape fût sèche, une touche de sympathie pouvait être perçue dans le ton du professeur.
Je dois sauver Sirius. Et Remus, dit Harry.
« Je suis curieux de savoir comment vous allez accomplir cela » déclara froidement Snape, sa voix résonnant bizarrement.
Harry sentit une secousse le parcourir dans son inconscience. Ou était-ce dans la réalité ?
« Que diable était-ce ? » demanda Snape, sa voix tendue.
Harry essaya de rassembler les informations sur ce qui s'était passé quand il ressentit une sensation de picotements tout au long de …ses nerfs ?
Suis-je entrain de me réveiller ? Cela ne se peut pas.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? » redemanda Snape.
Professeur, vous devez y aller. Il est ici, pensa désespérément Harry.
C'était ça le picotement. De la magie noire. Cela pulsait en Harry, et bien qu'il soit distant et engourdi, Harry pouvait toujours ressentir la puissance du sort. Le calme de l'oubli se changeait en un passage de colonnes de pierres grises ; évidemment il était toujours à Azkaban mais dans une chambre qu'il n'avait jamais vue auparavant. Au centre de la pièce se tenait Voldemort et quelqu'un était couché à ses pieds.
Oh, souffla Harry en état de choc. C'est moi, « ça » c'est moi, il réalisa que la forme allongée par terre, et qui refusait de bouger, c'était lui. Pourquoi n'était-il pas mort ? Merlin, je regarde… Ne pas y penser.
Harry força ses yeux à regarder ailleurs que sur le corps allongé qui ne lui ressemblait désormais plus, et examina désespérément la pièce autour de lui. Il cherchait Sirius et Remus, mais pria pour qu'il ne les trouve pas.
C'est ce que Snape cachait. Ils étaient déjà ici, comprit Harry, horrifié.
Avec reconnaissance, il remarqua que les Détraqueurs n'étaient pas présents. Probablement que les Mangemorts ne pouvaient pas non plus les supporter à proximité. Mais il y avait beaucoup de disciples de Voldemort et ils ne portaient même pas de masques.
Ce n'était définitivement pas un bon signe s'ils ne se souciaient pas d'être reconnus.
Combien y en avait-il ? Vingt ? Trente ? Un groupe d'entre eux était à l'écart et Harry sentit son cœur manquer un battement à la vue des figures penchées sur deux corps couchés dans un coin. Ses pires cauchemars s'étaient réalisés. Sirius et Remus inconscients l'un à côté de l'autre, pâles et comme morts.
Oh non. La douleur dans sa poitrine menaça de le submerger tandis qu'il prenait forme à l'intérieur de la pièce, une fois de plus celle d'un « fantôme », et essaya de marcher en direction de Sirius et Remus.
« Enervate », dit Voldemort, sa voix faisant écho sur les murs de l'enceinte et surprenant Harry. C'est ce que j'ai ressenti. Il essaie de me réveiller. Harry senti affluer la magie en lui une fois de plus, et sa vision hésita un instant. Il s'arrêta et regarda son corps physique, Voldemort restant immobile devant lui, et se demanda ce qui se passerait ensuite.
S'il te plait ne me réveille pas. Je ne peux pas le faire si vous le faites. Je suis le plus fort ici, où vous m'avez forcé à être. Un vague plan commençait à se former, se basant sur tout ce qu'il avait appris à Poudlard, flottant au bord de son esprit.
« Il semble mort » fit observer Lucius du demi-cercle de Mangemorts qui étaient aux côtés de Lord Voldemort, proche du corps mou d'Harry.
« Il respire encore » répondit d'une voix tremblante Queudver.
« Je peux voir qu'il respire Queudver. Mais où est la satisfaction dans ''ceci'' ? » Demanda Voldemort, l'irritation et la déception bien perçus dans sa voix, tandis que, de frustration, il donnait un coup de pied dans le corps d'Harry. « J'ai attendu 14 ans cette vengeance et ''ceci'' est loin d'être satisfaisant. » rajouta Voldemort en s'agenouillant. Se faisant, il se retrouva à deux doigts du visage d'Harry.
« Je pourrais tout simplement te couper la gorge Harry Potter et ce serait la fin. Mais ce serait tellement ''banal'', tu ne trouves pas ? Peux-tu m'entendre, Potter ? » Demanda-t-il, sa voix sinistre, sifflante et évidemment amusée de son humour.
Professeur Snape, vous devez partir. Coupez la connexion entre nous deux MAINTENANT ! Pensa-t-il désespérément alors qu'il regardait Sirius qui commençait à bouger, gémissant doucement dans le coin.
Voldemort devait aussi avoir entendu Sirius, vu le sourire qu'il affichait. Ses dents étaient pourries et bien qu'il ne soit pas dans son corps, il pouvait presque sentir l'odeur de mort et de décomposition de son haleine. Il supprima l'envie de se couvrir la bouche de ses mains.
Harry avait déjà vu plusieurs fois auparavant le sourire de Voldemort. C'était le sourire de quelqu'un avant qu'il n'enflamme un animal innocent et qui comptait combien de temps la pauvre créature mettrait pour brûler. Le sourire de quelqu'un qui se nourrit de la douleur des autres.
« La Belle au bois dormant » s'exclama gaiement Voldemort en regardant s'agiter Sirius, frottant ses deux mains l'une contre l'autre. Brusquement il tourna son visage vers Harry et lui chuchota à l'oreille caressant de son souffle ses cheveux « Queudver m'a parlé de tes visions, Harry Potter. Je remarque que si loin es-tu parti, tu trembles et grimaces à mon contact. »
Harry vit que c'était vrai. Voldemort avait posé sa main osseuse sur sa cicatrice et celle-ci était devenue rouge vif.
« Fascinant. Comme cette petite cicatrice, » dit Voldemort en même temps qu'il retraçait de l'ongle celle-ci où de petites cloques se formaient, « peut être la seule marque que je t'ai laissée. Tu aurais pu au moins être estropié ou mutilé par ma malédiction, » continua-t-il avec irritation.
Alors que Voldemort chuchotait, Harry se concentra sur les mots du monstre en continuant sa progression vers Sirius, mais la douleur dans sa cicatrice était insupportable et il tomba à genoux. Il essaya de ramper, mais n'alla pas très loin.
« Je dois avouer que j'ai trouvé tout à fait agréable de savoir que j'avais eu un public récemment. C'est un peu … flatteur de savoir que tes yeux me jugent, probablement même en ce moment. Juste Harry Potter, qui va bien pouvoir venir te sauver maintenant ? Maman n'est plus là pour te protéger, mon garçon » dit la voix presque chantante de Voldemort. Ses mots brûlèrent dans l'esprit d'Harry, avant que le Seigneur des Ténèbres ne se relève, « Apportez-les moi » commanda Voldemort en parlant de Remus et Sirius aux Mangemorts. Évidemment la discussion était terminée.
Professeur, vous devez partir maintenant, pria Harry, souhaitant pour la millième fois qu'Hermione et ses livres aient pu l'aider, ou les sorts inconnus de Dumbledore, ou même la vaste connaissance de Remus Lupin sur les Arts Sombres. Quoi que ce soit pour le rassurer que ce qu'il avait imaginé allait vraiment fonctionner.
« Vous avez un plan, n'est-ce pas ? Vous pensez que vous arriverez à le faire ? Prendre l'ascendant sur Voldemort ? » demanda Snape, sa voix curieusement plus forte qu'avant dans l'esprit d'Harry.
Oui je dois essayer. C'est la seule chose à laquelle j'ai pu penser et je dois les protéger.
La panique d'Harry augmenta lorsque Voldemort s'éloigna de lui pour se diriger vers Sirius. Les Mangemorts avaient soulevé le prisonnier hagard.
Il avait l'air très mal en point.
Sirius clignota des yeux dans la confusion, luttant pour se concentrer et regardant vers lui-même. Ses yeux s'élargirent quand ils se posèrent sur l'homme (Non, pas un homme) autrefois connu sous le nom de Tom Jedusor qui s'approchait de lui.
Pourriez-vous partir ?! pria de frustration Harry le Professeur, alors qu'il commençait à rassembler toute son énergie consciemment. Je n'ai plus de temps.
« Harry Potter, fils de James et Lily Potter, surnommé le garçon-qui-a-survécut et futur martyre du monde sorcier » dit très sérieusement Snape, mais toujours avec une illusion de moquerie dans la voix. « Mon lien avec vous est de mon propre choix. Ma destinée est de débarrasser le monde de cette menace » gronda-t-il et soudainement Snape se trouva debout près de la forme fantomatique à genoux d'Harry, inclinant la tête vers Voldemort, presque tangible maintenant. La main de Snape se tendit vers l'épaule d'Harry avant de le tirer vers l'arrière.
« Il vous reste si peu de force. Si vous croyez vraiment avoir une chance contre lui, vous aurez besoin de mon aide. Et si ma seule chance de détruire Voldemort, une fois pour toute, se trouve en vous, je l'accueille à bras ouverts. Ne comprenez-vous donc pas, Potter? Ce n'est pas vous qui comptez, c'est lui.» dit Snape en s'agenouillant à côté d'Harry. Une bouffée d'énergie coula dans ses veines, de l'énergie librement donnée et reçue alors que les barrières, qu'il ignorait avoir érigées entre Snape et lui, s'effondraient et, qu'enfin, il acceptait entièrement leur lien magique.
Vous ne croyez pas qu'ils vont me jeter à Azkaban pour avoir eu recours à un Impardonnable, n'est-ce pas? Harry demanda avec le plus léger des sourires nauséeux, et Snape observa Harry d'un visage indéchiffrable. Harry ignorait ce que son propre visage révélait, mais les yeux de Snape le regardèrent attentivement pendant un instant, avant de hocher la tête.
« Si quiconque peut se voir donner le droit d'employer la magie noire, aussi étrange que cela puisse paraître, je crois que ce serait vous.»annonça Snape.
« Harry Potter! Je sais que tu peux m'entendre, Harry !» l'interpela Voldemort, le distrayant l'espace d'un instant. Soudainement, Voldemort jeta un Doloris à Sirius.
Sirius concentra tout ses efforts sur son propre silence, gémissant et glapissant de douleur alors que Voldemort le tenait au sol, ses yeux rouges voyageant du corps en spasmes de Sirius à celui d'Harry. Harry sentit le sort l'engloutir aussi et observa avec un air presque soucieux son propre corps se cambrer et se tordre. Il lutta pour contenir son agonie alors que son corps intangible continuait d'essayer de ramper vers Sirius. La forme de Snape disparut, mais Harry savait que le lien était toujours bien présent.
Les convulsions de Sirius cessèrent lorsque Voldemort leva le sort. Il fit signe aux deux Mangemorts de le soulever de là où ils l'avaient laissé s'écrouler. Queudver se tint en retrait aux côtés de Voldemort dans une inconsciente tentative de se protéger de Sirius avec le corps de Voldemort.
« Pathétique. Que peut-il te faire maintenant ?» gronda Voldemort, ayant remarqué le manège de Queudver, avant d'agripper sa main argentée et de pousser un Pettigrew peu enthousiaste vers l'avant jusqu'à ce qu'il soit face à face avec Sirius. Même dans l'état d'étourdissement dans lequel Sirius était, dès la seconde où les yeux de ce dernier se posèrent sur Queudver, ses mains se soulevèrent et attrapèrent sa gorge avec une force surprenante.
« Bonjour, Peter. Je t'ai manqué ? » fit Sirius, ses yeux presque fous de rage et ses lèvres retroussées en un grondement silencieux. Il ferma ses mains impitoyablement autour de la gorge de Pettigrew. Les yeux de Queudver s'écarquillèrent alors qu'il griffait futilement Sirius, tentant faiblement de le faire lâcher prise alors que sa bouche s'ouvrait et se fermait, lui donnant l'apparence d'un poisson hors de l'eau, en quête d'air.
Les Mangemorts semblaient près à séparer Sirius de Queudver, mais Voldemort leur fit signe d'arrêter. Il observait avec amusement.
« Sirius, arrête !» Harry supplia, et fut sous le choc lorsque Sirius sursauta et poussa Pettigrew au loin : il regarda frénétiquement autour de lui.
« Harry ?» demanda Sirius, et Pettigrew scruta les alentours à son tour, ses yeux se posant sur la forme allongée d'Harry. Sirius, de son côté, regardait droit dans la direction du corps intangible d'Harry.
« Sirius ! Tu peux m'entendre !» s'exclama Harry, soulagé. Remus remua derrière Sirius, les distrayant tous les deux l'espace d'un instant.
« Excellent ! Je suis si heureux que tu puisses le voir. J'ai déjà entendu parler de ce phénomène. Comme c'est fascinant. » s'exclama Voldemort, ses yeux encore plus rouge paraissant briller d'intérêt. «Il t'est précieux, n'est-ce pas Harry ?» demanda Voldemort, s'adressant à la pièce en général puisqu'il ne pouvait pas lui-même voir où la forme fantomatique de Harry se trouvait. Les yeux de Sirius passaient de l'Harry intangible à la forme inerte allongée un peu plus loin. Ses yeux s'assombrirent de douleur. Harry vit Voldemort faire signe aux Mangemorts derrière Sirius de soulever Remus alors qu'il commençait aussi à reprendre conscience.
« Tu n'es pas mort, hein ? Je veux dire...C'est ce dont tu parlais, n'est-ce pas ? Ton "toi" en rêve ?» demanda Sirius, son visage illuminé par l'espoir, le souci et l'épuisement à la fois.
« Je ne suis pas encore mort, mais je le serai bientôt. À quoi pensais-tu en venant me chercher ?»
« Ton parrain et un loup-garou. Est-ce tout ce que Dumbledore pouvait faire? Pathétique, vraiment. Les derniers des soi-disant maraudeurs. Qui aurait cru qu'un tel groupe d'amis aurait tant de malchance?» se moqua Voldemort, se jouant une fois de plus autant d'Harry que de Sirius. Sirius détourna à contrecœur son attention d'Harry lorsque Voldemort s'avança et plaça une main sous le menton de Remus, inclinant la tête de l'ancien professeur d'un côté puis de l'autre alors qu'il luttait pour se réveiller.
« Laisse-le tranquille.» grogna Sirius, une peur évidente dans sa voix.
« Quoi ? Préfèrerais-tu que je porte ma tendre pitié vers ton neveu ? Ou vers toi ? Est-ce donc cela ? Tu crois pouvoir me résister longtemps ?» siffla Voldemort, ennuyé. Sirius tressaillit, mais son regard ne bougea pas. Harry pouvait le voir tenter, au désespoir, de trouver une façon d'attirer son attention ailleurs que sur Remus.
« Ton conflit n'est pas avec lui.» affirma fermement Sirius. Voldemort ricana, un son à donner froid dans le dos. C'était aigu et nonchalant, empli de mots cachés que Harry reconnaissait comme étant du fourchelangue. C'était comme s'il parlait simultanément deux langues.
« Peut-être l'est-il, Black. Quelles toiles de culpabilité et de déception vous avez tissées entre vous. Tu ne faisais pas confiance à Remus Lupin parce qu'il était une créature nocturne. Tu croyais que je pouvais le corrompre... Sais-tu comme j'ai essayé ?» dit Voldemort, son visage soudainement à seulement quelques pouces de celui de Sirius. «Je l'ai appelé, et même dans son état le plus vorace, prit par une rage si violente que je me suis presque senti englouti, il m'a rejeté.» Voldemort se tourna pour regarder directement en direction de Remus, qui était maintenant bien éveillé, ses yeux écarquillés par l'horreur. Voldemort semblait... vexé. « Tu m'as résisté, Remus Lupin, même dans ton état le plus primitif. Ce fut toute une victoire, je suppose. Une justification, si tu préfères. C'est une honte que tu ne puisses pas te rappeler de quand tu es loup, n'est-ce pas ?» railla-t-il et Harry tressaillit lorsque Remus laissa échapper un son étouffé.
« Et toi, Sirius... Sais-tu que Peter a maintes fois supplié d'être tué avant que je ne le corrompe ? Il appelait ton nom, tu sais. Il a crié ton nom un millier de fois... Je crois qu'il t'admirait. Le savais-tu? Il croyait que tu serais toujours là pour lui aussi, pas juste pour James Potter. C'était ce que tu avais promis, n'est-ce pas ?» demanda Voldemort. Les yeux de Sirius se déplacèrent pour se poser sur Peter, qui s'était éloigné de Voldemort, sa main toujours à sa gorge, la massant tendrement. Son visage était tordu par une fureur qui semblait être dirigée vers Voldemort, réalisa Harry avec surprise.
« Harry Potter, je sais que tu peux m'entendre. J'ai décidé d'épargner la vie de ton parrain... Et celle de ton ancien professeur.» dit-il, et Harry sut que peu importe ce que Voldemort planifiait de faire, ce serait encore pire.
« Appelle un Détraqueur. Je crois qu'ils apprécieront le professeur. Un acompte, si je puis dire. Et pour toi, Black,» dit Voldemort avec désinvolture avant de lever sa baguette et de la pointer de nouveau vers Sirius. « Endoloris» dit-il.
Il n'y eut ni pause, ni hésitation, aucune chance pour Harry de rassembler son courage et de se préparer pour le sort. D'un seul coup, Sirius et Harry s'échouèrent sur leurs genoux, griffant inutilement le sol, se tordant de douleur. Voldemort sembla satisfait de les voir souffrir ensemble. Le sort s'étira, encore et encore, et Harry tenta avec désespoir de diriger sa concentration fissurée sur n'importe quoi d'autre que la douleur. Juste assez longtemps pour faire ce qu'il avait prévu.
Non! Pas comme ça! Je dois le faire! Sirius! Quelqu'un! Cessez le sort ! Je peux le faire ! Ne perd pas cette chance ! s'écria Harry, tout fort ou tout bas, il ne savait plus.
Il pouvait sentir le sort brûlant se frayer un chemin jusqu'à l'inconscient de Sirius et il savait que Voldemort prévoyait de le retenir ainsi jusqu'à ce qu'il ne craque. Harry tenta, avec désespoir, de se relever, d'approcher Voldemort, de bouger. Mais il n'y parvint pas. Le temps semblait figé alors qu'il se sentait sombrer, la lumière se tamisant...
L'explosion qui fit trembler la pièce fut si forte que, l'espace d'un instant, Harry crut qu'une bombe avait été lâchée. Les Mangemorts étaient éparpillés sur le sol, et Voldemort avait été projeté à l'autre bout de la pièce. Harry chercha à reprendre ses esprits lorsque des Aurors pénétrèrent à la hâte dans la pièce, jetant des sorts à tout ce qui bougeait. Sirius haletait, couvert de poussière, à seulement quelques pieds plus loin. Remus rampa jusqu'à lui, prenant l'ex-détenu dans ses bras et l'entraînant vers un amas de pierres, en guise de bouclier. Harry rampa avec eux, cherchant à reprendre son souffle.
« Sirius ? Sirius? Peux-tu m'entendre ? » demande Remus, désespéré. Harry retint son souffle.
Je vous en prie, faîtes qu'il aille bien. Je vous en prie, faites qu'il soit encore sain d'esprit. Je vous en prie, faîtes qu'il s'en sorte, pria Harry, aussi désespéré.
Sirius gémit et chercha à ouvrir ses yeux. Du sang coula du coin de sa bouche, et Harry put voir qu'il avait presque tranché sa langue en deux. Les yeux de Sirius s'ouvrirent et se posèrent immédiatement sur Harry.
« Harry ? » marmonna Sirius. Remus regarda autour de lui et pâlit. Harry suivit son regard. Oh. Le corps de Harry était toujours au milieu de la pièce, couvert de poussière mais toujours tranquille. Remus hocha la tête vers Sirius, l'installant tendrement sur le sol. Harry observa Remus éviter les sorts des Mangemorts et des Aurors, se précipitant à l'autre bout de la pièce pour récupérer Harry. Harry se tourna vers Sirius et sourit.
« Je suis là, Sirius. Peux-tu m'entendre ? » demanda Harry. Sirius hocha la tête faiblement. « Combien de doigts vois-tu ? » demanda Harry, en montrant trois.
« Trois ». répondit Sirius. Harry fut surpris de se sentir esquisser un faible sourire.
« Je veux que tu me promettes quelque chose. » dit Harry sérieusement. Sirius se renfrogna.
« Je peux déjà dire que je ne le ferai pas. » dit Sirius. Les sourcils d'Harry se froncèrent.
« D'accord. Agis comme il te plaît. » Harry gronda, avant de tendre la main, comme pour toucher Sirius. Évidemment, il ne le pouvait pas. « Je t'aime, Sirius. J'aurais tant aimé vivre avec toi. Dis à Remus que je l'aime aussi... Tu vas me manquer. » dit-il doucement, ses doigts caressant presque le visage de Sirius. Il ne pleura pas. Il avait passé cette étape il y avait bien longtemps, mais la tristesse qu'il ressentit l'aida à renforcer sa résolution. Cela semblait être la bonne chose à faire. C'était ce qu'il devait faire...
« De quoi parles-tu ? Tu ne vas nulle part. » affirma Sirius, cherchant à paraître confiant malgré sa voix tremblotante. Harry secoua la tête.
Non, Sirius. Je dois partir.
Harry se redressa faiblement et jeta un autre coup d'œil vers Remus. Il traînait son corps vers l'abri de Sirius.
« Harry ? » appela Sirius, sa voix teintée de panique. « Harry ? Qu'est-ce que tu fais ? Remus arrive. Nous allons te sortir de là. Harry ! Reviens ! » La voix de Sirius devenait de moins en moins forte.
Harry marcha tranquillement en direction de Voldemort. Maintenant, c'était le moment d'agir. Il avait obtenu toutes les distractions qu'il pouvait obtenir. Les sorts que Voldemort jetait aux Aurors était toujours aussi noirs, mais plus direct. Créés pour une mort instantanée, plutôt qu'une longue tant appréciée par Voldemort. C'était plus facile à endurer pour Harry. Cette douleur, il y était habitué.
« Dis à Ron et Hermione que je les aime, Sirius. Dis-leur que je pensais à eux, tu veux ? » fit Harry alors qu'il avançait, sentant sa propre confiance grandir. Je peux le faire. Je suis en retard, mais j'ai une chance de rendre les choses plus faciles pour eux. Pour toi, Sirius. Et tous les autres. Parce tu ne blesseras plus jamais qui que ce soit, promit Harry, tout en s'approchant du monstre devant lui. L'énergie de Snape s'écoula en lui, comme s'il répondait à la déclaration d'Harry.
« Harry, reviens ! Peu importe ce que tu prévois, ne le fais pas ! Je t'en prie, Harry ! » s'écria Sirius, et soudainement la majeure partie de la bagarre dans la pièce cessa, à l'exception de quelques sorts ici et là. Les Mangemorts et les Aurors observaient Sirius se redresser maladroitement, inconscient de ce qui l'entourait, ses bras dressés devant lui comme s'il cherchait à arrêter Harry. Remus cessa de traîner Harry, le prenant plutôt dans ses bras et profitant de l'arrêt des feux pour l'emmener rapidement près de Sirius.
« Sirius, je l'ai ! Allons-y ! » fit Remus, croyant toujours que son ami était confus à cause des effets du doloris. Étrangement, Peter Pettigrew se glissa derrière Voldemort avec le plus faible des sourires. Harry fronça les sourcils.
Qu'est-ce que tu prépares ?
« Ne le fais pas, Harry ! Je ne peux pas y arriver sans toi ! » supplia Sirius en sanglotant. Harry ferma les yeux quelques instants, réprimant l'étouffante envie de faire exactement cela... Reculer et tenter autre chose. Puis, il posa une fois de plus les yeux sur son corps, qui pendait sans vie dans les bras de Remus, et il sut qu'il était à un point de non retour. Il n'aurait même pas dû être vivant.
« Tu vas devoir y arriver. N'oublie jamais que je t'aime, et que tout ce que j'ai toujours voulu pour toi, c'est une vie bien à toi. Que tu sois libre. D'accord ? » demanda Harry, avant de se tenir juste devant Voldemort.
Les yeux de Voldemort étaient plissés en direction de Sirius, avant de bouger pour regarder autour de lui. Il semblait commencer à comprendre ce que Sirius disait et il tenta de reculer, une faible lueur d'insécurité éclairant son visage, avant d'être remplacé par une détermination sévère. Comme s'ils avaient été convoqués, (ce qui était probablement le cas) les Détraqueurs commencèrent à emplir le passage, s'attaquant aux amis et ennemis sans distinctions. Leur sifflement sinistre et le bruit de cris confus remplirent l'air.
Voldemort voulut se retourner, probablement pour fuir vers le couloir annexe, mais deux mains apparurent et enveloppèrent la poitrine de Voldemort, se refermant l'une sur l'autre devant lui, une d'argent et une humaine.
« Maintenant, Harry ! » cria Pettigrew, et Harry enfonça ses mains dans le corps de Voldemort, les plaçant là où il s'imaginait trouver le cœur. Les yeux rouges de Voldemort s'écarquillèrent, comme s'il ressentait la présence glaciale d'Harry.
« Avada Kedavra. » dit Harry, reconnaissant d'avoir déjà fait de la magie sans baguette auparavant, avant de concentrer toute sa volonté, sa magie et ses intentions, pas sur le monstre devant lui, mais sur la magie noire qui le gardait en vie. Harry savait que dans son état actuel, Voldemort ne pouvait pas être tué... mais, raisonna Harry, si la magie noire qui le gardait en vie était détruite, il serait aussi mortel que tous les autres dans cette pièce. Suffisamment mortel pour que l'un des Aurors puisse en finir avec lui.
Le temps sembla s'arrêter, ainsi que tout le reste, alors qu'Harry sentait le pouvoir du sort monter en lui, des talons aux bouts des doigts transférant dans le corps de Voldemort comme de petites étincelles de lumière verte.
Obscurité ? Lumière ? demanda une voix, ou une multitude de voix, confuse, d'un pouvoir inimaginable.
Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qui se passe ?
Harry se sentit absorbé par le sort mortel, comme jeté sur le bord d'un précipice. Tout le monde autour de lui était figé, et Harry ne pouvait être certain de si cela était dû au sort qu'il avait jeté, ou à autre chose.
Bon ? Mauvais ? Qu'est-ce que c'est ? Demanda le chœur de voix à Harry, et il réalisa qu'il s'agissait de la magie elle-même, apathiquement forcée à tenter de définir les intentions d'Harry pour le sort qu'il avait jeté. Si la magie était neutre de façon innée, comme Snape l'avait indiqué, comment le sort agirait-il? C'était le pari d'Harry. Il espérait que si l'intention pouvait contrôler le sort, alors l'intention pourrait aussi en définir les paramètres.
Magie noire, pensa Harry, concentrant toutes ses pensées sur Voldemort. Je vais te montrer. Le sort suivit ses pensées, et la magie sentit sa concentration.
Ah. Définis le bien et le mal, demanda la magie, avant de s'emparer des souvenirs de la vie d'Harry pour les examiner, chaque moment apparaissant avec une infinie précision. Santé et folie ne voulaient alors plus rien dire tandis qu'Harry devenait une partie intégrante du sort même.
Chaque souvenir, chaque détail, chaque commentaire cruel des Dursley... Chaque blague partagée avec Ron et Hermione. Chaque professeur ou étranger s'étant soucié de lui. Tous les autres qui l'avaient ignoré. La joie qu'il avait ressentie à Poudlard, la peur lorsqu'il avait vu Voldemort dévorer une licorne. Le désespoir de voir le corps de Ginny Weasley et la crainte qu'il ne soit déjà trop tard. La haine qu'il avait éprouvé en apprenant pour la première fois qui était Sirius Black, et l'amour lorsqu'il avait finalement appris la vérité. Son respect envers le professeur Lupin, et la victoire douce et amère d'être venu à son secours lorsque son propre Patronus cerf avait combattu les Détraqueurs. La culpabilité qui l'avait assailli pour ne pas avoir été un aussi bon ami qu'il l'aurait fallu pour Hagrid, et le moment étourdissant de joie lorsque Cédric et lui avaient pris la coupe ensemble, un triomphe pour Poudlard. L'horrible désespoir lorsque Cédric avait sombré, et sa propre colère nauséeuse en assistant, impuissant, au retour de Voldemort par les mains de Pettigrew et le sang d'Harry. Le presque insupportable sentiment de perte en voyant l'écho de ses parents le protéger une dernière fois. La poursuite de sa défaite alors qu'il revint à Poudlard, agrippant le corps refroidissant de Cédric comme pour le protéger.
Les victimes qu'il avait vues cette nuit-là... La parade de visages torturés et tués par Voldemort. La douce petite Anne et ses yeux confiants. Harry cria lorsque les souvenirs de tous ses cauchemars lui revinrent, les uns après les autres. Une partie lointaine de son être réalisait que la magie utilisait la morale d'Harry pour déterminer ce qui était considéré comme obscur. Mais alors cette pensée fut aussi absorbée par le sort.
Obscurité. Lumière. Bon. Mauvais. Il est mauvais. Le détruire... La magie avait porté son jugement envers Voldemort, le pouvoir se gonflant inévitablement alors qu'il passait du corps d'Harry à celui du mage noir.
« NON ! » cria Voldemort, se tordant entre les bras de Pettigrew. Harry se vit plonger dans un vortex d'énergie qui fuyait de ses mains et crépitait sur la surface du corps de Voldemort, creusant sous sa peau. Les yeux de Voldemort s'écarquillèrent de peur et il ouvrit la bouche pour crier, mais plutôt qu'un son, une aveuglante lumière verte en sortit.
Vie. Mort. Vie, affirma la magie alors qu'elle dénuait Voldemort de sa magie noire. Sa peau semblait se dégonfler alors qu'elle paraissait revenir à ce qui ne pouvait être que décrit comme un enfant horriblement déformé, comme Harry l'avait vu dans le cimetière. La chair de Voldemort perdait son élasticité alors qu'elle coulait vers ses os. Ses yeux rouges s'affadirent, avant de projeter la même lumière verte qui sortait déjà de sa bouche. Le sort mortel consumait Voldemort par l'intérieur, alors que de plus en plus de bandes vertes lumineuses commençaient à apparaître par des fissures dans sa chair, le brûlant lorsque la magie noir se forçait un passage hors de son corps, ne laissant qu'une enveloppe derrière elle. Toute la noirceur qui avait autrefois définit le mage noir était aspirée par le sort.
Harry sentit l'obscurité, que la magie avait volée à Voldemort, virevolter autour, son infection contenue par son propre corps. La magie noire n'avait pas été détruite.
Tant de pouvoir. Si mauvais...
« Beaucoup croient, moi y compris, que la magie a toujours été. Elle est éternelle, aussi vieille que la création. Elle est infinie...» Le discours de Snape sur la nature de la magie flotta négligemment dans l'esprit d'Harry.
Si elle est éternelle, comment peut-elle être détruite ?
Trop tard, Harry prit conscience du paradoxe que son propre sort avait créé. La magie tentait d'accomplir le sort, mais n'y parvenait pas car elle ne pouvait pas se détruire elle-même. Tu ne peux pas tuer ce qui ne peut pas mourir. La magie cherchait à trouver quoi faire de la magie noire qu'Harry avait prise à Voldemort.
Ah, annonça la magie, comme si elle venait de prendre une décision, et Harry cria encore, sentant ses propres pensées s'éparpiller sous l'emprise du pouvoir brut qui brûlait en lui, filtrant l'obscurité et la lumière, prenant la magie de Voldemort et l'appliquant pour perpétuer le sort d'Harry, le renforçant. La lumière verte explosa de son propre corps...
Depuis quand suis-je revenu à mon propre corps ?...
Ses pensées furent dirigées vers le présent, l'espace d'un bref instant de conscience, avant de se brouiller de nouveau. Une lumière, aussi puissante qu'un lever de soleil coloré qui explose à l'horizon, envahit la pièce, éblouissant temporairement ses occupants.
Détruire l'obscurité. Sauver la lumière. Le sort se régénéra, et s'en prit ensuite à Pettigrew, absorbant son essence dans le vortex de lumière et de vent, alors qu'il survolait chaque pensée et chaque souvenir que Peter Pettigrew eut jamais eu, passant son jugement en se basant sur les principes d'Harry.
Harry assista à l'amour que Peter avait ressentit pour ses amis, l'espoir vain d'être comme eux, la peur, l'insécurité, l'échec, la torture que Pettigrew avait endurée entre les mains de Voldemort. La mort de Cédric l'avait si peu affecté alors. Qu'est-ce qu'un mort de plus représentait, au fond?
Alors qu'Harry se sentait submergé par la magie qui commençait à drainer le corps de Pettigrew, la main argentée de l'ancien Maraudeur commença à se désintégrer. Toujours chancelant après avoir assisté à la destruction brutale de Voldemort, aidée par Pettigrew, Harry sentit un moment de pitié, avant qu'il ne soit aussi absorbé. La main de Peter Pettigrew se dissolvait comme un château de sable détruit par la marée haute. La magie noire qui avait nourri la vie de Queudver depuis qu'il avait sacrifié sa propre main pour ramener Voldemort à la vie revint traverser le corps d'Harry, ainsi que ceux du groupe de gens le plus près.
Mangemorts et Aurors furent jugés sans distinction, leurs souvenirs, leurs vies défilant sous les yeux d'Harry alors que la magie utilisait ses propres expériences de vie pour différencier le bien du mal en chacun d'eux. Quelques Mangemorts survécurent, devenant généralement à peine plus que des cracmols. Bien d'autres moururent instantanément. Avec chaque bouffée de magie noire, le sort mortel devenait plus fort et allait plus loin, jusqu'à éventuellement toucher les Détraqueurs.
Harry sentit une puissante corruption polluée, passer près à court-circuiter son propre esprit, une magie si ancienne et noire qu'elle remontait au temps des fondateurs et bien au-delà. D'où venaient-ils? Il le sut aussitôt, et le savoir fut brûlé, effacé, alors que chaque personne, chaque créature que les Détraqueurs avaient jamais embrassées s'intégraient au sort. Obscurité. Lumière. Vie. Mort. Bon. Mauvais.
Trop. C'est trop. Laissez-moi. Les supplications d'Harry s'intégraient au sort aussi.
Le sort mortel atteignit ensuite Sirius, le souleva, les vrilles tourbillonnantes d'énergie parcourant son corps à la recherche de son esprit. Sirius ferma docilement les yeux, s'attendant visiblement à mourir, alors que des larmes ruisselaient sur son visage. Harry eut envie de rire lorsque le sort resta intact. Il n'y avait aucune magie noire en Sirius. Le sort comprit aisément ce que les Détraqueurs avaient fait, et ne le jugea pas pour cela.
Remus Lupin fut le suivant.
Non! Il n'est pas obscur! Vous devez comprendre !!! Harry chercha à arracher son esprit au cœur du sort, sentant ce qui allait arriver lorsque le sort mortel se saisit de Remus Lupin.
Le corps de Remus fut secoué, comme s'il était parcouru de chocs électriques, tandis que la magie examinait ses souvenirs, sa souffrance, et la malédiction qu'il avait dû endurer pendant tant d'années. La lutte d'Harry était inutile et il se sentit glisser au loin, ses propres pouvoirs se mélangeant avec ceux du sort mortel, sa propre essence se fusionnant avec la magie qui le contrôlait. Il n'était plus Harry Potter désormais. Il était la magie, et alors qu'elle passait son jugement sur Remus Lupin, il entendit son ancien professeur crier avec tant de douleur et d'agonie qu'Harry chercha à mettre fin au sort, à le rediriger vers lui-même pour y mettre fin une fois pour toute.
Non! Pas ça ! Il n'est pas obscur ! tenta Harry de nouveau, poussant chaque souvenir de la gentillesse, du souci, de la générosité, de la perspicacité et de la sagesse, dont le doux professeur avait jamais fait preuve, vers l'avant de son esprit afin d'être inclus dans les paramètres du sort. Mais sa voix fut perdue dans la bouffée de pouvoir qui le traversa alors que la magie noire de Remus était absorbée.
Encore et encore, le sort se poursuivit, gagnant en force à chaque trace de magie noire qu'il trouvait, jusqu'à ce qu'il n'ait étudié tout être vivant sur l'île d'Azkaban. Et encore, il ne cessa de chercher, de fouiller...
Harry sanglota en cherchant à manipuler les courants magiques... pour se tuer lui-même et ainsi mettre fin au sort, terrifié qu'il ne cesse jamais. Il ne supportait pas l'idée de Remus souffrant, et se détestait lui-même pour ce qu'il avait créé. Il savait que s'il mourait, le sort devait s'arrêter. Il tenta de s'ouvrir et de se livrer lui-même au sort mortel, jusqu'à ce qu'il ne reste de lui que son enveloppe.
Laissez-moi mourir. Laissez-moi mettre fin à tout cela!
Harry pouvait sentir Snape lui envoyer, avec désespoir, sa propre force, cherchant à le soutenir, et il fit tout pour bloquer cette force.
Ne me touchez pas! Laissez-moi aller! C'est bien au-dessus de nos forces, maintenant! tenta frénétiquement Harry de l'avertir.
Snape l'ignora, cherchant à forcer sa propre énergie dans le corps d'Harry. À ce moment, la magie sentit la présence de Snape et parcourut leur lien magique pour le toucher lui aussi, le jugeant comme les autres.
Arrêtez! Tout ce que je voulais était Voldemort ! Le sort est terminé ! Je vous en prie !
Lumière. Obscurité. La lumière pour l'obscurité ? L'obscurité pour la lumière ? Harry pouvait sentir l'agonie de Snape alors que le sort se nourrissait de leur lien.
Je suis si désolé, professeur. Je n'ai jamais voulu que cela arrive.
La magie s'arrêta, confuse, cherchant à déterminer à quel point Snape était obscur, et à quel point il tendait vers la lumière. Harry sentit la magie noire de Snape pénétrer douloureusement en lui, et de l'endroit lointain où il se trouvait, il se demanda s'il avait tué Snape comme il avait tué Remus.
Non. Pas comme ça. J'ai réussi. J'ai échoué. réalisa Harry alors qu'il perdit finalement conscience, la magie continuant de cheminer en lui, devenant lui, alors qu'elle cherchait encore plus d'obscurité pour se nourrir.
Quelque part au-delà de l'océan, où il n'y avait plus de sorciers ou de sorcières, ou encore de créatures magiques de quelque sorte, les derniers vestiges du sort mortel qu'Harry avait libéré lui revinrent d'un coup, s'attaquant violemment à son corps, n'ayant plus aucun autre endroit où aller.
Trop fort. Trop loin.
À un certain moment, pendant que le sort agissait, le corps d'Harry s'était soulevé avec les courants d'énergie, flottant à quelques pieds au-dessus du sol. Les restes calcinés de Voldemort tournoyaient paresseusement dans le vent de pouvoir qui tourbillonnait toujours autour de lui. Lorsque le sort cessa enfin, la lumière verte dans laquelle avait baigné la chambre s'évanouit, rendant la pièce soudainement très sombre. Harry sentit les dernières traces de magie le déserter. Il n'y avait plus rien à ramasser lorsqu'Harry atterrit lourdement sur le sol de pierre, perdu dans sa propre tête. Il avait été au-delà de ce que tout humain pouvait endurer. Les souvenirs de milliers de voix le noyèrent, et le reste de son énergie se retira aussi doucement qu'une légère averse.
Le cœur d'Harry rata quelques battements, et tout ce qui était magique autour de lui chancela et cessa de fonctionner pour un moment, la magie se réajustant. Barrières détruites, enchantements échoués. Le sort mortel était terminé. Son travail était complet. La magie lâcha prise sur Harry, et Harry cessa de respirer.
Harry lâcha prise, et chuta.
À suivre
*: Harry dit à Severus de briser le lien magique entre eux. Il dit donc: "Sever us". Ce qui signifie "sépare-nous", mais fait un jeu de mot avec Severus en même temps. Nous n'avons pas trouver d'équivalant en français donc nous l'avons laissé en anglais…
