Chapitre 36 : Le shopping
Ils ont de la chance, le temps s'est mis au beau. Un ciel d'azur et des rayons de soleil réchauffant des passants, riverains et touristes, qui à leur image, marchent dans les rues de la capitale. Perdus dans l'anonymat de la foule, les trois hommes commencent leur périple par les rues que Sosûke prise le plus, celles des magasins de luxe où Shûhei prend son mal en patience en regardant l'homme essayer costumes, chemises et cravates.
'Comme s'il avait besoin de toutes ces fringues. Son dressing est déjà plein à craquer !', a-t-il songé lorsque le défilé des vêtements a commencé, sous l'indifférence polie d'Ulquiorra.
Le pire reste encore les louanges écœurantes du vendeur.
- « Cette matière est faite pour vous. C'est de la pure laine 150's, un aspect brillant et un confort remarquable. Permettez-moi de vous dire que cette coupe vous sied à ravir, monsieur. »
- « Gnagnagna », marmonne Shûhei depuis le fauteuil confortable où le vendeur l'a invité à mettre ses fesses, un brin de mépris dans la voix.
Il faut dire que Shûhei porte un jean noir de belle coupe, des converses, un pull fin gris anthracite et une veste en Denim marron. L'ensemble est casuel et de bonne qualité, mais dénote apparemment dans cet antre de l'élégance.
- « Un commentaire, Shûhei ? », demande Sosûke qui a parfaitement entendu la moquerie.
- « Non, non aucun. Ce costume est absolument é-pous-tou-flant, », répond-il s'attirant un sourire satisfait du vendeur, qui se fane aussitôt que le jeune homme ajoute : « … comme le précédent et celui d'avant. D'ailleurs, à par les nuances de gris, je ne vois pas bien la différence. Il me semble même que tu possèdes déjà deux ou trois costumes similaires. Enfin, pour ce que j'en dis. »
Sous le regard amusé d'Ulquiorra, Shûhei se met à inspecter ses ongles, envoyant le message à tout le monde que désormais, il se désintéresse totalement de ce qui se passe. Occupé à admirer son reflet dans le miroir sur pied, Sosûke trouve la petite rébellion plaisante. Pour un peu, il oserait presque moucher son compagnon.
- « Tu as sans doute raison, Shûhei. »
Pendant quelques secondes, le pauvre vendeur affiche l'air scandalisé de celui qui voit s'échapper une jolie commission, jetant au passage un mini regard féroce vers le responsable.
- « Cela dit, il serait utile que tu possèdes toi-même un costume ou deux… »
Le regard du vendeur vient de s'illuminer alors qu'à l'opposé, le visage de Shûhei se tend sous la surprise. Il se redresse prêt à contre-attaquer, quand Sosûke assène l'argument ultime.
- « En outre, il t'en faudra un pour le mariage de ta sœur. Tu n'envisages pas d'y aller en jean, Shûhei ? », explique-t-il en allant se changer.
La défaite est lisible sur chacun des traits du jeune homme. Trahi par sa propre sœur, voilà comment il se sent. Tel un condamné à mort, il se lève et se traîne jusqu'à la cabine d'essayage où le vendeur lui sert toutes ses mimiques habituelles. Après quelques minutes derrière le rideau, il ressort dans un costume presque noir. Sous la veste cintrée et à la coupe près du corps, il porte une chemise blanche et une cravate dans un camaïeu d'orange.
Pour Sosûke, la vision est enchanteresse. L'habit rehausse la beauté sauvage de Shûhei. Il n'est d'ailleurs pas le seul à être émerveillé, puisque le vendeur est sans nul doute possible charmé par cette nouvelle version du jeune homme bougon et mal sapé qui est entré dans son magasin.
Sosûke s'approche dangereusement du vendeur qui non content de s'en mettre plein les yeux, ose admirer les fesses de Shûhei. Il se place face à lui et le tue du regard, le faisant déglutir et baisser les yeux. Nullement téméraire, l'homme déguerpit vers ses portants pour choisir d'autres costumes, laissant les deux hommes entre eux.
- « Tu es magnifique, tu sais. »
Le compliment fait rosir les joues de Shûhei. Il reporte son regard sur son reflet, cette autre version de lui à qui il concède une certaine distinction. La couleur sombre du costume fait écho à sa chevelure d'ébène.
- « Je préférerais une cravate dans les tons vert. Par contre, on peut la prendre pour Ichi ? »
- « Bien sûr. Je pense qu'effectivement, elle est faite pour ton frère. On pourrait lui prendre un costume aussi. S'il vous plaît ? »
Le vendeur accourt vers eux, le visage tendu et toujours serviable.
- « Il nous faudrait un costume similaire mais dans une autre taille. Shûhei ? »
- « Ichigo mesure huit centimètres de moins que moins. Côté carrure, il est plus fin aussi. Par contre, il faudrait un gris clair. »
Le vendeur ne perd pas de temps. À peine parti, qu'il revient avec un costume d'un gris fumée, dans un tissage qui donne un effet chiné. Un couleur qui affadirait Shûhei, mais qui aura l'effet inverse sur Ichigo.
- « Nous le prenons », décrète Sosûke. « Auriez-vous du marron foncé ? »
- « Tu veux encore essayer un costume ? », s'agace Shûhei.
- « Non, c'est pour toi. A moins que tu ne préfères un bleu marine ? »
C'est en haussant les épaules que Shûhei donne son avis sur la couleur d'un éventuel deuxième costume. De toute façon, quoi qu'il dise, l'autre va insister, autant en finir rapidement.
Une demi-heure plus tard et ils se tiennent face au comptoir où Sosûke est sur le point de payer. Shûhei s'inquiète de devoir porter tous ces sacs. La journée shopping risque de tourner court s'ils sont chargés comme des bourriques.
- « Veuillez arranger la livraison à notre hôtel. Nous sommes descendus au Plaza Athénée. »
- « Bien entendu, monsieur. Cela serait fait dans l'après-midi. »
Evidemment, Shûhei n'avait pas pensé que dans le monde où il évolue aujourd'hui, certains petits tracas n'existent pas. Leur shopping va pouvoir se poursuivre dans les meilleures conditions.
Au Japon, une scène identique est en train de se produire.
- « C'est celle-là ! », décrète Kûkaku.
Orihime a les yeux fixés sur son image. La robe est en tout point parfaite. Pas vraiment une robe de princesse, pas non plus un simple fourreau, plutôt un savant mélange des deux. La robe avec son col arrondi qui découvre les épaules est en mikado couleur nacre. Resserrée à la taille par une ceinture en strass, elle suit les courbes de la jeune femme, sans la comprimer. Par-dessus la partie inférieure, un jupon évasé en organdi et dentelle s'attache à la ceinture et confère à l'ensemble une petite touche grandiloquente.
Oui, la robe lui va à ravir. En outre, cette tenue présente un double avantage. Le jupon peut s'enlever si le besoin se fait ressentir et par sa forme de traîne dans le dos, elle n'aura pas besoin de porter un voile. Elle préfère laisser ses cheveux au naturel. Du moins, un naturel savamment étudié, avec peut-être un accessoire pour les embellir.
- « C'est vrai qu'elle me plaît, mais… »
Orihime marque un temps d'arrêt et jette un œil à la jeune femme qui les a accueillies et tellement bien conseillées jusque-là. Une femme professionnelle qui d'un sourire s'éclipse, sentant qu'elle doit laisser à ses clientes un peu d'intimité.
- « … ce n'est pas un peu trop ? Je veux dire, tu as vu le prix, Kûkaku ? », fait la jeune femme sur un ton alarmé.
- « Oh Orihime, l'argent n'est pas un problème ! Arrête de t'en faire pour ça. C'est ton grand jour alors tu auras la robe de tes rêves, peu importe combien elle coûte. Et elle te plaît n'est-ce pas ? »
Hochant la tête, la rousse reporte ses yeux sur l'image d'elle dans ce blanc virginal.
- « Tu veux porter un voile ? »
- « Non, je veux laisser mes cheveux à l'air libre. Juste les avoir dans un style coiffé-décoiffé, avec une barrette. Oui, c'est ça, une jolie barrette avec des brillants pour retenir les mèches les plus longues à l'arrière. »
- « On a rendez-vous ensuite chez un coiffeur qui est spécialisé dans les cheveux longs comme les tiens, mais on peut passer avant chez le bijoutier. »
- « Oh non, pas un bijoutier ! », s'écrie sa nièce d'un air catastrophé. « Une barrette en toc fera l'affaire. Du moment qu'elle soit jolie et qu'elle brille »
- « D'accord, ma belle, on oublie le bijoutier » Kûkaku se tourne vers l'accueil où la vendeuse est occupée à faire semblent d'être occupée en attendant que ses deux clientes fassent de nouveau appel à elle. « Madame, s'il vous plaît ! »
- « Souhaitez-vous voir d'autres robes ? »
- « Non, notre choix est arrêté. Nous allons prendre celle-ci. »
- « Très bon choix. Je vais faire appeler notre couturière pour les retouches en longueur. Auriez-vous besoin d'autres choses ? »
- « Non, je vous remercie, ça ira. Allez va te changer, Orihime, on a encore tellement de chose à faire. »
Dès que la jeune fille entre dans la cabine, Kûkaku revient vers l'avant du magasin et sort son téléphone.
- « Salut Shinji ? C'est Kûkaku. »
- « Salut, ça se passe bien le shopping ? »
- « Ouais, la robe est choisie et après on va chez le coiffeur. Dis, Orihime veut une coiffure où elle pourrait avoir une barrette avec des brillants. »
- « Et tu veux savoir si j'ai ça dans mon coffret à bijoux ? », la raille le blond à l'autre bout de la ligne.
- « Non triple buse ! Elle refuse d'aller chez un bijoutier. Déjà le prix de la robe a eu du mal à passer. Tu pourrais t'en occuper s'il te plaît. Ta nièce mérite le meilleur. Elle et ses frères n'ont rien coûté à la famille Shiba pendant plus de dix ans, je crois donc qu'une jolie barrette sertie de diamants sera du meilleur effet. »
- « J'en conviens, mais ça ne change rien au fait que j'y connais rien. »
- « Et Kensei, t'en fait quoi ? Il l'a élevé, je crois qu'il pourra t'aider, non ? Ah et prenez de l'or blanc, c'est plus joli que l'argent. »
Elle raccroche alors qu'Orihime la fait sursauter. Elle ne l'a pas entendue arriver et encore moins vue puisqu'elle tourne le dos aux cabines d'essayage.
- « Un problème, tante Kûkaku ? »
- « Non, ma toute belle », rétorque-t-elle à toute vitesse. « Juste Shinji qui voulait savoir si tout se passait bien. »
- « Et c'est pour ça que t'as l'air toute gênée ? Dis plutôt que je viens de te prendre en flagrant délit de conversation coquine avec le beau monsieur Ukitake. »
- « Pfft, même pas vrai ! Et d'abord appelle-le Jûshiro. Monsieur Ukitake, ça fait vieux et je te signale qu'il n'a que deux ans de plus que moi. Je ne suis pas vieille, moi ! »
Orihime éclate d'un rire cristallin en donnant un baiser sur la joue de la brune.
- « Bien sûr que non tu n'es pas vieille, tantine ! »
Après le boulevard Haussmann où Shûhei a trouvé dans les différents grands magasins la majorité des cadeaux pour ses proches, Sosûke a proposé de faire un peu de tourisme. En taxi, ils se sont dirigés vers la butte de Montmartre. Ils ont visité le Sacré Cœur, après quoi ils ont erré dans les petits rues pavées où l'inimaginable s'est produit. Ulquiorra Schiffer s'est laissé croquer par un artiste des rues. Evidemment, Sosûke et Shûhei ont attendu à la terrasse d'un café, se régalant de la passivité de l'homme et surtout de la fascination qu'il a provoqué chez certains passants. Passants qui le regardaient comme on regarderait les gardes à Buckingham Palace.
L'avantage de cet interlude dans leur journée a permis à Shûhei de repérer un artiste japonais spécialisé dans des peintures mettant en scène des dragons. Après avoir fait connaissance avec lui dans leur langue natale, il tiré de son portefeuille des clichés de son épouse et demandé s'il était possible de lui faire deux tableaux et d'y inclure sa femme. L'artiste a semblé réticent au début, embêtant Shûhei qui pensait tenir là un cadeau inestimable pour ses deux fils. Le pouvoir de conviction de Sosûke Aizen a fait le reste. Peut-être aussi la somme coquette que le chef de clan a négocié en paiement de la dite commande.
Une fois le portrait d'Ulquiorra achevé, tous ont repris leur visite de la capitale, allant visiter la cathédrale Notre Dame. La journée s'est poursuivie jusqu'à ce que sur le coup de dix-huit heures trente, ils ne regagnent leur hôtel. Après une bonne douche, Sosûke a offert quartier libre à Ulquiorra, vu qu'il a réservé une table au restaurant de l'hôtel et commandé un menu gastronomique.
La soirée de dégustation s'est avérée un moment chaleureux où le bon vin aidant, les deux hommes se sont un peu plus livrés. Sosûke a compris une chose sur Shûhei. L'alcool lui délie la langue et même si son sujet de prédilection est resté le Quincy, il a apprécié chaque seconde de ce repas.
Maintenant, ils sont dans leur chambre. Sosûke est en bas de pyjama. Il vient d'en finir avec ses ablutions d'avant-coucher. Shûhei est en ce moment dans la salle de bain. Lui aussi en a terminé et regarde son reflet dans le miroir, inspirant et expirant plusieurs fois. Il ouvre la porte, éteint la lumière et se dirige vers le lit où Sosûke est déjà installé, le dos appuyé sur la somptueuse tête de lit, en train de vérifier les messages sur son portable. Shûhei éteint le lustre de la chambre, contourne le lit et vient s'allonger sous les draps.
- « Demain, nous prenons l'avion à neuf heures vingt. J'ai demandé à ce que l'on nous apporte vers huit heures un petit déjeuner continental comme ce matin », explique le plus vieux en reposant son portable.
Seule la lumière de la lampe de chevet à côté de Sosûke est encore allumée. Shûhei songe alors que cette lumière tamisée s'accommode bien à son état d'esprit.
Comme à son habitude depuis qu'ils dorment ensembles, Sosûke s'appuie sur son coude droit et se penche vers son voisin afin de poser ses lèvres sur les siennes. Cette fois néanmoins, les lèvres s'entrouvrent, et passé les deux secondes de surprise, Sosûke approfondit un baiser du soir généralement chaste. Quand il sent deux mains glisser doucement de chaque côté de son flanc, il conclut qu'il ne rêve pas et que son compagnon est désireux de… de quoi au juste ?
Il se recule et plonge son regard dans les iris sombres pour l'interroger silencieusement d'abord.
- « Shûhei ? »
Shûhei n'est pourtant pas enclin à parler. Il ramène ses deux mains et entourent le cou de Sosûke pour l'attirer de force vers lui. Le brun le laisse faire et se délecte d'un nouveau baiser. Quand l'une des mains du jeune homme se déplace lentement vers le bas, traçant du bout des doigts une ligne dans son dos, Sosûke frémit d'anticipation. Étonnamment, c'est aussi un signal pour lui.
- « Shûhei, tu as bu ce soir et je pense… »
- « Je ne suis pas ivre, Sosûke, alors cesse de penser ! A moins bien sûr qu'au bout du compte, je te plaise pas tant que ça… », défie le plus jeune.
Sans débattre plus longtemps, Sosûke soulève le drap et se décale, le regard rivé sur son futur amant. L'instant d'une seconde, il le surplombe, comme en apesanteur au-dessus de lui. Puis, après avoir posé ses deux coudes de chaque côté de la tête de Shûhei, il vient presser son corps sur le sien et recommence à embrasser les lèvres devenues rouges et légèrement gonflées.
Le poids sur lui fait retenir son souffle à Shûhei. Il n'a pas le temps de se poser de questions que sa bouche est de nouveau envahie. Refusant de tergiverser, il décide de tirer profit de la position du brun. Il descend ses mains libres de tout mouvement vers la chute de reins que l'autre ne fait que lui coller sous les yeux depuis des semaines et des semaines. Il se faufile sous le pyjama de satin, ne rompant à aucun moment le contact entre sa peau et celle de Sosûke. Il prend les deux joues rebondies entre ses paumes, faisant frissonner son partenaire. Il le croyait prude, eh bien il ne va pas être déçu, car Shûhei aime le sexe. Or, depuis le décès de Caroline, sa seule compagne de jeu était sa main droite et cette abstinence forcée commençait sérieusement à lui peser.
Sosûke n'en revient pas de la témérité de son compagnon. Il pensait que lors de leurs premiers rapports, il aurait quelqu'un de timoré face à ce genre de sexe, quelqu'un incapable de participer. Douce erreur que voilà. La surprise lui fait perdre le fil et c'est la main de Shûhei qui tente de s'immiscer entre eux, direction son sexe qui le ramène brutalement à la réalité.
Il abandonne la bouche et lève un sourcil vers Shûhei. Un sourire coquin lui coupe la chique et fait redescendre son sourcil à la seconde où la main atteint sa cible. Son sexe réveillé est maintenant bandé comme un arc.
- « Je n'aurais jamais cru que tu étais du genre à avoir les mains baladeuses », tente-t-il avec humour tout en s'efforçant de retenir un gémissement.
Une tentative qui se retourne littéralement contre lui. Ne pas être sur ses gardes, c'est se faire déborder et en l'occurrence, être retourné comme une crêpe.
- « Tu ne me connais pas, Sosûke », décrète Shûhei sur un ton ferme. Maintenant avec force le plus âgé sur le matelas, il fond sur la bouche ouverte par l'étonnement et reprend la direction des hanches, bien décidé à ôter ce bas de pyjama qui l'empêche de découvrir de ce qui s'y cache.
Les années d'expérience ne sont malheureusement pas de son côté. Sosûke a connu beaucoup d'amants, dont certains étaient du genre vicieux. Avec dextérité, il réussit là où le plus jeune vient d'échouer. Shûhei se retrouve les fesses à l'air et la verge tendue et encerclée par une peau chaude qui la comprime. La décharge de plaisir de sentir une main qui n'est pas la sienne lui vrille les sens, le rendant faible pendant quelques secondes fatidiques où Sosûke reprend le contrôle. Celui-ci appréciait les attouchements, mais il apprécierait encore plus de posséder son compagnon, et non d'être possédé pour leur première fois.
Dans la position inférieure, Shûhei se délecte de la pression habile exercée par cette main. Il gémit de bonheur quand les frottements s'accentuent et retient son souffle lorsqu'un doigt taquine la tête de son gland. Comment a-t-il pu délayer ce moment aussi longtemps, ça le dépasse. Lorsqu'il éjacule, il pousse un cri rauque et lâche un 'Putain' peu élégant bien qu'extrêmement expressif. Il fixe de ses yeux sombres Sosûke en train d'ôter son vêtement, révélant une queue parfaite et dressée. Tellement parfaite que la sienne ne sent d'humeur compétitrice et s'érige de nouveau.
Sosûke est en état de béate admiration. Le sexe rend Shûhei encore plus bandant. Ses joues rosies et son alanguissement. Que dire de cette impudeur qu'il ne cherche pas à cacher ? Rien, si ce n'est y retourner. Allongé sur le dos, les jambes légèrement écartées, un bras sur son torse et un autre posé au-dessus de sa tête, le sexe à nouveau droit comme un poteau, s'il n'était pas déjà conquis, le yakuza tomberait fou d'amour ce soir.
En attendant, il lui faut s'occuper de ce corps. Il s'allonge, connectant leurs grosseurs ensembles, multipliant les caresses, les frottements, utilisant sa langue pour exciter la peau en alternant avec des baisers pour rendre fou son partenaire. Quand vient le moment de le pénétrer, il sent Shûhei accrocher ses bras autour de ses épaules et se sent vivant comme il ne l'a jamais été. Emboîtés l'un dans l'autre, leurs mouvements sont parfaits. Leurs corps sont faits l'un pour l'autre, leurs respirations résonnent au même rythme et jusqu'au peu de cris sonores qu'ils lâchent, ils sont en symbiose. Leur endurance les mène loin et leur orgasme n'en est que plus fort.
Ils sont foudroyés sur place et à part Sosûke qui s'éloigne un peu pour ne plus l'écraser, ils tombent tous deux rapidement dans un sommeil profond.
Kensei et Shinji entrent dans la boutique de l'un des joailliers les plus réputés de la ville. La devanture ostentatoire ne paye pas de mine. Cependant, les produits sont entièrement réalisés maison, conférant à cette maison une notoriété qui a conduit les deux hommes à la choisir plutôt qu'un magasin de renommée mondiale.
Le blond est impeccable dans son costume clair, une aura impressionnante autour de lui. À l'opposé, Kensei s'est contenté d'enfiler un pantalon foncé et une parka noire, qui lui donne une image de baroudeur, en décalage complet avec l'intérieur raffiné du magasin.
Shinji ignore les petites vitrines regorgeant de bijoux de toutes sortes et se dirige droit vers le comptoir où il apostrophe l'homme qui l'accueille chaleureusement.
- « J'ai besoin d'une barrette à cheveux en or blanc et diamants », annonce Shinji.
Derrière lui, Kensei ne peut s'empêcher de pouffer de rire face à l'incongruité de la situation. L'employé de la bijouterie se garde bien d'afficher la moindre émotion. Son métier est de satisfaire la clientèle, certainement pas de la juger.
- « Certainement monsieur. »
L'homme se retourne pour aller chercher un tiroir sous l'une des vitrines disposées en arc de cercle dans la pièce. Shinji en profite pour interroger du regard son copain.
- « Tu te rends compte qu'il pense que c'est pour toi la barrette ? » Le blond écarquille les yeux. « Remarque, tu serais peut-être trognon avec de jolies barrettes dans les cheveux, va savoir. »
- « Je ne suis pas trognon ! », assène Shinji en serrant les dents.
Il sent l'employé revenir et tourne les talons pour jeter un œil à l'échantillon qu'il lui a rapporté. Tout de suite, son œil averti le fait douter que ces objets, certes beaux, soient vraiment à la hauteur de ce que Kûkaku entend par le meilleur. Il lève les yeux sur le sourire constipé de l'employé et décide de lui en envoyer un bien à lui, celui que l'on peut qualifier de malade, le genre à vous endormir pour mieux vous enfoncer après.
- « Il me semble avoir demandé des diamants pas du strass. Je crois avoir oublié de préciser que cette barrette est destinée à ma nièce, héritière du clan Shiba et future épouse de Byakuya Kuchiki. Vous connaissez ma famille peut-être ? Non ? Vous devez forcément connaître la famille Kuchiki tout de même ! »
L'employé devient blanc comme un linge, incapable d'aligner le moindre oui ou non. C'est à peine s'il parvient à hocher la tête. Il a pris cet homme blond pour un riche parvenu et se confronte désormais à l'un des chefs du clan ShiYaK.
- « J'ai... quelques autres pièces qui pourraient… mieux convenir. Je vais vous les chercher tout de suite », fait l'homme qui se précipite vers l'arrière-boutique en suant à grosses gouttes.
Quarante secondes et un autre homme arrive dans la boutique. La soixantaine, une barbichette grisonnante, il s'incline respectueusement devant les deux hommes.
- « Messieurs, c'est un plaisir de vous recevoir dans ma modeste boutique. Il semblerait que mon employé n'ait pas cerné au mieux vos besoins. »
L'employé en question revient avec une boîte au fond de velours rouge. Plusieurs broches et barrettes s'y trouvent et de bien meilleur qualité que les précédentes.
- « Vous trouverez ici nos plus belles créations. Cette barrette de huit centimètres est en or blanc et sertie de vingt-deux petits diamants taillé en rose et d'un diamant central de 0,80 carat. Puis-je m'enquérir de la masse de cheveux de votre nièce, monsieur ? »
Shinji se tourne vers Kensei pour qu'il réponde à sa place avant qu'il ne dise une connerie.
- « Elle a une masse de cheveux assez conséquente », intervient l'argenté. « Ses cheveux sont souples et relativement fins et, malheureusement, je ne crois pas que celle-ci pourrait convenir. Elle est trop fine. »
- « En effet monsieur. Peut-être celle-ci, son fermoir offre un plus grand espace. Elle est en or gris. Au centre de ce losange, trois diamants pour un total de 1,20 carat et autour des petits diamants taillés en rose. »
Aucun des deux clients ne semble être séduit par l'une des barrettes. Le joailler est bien embêté, quand soudainement il songe à un autre bijou qu'il a dégoté dans une vente aux enchères.
- « J'y pense, j'ai peut-être quelque chose à vous montrer. Plus original et sans diamant. »
- « Non, ça n'ira pas, ma nièce veut que ça brille dans ses cheveux », répond Shinji.
Kensei lui est moins catégorique. Si cet homme souhaite leur présenter le bijou, c'est qu'il en vaut la peine.
- « Regarder ne nous coûte de rien. Pourrions-nous voir ce bijou ? »
Après un moment, le vieux joailler revient avec une petite pochette en satin. Il la penche et de l'intérieur glisse une barrette magnifique.
- « Ce bijou est ancien, une barrette art déco en or blanc ciselé. Au centre, trois saphirs roses de taille équivalente et sur chaque côté des pierres de quartz rutile de taille différente. »
Shinji semble hypnotisé par le bijou, même s'il estime que les pierres ne sont pas assez précieuses. Kensei adore la pièce telle qu'elle est. Il aime tout, la forme qui part en évasé de chaque côté, l'harmonie entre le gris et le rose des pierres, la couleur vieillie du platine et tous les dessins sculptés.
- « Le quartz gris est joli mais pas assez brillant à mon goût. Et puis, le rose, je ne suis pas certain qu'Orihime aime. Tu en penses quoi ? », demande Shinji en se tournant vers Kensei.
- « C'est vrai qu'Orihime et le rose… Je crois qu'avec Kisuke, on a exagéré quand elle était petite. Tu penses mettre quoi à la place ? »
- « Des diamants bien sûr ! C'est envisageable pour vous ? Le mariage a lieu dans quinze jours et sachez que le prix n'est pas un problème. »
S'il écarquille quelques secondes les yeux, le joaillier n'hésite pas longtemps et acquiesce. Ne pas faire partie, même de façon indirecte, de ce mariage serait une pure folie, et un suicide professionnel.
Quand Shûhei se réveille, il est seul au lit. Il entend la voix de Sosûke, probablement au téléphone dans le petit salon attenant à la chambre. Il se frotte les yeux et s'étire, jusqu'au moment où une gêne se fait ressentir au niveau de son anus. Le souvenir de la nuit dernière revient au galop et si sa première sensation est la chaleur sur ses joues, la deuxième est d'être content de lui-même. Il n'a aucun regret. Cette visite avait deux buts, même si lui seul connaissait le second.
Un bruit de pas et il s'assoit dans le lit, se tenant prêt. Sosûke franchit la porte à double battants, et une surprise non feinte se peint sur son visage. Il s'attendait à trouver Shûhei endormi et à devoir le réveiller. Il s'approche pour s'assoir à ses côtés sur le lit, méfiant de l'accueil qui pourrait lui être réservé.
- « Bonjour, Shûhei », il se penche lentement vers le visage sans expression et comme hier soir, une main comble de force l'espace entre eux.
Le baiser sensuel le rassure et le changement de cap dans leur relation le met en joie.
- « Tu as bien dormi ? »
- « Mouais. Tu es levé depuis longtemps ? »
- « Une petite demi-heure. Il est presque huit heures. Va prendre ta douche, le petit déjeuner ne va pas tarder. »
Sosûke le laisse se lever. Il fait semblant d'ouvrir en grand les rideaux et en profite pour ne rien perdre de la vision de cette paire de fesses tentantes et des traces blanchâtres entre les jambes musclées, un signe à ses yeux que Shûhei lui appartient désormais.
Plusieurs heures plus tard, la voiture les dépose en bas du perron du manoir. Avant même que le chauffeur n'ait eu le temps d'ouvrir la portière, la porte d'entrée s'ouvre et un petit garçon dévale l'escalier en hurlant « PAPA ! »
Shûhei a juste le temps de s'extirper de la voiture pour recevoir le boulet.
- « Eh, comment va mon petit dragon ? »
- « Tu m'as manqué beaucoup, papa ! A Théo aussi tu sais ! »
- « Dis mon sœur, tu n'oublies pas de dire bonjour à quelqu'un ? »
- « Bonjour Suke ! »
- « Bonjour, Gabriel », répond le brun en donnant un baiser sur la joue du petit qui est cramponné dans les bras de son père.
- « Bonjour, Shû » Orihime vient embrasser son grand frère, tandis qu'Akane enlace son fils et que Grimmjow lui donne une accolade.
- « Vous avez fait bon voyage ? », demande la plus vieille du groupe.
- « Très bon », répond Sosûke.
Ne se fiant pas aux affirmations d'Aizen, Ichigo fronce les sourcils et insiste auprès de son frère.
- « Tout s'est bien passé ? »
- « Comme sur des roulettes », répond Shûhei avec un grand sourire, provoquant un échange de regard intrigué entre les deux jumeaux. « Et on vous a ramené des cadeaux ! »
Pas besoin d'ajouter quoi que ce soit, les enfants sont déjà en train de sautiller sur place. Tout le monde s'empresse ensuite de rentrer à l'intérieur, où Théo attend de pouvoir fondre dans les bras paternels et où Shûhei reçoit la surprise de sa journée. Il ne peut pas se tromper sur l'identité du doudou que son fils tient agrippé dans sa petite main droite.
- « C'est Topo ? »
- « Opo », répète Théodore en montrant le petit singe qui a subi lavage et raccommodage.
Ichigo et Orihime hochent la tête. Ils comprenant sans difficulté l'émotion qui doit envahir leur frère en ce moment.
- « Papa, moi j'ai et'ouvé shi'o ! Ega'de ! », s'écrie son fils ainé.
Shûhei baisse les yeux et découvre son fils en train de secouer devant lui un dragon noir et blanc qui le ramène encore une fois dans un passé pas si lointain. Sans réaction pendant quelques secondes, il ne sait plus où poser ses yeux du doudou de Gabriel à celui de Théodore. Il ne comprend plus rien et finalement, Sosûke lui donne l'explication.
- « Nous avons conservé vos affaires les plus personnelles. Je suppose que c'est toi, Grimmjow qui les leur a rendues ? »
- « J'ai pas bien fait peut-être ? », regimbe le bleuté.
- « Tu as très bien fait, Grimmjow. J'avoue honnêtement les avoir oubliées. »
- « Ouais, moi aussi. C'est en discutant avec Ichi que j'y ai repensé. »
- « Papa, on a aussi les photos de maman ! Tu veux les voi', Suke ? »
- « J'en serai ravi, Gabriel. Comme ça, on pourra aussi ouvrir tous les cadeaux. »
Le gamin fonce vers le salon, suivi de Nel, d'Orihime et d'Akane. Les autres leur emboitent le pas, Shûhei et Ichigo, puis plus loin derrière, le chef de clan et son lieutenant. Shûhei posent son bras autour de l'épaule de son cadet.
- « J'ai mon costume pour le mariage. Une petite merveille made in Paris », lui chuchote-t-il en faisant un geste du bras comme si la ville française défilait sous les yeux de son frère.
- « Veinard ! » râle le rouquin. « Faut que je m'occupe du mien et tu sais à quel point j'ai horreur de faire les magasins ! »
- « Je sais petit frère, c'est pourquoi, je t'en ai pris un. »
- « C'est vrai ? T'as fait ça ! » Son ainé hoche la tête, ravissant au plus haut point le cadet. « Il est de quelle couleur ? »
- « Gris clair chiné et la cravate est une tuerie. Elle ira avec tes cheveux. »
- « Cool ! »
- « Vous parlez de quoi les garçons ? », demande Orihime quand ils entrent dans le salon.
- « Du fait que nous avons nos tenues pour ton mariage, sœurette ! »
- « Ça tombe bien, parce que moi aussi, j'ai la mienne. »
Derrière eux, Sosûke et Grimmjow sont en pleine discussion, probablement sur les affaires du clan.
- « J'me trompe ou vous avez l'air plus proches ? »
Un sourire énigmatique étire les lèvres du brun et Grimmjow parvient à la conclusion évidente.
- « Oh toi, t'as remporté le gros lot, pas vrai ? »
- « Grimmjow, je me demande parfois si ta façon de parler n'empire pas avec l'âge », soupire le plus âgé des deux.
- « Ouais et toi, t'es toujours aussi doué pour noyer l'poisson. Bon, tu l'as fait, c'est une certitude. Ce que je veux savoir, c'est comment c'était ? »
Sosûke s'arrête sur le pas de la porte conduisant au salon. Il pivote et regarde Grimmjow bien en face, songeant qu'il est ahurissant que son cher cousin s'imagine une seconde qu'il va lui parler de sa vie intime. Il n'a jamais eu ce genre de discussion avec qui que ce soit, pas même avec Gin et pourtant, il a partagé par le passé plus que de l'amitié avec lui.
- « Grimmjow, qu'est-ce qui a bien pu t'amener à penser que j'allais répondre à cette question personnelle ? »
Vexé, le bleuté fourre les deux mains dans ses poches puis entre dans la pièce, non sans avoir lancé un « Très bien, garde tes secrets, j'garde les miens. »
Que c'est vil ça de susciter la curiosité de Sosûke ! Grimmjow devient aussi de plus en plus malin avec l'âge.
- « Viens voi' Suke ! Les photos de maman. »
Gabriel et Nel sont agenouillés devant la petite table entre les deux canapés, Théo les coudes appuyés sur la table au-dessus de l'album ouvert où il pose de temps à autre un doigt lorsqu'il reconnait un visage. Son père est assis derrière lui, les yeux rivés sur les photos de famille. Orihime et Akane se sont installées en face d'eux, Ichigo un genou appuyé sur l'un des accoudoirs. Grimmjow est en train d'amener une bergère dans laquelle il s'affaisse, puis il attrape la taille du rouquin et l'attire sur ses genoux. Le jeune homme se laisse faire sans ronchonner, ce qui étonne Sosûke. Pire même, il se laisse rouler un patin sans aucune gêne.
Sosûke est bien décidé à tirer ça au clair, persuadé qu'il s'est passé quelque chose pendant son absence. Il s'assoit sur le canapé, juste à côté de son amant, pour ne pas dire collé à lui. Il écoute religieusement les commentaires de Gabriel qui lui décrit les évènements relatés sur chaque page. La fratrie Shiba apporte sa touche lorsque les souvenirs du petit lui font défaut.
- « Est belle maman, hein ? », demande Gabriel à Sosûke.
- « Oui, ta maman est très belle. »
- « Kûkaku aussi a dit qu'elle est belle maman. »
Le froncement de sourcils de Sosûke augure une longue liste de questions. Orihime regarde partout sauf dans sa direction. Ichigo et Grimmjow semblent être dans leur monde. Quant à Shûhei, il a senti son compagnon se tendre. Akane secoue la tête en fixant son fils jouer les grands chefs.
- « C'est moi qui ai invité la famille des enfants et mon frère. Il m'a semblé que c'était opportun qu'il connaisse la mère de Gabriel et de Théodore. Et puis, Sosûke, sois honnête, tu ne raffoles pas des réunions de famille. Considère donc que cette corvée est faite sans que tu aies eu à subir l'invasion de ton manoir. »
L'explication de la bouche même de sa mère satisfait Sosûke. Elle a toujours eu le chic pour contrecarrer ses attaques et puis, elle le connaît si bien. Effectivement, il exècre les réunions de famille. Il les trouve bruyantes et sans grand intérêt. Il ne voit dans ces rencontres qu'une sorte d'obligation.
Pourtant, la famille, ça a du bon de temps en temps. Il regarde Shûhei et passe sa main dans ses cheveux, sans réaliser où et en présence de qui il se trouve. Ce dernier se retourne vers lui, la bouche ouverte par la surprise, et il enlève sa main aussitôt, se traitant mentalement de tous les noms.
Trop tard, le geste n'est pas passé inaperçu de Gabriel.
- « Papa ? »
- « Oui, mon cœur ? »
- « Toi et Suke, vous êtes des amou'eux comme tonton Ichi et Gimjo ? »
Cette question, Shûhei avait pensé avoir encore du temps pour s'y préparer. Il se mordille la lèvre, pas certain de savoir comment y répondre.
- « Ça te dérangerait si c'était le cas ? »
- « Non, j'aime bien Suke, il est gentil, mais… »
Le petit semble embêté et il baisse les yeux.
- « Tu peux tout me dire mon cœur, tu le sais ? »
- « Gabriel, dis ce que tu as dire, personne ne t'en voudras », intervient Sosûke lorsqu'il voit Gabriel continuer à rester silencieux. « Tout le monde ici a le droit de dire ce qu'il pense, du moment qu'il le fasse de façon polie et sans crier. »
De sa position sur les genoux de son amant, Ichigo se sent visé par la fin de la phrase. Avec le recul, il doit bien avouer que son tempérament lui joue régulièrement des tours et qu'il faudra y mettre bon ordre.
- « Faud'a que je t'appelle maman ? », demande le petit en dévisageant Sosûke.
Toutes les personnes présentes dans le salon ont le bon ton de ne pas éclater de rire. Juste un pouffement de la part des deux amants installés sur le fauteuil, que Sosûke fusille du regard. Shûhei est focalisé sur l'embarras de son fils, ce d'autant qu'il n'est pas question d'usurper le titre qui est et restera celui de Caroline.
- « Non, mon cœur, tu ne dois pas l'appeler maman. Tu as déjà une maman et même si elle est montée au ciel, elle restera toujours ta maman, tu comprends ? »
- « Vi, mais comment je l'appelle alo's ? Je peux pas l'appeler tonton si c'est ton amou'eux ! »
- « Tu peux continuer à m'appeler Sosûke tout simplement », propose Sosûke.
Le petit regarde dans la direction de son père pour obtenir son aval, ce que son père lui donne d'un hochement de tête.
- « D'acco'd ! Vous allez vous ma'ier comme tonton Ichi et tonton Gimjo ? »
Décidément, rien n'arrête Gabriel aujourd'hui. Ichigo se sent rougir, Grimmjow agacé que le morveux ait révélé le petit secret qu'il pensait avoir sur son supérieur et cette fois le rire est du côté des deux femmes.
- « Gabriel, Ichi et Grimmjow sont deux hommes, ils ne peuvent pas se marier », explique Shûhei.
- « Si, tonton Shûhei, papa l'a donné une bague à Ichi », coupe Nel.
Dans un joli mouvement synchrone, les deux revenants fixent les deux hommes collés l'un à l'autre. D'un geste nonchalant, Grimmjow lève sa main qu'il présente paume retournée vers lui. Ichigo l'imite et les deux autres constatent en effet que des alliances ornent leur annulaire.
- « Le mariage homosexuel n'est pas autorisé au japon ? », demande Shûhei à son voisin.
- « Il ne l'était pas quand nous sommes partis et je doute qu'une loi soit passée en trois jours », rétorque Sosûke. « Serait-ce trop vous demander d'avoir une explication ? »
- « C'est une alliance sans engagement. Grimmjow s'est renseigné et a trouvé ça sur internet. Ça se fait dans les couples qui ne veulent pas aller jusqu'au mariage officiel et c'est même de plus en plus répandu. On témoigne par cet anneau de son amour et son appartenance à la personne », explique un Ichigo que Shûhei découvre très ému.
Dire que Sosûke est étonné par l'initiative de Grimmjow est un euphémisme. Il le fixe avec une pointe d'envie qui ne passe pas inaperçue aux yeux bleu lagon. Lui le grand Sosûke, chef de clan, intelligent, cultivé et homosexuel assumé vient de se faire coiffer au poteau par un homme qui a viré sa cuti tout récemment.
- « J't'ai grillé la politesse, tu m'en veux pas, Sosûke ? »
Et en plus, il le nargue.
- « Nous sommes très heureux pour vous », déclare Shûhei en donnant un coup de coude à son amant.
- « Oui, toutes mes félicitations à vous deux. »
Anemone33 : passer à la casserole, c'est finalement ce qui est arrivé à Shûhei. Non pas qu'il s'en plaigne ! Et oui, je connais Nantes où j'ai fait mes études, même si je n'y vis plus aujourd'hui.
JadeK136 : entièrement d'accord avec toi à propos du Joey de Friends. En plus, je suis un peu comme ça moi-même. Un super dessert, ça me met en joie ! De toute façon, Ulquiorra est un personnage intéressant à faire réagir. La plupart du temps, je lui conserve son côté morne, mais j'aime bien lui faire faire des choses surprenantes. Pareil pour Sosûke. Il ne peut pas toujours être parfait. Les petites fêlures enrichissent son caractère, la principale étant la perte de son père. Et puis, Shûhei aura besoin de ça pour que leur couple dure.
black-cat (car c'est bien toi la review Guest ?) : je comprends mieux ta remarque maintenant. Qu'as-tu pensé du passage à l'acte, après tout ce romantisme ? Moi, je suis comme Ulquiorra quand on m'amène un super dessert. Parce que crêpe, banane, chocolat, chantilly et amandes grillées, ça c'est top !
