Chapitre 36 : Tensions et incompréhensions
Dans les jours qui suivirent, Bella finit par parler avec Edward. Elle lui raconta Charlie, Emmett, Jasper, combien l'entrevue avec son frère l'avait perturbée, cassée, déstabilisée. Elle avait lâché prise, coulé, pas longtemps mais suffisamment pour se faire peur, pour décider de ne pas se laisser aller. C'est ce jour-là que Rose avait décidé de lui rendre visite et de venir lui parler. Et elle avait bataillé contre elle, mais elles avaient fini par y arriver. Elles ne s'étaient pas promises de se revoir, de se faire une sortie, rien. Elles avaient juste parlé et expliqué certaines choses. Depuis Rose n'était pas revenue, mais Alice l'avait vue, elles avaient parlé et Lili avait assisté à la fin de l'entretien avec Jasper avant que les deux frère et sœur ne sortent discuter. Ils étaient revenus plus d'une heure plus tard, Jasper, les mains dans les poches et le regard perdu et sa soeur, les yeux rougis.
Lili courut à leur rencontre mais s'arrêta net. Avant de faire demi-tour, elle dit :
-Je vais dire à maman de préparer le chocolat de Masmismée, celui qui guérit les coeurs chagrins.
Et d'un coup, elle fila. Jasper ne put s'empêcher de sourire et de redresser les épaules. Sous le regard de sa sœur, il s'obligea à s'expliquer :
-Elle a toujours su, sans jamais parler. Elle met des mots.
-Je suis prévenue, alors?
-Pas sûr que ça te suffise…
Ils rentrèrent et découvrirent Lili en train de préparer des bébés chamallows comme elle les appelait. Alice apporta le chocolat chaud et tous s'assirent à table. Lili tendit sa tasse à Rosalie :
-Tiens, Roselalie, ça soignera tes yeux rouges.
-Merci, Lili.
-Attention ça rend pas gentil, ça tu dois y arriver toute seule… enfin si t'es capable!
-LILI! Gronda Jasper.
-Je sais papa, mais tu vas pas lui cacher qu'elle a été super vilaine. Elle t'a fait pleurer, elle a fait du mal à Memett. Roselalie, je peux te parler dehors, s'il te plaît?
Alors qu'elles sortaient, Lili poursuivit :
-Et je te promets que si tu recommences, tu vas te réveiller un matin avec des cheveux bleus, du poil à gratter dans ton shampoing, Alice et Papa C seront de mon côté! Tu as fait du mal à Tontonward et TatiBella et là… Ben je suis pas près d'oublier les larmes de Tontonward de l'autre jour…. Tu sais quoi? Je ne comprends pas! T'as eu de la chance d'avoir une nouvelle famille, pourquoi tu l'as cassée? Pourquoi tu as fait du mal à Bella? T'avais une petite sœur! Et pourquoi tu as abandonné ton frère? Papou, il avait que toi! A cause de toi, il a perdu sa mère, Papy C, il a eu « l'araignée avec les pattes en l'air », Emmett qui riait plus… Je te comprends pas! Alors je sais pas pourquoi tu reviens, mais quand tu leur feras du mal, je te promets de te faire vivre un enfer même si je dois être punie tous les jours jusqu'à mes dix-huit ans!
-Tu pourrais me faire peur, tu sais, sourit Rosalie.
-Ben, méfie-toi que je n'ai pas mis de truc qui fait aller aux toilettes dans ta tasse!
-T'as pas fait ça? S'inquiéta Rose.
-De quoi tu as peur? Après tout je ne suis qu'une gamine! Dit Lili en haussant les épaules en grignotant des chamallows sans toucher à sa tasse.
-OK, tu en es capable!
-Tu as été méchante gratuitement, moi c'est pour pas que tu recommences! Enfin j'espère …
-Nan je ne veux pas recommencer. J'ai perdu du temps, mon frère, ma mère, mon père, Emmett et Bella. En fait, il ne me reste pas grand chose. J'ai tout à reconstruire, surtout la confiance.
-Haha, bon courage pour ça! Sourit la jeune fille.
-Lili, je peux te poser une question?
-Oui bien sûr!
-Rappelle-moi ton âge?
-Pourquoi? Parce que je suis plus mature que toi? Tu sais Roselalie, je n'ai pas beaucoup vécu dans un foyer grâce à ton frère, mais la cruauté des autres ne dépend pas du nombre d'années ou de la durée de vie en foyer, ni de la cruauté que tu as subie. Sinon Edward et Bella devraient être odieux et c'est tout le contraire! Je crois que c'est une démarche personnelle de facilité. Etre méchante et égoïste c'est plus facile que d'être généreux, courageux et présent pour les autres! C'est comme pour les enfants. Tu as la paix au début quand tu dis oui à tout mais après c'est l'enfer! Mais quand tu dis non de suite, tu éduques et après c'est plus simple! La générosité et la compassion c'est compliqué, c'est difficile… Je peux le dire.
-Toi? Mais tu choisis les gens que tu aimes et tu les défends!
-Non, tu te trompes! Jasper, je l'ai adoré quand il m'a aidé, mais quand il m'a accueilli vraiment, quand mes parents ne pouvaient plus… C'était difficile pour moi. Je ne voulais pas qu'il prenne leur place et que je les oublie… Le détester, c'était facile mais j'étais toute seule. Je ne le voulais plus pour les câlins mais je n'avais personne pour me consoler et c'est devenu difficile. Mais Jasper a toujours été là, à côté, et il a accepté mon retour. Au début… Enfin tu comprends l'idée? Alors oui, je n'ai pas dix ans, j'ai plus de six ans en fait, mais je peux te dire que tu as choisi le pire pour de mauvaises raisons car tu as du monde qui t'aime, sûrement plus que tu le mérites, mais l'amour ça ne se commande pas, m'a expliqué papa. Alors profites-en!
-Tu réfléchis bien et tu parles bien pour une jeune fille de ton âge.
-J'apprends du meilleur! Enfin des meilleurs! Tatibelle est la meilleure, plus que papa! Parce qu'on se rend compte de rien! C'est fait en douceur.
-Je me rends compte…
-Que tu as perdue du temps, la présence?
-Je voudrais rattraper le temps, Lili…
-Alors là, même moi petite, je sais que le temps ne se rattrape pas, ce qui est perdu le reste. Tu peux juste t'excuser, reconnaître tes tords et assumer tes erreurs, en espérant qu'on te pardonne et qu'on te donne une nouvelle chance, Rosalie, ce que je te souhaite!
-Ouais… moi aussi Lili, moi aussi, soupira la jeune femme.
-Bon allez… Je vais être punie si on rentre pas de suite, dit Lili en prenant sa tasse.
-Mais tu n'as rien bu, s'étonna Rosalie.
-Oh tu sais, avec le chocolat, des fois, ça fait bizarre au ventre.
Lili fila, rentrant en trombe dans la maison, posa sa tasse dans la cuisine et cria :
-Je bois pas mon chocolat et je monte….
-LILI, gronda Jasper.
-Je sais que tu veux me punir. Tu peux, je dirais rien, dit Lili d'une petite voix.
-Mais pourquoi, alors? demanda Jasper peiné.
-Je DEVAIS le faire. C'était obligé!
-Tu es sûre de toi, Lili? Tu sais que je n'aime pas lorsque tu es effrontée et que tu dépasses les bornes?
-Je sais…
-Elle n'a pas été effrontée, Jasper. Pour les limites, je ne sais pas où sont les vôtres, mais pour moi ça va. Elle n'a fait que protéger ceux qu'elle aime sans exagérer, expliqua Rosalie.
-Lili? demanda Jasper.
-Ben… J'ai sûrement dit des trucs pas bien… Alors…
-Alors?
-Je peux aller dans ma chambre, le temps que vous en parliez et tu me diras après?
-D'accord… Mais je veux savoir!
-Après Papa! Promis!
Devant le signe de tête de Jasper, elle entra dans sa chambre et ferma sa porte. Une composition de Bella se fit entendre ainsi que la voix d'Edward.
-C'est?
-Oui Rose, c'est Bella au violon, Edward au piano et à la voix. Mais c'est notre soeur qui a composé cette musique.
-Elle est belle mais nostalgique ou triste, remarqua la jeune femme.
-Elle accompagne un livre pour enfants écrit et dessiné par Bella.
-Oh…
-Comme tu dis, sourit Jasper.
-Elle est douée… Vraiment!
-Comment ça? Tu en doutais?
-Non elle a hérité du don de Maman, et de l'intégrité et de la générosité de papa. Je viens juste de le réaliser, c'est tout!
-Pour Renée, je ne sais pas je ne m'y suis jamais intéressé mais…. Elle est plus que douée, Rose, elle fait passer tant de choses… Les enfants adorent. Ils regrettent son absence. Tous les jours, ils me demandent de ses nouvelles et je les comprends, tu sais.
-Tu l'aimes beaucoup toi aussi, n'est-ce pas?
-Bella ou mon métier?
-Bella, idiot! Je sais que tu aimes ton métier!
-Ma petite sœur… Je l'aime plus que tout. Elle m'a pardonné l'impardonnable, et surtout elle m'a aidé à me pardonner. Elle a été de toutes mes larmes, mes doutes, mes joies aussi.
-Elle a été là, quoi!
-Plus que ça… Elle m'a laissé sa porte ouverte, elle m'a intégré à sa famille sans rien attendre… Elle a juste été là en fait… Mais elle n'est pas parfaite. Cette semaine, elle m'a hurlé dessus, dit mes quatre vérités comme elle ne l'avait jamais fait, mais surtout pour la première fois, elle m'a rejeté. Elle m'ignore et c'est dur….
-Elle n'est pas parfaite, quand même!
-Non, mais vu combien on a été odieux avec, elle est plus proche de la perfection que nous, crois-moi! Ca t'énerve, hein? Qu'elle soit meilleure que toi?
-Euh…
-Avoue-le! T'as jamais supporté qu'on puisse t'égaler, alors te dépasser! Et surtout de la part de Bella!
-Jasper, s'il te plaît…
-Oh non Rosalie! Pas de ça avec moi! Renée ou Em cédaient peut-être mais pas moi! Mais là… Bella, elle est juste excellente!
-C'est clair que musicalement parlant, je n'aurai jamais son niveau! Mais question mécanique, elle ne touche pas une bille, elle!
-Mais contrairement à toi, elle se fiche de ne pas maîtriser la mécanique auto, elle n'envie pas les talents des autres, elle partage le sien. Forcément, c'est gênant pour les envieux! Tout le monde l'apprécie, elle et sa générosité, comme celle d'Edward. Et le passé que nous lui, ou plutôt leur, avons fabriqué…
-D'accord!
-Quoi d'accord?
-Tu as raison, ça m'énerve des gens comme elle, elle n'a rien à faire et tout le monde l'aime! Elle est discrète, modeste, elle rougit pour un rien, baisse le regard au moindre compliment. Elle est même pas belle et son mec est gauche et empoté dès qu'il est au centre de l'attention de l'attention d'une assemblée… Et…
-Ta gueule! Tais-toi Rose! Après toutes ces années, j'avais la stupidité de croire que tu avais compris, mais en fait, tu es vraiment bête! Et méchante!
-Jazz!
-Tais-toi ou prends la porte! Tu voudrais quoi? Un sœur blonde à forte poitrine comme toi, avec un petit pois à la place du cerveau? Et qui prend une écharpe pour se faire une jupe?
-Jasper!?
-Quoi? Tu n'es pas d'accord avec moi? Pourtant réécoute-toi! Tu n'as riens pris! Tu… t'es pitoyable!
-Je suis pitoyable?
-Oh oui! Tu jalouses ta sœur, dont tu as fait de sa vie un enfer… Et elle a survécu et à réussi sa vie. Mais elle ne doit rien à personne, crois-moi! Alors que toi, ton retour, tu le dois à elle, à moi, à Lili! Crois-moi, tu lui dois que ma porte te soit ouverte, que tu puisses voir tes nièces, qu'Emmett envisage de te reparler! Alors descends de ton char, Ben-hur, lave-toi la merde que tu as dans les yeux et les oreilles, achète-toi un cerveau, laisse tomber la garde-robe, tu l'as refaite, je n'ai plus l'impression qua ma sœur fait le trottoir. Mais par pitié, regarde-toi dans une glace! Tu me fais honte!
-Je te fais honte?
-Faut que je t'imprime tout en double ou tu as vraiment besoin de tout répéter pour comprendre? Parce que, sérieux, c'est lourd! Tu as besoin de quoi pour comprendre qu'on peut vivre SANS toi! Que JE peux vivre sans toi! Je le fais depuis le mariage de Bella grâce à toi! Tu veux quoi de plus, sérieux?
-Tu n'as plus besoin de moi dans ta vie?
-J'AI APPRIS A NE PAS avoir besoin de toi! Tu m'as laissée tomber au début de ton adolescence au profit de ton reflet! Tu n'étais plus là! Il n'y en avait que pour Renée, Emmett et les majorettes. T'es-tu rendue compte que pendant un mois, je me faisais taper tous les jours derrière la salle de sport? C'est Alice, qui ne pouvant plus me toucher, s'est doutée de quelque chose et qui a demandé à Emmett de me suivre. Et il a réglé le problème. T'en es-tu rendue compte? Non, alors ça répond à ta question! Le monde ne tourne pas autour de toi, nous avons plus important dans nos vies, nos conjoints, nos enfants, tous nos enfants. Ils font changer le centre de gravité de notre monde et plus rien ne se regarde, ne s'observe de la même manière. Alors sincèrement, Rosalie, tant que tu ne sauras pas voir le monde autrement, tu n'auras pas ta place dans ma vie et dans celle de ma famille.
-Tu es devenu un papa ours!
-Je protège ceux que j'aime et qui sont importants pour moi et mon équilibre.
-Et je n'en fais pas partie…
-Tu as fait tes choix que tu poursuis. Je fais les miens que j'assume. Sache que quand tu sortiras d'ici, tu ne reviendras que quand tu auras grandi! Je prendrais Ed, Bella et Em et les autres.
-Tu m'exclus?
-Non je les avertirais. A eux de faire leur choix.
-Jasper?!
-Pas la peine de supplier, Rosalie, je suis immunisé, je suis de ton sang!
-Tu es mon frère quand même, tu ne peux pas le nier!
-En ce moment, ce lien n'est que sanguin. Je partage plus avec Bella, Ed et Em avec toi, crois-moi!
Rosalie se leva et se posta devant la baie vitrée. Elle donnait sur la grande bâtisse du centre, elle pouvait apercevoir la maison d'Emmett, elle aperçut aussi ce qu'elle pourrait vivre, tâter… Elle leva les yeux vers le ciel azur… respira profondément…
Rien n'y fit…
Les larmes se mirent à couler toutes seules.
LA laissant vaincue…
Elle ne pouvait pas vivre sans Jasper, sans Emmett. Et elle réalisait qu'elle avait besoin de la franchise de Bella pour la secouer car elle non plus n'était pas intimidée par son regard froid.
Même Lili s'en moquait.
Ses épaules se mirent à tressauter. Elle enroula ses bras autour d'elle, tentant de se réconforter seule. Elle savait que Jasper ne viendrait pas la consoler. Elle posa son front sur la vitre, essayant de se reprendre mais elle échoua, et cela ne fit qu'aggraver les choses. Elle tenta alors de parler en bloquant sa respiration :
-Je… Je vais… Je vais… y aller…
-Tu n'es pas obligée, je ne te mets pas à la porte.
-Je… JE sais… mais…
-Tu ne veux pas que je te vois pleurer? Craquer? Que tu lâches prise?
-Nan!
-Dis-moi, Rosalie!
-PUTAIN! JE SUIS NULLE, MINABLE ET MISERABLE, T'ES CONTENT?
-Non, sûrement pas! Voir pleurer les gens ne m'a jamais rendu heureux…
-J'EN PEUX PLUS D'ETRE AUSSI CONNE, AUSSI LOURDE, AUSSI OBTUE… MAIS J'AI PEUR! TU LE SAIS CA, J'AI PEUR, DE ME PERDRE, D'AVOIR MAL, D'AVOIR CONFIANCE ET DE ME TROMPER. J'AI PEUR DE TE PERDRE, DE PERDRE MA VIE ET CE QUI EST IMPORTANT! ET J'EN AI MARRE D'AVOIR PEUR ET D'ETRE TETANISEE PAR ELLE! ELLE M'EMPECHE DE VIVRE! TU LE SAIS, CA? J'EN AI MARRE! MAAARRREEEE!
Rosalie explosa en sanglots. Jasper attendit quelques instants, puis il se leva, s'approcha de sa sœur. Sa douleur lui était insupportable, mais il devait se montrer froid, distant, professionnel pour faire craquer cette muraille qu'elle s'était fabriquée. Mais la voir défaite ainsi, prête à tout lâcher, il décida de la prendre dans ses bras, mais elle se débâtit :
-Lâche-moi! Je te dégoûte! Je suis juste ta soeur de sang! Je suis conne, pute et blonde! Lâche-moi, je te dis! Putain, Jasperrrrrr!
La main de se dernier claqua sur la joue droite, puis la gauche, sèchement, rapidement :
-Maintenant, t'arrête de dire des conneries!
-Je ne veux pas te perdre…
-Je sais.
-J'ai besoin de toi…
-J'ai compris.
-Tu me manques…
-J'espère.
-Tu sais, Bella a du cran… Elle m'a tout balancé, rien épargné.
-C'est notre petite sœur.
-Je l'admire pour ça. Elle est belle, enceinte, elle rayonne. Oui je l'envie car personne ne peut être plus belle qu'elle : elle aime et est aimée en retour sans rien demander. Je ne pourrais pas lui arriver à la cheville. Elle est magnifique malgré ce que je lui ai fait… et moi, regarde-moi!
-Tu souffres! Malgré ou derrière tes grands airs, tu es une boule de souffrance.
-Tu as raison.
-Mais on n'y est pour rien.
-Non.
-Alors…?
-Je te demande pardon pour ce que j'ai dit et je te remercie de m'avoir poussée à bout pour me faire craquer! Saleté de psy!
Jasper lui sourit en disant « De rien ».
-Tu es fait de quoi, Jazz?
-Pourquoi?
-Tu ne craques jamais!
-Pas souvent, corrigea son frère.
-Parce que personne ne comprend?
-Pas tout à fait…
-Alice savait au début?
-Oui…
-Mais y'a que Bella qui peut t'aider, là, c'est ça?
-Euh… ouais.
-Et elle t'a hurlé dessus?
-Bella ne hurle pas.
-Non c'est vrai, c'est froid, cinglant, implacable comme le crachin breton qui te trempe jusqu'aux os.
-Jolie comparaison, sourit Jasper.
-Tu trouves?
-Tu y as déjà mis les pieds?
-Han han… Bruxelles, mais en fait, il ne pleut pas tant que ça…
-Des idées préconçues, quoi!
-Ouais et comme toutes les idées préconçues, ben elles sont fausses et je sais de quoi je parle. Même si depuis plus de dix ans, j'alimente l'idée préconçue que les blondes sont stupides!
-Mais tu vas faire autrement à partir de maintenant, alors ne t'inquiète pas.
-Ouais… tu as raison… Ca va pas être simple de changer mes habitudes mais…
-Mais? Demanda son frère inquiet.
-Pour une fois… Je vais faire quelque chose qui vaut le coup. Je vais apprendre à faire confiance et puis, pour une fois, personne ne me fera de cadeau parce que je suis adoptée ou abandonnée.
-Tu as raison. Ici tout le monde s'en fout d'où tu viens. Tu fais partie de la famille, du coup tu as des droits mais aussi des devoirs. On sera là pour toi, mais on ne te demandera rien, sauf le respect.
-C'est bon à savoir… Mais Jasper… Je ne vais pas aller voir Emmett. Pas de suite. C'est trop tôt. Je ne veux pas faire d'erreur et je sais que maintenant j'en ferai d'irréparables. Je vais lui écrire… lui expliquer.
-D'accord, mais…
-Non Jasper! Pas de mais.
-Oh si! Bella est enceinte de quatre mois. Je te laisse quatre mois pour voir Emmett. Parce qu'à la maternité, je ne veux pas de situation bizarre!
-Vu comme ça d'accord. Bon sang je flippe déjà à l'idée de lui parler.
-Et bien, ça promet. Je vais prendre une photo de toi le jour où tu iras le voir et lui parler, rit Jasper.
-Espèce d'idiot!
-Oui mais un idiot heureux.
-Tu es heureux maintenant, n'est-ce pas?
-Oui, j'ai une fille merveilleuse et j'ai épousé la femme de ma vie. Que puis-je attendre de plus? Un enfant avec Alice? Ca viendra! Mais que tu retrouves ta place dans la famille, ce serait parfait. Mais tu dois des excuses à beaucoup de monde.
-Je sais… soupira Rose. Le chemin va être long.
-Mais tu n'es pas seule.
-Non et c'est pour ça que je vais y arriver.
Ils décidèrent de prendre place sur le canapé. Alice était partie dans son atelier pour les laisser seuls. Lili avait eu l'autorisation de la rejoindre.
-Euh Rose…
-Hum….
-Tu ne veux pas de ton chocolat chaud, froid, maintenant?
-Euh nan, merci.
-Un souci avec le choc?
-Nan, nan… Mais…
-Une bière, plutôt alors?
-Ouais plutôt!
-Okay je vais t'en chercher une.
Rosalie souffla de soulagement à l'idée de ne pas boire la boisson de Lili : pas besoin d'être ridicule. Elle avait retenu la leçon. Et puis la bière lui permettrait de se détendre avant de rentrer chez elle et d'écrire la lettre à Emmett.
Elle finit par partir deux heures plus tard, ils avaient bu du soda après la bière et surtout refait le monde. Ils avaient parlé du centre, du garage, de Carlie et Jake. Surtout de Carlie qui voulait partir et qui avait blessé Bella. Rose avait essayé d'écouter, pour une fois.
Peut-être qu'après tout, les planètes allaient tourner dans le bon sens pour elle.
Elle sortit avec Fangio pour une grosse balade, puis lui donna à manger, se prépara une salade et s'installa à la table de la cuisine avec une feuille et un stylo. Après plusieurs essais infructueux, elle se lança :
Emmett,
Je ne vais pas mentir, mais écrire cette lettre est certainement la chose la plus difficile pour moi à faire, depuis bien longtemps. Tu as dû vivre pire alors je ne vais pas me plaindre
Cette lettre, c'est avant tout pour m'excuser de ne pas venir te voir de suite. Mais je ne veux pas. Trop de choses sont en jeu, comme l'avenir de notre relation, quel qu'il sera. Je ne vais pas encore bien et je ne veux pas hypothéquer nos chance de retrouvailles, mes chances de te donner des explications car je t'en dois beaucoup. Si j'étais égoïste, je dirais que je veux une place dans ta vie, dans la vie de tes enfants. D'un autre côté, tu es trop important pour moi et tes enfants doivent être le centre de ton monde te connaissant, alors si je ne dois jamais faire partie de ta vie, tant pis pour moi. Quelque part, j'ai perdu le droit ou ce droit en partant après le mariage de ton frère et de ma sœur. Bref, j'ai besoin de te parler et je te promets de la faire le plus rapidement possible. Dis-moi surtout quand tu as du temps. Je dirais dans les quinze prochains jours, maximum un mois. Je suis sûre que quand cette lettre sera postée, je n'aurai qu'une idée, te rencontrer et te parler. Pour ça je n'ai pas trop changé.
Je veux aussi t'entendre parler de ta vie et de ce que tu as vécu, j'aimerai aussi que tu me parles aussi de la maman de tes garçons, ou plutôt des mamans. Je t'y reconnais : généreux, un cœur en or, capable de tant d'amour…
Je vais attendre de tes nouvelles et surtout ta réponse.
Ne t'inquiète pas, ce sera quand tu veux, où tu le souhaites, bref je m'adapterai. Je fermerai le garage aussi pour être tranquille.
Au plaisir de te lire,
Sincèrement,
Rosalie
Elle ne relut pas sa lettre, elle la cacheta et alla la poster afin de ne pas revenir en arrière. Puis elle mangea et descendit travailler à la restauration d'une voiture, occupation qui d'habitude lui permettait d'évacuer toutes ses tensions. Malheureusement, ce soir-là, elle ne trouva aucun plaisir et aucune détente à y travailler. Exaspérée, elle rangea ses outils, prit une douche froide rapide, s'habilla d'un pantacourt, d'un t-shirt, d'un sweat et se coiffa d'une casquette dans laquelle elle glissa sa queue de cheval haute. Elle prit le harnais de son chien, mit ses chaussures de course à pied et sortit. Fangio avait pris l'habitude des longues courses à pied de sa maîtresse. Au début, il avait eu du mal à suivre mais elle avait alors progressivement augmenté la durée de ses balades et maintenant elle partait souvent plus d'une heure. Le plus laborieux était le retour, où rien que le toilettage de son chien lui prenait plus d'une heure. Puis elle s'occupait d'elle.
Ce soir-là, elle espérait se vider la tête. Souvent elle pouvait faire confiance à son chien pour lui faire faire n'importe quoi : jouer avec un bâton, courir avec des canards et revenir au bout de vingt minutes seulement, chiper un jouet à un enfant au moment où ce dernier voulait jouer avec ou alors prendre le sac à main d'une vieille dame ou la serviette d'un jogger juste pour le fun. Les hontes, Rosalie les comptaient par dizaines grâce à ce chien. Mais elle l'adorait. Sauf que ce soir, il dut sentir qu'elle allait mal, alors il resta à jouer seul avec un bâton de bois, sa maîtresse se faisait mal à monter une des collines du parc. Elle ne s'arrêta que lorsqu'elle ne put quasi finir la montée sans marcher. Elle descendit alors tant bien que mal puis elle rentra tranquillement avec Fangio, elle s'occupa de lui, le lava, le sécha. Elle lui prépara une gamelle d'eau propre et une de croquettes. Puis elle se doucha enfin, rapidement et surtout bien chaude avant de se coucher. Le réveil fut douloureux, elle avait poussé trop loin. Elle but un café rapide et ouvrit son garage. Elle avait du travail par dessus la tête et avait besoin d'aide. Il était temps pour elle de prendre, au moins, un apprenti, si ce n'était un employé. Mais elle ne savait où demander. Peut-être que Jasper ou Edward pourrait l'aider. Elle avait appris que sa sœur et son beau-frère géraient le centre. Sa sœur était trop éprouvée par sa grossesse et ses batailles personnelles, alors elle préféra appeler Edward.
-Edward Cullen!
-Bonjour Edward, c'est…
-Qui êtes-vous?
-C'est Rosalie, Edward.
-Ros… Qu'est ce que tu veux?
-J'ai besoin d'aide et d'un conseil.
-Tu as besoin… Attends je m'assois.
-Très drôle!
-Nan mais Rosalie Swan qui m'appelle pour demander de l'aide, c'est…
-Inespéré? Improbable?
-Nan, j'aurais dit opportun… Ca veut dire que tu bouges et ça confirme ce que Jasper et Bella ont dit.
-Ah… D'accord…
-Alors dis-moi ce que je peux faire.
-Euh… Voilà j'ai beaucoup de travail au garage et j'ai besoin d'aide. Je sais que j'ai toujours refusé de prendre quelqu'un du centre mais… Il paraît qu'il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis.
-Je peux voir avec Jasper pour les jeunes qui cherchent, mais beaucoup n'ont pas de moyen de locomotion. Mais le mieux serait de parler avec Jacob. Je pense que ses projets changent alors…
-Tu préfères que je le contacte directement c'est ça?
-Disons que les rapports que j'ai avec lui sont tendus… ou éloignés…
-D'accord, je vais essayer de le contacter. Il a toujours le même numéro?
-Oui.
-D'accord, merci.
-De rien.
-Hey! Edward?
-Oui?
-Comment va Bella?
-Ca va, elle est fatiguée.
-Elle commence à aller mieux?
-Qu'entends-tu par là, Rosalie?
-Je sais que quand je suis venue la voir, elle n'allait pas bien… Et peut-être que j'espérais que le fait qu'elle puisse me dire certaines choses lui permettrait d'aller moins mal. En tout cas, ça aiderait la plupart des gens… Mais Bella n'est pas comme la plupart, n'est-ce-pas?
-Non pas vraiment, sourit Edward.
-Elle culpabilise c'est ça? supposa sa belle-sœur.
-En gros, oui.
-D'accord… soupira Rose, mais je devais venir, je devais lui dire, elle devait entendre, et surtout elle devait pouvoir me dire ce qu'elle m'a dit. J'espère que tu ne m'en veux pas, Edward?
-D'être venue parler à Bella, non… Tu as bien fait! Ca prendra du temps par contre. Pour la gratuité de tout le reste, ce n'est pas au téléphone qu'on va en parler. Et puis je préfère que tu parles à mon frère avant. Enfin si tu as prévu…
-Oui, c'est prévu, mais je suis terrorisée. Mais ce n'est pas le sujet! Merci Edward, salue Bella de ma part et vos enfants aussi.
-Je n'y manquerai pas, mais Rosalie?
-Oui?
-Il y a un temps pour tout : un temps pour aimer, un temps pour haïr! On peut changer le cours des choses, à condition de le vouloir très fort, de s'y employer chaque jour, sans jamais laisser personne te détourner de ton but! C'est vrai que tu ne peux pas forcer personne à t'aimer… Mais tu peux faire ta part afin qu'on ne t'ignore plus, qu'on ne te déteste pas ou plus… L'amour, s'il en reste ou s'il doit y en avoir, vient de lui-même.
-Merci Edward.
-De rien, bonne journée, Rosalie.
-A toi aussi.
La fin de la conversation avait perturbé Rose mais elle décida de voir Jacob le plus vite possible. Emmett aurait la lettre vers midi, elle voulait s'occuper… Elle voulait surtout que la question du garage soit réglée avant, si possible.
-Un café avant de parler à Jack!
Elle lui envoya un SMS pendant que son café coulait et la réponse tomba :
VIENS CE SERA PLUS SIMPLE :)
Elle répondit avec un petit sourire :
OK MAIS JE NE VIENS PAS SEULE ;)
Elle avala son café, appela Fangio, prit son vélo et fila chez Jacob. Tout son corps se rebellait contre l'effort demandé mais elle accueillait les courbatures avec un petit sourire : « Fini de se ménager! Il était temps d'affronter le monde sans se cacher ».
Quand elle arriva, Jacob leva un sourcil, surpris et interrogatif devant son moyen de locomotion, son chien et surtout sa tenue : un vieux jeans déchiré, une paire de converse usée et un ancien t-shirt d'Emmett du lycée. Elle aurait pu être prise pour la grande sœur de Bella, si elle avait été brune, pensa Jacob.
-Oui, mais je suis blonde, Jack! Et de toute façon, je SUIS la sœur de Bella.
-Disons que tes anciennes tenues ne me manquent pas, sauf peut-être à mes yeux, rit son ami.
-Je suis ravie que tu sois resté aussi con, rit Rosalie.
-Je sais, mais ne rien dire… C'est pas moi!
-C'est vrai, concéda son amie.
-Mais j'aime cette facette simple de toi. Je peux enfin voir ce qu'il y a sous toute cette couche « salope » que tu montrais surtout.
-Si tu n'étais pas en couple, je croirais que tu me fais du rentre dedans!
-Toujours avec toi Chérie!
-Dans tes rêves, abruti!
-Haaaa… garce un jour, garce toujours!
Tous deux explosèrent de rire et Jacob la prit dans ses bras.
-Alors dis-moi, qu'est ce que je peux pour toi, Rosybaby?
-J'ai appris que tu avais des envies de partir, de trouver un garage en ville…
-Euh ouais… Nan! Mais si! Carlie ne veut pas rester ici, et puis avec…
-Avec le bébé c'est ça?
-Comment tu sais?
-Ton regard, ta voix, ton attitude… Je suis heureuse pour toi, Jacob!
-Merci, mais tu as entendu quelque chose?
-Disons que j'ai commencé à faire le ménage dans mon passé et dans ma vie et j'ai besoin d'un apprenti… et j'ai besoin de me rapprocher de Bella et de Jasper.
-Et d'Emmett?
-Aussi mais ça ne dépend pas de moi!
-Donc tu voudrais?
-Je te propose qu'on se vende nos garages avec les logements comme ça tu as la clientèle que j'ai et moi, j'ai de l'aide.
-Mais tu auras moins de travail.
-Et toi plus et avec un bébé c'est mieux. Alors tu en penses quoi?
-Tu me sauves Rosybaby!
Jacob la prit dans ses bras, heureux et soulagé.
-Bon, la garce, tu vas lâcher mon mec?
-Bonjour à toi aussi Carlie! Ne t'inquiète pas! Les mecs des autres ne m'intéressent pas, surtout que j'ai tout fait pour ne pas garder le mien. Alors prendre le tien? Nan merci! Et puis je fais dans les grands costauds, un peu poilu et définitivement mature!
-Hey!
-Sans offense, Jackybaby, sourit Rose.
-Nan, forcément, ricana le jeune homme.
-Donc je disais…
-Dégage tes mains de pétasse de Jacob! Et garde tes discours de mère courage pour toi! Ta soeur a essayé et par pitié… On dirait Sœur Emmanuelle et tout! Elle est parfait, on dirait, elle n'a jamais fait d'erreur, on dirait!
-Alors Babymiss, descends de ton cheval, tu verras le monde. S'il y en a une qui fait des erreurs et qui en a payé le prix fort, c'est bien, Bella! Elle est sûrement plus proche de la perfection que nous tous rassemblés, mais contrairement à moi, à toi ou à d'autres… elle ne fait pas la morale, elle t'aide à trouver ton chemin. Elle n'a aucune autre prétention. Je suis venue proposer à Jacob de me racheter mon garage.
-Ben voyons…
-Et je lui rachète le sien…
-Pourquoi?
-Rien qui ne te regarde!
-Si tu le dis…
-Une dernière chose : Avant de baver sur Bella et la main qui t'a été tendue alors que personne ne le voulait, pense à ton bébé et au père de ton enfant, et surtout à l'endroit où tu serais sans elle! N'oublie pas d'où tu viens, par où tu es passée pour arriver là tu es! Tu pourrais devenir comme moi! Et je ne le souhaite à personne, même pas à mes ennemies. Alors voilà, tu veux te casser d'ici, c'est ton droit, ton mec accepte tous tes caprices, il est con, mais ça lui passera, par contre, tiens ta langue. Tu es enceinte, oui! Tu n'es plus dans la merde, oui! Tu n'as donc aucun droit! Dans ton monde, tu n'es qu'un bébé en couche culotte qui sait faire du quatre pattes et sait s'asseoir. C'est tout! Alors fais-moi plaisir : ne juge pas sans savoir! J'ai fait des conneries que je vais devoir assumer longtemps, mais contrairement à toi : je ne crois pas que le monde soit né après moi! Tu sais Carlie, ce n'est pas quand tu es dans la m*** qu'il faudra serrer des fesses. Là tu auras besoin d'un bidet et d'amis. Allez Jacob, appelle-moi pour le prix du garage et on ira chez le notaire quand tu pourras. Mais tu peux commencer les cartons!
-Merci Rose, ça compte beaucoup pour moi! Dit Jacob en l'enlaçant tendrement.
-Je t'en prie, et fais gaffe à Babymiss, elle va mordre dès qu'elle aura ces premières dents!
-Rose?!
-Moi aussi je t'aime Jackbaby, rit Rose en enfourchant son vélo, suivie par Fangio.
-Tu fais chier Rosybaby! hurla Jacob au dos de son amie.
-Jack… C'était quoi ça?
-Ecoute Carlie… Je sais que tu es chamboulée par les hormones, mais sérieux, tu dois te calmer, je ne vais pas coucher avec toutes les filles que je vais voir passer. Alors Rosalie était ma meilleure amie et elle ne m'a jamais laissé tomber. Alors ne compte pas sur moi pour ne plus la voir, tu dois faire avec! Je ne renie pas la passé, je l'assumes pour gérer mon avenir, notre avenir, notre bébé. Nous sommes un couple et je te soutiens mais pas là dessus! Tu fais ce que tu veux, mais le respect c'est inconditionnel chez moi! Alors, tu veux partir d'ici, moi pas! Mais… On va partir! Et c'est tout! Tu bouges ton caractère de merde ou alors je prends la chambre d'amis! Non! Je prends dès ce soir la chambre d'amis parce que ça suffit! J'ai perdu assez de personnes entre Bella, Edward, Tony, Gab et j'en passe… pour toi! Je vais chercher les cartons au foyer, je reviens après le repas! Belle journée et bonne nuit Carlie.
-Ja…
-A part pour t'excuser, sinon je te conseille de te taire! On déménage dans moins d'une semaine.
Et Jacob, furieux, partit avec son chien sur les talons, il voulait parler aux jeunes, leur expliquer et surtout leur laisser le choix.
Certains râlèrent, mais surtout pour la forme. Rosalie était un peu une énigme pour eux et leur faisait un peu peur, aussi. Il les rassura et surtout leur expliqua qu'il restait disponible, qu'ils pourraient encore venir dans son garage pour y travailler, mais la sentence tomba avec les paroles d'un jeune :
-Euh, atterrit mec, ta nana ne veut plus rien avoir à faire avec le centre, alors nan! On ne pourra pas venir! Faut pas te vexer mais elle est plus pareil, ta nana. Ca lui a monté à la tête d'avoir un mec plus vieux.
-Ouais, avant, elle était toujours avec Tony et Gab, tout le temps, mais elle ne nous snobait pas! Elle était juste tout le temps avec eux! Là… Elle nous ignore. Tony et Gab viennent voir les plus petits, jouent, dessinent, font du sport avec nous, cuisinent pour nous. Ils sont cool! Enfin c'est ta nana, donc on va se taire, hein!?
-De toute façon, tu as compris le principe, conclut un autre.
-Ca va oui, merci, dit Jacob un peu amer. Bref d'ici deux semaines, ou moins, ce sera Rose ou Rosalie ou ce qu'elle voudra qui sera là! Evitez Rosybaby si vous tenez à votre services trois pièces, rit Jake.
Tous pouffèrent mais ils se proposèrent à l'emballage et au transport. Il accepta volontiers, puis passa manger au foyer avec les plus jeunes. Il traîna un peu mais finit par rentrer à reculons. Carlie était encore debout, les yeux rougis. Il passa devant elle et alla se coucher dans la chambre d'amis. Leur chien se coucha devant la porte. Il entendit vaguement le murmure de son prénom alors qu'il se glissait sous la couette. Il savait qu'il ne dormirait pas cette nuit : il était trop furieux de la réaction de Carlie. Il savait que le bébé la perturbait, lui aussi, il arrivait trop tôt, il n'était pas prévu mais ça ne changeait pas ce qu'il éprouvait pour Carlie. C'était la femme de sa vie, la mère de son bébé et de peut-être de ceux qui suivraient. Mais sa réaction envers Rose était injustifiée, elle ne la connaissait pas! Comment lui faire comprendre ce qu'elle refusait depuis le début. Il y avait de la taquinerie, du flirt platonique, surtout pour embarrasser les autres, mais aussi du soutien, beaucoup de soutien, de la compréhension, enfin jusqu'à un certain point, et qu'elle parte en « live » au mariage de Bella et Edward, c'était un fait qu'il savait que Rose lui expliquerait plus tard. Là il avait juste envie de hurler et de frapper dans un sac de frappe comme un forcené! Il était plus d'une heure du matin, il sortit, l'entendit pleureur mais se retint d'aller la voir et alla au fond du garage. Il ne prit pas le temps de s'échauffer complètement… Il se mit à frapper, son chien dans un coin, la tête sous les pattes comme atterré de ce qui se passait. Il frappa pendant plus de deux heures, puis il mit un sweat et alla encore courir une heure, et il alla enfin se doucher au centre, dans le bureau de Jasper, il y avait un change. Puis il rentra boire un café. Carlie était en boule dans le canapé, un sweat de Jack la noyait, elle avait aussi son oreiller :
-Tu n'as pas le droit d'entrer dans la chambre où je dors sans mon autorisation!
-Mais…
-Nan! Ca suffit! Je vais ranger le garage. Emballe tes affaires aussi, comme ça, tu partiras plus vite!
-Tu ne veux pas m'aider?
-Je dois faire le garage, que tu ne feras pas à ma place. Mes fringues tiennent dans un sac à dos. La vaisselle peut rester là, ma musique est sur mon Pc et sur mon mp3, donc… il ne reste que tes affaires ici. Je sors…
-Jacob!
-Tu ne supportes pas cette place, où j'aime être, où sont mes amis, amis dont j'ai besoin, alors s'il te plaît, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit. Je vais avoir mon garage et tu ne seras plus où tu ne veux plus être. Tu seras en ville, tu auras un médecin que tu veux, je ne vois pas pourquoi Carlisle ne convient pas, bref tu veux quoi de plus?
-Que tu me parles!
-C'est ce que je fais!
-Non tu me grondes comme un enfant désobéissant.
-TU ES UN ENFANT QUI SE COMPLAIT DANS SA MISERE ET J'AI BEAU T'AIMER, JE NE VALIDE PAS CA! OUI JE TE SECOUE MAIS ETRE ENCEINTE NE TE DONNE AUCUN DROIT, SURTOUT PAS LE DROIT D'ETRE UNE GARCE AVEC TOUT LE MONDE : BELLA, GAB, TONY et tous les autres. Je ne vais nulle part mais tu ne peux pas m'obliger à accepter ou à partager ce que tu penses! Alors je préfère te laisser seule à ranger tes affaires, pendant que je vais faire ce que je fais de mieux d'après toi : FUIR!
-Tu sais…
-NAN, NE COMMENCE PAS ! JE NE RESTE PAS A CAUSE DU BEBE! J'AIME, MERDE! JE NE VEUX PAS UN ENFANT AVEC TOI, J'EN VEUX PLUSIEURS, et deux c'est plusieurs , JE VEUX FAIRE MA VIE AVEC TOI! MAIS JE NE SUIS PAS TON JOUET! J'AI BESOIN QUE TU SOIS CORRECTE AVEC LES GENS QUI COMPTENT POUR MOI, QUELQU'ILS SOIENT! TU VEUX VIVRE LOIN DE TOUS, SOIT! MAIS PAS MOI! CE SERAIT RENIER CE QUE JE SUIS ET CE QUE JE FAIS! COMMENT JE T'AI CONNUE! JE RENIERAI TON PASSE, CE QUI FAIT CE QUE TU ES DEVENUE!
Jacob sortit de la pièce en claquant la porte violemment et Carlie l'entendit hurler dehors. Leur chien la regarda et puis sortit aussi par cette même porte qui s'était rouverte sous la violence de la fermeture.
-C'est ça! Va le rejoindre! Comme ça j'aurais l'impression d'être encore plus nulle!
-ET ARRETE DE PENSER QUE TU ES NULLE! SORS TOI LA TETE OU LES DOIGTS DE TON TROU DU C**** ET TU VERRAS LE MONDE MOINS VICIE!
-Et voilà, même loin, il sait ce que je dis! Cool! Allons faire ma valise!
Et c'est ce qu'elle fit, et à la fin, elle s'assit sur son lit, prit la peluche que Jacob lui avait offerte, s'adossa à la tête de lit, remonta ses genoux contre elle et se mit à réfléchir à ce qu'il lui arrivait et pourquoi elle réalisait comme elle le faisait. Elle ne pouvait s'empêcher d'être agacée par Bella et tout ce qui se disait sur cette dernière et Edward : « Bella est merveilleuse, Bella est courageuse, Bella est généreuse, Bella écoute ».Bref on dirait presque une collection de livres pour enfants! Mais elle devait bien s'énerver, hurler, casser un verre non? Ce côté « sans accro » l'agaçait, comme si le passé de Bella n'avait pas eu de prise sur elle, comme si elle n'avait aucun dommage, aucune séquelle psychologique. Elle avançait, faisait sa vie, avait des enfants avec le gars qu'elle aimait et avait laissé de côté ce qui avait essayé de la détruire ou de la formater.
Pas comme un bulldozer, plutôt comme quelqu'un qui ne garde que ce qui l'aidait à avancer. Et tout le monde louait l'attitude de « Bella ». Elle faisait pareille et on lui reprochait de snober les autres, d'ignorer Tony et Gabriel, d'essayer de fuir l'endroit où elle avait atterrit au bout de son enfer. Pourquoi devrait-elle rester alors qu'elle avait Jacob et qu'elle attendait un bébé de lui? Bella était bien partie de chez elle avant son mariage sans y revenir? Pourquoi quand elle faisait la même chose, passait-elle pour une égoïste, une sale gosse capricieuse et égocentrique… Elle les trouvait injuste envers elle, tout ça parce qu'elle ne s'appelait pas Bella!
Perdue devant le fait que son histoire n'avait rien à voir avec celle de Bella, Carlie oubliait une chose, Bella n'oubliait rien, elle n'ignorait personne, elle cachait ce qu'elle vivait, ce qu'elle ressentait, juste pour protéger ceux qu'elle aimait. A quoi servirait de submerger ceux qui lui étaient chers, de tout ce qu'elle avait en tête, dans son cœur, de toutes les blessures qu'elles portaient?
Rien.
Absolument rien.
Au contraire.
Alors, avant qu'ils ne la détruisent, elle avait décidé de les mettre en mots, en note, en dessin, en croquis, en parfum, en goût, ainsi elle expurgeait tout ce qui faisait sa vie. Elle se servait de son vécu pour entendre, comprendre les autres.
L'étroitesse d'esprit des autres l'avait fait souffrit, le jugement aussi, alors elle refusait ça et s'obligeant à entendre d'abord, de comprendre ensuite, et à répondre enfin : « Je ne peux pas me mettre à ta place, mais je peux essayer de comprendre ce que tu vis, ce que tu ressens » et elle utilisait tout : les mots, les gestes, les intonations et surtout ce qui n'était pas dit, pas montré , pas exprimé … Elle essayait d'être délicate, empathe aussi.
C'est ce qu'elle faisait, ce que personne ne réalisait, ce qui faisait ce qu'elle était.
Edward et Jasper le réalisèrent mais à quel point? D'autres en bénéficiaient, mais jamais Bella n'aurait pensé en abuser, ou l'utiliser pour obtenir quelque chose en échange. C'était pour cette raison que les enfants l'appréciaient autant. Elle leur donnait sans jamais rien attendre en retour, sauf du respect.
C'était l'état d'esprit de Bella en ce moment. Edward se rendait bien compte que Bella donnait sans compter et qu'elle perdait de son énergie, de sa joie de vivre, doucement. La confrontation avec Charlie avait beaucoup secoué son épouse. Devoir « virer » Charlie de leur vie, puis de le réintégrer avait anéanti Bella, mais elle avait tenu. Puis la crainte qu'Em ne souffre du retour de Rosalie. Il soupçonnait Bella de considérer Em, non pas comme son beau-frère mais comme son frère. Celui avec qui, elle ferait les quatre cents coups, il supposait, même que ça démarrerait dès la naissance des garçons : Bella était restée trop longtemps inactive. Il craignait cette reprise, mais avec Em, il savait qu'elle serait « surveillée » et « modérée », façon Emmett. Et puis il y avait eu la discussion avec Jasper et là, Edward a eu peur de perdre son épouse ou ses garçons. Pas forcément physiquement pour Bella, mais quelques jours sans la voir jouer, manger sourire avec tous, avait été un avant goût de ce que sa vie serait sans son épouse et clairement, il en avait détesté chaque instant! Il savait qu'il avait failli la perdre et il n'avait rien pu faire, sauf la regarder, s'échapper. Il avait confronté son beau-frère, Alice avait été furieuse, Lili punie d'avoir balancé un joli « bien fait » à son père. Mais Jasper avait affiché un joli hématome sur la mâchoire pendant près de deux semaines. Il n'en était pas fier, mais comme psy, Jasper était parfois un grand abruti surtout avec Bella. Il avait la douceur d'un hippopotame ou d'un rhinocéros! Bella n'avait rien dit mais avec ce que Jasper avait dit, il avait refait le puzzle.
Personne ne réalisait que Bella avait passé vingt ans de sa vie sans parent, sans frère, sans sœur, seulement lui et ses parents, non pas parce qu'ils étaient morts.
Nan!
Ils avaient juste décidé de l'ignorer, de nier son existence, de la chasser de la leur et de faire de la sienne un enfer. Chez les Cullen, elle n'avait pas sa place sauf sous le piano de la salle de musique, et aucune chez elle par définition, merci à Renée!
Et là Jasper et Rosalie parlaient de Charlie comme « papa », de Renée comme « maman » et ne comprenaient pas que Bella ne pouvait pas le faire. Son père et sa mère n'avaient plus eu ce rôle depuis l'arrivée de Jasper et Rosalie. Elle n'avait plus eu l'occasion de prononcer ces mots là depuis plus de dix ans. Pour elle, ils n'étaient que ces géniteurs, enfin pas Charlie. Bella avait besoin de lui, besoin qu'il comprenne et approuve ses choix ou au moins les respecter et qu'il soit à ces côtés. Mais Charlie était à côté de ses pompes quand ça concernait ses enfants, surtout Bella.
L'incompréhension, voir l'intolérance de Jasper avait fait craquer Bella, quelque part, alors qu'elle pensait que si quelqu'un pouvait la comprendre c'était son frère mais non! Pire… il n'avait même pas essayé! Puis Bella avait disparu dans sa tête, son monde, inaccessible à sa famille, à lui, leurs filles, à Tony et Gab. Ca avait duré si longtemps pour lui! Puis, un soir quand il était rentré, Bella était dehors, au soleil, à siroter une grenadine, en écoutant les nouveaux morceaux de sa composition à lui, tout en poursuivant son nouvel pour enfants. Elle en faisait un spécial pour les enfants des autres. Elle n'était pas encore la Bella qu'il connaissait, mais elle avait joué avec les filles le soir, elles avaient fait des constructions en bois, Bella leur avait aussi raconté des histoires, joué aux marionnettes aussi. Les filles avaient été ravies, heureuses de retrouver une maman qui ne dormait plus quand elles étaient avec.
Bella avait été fatiguée le soir et s'était endormie dès qu'elle avait posé la tête sur la poitrine d'Edward. L'énergie du quatrième mois était à ce jour inexistante, Bella était juste épuisée.
Edward remarqua l'addition des poupées et des ours, mais il attendit jusqu'à la veille au soir, ou plutôt le début de l'après-midi. Tony et Gabriel s'occupaient des enfants, Edward la trouva dans la chambre des garçons.
-En train de te projeter dans un peu plus de quatre mois, jolie maman?
-Non, sourit Bella, je me rappelle quelques souvenirs faits avec l'ours original, Bibou et avec ma poupée Maimée. Je les ai offerts à Jasper et Rosalie lorsqu'ils sont arrivés à la maison, pour leur souhaiter la bienvenue. J'ai fait des cauchemars après, parce que c'était mes doudous, tu sais. Puis je t'ai rencontré et tu m'as offert un cœur tout doux et il a chassé les mauvais rêves. Je n'ai plus revu mes doudous jusqu'à la visite de Rosalie, il y a une semaine. Elle… Elle a fait faire deux poupées d'après la mienne, et deux nounous d'après celui que j'ai offert à Jasper. Elle a pensé à Haley et Hope pour les poupées, sans les personnaliser et puis idem pour les ours. Ca m'a touché et je ne savais pas comment t'en parler. Elle n'était pas obligée et quelque part c'est important, parce qu'elle a pris soin de ma poupée, tout comme Jasper. Quelque part, elle a raison, de cette façon, elle essaie de réconcilier le passé avec le présent pour donner une chance au futur. La question est : « Est ce que je veux encore tenter cette aventure? ». Je ne suis pas sûr d'avoir envie que ma famille pourrisse ou entache notre avenir. Je ne peux ou ne veux pas le faire sans t'en parler, sans en parler avec Emmett. Je ne veux pas marcher sur des œufs avec lui non plus. Il est plus facile de dire non à Rosalie avant qu'elle ne revienne, que de vivre un nouvel enfer!
-J'ai eu Rosalie au téléphone hier matin, elle doit voir Emmett bientôt, comma ça on saura.
-Oh…
-Et par la même… Je trouve les poupées très jolies et les ours aussi… Mais je suis content d'apprendre que mon premier cadeau t'a permis de dormir enfin, ou de nouveau. Tu sais que j'ai toujours le tien! Ton premier cadeau : « coin-coin », tu l'avais fait avec un de tes vieux pyjamas, du coton et un ruban en satin vert….
-Je m'en rappelle, oui.
-Il était de tous mes voyages, école, piano, il était toujours avec moi, de peur qu'on me le prenne.
-Ah oui… Partout…
-Hummm… Partout… Tu étais partout avec moi, dit Edward en s'approchant d'elle, collant son buste à son dos, ses mains sur ces hanches, les pouces sous son haut qui caressait délicatement sa peau.
-Je suis désolée, tu sais…?
-De quoi, ma belle? Demanda-t-il la tête dans son cou.
-D'avoir craqué, de ne pas avoir réussi à tenir avec les autres….
-Bella, tu es humaine, tu as le droit, tu peux craquer. Tu ne perds pas de valeur à mes yeux à cause de ça! Au contraire même! Tu es ma petite femme, solide, tenace, têtue, sensible et fragile, maman de mes enfants que j'aime plus que tout!
-Qui aimes-tu? Ta femme ou tes enfants?
-Les deux! Sans hésiter et sans commune mesure! Tu sais que tu es une chipie, hein?
-Une chipie que tu aimes!
-C'est vrai! Et elle va se préparer ma chipie car je l'emmène au cinéma ce soir et au resto chinois ensuite. Et Gab et Tony gèrent les filles et nous, nous ne nous occupons que de nous, tous les deux!
-Tu es sûr de toi?
-OOh oui, crois-moi! Ca te fera du bien! Ca me fera du bien!
-D'accord je vais me changer pour mon beau mari, minauda Bella en l'embrassant dans le cou avant de s'échapper de la chambre.
-Tu es un tentatrice, Bella, râla Edward.
-Oui mais tentatrice que tu aimes!
-C'est vrai que tu raison! Rit Edward.
-Au fait, on va voir quoi?
-J'avais pensé soit à un vieux film, soit à, je ne sais pas, un film d'action?
-Oui pourquoi pas?
-On verra sur place d'accord?
-Ca me va! Dis donc t'es super beau en jeans, s'exclama Bella en revenant dans la pièce.
-Et toi, tu veux charmer qui, comme ça?
-Toi, forcément toi! Il n'y a que toi!
-Allez belle épouse, en route!
Ils passèrent une soirée tranquille, appréciant leur tranquillité et leur complicité. Ils se nourrissaient mutuellement, ils avaient choisi de manger asiatique et se régalèrent de sushis et autres noms, poulet sucré salé. En clair, la soirée avait été agréable et pleine de rire. Bella avait fini par baisser sa garde et Edward avait retrouvé son épouse espiègle et charmeuse. Ils se charmaient mutuellement, heure pour une après-midi, une soirée. Ils avaient encore la soirée, la nuit pour en profiter. Les mains caressantes, baladeuses, aventureuses le prouvaient. Ils se redécouvraient, reprenaient possession l'un de l'autre. La voiture fut témoin de nombreux baisers, câlins, mais l'état de Bella les obligea à attendant, les laissant frustrés et affamés.
Sur la porte d'entrée, ils trouvèrent le sésame de leur nuit :
Nous sommes tous chez les grands Cullen. TGH2
Bella qui ouvrait la porte, sourit, Edward qui se tenait derrière elle, se colla à son dos.
-On dirait que ce soir, ce sera juste toi et moi.
-Han… han…
-Pourquoi?
-Tu oubliettes garçons, sourit Bella.
-Tu es une chipie, tu le sais ça? Et tu sais ce que je vais faire à ma femme chipie?
-Non, dis-moi, chuchota Bella en ouvrant enfin la porte.
-Et bien, je vais lui montrer combien je l'aime, toute la nuit. Je vais l'aimer, prendre soin d'elle au point de la faire rougir de plaisir, murmura Edward dans son cou, ses mains se baladant sur son ventre, puis vous son T-shirt.
Les vestes tombèrent, la porte fut fermée d'un coup de talons, les chaussures, déposées à l'entrée, les hauts arrivèrent au pied de l'escalier, mais Edward souleva Bella après s'être débarrassé de son bas.
-Mon piano…
Bella rougit et l'embrassa tendrement, longuement. Elle réalisa qu'ils étaient arrivés lorsqu'elle sentit la peau d'Edward sous ses cuisses : ils étaient à son piano, la lune à demi cachée, donnait un éclat gris bleu à la couleur sable.
Lorsqu'Edward commença à se mouvoir, elle eut l'impression que plus rien n'existait. Ils n'étaient que baisers, ses mains effleuraient ses fesses, remontaient sur ses hanches, puis ses pouces caressèrent sa poitrine avant de passer sur ses épaules, avant de redescendre pour recommencer. Bella s'accrochait à sa nuque, l'embrassant à en perdre haleine. Le temps n'avait pas de prise. Edward jouait avec le corps de sa femme, ralentissant ses mouvements pour les appuyer et n'oubliant aucun centre nerveux, accélérant pour surchauffer l'intérieur de son être. La grossesse la rendait sensible, cela faisait trop longtemps. La jouissance finit par les rattraper, après une dernière accélération des mouvements. L'intimité de Bella se contracta et lorsque le pouce de son mari toucha ton clitoris, la jeune femme fut emportée par un orgasme intense entretenu pour celui de son compagnon. Ils mirent longtemps à redescendre, la douche qu'ils partagèrent fut tendre et câline, tout en douceur. Ils prirent soin l'un de l'autre et le sommeil les emporta dans un repos réparateur et apaisé.
A croire que tout le monde souhaitait qu'ils profitent l'un de l'autre car ce n'est que vers le milieu de la matinée que les filles firent leur retour avec Twi et Moon accompagnés par Esmée et Carlisle. En attendant, Bella était dans les bras de son chéri, ils prenaient leur petit déjeuner, les mains du jeune papa était posées sur le ventre dans lequel les garçons s'en donnaient à cœur joie. Le couple était paisible, profitant du calme du moment de l'un, de l'autre.
-J'ai toujours autant de mal à imaginer nos fils s'éclater dans ton ventre.
-Oh tu sais, à droite tu as M. Calme, roi du zen, il bouge mais tranquille, et en ce moment à gauche, tu as M. Claquettes! Enfin là de suite… Sinon ils sont plutôt calmes. On verra quand ils n'auront quasi plus de place, je crains alors de n'avoir que deux M. Claquettes.
-Je suis sûr qu'ils sauront être doux avec leur maman, comme Haley et Hope à la fin, non?
-Sauf qu'il y a plus d'un an, j'avais des abdominaux, mon ventre ne ressemblait pas à de la gelée ou du pudding!
-Bella !? Implora Edward.
-Non tu n'as rien à te reprocher! Je suis ravie! Je voudrais juste…
-Retrouver ta silhouette? Et je te promets de tout faire pour t'y aider et même y participer.
-Mais là, je rêve de bouger, même boxer, tu vois!
-Mmmm, ma petite femme a la rage, sourit Edward.
-Peut-être… Quelque part, sûrement!
-Bella, depuis qu'on se connait, on fait du sport du vélo, de la randonnée et là, depuis deux ans, ce n'est pas ou plus le cas pour toi…. C'est normal, en plus, tu es coincée entre vouloir bouger et le bien-être des enfants!
-Tu sais, ce n'est pas parce que tu le dis que c'est plus facile, rit Bella.
-Je sais et quelque part, j'en suis désolé!
-Pas moi! Avoir tes enfants, les tiens, les nôtres, il n'y a rien de plus merveilleux! Sauf être énorme et se sentir impotente, mais les sentir bouger, les porter, les nourrir, les changer, les regarder grandir, les voir avec toi, te voir avec eux, tout ça n'a pas de prix, ça vaut mes kilos en trop, mes vergetures, mes insomnies!
-Oui mais si tout le reste pouvait se calmer?
-Quel reste? Mon père? Tu ne le changeras pas s'il est dépassé par ce qu'il ne maîtrise pas et quand il ne dit rien et bien regarde ses yeux : tout est écrit dedans! Pour Jasper, c'est un con de psy il ne verrait pas un éléphant dans un corridor s'il a décidé qu'il cherchait une souris! Il ne veut pas comprendre et bien laisse-le. Pour Emmett, je veux juste qu'il ne souffre pas avec Rosalie… Je ne sais pas si elle a changé ou pas. Je ne veux pas faire le choix à la place de ton frère, mais quand il me demande mon avis… Je ne vais pas lui mentir! Je sais qu'il a grandi dans sa tête, ses garçons l'ont aidé aussi, mais je sais qu'il a peur de se faire avoir quand ma sœur arrive sur la scène. Quant à Rosalie… Je ne sais pas. Je ne veux pas me laisser avoir, mais d'un autre côté, si elle a vraiment changé… Qui suis-je pour la priver de son bonheur, non?
-Oui… Tu sais que tu es sexy lorsque tu psychanalyses comme ça!
-J'analyse sauvage, c'est ça?
-Humm et là de suite… Des câlins torrides avec une psychanalyste sauvage…
-Ed… Edward… Les filles vont arriver et ta mère avec!
-Non! Maman vient à pied et ne part que dans une heure donc on a …
-Assez de temps, Don Juan… Hum... Trop bon
-Tu aimes? demanda Edward qui poursuivait ses caresses et ses baisers.
-Quand tu prends soin de moi, de nous : toujours! Ca me donne juste l'énergie et le désir de t'en donner autant! Dit Bella en se mettant à cheval sur ses genoux.
Doucement, elle descendit sur lui, lui faisant fermer les yeux. Ses mains soulevaient son T-shirt, au fur-au-et-à-mesure de sa descente. Le sentir en elle, dans cette position, avec les bébés, était grisant, euphorisant. Edward lui ôta son T-shirt et l'embrassa partout, s'attardant avec douceur sur sa poitrine, ses mains faisant des allers-retours de ses fesses aux épaules, accompagnant les lents mouvements qu'ils faisaient. Bella sentit qu'elle perdait la bataille : les caresses de son époux l'avaient déjà portée loin, et de suite, ce n'était qu'une question de secondes avant que l'orgasme l'embarqua dans ces bras. Mais Edward ralentit, le temps de la regarder, de la goûter puis il repartit, les faisant sombrer dans un immense plaisir.
Quelques minutes après, Edward les leva et il les emmena dans la douche. Il prit soin de son épouse. Ils s'habillèrent et Bella descendit s'allonger sur le divan, s'assoupissant rapidement sous le regard attendri et un petit sourire satisfait de son époux. Il déposa une couverture fine sur elle et alla ranger leur petit déjeuner.
Il ouvrait la maison pour l'aérer quand deux tornades à poils débarquèrent en jappant.
Bella émergea de sa mini-sieste doucement et ce sont ces deux filles qui lui sautèrent dessus, heureuses de la retrouver.
-Mama!
-Hey mes grandes filles! Qui veut un câlin et un bisou?
-Ma, répondit Haley.
-Na! Ma Hop'!
-NA! Ma Ha'nay!
-Ben les deux, alors?
-Vi! S'exclamèrent les deux petites en grimpant sur le divan puis sur elle.
-Allez un gros câlin pour vous deux, mais il faut laisser de la place à vos deux frères.
-Na 'bé? demanda Hope.
-Oui dans mon ventre. Ils doivent grandir encore avant de venir nous voir.
-Tout 'titi?
-Oui ils sont tous petits, Haley. Il faut les protéger aussi.
-Vi, ti… ma… hummm...
-Merci de leur faire un câlin Haley et Hope , et à maman aussi, dit Edward qui suivait le scène avec ses parents.
-Bon tout le monde a été sage? Demanda Bella.
-Oui, même si Twi et Moon ont essayé de manger quelques bas de rideaux et des pieds de chaises, ce que ta mère a peu apprécié… sourit Carlisle.
-Carlisle! Tu avais promis de ne rien dire! Tu es impossible! Bella est gênée et ne va plus oser nous les confier!
-Et bien… dit Bella, embêtée. Je suis désolée, Esmée! Tu nous diras ce qu'on te doit, s'il te plaît.
-Mais non, Bella… commença son beau-père.
-Ah tu vois! J'en étais sûr!
-Enfin, Bella…
-J'insiste, tu es notre belle-fille et même plus, tu ne vas pas payer les dégâts de tes chiens!
-Ben si! Ca me gêne, ajouta Bella.
Edward, qui observait l'échange, avait du mal à garder son calme depuis qu'il avait remarqué que Bella et sa mère menaient son père en bateau. Ce dernier n'en menait pas large et ne savait plus quoi faire pour que Bella arrête de culpabiliser et de se sentir obliger de rembourser.
-Ou alors donnez-moi le nom du magasin et je vais vous racheter le tapis ou le meuble, ou alors c'est un cadeau de mariage et alors là…je ne sais pas quoi dire… Je… Esmée… Je suis désolée! Vraiment!
-Enfin Bella! Ce n'était qu'un rideau! Et les meubles n'ont rien! S'il te plaît, ne te mets pas dans un état pareil! Esmée … Fais quelque chose? Edward?
Devant la mine de papa Cullen, les trois autres éclatèrent de rire, ravis de la blague jouée, rejoints par les filles, heureuses de l'ambiance.
-Vous vous moquez de moi?
-Oui, répondirent en cœur les femmes Cullen.
-Depuis le début?
Des hochements de tête amusés lui répondirent.
-Et toi, bien sûr, tu n'as rien dit, remarqua le père à son fils.
-Euh non! Je me demandais combien de temps elles tiendraient et si tu le remarquerais rapidement.
-Bien non! Bella était plus que convaincante!
-J'avoue que mon épouse a fait de grands progrès. Dois-je m'inquiéter?
-Du tout, mon petit mari, du tout!
Tous rirent de nouveau, Carlisle aussi, cette fois.
La journée passa agréablement, la semaine et les mois aussi. Bella ralentissait son rythme de vie. Haley et Hope avaient parfois du mal à comprendre qu'elles ne pouvaient plus faire du vélo avec papa et maman. Elles en avaient reçu chacune un afin d'apprendre et c'est Anthony et Gabriel qui étaient réquisitionnés avec plaisir. Bella s'évertuait à leur répéter que ce n'était pas de leur faute, pas contre eux. Mais ce n'était simple pour personne. Les garçons essayaient de faire entendre raison aux filles mais sans trop de succès.
-Dis, Hal' pourquoi Maman ne viendrait pas te lire ton histoire ce soir? demanda Tony
-Na!
-Mais pourquoi?
-Pake elle aime pas moi!
-Tu es sûre de toi, parce que moi je suis sûr du contraire!
-Vi, a pu élo avec ma! Elle porte pu ma! Et peux pu aimer moi : n'a titi bébés dans bidou!
-Mais si, tu sais quand d'autre bébés arrivent le papa et la maman, ils aiment toujours les premiers, ils aiment encore plus, pour tous les autre enfants!
-Ben n'a Hop' et ma! Pas 'soin bébé! Aime pas bébés! Vilains! Méssants!
-Vi, bébés mosses! Ma veut pas bébé! Ajouta Hope
-Bon, alors je lis cette histoire, déclara Gabriel.
-Mais, elle est toute titille! râla Haley.
-T'aimes pu nous, pleura Hope.
-Si je vous aime mais vous êtes tristes et vous ne laissez pas papa et maman vous consoler!
-Ta et 'ony a pas papa et mama!
-Na!
-OK, pas d'histoires ce soir, claqua Gabriel, les larmes aux yeux.
-'ony… pleurnicha une des jumelles.
-Pas d'histoire! Vous vous… C'est méchant de dire ça! On aurait voulu avoir un papa et une maman comme les vôtres, dit Tony dont les larmes coulaient. Bonne nuit.
-Isou!? réclamèrent les jumelles.
-Pas ce soir, vous avez eu des mots méchants.
Lili qui était à la porte, avait mal pour Tony et Gab : ils étaient comme des seconds parents, toujours à aider et là… Elle leur fit un gros câlin avant de rentrer dans la chambre des petites.
-Sors! De'iors!
-Non! Vous avez été méchantes avec Tony et Gab! Ils aident toujours pour jouer, manger, lire quand Bella, elle doit se reposer et Edward, il doit travailler. Vous avez de la chance! Tout le monde veut jouer avec vous, veut vous faire des câlins mais vous n'êtes pas gentilles! Alors j'éteins la lumière!
-Ma' histoire!
-Pas d'histoire ce soir! Juste de la musique!
-Veux mama!
-Bella parle avec Tony et Gab pour ne pas qu'ils changent de maison. Et ton papa est avec elle pour qu'elle se repose.
-Non je suis là, intervint Edward. Je te remercie, Lili, tu peux rejoindre les autres.
-D'accord, tontonward, sourit Lili.
Elle sortit sans regarder ses cousines, assises sur leur lit. Edward mit la veilleuse, alluma la musique et sortit.
-Papa, 'isou!
-Non pas de bisou pour les petites filles pas gentilles. On vous aime fort avec maman mais ce que vous faites, ce n'est pas bien!
-'pa? sanglota Hope.
-Quand vous aurez dormi, il faudra demander pardon!
-Vi.
-Où 'ony et 'ab?
-Partis!
-Ma histoire?
-Plus d'histoire pour ce soir! Maintenant il faut dormir! se fâcha Edward en fermant la porte.
Il resta malgré tout assis sur le sol derrière la porte, écoutant ses filles sangloter et parler dans leur sommeil. Comme tous les soirs, il viendra leur répéter, quand elles dormiront, qu'il les aime que l'arrivée de leurs frères ne changera rien. Mais ce soir les entendre pleurer était terrible et Edward craqua. Il se demanda si Charlie n'avait pas eu raison…
Mais à sa grande surprise, c'est ce dernier qui interrompit ses pensées.
-Arrête ça mon garçon! Tu te débrouilles bien, tes filles ont du mal mais ça arrive à tous les enfants. Tu es inquiet et c'est normal mais tu es à la hauteur avec Bella, je te le promets! Même si, venant de moi, ça doit te paraître bien déplacé. Demain, tes parents vont gérer les filles et Tony et Gab ne vont s'occuper que d'eux seuls et toi et Bella vous irez au cinéma ou ailleurs.
-Tu crois?
-Essaie au moins, sourit Charlie tristement.
-Oui c'est vrai… Merci Charlie.
-Allez debout, avant qu'il ne me faille un treuil pour me relever et repartir. Remercie Jasper de m'avoir appelé.
Ils pouffèrent tous les deux et rejoignirent les autres, mais Charlie repartit. Edward prit ses deux grands dans ses bras.
-On ne veut pas partir, tu sais l'Artiste…
-Je sais…
-Pis, avec Bella, tu es un peu comme notre papa et notre maman, en plus d'être comme notre frère et notre sœur.
-Ok…
-Vous êtes notre famille.
-Et Bella et moi, nous sommes fiers et heureux de vous avoir nous! Vous restez là mais demain, vous sortez tous les deux, ciné, piscine, resto, ce qu'il vous plaît mais juste tous les deux. Je fais pareil avec Bell et on se retrouve demain soir! Mais en cas de soucis, vous nous appelez, on se retrouve pour une petite balade.
-Edward…. supplia Anthony.
-Si on reste tous les quatre, on ne va penser qu'à l'attitude des filles et ce qu'on fait de travers. Sinon nous allons au cinéma et… je ne veux pas que ça vous gêne, d'accord?
-Vendu, dit Gab. On se fait un cinéma ensemble enfin chacun de son côté, mais on se fait quelques boutiques ensemble, pour le fun… fringues de mec, tiens! Comme ça, Bella n'aura pas l'impression d'être hors norme. Et on se retrouve pour manger après! Salade ou un truc sympa pour tous.
-On peut y aller séparément si tu veux, l'Artiste? proposa Gab.
-Non… Non… Ca me va…
-Cool, départ à…?
-Neuf heures!
-Même avant! Prenez un petit déjeuner en ville, avec ton père, on vous l'offre, dit Esmée.
-Merci maman.
Edward rejoignit Bella, qui avait été se coucher, et son sommeil agité. La nuit fut difficile et c'est aux aurores que les adultes se levèrent. Après une douche rapide et un habillage tout aussi rapide, les quatre partirent. Lorsque le bruit du moteur ne fut quasi plus audible, les jumelles se réveillèrent appelant Tony et Gabriel.
C'est Carlisle qui rentra dans leur chambre.
-'addy?
-Bonjour Hope! Bonjour Haley!
-Où 'ny? Où 'ab?
-Ils sont partis en ville toute la journée..
-Haaaa
-'Pa… 'Ma…
-Ils sont partis aussi.
-'a pu 'Pa? 'a pu 'Ma?
-Mais vous n'avez pas été « gentilles », mais capricieuses, vous avez fait du mal à votre maman, votre papa, à Gabriel et à Anthony. C'est vilain! Alors Esmée et moi, nous allons nous occuper de vous.
La journée fut difficile. Esmée et Carlisle isolaient les jumelles à chaque caprice, refusant le chantage aux larmes. Seth refusa même que Baptiste joue avec Haley et Hope, parce qu'elles étaient « méchantes alors qu'elles avaient de la chance, elles avaient la meilleure maman du monde! » Il était sorti de la maison en claquant la porte, se réfugiant dans le jardin. Lili le suivit, le regard triste. Baptiste était au même moment dans les bras de Carlisle avec Patouche dans ses bras, en larmes.
Emmett était statufié par l'éclat de son fils, attitude inhabituelle pour ce grand calme. Jasper le retint de le rejoindre, mais sortit lui-même pendant qu'Alice apportait un jeu de construction pour les deux petites Cullen.
Dehors, Lili consolait Seth ou plutôt le laissait vider son sac :
-Elles ont de la chance, elles ont une maman, moi j'ai plus de maman! Y'a personne qui aime mon papa et moi assez fort pour rester avec nous. La maman de Baptiste est pas restée. Roselalie, elle aime mon papa, mais pas nous! Tu crois que si je m'en vais, Papa sera heureux avec Roselalie? Parce que moi, je peux partir! Je ne sais pas où aller mais je trouverais…
-Tu ne vas nulle part Seth! Ton papa serait très triste sinon…. Vous êtes une famille sans maman, en ce moment, comme, Papa et moi, au début, mais après Alice est revenue… Je ne sais pas si Rosalie va revenir… Mais je sais que tu es un super grand frère pour Baptiste.
-Il a pleuré parce que je voulais pas qu'il joue avec elles! JE NE SUIS PAS SUPER!
-Si! Tu as pensé qu'elles pouvaient lui faire du mal et tu l'as protégé… Tu aurais pu avoir peur de te faire punir…
-Ze serais puni, je le sais. Mais ze veux pas qu'elles soient messantes avec lui. Elles ont fait pleuré Tony et Gab… Tu te rends compte? Ze suis pas gentil aussi!Z'ai fait pleuré mon 'tit frère, sanglota Seth.
A cet instant Jasper décida d'intervenir, Lili voulut partir mais il la retint.
-Si Seth est d'accord, tu peux rester.
-Oui, je veux que Lilli reste, mais si elle veut aussi.
-Je reste, ajouta Lili de suite.
-Bon! Explique-moi un peu, pourquoi protéger ton frère et le faire pleurer aussi, c'est être un mauvais frère?
-Ben je dois pas le faire pleurer!
-Dis-moi, as-tu fait exprès de le faire pleurer?
-Non! Je voulais pas que les filles lui fassent du mal! Z'ai pas fait nexprès de le faire pleurer, c'est pas bien, ça, hein, Zapper?
-Je pense surtout que tu dois le dire à ton frère. Ce qui serait mal, c'est de ne pas vouloir expliquer, te moquer des larmes de ton frère. Mais ce n'est pas vrai?
-Non, je veux pas le faire pleurer.
-Bien, alors pour moi, tu es un super grand frère.
-Et Lili est crop zentille avec moi. T'as de a chance qu'elle soit ta fille.
-Oui, dit Jasper en regardant sa fille, les yeux brillants, j'ai de la chance.
-Mais je crois qu'on a eu de la chance tous les deux, parce que maintenant, j'ai un super papa!
-Dis Zazper, tu crois que, un jour, Roselalie, elle arrivera à me n'aimer un titit peu, pour rester dans notre maison et faire des étoiles dans les yeux de papa?
-Et Baptiste?
-Lui, c'est un titit qui fait du bruit mais tout le monde l'aime… Moi… Je ressemble à mon papa pas bien dans sa tête.
-Pourquoi tu dis ça? demanda Lili.
-Papa m'a expliqué que mon vrai papa, ben dans sa tête, y'a quelque chose qui allait à l'envers. C'est pour ça que maman, elle est pa'tie pour me protéger… C'est vrai, hein, Zapper?
-Oui, bonhomme, on peut le dire comme ça.
-Mais ce n'est pas tout vrai?
-Euh… non…
-Papa il a dit pour pas être messant avec mon vrai papa. Mais ze sais qu'il a fait le vilain avec maman. C'est un super vilain vilain qui me voulait pas! Lui aussi, il m'aimait pas!
-Seth! s'exclama Lili.
-Ben quoi? C'est vrai! Si j'avais pas eu mon papa n'héros… Ze serais pas là! Et pis maintenant, à cause de moi, sa namoureuse, elle revient pas!
Un toussotement se fit entendre :
-Seth, commença son oncle.
-Ze sait qui sait! C'est Roselalie, ta soeur et la namoureuse perdue de papa…
-Bonjour Seth, bonjour Lili, Jasper!
-Rose…
-Seth, tu veux bien parler avec moi? J'ai demandé à ton papa et il m'a dit que c'était à toi de décider.
-C'est vrai papa? demanda le garçon à son papa qui suivait.
-Oui mon grand. Si tu as envie de poser des questions vas-y. Je sais que tu en as plein et je ne peux pas répondre à toutes, alors…
-D'accord. Zasper, tu crois que je peux?
-Tu veux quoi?
-Rester tout seul avec Roselalie et ça ira?
-Je pense que oui et j'espère, répondit sincèrement l'adulte.
-Mais tu sais pas!
-Non.
-D'accord. Lili tu veux bien jouer avec Baptiste et lui faire des câlins. Je vais rester ici.
Lili lui fit un bisou et fila rejoindre Emmett et l'entraîna. Jasper suivit, non sans un regard à sa sœur qui répondit :
-Je te le promets.
-Tu as intérêt.
-Je t'appelle dès que nous avons un souci ou besoin.
-Bien. Seth?
-Z'ai entendu.
Jasper rentra aussi et les laissa seuls. Mais Seth parla rapidement.
-Pourquoi tu veux me voir?
-Parce que je crois tu as des questions à me poser.
-Vi… Pourquoi tu es partie?
-Euh…
-Moi je suis content, maman elle m'a donné un super papa trop fort. Mais après, tu pouvais reviendre. Pourquoi t'es restée messante? Pourquoi t'aimes pu mon papa qui est le meilleur au monde? Pourquoi tu m'aimes pas? C'est pour ça que t'aimes pu papa? Pake ze suis là? Si je m'en aille, tu reviendras naimer papa? demanda le petit, la voix pleine de larmes.
Enfin le le chapitre, le dernier que j'avais en avance ce qui sera plus simple j'espère maintenant… il me suffit d'emmener ma tablette pour écrire. Les choses vont avancer. Il reste peu à dire Emmett-Rosalie surtout, Bella et Edward, l'arrivée d'un petit dernier exceptionnel, et un saut dans le temps aussi et une fin… Tout ça nous rapproche de la fin après presque 3 ans et beaucoup d'aventure… pour celles qui ont la patience de me suivre encore.
Merci à Claire, toujours là, toujours à entendre ou sentir les choses, à corriger plus vite que son ombre. Elle a trouvé la fin terrible, et vous? Que répondriez vous?
25/25
