Bonjour, bonjour ! Et désolée pour le retard, j'avais laissé une note sur ma page de profil pour expliquer que ça allait être difficile de poster à cause des révisions et du travail à faire pour le lycée. De plus, j'avais perdu de l'avance dans l'écriture de mes chapitres et j'ai voulu en regagner un peu pour ne pas réduire encore l'écart. J'espère pour certains que vous passez de bonnes vacances (bande de chanceux) et pour d'autres un bon week-end de Pâques. Voilà, voilà, fini le blabla, j'imagine que vous avez hâte d'en savoir plus sur la situation de nos héros.
Attention, ce chapitre comporte des passages pouvant heurter la sensibilité du lecteur. Vous êtes prévenus.
Un gros merci à Marina, cat240, Melfique, Amandine Valentine mais aussi à Skouare Enix (les jeux vidéos c'est le bien) pour leurs reviews qui m'ont sacrément mise aux anges ! Continuez à faire toutes vos suppositions, je m'éclate vraiment à les lire (et je ne dis pas ça pour me moquer, je suis vraiment super heureuse de vous voir aussi impliqué(e)s) !
Chapitre 37 – Questions et réponses
-Que voyez-vous ?
-La corruption, la jalousie et la soif de pouvoir. La cruauté et la froideur. Une curiosité perverse et inquisitrice. Une méchanceté pure, venimeuse et toxique. Jamais depuis votre plus jeune âge vous n'avez fait preuve d'une once de compassion, de sympathie ou de gentillesse sans calculer ce que cela pouvait vous rapporter en retour. Vous avez torturé et tué sans remords ni hésitation ; vous avez trahi et intrigué, et vous avez tiré fierté de votre duplicité. Vous êtes un cloaque d'obscénité morale.
A la Croisée des mondes – Le Miroir d'Ambre – Philip Pullman
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« L'enfer est pavé de bonnes intentions. »
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Il lui semblait que la journée n'allait jamais se terminer. Ted s'assit, las, sur une chaise que venait de faire apparaître Neville à son intention. Tessa, quant à elle, se positionnait près de l'entrée de la tente, dans une attitude pensive.
Meryl avait disparu. Et elle n'était pas seule. Brian, le jeune homme affecté au titre de garde du corps de la jeune fille, était lui aussi parti sans laisser de trace. Rien ne semblait expliquer cette escapade subite, si tant est qu'on pût la qualifier ainsi.
Ted soupira. Tout allait de mal en pis. Le campement était pourtant étroitement surveillé, personne n'aurait pu en sortir ni transplaner d'ici. Et Meryl ne savait pas transplaner, pas plus que Brian qui était un Moldu.
Pourtant les sentinelles avaient détecté la présence d'un Portoloin, et c'était ce qui les avait alertés sur la disparition des deux jeunes gens. A l'heure qu'il était, nul ne savait où ils se trouvaient, c'était de loin la pire des mauvaises nouvelles, puisque Meryl était jusqu'ici un otage important pour le clan des Rebelles…
Neville le premier avait laissé éclater sa colère, mais avait été forcé de constater que toutes les conditions avaient été mises en place pour empêcher Meryl de s'échapper – mis à part le fait que son cerbère eût été un Moldu, il eut été plus judicieux de la placer sous la surveillance d'un sorcier. Personne n'était fautif dans l'affaire, les conditions seules restaient trop nébuleuses pour désigner un coupable.
Ted n'osait y croire. Meryl partie, disparue, c'était comme s'il y avait un grand vide en dedans de lui, en plus de l'absence cruelle de Katie qui avait considérablement changé depuis la dernière fois qu'il l'avait vue. Meryl était son ennemie, à l'origine, mais il se sentait comme trahi qu'elle l'eût laissé ainsi, sans laisser la moindre trace.
A cause de tout cela, il avait fallu un certain temps avant que Tessa, Neville et lui cherchassent à s'isoler pour lui donner les explications dont il avait besoin. Puisque personne ne savait rien au sujet de Meryl, il valait mieux détourner les pensées de Ted vers un sujet aussi important : les projets de Theodore Nott concernant Katie.
A force de ressasser, Ted comprenait progressivement ce que toutes les dernières révélations signifiaient, et pourtant, il se refusait à voir la réalité en face. Malgré tout ce qu'il savait grâce à Tessa, sur l'immoralité sans nom de cet homme et la cause de l'état actuel de Katie – la directrice du Pensionnat, morte ? Voilà au moins une bonne nouvelle dans la journée ! -, il voulait encore se dire que ce type n'était qu'un sale pervers qui avait abusé de Katie pour son seul plaisir et non pour servir un projet bien précis. Réduire Katie à l'état d'objet lui semblait impossible et risible. Elle avait toujours été une fille forte et douce, qui méritait un sort bien meilleur malgré tout. Il l'avait admirée et avait même eu le béguin pour elle à un moment de son adolescence où il avait besoin d'un exemple à suivre. Et Katie n'était à présent plus que l'ombre d'elle-même. Une poupée de chiffons…
Ce Mangemort devait le payer. Il n'avait jamais connu Katie telle qu'elle était, et il n'avait donc pas le droit de la rabaisser ainsi, de l'insulter d'une manière aussi vile et triviale en la prenant pour son jouet, un objet, et même pire : comme il l'avait déjà insinué, un animal. Elle valait mieux que cela, et il fallait faire comprendre à cet homme qu'il n'était même pas digne de lui cirer les bottes.
« Bien, par où commencer… » commença Tessa, en guise d'introduction, en lorgnant Neville du coin de l'œil tandis que celui-ci paraissait réfléchir. Il était déjà travaillé par les derniers évènements et semblait avoir du mal à trouver un fil conducteur pour s'expliquer vis-à-vis de Ted.
« Nous en étions à… Nott, dit finalement ce dernier, d'un ton hésitant.
-Et ses cochonneries avec la petite Katie, » appuya Tessa, non sans un soupçon d'humour noir.
Neville lui lança un regard noir et elle soupira, avant de continuer :
« Je vais aller droit au but, gamin, sans te ménager. De toute façon, à ton âge on est au courant de ce genre de choses, à moins qu'on ait oublié de te l'enseigner tout ce temps – c'est vrai qu'ils veulent à tout prix que certains d'entre vous évitent se reproduire, n'est-ce pas ? Je pense que tu le savais déjà, ta Katie est devenue le jouet sexuel de Theodore Nott. »
Ted ne réagit pas. Les mots semblaient passer au-dessus de lui, comme s'il cherchait à tout prix à se fermer à la douleur qu'ils lui causaient…
« Ce que moi, j'ai deviné, c'est qu'il ne le fait pas par simple plaisir personnel comme d'autres de ses camarades le feraient ; il sait que c'est passible de mort, et c'est bien pour ça qu'il essaie d'éviter que ça se sache. D'un certain point de vue, on a un avantage sur lui, on pourrait user du chantage pour éviter qu'il nous fasse du tort. Seulement, aujourd'hui, il nous a attirés dans une embuscade. Dans le but de nous proposer un marché : unir nos forces et le laisser faire ce qu'il a à faire avec Katie, parce qu'il croit dur comme fer qu'elle pourrait contribuer à un plan pour anéantir le Seigneur des Ténèbres. Quel est ce plan, au juste ? Eh bien, avec tous les indices qu'on a récoltés, j'ai comme l'impression que cela a un lien avec une vieille prophétie oubliée de tous…
-Comme celle qui devait confronter Harry au Seigneur, il y a quinze ans… murmura Neville.
-Exact. Je dirais plus précisément : une prophétie liée aux mythes merliniens. »
Le chef des Rebelles la vrilla d'un regard interrogateur.
« Encore ça ?
-Oui, encore ça. Tu te souviens du mot de passe de sa bibliothèque ? Du rôle que tient Ygerne dans ces légendes ?
-Je ne savais pas qui était Ygerne jusqu'alors.
-Ah, c'est vrai, ignorant… Ygerne était la mère du fameux Roi Arthur, celui qui pendant longtemps fut considéré comme le roi légendaire de la Grande-Bretagne, ayant vécu au temps des Quatre Fondateurs de Poudlard… Il était l'élu même qu'avait désigné Merlin pour succéder à son père, Uther Pendragon. Il est mort dans une bataille qui l'a opposé à son fils illégitime, Mordred, et envoyé plus tard sur l'île Avalon où depuis lors, il attend son heure…
-Il attend… son heure… murmura Ted.
-Oui. Dis-moi, Teddy, veux-tu que je te raconte l'histoire de sa naissance ? »
Il y eut un moment de silence, auquel Ted ne sut que répondre, puis Tessa commença son récit :
« C'était il y a longtemps, beaucoup plus de mille ans, me semble t-il. Uther Pendragon, son père, était alors Roi de la Grande-Bretagne. On disait qu'il avait accompli de nombreux exploits, dont celui d'évincer son oncle du trône dont il était le possesseur légitime. Il était tellement orgueilleux qu'il s'est cru alors tout permis. De ce fait, lorsqu'il est tombé amoureux de la duchesse de Cornouailles, prénommée Ygerne, il n'a pas pris conscience du danger que cela impliquait pour son royaume. Le mari, Gorlois, lui déclara la guerre pour outrage à son honneur. Ygerne, qui savait qu'elle était l'objet de la convoitise d'Uther, ne vouait fidélité qu'à son époux, et elle accepta de se reclure dans un château le temps que le conflit s'achève, pour lui échapper. Seulement, Uther, prêt à tout pour obtenir ce qu'il désirait, a réclamé l'aide du plus grand magicien connu en cette époque, qui avait lui-même fait ses études à Poudlard dans la maison de Serpentard : Merlin. Lui-même élève des Quatre Fondateurs, Métamorphomage reconnu…
-Il était Métamorphomage ? réagit Ted, abasourdi.
-Oh que oui. Et tu verras que son don lui a servi par la suite, et lui a ouvert un champ de possibilités bien plus grand que toi et moi n'en aurons jamais… Je continue. Il a fait part de sa déconvenue à Merlin et de son amour fou pour Ygerne. Merlin, qui devinait l'avenir et savait à quel point il était important d'assurer une descendance à Uther, a accepté de lui venir en aide. Il lui a alors fait part de son plan : une nuit où une bataille décisive aurait lieu, il ferait boire une fiole équivalant au Polynectar à Uther qui le ferait alors arriver à Ygerne sous l'apparence de Gorlois, afin de pouvoir la berner et passer du bon temps avec elle… Finalement, lorsque la bataille se fut achevée au petit matin, et qu'Uther fut parti à temps pour éviter que le pot aux roses soit découvert, l'on apprit la mort du duc de Cornouailles… Et Ygerne comprit immédiatement qu'elle avait été trompée, abusée. On dit qu'elle n'a jamais su l'identité de l'imposteur qui s'était fait passer pour son mari, mais de ce côté j'en doute fort. Lorsqu'elle s'est aperçue qu'elle était enceinte, elle savait pertinemment que le père n'était pas son mari. Elle a alors été forcée d'accorder sa main à Uther pour ne pas sombrer dans le déshonneur. Les deux parents d'Arthur se sont finalement trouvés réunis, et leur enfant est né après toutes ces péripéties. Merlin avait soi-disant programmé sa naissance en sachant à l'avance les grandes lignes de sa destinée. »
Face au silence qui s'installa, elle ricana :
« Je sais que je suis sans nul doute une mauvaise conteuse. S'il y a des points à développer…
-Et donc, ce qu'a l'intention de faire Nott… C'est la même chose qu'Uther ? demanda Ted, avec lenteur.
-A peu de choses près… Et tout seul. Il a juste réuni les conditions nécessaires pour permettre de répéter les évènements…
-Et donc, Katie… Katie est…
-La nouvelle Ygerne. Du moins celle dont il espère qu'elle mettra au monde un enfant mâle capable d'incarner le Roi Arthur. »
C'était trop dur à supporter pour le jeune homme. Il plaqua une main devant sa bouche et se pencha, agité de haut-le-cœur. Pressentant le danger, Neville fit apparaître un seau qu'il plaça juste sous son nez. L'instant d'après, ses vomissements se faisaient entendre dans toute la pièce.
« Je sais, c'est immonde, » soupira Tessa, en évitant de regarder le spectacle peu ragoûtant qu'il offrait.
La crise de Ted achevée, ce dernier prit avec reconnaissance la serviette qu'on lui offrait pour s'essuyer la bouche et, tout en gardant le seau sous la main car se sentant malgré tout faible, il se prépara avec courage à écouter la suite. Malgré sa répulsion, il était concentré.
« Et comment peut-il envisager cela sans avoir de preuves ?
-Ceux qui s'appuient sur des légendes pour justifier des faits sont des fous, c'est bien connu. En l'occurrence, j'imagine que dès le départ Nott a eu envie de se débarrasser du Seigneur parce qu'il a compris que ce dernier ne servirait pas ses intérêts.
-Ou qu'il était simplement ce qu'il a mentionné : un pion, fit Neville. Nott a toujours été un grand solitaire, toujours à comploter dans son coin. Ce n'est pas un Serpentard pour rien, et de surcroît le fils d'un Mangemort. Il pense sans doute que Vous-Savez-Qui lui fait de l'ombre. Pourtant, cela ne lui a jamais déplu d'être au second plan, ignoré autant que possible de tous. »
Tessa eut un sourire sardonique.
« Tout ça, il faudra qu'il nous l'explique par lui-même. Moi, j'ai déduit le plus évident, ma tâche s'arrête ici. Du moins, il reste encore à interroger la petite jeune qu'on a ramenée du manoir, avec sa mioche. Qu'en pensez-vous ?
-Dès que possible, nous le ferons… Lorsqu'elles seront remises du choc. »
Ted ne disait plus rien. Il comprenait un peu mieux certaines choses, mais il se sentait toujours écœuré par les actions de Nott. Il se demandait si la race humaine était condamnée à agir ainsi ; toujours à accomplir le pire, du moment que cela servait ses intérêts. N'y avait-il donc jamais de meilleure solution ? Un moyen d'épargner des innocents en faisant profiter le plus grand nombre ? Évidemment, cela n'était pas possible. Il frémit. Il savait qu'à vouloir faire au mieux, on ne s'apercevait souvent pas que l'on empruntait le mauvais chemin.
~oOo~
Frissonnante, Meryl prit place au coin du feu, enveloppée dans un drap chaud qu'avait fait apparaître magiquement leur mystérieux sauveur. Ils avaient trouvé refuge dans une forêt, après s'être suffisamment éloignés de la vieille bâtisse où avait vécu, tout ce temps, la dénommée Anita, la jeune fille à la longue robe blanche et aux yeux écarlates que l'on surnommait aussi « la Princesse ». Celle-ci s'était assoupie dans les bras de Brian, qui l'avait portée tout ce temps pour éviter qu'elle ne gelât ses pieds nus en marchant dans la neige. En cet instant, la considérer comme dangereuse était pour Meryl une chose absurde, tandis qu'elle la regardait, enveloppée dans une couverture. Ses yeux papillonnaient de temps en temps sous l'effet d'un rêve. Seule sa peau pâle lui donnait une étrange allure fantomatique à la clarté du feu. Brian se tenait près d'elle, n'osant la toucher, mais la tenant à l'œil comme si elle pouvait se réveiller et les agresser subitement.
L'homme était parti chercher de la nourriture. Elle soupira. Au départ, ni elle ni Brian n'avaient réussi à lui faire confiance. Il refusait catégoriquement de décliner son identité, et s'était à peine enquis de celle de Brian, n'ayant d'intérêt que pour Meryl dont il connaissait déjà le nom. Ce fait la rendait mal-à-l'aise. Elle ignorait ce que cet homme pouvait bien savoir d'autre à son sujet.
Finalement, après tergiversations, Brian s'était porté volontaire pour porter Anita, qui, dans sa tenue, ne pouvait supporter une marche dans la neige. Elle avait éclaté de rire comme une enfant lorsqu'il l'avait soulevée dans ses bras, accrochant ses bras autour de son cou. Ce contact avait légèrement fait rougir les joues de Brian, qui avait évité de la regarder dans les yeux – leur couleur le dérangeant déjà suffisamment. L'homme s'était contenté de les observer sans faire le moindre commentaire, avant de les inviter à le suivre.
Après une marche qui les avait rendus fourbus, ils s'étaient finalement arrêtés ici, et attendaient le retour de leur guide afin de tirer une fois pour toutes les choses au clair.
Meryl ne pouvait savoir quelle serait la suite des évènements, ni ce qu'avait l'intention de faire l'inconnu encapuchonné. D'où venait-il ? Comment avait-il réussi à passer les frontières ? Il avait assuré que beaucoup de sortilèges avaient été mis en place pour empêcher quiconque de jamais découvrir cet endroit. S'il s'agissait d'un fief du Seigneur en personne, alors il y avait une raison à ce qu'il fût soustrait aux regards trop curieux.
Elle entendit des pas dans la neige et leva la tête. Brian fit de même. Leur homme revenait, faisant léviter des lapins morts dans leur direction.
« En hiver, par ce temps, les animaux hibernent ou restent à l'abri avec leurs provisions, expliqua t-il. Mais avec les charmes adaptés, il y a moyen de les attirer afin de mieux les capturer, c'est l'un des avantages d'être un sorcier. »
Ceci dit, il s'accroupit et commença à préparer les proies avant de les mettre à cuire. Meryl le regarda faire non sans dégoût. Il ne prenait pas la peine de se salir les mains, se contentant d'agiter sa baguette pour ouvrir le ventre des bêtes et retirer leurs boyaux.
« Bien, je pense qu'il est grand temps de nous expliquer, à présent. Ce ne sont pas les questions qui manquent. Mais sachez toutefois que je ne saurais répondre à la plupart, à commencer par ce qui me concerne. Vous le saurez en temps voulu, de toute manière.
-Pourquoi faire tant de mystères ? » demanda Brian.
L'autre l'ignora superbement.
« Comment êtes-vous parvenus à entrer dans le domaine ? » tenta alors Meryl, la voix vacillante.
L'inconnu fit passer un temps, avant de finalement soupirer.
« C'est une longue histoire. Elle a en grande partie à voir avec moi. Mais je peux en raconter une partie, et notamment expliquer ce qui m'a permis d'y pénétrer. Les lieux sont très protégés, Tu-Sais-Qui seul a le pouvoir de permettre à quiconque d'entrer.
-Cela veut dire que c'était une demeure sous Fidelitas ?
-Pas exactement. C'est autre chose d'équivalent. Cela a rapport avec une magie que trop ont tendance à oublier, mais que Tu-Sais-Qui a remise au goût du jour voici plusieurs années.
-De quoi s'agit-il ?
-Une magie spéciale, je ne peux pas préciser immédiatement laquelle. Seulement, Meryl… Ton médaillon, celui que tu as autour du cou, en contient un élément à l'intérieur. C'est ce qui t'a permis d'entrer en ces lieux. »
Surprise, la jeune fille plongea la main dans le décolleté de son manteau bleu et en sortit le pendentif, qu'elle examina attentivement. Ainsi donc la clé était à l'intérieur ?
« Et Brian, alors ? Je l'ai fait entrer de moi-même…
-Il n'avait pas été convié, à ce que je vois, ricana l'autre. Mais tu l'as incité. C'est une faille importante dans la protection du Seigneur : n'importe qui peut obliger une tierce personne à pénétrer dans la zone. Seulement, certains paramètres sont essentiels pour prévenir tout incident regrettable. Quel moyen as-tu utilisé pour l'emmener avec toi ?
-Elle m'a lancé un sort de pétrification, répondit Brian, l'air boudeur. A partir de là je n'ai pas eu trop le choix.
-C'était dangereux. Tu aurais pu le tuer de cette façon, s'il n'avait pas été aussi ouvert d'esprit. Un Moldu ordinaire, qui n'a jamais cru à la magie, n'aurait simplement pas supporté que ses croyances s'écroulent. Cela a une grande influence sur la psychologie.
-Oh… Je suis désolée, murmura Meryl.
-C'est rien, va, dit Brian, avec un sourire crispé. Sans ça je ne serais pas là maintenant. Puis, je dois avouer que la partie de cache-cache m'a bien plu, finalement. »
Il souhaitait plaisanter, mais sa blague ne porta pas. L'homme ne disait rien et Meryl gardait les yeux baissés, hantée par ses souvenirs.
« … Oui, bon, il y avait l'autre guignol qui a bien failli nous avoir, mais on a eu plus de peur que de mal, finalement. Et on a rapporté une princesse zombie avec nous, se rattrapa t-il, en effleurant les cheveux d'Anita de sa main droite. Celle-ci chuchota quelques mots dans son sommeil, le faisant sursauter.
-Le guignol s'appelait-il Drago Malefoy ? s'enquit en souriant légèrement l'homme, tandis qu'il terminait son œuvre avec les lapins.
-Euh… Nous n'en savons rien. Il était blond, pâle, avec les yeux gris…
-C'est donc lui. »
A cet instant précis, les souvenirs revinrent assaillir Meryl. Elle se rappela du moment où il l'avait appelée involontairement « mère ! » et de sa confusion à elle…
« A quoi penses-tu, Meryl ? »
Elle sursauta, et se raidit, méfiante. Lisait-il dans ses pensées ? Il n'avait pourtant pas croisé son regard…
« A rien de spécial. Rien qui vous concerne, en tout cas. »
Sa réponse, effrontée, le fit davantage sourire.
« Tu as du répondant, c'est une bonne chose. De plus, tu as bien raison de ne pas accorder ta confiance aussi facilement… »
Elle resta sur ses gardes, scrutant ses moindres mouvements.
« Que savez-vous de moi, au juste ? »
La question, une fois de plus, amena un silence, un de ceux qui pouvait aussi bien ne pas laisser de réponse.
« Ce que j'entends sur toi, Meryl. Que tu es une personne de très grande importance pour le Seigneur, que tu possèdes sans nul doute un pouvoir spécial… Et que tu es de sang-mêlé, née de parents inconnus. C'est le plus grand déshonneur pour la société sorcière, en plus d'être né Cracmol ou Sang-de-Bourbe. Ton nom est Greylord, je trouve cela assez ironique en regard de la situation. Mais après tout, ce n'est sans doute qu'un hasard…
-Que voulez-vous dire ?
-Réfléchis à l'étymologie de ton nom de famille, Meryl. Beaucoup douteraient que ce soit vraiment le tien, en fin de compte.
-Vous voulez dire qu'il pourrait très bien être factice ? intervint Brian.
-Non, c'est faux ! »
Un nom faisait toute une identité, et permettait à celui qui en possédait un de se sentir humain à part entière. L'idée que le sien n'eût été qu'un vaste mensonge insupportait Meryl, qui, malgré le déshonneur qu'il engendrait, était son appui, son moyen de reconnaissance. Elle s'appelait Greylord et c'était ainsi qu'elle continuerait de vivre jusqu'à sa mort, quand bien même elle se marierait – si elle se mariait, son sang impur pouvant répugner les hommes.
« Je comprends, Meryl, et je te rassure : je ne dis pas qu'il est factice. Il fait ce que tu es, après tout. Mais il peut aussi concerner autre chose, ce n'est peut-être pas un coup du sort qui t'a amenée à t'appeler ainsi. Greylord est peut-être la preuve que tu peux faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre. En clair… Tu es la juge, et tu as le pouvoir de soutenir une cause ou une autre. Le gris est le juste milieu, après tout. »
Les mots traversèrent l'esprit de Meryl qui écarquilla les yeux, soudain effrayée par leur signification. Elle ne pouvait pas accepter cela, non…
« C'est n'importe quoi, cracha t-elle. Un nom est un nom, il ne veut rien dire de particulier. Miss Goldheart n'était pas une tendre, après tout, songez-y.
-Goldheart ? interrogea l'inconnu.
-La directrice du Pensionnat des Enfants de Rebelles où j'ai travaillé. »
Elle réalisa un peu tard qu'elle venait déjà de trop en dire. Ce n'était vraiment pas la peine… Mais son interlocuteur ne s'attarda pas plus longtemps sur le sujet.
« Bien, alors, » fit-il, tandis qu'il enfilait les lapins l'un après l'autre sur une broche.
Le silence s'installa et une fois celle-ci cuite, ils commencèrent à manger leur viande, tandis qu'Anita dormait encore, sa tête seule émergeant de la couverture chaude qu'on lui avait donnée. Elle avait l'air heureuse, comme toujours, et le rêve qu'elle faisait, à entendre ses soupirs et à voir son sourire, était sans nul doute agréable.
Elle a l'air d'une petite fille, et pourtant… Elle est plus âgée que moi, ça se voit, songea Meryl. Elle me fait presque peur, on dirait qu'elle a un retard mental.
L'homme leva la tête et suivit son regard.
« Elle est différente, certes, répondit-il, en écho à sa pensée. Mais elle n'est pas attardée. Elle a seulement reçu une éducation qui l'empêche de raisonner comme toute jeune femme de son âge. Ainsi infantilisée, elle est plus facilement manipulable.
-Comment savez-vous tout ça ? » demanda abruptement Brian.
Comme les yeux de Meryl posaient la même question, l'autre soupira :
« Malheureusement, de trop longues années à en connaître un rayon sur le Seigneur et les dictatures d'antan m'ont appris à repérer les stratégies d'un despote. Souvent, ce dernier use de moyens draconiens pour amener ses sujets à se soumettre et le suivre sans acquérir aucune capacité de réflexion. Évidemment, vous ne vous en rendiez pas compte, toi et tes camarades de Pensionnat, mais vous étiez sous l'emprise totale de son pouvoir, et vous n'aviez aucun moyen de vous instruire autrement que dans les cours que l'on vous faisait suivre.
-Quel rapport avec cette fille ?
-Elle est la caricature même de ce que représente la jeune communauté sorcière. Totalement manipulée, infantilisée et surtout ignorante du monde alentour, sans volonté aucune d'en savoir davantage. C'est ainsi que vous avez été éduqués, et c'est ce qui fait qu'elle reflète ce que vous êtes, toi et les autres jeunes gens éduqués dans les Pensionnats. »
Meryl se sentait choquée. Jamais on ne lui avait dit en face tant de mal de la société dans laquelle elle vivait. Combien en réalité ils manquaient de liberté, de savoir et surtout, de bonheur. Du moins, ils étaient heureux tant qu'ils ne savaient pas de quoi ils manquaient. A cet instant précis, le souvenir de la devise du livre 1984 lui revint à l'esprit : La guerre c'est la paix. La liberté c'est l'esclavage. L'ignorance c'est la force.
L'auteur moldu disait donc finalement vrai. Il connaissait parfaitement son domaine.
L'autre sourit de nouveau.
« Il y a moyen de renverser cette situation, Meryl. De réparer cette cruelle erreur. D'autres l'ont fait bien avant, au prix de nombreux efforts et souvent de leur vie. »
Elle jeta un coup d'œil à la jeune femme endormie, totalement inconsciente de ce qui se déroulait autour d'elle.
« Mais moi, je sais pourtant que la vie n'est pas un jeu, » rétorqua t-elle, l'examinant sous toutes les coutures.
L'inconnu eut un haussement d'épaules, mais ne pipa plus aucun mot.
« Bon, et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? Ce serait bien qu'on puisse retrouver les autres, grinça Brian, en fixant lourdement Meryl.
-Il suffit simplement d'indiquer le chemin, et il sera possible de vous y amener.
-Une minute, je ne peux pas dire, mais vos motivations sont pour le moment beaucoup trop louches pour qu'on vous amène gentiment là-bas. Quitte à trouver notre chemin par nous-mêmes, c'est mieux que de risquer de tomber dans un piège.
-Cela risque d'être difficile.
-Comment ça ?
-Vous ignorez même où vous êtes, et vous aurez plus de chances de vous faire attraper en arrivant à la première ville. Il y a longtemps que je fréquente les lieux, et je sais quels endroits éviter pour mieux m'en sortir. De plus, je suis autant en fuite que vous.
-Vraiment ? fit Meryl.
-Oui. Ce serait long à vous expliquer.
-Encore du mystère ! » railla Brian.
A ce moment-là, Anita gémit et ouvrit les yeux. Meryl ne put s'empêcher de la regarder dans les yeux, fascinée par leur magnétisme étonnant. La femme-enfant lui sourit alors d'un air fatigué, la couverture glissant le long de son corps tandis qu'elle se relevait. Il se dégageait d'elle un mélange de sensualité et d'innocence qui la rendait étrangement surhumaine. L'inconnu l'observa un moment avant de déclarer :
« Bien, j'espère que vous êtes prêts à reprendre la route. Il faut que nous soyons en sécurité avant la nuit. »
~oOo~
L'infirmerie était étonnamment silencieuse. Restaient quelques malades assoupis, inconscients de ce qu'il se passait autour d'eux. Sur une couche de fortune installée dans un coin de la tente, l'ancienne esclave caressait les cheveux noirs de la petite fille qui dormait, le visage crispé comme si elle faisait un cauchemar. Elle entendit à peine le petit groupe rentrer, dans l'intention de se diriger vers elle et d'attirer son attention. Elle ne se retourna que lorsqu'elle sentit leur présence derrière elle.
Elle les vrilla de son regard marron, un par un. Ils étaient cinq, parmi ceux qui avaient contribué à leur libération. Un homme au visage banal mais où flottait un étrange petit sourire ; un autre, à l'apparente bonhomie mais dont les yeux reflétaient une dureté construite au fil des ans, dénaturant sa personnalité ; une femme blonde aux yeux rêveurs, qui semblait l'analyser sous toutes les coutures (elle se sentit mal-à-l'aise) ; une autre femme à l'allure colorée, aux cheveux violets et aux yeux vairons - un iris doré et l'autre fuchsia - ; enfin un homme renfrogné qui la fixait avec sévérité. Elle ravala sa salive mais fit mine de ne pas réagir, attendant leurs questions. Car c'était pour cela qu'ils venaient, et elle espérait autant qu'elle appréhendait cet instant.
« Quel est votre nom ? » demanda l'homme aux yeux durs, en se baissant pour se mettre à sa hauteur.
Elle n'avait plus l'habitude que quelqu'un fît un tel geste depuis bientôt treize ans. Elle fut un moment déroutée.
« Sh… Shani, répondit-elle, hésitante.
-Et cette petite ?
-Isis. »
En disant ce prénom, elle continuait à caresser délicatement les boucles de l'enfant endormie.
« Nous sommes là pour vous demander de témoigner… Expliquer ce que vous avez vécu. Depuis combien de temps viviez-vous dans ce manoir ?
-Je ne sais pas… Peut-être douze ans. Beaucoup plus.
-Quel âge a votre fille ? »
Elle sut que cette question n'était pas posée au hasard. L'homme mettait le doigt sur un problème qui l'intéressait grandement.
« Neuf ans. Elle en aura dix au mois de juillet. Je pense, parce que c'était l'été lorsqu'elle est née. »
L'autre acquiesça, les lèvres pincées. Elle choisit de prendre les devants :
« Demandez-moi tout ce que vous voulez savoir, je ne ferai pas de mystère. S'il vous plaît. »
Son ton suppliant en étonna plus d'un, et certains se regardèrent l'espace d'un instant. Visiblement, ils avaient eu pour but premier de la ménager du mieux possible.
« Je ne vais pas vous le cacher, ça me fait déjà mal à l'idée d'en parler, mais j'en ai besoin. Il le faut pour que d'autres… Pour que d'autres que moi ou Katie n'aient pas à subir la même chose.
-Et qu'entends-tu par la même chose ? s'enquit la femme aux cheveux violets, s'attirant les regards d'avertissement de ses congénères.
-Vous le savez, madame. Vous en avez parlé auparavant. »
Peu habituée au fait qu'on l'appelât « madame », Tessa fronça les sourcils.
« Tu n'es donc pas étrangère au plan de Theodore Nott. »
Le nom la fit tressaillir, mais elle se força à répondre :
« Au départ, je ne savais même pas que Theodore Nott avait un plan. Je pensais… Qu'il le faisait comme ça, pour son… plaisir… Et je ne le savais pas jusqu'à ce que je vous entende, madame. Je pensais qu'il utilisait Katie de la même façon, et les autres avant lui…
-Il y en a eu d'autres ?
-Oui, j'ai été la première de toutes ses victimes. Les autres sont mortes au fur et à mesure, je n'ai jamais su de quelle façon pour certaines.
-Vous pensiez qu'il les tuait ? demanda Neville.
-Je ne sais pas… Peut-être…
-S'il s'avérait qu'elles décevaient ses attentes. »
Tessa venait une nouvelle fois de s'immiscer dans la conversation.
« Autrement, continua t-elle, il les aurait maintenues en vie aussi longtemps que possible. Comment se fait-il qu'il t'ait lâchée, toi, alors que tu es celle qui a tenu le plus longtemps ?
-Je ne sais pas, c'était après… »
Elle s'arrêta, prit une profonde inspiration.
« Il faut que je commence par le début. Je ne vous garantis pas que je me souviendrai de tout, mais il y a des épisodes que je ne peux pas effacer de ma mémoire, tout simplement. »
Les autres hochèrent la tête et elle riva son regard vers Isis tandis qu'elle se mettait à raconter :
« C'était il y a presque quinze ans, il me semble. J'avais quitté mon pays natal, l'Égypte, pour trouver du travail en Angleterre, parce que je me disais que là-bas, j'aurais une chance d'avoir une vie stable. J'ignorais tout de la magie, comme tous les gens comme moi, j'imagine. Je ne prévoyais pas du tout que les choses prendraient une telle tournure, alors que je demandais simplement à avoir une vie ordinaire… J'étais très jeune déjà, je voulais vivre dans un pays libre. J'ai embarqué clandestinement à bord d'un bateau pour arriver jusqu'en France, puis à partir de là je suis remontée vers le nord pour avoir une chance d'embarquer à bord d'un autre ferry et atteindre ma destination. Ce que j'ai vécu est beaucoup trop long à raconter, ce n'est qu'une parenthèse dans ma vie. J'ai simplement vécu un temps dans un ghetto avant de parvenir enfin à mes fins, et je suis finalement arrivée ici. A l'époque, je savais parler quelques mots d'anglais et de français, mais sans plus. J'ai commencé à errer, je ne savais rien au sujet de l'actualité, je me suis simplement fait prendre du jour au lendemain sans comprendre ce qui m'arrivait, par ces hommes en robe noire qui disaient être désormais à la tête du pays. Des hommes comme le maître. »
Neville tiqua légèrement à la mention « le maître », mais elle n'y prêta pas attention.
« J'ai d'abord été emmenée dans une prison, avec d'autres Moldus, comme vous les appelez, pour savoir ce qu'on allait faire de moi. J'ai renoncé au bout d'un moment à me faire des relations dans ce lieu… Vous n'imaginez pas, vivre dans la peur tous les jours, alors qu'autour de vous les gens disparaissent, sans donner de nouvelles… Je n'étais pas dupe, je savais qu'ils se faisaient tuer, pour une raison qu'aucun de nous ne connaissait. J'ai appris bien plus tard que c'était à cause de notre sang, qu'il n'était pas pur comme celui des sorciers.
-Et c'est un lot d'absurdités, ce sont d'autres sorciers qui vous le disent, affirma Neville.
-Je… Je ne sais pas… Vous ignorez ce que c'est, d'apprendre du jour au lendemain l'existence d'un monde dont vous ne saviez rien le jour d'avant, et de vous retrouver à l'état de bétail pour ce que vous êtes… »
Sentant que sa victime se laissait submerger par ses souvenirs, Luna se baissa à son tour pour l'enlacer étroitement. Sa cadette n'avait pas la force de conserver une certaine forme de fierté, elle posa sa tête contre son épaule en se laissant bercer comme une enfant en proie à un cauchemar.
« Vous n'êtes pas obligée de tout raconter, si vous n'en êtes pas capable… intervint Max, d'une voix dotée d'une étrange douceur qui n'allait pas avec son visage dur.
-Non, il faut que je le fasse, maintenant, pour elle… » renifla t-elle.
Elle pensait avant tout à Katie qui était en grave danger.
« Au bout d'un moment, on a commencé à nous faire sortir, tous, au fur et à mesure, pour une fouille, disaient-ils. Quand je suis sortie, j'ai vu que ce n'était pas exactement ça… Ils nous demandaient de nous déshabiller sans nous laisser la moindre intimité, et des groupes de sorciers nous examinaient afin de déterminer si nous étions en bonne santé et vigoureux… Ceux qui ne correspondaient pas à leurs critères étaient aussitôt emmenés quelque part, je n'ai jamais su où… Mais je sais que ce n'était pas pour subir le même sort que les autres. Moi, ils ont pris mes mesures, ils m'ont demandé mon âge, ils m'ont pesée… Ils ont finalement dit que j'étais bonne pour le travail. J'ai demandé ce qu'ils allaient faire des autres, et ils m'ont frappée. Un esclave n'a pas le droit de poser des questions, ou de répliquer à ses maîtres…
-Ça me rappelle une période sombre de notre histoire, fit Max, bourru, mais il ne put développer davantage, les autres étant bien trop captivés par le récit de Shani.
-Après ça j'ai été enfermée dans un hangar avec d'autres personnes. Nous étions tous nus, serrés comme des sardines, et ils nous donnaient de la nourriture comme à des chiens. Souvent il fallait se battre pour avoir une portion. Parfois ils prenaient une personne et ils l'emmenaient. Soit ils la ramenaient et en prenaient une autre, soit elle ne revenait jamais. En fait, ils nous « stockaient » dans le but de nous vendre par la suite. Ils ont organisé tout un commerce sur ça, afin de s'enrichir. Tout ça était légal, les acheteurs étaient des Héros de haut rang, très riches et influents. Ils disaient que plus ils avaient d'esclaves, mieux ils se faisaient voir… En plus de leurs Elfes de Maison. Je me demandais si c'était vraiment ça, la Grande-Bretagne que j'avais imaginée.
-Malheureusement, vous êtes arrivée au mauvais moment.
-Je crois bien. Un jour ils sont venus, et ils m'ont prise. Ils voulaient me vendre à un vieux Héros qui ne pouvait plus se soutenir sans une canne… Il m'a regardée, et il m'a achetée. Le vendeur disait que j'étais robuste et docile, que je pouvais servir longtemps. Ça a suffi à cet homme.
« Alors il m'a emmenée dans le manoir où je travaille depuis. C'était le père du maître, je l'ai appris un peu plus tard, lorsqu'il est mort. Tant qu'il était encore vivant, c'était lui qui avait la responsabilité de ses esclaves, mais bientôt, ça a été le tour de son fils… Et c'est là que tout a commencé. »
On arrivait au point critique. Shani imposa le silence, le temps de se préparer à ce qui allait suivre. Du côté des auditeurs, ce n'était que trop évident, mais ils préféraient la laisser continuer, tout en veillant à ménager la narratrice, qui acceptait de raviver ses souvenirs au prix de bien des efforts.
« Au début, il était tout le temps dans sa chambre, on ne le voyait pratiquement jamais. Pendant ce temps, moi, j'apprenais la langue au contact des autres, j'arrivais presque à me faire à la vie ici… On avait déjà appris à se tenir, parce qu'on avait peur des punitions que le majordome nous donnait de la part du maître… Il faisait à chaque fois ses comptes-rendus, et le maître savait tout sur nous, sans avoir besoin de nous voir. Puis un jour, les Elfes étant occupés à organiser un grand banquet pour le soir à venir, le majordome a dit qu'il fallait un esclave pour aller nettoyer la chambre du maître. Personne ne s'est porté volontaire, alors j'ai été tirée au sort, et je n'ai pas eu le choix. Les gens autour de moi avaient peur parce qu'ils ne voulaient pas entrer dans un endroit que le maître fréquentait tout le temps. Moi, j'avais vingt ans, alors je n'avais pas peur, et j'ai décidé que ça ne serait pas si terrible… A force de le vouloir, on finit par se dire que tout n'est pas si grave que ça.
« Et j'ai eu tort. Parce qu'il m'a repérée ce jour-là. Il est entré dans la chambre à l'improviste pour prendre quelque chose qu'il avait oublié, alors que le majordome avait dit qu'il était hors de question qu'un esclave se retrouve face au maître sauf quand celui-ci venait inspecter notre travail. Quand il m'a regardée, j'ai vu qu'il avait commencé à marmonner tout seul, sans me quitter des yeux. Je me suis sentie mal-à-l'aise, j'ai eu envie de fuir, mais je suis restée ici pour ne pas le froisser. Il avait presque mon âge, un peu plus vieux je dirais. Au premier regard, il avait l'air un peu dérangé, mais pas inquiétant, je dirais même… plutôt charmant. »
Le mot s'étrangla dans sa bouche.
« Il m'a demandé de rester là jusqu'à son retour, même si j'avais terminé mon travail. J'ai eu peur, je me suis dit qu'il allait me punir pour m'avoir trouvée ici… Plus tard, le majordome est venu me chercher en colère, il n'était pas au courant que le maître m'avait demandé de rester à mon poste. Il m'a emmenée et cela a mis le maître fou de rage… Normalement, c'est le majordome qui aurait dû être puni ou je ne sais quoi, ou lui qui aurait dû s'apercevoir de son erreur et passer l'éponge, mais il a dit que c'était moi qu'il fallait punir, parce que j'avais désobéi à son ordre. Le majordome m'a amenée à lui, et là il a commencé à m'examiner sous toutes les coutures, comme lorsqu'ils ont décidé de faire de moi une esclave. Puis il m'a arraché mon drap. »
Elle désigna machinalement du doigt son torse, sans se rendre compte que sa loque avait été remplacée par une robe de fortune prêtée par une Rebelle dans le but de lui redonner une certaine dignité.
« Je pense que je n'ai pas besoin de vous raconter la suite. Il s'est mis à m'embrasser sans rien m'expliquer et il m'a prise dans ses bras. Et voilà… »
Les souvenirs étaient encore vivaces dans la tête de Shani, qui les ressassait depuis bien trop longtemps. Elle n'avait jamais pu les raconter à qui que ce fût, par pudeur mais aussi par peur, les autres esclaves pouvant avoir un mauvais jugement de son histoire. Pouvoir enfin le faire était à la fois une libération et une horrible souffrance, même s'il fallait que la douleur sortît pour se permettre d'avancer sur le chemin de la guérison, si elle arrivait à guérir un jour.
« Je vois, » fit Neville, qui ne put s'empêcher d'éprouver de la compassion pour cette femme. Vivre une telle expérience était beaucoup plus qu'un traumatisme. Cela ouvrait des blessures qui ne guérissaient jamais, tant au niveau psychologique que physique.
« Maintenant, vous le savez, eut le courage de dire une fois encore Shani. Isis est ma fille… Et celle de Theodore Nott. Elle a été conçue peu de temps après qu'il a commencé à faire ça régulièrement, au point que ça fasse presque partie de mes tâches quotidiennes… Souvent le soir, d'ailleurs, pour être plus tranquille. Moi je ne pouvais pas protester, la seule fois où je l'ai fait, il m'a frappée et a été encore plus violent que les fois précédentes. Un jour, il a voulu tenter une expérience différente de toutes les autres… Il m'a offert à boire, sans me dire qu'il avait mis une de ses drogues pour me maîtriser. Il l'avait déjà fait auparavant, quand je luttais trop, par exemple. Il m'immobilisait d'un sort ou alors il me faisait avaler quelque chose qui me paralysait totalement pendant une heure… Mais ça, c'était différent de toutes les autres choses. Je ne voulais pas boire le vin, mais je l'ai fait parce que je savais que si je refusais il allait encore me punir. Quand je l'ai bu, j'ai commencé à me sentir très bizarre, et c'est quand je l'ai regardé que tout a changé… J'ai réalisé que j'étais amoureuse de lui, que je le voulais très fort, et plus rien n'existait à part lui et moi…
-Un philtre d'amour… » murmurèrent Neville et Tessa, en chœur. Tandis que l'horreur crispait le visage de l'un, l'autre gardait une expression étrangement grave, loin de l'habituelle moquerie. Ils réalisaient toute la perversion qui animait l'âme de Nott, beaucoup plus étendue qu'ils ne l'imaginaient, et en éprouvaient un profond dégoût. Il était encore heureux que Ted ne fût pas là pour écouter cela et qu'Isis fût encore endormie, ignorante du drame de sa naissance.
« Cette fois-là, c'était moi qui le voulais, corps et âme, j'ai fait exactement tout ce qu'il me demandait, tant qu'il me gardait près de lui très longtemps. Je crois que je n'ai jamais ressenti de sentiments aussi forts pour quelqu'un… Quand j'ai repris conscience, un peu plus tard, ils avaient tous disparu, et j'ai découvert ce que j'avais fait… Le majordome m'a emmenée dans l'aile des esclaves, et moi j'étais juste horrifiée. Je ne pouvais pas avoir ressenti ça, avoir aimé ça… J'ai pris finalement la résolution d'en finir avec tout ça, coûte que coûte, en me jetant par la fenêtre du deuxième étage. Parce que je n'avais même plus confiance en moi, je me sentais si sale… Et encore maintenant… Quand j'ai voulu mettre ma décision en application, le majordome m'en a empêchée à temps. Il m'a dit que le maître avait encore besoin de moi… Il savait ! Il était complice depuis le début, et il me surveillait pour voir si je ne commettais pas l'irréparable. Il devait sans doute faire la même chose pour Katie et les autres… Je me suis donc tenue tranquille autant que possible, en redoutant la prochaine convocation... Je pensais que c'était ça qui m'avait rendue malade, l'idée de le revoir, de devoir une fois de plus l'affronter et sentir son toucher... Mais j'ai rapidement réalisé que ce n'était pas tout à fait ça. Il y avait un peu de l'appréhension, bien sûr, mais d'autres symptômes se sont ajoutés à celui-ci. J'étais suffisamment informée sur ce genre de choses pour réaliser que j'étais enceinte… »
Ses doigts se crispèrent dans la chevelure d'Isis, mais celle-ci se contenta de grogner en secouant la tête, marmonnant de vagues mots dans son sommeil.
« Je voulais le cacher au maître, d'abord… Mais il surveillait mes cycles, il faisait très attention au moindre retard… Il a fini par le savoir et il s'est mis à être constamment sur mon dos, pour m'empêcher de faire la moindre tâche trop dure… Il me forçait à me reposer des jours entiers, à m'allonger, ils demandaient les résultats des examens lui-même… Je ne l'ai jamais vu aussi soucieux de moi, j'avais toujours pensé qu'il était sans cœur, après tout… Mais il a pris soin de moi, pendant ma grossesse, il a veillé à ce que je ne manque de rien… Pour lui, c'était le bébé le plus important. Je pense qu'il voulait que ce soit un garçon, parce que sinon, il ne se serait pas désintéressé de moi dès qu'elle est née, non ? En tout cas, tout ça s'est fini à la naissance d'Isis, un jour chaud d'été. Dès qu'il a appris que c'était une fille, son comportement a changé. Il est redevenu froid avec moi, et même distant. Il m'a forcée à me remettre au travail, alors que j'étais à peine remise de mon accouchement, et il a négligé le bébé. J'ai dû recourir moi-même à ses besoins. Depuis, je n'ai pas plus d'importance à ses yeux qu'un autre esclave, et j'essayais jusqu'à présent de repérer celles qu'il voulait pour les prévenir… Mais au bout d'un moment, elles se faisaient toujours avoir, et les unes après les autres, elles sont mortes… Parmi celles dont je connaissais les circonstances du décès, une s'est suicidée sans avoir laissé le temps au majordome de l'intercepter, une autre est devenue complètement folle, et une autre encore est tombée enceinte aussi, mais son bébé a fini par naître trop prématurément, et elle et lui sont morts durant les couches. Il est alors resté tranquille un long moment à la suite de cet épisode. Jusqu'à Katie. »
Le récit se terminait ainsi, la plus grande partie des détails avait été donnée. Shani semblait se sentir rassérénée, comme si livrer tout ce qu'elle avait sur le cœur était finalement le meilleur remède pour mettre le passé derrière elle. Sa tête reposait contre l'épaule de Luna, et elle ressemblait presque à une petite fille apeurée, tandis que la jeune femme lui caressait le dos dans des gestes rassurants et réguliers, qui retiraient une grande partie de son angoisse. Les auditeurs se regardèrent tour à tour. Il semblait temps de prendre congé.
« Luna, reste avec elle, elle en a besoin, » conseilla Neville, à son amie qui acquiesça. Et en accord avec les autres, il se prépara à quitter les lieux.
« C'est… répugnant, monstrueux, je crois qu'aucun mot ne convient pour qualifier ça, dit enfin Tessa, qui avait attendu qu'ils fussent sortis de l'infirmerie pour partager son opinion. Ce type me débectait avant, mais maintenant je me dis simplement qu'il mérite d'être rayé de la surface de la Terre. »
Qu'une femme aussi délurée et douteuse moralement parlant fît une telle remarque, en disait long sur l'homme qu'elle invectivait ainsi.
« Ce que je ne comprends pas, remarqua Neville, en croisant les bras, c'est pourquoi Nott l'a abandonnée après la naissance de sa fille.
-Tu ne crois pas que ça valait mieux pour elle, à la fin, Nevy ?
-Cesse de répondre ainsi, Tessa, gronda Max, qui avait perdu sa douceur et sa compassion depuis qu'ils avaient quitté Shani. Je suis d'accord avec Neville. Peu après avoir parlé au petit, tu nous as expliqué ton interprétation de ses motivations. Si cette femme a réussi à mettre au monde son enfant, pourquoi s'est-il rabattu sur quelqu'un d'autre ? Après tout, le bébé avait beau être une fille, il pouvait lui en faire un autre.
-Eurk, épargnez-moi la vision. »
Puis, voyant qu'on la regardait, Tessa soupira.
« Une des caractéristiques du mythe de la naissance d'Arthur, c'est qu'il est le premier-né du couple que formaient Ygerne et Uther Pendragon. Des rumeurs courent qu'ils auraient eu un deuxième enfant, une dénommée Morgause (1), mais rien n'est sûr de ce côté-là. Après tout, au fil du temps, toutes les interprétations se sont entremêlées en un joyeux capharnaüm. Enfin, pour en venir au fait, Nott veut à tout prix avoir un fils premier-né d'une femme avec laquelle il veut s'accoupler, que celle-ci ait déjà eu un enfant avec quelqu'un d'autre ou non.
-Cela peut convenir, dit l'autre homme, pensivement. Mais pourquoi des esclaves ? Il a dit lui-même qu'il était contre-nature chez les Héros de se reproduire avec les Moldus et les Nés-Moldus, voire même les Sang-Mêlés. Pourquoi donc des femmes telles que Shani et Katie ?
-Vrai qu'à le voir monsieur peut facilement attirer toutes les femmes qu'il veut dans son lit, même et surtout de sang pur. Mais faute d'avoir des goûts de luxe, il aime se salir comme le porc qu'il est, grimaça Tessa. Je n'en suis pas sûre, mais apparemment, Uther Pendragon était un Moldu qui fréquentait de près la magie, rapport à Merlin et d'autres sorciers de cette époque. Il est tombé amoureux d'Ygerne qui était elle-même une magicienne. Nott est parti du principe que le nouvel Arthur devait être de sang impur, et il n'a pas hésité à « sacrifier » son honneur pour permettre sa naissance.
-Cet homme est tordu… Vraiment tordu.
-Bien résumé, Nevy. »
Il fallait encore digérer ce qu'ils avaient appris, et surtout, les Rebelles dirigés par Neville se hâtaient de rentrer chez eux, impatients de rassurer leurs proches qui n'avaient pas eu de leurs nouvelles depuis leur départ pour le Pensionnat. Il restait le souci de la disparition Greylord-Mockerberg dont ils ignoraient toutes les circonstances. Mais déjà, des soupçons se formaient, des hypothèses naissaient, sur le pourquoi de la situation. La plus acceptable était que Meryl avait organisé sa fuite depuis le début, en transportant un Portoloin dissimulé avec elle. C'était plus que probable, puisqu'elle n'était après tout qu'une Enfant de Héros. Neville s'en voulait de ne pas l'avoir fouillée, d'autant que les sorts de protection lancés autour du camp n'avaient pas suffi à détecter un tel objet magique. C'était incompréhensible.
« Soyez tranquille, dit Tessa. On s'occupe des deux amoureux, on les retrouvera vite. »
Elle avait commencé à employer le terme non sans moquerie, traduisant ainsi son absence de regret quant à la disparition de Meryl. Brian, en revanche, était pour elle un plus grand souci. Elle connaissait le garçon depuis plusieurs années et l'avait pris en affection, depuis le temps qu'elle vivait avec lui. Elle ne se faisait pas d'idées sur le fait qu'un garçon et une fille dans la fleur de l'âge eussent disparu en même temps, mais elle aimait en rire quelquefois, bien que personne ne partageât son humour.
La bouche de Neville esquissa un rictus et il serra la main aux Rebelles qui avaient daigné les accueillir, avec toutefois une certaine réserve. Luna et Bill se faisaient plus conciliants, mais pesaient aussi leurs mots, sachant parfaitement qu'ils ne connaissaient pas encore suffisamment leurs hôtes pour leur accorder leur entière confiance. Cela viendrait, devaient penser les autres.
Ted, lui, restait silencieux. Plus rien ne semblait réussir à le faire réagir depuis que Meryl s'était volatilisée et ce qu'il avait appris au sujet de Katie. Son regard était gris et vide, il gardait les mains dans les poches et ses pensées étaient ailleurs. Tessa ne se privait pas de le plaisanter, mais les autres s'inquiétaient davantage à son sujet. Ce garçon ne pourrait être en paix tant qu'il n'aurait pas mis son amie en sécurité. Quand bien même il retrouverait Ginny, Hope et les autres.
« Il faut que vous sachiez qu'une fois partis, il est hors de question que vous reveniez, avertit Max, en croisant les bras. En revanche, nous, on saura où vous retrouver, si vous voulez qu'on vous ramène la mioche. On prend en charge Shani et sa fille, on a plus les moyens de s'en occuper. Mais si vous désirez les prendre avec vous, faites-nous signe.
-Merci pour votre hospitalité, » répondit Luna, tandis que Neville hochait la tête avec un léger sourire. La jeune femme avait longuement parlé avec l'ancienne esclave, tissant un lien entre elles deux, loin encore de l'amitié, mais très proche de la compréhension mutuelle. Grâce à elle, Shani avait pu se remettre en partie de l'épisode où elle avait raconté son histoire. Il s'avérait que malgré l'horreur qu'elle avait vécue, et ce que représentait Isis pour elle, elle aimait énormément sa fille, en qui elle trouvait un moyen d'affronter chaque jour avec plus de courage. L'amour maternel était une chose inexplicable et souvent illogique, mais Shani partait du principe que son enfant n'avait pas à pâtir des crimes de son père.
Espérant le faire réagir de cette manière, Tessa entreprit de claquer deux baisers sur chaque joue de Ted, rouge à lèvres en prime. Mais elle fut déçue en voyant que ce dernier ne faisait même pas un geste de recul dégoûté face à son effusion. Elle fronça les sourcils et gifla le garçon, qui grogna et se retira, les yeux dans le vague et les cheveux gris souris. Il avait deux traces rouges en forme de lèvres sur les deux joues, et ne paraissait même pas s'en formaliser. Luna finit par lui prendre la main sans lui faire remarquer quoi que ce fût et l'invita à rejoindre les autres, sur le départ. Sans même jeter un dernier regard sur le campement, il transplana avec elle et le reste de la troupe.
(1) De mon point de vue personnel, Morgause et Morgane sont deux êtres distincts. L'une aurait été la sœur d'Arthur, fille légitime d'Uther, l'autre la demi-sœur (ce fait-là est plus avéré). Des interprétations en ont souvent fait une seule et même personne, d'autres attribuaient à Morgause un deuxième prénom, Anna. Dans le cycle d'Avalon de Marion Zimmer Bradley, Morgause est la tante d'Arthur et de Morgane. Ce serait difficile de réunir toutes les interprétations, à force on a tellement tout mélangé !
Dans le prochain chapitre :
Lorsque le soir arriva, tous étaient fourbus, et s'assirent avec grand soulagement à l'ombre d'une vieille grange abandonnée, à proximité de la ville proche dont ils ignoraient le nom. Il n'était de toute façon pas nécessaire de le savoir, puisqu'ils ne s'en approcheraient pas plus que nécessaire. Ils s'étaient éloignés pour fuir leurs poursuivants, et transplaner en paix le moment venu. Cette ville-ci ne semblait pas sous surveillance constante et ils devaient s'assurer de pouvoir transplaner sans être gênés.
Aucun ici ne savait transplaner, à part sans doute l'homme, qui avait fait asseoir Anita sur ses genoux à défaut de lui trouver un support plus confortable. Celle-ci bâillait et commençait seulement à frissonner au contact du froid mordant. Sa peau blanche rougissait de façon impressionnante, mais n'arrivait pas à la couleur soutenue de ses deux iris écarlates. Ses cheveux bruns étaient plus décoiffés que jamais et sa tresse se défaisait progressivement. Pour autant, elle ne perdait rien de son étrange beauté.
Note 1 : Je n'ai même pas pu m'empêcher d'ajouter un petit trait d'humour à la fin, pour alléger le chapitre…Bon, ce n'est sans doute pas drôle d'un certain point de vue (j'ai un humour encore plus étrange que celui de Tessa j'imagine) mais je ne l'avais pas prémédité du tout. Seulement tout le chapitre me paraît tellement déprimant…
Note 2 : à la réflexion, si Tessa devait jouer un rôle dans une pièce de théâtre (je l'y verrai franchement bien), ce serait celui du Bouffon dans Othello de Shakespeare.
Le prochain chapitre risque de vous surprendre, et je ne sais si ce sera dans le bon ou mauvais sens du terme… Je suis néanmoins désolée de vous dire que je risque d'être moins régulière dans mes publications à partir de maintenant. Mais promis, je suis toujours sur la fic et je ne vous lâche pas ! Cette histoire est bien trop avancée pour que je n'aie pas envie de la terminer désormais.
Hum, vous voulez un petit bonus ? J'ai, pour passer le temps, créé un genre de "fiche d'identité" pour chaque personnage. En général j'aime faire ce genre de choses. Ici, en l'occurrence, j'ajoute quelques petites choses au sujet de mes OCs mais je donne aussi mon propre point de vue sur les personnages de la saga, que je pourrais éventuellement traiter. Cette semaine, le personnage à l'honneur est bien évidemment... Ted Lupin !
... Oui, je sais, vous vous attendiez sans doute à Meryl, mais le meilleur pour la fin, voulez-vous, mes bons amis.
Fiche d'identité de Ted Lupin :
Age : 14 ans ¾ (son anniversaire est en avril)
Surnom(s) : Teddy.
Signe particulier : Métamorphomage
Baguette : Sorbier, crin de licorne, 26,75 cm, raisonnablement souple*
Aime : jouer de mauvais tours aux gens, ses amis, le chocolat
Déteste : Theodore Nott, le Seigneur, les Héros en règle générale
Sa plus grande peur : attirer des ennuis à ses amis
Son meilleur souvenir : avoir découvert la liberté après son escapade du Pensionnat, en compagnie de ses amis.
Son pire souvenir : avoir découvert le but de Theodore Nott
Son plus cher désir : revenir en arrière, au moment de fuir le Pensionnat pour sauver Katie
Ce que serait son Patronus ** : Un loup
*J'ai créé des comptes successifs sur Pottermore pour savoir quelles baguettes conviendraient le mieux à mes personnages. Normalement, Ted n'en est pas le premier utilisateur, mais je voulais que sa baguette lui corresponde au mieux.
** Attention ! Le conditionnel n'est pas employé pour rien. Certains personnages n'auront rien d'affiché pour cette partie, tout simplement parce qu'ils seront incapables d'en produire un (pour des raisons diverses mais précises). Cependant j'indique celui des personnages qui, si leur niveau de magie n'est pas suffisamment avancé, pourraient avec un peu d'entraînement être capables d'en produire un (et corporel en plus !)
Si d'autres caractéristiques des personnages vous intéressent (mise à part la maison dans laquelle ils auraient pu être répartis, je l'ai volontairement omise parce que ça en dirait trop long sur la suite de la fic - je ne dis pas en quoi), n'hésitez pas à me les demander.
