Titre : Mourir pour revivre
Auteurs : Lybertys et Shinigami
Couples : Heero x Duo
Genre : U.A, OOC, Général, Romance, Angst, Drame, Tragédie...
Note de l'auteur : Cette histoire est écrite en co-écriture avec une amie, Lybertys (qui écrit des histoires toutes plus magnifiques les unes que les autres et dont vous trouverez le lien de son site sur mon profil). Nous écrivons chacune un chapitre sur deux (il sera précisé à chaque nouveau chapitre qui en est l'auteur). A l'origine, c'est une fiction originale, c'est pourquoi afin de pouvoir la poster sur, j'ai dû changer les noms des personnages. Je crois que j'ai tout dit !! Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture ! Bisous
Note de l'auteur 2 : Merci à Gayana d'avoir la gentillesse de corriger ces chapitres.
NDLA : Attention, ce chapitre contient des propos pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes ! Si vous avez moins de 18 ans, je vous prie de ne pas lire ! Merci de votre compréhension !
Merci à : Coquillette et Kyrieh pour leur review sur le chapitre 37 de Mourir pour revivre.
chapitre 38 par Lybertys
Sébastien lui répondit simplement qu'il arrivait au plus vite, le temps de s'habiller et de prendre sa voiture. Au ton désespéré que Heero avait employé, il semblait savoir que c'était plus que sérieux. Heero avait sérieusement besoin de son aide. Pourquoi ? Pour quelles raisons ? Il allait le savoir bien assez tôt…
Heero quand à lui, s'était recroquevillé sur son lit, contre un coin du mur. Adossé, il avait ramené ses jambes sous ses bras, et dans une position fœtale il tentait de se calmer et de clarifier au mieux la situation critique dans laquelle il se trouvait. Mais dès que son raisonnement commençait à être stable et construit, sa détresse envers le fait de ne plus jamais pouvoir prendre Duo dans ses bras, prenait le dessus. Perdre son travail était vraiment le dernier de ses soucis. Tout ce qu'il voulait maintenant c'était vivre auprès de Duo, et ce, pendant l'éternité. L'idée même de ce qu'il allait devenir sans lui le rendait presque fou. Il serra les poings de rage, rage contre lui même et rage contre leur manque de discrétion, et surtout rage contre cette femme qui s'était acharnée sur eux les poussant à commettre l'erreur qu'ils avaient commise. Le pire pour lui était de percevoir les sanglots de Duo dans la nuit et de ne rien pouvoir faire pour l'aider. Des larmes muettes coulèrent de ses yeux, n'ayant même plus la force d'éclater en sanglot. Sa source de force venait de le quitter et sans Duo, il ne se sentait plus capable de rien.
Heero ne ferma pas l'œil de la nuit, retournant le problème dans tous les sens et ne voyant aucune solution se profiler à l'horizon… Est-ce que tout était bel et bien terminé une fois pour toute ? N'avaient-ils aucune chance de s'en sortir ? Pire, une vie sans Duo était elle vivable ? Pour Heero elle n'était même pas envisageable. Et pourtant, tout semblait prouver le contraire. Heero tenta vainement d'essuyer ses larmes d'un revers de la main, mais elles furent que trop vite remplacées par de nouvelles. Au bord de l'abîme, il s'y sentait plongé et presque atteindre le fond.
C'est au moment où il avait presque touché le fond, qu'il entendit frapper à sa porte rapidement, puis celle-ci s'entrouvrir sur l'homme qu'il avait appelé à l'aide.
Heero se redressa, et se mit debout, tentant de ne pas montrer qu'il était à deux doigts de craquer, même s'il savait que Sébastien n'était pas dupe et avait parfaitement compris l'état dans lequel il se trouvait.
Sébastien s'approcha de lui, et s'arrêta à une distance respectable, laissant le choix à Heero ou non de s'approcher. Trop de choses s'étaient passées entre eux pour que Heero se jette immédiatement dans ses bras. Cette distance synonyme d'une blessure du passé encore fraîche fut donc respectée un temps. Gêné de cette situation, Sébastien alla prendre une chaise pour s'asseoir en face du lit de Heero, qui quant à lui s'assit sur le lit.
Ce fut Sébastien qui, le premier, prit la parole. Il semblait réellement brassé par l'état de Heero. Ses mains tremblaient comme un drogué en manque de sa dose. C'était bien cela, Heero était en manque, mais pas en manque d'une substance spéciale, non en manque de Duo rien qu'à l'idée qu'il ne pourrait plus jamais le prendre dans ses bras. C'était par désespoir qu'il avait fait appel à Sébastien plus que par acte de raison.
- Bon, explique-moi la situation.
C'est d'une voix entrecoupée par des spasmes d'angoisse que Heero lui raconta tout, omettant les détails de certaines périodes, et commençant son récit depuis le jour où la directrice était arrivée.
Brisé, il crut ne jamais parvenir à finir son récit. Pourtant, c'est sur ces deux derniers mots que son récit s'acheva :
- Aide-nous…
Les larmes coulèrent de ses yeux, il ne parvenait plus du tout à les arrêter. Il avait besoin des bras d'un autre pour le soutenir, penché au dessus du vide, il crut chuter pour ne jamais toucher le fond. Pourtant, semblant sentir son malaise, Sébastien se leva en même temps que Heero, écartant ses bras pour l'inviter à s'y lover et à s'épancher. Il n'y avait aucune pensée cachée sous ce geste, juste une offre de réconfort dont Heero avait plus que besoin. Il se jeta dans ses bras, et se laisse aller totalement. Il avait besoin de cela, besoin de se sentir épaulé, besoin qu'on lui communique un peu de force car il n'en avait plus une seule. Sans cette étreinte, jamais Heero n'aurait pu relever la tête, jamais il n'aurait pu se pousser à vivre encore un peu. Il savait pertinemment que Duo avait besoin de lui et qu'il ne pouvait pas l'abandonner, mais il s'était passé trop de choses et l'état dans lequel elles étaient ne lui permettait pas d'aller pleurer dans ses bras. Il ne pouvait faire cela à Duo. Il devait être fort pour deux et l'aide de Sébastien dans ces circonstances était plus que nécessaire. Sébastien frottait son dos comme on le fait avec les nourrissons lorsque l'on souhaite les calmer d'un chagrin quelconque.
Aucun des deux ne dormit cette nuit là. Sébastien en passa une bonne partie à consoler et calmer Heero, inquiet et touché de le voir dans cet état. Puis, lorsque Heero parvint à se reprendre, Sébastien lui expliqua calmement comment il allait pouvoir s'en sortir. Il l'écouta, faisant particulièrement attention à toutes ses mises en garde. Au fur et à mesure Sébastien lui redonnait un soupçon d'espoir. Tout n'était peut être pas encore perdu.
Ils parlèrent jusqu'à l'aube. Ce fut la directrice qui les interrompit. Elle frappa plusieurs coups à la porte de la chambre de Heero. N'ayant pas le courage de se lever pour lui ouvrir, ce fut Sébastien qui s'en occupa. Elle ne cacha pas sa surprise de le voir ici, et surtout d'être accueillit par lui.
- Qu'est ce que ? dit-elle encore sous l'effet de la surprise.
- Je crois que nous avons à parler, déclara Sébastien, l'entraînant dans le couloir.
Heero partant à leur suite. La directrice ne semblait pas vraiment heureuse de faire face à l'ancien directeur et surtout de le trouver du côté de Heero. Mais si elle était agacée, elle n'en laissa rien paraître.
Suite à un échange assez tendu entre elle et Sébastien, Heero ne savait pas vraiment quoi dire ou faire. Il laissait Sébastien prendre les devant. Juste à côté de la chambre de Duo, Heero se contentait de la fixer, se demandant si Duo y était présent.
Même si Sébastien l'avait aidé à surmonter ses craintes en relativisant le problème, il ne pouvait s'empêcher de craindre le pire et rien que d'imaginer son état le rendait fou de douleur. C'est à ce moment là que la porte s'ouvrit violemment sur lui, et s'apercevant du monde devant sa porte, honteux, Duo tenta de refermer celle-ci, avant que la voix cinglante de la directrice se fasse entendre :
- Restez là jeune homme !
Heero ne pouvait détacher son regard de Duo. Il avait besoin de croiser son regard afin de savoir comment il allait, il avait besoin par un simple regard de lui communiquer tout son amour. Duo mit un temps avant de relever la tête et de plonger enfin son regard dans celui de l'adulte. Il remarqua bien vite ses yeux rougis constatant que son état n'était pas bien meilleur que le sien… Dire qu'il n'avait encore une fois pas pu être là pour l'aider à surmonter cette nuit là… Lorsque leur regard se croisèrent, ce fut pour ne plus se lâcher. Le monde autour d'eux venait de disparaître, et pour Heero, plus rien n'avait d'important hormis l'amour et le courage qu'ils pouvaient se communiquer dans ce regard. Heero souhaitait le prendre dans ses bras, le consoler d'avoir pleuré seul, goûter ses lèvres et dans un baiser lui ôter toute sa peine.
Noyé dans le regard de l'autre, ils ne remarquèrent pas le regard amusé que leur lançait Sébastien et ce fut la directrice qui les sortit de leur bulle :
- Dites le nous si on vous dérange Déclara-t-elle d'un air dégoûté. Tous les trois dans mon bureau... maintenant !
Sans dire un mot, ils suivirent la directrice, Sébastien en tête. Discrètement, Duo le désigna d'un signe de tête avant d'adresser un regard accusateur à Heero. Évidement, il savait que le fait d'avoir fait appel à Sébastien n'allait pas plaire à Duo, mais il n'avait pas le choix. Duo se devait de le comprendre. Il lui lança alors un regard désolé tout en s'approchant de lui. Alors que leur corps n'étaient séparés que de quelques centimètres, Heero lui murmura à l'oreille :
- Je suis désolé mon Ange, je n'avais pas le choix... Fais-moi confiance s'il te plait...
- Je... Je te fais confiance Heero, souffla Duo.
Heero fut soulagé de ces quelques mots. Soulagé qu'il lui fasse confiance, alors même qu'il avait fait appel à celui qui avait faillit ruiner leur amour à jamais. Heero lui aussi faisait confiance à Duo. Peut être ne le lui montrait-il pas, mais c'était réellement la première personne à qui il avait accordé le plus sa confiance. Cette confiance était étroitement liée avec l'amour qu'ils se portaient, plus fort que n'importe quel autre sentiment. Quel idiot d'avoir baissé si vite les bras. Sébastien serait cette fois-ci un précieux allié, et ils allaient tous deux avoir besoin de son aide et son soutien dans cette affaire. Que Duo accepte ce choix malgré tout, lui donna la force de ne pas défaillir. Il fallait que tous deux tiennent le coup afin de pouvoir de nouveau se retrouver dans les bras l'un de l'autre. Heero aurait tant aimé que cela soit maintenant. Ce qui le fut tenir était simple. Il avait tellement cru ne plus jamais pouvoir le faire, même ne serait-ce que poser les yeux sur lui, que laisser maintenant miroiter le probable espoir d'une union proche, laissait à conserver pour le moment cette barrière invisible entre leur corps imposée par leur statut. C'est ainsi qu'ils se contentèrent tout de même à regret de marcher côte à côte, si proche l'un de l'autre que leurs doigts s'effleuraient de temps en temps, provoquant chez l'un comme chez l'autre, de petits tressaillements digne d'une collégienne vivant son premier amour.
L'un à côté de l'autre, ils avaient l'impression de revivre, que la partie de leur cœur qui avait été arrachée retrouvait sa place d'origine. Bien trop vite à leur goût, ils arrivèrent dans le bureau de la directrice. A peine la porte fut elle refermée derrière eux, que déjà elle déclarait :
- Bien, je crois que j'ai droit à quelques explications non ?
Face au mutisme des deux coupables, la directrice commença à perdre patience et ajouta :
- Vous n'avez rien à dire pour votre défense ? Hier dans l'après-midi un des adolescents vous surprend entrain de vous embrasser et hier soir c'est moi qui tombe nez à nez avec ce gamin à moitié nu s'apprêtant à entrer dans la chambre de son moniteur... dis-moi, Duo c'est bien ça ? Pour quelle raison te trouvais-tu devant la porte de la chambre d'un adulte en pleine nuit ?
La directrice attaquait fort. Ainsi la raison de ses soupçons avait été dû au fait qu'ils aient été surpris et qu'un adolescent se soit empressé d'aller rapporter. Heero ne douta pas une seule seconde du coupable et se dit qu'il règlerait personnellement, d'une manière ou d'une autre, cette histoire avec Steven. Mais il n'était pas question de cela pour le moment. Surpris par tant d'agressivité dans la manière d'attaquer de la directrice, Heero ne réagit pas tout de suite. En réalité, c'est le regard sévère de Sébastien qui le retint. Il lui avait promis de l'écouter pour ne pas mettre en péril leur possible espoir de sortir de cette affaire.
Mais il était pourtant plus que difficile de voir Duo apeuré par cette sorcière, la fixer paralysé d'effroi. Il dut faire un effort pour ne pas venir s'interposer entre eux et le prendre dans ses bras, afin de le protéger de tout cela.
La directrice semblait plus qu'agacée par le comportement de l'adolescent et n'allait apparemment pas s'arrêter là. En effet, elle s'avança dans le seul but de le réveiller un peu plus, mais ne faisant en réalité que l'effrayer un peu plus. Heero allait craquer, s'approchant ne voulant plus voir cet air affiché par Duo, c'était au dessus de ses forces, mais il fut retenu par la main de Sébastien et son regard accusateur. Heero inspira un grand coup, tentant de se calmer et de se maîtriser, s'il craquait maintenant, tout était définitivement terminé. Duo était maintenant coincé dans l'angle de la pièce, comme pris au piège. Seul Heero pouvait imaginer ne serait ce qu'une petite partie de l'enfer que vivait l'adolescent. Son cœur se serrait si fort, qu'il en était totalement retourné. Il aurait donné sa vie pour ne pas avoir à assister à une telle scène, impuissant.
C'est alors que la directrice franchit la limite que Duo jugeait plus que personnelle, et effrayé, il se mit à hurler, tentant de se cacher derrière ses bras. La main de Sébastien se resserra immédiatement sur le bras de Heero, sachant parfaitement qu'il allait craquer, mais tentant de repousser au plus loin cet instant. La directrice s'arrêta un instant sous l'effet de surprise, puis elle tendit son bras afin de secouer l'adolescent. Ce fut le geste de trop pour Heero. Il repoussa violemment la main de Sébastien, et déclara d'une voix contenant mal sa rage :
- Ne le touchez pas !! Reculez immédiatement !!
La colère qu'il éprouvait pour n'importe qu'elle personne qui osait s'en prendre à Duo, était celle d'un passionné. Il aurait facilement pu sombrer dans la folie pour le protéger et était prêt à tout pour lui. L'amour qu'il lui portait dans ce sens avait quelque chose d'extrêmement dangereux.
Heureusement, la directrice n'alla pas plus loin et stoppa toute tentative d'approche auprès du jeune garçon. Elle se retourna vivement, tuant du regard l'homme qui osait la défier. Heero comprit aussitôt pourquoi Sébastien l'avait retenu. Elle allait maintenant sans prendre à lui et l'attaquer sans pitié. Mais il préférait mille fois qu'elle s'en prenne à lui, plutôt qu'elle terrifie une fois de plus son amant. Un sourire sadique étira peu à peu ses lèvres et elle s'avança vers Heero en lui demandant :
- Si on parlait un peu de votre cas ! J'ai lu votre dossier dans sa totalité, et il m'a paru on ne peut plus intéressant. J'ai compris votre petit jeu, et sachez que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour vous faire arrêter
Ne comprenant pas où elle voulait en venir, Heero lui adressa un regard sceptique :
- Pardon ?
- Ne faites pas l'innocent s'il vous plait ! Vous êtes mal placé pour jouer aux devinettes avec moi. J'ai compris la raison du comportement de cet enfant, et je suis prête à parier que vous en êtes l'un des principaux responsables.
A l'entente de ses paroles, Heero ne sut pas comment réagir. Il hésitait entre se foutre ouvertement de sa gueule ou lui montrer subtilement qu'elle faisait fausse route. Il inspira longuement, afin de calmer la colère qui s'emparait de lui et déclara :
- En gros, vous m'accusez d'abuser de Duo ?
- Quelle perspicacité !
- Je n'ai jamais entendu choses aussi absurdes de toute mon existence ! déclara Heero à présent plus qu'agacé par les sous-entendus infondés qu'émettait la directrice à son sujet. Comment pouvait-elle l'accuser de cela ?
- Au vu de votre passé plus que douteux, j'ai le droit de me poser la question !
Que savait-elle ? L'assurance soudaine de cette femme commençait à l'effrayer. Ne voulant rien montrer et voulant s'assurer de ce qu'elle savait, il se risqua à demander d'une voix devenue subitement aussi glaciale que son regard :
- Qu'est ce que vous insinuez par-là ?
- Et bien , il me semble avoir compris que vous entreteniez une relation plus que douteuse avec feu votre frère jumeau, je me trompe ? De là, il serait tout à fait compréhensible que bouleversé par cette perte soudaine, vous cherchiez à reproduire ce que vous avez vécu par le passé...
A l'entente de ses mots, Heero tressaillit violemment, mais ne répondit rien. La seule manière dont cette femme avait pu connaître cela, était dans le dossier que Sébastien avait transmit à la directrice. Il avait pourtant pensé qu'il n'avait pas marqué cela lors de son aveu. Soudain, il se sentait trahi, humilié qu'elle connaisse son secret le plus cher et le plus douloureux. Elle venait de le battre dans cet échange et il était dans l'incapacité de lui répondre. Il avait beau avoir tiré un trait sur son passé, l'entendre dire par quelqu'un d'autre et surtout avec l'expression de dégoût et de jugement sévère que cette femme affichait, lui faisait perdre tous ses moyens. A vrai dire, il était subitement totalement anéanti.
Elle avait trouvé son seul point faible personnel, et il ne parvenait plus à avoir aucune réaction. Il ne put qu'afficher un regard apeuré…
Heureusement, c'est à ce moment là que Sébastien entra en scène. Heero ne regretta pas d'avoir fait appel à lui. Sans lui, ils n'auraient jamais pu s'en sortir. Sébastien était avec Duo, le seul à le connaître vraiment, et un des seuls en qui il avait confiance. Même s'il l'avait dernièrement trahi par les événements récents, il avait la quasi-conviction que jamais il ne lui ferait subir tout cela une deuxième fois. Et Sébastien commença à parler d'une voix calme et posée, détruisant un à un les arguments de cette femme.
- Avec tout le respect que je vous dois, j'ai le devoir de vous informer que vous faites erreur. Jamais le passé de Heero n'a influencé ses actes présents, et jamais il n'a touché à un seul des pensionnaires de cet établissement. Vous les accusez de choses dont on peut avoir des explications on ne peut plus rationnelles sans avoir à sombrer dans l'exagération et les scénarios catastrophes. Ne vous est-il jamais arrivé la nuit de faire des cauchemars et de rechercher la présence rassurante d'un adulte à vos côtés ? Quant à l'adolescent qui vous à rapporter les avoir vu s'embrasser, si vous aviez lu convenablement les remarques que j'ai laissées, vous auriez vite remarqué que Steven est le genre d'adolescent qui aime se faire remarquer, et qui de plus, n'a guère d'affinité avec Duo ici présent. Si vous n'avez pas d'autres preuves aussi futiles et infondées que celles-ci, je vous serai gré de ne plus chercher des histoires là où il n'y en a pas.
Ne semblant pas apprécier le faite d'être remise en cause, la directrice se tourna vers Heero et reparti à l'attaque :
- Vous conviendrez pourtant que j'ai assisté à certaines scènes plus que compromettantes qui pourraient mettre votre carrière en danger jeune homme !
- J'ai peur de ne pas vous suivre, déclara froidement Heero, alors que Duo sursautait d'étonnement.
Que voulait-elle dire ? Qu'avait-elle découvert ? Heero craignait le pire, tout comme Duo.
La directrice soupira bruyamment avant de déclarer :
- Votre fausse innocence a le don de m'exaspérer, jeune homme ! Je soupçonne votre complicité avec ce jeune pensionnaire de cacher quelque chose de plus, comment dire... Intime ! Et vous aurez beau me sortir toutes les excuses possibles et inimaginables, je ferais en sorte de découvrir ce qui se passe derrière mon dos dans cet établissement.
C'est à ce moment que Sébastien intervient pour la seconde fois depuis le début de la confrontation :
- Écoutez, je ne suis pas avocat et vous n'êtes pas juge non plus. Je veux bien admettre que vous puissiez vous poser des questions au sujet de Heero et Duo, mais en aucun cas vous n'avez le droit de vous acharner sur eux de cette façon. Leur histoire ne regarde qu'eux du moment qu'elle ne gêne en rien le bon fonctionnement de l'établissement.
Apparemment, la directrice n'attendait que ça pour s'attaquer à Sébastien. Abordant un sourire vainqueur, elle se tourna vers lui et s'exclama :
- Quoi de plus normal pour l'ancien éducateur de l'accusé de prendre sa défense ?
Sébastien lui avait parlé de ce possible argument contre eux. En effet, qu'il était son éducateur pouvait l'aider dans le sens où il connaissait parfaitement Heero, mais être aussi un handicap au sens où elle pourrait remettre en cause son objectivité. Sébastien avait justement réfléchi à ce problème cette nuit, et se défendit avec les arguments auxquels il avait préalablement réfléchis :
- C'est justement en état d'ancien moniteur que j'affirme ne prendre aucun risque à défendre Heero. Je le connais depuis de nombreuses années, et je peux vous assurer que jamais je n'ai vu un homme aussi droit. Jamais son passé n'a été source de problèmes, et encore moins cause d'abus envers les adolescents accueillis par le centre. Jamais Heero ne s'est impliqué plus que nécessaire dans la vie des pensionnaires.
Bien sûr, il enjolivait un peu la vérité, mais s'il ne le faisait pas, jamais la directrice ne les laisserait en paix. C'était le seul confident qui savait tout de leur intimité, et en tant qu'ami, il pouvait cautionner. S'il avait été encore directeur, le problème aurait été tout autre.
Grâce à lui, Heero et Duo avait pu s'en sortir. Il avait demandé cette nuit comment le remercier pour l'aide future, il avait simplement répondu : « J'espère que ça effacera un peu l'erreur que j'ai commise ». Un long silence avait suivi cette simple phrase…
Alors que Heero pensait qu'il avait finit, il fut surpris d'entendre Sébastien poursuivre sous leur regard étonné :
- Avant que cette entrevue ne prenne fin, j'aimerais rajouter une dernière chose. Vous n'imaginez même pas à quel point le travail qu'a accompli Heero avec cet adolescent est extraordinaire, cela en est presque surnaturel. De toute ma carrière, je n'ai jamais vu un tel exploit. Quand Duo est arrivé au centre, je me suis posé la question pour savoir si je devais le renvoyer ou pas. Il ne parlait pas, n'acceptait aucun contact physique et hurlait de terreur au moindre frôlement par inadvertance. Un véritable petit homme sauvage. Vous allez me dire que tout cela relève du scénario de film typique, mais c'est tout ce qu'il y a de plus vrai. Voyez, même encore aujourd'hui, Heero est le seul à avoir le "privilège" si je puis dire, d'avoir la totale confiance de Duo. A force de patience, il a su l'apprivoiser et gagner sa confiance, après bien des épreuves, j'en conçois, mais le résultat est là. Il y a une alchimie incroyable entre eux. Cependant, Duo est encore loin d'être "guéri", comme vous avez pu le constater à chacune de vos tentatives d'approche. Si vous les séparez maintenant, Duo ressombrera et Heero le suivra... Vous vous aventurez sur un terrain dangereux, et si vous ne tenez pas à avoir la mort de deux êtres innocents sur la conscience, je vous prie de réfléchir à vos actes.
Un grand silence suivit cet aveu.
C'est à cet instant que Heero reconnaissait vraiment Sébastien, l'homme qui avait été auparavant son seul ami, son seul confident mais aussi son éducateur. Tout comme Duo, Heero était incroyablement ému par le discours de Sébastien. Il avait su trouver les mots justes. Il avait su retranscrire tout ce qu'il lui avait révélé cette nuit sans jamais les vendre un seul instant, omettant le seul fait qui aurait pu lui porter préjudice.
Sébastien fit signe à Heero et Duo de sortir du bureau. Cependant, alors qu'il faisait un pas en direction de la porte, la directrice sembla remarquer un détail qu'elle n'avait pas vu avant car elle demanda :
- Jeune homme...
Ne sachant pas à qui elle s'adressait précisément, Heero et Duo se retournèrent de concert. Heero remarqua automatiquement le regard de la directrice posé sur son jeune amant, et il comprit qu'elle allait une fois de plus lui faire du mal. Mais que pouvait-elle bien avoir à lui reprocher, il ne voyait pas de quoi elle pourrait l'accuser. Il sentit Duo commencer à paniquer à côté de lui, et tenta quant à lui de garder son calme.
- Ces cicatrices sur vos jambes... d'où viennent-elles ? demanda t'elle sans quitter du regard les jambes dénudées de Duo.
En même temps que l'adolescent, Heero remarqua ses jambes dénudées, portant toujours simplement sa chemise. Son cœur se serra rien qu'à l'idée de la terreur que devait ressentir l'adolescent. Il aurait voulu se mettre devant lui et le prendre dans ses bras, tourna le dos aux autres et aidant Duo à cacher ce qu'il avait de plus honteux pour lui. Il avait parfaitement connaissance de la gêne que celui-ci devait ressentir. Lorsque l'adolescent releva les yeux, c'était pour voir ceux de la directrice et de Sébastien rivés sur la partie inférieure de son corps, scrutant minutieusement chaque parcelle de peau découverte : un véritable enfer pour l'adolescent. Il lança un regard apeuré à Heero, tandis que ses yeux s'embuaient de larmes qui roulèrent silencieusement le long de ses joues. Aucun son ne sortit de sa gorge, il se contentait de baisser les yeux, humilié d'être ainsi exposé aux regards impudiques des deux adultes. Heero craqua, et lui prit les épaules l'attirant contre lui, tentant vainement de le protéger de l'impudeur du regard des adultes. Le reprendre ainsi dans ses bras lui fit un bien fou. Sentir le petit corps frêle de son amant tout contre lui, lui faisait un bien fou, même si celui-ci était en train de vivre un cauchemar éveillé. Il le sentit se laisser aller dans son étreinte. Heero ne savait que faire de plus. Comment les empêcher de regarder ? L'adolescent éclata alors brusquement. Il s'arracha à l'étreinte de Heero, un court instant de tendresse laissait maintenant place à des cris déchirants :
- Arrêtez ! Hurla-t-il en baissant les yeux, tentant désespérément de masquer ses jambes nues. Son corps était parcouru de violents frissons, signe évident d'un combat intérieur.
Heero craint le pire et eut raison de le faire. Les deux autres adultes assistaient à la scène, ne comprenant pas la soudaine réaction de l'adolescent. Avant qu'ils n'aient le temps de réagir, les spasmes s'arrêtèrent et lorsque l'adolescent releva la tête, Heero comprit instantanément ce qu'il venait de se passer. Duo n'était plus... A la place, Asiel fixait l'assistance de son regard onyx emplie d'une rage et d'une haine non contenue.
Asiel adressa un sourire on ne peut plus explicite à Heero qui murmura à l'adresse du jeune garçon :
- Asiel... Comment ?
- Duo refusait de me laisser le contrôle, j'ai dû faire forcing pour pouvoir sortir !
Heero s'attendait à tout sauf à avoir à refaire face à Asiel un jour. Il eut soudain très peur de ce qu'il pouvait se passer avec la directrice. Un autre de leur secret allait être mis à jour, et ils n'allaient pas s'en sortir indemne. Asiel quitta le regard de Heero et reporta son attention sur la directrice qui à présent, le regardait avec une lueur d'étonnement dans les yeux, apparemment totalement dépassée par les évènements. Avant qu'elle n'ait le temps de dire quoi que se soit, Asiel la défiait du regard, prenant méchamment la parole :
- Alors comme ça le spectacle vous plait ? Mais cela ne vous suffit peut être pas, s'exclama-t-il.
Et avant que Heero ne comprenne les intentions de l'adolescent, Asiel arracha violemment les boutons de sa chemise, exposant ainsi son torse et son ventre mutilé aux regards de la femme et de l'homme qui lui faisaient face.
Heero eut terriblement mal face à la douleur qui émanait d'Asiel, reflet de la douleur intérieure de Duo. Face à leurs regards dégoûtés, la haine de l'adolescent ne fit qu'augmenter un peu plus. S'il n'avait pas vécu toutes les choses ensemble, Heero aurait été tout comme les deux autres terrifié par ce qui émanait maintenant de lui. Asiel se retourna alors subitement et dévoila son dos en ajoutant :
- Vous en voulez encore? Cela ne vous suffit pas ?
Puis il leur refit face et jetant la chemise au sol, il dévoila ses avants bras charcutés :
- Voila, vous êtes satisfaite ? Vous savez à présent ce que vous vouliez savoir !! Ça vous amuse de fouiner dans la vie des gens ? Cela vous importe aussi peu de savoir ce que l'on peut ressentir en se sentant mis à nu à la façon dont vous le faites avec les gens ? Vous n'avez donc aucune pudeur, aucune honteux à faire chier les gens pour des conneries ? Vous savez, la paranoïa ça se soigne à l'heure qu'il est, il suffit d'aller voir un psy !! Hurla Asiel.
Il prit à peine le temps de reprendre sa respiration avant d'ajouter, se dirigeant dangereusement vers la directrice :
- Vous aller faire quoi maintenant hein ? Appeler les services sociaux ? Signaler qu'un des adolescents du centre est complètement dérangé ? S'exclama-t-il, avant d'ajouter dans un murmure si bas que seul Heero qui se trouvait près de lui entendit, mais ça ma vieille, tu n'en auras jamais l'occasion...
D'une démarche féline et terriblement sensuelle, il s'approchait lentement de la directrice, donnant ainsi l'effet d'un félin traquant sa future proie. Comprenant les intentions d'Asiel, Heero s'interposa au moment ou le coup parti, et sous la violent du choc, se retrouva à terre, sous le regard apeuré de l'adolescent qui le fixait avec incompréhension. Si Heero eut mal, il n'en laissa rien paraître, ne voulant pas culpabiliser l'adolescent. S'il l'avait laissé blesser la directrice ou même pire, il aurait sans vraiment le vouloir, ruiné définitivement la vie de Duo qui ne survivrait pas une deuxième fois à un tel acte. Ce n'était pas dans le but de protéger la directrice, mais plutôt de protéger Duo de lui même en quelque sorte. Heero se releva et prit Asiel dans ses bras, lui caressant tendrement les cheveux, lui murmurant des paroles de réconfort tandis que l'adolescent laissait éclater sa rage et sa frustration par des sanglots bruyants :
- Pardon Heero, je voulais pas te frapper...
- Calme-toi Asiel... Je sais, je sais que tu ne voulais pas me frapper... Mais ce que tu t'apprêtais à faire t'aurait apporté de graves ennuis... Je n'ai fais que te protéger de toi-même. Ton impulsivité est quelque chose qu'il te faut apprendre à maîtriser.
Le silence accueillit les paroles de Heero qui serrait toujours l'adolescent dans ses bras, faisant fit du regard interrogateur des deux adultes posés sur eux. Cependant, la directrice sembla retrouver ses esprits car elle demanda :
- Et bien, quel revirement de situation ! Vous vous êtes bien moqué de moi apparemment.
Ne comprenant pas où voulait en venir la directrice, Heero lui lança un regard interrogateur, sans cesser de réconforter l'adolescent. Il était évidemment sûr qu'elle n'allait pas laisser passer cela, même si c'était lui qui avait pris le coup à sa place :
- Pardon ?
- Ce jeune homme, vous m'aviez affirmé qu'il ne parlait pas, et pourtant, après cette démonstration de puissance, je ne peux que constater le contraire. Et puis pourquoi l'appeler Asiel ? M'auriez vous également menti sur l'identité de ce garçon ?
Heero allait devoir à son tour choisir les mots justes pour le sortir de là. Il inspira longuement avant de déclarer le plus posément possible. :
- Non, je ne vous ai pas menti sur l'identité de cet adolescent. Le garçon apeuré au regard améthyste que vous aviez face à vous toute à l'heure s'appelle bel et bien Duo. L'adolescent que je tiens dans mes bras à cet instant, s'appelle Asiel, et si vous avez faire suffisamment attention, vous auriez constaté que son regard est noir comme l'onyx.
- Vous vous me faire croire que...
- Cet adolescent souffre de dédoublement de personnalité, oui, la coupa Heero.
Puis avant que la directrice ne puisse dire quoi que se soit, il ajouta :
- Vous avez sûrement lu le dossier de Duo, vous pourrez donc facilement comprendre qu'au vue de ce qu'il a vécu par le passé, il se soit créé une double personnalité capable de le protéger. Asiel est cette personne. Il a beau être impulsif, il n'est en rien méchant. Il n'agit que pour ce en quoi il a été créé, c'est-à-dire, protéger Duo. A présent, nous allons nous retirer, nous avons suffisamment abusé de votre temps.
A ces mots, Heero entraîna Asiel à sa suite. Il ramassa la chemise déchirée et la lui posa sur les épaules afin de cacher au mieux les cicatrices qui zébraient son corps, et le tenant par les épaules, ils sortirent du bureau. Sans oser se le dire, il appréhendait de devoir faire face de nouveau à Asiel, n'ayant jamais imaginé cette possibilité.
Ils se rendirent tous les trois dans la chambre de Heero pour y retrouver un peu de paix et se remettre de tout cela. Arrivé dans le couloir devant leur deux chambres, Heero glissa à Asiel quelques mots :
- Je te laisse aller t'habiller avant de nous rejoindre.
Mais alors qu'il s'écartait de lui pour se rendre dans sa chambre, Heero sentit une main se serrer sur son bras.
- Tu peux venir, j'aimerais te parler en privé…
Heero tenta de cacher au mieux son malaise. Ce n'était pas par peur qu'il ne voulait pas se retrouver seul à seul avec Asiel, mais par appréhension d'avoir à lui reparler.
Il réussit tout de même à faire un sourire et à acquiescer. Il dit rapidement à Sébastien qui avait vaguement assisté à la scène qu'il n'en avait pas pour longtemps et celui-ci rentra directement dans la chambre de Heero. Asiel quand à lui, tira le bras de Heero qu'il tenait toujours pour l'amener dans sa propre chambre.
Il ferma la porte derrière eux. Le cœur de Heero s'emballa très vite, parvenant de moins en moins à cacher son angoisse.
- Je tenais juste à t'expliquer le pourquoi de mon apparition. Je te rassure je ne compte pas rester. Duo ne voulait pas me faire venir, et il a opposé beaucoup de résistance. Il voulait s'en sortir tout seul, pour te prouver qu'il était capable de se débrouiller seul. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, il a cruellement besoin que tu lui montres que tu as confiance en lui. Les récents évènements ont été très durs pour lui, même s'il s'est retenu de montrer l'amplitude de sa souffrance. Prends soin de lui Heero, il a vraiment besoin de toi. Si je suis finalement venu, c'est parce que le comportement de la directrice nous rappelait celui de notre père. Il était totalement déstabilisé et incapable de quoi que ce soit. C'est pour cela que je suis intervenu. Tu aurais du me laisser faire ! Je l'aurais tuée et nous aurions eut la paix.
Heero était presque effrayé d'entendre ces quelques mots. Comment cet enfant pouvait-il parler de mort aussi facilement ? Cela lui rappela qu'il ne devait pas oublier qu'il avait tué son père… Il était indéniable qu'Asiel était malgré tout dangereux.
Calmement, Heero tenta de prendre la parole, après un court instant de silence, lui permettant de réaliser ce qu'il venait de lui dire :
- Ne parle pas de mort aussi facilement. Promet moi de ne plus jamais tuer personne. Si tu ne le fais pas pour moi, fais le pour Duo !
- N'est-ce pas pour lui que je me salis les mains ?
- Oui, mais en souhaitant le protéger tu l'aurais indéniablement fait souffrir.
Asiel semblait soudain peiné. Il marmonna quelque chose que malheureusement Heero réussit à entendre :
- Tu n'as toujours pensé qu'à lui…
Comprenant le mal-être de cet adolescent, qui ressemblait tellement à Duo, il s'approcha et le prit tendrement dans ses bras, l'enlaçant dans une étreinte emplie de douceur. Il déposa un baiser sur son front, et passa sa main dans ses longs cheveux défaits. Sa peau partiellement recouverte par la chemise déchirée de Heero frissonna au contact de la main de Heero passant lentement dans son dos.
Il s'approcha alors de son oreille et lui murmura :
- Je pensais aussi à toi Asiel. Si tu avais tué cette femme, je suis sûr que cela t'aurait fait beaucoup de mal. Je sais que tu peux tuer, mais pas de sang-froid et dans l'indifférence. C'est la haine qui guide ton geste et tu en pâtis plus que tu ne le laisses paraître, je le sens.
Asiel s'écarta alors un peu de lui, plantant ses yeux embués de larmes dans ceux de Heero.
Longuement, ils se contentèrent de se regarder ainsi, s'apaisant l'un l'autre par leurs regards. La distance séparant leurs lèvres s'amoindrit tout naturellement sans qu'ils n'en prennent conscience. La rencontre de leur langue fut cette fois très douce. La passion destructrice, le désir puissant de l'autre n'y avait pas leur place.
Non, Asiel embrassait Heero de manière à lui communiquer toute sa profonde souffrance, que l'adulte s'empressait de panser. Le baiser de deux amants qui ne savaient s'ils se reverraient un jour. Un baiser d'adieu, un baiser de désespoir, un baiser autant douloureux que bienfaiteur. Soudain Asiel mit fin au baiser de manière assez brusque. Il enfouit sa tête dans le cou de l'adulte avant de s'effondrer dans un sanglot déchirant. Heero ne savait plus vraiment quoi faire face à cela. La douleur et la souffrance qui émanait de l'adolescent était bien trop grande pour qu'il puisse y faire quoi que ce soit.
Dans ses pleurs, il entendit Asiel lui murmurer une seule fois "je t'aime", avant que cet aveux ne se perdre dans le flot de sanglots étouffés. Heero ne savait plus vraiment que dire, ni que faire. Son cœur était déjà pris même si Asiel y avait une place importante, Duo passait avant et cela rien n'y changerait. Tous deux le savaient et tous deux avaient mal.
Ne semblant plus supporter tout cela, Asiel repoussa presque hargneusement Heero contre le mur, puis lui tourna le dos. D'un revers de la main, il essuya ses larmes qui maintenant coulaient dans les yeux de Heero. D'une voix à la fois plaintive mais faisant tout de même effet d'autorité, Asiel déclara :
- Va-t-en, laisse moi seul, c'est trop dur…
Heero aurait voulu s'approcher de lui, le prendre dans ses bras, et lui dire qu'il était là pour lui, mais il savait que cela allait faire encore plus mal à Asiel. Oui, il fallait qu'ils se séparent maintenant, pour souffrir le moins possible.
Heero sortit de la chambre, sans réussir à prononcer un seul mot et entra directement dans la sienne. Sébastien voulut s'approcher de lui, avisant son état de détresse et les larmes dans ses yeux, mais Heero le repoussa d'un simple geste de la main, avant d'aller s'enfermer dans sa salle de bain. Il avait besoin d'être seul ne serait-ce que cinq minutes pour tenter de remettre ses pensées en ordre.
Rares étaient les fois où il s'était senti aussi dévasté. Son empathie envers Asiel lui avait finalement fait ressentir la souffrance à l'état pure de l'adolescent et l'avait totalement chamboulé. Il dut s'adosser au mur pour ne pas s'effondrer, tenant à peine sur ses jambes devenues tremblantes.
Il n'avait rien pu faire et ne pourrait jamais faire quoi que ce soit… Les pensées de Heero commençaient à s'aventurer en terrain inconnu et destructeur. Il ne sut plus vraiment ce qu'il faisait, ni ce à quoi il pensait. Tout était soudain vide, vide de sens : le néant. Il ne sut combien de temps il resta ainsi, jusqu'à ce que Sébastien frappe à la porte en disant à Heero que Duo était là. Se retrouvant assis sur le sol, il se redressa presque à contre cœur. Il vit son reflet dans le miroir et prit presque peur, il ne fallait pas que Duo le voit dans cet état. Il avait bien dit Duo ? Asiel était donc parti…
Après s'être passé un peu d'eau sur le visage, tentant de masquer au mieux l'état dévasté qui s'affichait sur son visage, il sortit de cette salle de bain. Duo s'était assis sur la chaise alors que Sébastien l'était sur son lit. C'était bien Duo qui se tenait devant lui. Lorsqu'il vit Heero sortir, il se redressa brusquement et fonça rejoindre les bras de son amant, quémandant de vraies retrouvailles après cette nuit d'horreur.
Heero enlaça Duo après un léger temps d'hésitation. Ce n'est que lorsqu'il sentit ce petit corps chaud tout contre lui qu'il sortit de son état de stupeur. Duo venait de le ramener à la réalité. Ce qu'il avait cru ne jamais pouvoir refaire un jour, il était en train de le faire à cet instant même : Duo était tout contre lui.
Il raffermit subitement son étreinte, serrant bien plus fort l'adolescent tout contre lui. Celui-ci redressa sa tête et planta ses yeux améthyste dans les cobalts de son amant.
Leurs lèvres se joignirent de manière presque naturelle, sans que l'un et l'autre prenne conscience de ce rapprochement. Dans une douceur et une extrême tendresse, leur langue commencèrent timidement à se mêler. Mais avant qu'ils n'aient le temps d'aller plus loin et d'approfondir celui-ci, un toussotement les arrêta suivit de quelques mots :
- Je peux tolérer d'être au courant. Je ne suis plus directeur, cela ne me regarde plus. Mais je vous prie de ne pas faire cela devant moi. Ma complicité à des limites. Vous devriez par ailleurs être un peu plus prudent.
Gênés et quelque peu honteux, Heero et Duo se séparèrent. Sentant le malaise s'installé, Sébastien ajouta :
- Je commence à avoir faim… Il est temps d'aller au réfectoire et de réveiller tous les enfants.
Heero acquiesça et s'exécuta. Même s'il n'en avait plus le statut, la relation directeur éducateur persistait entre eux. Après avoir réveillé tous les adolescents, ils se rendirent tous trois en silence dans le réfectoire.
Après le repas rapidement avalé sous le regard haineux de la directrice qui leur en voulait à cause de l'entrevue de ce matin, ils s'éclipsèrent tous les trois dans l'écurie. Sébastien souhaitait voir comment leur poulain se portait.
Duo alla préparer le biberon d'Amaranth en disant rapidement à Heero qu'il allait les rejoindre juste après. Heero comprit qu'en réalité, il leur laissait un peu de temps seul à seul.
Heero se sentait soudain gêné d'être en la présence de Sébastien seul à seul et n'aurait pas vraiment su expliquer pour quelle raison. En silence, ils parcoururent les derniers mètres qui les séparaient de l'écurie, jusqu'à ce que Heero craque et commence à parler. La seule chose qu'il trouva à dire et qui s'imposait d'elle-même fut :
- Merci pour tout Séb.
Celui-ci tourna subitement sa tête vers lui, comme surpris par cette phrase à laquelle il ne s'attendait pas. Il répondit alors dans une voix presque solennelle :
- Je te devais bien cela. Et tu le sais Heero... Tu le sais que tu pourras toujours compter sur moi…
- … Je… Merci.
Le silence s'installa de nouveau jusqu'à ce qu'ils arrivent devant le poulain et que Sébastien s'exclame en disant combien il avait grandi et forci en si peu de temps et quel beau poulain il allait devenir. Heero sut que jamais ce qui s'était passé entre eux lorsque Sébastien avait dérapé ne reviendrait un jour dans leurs discussions. Plus jamais ils n'en parleraient. Le sujet était clos et il valait mieux oublié. Heero était quelque part soulagé de ne pas avoir perdu son ami, même s'il était indéniable que quelque chose avait changé dans leurs rapports.
Duo arriva très vite, et après un sourire à l'égard de son moniteur, il porta toute son attention à son poulain qu'il devait nourrir.
Lorsque le repas d'Amaranth fut terminé, Sébastien déclara qu'il était temps qu'il s'en aille. Il avait beaucoup de choses à faire. Avant de partir, il serra un court instant Heero dans ses bras, sous le regard agacé de Duo. Puis, après quelques dernières recommandations, il les laissa tout deux dans l'écurie.
Dès que Sébastien fut hors de vue, Heero attira Duo tout contre lui et prit possession de ses lèvres. Il ressentit subitement le besoin de ce baiser. Duo ne mit pas de temps à répondre à ce baiser après un hoquet de surprise. L'excitation monta comme jamais elle ne l'avait fait, et la passion commençait déjà à les consumer au simple contact de leur langue.
Ceci ressemblait déjà beaucoup plus à un vrai baiser de retrouvaille. Heero avait l'impression de ne pas avoir embrassé Duo depuis des années alors que cela ne faisait qu'une petite heure. Sous le désir qu'ils ressentaient subitement l'un pour l'autre, Heero plaqua Duo contre le mur de l'écurie et laissa aller ses mains partir à la découverte du corps de son amant. L'ardeur de ces simples caresses enflammait le corps de Duo qui déjà se mettait à ondulait du bassin sous celles-ci.
Avec le temps, Duo devenait de plus en plus sensuel, ce qui ne faisait qu'augmenter le désir de son amant pour lui. Les mains de Duo se mirent elles aussi à se glisser sous le t-shirt de son amant, parcourant son torse de manière beaucoup plus aventureuse. Il était impossible de ne pas remarquer l'assurance qu'avait pris l'adolescent avec lui. Faisant fi de l'heure et l'endroit dans lequel ils se trouvaient, Heero commença à lécher de manière plus que provocatrice le cou de son amant, qui crispa sa main sur son épaule pour retenir un gémissement. Ils avaient plus que tout besoin de ce moment, et leur corps parlaient pour eux. Ce n'était pas par insouciance qu'il faisait cela en cet instant, mais par pure nécessité.
Ils avaient tous deux vécu bien trop de choses pour pouvoir les affronter sans une certaine forme de réconfort. Ils avaient pleinement besoin de faire un, physiquement, de se sentir vivre l'un dans l'autre en quelque sorte, ainsi que de faire vivre l'autre par cet échange.
Cette pulsion incontrôlable les emmenait loin de tout, loin de la conscience du lieu et du temps, étant uniquement concentré sur l'autre et le plaisir qu'il était possible de lui apporter. Un pur moment à deux…
Rapidement le t-shirt de Duo tomba sur le sol et celui-ci frissonna au contact de la pierre froide sur son dos. Heero se hâta de réchauffer ce corps qui n'eut pas froid très longtemps. Lentement et langoureusement, il se délecta de la peau de son amant, avant de rejoindre sa bouche et de laisser ses mains se promener sur son torse, remplaçant sa langue. Heero sentait à la manière dont Duo l'embrassait que celui-ci faisait tout pour l'exciter au maximum. Et cela marchait à la perfection. Le désir du corps de l'autre commençait à lui vriller les reins, sentant une chaleur particulière monter en lui. Il dut faire un grand effort de maîtrise de lui-même pour ne pas prendre Duo sur le champ. Il était encore trop tôt et il avait largement le temps de lui offrir d'autres formes de plaisir avant. Réfrénant ses ardeurs, il laissa tout de même aller ses mains sur le bas ventre de son amant, se laissant aller à ôter un à un ses boutons de jeans. Son autre main passait et repassait inlassablement sur son entrejambe, frôlant avec savoir faire l'intimité de l'adolescent : petit avant goût du plaisir futur. Duo ne tarda pas à se laisser aller à pousser de légers gémissements, galvanisé par le plaisir que lui procurait son amant. Heero quand à lui ne répondait à cet instant plus de rien.
Encouragé par les sons qui provenaient de la bouche de son amant au milieu de leur baiser, il fit glisser son jean sur le sol, prenant soin de lui laisser son boxer pour le moment.
Heero avait décidé à cet instant qu'il allait se faire un peu désirer. Il ne quitta pas tout de suite la bouche de Duo, qui commençait à avoir de plus en plus de mal à se concentrer dans leur baiser, il ne maîtrisait plus vraiment non plus ses hanches qui ondulaient et venaient se coller contre celles de l'adulte à la recherche d'un contact plus poussé. Car Heero avait bien mis sa petite idée à exécution, et n'avait fait qu'effleurer légèrement le sexe de son amant de manière lascive de la main, ne faisant qu'attiser son désir. Légèrement agacé, Duo passa ses deux bras autour de la taille de son amant et l'attira encore un peu plus près, comme s'il souhaitait que chaque parcelle de son corps soit en contact avec le corps de l'adulte.
Mais Heero ne faisait toujours rien, continuant à prolonger leur baiser auquel Duo finit par mettre fin, affichant une mine boudeuse à son moniteur qui ne put réprimer un petit rire. Sentant que la plaisanterie avait assez durée, il lui sourit une dernière fois tendrement, avant de se coller encore plus près, annihilant l'espace qui séparait Duo du mur.
Puis il s'approcha de son cou lentement. Son souffle chaud fit frémir l'adolescent. Le moniteur se laissa alors aller à lui dire quelques mots avant de faire ce que tout deux attendaient.
- Je t'aime Duo.
Il s'écarta un court instant, afin de voir le sourire qui ornait le visage de Duo, et il déposa un léger baiser sur ses lèvres, avant de descendre sur son torse nu. Il suivit une trajectoire rectiligne ayant un but précis. Mais à chaque baiser déposé sur son torse, il redressait les yeux pour voir le visage de son amant qui commençait à rougir de gêne. Il finit tout de même par arriver à la destination souhaitée, avec pour obstacle un seul morceau de tissu. Heero attrapa le haut de son boxer avec les dents et le baissa avec l'aide de ses bras jusqu'à mi cuisse. Puis, il ne perdit pas de temps pour remonter jusqu'à l'intimité de Duo, qui laissa échapper un gémissement bien plus prolongé au contact de la langue de l'adulte sur celle-ci.
Heero s'en délecta comme d'un fruit rare, prenant méticuleusement soin de découvrir les zones les plus sensibles et ce qui procurait le plus de bien à son amant.
Sa volonté de lui procurer du plaisir était à son comble, et il réussit cela à la perfection. En effet bientôt Duo porta sa main à sa bouche pour étouffer ses gémissements devenant de plus en plus bruyants et ses jambes se mirent à trembler légèrement signifiant que sans le mur, jamais Duo n'aurait pu se maintenir à la verticale. Heero quitta le sexe de son amant un seul instant afin de s'humidifier les doigts de manière tout aussi suggestive que Duo s'empourpra. Une fois cela fait, il repris le sexe de son amant en bouche, entamant un mouvement de va et vient cadencé par le désir et le plaisir de Duo. Tout en continuant à faire cela, il passa une main sur ses fesses légèrement décalé du mur. Il s'inséra si lentement et si délicatement en lui avec un simple doigt, que Duo ne sentit presque rien.
Une des mains de Duo jusqu'alors restée inactive depuis un certain temps, passa dans la chevelure indisciplinée de son amant, lui faisant la demande muette d'intensifier son action. Heero s'exécuta, tout en continuant de préparer son amant au futur proche. Il inséra peut être un deuxième doigt en lui un peu trop précipitamment, car il sentit tout le corps de Duo se crisper ainsi que sa main dans ses cheveux. Heero cessa de se mouvoir en lui, lui démontrant par là-même qu'il ne craignait strictement rien. Ce fut Duo qui le premier se remit à se mouvoir. Rassuré, Heero se remit en action, offrant toujours plus de plaisir à son amant. Il ne devait pas oublier le traumatisme passé de l'adolescent. Même s'il montrait chaque jour des améliorations, tout n'était pas pour autant oublié et terminé. La douceur, la patience et la tendresse devaient être les maîtres mots dans ce genre de rapport avec Duo.
Heero se devait de se le rappeler à chaque instant pour ne pas tout gâcher. Duo lui offrait sa confiance mais aussi beaucoup plus en lui offrant son corps, et Heero se devait de se montrer à la hauteur de tout cela. Jamais il n'oublierait ce que Duo faisait par amour pour lui…
Soudain tous les muscles du corps de Duo se contractèrent, symbole d'une jouissance plus que proche. Heero entama un dernier mouvement de sucions bien plus profond que les précédents pour accueillir la jouissance de son amant. Duo se déversa en lui, et Heero se délecta du fruit de leur plaisir. Il finit par quitter l'entrejambe de son amant et retira ses doigts de son orifice plus que préparé. Il prit le même chemin qu'il avait pris pour l'allée, parsemant le corps de son amant de baiser, parcourant une surface maximale de son corps à l'aide de ses lèvres et de sa langue. Il regagna enfin les lèvres de son amant, avec une fougue emprunte d'une forte dose de tendresse.
Ses mains quant à elles, s'attardèrent sur l'ouverture de son propre jean, devenant de plus en plus à l'étroit dans celui-ci. Rapidement il s'en débarrassa, entraînant son boxer par la même occasion. Un moment délicat allait arriver et Heero redoubla de tendresse et de douceur dans son baiser en guise de réconfort afin de rassurer au mieux l'adolescent. Même si celui-ci savait que Heero ne lui voulait pas de mal, on pouvait encore lire beaucoup d'appréhension dans son regard.
Délicatement, il souleva l'adolescent en le prenant par la taille. Les bras de Duo l'entourèrent et s'accrochèrent à lui comme s'il avait peur que l'adulte le lâche et l'abandonne. S'apercevant immédiatement du début de malaise de l'adolescent, Heero l'embrassa d'une manière différence, tentant de lui prouver qu'il était là, tout près, qu'il n'allait pas le lâcher et encore moins l'abandonner. Il tentait tout simplement de lui traduire par ce simple échange tout l'amour qu'il lui portait. Duo sembla comprendre car il commença à se détendre petit à petit et à se laisser de nouveau aller. Heero l'appuya alors légèrement contre le mur et se plaça dans la position la plus appropriée, le préparant à la pénétration imminente. Au milieu du baiser, il ouvrit un instant les yeux et plongeant son regard dans celui de Duo, se laissant hypnotiser et subjuguer par ce regard plus que troublant. Il pouvait passer des heures à admirer les pupilles améthyste si bouleversantes de son amant. D'un mouvement habile après un regard consentant de Duo, et d'un coup de rein habile, Heero se retrouva peut être un peu plus brusquement qu'à l'accoutumée en Duo sachant que la position ne lui aurait permis d'être plus doux. Duo ne put retenir un léger cri de douleur, ne s'attendant pas à cela. Heero cessa tout mouvement, laissant Duo s'habituer à sa présence en lui. Il prolongea leur baiser comme pour détourner son attention de la douleur et surtout se faire pardonner de la douleur vive occasionnée qu'il n'avait pu éviter.
Progressivement, il se remit à se mouvoir, entamant de long et ample mouvement de bassin très doux. Grâce à la force d'un de ses bras et du mur qui retenait Duo, il put libérer son autre main pour continuer à offrir du plaisir à son amant. Mais rapidement ses mouvements se firent de plus en plus passionnés et rapides et il dut se servir de son autre main pour maintenir son amant. Duo se cramponna à celui-ci, étouffant dans son cou de réels cris de plaisir qu'il ne pouvait se permettre de laisser échapper. Heero tentait lui aussi de se contenir au mieux. En effet, ce qu'ils étaient en train de faire était plus que risqué, voir inconscient. Où étaient passées les recommandations de Sébastien ?
Être en Duo, se mouvoir en lui, lui appartenir d'une certaine manière, laisser sa marque invisible dans son corps, offrir et s'offrir du plaisir, lui faisait oublier tout ce qu'ils risquaient. Mais le bonheur leur était rarement permis bien longtemps, le destin continuant de s'acharner sur eux, ils durent payer leur insouciance. En effet, au moment où tous deux jouirent simultanément, un cri d'horreur et de dégoût accompagna celui de leur jouissance.
Heero et Duo tournèrent la tête vers l'origine de ce cri, retombant immédiatement dans la réalité. Heero crut s'évanouir lorsqu'il vit l'homme se tenant à quelques pas d'eux, le visage décomposé : son propre père.
Il se retira immédiatement de Duo, se sentant soudain presque honteux de ce qu'il venait de faire. Depuis toujours, le regard de son père le paralysait rien qu'à sa manière de le juger. Il remonta rapidement son pantalon, cachant au mieux sa nudité, et son amant en fit de même, se tenant un peu derrière lui, le frôlant comme s'il refusait de rompre leur contact. Son père s'approcha et lui donna une claque qui lui retourna la tête sous la violence du choc. Duo laissa échapper un cri de stupeur, tandis que Heero se contentait de baisser les yeux : attitude qu'il avait avec son père depuis mort de son frère.
Il était totalement perdu. Il ne savait plus que faire, ni quoi faire, ni même pourquoi et comment il se devait de réagir. Il adoptait l'attitude de soumission et de crainte qu'il ne prenait que rarement dans les cas les plus extrêmes.
C'est à ce moment là que son père choisit d'ouvrir la bouche pour déverser son venin dans le cœur de Heero :
- Tu me dégoûtes Heero, si tu savais comme tu m'écœures. Mme Martinez vient de m'annoncer plusieurs choses que j'ignorais. Je l'ai prise pour une folle lorsqu'elle m'a dit que tu avais couché avec ton propre frère. Je te savais responsable de son suicide, mais pas à ce point. Ton propre frère Heero… Mon propre fils, comment as-tu pu lui faire cela ? Comme je comprends qu'il ait souhaité la mort ! Pourquoi n'as tu pas fais la même chose. C'est tout ce que tu mérites. Non au lieu de cela, tu ne fais que recommencer… Il a fallut que tu te trouves une autre victime, tout cela ne suffisait pas ! Un enfant… Tu en deviens écœurant, tu n'es pas mon fils, tu ne mérites même pas le statut d'homme, tu es monstrueux.
Même avec le temps, même avec la distance prise par rapport à cette histoire, entendre cela de son propre père pouvait anéantir n'importe qui.
Il prenait chaque parole au sérieux et se mettait à y croire avec une conviction presque déconcertante. Oui, il n'était qu'un monstre. Il n'osait lever les yeux pour croiser ceux de son père et y lire de la haine. Il avait supporté leur indifférence, s'était dit que c'était la pire des choses, mais supporter leur haine en cet instant présent était au dessus de ses forces. Ses mains se mirent à trembler de peine et de colère contre lui même, et il serra les poings. Duo sembla s'en rendre compte, car il glissa discrètement sa main sur la sienne, sans que le père de l'adulte ne s'en aperçoive. Soudain la voix de son père s'éleva de nouveau.
- Tu te souviens, la fois où nous t'avons croisé au cimetière récemment. Ta mère s'en est voulu de ne pas t'avoir parlé et de t'avoir ignoré. Elle m'a dit qu'après tout tu étais notre fils toi aussi. Quelle folle ! Si elle savait… Mais elle ne pourra jamais plus savoir… Avant de nous quitter, car c'est cela que je venais t'annoncer, elle m'a fait promettre de venir te le dire et que je te demande d'assister à son enterrement. Je vais partir Heero. Plus jamais je ne remettrais les pieds ici, mais jamais je ne veux que tu recroises ma route ! A cet instant même tu n'existes plus pour moi.
Heero avait du mal à vraiment assimiler tout ce qu'il venait d'apprendre. En plus d'être au courant de tout, son père lui annonçait sans prendre de gant la mort de sa mère. Comment, pourquoi, dans quelles circonstances, il n'en savait rien. Il avait l'impression que tout ce qu'il avait essayé de se construire pendant toutes ses années d'effondrait. Tous les pans de sa raison qui l'aidaient à tenir et à ne pas sombrer dans la folie commençaient à s'effriter. Il fut pris d'un vertige, ne parvenant plus vraiment à établir une limite entre l'intérieur et l'extérieur de son cœur. Il ferma les yeux pour tenter de canaliser le flot d'informations et de sentiments qui l'inondaient.
Il entendit les pas de son père s'éloigner et quitter sa vie à jamais. Heero ne tint plus sur ses jambes et s'effondra à genoux. Duo laissa échapper un hoquet de surprise lui aussi sous le choc de cette courte entrevue. Il s'agenouilla et enlaça Heero dans le dos. Tout le corps de l'adulte commençait à être parcouru de soubresauts et de tremblements. Seul son contact avec Duo l'aidait à rester sur terre et à ne pas sombrer dans les méandres de la folie cauchemardesque et destructrice.
Il aurait voulut se retourner et le serrer dans ses bras, ne voulant pas lui montrer qu'il était totalement à bout, ne voulant pas se montrer aussi vulnérable face à lui. Mais il n'était plus capable de rien. Bientôt sa vue se brouilla et il laissa échapper de sa bouche une longue plainte d'animal blessé à mort, comme celle que pousse les cygnes juste avant de quitter le monde des vivants, ce cri qui déchirerait le cœur de n'importe qui. Qu'en était-il de celui de Duo…
A suivre...
Coucou !!
Tout d'abord, je tiens à m'excuser de ce petit retard. Pour être honnête, ça m'est complètement sorti de la tête. Je suis en plein dans mes révisions pour le bac et ne pas avoir cours la semaine ca dérègle mon horloge interne lol je sais plus où j'en suis !
Donc voila comme promis le chapitre 38 avec un petit jour de retard ! Encore une fois désolée !
Ensuite, pour tous ceux et celles qui lisent Danse avec lui et Cœur de crystale, je vous rassure, les chapitres sont tous deux en cours d'écriture.
Cependant, je dois avouer que j'ai un peu de mal avec l'écriture de Danse avec lui, pas que l'inspiration n'est pas là, mais plus par difficulté d'expression si je puis dire…
Quant à Cœur de Crystale, j'y travaille. Le plan est dans ma tête mais le coucher par écrit est nettement moins évident. Mais je ne désespère pas !!
J'ai momentanément mis en pause l'écriture du chapitre 8 de Beyond the invisible pour justement me consacrer à mes deux autres fics.
Enfin pour finir, je promets de faire mon possible pour poster ces deux chapitres le plus tôt possible, soit courant la semaine prochaine car je par 10 jours à paris le 25 juin et je ne sais pas encore si j'aurai internet ou pas !
Quoi qu'il en soit, je ferais mon possible pour poster ces chapitres avant mon départ, mais sans pour autant vous donner ma parole ! Mais rassurez-vous, elles ne sont en aucun cas suspendue ou abandonnées.
Voila pour les dernières nouvelles. Encore désolée de ce retard, j'ai vraiment honte.
Je vous dis à bientôt et merci à tous ceux et celles qui lisent encore cette histoire et un spécial merci à tous ceux qui ont la gentillesse de laisser une review !
Bisous tout le monde
Shini –
PS : pour tous ceux qui passe un quelconque examen… MERDE !!
