Bonjour ! J'espère que vous allez bien :) Voici le nouveau chapitre, j'espère qu'il va vous plaire. Bonne lecture :)
Taraimperatrice: Merci beaucoup pour ta review ! Il est discret, il prend soin de vérifier les communications ahah ^^ Après le détraqué ne sait pas où ils sont et ce n'est pas comme si la ville où ils sont cachés était toute proche de Seattle. Puis concernant les rumeurs, si il y en a, il faudrait que les habitants de la ville connaissent Amelia pour ainsi prévenir les médias et de cette façon le détraqué puisse les retrouver et ce n'est pas le cas ^^ Bisous :)
Sauve-moi...
5 minutes de cuisson restantes.
Je jette un œil dans le four alors que je venais de finir la vaisselle.
J'entrouvre légèrement la porte du four et l'odeur qui s'en dégage me rassure aussitôt, de même que le gratiné qui commence à recouvrir le plat. Je n'avais pas refait cette recette depuis des années mais je n'en avais peut être pas perdu la maîtrise...du moins je l'espérais.
- Hum, ça sent bon par ici, qu'est-ce que c'est ?
La voix d'Amelia s'élève derrière moi et je referme aussitôt la porte du four en restant expressément devant pour lui cacher la vue. Je ne m'attendais pas à ce qu'elle fasse irruption soudainement alors qu'elle se reposait dans sa chambre. Je la croyais profondément endormie pendant sa sieste.
- Tu es réveillée...tu as pu dormir un peu ?
- Oui...mais je crois que la faim s'est rappelée à moi. Tu as cuisiné ? Me demande-t-elle tout en se rapprochant.
- Oui, on peut manger dans 5 minutes, c'est bientôt prêt...
- Et qu'est-ce qu'on mange ?
- C'est une surprise...alors tu ne regardes pas, et tu ne t'approches pas de ce four.
- Hum...je ne suis pas patiente tu sais, tu ne veux vraiment pas me le dire ? Insiste-t-elle doucement.
Je me sens presque fléchir mais je voulais ménager la surprise et la faire saliver un peu.
- 5 minutes, Amelia, c'est rien du tout...et si tu veux pour passer le temps, on a qu'à mettre la table.
- Si c'est vraiment 5 minutes, d'accord mais pas plus...
- Promis ! Allez, Mademoiselle, la nappe est là...reprends-je en lui tendant la nappe en dentelle que j'avais à portée de main.
- Bon, je n'ai pas le choix, non ? demande-t-elle avec un dernier regard.
Sa main se tend vers moi et ses doigts glissent sur les miens lorsqu'elle se saisit de la nappe. Dans un geste qui m'apparait presque effectué au ralenti alors que je ressens chaque millimètre de peau qui se connecte entre nous, l'espace de ces quelques secondes.
- Tu penses qu'on pourrait manger à l'extérieur ? Il fait encore chaud pendant ces soirées de juin et la lumière du jour n'est pas encore tombée...
- Oui, bien sûr, tu peux installer ça sur la terrasse face au lac, la table d'été est déjà en place.
Elle me sourit faiblement avant de s'éclipser de la pièce.
Elle était beaucoup plus bavarde depuis notre passage au marché du matin et j'appréciais de la voir ainsi...un peu plus vivante et souriante progressivement.
J'entends la baie vitrée donnant sur la terrasse s'actionner alors qu'elle passe à l'extérieur.
Je sors en parallèle la vaisselle des différents placards de la cuisine : assiettes, verres et couverts, je les empile et la suis vers la terrasse.
Quand je pose le pied à l'extérieur, Amelia est en train de finir de poser la nappe, la tirant légèrement pour qu'elle soit correctement positionnée sur la table.
Dès qu'elle a fini, je pose la vaisselle sur le tissu de dentelle et m'active à tout mettre en place.
Amelia repart dans la cuisine et j'entends bientôt sa voix s'élever.
- Il faut quelque chose de particulier pour ton plat ?
- Euh...oui...deux grandes cuillères et une spatule, tu trouveras ça dans le tiroir, du côté droit.
Je finis de mettre la table et reprends rapidement la direction de la cuisine.
Quand j'y pénètre à nouveau, Amelia est de dos mais pas vers le tiroir que je lui ai indiqué.
Elle est debout au milieu du grand buffet de la cuisine, le tiroir central ouvert...avec un objet dans la main.
Un cadre photo.
Ce souvenir que j'avais pris soin de cacher dans la précipitation de notre départ pour le marché.
- Amelia ?
- Ce sont tes parents ? Me demande-t-elle dans un murmure tout en se retournant avec le cadre photo dans la main.
Cette photo me frappe comme à chaque fois que j'ai pu la croiser du regard : une photo de famille avec mon père assis la guitare à la main, en train de jouer, et ma mère assise près de lui, les yeux fermés et la bouche ouverte, révélant que les notes s'échappaient d'elle pour se mêler à la mélodie de l'instrument. Et sur ses genoux, un petit garçon qu'elle tenait fermement contre elle, sa main droite contre son ventre.
Un petit garçon qui sourit largement en regardant sa Maman...comme émerveillé.
- C'est toi ? Me demande-t-elle rapidement en regardant toujours intensément la photo.
- Oui, c'est moi et ce sont bien mes parents, en effet. Mais repose ça tu veux bien...demandé-je d'une voix posée et douce.
Je m'approche d'elle tout en remarquant que quelque chose semble avoir capté son attention sur la photo. Je m'empare cependant du cadre et le replace délicatement dans le tiroir en le refermant aussitôt. Je me décale vers un autre tiroir et en retire deux grandes cuillères et la spatule que j'avais indiquée plus tôt.
- Tiens, j'apporte à boire.
Elle m'observe comme si elle souhaitait ajouter quelque chose mais elle reste silencieuse et suit mes indications sans broncher.
La sonnerie du four retentit dans la pièce m'informant de la fin de la cuisson...et que le repas était prêt.
Je glisse un œil dans le four et ce que j'y distingue me confirme que nous pouvons passer à table.
Je récupère une bouteille d'eau ainsi que la bouteille de vin que j'avais expressément demandé à Rosie de nous acheter et repars vers la terrasse. Je pose les deux bouteilles sur la table tout en cherchant le regard d'Amelia.
- Tu veux manger tout de suite, c'est prêt.
- Oui, si ça ne t'ennuie pas, j'ai vraiment faim...
- Pas de problèmes, assieds-toi, j'arrive avec ce qu'il faut.
Je retourne aussitôt dans la cuisine. Je finis d'assaisonner la salade que j'avais préparée par ailleurs, puis sors le plat du four à l'aide d'un torchon. Je reprends le saladier de ma main libre et porte avec empressement notre repas, en posant rapidement les deux plats sur la table.
Amelia est déjà assise comme je lui avais conseillé quand je retrouve l'extérieur.
Son regard scrute directement les éléments que j'apporte et j'observe fébrilement les réactions de son visage.
Mais pas d'expression particulière, ce qui me crispe fortement.
- J'avais remarqué que tu mangeais souvent italien chez toi...certes pas forcément...
Je m'arrête en pleine phrase lorsque je remarque son regard fixer le mien puis un sourire malicieux se dessiner sur ses lèvres.
- Je te fais marcher...j'adore les lasagnes, je ne suis juste pas douée pour les faire, j'ai jamais réussi à faire cuire des feuilles de pâtes correctement...
- J'espère qu'elles sont réussies alors...
- Ça sent très bon, alors j'en suis sûre...
Je m'assois en contournant la table pour me placer dos au lac, lui laissant le plaisir de contempler la vue.
- Tu veux un verre de vin ? Rosie a trouvé ton préféré...
- C'est gentil, mais je suis un peu fatiguée, je vais m'abstenir ce soir.
- Ok, on la garde pour plus tard, alors...tu veux un jus de fruits, peut être ?
- Non, ça ira, l'eau me va très bien, mais ne t'abstiens pas pour moi si tu veux ouvrir la bouteille.
- Non, on l'ouvrira ensemble.
Je me lève et approche le plat de lasagnes vers moi. Je commence à couper une part pour Amelia à l'aide d'un couteau et de la spatule. Je m'empare de son assiette et y place la généreuse portion que je venais de réaliser.
Elle récupère son assiette avec un grand sourire et je me sers une part en retour.
Je me rassies alors tout en lui tendant la salade et elle en accompagne ses lasagnes de trois cuillerées.
Je l'imite en en prenant cependant un peu plus, tout en retrouvant ensuite son regard alors qu'elle m'attendait.
- Bon appétit ! Me lance-t-elle avec une petite étincelle dans les yeux.
- Sois indulgente, ça fait des années que je n'ai pas recuisiné des lasagnes...
J'essayais de ménager son enthousiasme au cas où je me serais royalement planté, car c'est le type de plat qu'on ne peut pas vraiment goûter avant qu'il soit parfaitement terminé.
Je reste ainsi immobile, attentif à son geste et cette fourchette qui s'élève vers sa bouche.
Elle prend sa première bouchée et je remarque que mon souffle est suspendu à ce qui va suivre dans les prochaines secondes. Son regard se baisse vers son assiette brièvement puis elle le relève vers moi.
- C'est super bon...murmure-t-elle subitement.
- Vraiment ? Demandé-je un peu surpris par cet avis.
- Oui...je pense même que ce sont les meilleures lasagnes que j'ai jamais mangées...et fais moi plaisir, mange aussi !
Je lui souris en goûtant à mon tour ces fameuses lasagnes. Et je suis presque choqué par les saveurs qui me gagnent. Des saveurs qui me rappellent des souvenirs d'enfance, puisque cette recette était celle de ma mère, celle qu'elle avait pu cuisiner une multitude de fois pour le plaisir de mon père et de moi-même.
- Tu as mis des ingrédients particuliers, parce qu'il y a des saveurs vraiment spéciales...très agréables...j'aimerais beaucoup avoir ta recette...
- Et bien, il y a en effet quelques particularités...l'ajout de carottes que tu associes à la viande hachée et que tu déglaces avec du vin rouge. Ce qui permet de parfumer la viande. Pour la sauce tomate, l'indispensable basilic et un peu de sauge pour faire ressortir le goût des tomates et la béchamel, avec une petite pointe de parmesan et de ricotta...mais ce n'est pas moi qui ai imaginé tous ces petits secrets, car ce n'est pas ma recette...
Elle me regarde, intriguée, tout en continuant à manger.
- C'est la recette de ma mère...
- Et bien, elle est délicieuse, merci beaucoup de l'avoir utilisée...
- Content que ça te plaise.
- Un homme qui sait cuisiner, ce n'est pas si courant, réplique-t-elle dans un sourire.
- Je n'ai aucun mérite, je l'ai observée faire des dizaines de fois dans cette cuisine...
- Ici ?
Elle balaye les lieux du regard avant de me fixer à nouveau. Notre arrivée s'était passée dans un contexte tellement glacial que je n'avais même pas pu expliquer l'histoire de cet endroit...et ce qu'il représentait pour moi.
- Cet endroit est particulier...c'est la maison de vacances où je venais avec mes parents...un endroit dont mes parents sont tombés amoureux quand ils se sont rencontrés et qu'ils ont décidé d'acheter...c'est mon père qui a construit ce chalet...j'ai passé de nombreux moments en famille ici...et même plus récemment...c'est un endroit qui a le don de m'apaiser.
- C'est donc pour ça que les vêtements que j'ai trouvés sont ceux de ta mère...que cette photo était dans le buffet...que tu sembles si bien connaître la région...
J'acquiesce de la tête, sans en dire plus, je n'avais pas forcément envie de m'étendre longuement sur le sujet. Je voulais qu'elle ait conscience de l'importance de cet endroit mais me remémorer trop de souvenirs n'était pas mon objectif.
- C'est magnifique ici...je comprends pourquoi tes parents ont craqué sur cet endroit.
Je relève le regard, surpris en l'entendant pour la première fois dévoiler ce qu'elle pensait, reconnaissant que la beauté du lieu la touchait un peu. C'était un commentaire bref, mais tellement important pour moi, car il prouvait qu'elle était de nouveau sensible à ce qui l'entoure...qu'elle sortait ainsi de son mutisme et de son indifférence des derniers jours.
- J'aimerais bien avoir un endroit comme celui là...pour retrouver la paix quand ça ne va pas...pour puiser de l'énergie dans des souvenirs, dans les origines de tant de choses.
- C'est pour ça que je t'ai amenée ici...pour que tu te ressources, et tu pourras revenir ici tant que tu voudras...
Je jette un œil à son assiette et je découvre qu'elle a déjà fini les ¾ d'une part que je pensais presque trop grosse pour elle, vu ce que j'avais observé de son appétit des tous derniers jours.
- Ça me touche beaucoup. Que tu m'ouvres les portes d'un lieu si personnel, rempli de beaucoup de souvenirs pour toi...
Je perçois son regard un peu plus perçant comme si elle voulait trouver une réponse à une question qu'elle n'ose pas me poser.
- Tu es en sécurité ici...c'est le plus important pour moi...
J'en termine avec ma dernière bouchée et la retrouve face à moi, postée face à une assiette vide...le premier vrai repas qu'elle finissait depuis l'accident.
- Tu en veux un peu plus ? Il en reste encore pas mal..
Son regard dérive entre son assiette et le plat quelques instants.
- Ce ne serait pas raisonnable. Ma silhouette ne le supporterait pas, répond elle en baissant les yeux sur elle.
- Tu n'as pas de soucis à te faire de ce côté-là, crois-moi...
Elle relève la tête directement puis reprend la parole.
- Non, je vais arrêter là, je vais être malade si je mange autant d'un seul coup...
- Ok, pas de soucis...et tu verras que c'est presque encore meilleur « réchauffé ».
Je reprends le plat des mains et me dirige vers la cuisine. Je remets les lasagnes dans le four après les avoir recouvertes d'une feuille d'aluminium. J'ouvre ensuite le frigo pour y récupérer la dernière partie du repas.
Je retrouve la terrasse en quelques pas et m'annonce à nouveau à Amelia.
- Rassure-moi, tu as encore une toute petite place ? Ce serait dommage de ne pas goûter au dessert.
Je pose le paquet détenu dans ma main sur la table tout en lui souriant. Un carton de couleur rose, sur lequel on pouvait lire l'adresse d'une pâtisserie.
- C'est une spécialité de la région ?
- Non, pas vraiment...
- C'est un dessert de saison ?
- Non plus mais dis moi tu veux jouer aux devinettes maintenant ? Allez, ouvre et tu verras bien...réponds-je en souriant.
Elle découvre finalement le paquet et retrouve mon regard aussitôt.
- Pour ça, j'ai toujours une petite place ! Réplique-t-elle en se saisissant d'une part de cheesecake à la vanille.
Je choisis à sa suite une part de cheesecake au chocolat et je la regarde avec plaisir, alors que des airs de petite fille dansent furtivement sur ses traits...et illuminent un peu plus la scène devant moi.
Nous finissons notre dessert en silence, nos seuls regards pour expression entre nous.
- Encore faim ? Lui lancé-je pour la taquiner.
- Je suis rassasiée pour une semaine ! Tu remercieras le cuisinier, réplique-t-elle dans un sourire. Plus sérieusement, merci beaucoup d'avoir fait tout ça pour moi...c'était très bon, avec toutes les choses que j'aime.
Elle conclut sa phrase dans un ton plus doux et plus faible qui m'interpelle...qui me laisse songeur sur la façon d'interpréter sa remarque.
Je ne m'appesantis pas sur ce léger trouble et me lève pour débarrasser la table.
- Je vais t'aider, tu as tout fait...
Je la laisse me suivre avec la deuxième partie des couverts dans ses mains.
Nous déposons toute la vaisselle dans l'évier.
Je distingue Amelia qui relève les manches de son léger pull dans l'angle de mon champ de vision, prête à s'atteler à la tâche.
- Je ferai la vaisselle demain, la journée a été longue...
- Tu es sûr ? Je peux t'aider, ça ira plus vite...
- Oui, ne t'inquiète pas...
- Ça t'évitera d'avoir à faire ça en te levant...
- Ça ne me dérange pas, n'insiste pas vraiment, ce n'est pas un problème...et tes yeux se plissent déjà d'eux-mêmes...
Je la guide d'une main dans le dos et nous retrouvons le salon.
Je la sens se crisper sous mes doigts alors qu'on se rapproche des escaliers.
- Attends...je suis...
- Qu'est-ce qui se passe...tout va bien ?
On s'arrête en plein milieu du salon et je passe devant elle, sa tête baissée me cachant son visage.
- Amelia, qu'est-ce qui ne va pas ? Lui demandé-je avec la voix la plus douce possible.
Son visage se relève au bout de quelques instants et je suis frappé par l'expression qui y a pris place, une tristesse et une pointe de terreur.
- C'est le moment que je redoute...quand la nuit arrive, quand je me retrouve seule...avec ces images qui me torturent...
Malgré l'apparente détente qu'elle avait affichée pendant le repas, la douleur était toujours là. Elle semblait aller mieux, elle avait presque réussi à me convaincre durant ces dernières vingt quatre heures qu'elle avait déjà repris le dessus. Mais c'était prématuré de penser que la douleur s'estompait déjà si vite et qu'elle était moins vive. Elle se rappelait toujours à elle dès que ses paupières se fermaient. Je commençais à me demander si elle ne m'avait pas menti en me disant qu'elle avait réussi à dormir dans l'après-midi.
- Pourtant, la fatigue est bien là, je le lis sur ton visage.
- Oui, mais je n'arrive pas à passer outre toutes ces choses qui défilent dès que je ferme les yeux...et ce vide qui me paralyse presque.
Je la regarde et je comprenais trop bien ce qu'elle exprimait, j'avais connu ces mêmes phases après certains événements traumatisants de ma vie...
- Et...le plus perturbant c'est que je ne sais pas si je vais retrouver la paix un jour...si je vais retrouver l'envie d'avancer, de continuer...je ne sais pas à quoi me raccrocher...
Elle développe ses pensées péniblement alors que les sanglots se mêlent entre les mots.
- Toi, tu as des souvenirs...des lieux comme celui là qui marquent ton histoire...moi, je n'ai rien...
L'émotion et le désarroi gagnent alors la lutte et elle fond littéralement en larmes devant moi.
Mon cœur se serre en la voyant craquer ainsi, avec cette désagréable sensation d'impuissance qui m'assaille à nouveau.
- Amelia...
Seul son prénom parvient à fendre mes lèvres.
Mais rapidement, c'est un autre sentiment qui me gagne : cette impuissance je veux la balayer...
Je m'approche ainsi d'elle et glisse mes mains contre sa taille pour la ramener vers moi.
Elle garde sa tête baissée quelques secondes, mais elle réagit rapidement et accueille les bras que je lui offre. Mais elle ne fait pas que les accueillir : je sens ses mains s'élever et se caler derrière mon cou et elle me serre de toutes ses forces, s'accrochant littéralement à moi.
Sa réaction et la force qu'elle manifeste me surprennent mais je la serre en retour, baissant ma tête contre elle.
- Ça va aller Amelia...tu vas te relever...je le sais, tu es forte...
- Je ne sais pas si je vais y arriver cette fois, réplique-t-elle faiblement contre mon oreille. C'est comme si je dérivais petit à petit...que je me perdais...après avoir tout perdu.
Je marque une pause pour préparer mes mots.
- Tu n'as pas tout perdu...April t'attend et a besoin de toi. Et ta musique...et tous tes fans à qui tu apportes tellement de jolies choses, tu sais illuminer la vie de tellement de personnes. Tu le dois pour eux, pour chacun d'entre eux.
Le silence s'installe brièvement et je perçois sa respiration se calmer et ses pleurs s'estomper progressivement.
- Et malgré ce que tu peux penser, tu n'es pas toute seule...on va y arriver ensemble...
Je fais aller et venir mes mains dans son dos comme pour lui faire entendre mes mots, les faire sonner comme une certitude.
- Tu peux te reposer sur moi...laisse moi t'aider...je suis là pour toi...
Je sens sa tête remuer pour marquer son approbation.
Mais ce sont ses mains qui s'agrippent un peu plus à moi, qui me donnent le signal le plus fort.
Comme un appel à l'aide : celui d'une naufragée qui se retient à sa bouée de secours.
Mes bras la retiennent fermement, pour la rassurer silencieusement.
Pour lui prouver que je n'allais pas la lâcher dans la tempête.
J'allais maintenir sa tête hors de l'eau et la ramener sur la terre ferme.
A l'abri.
De retour à la vie.
