Bonjour à tous !

Mais quelle galère ! Vous deviez vous demander ou j'étais passée, moi la régulière, limite psychopathe. Dans les affres de la fin de mon mémoire est la réponse. Bon, cette fois-ci je n'ai plus que la soutenance mardi prochain et c'est les vacances !

Voilà pourquoi j'ai mis autant de temps (et je vous épargne la perte de tout ce chapitre alors qu'il ne restait qu'à mettre les commentaires…). Allez, je vous laisse avec cette première scène de sport que j'ai un peu peiné à écrire, je l'avoue.

J'espère qu'elle vous plaira, bonne lecture.

R.

« Ron, tu me fatigues avec Malfoy… » soupira Harry. Le roux, interloqué, se tourna brusquement vers son ami mais le brun n'avait pas envie de discuter, le stress lui tordant les entrailles : « Franchement, tu passes ton temps à chercher ce qui ne va pas chez lui… Je veux dire, une cinquantaine d'élèves de toutes les maisons, voire plus sont assis ici autour du stade. Oui, Malfoy en est mais tu peux-tu seulement me jurer que nous ne sommes jamais allés regarder un entrainement ou une qualification d'équipes adverses ? Il est là comme tout le monde. Il fait beau, chaud et son teint blafard avait envie de prendre des couleurs, that's all. »

« Pourquoi tu le défends constamment ? » s'enquit le roux.

« Ça m'énerve de t'entendre toujours parler de lui. C'est tout. On s'en fiche non ? » souligna Harry, excédé.

Ron n'eut pas vraiment le temps de renchérir. De toute façon, Harry lui cachait des choses. Pas des choses importantes, non, pas de l'ordre de ce qu'ils avaient vécu depuis des années, juste il ne le mêlait plus aussi intimement à sa vie personnelle. Le brun était devenu plus renfermé sur lui-même depuis la fin de la guerre, distillant avec un soin presque minutieux les informations qu'il jugeait aptes à rentrer dans la sphère publique. Il ne parlait plus à tort et à travers, comme le bon gryffondor qu'il avait été. Mais si son attitude envers Malfoy était des plus étranges, ce n'était pas la seule modification dans le comportement d'Harry. Tout comme une série d'habitudes qu'il avait prises depuis leur retour à Poudlard. Ça commençait par ce parchemin : Ron n'était pas sot, il savait que son ami entretenait un contact avec quelqu'un à travers ce bout de papier qui semblait fonctionner comme le journal de Jedusor. Toutefois, il n'était pas vraiment question de mauvaise magie, le frère des deux jumeaux ne pouvait s'y méprendre. Non, simplement Harry n'avait pas envie d'en parler. Ron et Hermione en avait un peu discuté : son petit ami avait dit à la jeune fille que le dernier membre de leur trio passait ses soirées vissé sur le parchemin. Montant une petite enquête, Ron avait profité d'un passage à la douche d'Harry pour essayer de subtiliser la feuille. Mais il n'avait pas pi accéder à la table de nuit du Survivant, solidement verrouillée par des sorts anti-voleurs. Il avait alors laissé tomber, respectant le choix de son ami en priant secrètement pour qu'un jour il s'ouvre enfin de nouveau à eux.

Harry ne perdait rien pour attendre toutefois : Ron avait beaucoup de mal à ne pas être investi dans la nouvelle relation que semblait créer le brun avec quelqu'un. Ginny lui avait de plus confirmé que ce n'était pas avec elle. Cette reprise du Quidditch était une éclaircie dans sa relation avec son ami : ils allaient de nouveau pouvoir partager quelque chose : leur sport favori. Enfin, si seulement le nouveau capitaine, cet Herbley, leur laissait l'occasion de s'investir dans l'équipe.

Les deux jeunes hommes s'avançaient avec lenteur vers le groupe de Gryffons déjà rassemblé en cercle au centre du terrain. Les gradins étaient vraiment surchargés et Harry n'avait pas tort, le beau temps y était pour quelque chose. Mc Gonagall les salua rapidement de la main et les deux amis y répondirent par un sourire qui ressemblait plus à une grimace qu'à une invitation à la joie. Les prétendants à la sélection étaient un assez bon nombre et Ginny leur fit signe de se dépêcher pour les rejoindre car le nouveau capitaine commençait son discours :

« Bon, vous voilà tous ici. Les sélections vont avoir lieu en plusieurs temps. Nous commencerons par les poursuiveurs. Ensuite, ce sera le tour des batteurs, puis du gardien. Pour terminer nous choisirons notre attrapeur. » Lançant un petit coup d'œil du côté d'Harry, le brun senti son sang bouillir : ce n'était pas gagné. « Les poursuiveurs, voilà comment nous allons procéder : en équipes des trois contre trois, vous allez vous affronter en essayant de marquer le plus de buts possible. A chaque fois que je sifflerai, celui qui sera nommé descendra de son balai et me rejoindra : il sera éliminé. Me suis-je fais comprendre ? »

Tout le monde hocha la tête.

« Bien. Finnigan, Freya, Rostin, Renega et Toye c'est à vous. »

Les six susnommés enfourchèrent leurs balais. Rapidement, Harry ne put s'empêcher de ressentir de la compassion pour le nouveau capitaine, et ce, malgré leur inimitié. En effet, ses difficultés lui rappelaient grandement les siennes quelques années auparavant : de nombreux potentiels joueurs n'étaient en réalité que des débutants venus non pas pour la beauté du sport mais pour le plaisir de rire un bon coup avec leurs amis ou pire, pour entendre des éclats de voix entre Harry et Herbley. Le pauvre sixième année sifflait en tous sens, gesticulant des bras. Excédé, il finit par se jeter un Sonorus pour que tous les joueurs (bien plus que les six prévus) redescendent :

« Ecoutez-moi bien, tous. Nous n'avons que l'après-midi pour choisir nos joueurs. J'avoue ne pas avoir été des plus fair-play en changeant la date des sélections. De toute évidence tout le monde n'avait pas été prévenu et je n'ai rien fait pour. Je sais qu'il y a des tensions dans ces groupes, je sais que certains sont même venus pour ça. » Il jeta un regard haineux à un quatrième année dont les performances en vol prouvaient qu'il n'avait quasiment jamais touché à un balai volant. « Mais je ne suis pas ici pour rire. Nous allons gagner la Coupe des Quatre Maisons et pour cela il nous faut une bonne équipe. Alors chacun va mettre sa haine dans sa poche et tous ceux qui sont ici pour faire passer le temps peuvent aller rejoindre les autres dans les gradins. »

Harry approuva tout en pensant qu'il ne manquait pas de culot : c'était lui qui avait passé son début d'année à le provoquer. Bien aisé ensuite de se donner le rôle de coordinateur. Il n'empêche qu'une dizaine de potentiels candidats partirent rejoindre leurs amis sur les gradins. La sélection repris et bientôt, Ginny, qui était rentrée en jeu après le coup de feu d'Herbley se distingua. Très agile, elle volait largement au-dessus du niveau des autres. Ses mouvements étaient lestes et très précis. Harry repéra aussi un cinquième année qui possédait une puissance de tir intéressante, le tout allié avec une bonne dose de coopération. Il ne conservait pas le Souaffle pour lui et n'hésitait pas à multiplier les passes. Ginny et lui avaient même déjà créé une certaine osmose, ce qui était positif pour la suite s'il était sélectionné.

Quand Herbley siffla le retour au calme, les potentiels poursuiveurs redescendirent trempés de sueur. La plupart se claquèrent les mains en signe de bon jeu, ce qui fit sourire Harry.

« J'ai fait mon choix » annonça le capitaine. « Weasley, Gerzon et Troye vous êtes les poursuiveurs de l'équipe Gryffondor. Les autres, vous pouvez partir. »

Des soupirs suivirent l'annonce mais Harry était content, Ginny ainsi que Gerzon, le sixième année étaient de la partie. L'autre, Troye, avait eu un jeu moyen mais aucun autre ne s'était distingué de toute façon.

Le choix des batteurs fut ardu également, malgré leur nombre réduit : ils n'étaient que 5 à se proposer. Le poste était moins couru que les autres car il restait assez dangereux. Herbley se révéla un assez bon entraîneur puisqu'il avait prévu plusieurs tests. Le premier visait à mesurer la capacité des batteurs à gérer un grand nombre de cognards. Le second était plutôt basé sur la visée. Des cibles avaient été installés et les candidats devaient tenter de faire passer les balles à travers celles-ci, ou du moins de les faire passer le plus proche possible. Un des amis du capitaine, un cinquième année très massif se distingua immédiatement mais pour le reste, ce fut plus compliqué car aucun ne rassemblait toutes les qualités requises.

Herbley annonça qu'il rendrait son verdict pour le second batteur à la fin de l'après midi. C'était au tour de Ron et Harry l'avait vu pâlir au fil des minutes. Maintenant, il était intégralement blême et ressemblait à un fantôme, ses tâches de rousseur lui donnant un air encore plus blanc.

« Tu peux le faire. Vas- y » l'encouragea Harry alors que son ami prenait appui sur le sol pour chevaucher son balai. Ils n'étaient que deux à se proposer pour le poste : Ron et le capitaine. Harry ne voulait pas décevoir son ami mais il avait la sourde crainte que le poste était déjà pourvu.

Et cela se confirma : Ron fit, à son grand désarroi, honneur à la chanson célèbre inventée par Draco quelques années auparavant. Il laissa en effet entrer le souaffle « tout droit ». Perdant petit à petit toute contenance, il vacillait sur son balai comme lors de certains matchs précédents. La pression n'était pas bonne pour le roux et Harry cherchait désespérément des soutiens autour de lui. Ginny avait les yeux baissés, renâclant à avouer que son frère se laissait encore une fois manger par son stress. Pour couronner le tout, Herbley était plutôt bon, ne laissant passer qu'un nombre très restreint de balles. Se demandant qui pourrait le sauver, Harry reporta son attention sur Ron et isola une sensation qu'il ne connaissait que trop bien. Tournant son regard vers Malfoy, il en eut l'assurance : Draco était en train de tenter d'influencer positivement son ami. Harry ressenti une vague de reconnaissance pour le jeune homme blond assis un peu à l'écart dans les gradins. Le jeune héritier sembla être percuté par l'amour qu'Harry lui faisait parvenir car il relâcha son attention et lança une œillade au brun, lui signifiant que ce n'était rien, qu'il ne faisait que ce qu'Harry attendait de lui. Mais Harry n'en attendait pas tant et il du se faire violence pour ne pas aller lui montrer sa reconnaissance de manière un peu plus démonstrative devant l'ensemble de l'école.

De toute façon, il n'en eut pas l'occasion car les deux protagonistes redescendirent. D'un avis général, Herbley avait dominé la rencontre et il lui revenait de droit le poste. Mais il étonna tout le monde quand il prit la parole :

« Je prends donc le poste de gardien. Toutefois, j'ai trouvé que Weasley faisait preuve de force et je me demande s'il ne serait pas bon en batteur. Je propose, vu qu'il vole quand même pas trop mal de le tester à ce poste au prochain entraînement. S'il ne convient pas, il sortira à ce moment-là et je prendrai Ferter. » Le dénommé Ferter lança un regard noir à Ron et quitta le cercle formé par les joueurs en marmonnant. « Il ne reste donc que les attrapeurs. »

L'après-midi avait été longue et ils ne restaient que les plus motivés. Ils n'étaient donc que trois : une jeune fille de quatrième année malingre, une brute qui gravitait souvent autour du groupe du capitaine et Harry. Chevauchant leurs balais, ils commencèrent par un exercice qui ennuya profondément le brun. Dubois avait en effet la fâcheuse habitude de le faire travailler avec ce type de tests : on jetait des balles minuscules en l'air en grand nombre et l'attrapeur devait en attraper le plus possible. Harry fit un sans-faute mais il remarqua que la jeune fille, nommé Alice Clither était plutôt à l'aise également. Elle ne rata que quelques balles.

Bientôt, ils lancèrent la seconde partie de la sélection, avec de vrais vifs cette fois-ci. Harry sentit son cœur se serrer : il voulait absolument faire partie de l'équipe, ce n'était pas le moment de flancher. Il sentait en lui le soutien sans faille de sa directrice de maison, d'Hermione, de Ron, de Draco et c'était comme des ailes qui le poussaient vers la balle dorée. En duo, ils devaient affronter chacun à leur tour un de leur adversaire.

Pour Harry, attraper le vif devant le nez de la brute épaisse qui ressemblait plus à Goyle qu'à un agile attrapeur ne fut pas difficile. La jeune Alice fit de même et lui rafla la balle sous le nez alors qu'il baillait aux corneilles. Il ne restait donc plus que lui et elle en lice. La balle fut relancée et Harry senti pointer en lui l'exaltante sensation de l'adrénaline.

Il volait en cercle autour du terrain tentant de repérer un quelconque éclat mais la petite balle se faisait décidément discrète. La fatigue commençait à se faire sentir, faisant peser sur ses yeux les gouttes de sueur de la concentration. Mais alors que les minutes s'égrenaient, il aperçut un minuscule effet de miroir au pied à gauche des cercles adverses marquants les buts. Malheureusement, Alice l'avait repéré également et plongé en piqué vers le vif, avantagée par sa position nettement plus propice qu'Harry à l'interception de la balle. Harry s'arque bouta sur son balai, tentant de prendre un courant de vent favorable à sa descente. Bientôt, il fut derrière la jeune fille qui avait presque atteint l'éclat d'or. Priant Merlin et les performances de son Eclair de Feu, Harry donna alors tout ce qu'il pouvait pour envisager une tactique : s'il passait sous la jeune fille en profitant de son aspiration, il pouvait remonter en chandelle ensuite et attraper la balle au passage.

Plongeant sous le Nimbus 2001 de Clither, il la doubla par le dessous, occasionnant pour la jeune fille une vive surprise et profitant de son bras tendu mais pas encore refermé autour de la balle jaune, remonta en en chandelle en repoussant le membre de celle-ci, s'assurant l'arrêt des ailes vivaces au creux de sa paume.

Le stade explosa en cris et Harry donna son premier regard à Ron, heureux de le rejoindre dans l'équipe. Descendant de son balai en courant, il serra le roux dans ses bras comme au retour d'un match aux enjeux internationaux et apprécia qu'Herbley, vaincu, ne fasse pas de commentaire. Il leur donna rendez-vous pour la semaine suivante afin de commencer l'entraînement et toute l'équipe acquiesça.

Ron et Harry remontèrent jusqu'aux vestiaires et se changèrent en quelques minutes, profitant d'une douche bienvenue. Hermione les félicita avec ardeur, soulagée que Ron puisse faire partie de l'équipe. Elle le sermonna également un peu sur son manque de confiance en lui.

« C'est fou, Ron, on a quand même combattu le plus grand mage noir et tu es encore fébrile dès que l'on parle de Quidditch ! « lança-t-elle, taquine. Ron râla et lui prit la main tendrement, proposant qu'ils rejoignent la Grande Salle.

« Tu viens Harry ? » questionna le roux à son ami qui était encore en train de se dépêtrer avec ses chaussettes.

« J'arrive, partez devant ! » répondit Harry.

La porte avait à peine claqué que Draco sortait du second vestiaire et d'une voix traînante commentait :

« C'est ça, partez, que je puisse moi aussi profiter de ta victoire… »

Merci à tous encore une fois de bien vouloir me lire et promis, c'est fini de mettre autant de temps pour publier, c'est la dernière fois !

Un petit commentaire fait toujours plaisir, j'offre des chocogrenouilles !

R.