Coucou tout le monde ! Avant de vous laisser lire en paix ce nouveau chapitre, on m'a demandé quelques détails sur les Cours des Mirages…

Chaque Cour à une Triade à sa tête. Chacun des trois dirigeant porte le titre de Triade. Un Héritier est désigné dans chaque Cour, formé pour remplacer une Triade en cas de sa disparition pour conserver un trio dirigeant.

Les membres des Cours peuvent être appelés des Mirages. Certaines familles sont présentes depuis des générations, on parle alors de Familles ou Lignées Maîtresses. Les Prince, les Black et les Londubat en font parti.

Au niveau de l'organisation interne, les membres se divisent en trois groupes, en fonction de leurs activités : Politique, Mercenaire, Contrebandier. Vladmir, Katya et Lucius, dirigeants et Lords, avec un rôle important dans le monde sorcier, sont des Politiques. Neville et Augusta, spécialisés dans les empoisonnements, sont des Mercenaires. Severus est un Contrebandier, spécialisé dans la fabrication et la vente de potions.


Chapitre 38 : Présenter des excuses

La vie dans le château de Poudlard poursuivait son cour. Les journées se succédaient, rythmées par les études, les groupes de travail et les discrets trafics de l'Alliance. Le seul point négatif pour le petit groupe était Vladmir… Dire que le Serdaigle broyait du noir était un euphémisme.

Vladmir Vissilievitch Kemenov se sentait coupable car, comme tous les Mirages, il avait une certaine éthique. On ne s'en prenait pas aux innocents. Certes, tout le monde pouvait devenir une source de chantage afin de faire pression sur certaines personnes, mais aucun mal ne leur était fait malgré les menaces. C'était le crédo universel de toutes les Cours des Mirages à travers le Monde. La règle qui protégeait depuis tout ce temps le monde souterrain de la Mafia Magique.

Et Vladmir avait rompu cette règle… Il avait donc le moral à zéro et cela se ressentait…

Quelques jours après la nouvelle de l'innocence de Sirius Black, alors que Vlad s'enfonçait dans le remord, les Serdaigles et les Serpentards eurent finalement le cours de Défense Contre les Forces du Mal tant attendu. Les Gryffondors et les Poufsouffles avaient raconté leur journée face à un Epouvantard et ils attendaient avec impatience ce cours.

Toutes les Maisons devaient convenir d'une chose : le professeur Lupin était le meilleur enseignant qu'ils aient eu depuis… au moins 7 ans, d'après les dernières années. Même les Serpentards étaient de cet avis, bien qu'ils maintenaient officiellement une façade hautaine et méprisante envers le professeur. Un homme représentant l'autorité se devait de respecter certains codes vestimentaires, d'après Drago, soutenu par son parrain et professeur de Potions, et Remus Lupin, avec son teint maladif et ses robes rapiécées ne rentrait pas dans les critères des Serpentards.

Le cours de Défense Contre les Forces du Mal se révéla aussi génial qu'annoncé par les autres Maisons. Durant les deux heures, les rires fusèrent. Cela commença dès l'annonce de la formule magique Ridikulusou comment faire de sa peur une source de rire. La bonne humeur ne fut gâchée que par quelques cris de frayeur, quand les étudiants passèrent tour à tour devant l'Epouvantard.

Toutefois, si la plupart des élèves prenaient ce cours comme un jeu, d'autres observaient avec attention les peurs des étudiants. Après tout, cela pouvait toujours servir à manipuler les autres, mais aussi révéler également des bribes de passé. Kévin, tranquillement au fond de la file, ne perdait pas une miette des informations dévoilées.

Ainsi, Drago était effrayé par les clowns, une expérience malheureuse lors d'une de ses rares sorties dans le monde moldu, quant à Théodore, il était terrifié pas explosions brutales. Kévin, intrigué, se promit d'approfondir la question car c'était une peur étrange, sûrement issue d'un mauvais souvenir...

D'autres étudiants passèrent lorsque Lupin appela une nouvelle élève de Serpentard. Kévin étouffa un rire amusé alors que Drago lui jetait un regard entendu. La plus grande peur de Pansy Parkinson était… lui-même !

L'Epouvantard avait en effet pris l'aspect d'une ombre terrifiante à la voix doucereuse qui avait susurré des choses plutôt avilissantes à la jeune femme. En larmes, Pansy n'avait pas pu se défendre contre la créature, sous les rires narquois de Drago et ses amis. Visiblement, même les Serpentards n'appréciaient pas la jeune Parkinson. Le seul bémol fut le regard sombre du professeur Lupin, qui demanda à Pansy de rester à la fin du cours.

Kévin perdit toutefois toute envie de rire quand il se retrouva confronté à sa propre peur. Comme Hermione, il n'avait jamais eu de vrais amis et sa propre famille l'évitait… Alors voir ses amis lui tourner le dos le glaça sur place... Jusqu'à ce qu'il jette un coup d'œil à Drago et Vladmir.

Inspirant profondément, Kévin esquissa un petit sourire et se redressa dans toute sa splendeur, fixant les faux Drago, Neville, Hermione et Vladmir.

-Jamais ils ne se détourneront de moi, déclara-t-il avec conviction.

L'Epouvantard trembla légèrement, mais le visage de Drago se fit moqueur alors qu'Hermione se contentait de se détourner de lui.

-Jamais je ne renierais mon amitié, déclara le vrai héritier Malefoy en posant une main sur l'épaule de Kévin. Il était hors de question pour le Serpentard que son ami ait peur de leur rejet…

L'Epouvantard frémit à nouveau et son apparence hésita entre un clown et les amis de Kévin, avant de conserver uniquement l'apparence de Vladmir.

-Jamais je ne te tournerais le dos, Kév, rajouta Vladmir. Et je sais que c'est le cas également de Neville et d'Hermione… Tu sais ce que nous sommes, une Alliance comme la nôtre ne peut être brisée.

Les paroles de Vladmir prenaient tout leur sens aux oreilles du Serdaigle. Ils étaient tous unis par des liens qui allaient au-delà de l'amitié. Ils étaient une grande famille, unie envers et contre tous.

L'Epouvartard, perturbé, se fixa sur Vlad et soudain, il commença à changer alors qu'il laissait en lui les propres frayeurs. L'air se chargea d'une odeur ferreuse caractéristique. L'odeur du sang... Mais avant que le Russe n'ait eu le temps de lever sa baguette et que l'Epouvantard prenne l'apparence de sa plus grande peur, quelqu'un interféra.

-Ici !

Le faux Vladmir se concentra sur le professeur Lupin et il se transforma vivement en une sphère argentée, flottant à quelques centimètres du visage émacié.

Le Russe, déjà silencieux et renfrogné depuis l'annonce de l'innocence de Sirius, observa avec une lueur de colère le professeur. Totalement inconscient du regard noir de Vladmir, Lupin jeta le sort et la lune devint un ballon qui se dégonfla bruyamment.

-Allez M. Malefoy, finissez-en lui !

Drago jeta un regard inquiet à Kévin et s'avança vers le clown ricanant. Seul ce dernier vit Vladmir sortir silencieusement de la salle de cours et il jura tout bas, croisant les doigts pour que le cours finisse rapidement.

La sonnerie retentit quelques minutes plus tard et le Serdaigle fut le premier à quitter le cours, partant à la recherche de son ami. Il finit par trouver Vladmir dans la pièce d'études de leur Salle Commune, travaillant en silence sur son devoir de Métamorphose. Malgré tous ses efforts, Kévin ne réussit pas à lui faire desserrer les dents et il abandonna. Les Kemenov étaient têtus et Vladmir pouvait être un véritable mur de fer quand il ne voulait pas parler...

Kévin sortit donc ses affaires et s'attela à ses devoirs. Il était hors de question d'abandonner son ami. Il ne le laisserait pas seul dans cet état mêlant colère et douleur. Et visiblement, il ne fut pas le seul quand Luna vint les rejoindre. Kévin l'observa serrer brièvement le bras du Russe dans un geste de réconfort avant de s'installer en silence avec eux.

Le lendemain matin, Vlad n'avait toujours pas desserrer les dents et son meilleur ami fut forcer d'intervenir. Kévin glissa un mot à Neville et Hermione avant d'aller prendre son petit déjeuner, surpris de trouver la lionne dans le même état d'esprit que le Russe. Il pouvait sentir les ondes de Magie Noire irradiées du corps d'Hermione. Elle était furieuse, mâchant avec hargne un pauvre toast qui ne lui avait rien demandé tout en lisant la Gazette du Sorcier.

-Dispute avec Ron, expliqua Neville avant que Kévin ne lui pose la question. Pattenrond a tenté de croquer un bout de son rat.

-C'est un fléreur, quoi de plus normal ?

-Visiblement, Ronald a du mal à comprendre cela ! Comment va Vlad ?

Neville regarda le Russe en posant la question, seul dans un coin de la table des Serdaigles, ruminant ses pensées avec un visage sombre.

-Ca ne s'améliore pas. Il a très mal pris le fait que Lupin l'ait empêché d'affronter l'Epouvantard en cours. Sa fierté en a pris en coup.

-Il est né pour se battre et diriger, soupira Neville. Il…

-Dites les gars, vous avez lu les nouvelles ?

Hermione leur désignait la Gazette des Sorciers, légèrement pâle. Neville secoua la tête et leur tendit le papier.

Il se saisit du journal et fronça les sourcils en lisant la une.

Le dangereux meurtrier Sirius Black armé !

Hier soir, tard dans la soirée, Sirius Black a été une fois de plus repéré en Ecosse. Après Pré-au-Lard, il a été vu à Saint-Dewl, petit village sorcier dans les Highlands.

Poursuivi par des inconnus, un violent échange de sorts a eu lieu entre Black et deux sorciers masqués, alertant les habitants. Malgré l'arrivée rapide des Aurors, Black, tout comme ses adversaires, avait déjà disparu.

D'après les témoins, Black serait grièvement blessé et armé d'une baguette magique ainsi que d'un poignard.

Afin d'avoir de plus amples renseignements, le Ministère de la Magie recherche les deux inconnus. Tous deux d'1m80 environ, le seul signe distinctif est une cape sombre portant un motif sur le dos.Si…

Neville leva la tête pour voir Vladmir. Le Russe avait les yeux figés sur le journal et il leva la tête pour croiser son regard. Ce que vit Neville le rendit mal à l'aise. Les yeux du jeune russe étaient totalement inexpressifs. Il avait déjà vu cette absence de lueur... C'était ce même regard qu'avait eu Vlad lorsque Nataskha était morte. Ce même regard qu'il avait eu lorsqu'il était entré dans l'aire de duel…

-Je vais voir le professeur Flitwick, murmura Kévin. Et je pense qu'il va falloir prévenir Katya.

-Réunion ce midi, compléta Neville en effleurant son gallion enchanté.

C'est pour cela que quelques heures plus tard, toute l'Alliance se retrouvait installée dans la Chambre des Secrets à débattre du cas Kemenov. Mais un invité s'était joint à la discussion et observait avec incrédulité le basilic de Serpentard tranquillement enroulé sur lui-même dans un coin de la pièce, sifflant dans son sommeil.

-Excusez-moi Professeur, mais… pourquoi êtes-vous ici ? demanda Cédric en contemplant Filius Flitwick, tranquillement assis au côté de Luna. Le malaise du Poufsouffle était flagrant. Savoir qu'un professeur soutenait la contrebande dans l'école était déjà choquant, mais savoir que Severus Prince n'était pas le seul était encore plus traumatisant.

Le petit gobelin sourit en retroussant sa manche, dévoilant le tatouage de l'Underground.

-Je suis un ancien de l'Underground et je suis un des premiers à être revenu lors de sa reconstruction récente…

Severus ne dit rien mais ses yeux pétillèrent d'amusement. Dire que Filius avait été choqué de découvrir le nouveau statut de Severus dans la Cour des Mirages était ironique. Le gobelin avait manqué de tomber de sa chaise lorsqu'il avait rencontré les trois Triades.

-Comment va Vladmir ? demanda André en apparaissant sur les genoux de Luna, qui le serra tendrement dans ses bras.

-Il fait peur à voir, soupira Neville.

-Peur ? releva Cédric. Il fout les jetons, oui ! Bon sang, aucun Poufsouffle n'ose l'approcher à moins de 2 mètres tellement il envoie des ondes sinistres ! Il fait le même effet que les Détraqueurs !

-Tu n'exagères pas un peu, là ? demanda Severus tout en appelant son elfe de maison. Une petite créature apparut, portant un plateau couvert de petites pâtisseries et d'une énorme théière. Elle servit tout le monde avant de disparaître dans un pop inaudible, tandis que Severus glissait quelques gouttes de potion relaxante de sa propre composition dans chaque tasse.

-Non, il n'exagère pas vraiment, soupira Kévin en distribuant les tasses. Il jette des regards noirs à tout le monde et il a les nerfs à fleur de peau. J'ai cru qu'il allait ensorceler Lupin hier. Avoir blessé un innocent le ronge, littéralement, surtout qu'il s'agit d'un membre de sa propre famille.

-Il a revêtu son masque de guerre. Il est en conflit avec lui-même, expliqua doucement Filius. Je suis prêt à parier que le fait qu'il l'ait laissé pendant douze ans à Azkaban joue également sur son état.

-Il n'y a pas de raison pour qu'il se sente coupable de cela, fit remarquer Hermione.

-Non, mais ce ne serait pas surprenant qu'il ait des regrets quand même.

Severus Prince soupira et leur expliqua doucement la règle primordiale des Cours des Mirages. Protéger les innocents était un point sur lequel la mafia magique était intransigeante. Que son propre parrain, surtout un ancien membre des Cours issu d'une vieille lignée Maîtresse, ait subi ces injustices devait effectivement le miner moralement.

-Je suis passé le voir hier soir, mais il a de nouveau enfermé tous ses sentiments dans la pièce secrète de son esprit, annonça André, ce qui fit grimacer le professeur de potions. Il se souvenait parfaitement de la dernière fois et il ne voulait pas retourner fouiller dans les souvenirs de Vladmir. Les placards fermés de la mémoire du sedaigle l'étaient pour une bonne raison.

-Il n'a pas décroché un mot depuis hier, rajouta Kévin.

-Savez-vous si Katya lui a dit qu'ils traquaient Black avec acharnement ?

Aux yeux surpris de tous, il comprit que non. Pourtant, la Triade de l'Underground avait fait de la recherche de Sirius Black la principale mission. Il comprenait mieux la soudaine métamorphose du Russe au petit déjeuner. Apprendre par le torchon national que l'Underground traquait son parrain devait être un choc, pour un Prince de la Cour Russe. Son statut aurait dû l'assurer d'avoir ce genre d'informations.

-Le seul point positif, annonça Drago, c'est que nous savons que Black est en vie.

-Je vais me renseigner sur l'état exact de Black, soupira Severus en se levant. Je vous tiendrais au courant. Au fait, Miss Lovegood, j'ai entendu une étrange rumeur… vous auriez fait un pacte avec Peeves ?

Severus retint un rire en voyant les jumeaux Weasley sourirent. Peeves était un de leur complice dans les nombreuses farces qu'ils faisaient, bien que l'implication de l'esprit frappeur soit un secret jalousement gardé par l'Alliance. Luna leva la tête du Chicaneur, eut un sourire lumineux et hocha la tête.

-Il virevolte dans les recoins du château.

-Intéressant. Il vous a dévoilé de nouveaux passages secrets ?

-Pré-au-Lard.

-On le connaît déjà ! dirent en cœur les jumeaux Weasley.

Severus esquissa un sourire. Evidemment qu'ils le connaissaient, c'était par là que toutes les marchandises de contrebande circulaient. Restait à savoir quels étaient les autres tunnels qu'ils avaient découverts...

Après s'être assuré qu'ils avaient tous avalé leur thé, le professeur de potions leur conseilla de rejoindre les cours et disparut dans son tournoiement de cape habituel. Il devait voir Lucius et surtout, Katya.

-Bon… Et maintenant ? demanda Kévin en attrapant ses affaires.

-Maintenant… cours d'Initiation aux Moldus, ronchonna Drago.

-Qu'étudiez-vous ? demanda avec curiosité Hermione en se levant.

-L'électricité, soupira Fred.

-Papa est fou depuis qu'il a appris les nouveaux cours, acquiesça George. Il envisage même de s'inscrire aux cours en candidat libre, tu y crois ?

-Même si je ne suis toujours pas un grand adorateur des moldus, c'est fascinant de voir comment ils ont pallié le manque de magie, avoua Drago en s'avançant vers l'entrée de la Chambre des Secrets, enjambant au passage une queue de serpent géante.

-La voie est libre, annonça la porte magique du QG de l'Alliance.

Kévin caressa tendrement le flan de Sasssly avant de sortir en toute tranquillité. Ils avaient raté le repas du midi, mais leur ami était plus important qu'un repas dans la Grande Salle, quoi qu'en disent les autres étudiants.

Les troisièmes années se séparèrent des autres membres de l'Alliance alors que chacun rejoignait ses classes et ils se dirigèrent vers les salles de cours. Après avoir pris les immenses escaliers magiques, ils tombèrent nez-à-nez au détour d'un couloir avec Vladmir, qui se joignit à eux en silence.

-Vous avez bien discuté de mon cas ? demanda-t-il d'une voix atone après quelques minutes de marche.

Hermione rougit légèrement puis soupira avec résignation.

-On s'inquiète pour toi, Vlad.

-J'irais bien le jour où j'aurais Black devant moi, vivant et que je pourrais lui présenter mes excuses.

-Ils le cherchent, l'avertit Neville.

-Je le sais depuis la lecture de la Gazette et je m'en doutais. J'aurais toutefois préféré qu'ils me le disent, surtout que j'ai du sang de Black dans une fiole, ce qui pourrait les aider.

-Tu leur en veux parce que tu aimerais être avec eux pour le chercher, réalisa Hermione.

Vladmir pinça les lèvres mais ne répondit pas.

-Jeunes gens, les cours vont bientôt commencer et vous savez que nous ne tolérons pas les retards...

Les cinq étudiants se tournèrent vers les professeurs Tonks, Selwyn et Lupin qui venaient visiblement de la Grande Salle. Ils n'avaient pas réalisé qu'ils s'étaient arrêtés en plein milieu d'un couloir.

-Miss Granger, avez-vous eu le temps de préparer votre exposé ? demanda Selwyn.

-Oui Monsieur, sourit Hermione.

-Vous avez cours d'Initiation à la Civilisation Sorcière ? s'étonna le professeur Lupin.

-En effet Monsieur, je suis née-moldue, de même que Kévin.

-Mais…

-Ce sont eux dont je t'ai parlé, Remus, sourit Selwyn en voyant Vladmir tendre la main en direction de Neville. Le Gryffondor soupira en déposant dans la paume du Russe quelques galions.

-Mais… répéta Lupin.

-Quoi ? Surpris que des sang-purs puissent s'acoquiner avec des sang-de-bourbes ? grogna Vladmir en glissant l'argent dans sa poche.

-Vlad ! s'écria, outrée, Hermione, tandis que Drago et Neville l'observaient avec stupeur et réprobation.

-Quoi ? répéta avec hargne son ami. Il nous a jugés en quelques minutes dans le train, sans rien savoir sur nous.

-Vladmir Vassilievitch... souffla Kévin. Garde ton rang.

-Qu'il aille au diable,cracha Vladmir.

-Monsieur Kemenov, vous viendrez en retenue ce soir avec moi à 18h, annonça calmement le professeur Lupin. J'ose espérer ne plus jamais entendre un tel langage venant de vous.

Vladmir se contenta d'hocher sèchement la tête et partit rejoindre la salle de cours d'Initiation à la Culture Moldue sous les regards surpris de tout le monde. Il fut vite rattrapé par ses amis des Cours d'Initiations à la Civilisation Sorcière.

-Depuis quand parles-tu le Russe ? souffla Hermione en partant dans la direction opposé avec Kévin, suivis plus lentement par le professeur Selwyn.

-J'ai déniché un sort dans la bibliothèque pour l'apprentissage des langues. J'ai pu approfondir le Fourchelangue avec l'aide de Sasha et surtout, j'ai pu maîtriser le Russe. C'est pratique, étant donné qu'on passe pas mal de temps chez Vlad.

-Quel sort ? demanda avec des yeux émerveillés Hermione.

-Je te le montrerais, rit Kévin.

-Vlad, garde ton rang, murmura au même moment Neville alors qu'ils s'asseyaient devant leurs tables moldues, reprenant sans le savoir les mêmes paroles que Kévin quelques minutes plus tôt. En réponse, Vladmir se contenta d'émettre un reniflement rageur. Il n'avait pas spécialement envie de conserver la façade bien propre d'un héritier sang-pur, pour le moment...

Ignorant l'état d'esprit d'un de ses élèves, le professeur Tonks fit l'appel rapidement et leur sourit.

-Comme vous pouvez le voir, après deux semaines à vous présenter l'importance de l'électricité et ses multiples usages, nous allons passer aux systèmes de transport moldus. Nous autres sorciers utilisons principalement le transplanage. Ce mode de transport représente 67% de nos déplacements, suivi la cheminette pour 25% dès que les distances sont trop importantes ou encore pour pallier aux zones anti-transplanage comme le Ministère de la Magie. Les 8% restants sont les transports par balai ou tapis. Les moldus ne peuvent pas se déplacer de manière semblable. Ils ont donc trouver des techniques alternatives basées sur les règles physiques et la science. Je vais vous présenter 5 types de transports moldus. Quelqu'un peut me citer un exemple ? M. Malefoy ? s'étonna Androméda Tonks en voyant son neveu lever la main.

-La voiture.

-Exactement. Il s'agit du principal mode de déplacement. Une idée de son pourcentage d'utilisation ?

-80%, supposa l'héritier Malefoy.

-Un peu moins. Les transports routiers constituent 75% des déplacements. Cela comprend les voitures individuelles, les autocars, les camions…

Tout en donnant les noms, le professeur Tonks montrait à l'aide d'un projecteur et de petites voitures pour enfants les différents types de véhicules.

-Une autre proposition ? Miss Abbot ?

-Le train, annonça la Poufsouffle.

-Effectivement. Le Poudlard Express est un exemple, bien qu'il roule au charbon. De nos jours, les locomotives sont principalement alimentées par le gasoil ou encore l'électricité. Ensuite ? Oui Miss Patil ?

-L'a… L'arion ? annonça la Serdaigle.

-L'avion, reprit le professeur Tonks. M. Kemenov, si mon cours ne vous convient pas, vous savez ce qu'il vous reste à faire !

Vladmir, qui regardait par la fenêtre, perdu dans ses pensées, tourna lentement la tête vers la professeur d'Initiation à la Culture Moldue. La ressemblance frappante entre Androméda Tonks et Sirius Black le frappa de plein fouet alors qu'il se souvenait qu'ils étaient cousins et il se leva lentement, jetant son sac sur son épaule.

-Monsieur Kemenov que croyez-vous faire ? demanda d'une voix glaciale le professeur.

-Je quitte votre cours, Madame, déclara calmement Vladmir en s'avançant vers la porte. Il vit un sort passer devant lui et d'un geste de la main, désactiva l'enchantement qui venait de verrouiller la porte.

Il entendit à peine les points déduits à Serdaigle et partit se réfugier au sommet de la tour d'Astronomie afin de se retrouver seul.

Malgré le froid de cette fin de Septembre, il avait chaud et était énervé... Vladmir quitta donc sa robe d'école et desserra sa cravate en s'installant sur les remparts de la tour.

Songeur, il observa le vent souffler dans les feuilles des chênes centenaires de la Forêt Interdite. Les premières couleurs automnales apparaissaient déjà… Cette vue l'apaisa rapidement et il put enfin réaliser ses derniers actes.

Il savait qu'il avait agi sur un coup de tête stupide. Il n'aurait jamais dû parler à Lupin ainsi. L'homme ne le méritait pas, pas plus que le professeur Tonks… Il aurait encore des excuses à présenter… Et ses amis… ses amis l'avaient soutenu discrètement… Eux aussi avaient le droit à son mea culpa.

Il ne savait pas depuis combien de temps il était restait immobile, perdu dans ses pensées, quand il sentit une présence derrière lui.

-Qu'est ce qui t'arrive Vladmir ? demanda une voix douce. Ce n'est pas ton genre de quitter un cours ou de t'en prendre à un professeur…

Vladmir tourna la tête vers la nouvelle Directrice de Poudlard. Augusta s'installa tranquillement à ses côtés, ses jambes couvertes de sa robe de sorcière pendant négligemment dans le vide.

-Comment saviez-vous que j'étais ici ?

-Les directeurs ont accès à certaines ressources pour surveiller une aussi grande école, sourit la matriarche des Londubat.

-Les tableaux ?

-Entre autres, éluda la vieille femme. Alors, que se passe-t-il ?

-Je… j'aimerais prendre part à la recherche de Black, souffla le Russe.

-Non.

Le ton était doux, mais irrévocable. Augusta le regarda avec sérieux, sachant parfaitement que le souhait le plus profond de l'adolescent face à elle était de retrouver Black. Heureusement, sa motivation avait changé.

-On sait que Sirius veut te voir. En restant ici, il est probable qu'il tente de te joindre d'une manière ou d'une autre.

-Je…

-Tu lui présenteras tes excuses quand on l'aura retrouvé. En attendant, tu as une retenue dans moins d'un quart d'heure jeune homme. Le professeur Tonks t'en a également donné une pour demain soir.

-Et concernant la sortie à Pré-au-Lard ? Katya…

-J'ai prévenu Katya de tes problèmes. Elle n'a pas voulu te punir pour cela. Tu pourras y aller ce week-end.

-Je suis désolé…

-Ce n'est pas à moi que tu dois le dire, Vladmir. Mais tu le sais, annonça doucement Augusta. Maintenant, va rejoindre le professeur Lupin avant d'être en retard.

Vladmir se leva lentement et récupéra sa robe avant d'aider la Directrice à se lever.

-Merci, je ne suis plus toute jeune.

Vladmir se contenta d'un pâle sourire avant de descendre lentement les escaliers de la Tour d'Astronomie tandis qu'Augusta le suivait des yeux. Il parcourut le dédale de couloirs menant au domaine de Lupin et finit par s'arrêter devant la porte du bureau du professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

Il inspira lentement et frappa.

-Entrez ! Ah, M. Kemenov, entrez !

Remus Lupin était assis à son bureau, derrière une pile impressionnante de copies. Vladmir entra lentement, observant les lieux discrètement. Des dizaines d'étagères remplies de livres couvraient les murs de la pièce. Quelques objets magiques trônaient également, dans un étrange bazar ordonné. Il reconnaissait une glace à l'ennemi, un scrutoscope de bureau, une antenne de magie noire…Cela changeait du bureau de Lockhart, tout en luxe ostentatoire et narcissisme.

-Asseyez-vous, soupira l'homme, le tirant de sa contemplation.

Vladmir pinça les lèvres et s'installa devant le bureau de l'homme, dans un fauteuil moelleux qui venait d'apparaître.

-Avant toute chose, Professeur, je tiens à vous présenter mes excuses pour mon comportement de cet après-midi, dit doucement le Serdaigle en se tenant bien droit dans son siège.

Remus Lupin lui jeta un regard songeur et Vladmir pensa encore une fois que la couleur ambrée de ses iris était surprenante. Il pouvait presque sentir une note… animale derrière. La nature exacte du professeur commença lentement à se dessiner dans son esprit.

-Je vous excuse. La Directrice nous a prévenus en début de semaine que vous aviez subi une dure épreuve, bien qu'elle n'ait pas précisé sa nature exacte. Ses propres mots étaient que vous alliez probablement développer un comportement distant et effacé, mais une sensibilité à fleur de peau…

-Que dois-je faire ? demanda Vladmir après quelques instants de silence gênant. Pour ma retenue, rajouta-t-il en voyant le regard interloqué de Lupin.

-Voulez-vous une tasse de thé ?

Vladmir, surpris, se contenta d'acquiescer. Le professeur Lupin agita sa baguette et dégagea un espace sur le bureau avant de faire apparaître un service à thé.

-Il est à la bergamote, annonça Lupin en lui tendant une tasse.

Vladmir la prit et en huma le parfum qui lui rappela ses soirées avec Katya dans la bibliothèque du palais Kemenov. Le thé à la bergamote était le préféré de sa tante. Le professeur le savait-il ?

-Merci. Mais…

-Je ne vous ferais pas copier des lignes, ni récurer des chaudrons. Je veux juste discuter avec vous.

-De quoi ?

-Ce que vous voulez.

Ce qu'il voulait ? Vladmir songea à ses interrogations concernant les yeux ambrés de l'homme. La lueur animale, sa réaction face à Hermione, le reniflement intempestif, l'Epouvantard…

-Etes-vous un loup-garou ?

Lupin manqua de recracher son thé et se tamponna délicatement les lèvres avec un mouchoir. Vladmir admira sa maîtrise, surprenante s'il ne s'était pas trompé de créature magique. Pas aussi près de la pleine lune.

-En effet. Comment l'avez-vous deviné ? Votre tante ? supposa le professeur de Défense.

-Non.

-J'aurais pensé qu'elle vous parlerait de tout ça, hasarda Lupin.

-Elle m'a effectivement parlé de nombreuses choses sur ma famille et les années d'études à Poudlard de mes parents. Je sais que vous étiez un des meilleurs amis de mon père. Que vous avez été préfet avec ma mère. Que vous avez été témoin à leur mariage. Que si j'avais eu un petit frère ou une petite sœur, vous auriez été son parrain…

Lupin sembla étonné et touché par cette dernière information. Vladmir esquissa un petit sourire.

-Mais elle ne m'a jamais dit que vous étiez un loup-garou… reprit-il.

-Alors comment avez-vous deviné par Merlin ? s'exclama Lupin. La première pleine lune n'est pas encore arrivée !

-Statistiquement, les yeux ambrés comme les vôtres sont plutôt rares, moins de 10% de la population. Parmi ces 10%, 90% sont des loups-garous. Vous avez aussi reniflé Hermione, dans le train, un comportement plutôt canin. Et votre pire peur est la pleine lune…

-Vous êtes bien un Serdaigle, sourit Lupin en prenant une nouvelle gorgée de thé. Maintenant, pourquoi avez-vous réagi si… vivement cet après-midi ?

-Sauf votre respect, Professeur, vous nous avez jugés en un clin d'œil, dans le Poudlard Express. Nous avons tous remarqué votre mépris pour Drago, votre déception à mon écart…

-Vous n'avez pas repris Monsieur Malefoy alors qu'il venait de faire preuve d'un manque de respect flagrant envers vos amis. Vous n'êtes pas sans savoir que votre mère était une née-moldue, n'est-ce pas ?

-Il n'a jamais utilisé de termes injurieux et énonçait un constat. Hermione et Kévin sont des exceptions. Ils connaissent l'étiquette quasiment sur le bout des doigts, tout comme nos traditions. Ce n'est pas le cas de la plupart des nés-moldus, même après être entré dans la vie active.

-Donc la rumeur disant que les deux étudiants introduits l'année dernière aux Saturnalia étaient des nés-moldus est véridique ?

-Oui. Pourquoi ne m'avez-vous pas laissé affronter l'Epouvantard ? demanda Vlad en changeant soudainement de sujet.

-Et bien, dit Lupin en fronçant les sourcils, j'ai supposé que face à vous, il aurait pris l'apparence de Voldemort.

Vladmir haussa un sourcil sous le nom du Mage Noir, récoltant un regard gêné du professeur.

-Apparemment, je me suis trompé. Voulez-vous vous confronter à lui ?

Lupin désigna la caisse qui traînait dans un coin de la pièce. Elle trembla comme si l'Epouvantard enfermé à l'intérieur sentait leur attention, soulevant un nuage de pousière.

-Pas vraiment. Je pense qu'il prendra l'apparence de Natashka ou Black.

-Vous n'avez pas à avoir peur de Black.

-Je n'ai pas peur de lui, j'ai peur pour lui…

Lupin fronça les sourcils et allait parler quand il fut interrompu par des coups frappés à la porte. Severus entra, un gobelet fumant à la main.

-M. Kemenov… J'ai ouï dire de votre comportement surprenant… Lupin…

-Merci beaucoup, Severus. Voulez-vous bien le mettre sur mon bureau ?

Vladmir fronça le nez sous l'odeur écœurante de la potion que venait de poser Severus devant le professeur de Défense.

-Potion Tue-Loup ?

-En effet, répondit Severus sans être surpris des connaissances de Vladmir. Vous devriez boire cela immédiatement Lupin.

-Ce que je vais faire, dit le concerné en joignant le geste à la parole, grimaçant sous le goût de la décoction.

Vladmir, habitué aux expressions faciales du ténébreux professeur de potions, nota la lueur de colère refoulée envers l'homme dans les yeux noirs. Il le suivit des yeux lorsque Severus les quitta et demanda à Lupin les raisons de sa colère envers lui.

-Je suis surpris de voir qu'il reste cordial avec vous, Vladmir, tenta d'éluder l'homme. Severus avait une dent contre James et connaissant son caractère, j'aurais pensé qu'il vous aurait haï.

-Alors vous le connaissez mal. Et je sais que le Professeur Prince n'est pas du genre à détester une personne pour une broutille.

Lupin soupira et croisa les mains devant lui, son visage se creusant sous un mauvais souvenir.

-C'est lié à une mauvaise blague lors de notre scolarité. Vous connaissez bien le Professeur R… Prince ?

Vladmir sourit en se levant.

-Passez une bonne soirée Professeur !

Et le Russe se rua hors du bureau, laissant en plan un professeur surpris qui fixa son horloge murale. L'heure de retenue était finie, à la seconde près. Et cette discussion le laissait avec plus qu'interrogations qu'au début. Que savait le jeune Vladmir Kemenov de Sirius Black ? Comment avait-il pu suffisamment connaître Severus Prince pour savoir détecter ses expressions pourtant très discrètes ?

Remus Lupin soupira. Son instinct lui disait que cette année serait mouvementée…

Le lendemain matin, Vladmir présenta à ses amis des excuses pour son comportement, excuses qu'il enchaîna avec le professeur Tonks.

-Je les accepte, mais cela ne vous dispense pas de venir ce soir en retenue Monsieur Kemenov, annonça Androméda Tonks avec sévérité. Votre attitude était inadmissible, surtout pour un héritier de votre rang.

Vladmir soupira, acceptant la remontrance en silence, avant de retourner en cours. C'est ainsi qu'il se retrouva à 19h le soir même devant un écran d'ordinateur, à fixer, hébété, la surface totalement opaque avec Drago.

-Qu'est-ce que tu as fait pour être ici ? demanda finalement Vladmir à son ami.

-Une dispute assez animée avec Parkinson. Sev se charge de son cas…. J'aurais préféré récurer des chaudrons, rajouta Drago en fixant avec angoisse l'étrange boîte sombre et le pavé rattaché.

-Allons Messieurs, rit le professeur Tonks. Ce n'est pas bien compliqué et estimez-vous heureux ! Vous êtes les premiers à découvrir les joies de l'ordinateur et d'internet ! Maintenant, attrapez cette souris !

Drago et Vladmir échangèrent un regard désespéré, avant d'obéir. Ils réussirent à allumer l'ordinateur et à utiliser la souris et le clavier, avant de réaliser tout le sadisme d'Adroméda Tonks née Black.

Ils se retrouvèrent à faire des lignes sur un logiciel de traitement de texte. « Apprendre à maîtriser mon sale caractère, je suis sang-Pur et bien éduqué» pour Vladmir et « Ne pas insulter une fille même si elle le mérite, je suis un Malefoy par Merlin » pour Drago. Des phrases toutes en ironie mordante... Autant dire qu'en une heure, ils remplirent chacun une simple page sous les rires légers de leur professeur, occupée à noter leurs devoirs.

Leur histoire faisait encore les choux gras de l'Alliance alors qu'ils sortaient tous ensemble à Pré-au-Lard le week-end suivant. Vladmir avait eu quelques moments de morosité, mais à chaque fois, ses amis lui rappelaient les lignes sur l'ordinateur, lui redonnant le sourire.

Lorsqu'ils arrivèrent enfin à Pré-au-Lard après une bonne demi-heure de marche depuis le château, Hermione et Kévin découvrirent un des rares villages sorciers d'Angleterre. La rue centrale, commerçante et animée, rappelait le Chemin de Traverse mais en version rurale. Les pavages de la rue centrale étaient un peu boueux et Neville avait ri quand une poule avait jailli sous le nez d'Hermione, la faisant sursauter. Cette bonne humeur fit disparaitre les derniers vestiges du malaise qui les avait tous saissi en passant l'entrée du château, gardée par deux Détraqueurs,

-C'est… commença Kévin en regardant le village.

-Pittoresque, sourit Hermione. J'ai l'impression d'être revenue au XVIIIème siècle !

-On va faire les magasins ? demanda Cédric.

-Tu ne voulais pas y aller avec tes amis ? s'étonna Neville.

-Oui, trainez avec des troisièmes et cinquièmes années est mauvais pour ton image de parfait Poufsouffle, rit Fred.

-J'évite Chang. Elle me colle un peu trop.

-Elle crie partout qu'elle sera ta prochaine petite amie, ricana George.

-Elle ? Pitié, non ! s'horrifia Cédric.

-Alors qui ? taquina Neville.

- Eh bien, j'avoue que j'ai un faible pour Eleonara Ogden.

-Tu vises haut ! Il paraît que Lord Ogden surveille de près les prétendants de sa fille.

-Mon père est en négociation pour un contrat de mariage… Zonko en premier ?

Les regards narquois que récolta Cédric sous son esquive flagrante le firent soupirer. Il se fit ainsi taquiner toute la matinée alors qu'ils visitaient d'abord Zonko, où les jumeaux firent le plein, avant de les quitter rejoindre leur ami Lee Jordan. Ils enchainèrent ensuite sur une petite libraire avant d'être abandonnés par Luna, partie chez Gaichiffon rejoindre la cadette Weasley. Cédric fut le dernier à abandonner les troisièmes années, lorsqu'ils passèrent devant le salon de thé de Madame Pieddodu. Ce fut Kévin qui repéra la belle Serpentarde d'un roux flamboyant qui l'attendait.

-Eleanora Ogden, sourit Drago. Sang-pure d'une vielle lignée écossaise, sa famille a fait fortune dans le négoce d'alcool.

-Attends… Ogden, comme les Whisky Ogden's ? demanda Kévin.

-Exact. Elle est la cadette. Son frère aîné est milliardaire et sa dot sera… phénoménale. Ce n'est pas pour rien que son père est attentif à ses soupirants !

Après un passage chez La Magie Vivante, magasin spécialisé en plantes et animaux magiques où Neville, Hermione et Vladmir trouvèrent leur bonheur en plantes et douceur pour leurs animaux respectifs, ils finirent par s'installer à une table des Trois Balais.

Le pub, bondé d'élèves, était chaleureux et conviviale et il ne fallut pas longtemps pour qu'une personne vienne les voir. Après une commande de 5 bierraubeurres auprès de la patronne, une femme accueillante, ils sortirent un jeu de Bataille explosive. Vladmir menait la partie d'une main de maître quand il vit un groupe de quatre personnes s'arrêter à l'entrée des Trois Balais.

- Et merde… jura-t-il.

-Vlad !

C'était tellement rare de l'entendre jurer qu'ils se tournèrent tous vers la source de sa surprise. Lucius Malefoy se tenait dans l'entrée, royal, Katya à ses côtés. Le russe sourit en notant leur proximité. Ils se tenaient de telle manière que leur relation était flagrante même si aucun geste n'était déplacé et il ne pouvait en être qu'heureux pour elle. Augusta discutait avec sa tante, tandis que le Lord discutait avec son meilleur ami, Severus Prince.

Vladmir et Neville furent les seuls à apercevoir les trois gardes du corps derrière eux, se dissimulant parmi les élèves. Après tout, quatre Triades se trouvaient dans le bar des Trois Balais, c'était plutôt rare...

Les quatre adultes s'approchèrent d'eux et Katya enlaça son neveu tout en déposant un baiser sur son front.

-Comment vas-tu Chaton ?

-Bien.

-Vladmir Vassilievitch, soupira Katya en s'asseyant à ses côtés, remerciant d'un signe de tête Kévin qui venait de lui laisser sa place. Lucius s'assit à ses côtés et sourit à son fils, tandis qu'Augusta prenait place entre son petit fils et Kévin.

-Je me sens mal, mais tu le sais déjà…

-J'ai eu en effet des échos de ton comportement de cette semaine.

-Je me suis déjà excusé et…

-Tu as été puni pour cela… je le sais également. Je suis fière que tu aies pris l'initiative de présenter tes excuses à tes professeurs et tes amis.

Une tension que Vladmir n'avait pas devinée quitta ses épaules sous les paroles rassurantes de sa tante. Il avait inconsciemment eu peur de la décevoir et il était soulagé de savoir qu'il n'en était rien.

-Des nouvelles de Black ? demanda Drago en sirotant sa bierraubeurre alors que Madame Rosmerta, la propriétaire, se déplaçait en personne pour apporter le thé, les deux whisky et la vodka des nouveaux arrivants.

-Merci très chère, sourit Augusta en lui donnant l'appoint avant de prendre une gorgée de son thé.

-Oui. Black est autour de Pré-au-Lard. Les hommes de Keller sont sur sa piste. Un des vampires de Sergei les aide à la traque… expliqua tranquillement Severus après le départ de Madame Rosmerta.

Keller était le nouveau responsable des mercenaires de l'Underground,qui avait vécu la chute de la première Cour des Mirages anglaise. Vladmir connaissait de nom l'homme, une petite légende dans le monde de la mafia magique. Un des plus dangereux mercenaires d'Europe spécialisé dans la traque.

-Pourquoi êtes-vous venu ?

-Je voulais voir mon neveu favori, sourit Katya en passant une main dans les cheveux longs de Valdmir. Il rouspéta en rattachant correctement son catogan, alors qu'Augusta et Lucius riaient discrètement.

-Je venais également vous inviter tous les quatre à la fête des morts. Je te rassure, Neville, cette année, nous amènerons des alcools plus légers pour vous, rit Katya alors que le Gryffondor pâlissait en se souvenant de l'expérience.

-A vrai dire, nous espérons que Black et Lupin pourront se joindre à nous, expliqua Lucius.

-S'il est en vie… soupira Vladmir.

-On l'espère… D'après les hommes qui l'ont croisé, tu l'as salement amoché, soupira Katya.

Vladmir baissa les yeux, mal à l'aise en se souvenant de la quantité de sang qu'il avait répendu dans le petit parc du Surrey lors de sa rencontre avec le fugitif. Soupirant, Katya changea de sujet et ramena la bonne humeur autour de la tablée. Ils passèrent deux bonnes heures ensemble avant de repartir chacun de leur côté.

Lorsque la petite bande d'amis rentrèrent de Pré-au-Lard en fin d'après-midi, ils étaient épuisés. Ils regagnèrent donc avec joie leur salle commune pour se réchauffer et se changer. Cependant, le calme fut de courte durée. Moins d'un quart d'heure plus tard, le professeur Flitwick se présenta chez les Serdaigles, annonçant que tous les Serdaigles devaient rejoindre immédiatement la Grande Salle.

Un peu désorienté, ils rejoignirent en chemin les Poufsouffles avant de réaliser que toute l'école était rassemblée dans la Grande Salle.

-Messieurs Enthwistle et Kemenov, suivez-moi je vous prie, les interpella discrètement le professeur Flitwick après les avoir retenu à l'arrière de leur Maison.

Surpris, les deux Serdaigles quittèrent les rangs sous les regards curieux de leurs amis de Maison avant d'être escortés dans une petite pièce. Ils y retrouvèrent Hermione, Drago et Neville.

-Qu'est-ce qui se passe ? demanda Drago en fronçant les sourcils.

-La Grosse Dame, la peinture qui garde l'entrée de notre Salle Commune, a été agressée, expliqua Neville. Il s'agirait de Sirius Black.

-Tout le monde est rassemblé pendant qu'ils font des fouilles dans tout le château, continua Hermione. D'après McGo, ils font faire venir les Détraqueurs dans le bâtiment et pour nous protéger, nous sommes tous confiner dans la Grande Salle.

La porte de la petite pièce s'ouvrit vivement, les faisant tous sursauter.

-Père ? s'étonna Drago. Pourquoi es-tu présent ?

Effectivement, Lucius Malefoy venait d'entrer dans la pièce, sa cape et sa canne d'ornement disparues. Il paraissait bien plus imposant dans sa robe de combat, bien loin de l'aspect sophistiqué qu'il abordait habituellement. Son visage était plus soucieux également.

-Augusta s'occupe des étudiants. Hermione, Vladmir, vous venez avec moi. Neville, Drago, Kévin, vous êtes présents car on sait pertinemment que s'ils avaient tous deux disparus sans préavis, vous seriez parti à leur recherche.

-Vous allez chercher Black, comprit Kévin.

-Oui. Il est sur le domaine de l'école. Vlad, tu as la fiole contenant son sang ? demanda soudain une voix grave.

Sergei, qui venait d'apparaître soudainement devant eux, fixait avec attention le jeune Kemenov. Celui-ci avait avoué avoir du sang de Sirius à portée de main durant la discussion aux Trois Balais, et c'était tout ce qu'avait besoin le vampire pour le repérer. Si l'Animagus était à moins de 5 km, Sergei le sentirait.

-Pourquoi Hermione doit venir ? s'inquiéta Vladmir pour son amie. Elle n'était pas formée au combat, malgré son talent pour la Magie.

-Je ne sais pas dans quel état sera Black. Son sang pourra être primordial pour le sauver.

-Comment a-t-il fait pour passer les Détraqueurs ? s'étonna Hermione.

-Surement grâce à sa forme Animagus, soupira le vampire. Et c'est pour cela que vous n'allez pas me quitter d'une semelle. Je ne sais pas comment vont réagir les Détraqueurs face à toi, Hermione. D'après Drago, celui du Poudlard Express a réagi de manière positive. Je doute qu'ils t'agressent, mais ils pourraient être attirés et cela peut être mauvais pour nous autres…

C'est ainsi qu'ils se retrouvèrent à suivre le vampire à travers le château, accompagnés de Lucius et Katya. Ils laissaient le soin à Augusta de fouiller le bâtiment avec les autres professeurs pour brouiller les pistes et leur laisser le champ libre pour dénicher Sirius Black. Sergei, après avoir senti longuement la petite fiole dans laquelle Vladmir avait conservé le sang de l'Animagus, avait rapidement trouvé sa piste.

Ils étaient partis du tableau de la Grosse Dame et avaient parcouru les couloirs avant de traverser le parc, jusqu'à s'approcher de la Forêt Interdite. Hermione et Vladmir se dévisagèrent avec une certaine appréhension avant de pénétrer dans le sous-bois. La dernière fois qu'ils étaient entrés dans la Forêt Interdite, ils avaient croisé un certain Voldemort. Ce n'était pas de bons souvenirs…

Comme lors de leur dernier passage, les lieux étaient lugubres. Le froid était mordant et l'air, terriblement humide. Heureusement, ils n'attirèrent pas le moindre Détraqueur, peut-être grâce aux deux patronus qui les accompagnaient. Un guépard ronronnait tranquillement aux côtés de Lucius tandis qu'un aigle bicéphale s'était posé sur l'épaule de Katya, aiguisant la curiosité d'Hermione.

-C'est le symbole des Tsars de Russie. Tous les Kemenov ont un aigle bicéphale en patronus, expliqua Vladmir pour combattre son angoisse. Et si Black avait succombé à ses blessures ? Il faisait froid et avec les Détraqueurs, qui savait dans quel état il serait ? Mais pourquoi cet imbécile de Black s'était précipité dans la gueule du Dragon ?

-Vladmir, calme-toi.

-Désolé…marmonna une fois de plus le Russe.

-Et arrête de t'excuser à tout bout de champs, soupira Katya en enjambant un tronc d'arbre.

-Il n'est pas loin… Son odeur est plus forte, annonça soudain Sergei.

-Il fait plus froid, non ? demanda doucement Hermione.

-Détraqueurs ? pâlit Vlad.

-Probable, Sergei, vas-y ! ordonna Katya en lançant son patronus à la suite du vampire qui venait de disparaître en usant de sa rapidité surnaturelle.

Ils partirent rapidement à la suite de Sergei, suivant les traînées de lumière laissées par leurs patronus.

Après quelques minutes de course entre les arbres, à trébucher sur les racines sinueuses, ils finirent par tomber au bord d'un bras mort du lac. Une forme humaine était prostrée au sol, au milieu d'une place de galets, soutenue par le vampire. Les deux patronus protégeaient Sergei et Sirius Black, entourés par une dizaine de Détraqueurs.

-Il est inconscient, prévint le vampire alors que Katya et Lucius relançaient leur patronus pour éloigner les gardiens d'Azkaban.

Hermione, sous une soudaine impulsion, leur cria de rejoindre leur poste initial et une vague de magie s'étendit hors d'elle. Elle effleura les Détraqueurs et ces derniers frissonnèrent avant de disparaître lentement, obéissants à son ordre.

-Je… je crois que tu les as renvoyé aux entrées du château, constata avec surprise Lucius.

-Peut-être même à Askaban, rajouta Katya, songeuse en observant le lac.

-Mais ce... Mais.. ce... ce... n'est pas possible ! bégaya Hermione avant de se souvenir du Détraqueur du train. Sous le choc, elle tituba et Katya dut la soutenir. Elle la réconforta doucement, lui expliquant elle avait un don sur les créatures magiques, quelques qu'elles soient…

Pendant ce temps, Vladmir s'était agenouillé au côté de son parrain et avait retiré la chemise en lambeau, découvrant l'étendue des dégâts. Le corps squelettique et marqué par les années de privation était lacéré par de larges plaies purulentes.

-Tu as utilisé quel sort ? demanda Sergei en effleurant le front du fugitif. Il est brûlant.

-Un sort de découpe imprégné de Magie Noire pour qu'il ne puisse pas se soigner seul, murmura Vladmir en jetant un sort de soin qui n'eut aucun effet. Par Merlin, qu'ai-je fait ?

-Septicémie et anémie, sans compter une fatigue chronique et de graves carences, diagnostiqua Lucius à l'aide d'un rapide sort. Il lui faut un médicomage et des soins rapides. Hermione, tu sais comment faire ?

-Non, murmura la jeune fille en s'essayant au côté de Vladmir, toujours soutenue par Katya.

-Il doit boire un peu de ton sang, expliqua calmement Lucius.

-Mais il est inconscient !

-Enervatum, souffla Katya en pointant sa baguette sur l'homme.

Vladmir observa le visage creusé par les épreuves de son parrain. Ses yeux papillonnèrent avant de s'ouvrir lentement. Les pupilles de Sirius Black, d'un gris profond, étaient voilées par la fièvre et se fixèrent laborieusement sur les pupilles ensanglantées de Sergei.

-Que…

Dans une faible tentative de défense, Black se débattit, mais Sergei le maîtrisa le plus doucement possible.

-Calmez-vous Black, vous êtes en sécurité maintenant… Hermione !

La jeune licorine laissa Lucius lui entailler le poignet d'un sort et le poser contre les lèvres de l'homme. Elle écarquilla les yeux en voyant son sang prendre une délicate teinte dorée alors qu'il coulait sur le menton de Black.

-Buvez, grogna Sergei, ses yeux rouges brillants de faim alors que l'odeur envoûtante du sang de la jeune fille envahissait ses sens. Il combattit ses instincts et massa doucement la gorge du fugitif pour l'aider à déglutir.

Sirius Black, la bouche envahie par un liquide épais, se força à avaler et il sentit une douce chaleur l'envahir. Quelques secondes après, il sentit l'inconscience le rattraper, mais il entendit trois petits mots. Trois petits mots venant d'une voix qu'il connaissait…

-Je suis désolé.

Il eut à peine le temps de croiser deux yeux d'un vert envoûtant. Un vert qu'il avait déjà croisé peu de temps auparavant. Mais ils n'y avaient plus de haine en eux…

-Harry…


Namyothis : Trois nuits blanches ? oO Diantre, tu étais bien motivé ! Mais je suis ravie que tu aies autant apprécié cette histoire =) Pour les coquilles, j'espère que tu n'en verras plus dans les nouveaux chapitres !

Hippocampe : J'adore ton pseudo ! Et mille mercis pour ta review =)