Bonjour,

Voici le 38ème. Plus que deux et cette histoire sera finie ... Je suis actuellement en train d'en écrire une autre donc pas d'arrêts dans les publications.

Merci de me lire, de m'écrire, ... Vous êtes tous géniaux.

Bonne lecture et à lundi

Sydney8201

Musique du chapitre :

Maybe I'm amazed de Jem

Chapitre 38 : Présentations officielles

« Les relations sont sûrement le miroir dans lequel on se découvre soi-même »

Jiddu Krishnamurti

Présenter Dean à Hannah et Balthazar n'angoissait pas Castiel. Il savait que sa sœur et son beau frère soutenaient pleinement leur relation. Mais il s'agissait tout de même d'une étape importante dans leur histoire. Castiel savait combien Dean attachait d'importance à la famille. Il estimait qu'il n'y avait rien de plus important au monde que son frère et le lien qui les unissait. Il estimait en conséquence qu'Hannah était essentielle au bien être de Castiel. Il voulait lui plaire. Il voulait qu'elle l'accepte et l'apprécie. Le jeune étudiant savait combien son petit ami était angoissé à l'idée de la décevoir.

Il avait tenté de le rassurer en lui expliquant qu'Hannah voulait son bonheur. Qu'elle ne pourrait pas ne pas voir combien Dean le rendait heureux. Et qu'elle ne s'opposerait en conséquence jamais à leur relation. Il avait tenté de le convaincre en lui parlant du mariage. De la discussion qu'ils avaient eu ensemble après l'intervention du jeune homme.

Il savait qu'il n'avait pas réussi à le rassurer. Dean était stressé. Et comme à chaque fois que quelque chose l'angoissait, il s'énervait pour un rien.

C'était lui qui avait décidé de rencontrer Hannah et d'être présenté à elle comme le petit ami de Castiel. C'était son idée et pourtant, il continuait de répéter que tout ceci était idiot. Depuis qu'ils avaient fixé la date, il s'emportait pour un rien. Il avait crié sur Castiel quand sa cafetière avait rendu l'âme avant de s'excuser ensuite de l'absurdité de ce qu'il avait dit. Il avait même pleuré longuement après avoir cassé une tasse alors même qu'il n'y tenait pas vraiment.

Il était sur les nerfs et Castiel ignora chacun de ses accès de colère pour ne pas aggraver les choses.
Généralement, après s'être emporté pour une raison stupide, Dean passait un long moment à tenter de se faire pardonner. Cela les avait plusieurs fois conduit à faire l'amour à l'endroit où ils se trouvaient. Le sexe était absolument génial dans ces moments là. Mais Castiel avait hâte que la soirée fasse partie du passé. Il était convaincu que tout se passerait bien.

Dean avait finalisé son inscription à l'université quelques jours plus tôt et il commencerait les cours au second semestre. Il aurait un retard important à rattraper mais Castiel était convaincu qu'il en était capable. Le jeune homme était bien plus intelligent qu'il ne le pensait. Et il était déterminé. Cela faisait toute la différence.

Leur histoire était encore compliquée parfois. Surtout à l'approche de leur soirée avec Hannah et Balthazar. Mais à aucun moment, Castiel ne regretta d'avoir donné une chance au jeune homme. Il n'avait jamais été aussi heureux. Il n'avait jamais pensé pouvoir l'être. Tout était parfait. Peu importait qu'il y ait des disputes. Peu importait que Dean l'énerve parfois. Ils finissaient toujours par trouver une solution. Ils parlaient quand les choses n'allaient pas. Son petit ami avait enfin accepté de s'ouvrir totalement à lui. Il lui avait confié des choses qu'il n'avait visiblement dites à personne avant. Castiel se sentait alors important. Spécial. Le reste n'avait aucune importance.

Le grand soir arriva finalement. Trop lentement au goût de Castiel mais bien trop rapidement à celui de Dean.

Le jeune étudiant regarda son petit ami retourner son placard en quête de la tenue parfaite. Il voulait faire bon impression. Il se retint de lui dire que c'était totalement inutile. Hannah n'attachait aucune importance à ces détails. Et peu importait ce qu'il porterait, Castiel le trouverait parfait de toute façon.

Il le laissa sortir plusieurs tenues et se contenta de lui donner son avis sur chacune d'elles. Il fut surpris de voir que Dean possédait un costume. Il ne l'avait jamais imaginé dans une tenue de ce genre.
Quand il lui demanda pourquoi il avait ces vêtements dans son placard, Dean se tendit une seconde avant de soupirer longuement.

- Je ne les ai portés qu'une seule fois … à l'enterrement de mon père, répondit il finalement.

Castiel ne posa pas plus de questions. Il savait que c'était un sujet sensible. Un qu'ils n'avaient abordé que très rapidement. John Winchester n'était pas quelqu'un de bien. Il avait fait énormément de mal à ses enfants. Mais Dean continuait de l'aimer. Malgré tout ce qu'il lui avait fait subir, il restait son père. Castiel pouvait le comprendre. Il en voulait énormément à ses parents de l'avoir rejeté. Mais il serait certainement dévasté s'il leur arrivait quelque chose.

Il laissa donc Dean ranger son costume dans son placard, quelque part au fond, là où il ne pouvait pas le voir à chaque fois qu'il prenait des vêtements. Il le laissa le regarder de longues secondes en silence avant de détourner la tête avec un long soupire.

Dean fouilla encore dans ses affaires avant de s'arrêter enfin sur un jean sombre et un tee shirt à manches longues gris clair. Il les enfila sans se retourner puis s'observa de longues secondes dans le miroir sur la porte du placard.

Quand il fit face à Castiel, il semblait plus tendu encore. Le jeune étudiant hocha la tête pour approuver son choix – une nouvelle fois, Dean était superbe quoiqu'il choisisse de porter – puis leva son pouce gauche pour rassurer son petit ami.

Dean baissa alors les yeux pour observer sa tenue à nouveau avant de soupirer une énième fois. Il attrapa ensuite sa veste en cuir sur la chaise à côté de lui et l'enfila rapidement.

Castiel se leva du lit et le rejoignit aussitôt en quelques enjambées.

- Tu es parfait, assura t-il parce qu'il savait que son petit ami avait besoin de l'entendre.

Il avait accepté le fait qu'il serait probablement nécessaire de rassurer Dean souvent. Son petit ami continuait de manquer de confiance en lui. Il faisait des efforts et des progrès sur ce point. Mais ce n'était pas encore parfait. Loin de là. A chaque fois, Castiel avait envie de retrouver Jason pour lui abattre son poing dans la figure. Mais il ne le ferait pas. Il doutait que Dean apprécie.

- Tu es parfait et Hannah va t'adorer, ajouta t-il quand il fut évident que son petit ami ne dirait rien.

Dean haussa alors les épaules mais laissa Castiel l'embrasser. Ils prirent ensuite la direction de la porte de son appartement. Hannah et Balthazar devaient les retrouver dans un restaurant du centre ville. Castiel avait choisi l'endroit en pensant avant tout à Dean. Il savait que son petit ami n'aimait pas les lieux trop chics ou trop bondés. Il préférait de loin les restaurants où il pouvait discuter sans qu'on puisse l'écouter. Où on ne tirait pas les chaises des gens pour qu'ils puissent s'asseoir. Dean était quelqu'un qui aimait les choses simples. Et Castiel voulait qu'il soit le plus à l'aise possible.

- Tu sais ce qui m'énerve le plus dans cette histoire ? Demanda Dean alors qu'ils s'apprêtaient à quitter l'appartement.

Castiel secoua la tête en vérifiant qu'il avait bien avec lui ses clefs et son portefeuille. Il aurait pu dire à son petit ami que depuis quelques temps tout l'énervait et qu'il était réellement difficile pour lui de déterminer ce qui l'énervait le plus. Mais il ne voulait surtout pas déclencher une dispute.

- J'adore rencontrer des nouvelles personnes et je suis doué pour faire en sorte qu'ils m'apprécient. Je ne suis pas timide et je … je ne comprends pas pourquoi je suis incapable d'envisager cette soirée sereinement. Bordel, j'ai pris la parole devant des journalistes sans hésiter une seule seconde mais rencontrer ta sœur me terrifie. Et je … ça me met hors de moi.

Castiel sourit en passant son bras dans le dos de Dean pour l'attirer contre lui.

- Tu es nerveux parce qu'il s'agit de ma sœur. Rien de plus. Et c'est normal crois moi.

- Ou peut être que je suis nerveux parce que je ne peux pas coucher avec elle pour la pousser à m'apprécier.

Castiel savait que son petit ami plaisantait. Il parvenait enfin à rire de son passé compliqué depuis quelques jours. Même si ses actes passés continuaient de peser sur lui, il avait tout de même fait d'énormes progrès sur ce point.

- Je doute que Balthazar apprécie … et il se peut que cela me rende effectivement jaloux. Contente toi de te montrer gentil avec elle … juste … pas trop gentil.

Dean rit une seconde. Il était toujours tendu mais il semblait un peu plus à l'aise qu'avant la plaisanterie de son petit ami.

- Même si c'était une possibilité envisageable, j'en serais incapable de toute façon. Les femmes me font peur.

Castiel réalisa alors qu'il s'agissait là d'un sujet qu'ils n'avaient jamais abordé ensemble. Il relâcha Dean puis le poussa pour qu'il sorte de l'appartement avant de fermer la porte derrière eux avec sa clefs Ils se mirent ensuite en route avant que Castiel ne reprenne la parole.

- Tu n'as jamais été attiré par une femme ?

Dean sembla avoir besoin de quelques minutes pour réfléchir à sa question. Castiel ne le brusqua pas. Il avait envie de tout savoir sur son petit ami. Peu importait la réponse qu'il lui donnerait. Cela ne le ferait pas l'aimer moins.

- Je suis capable de reconnaître qu'une femme est attirante … qu'elle est belle et … au lycée, il y avait cette fille. Lisa. Elle était canon et visiblement je lui plaisais. On s'est embrassé une fois. Mais je n'ai pas pu aller plus loin. Je n'étais pas capable d'envisager plus avec elle. Ou avec n'importe quelle autre femme d'ailleurs.

Castiel n'avait lui même jamais été attiré par une femme. Il avait d'abord pensé qu'il n'était tout simplement pas attiré par le sexe. Avant de comprendre qu'il préférait les hommes. Il n'y avait jamais eu aucune fille à l'école pour tenter de le faire changer d'avis.

- Parce qu'elles te font peur, souleva Castiel quand ils sortirent de l'immeuble.

Ils avaient choisi de marcher jusqu'au restaurant pour ne pas avoir à trouver une place pour se garer. Le temps était clément et les rues désertes. C'était parfait.

- Je sais ce que tu te dis … que c'est idiot et tout ça mais … je ne comprends pas les femmes. Je ne parviens pas à suivre leur logique et … les hommes sont plus faciles à cerner. Ils sont plus terre à terre. Ils réfléchissent moins. On peut anticiper leur réaction si on les observe un peu. Les femmes … elles sont tout simplement plus intelligentes que nous. Et elles savent parfaitement comment nous manipuler pour obtenir ce qu'elles veulent.

Castiel avait envie de rappeler à Dean que certains hommes en étaient également tout à fait capables. Jason en était la preuve vivante. Mais il ne voulait pas évoquer l'ex de son petit ami alors qu'ils s'apprêtaient à vivre un moment stressant. Il devait, de surcroît, reconnaître qu'il était de l'avis du jeune homme. Lui même était nettement plus intimidé par les femmes que par les hommes. Elles étaient plus mystérieuses et plus difficiles à comprendre.

- Heureusement que tu es gay alors … parce que tu aurais été ennuyé sinon, plaisanta t-il finalement.

Dean hocha la tête longuement avant de prendre la rue à sa droite. Il marchait avec les mains enfoncées dans ses poches, le col de sa veste remonté sur son cou.

- Si ça peut te rassurer, Hannah n'est en rien manipulatrice. Bien au contraire. Elle est plutôt facile à comprendre et totalement honnête. Je suis sûr que tu vas t'entendre avec elle … si toutefois tu parviens à mettre de côté le fait qu'elle est une femme.

- J'ai entendu dire qu'en imaginant la personne en sous vêtements, on pouvait combattre sa nervosité. Mais je doute que ce soit très approprié avec la sœur de mon petit ami. Peut être qu'avec Balthazar en revanche, je pourrais …

Castiel interrompit son petit ami en lui donnant un coup dans le bras. Il n'avait jamais pensé être quelqu'un de jaloux et de possessif. Mais Dean l'avait révélé à lui même. Et il détestait l'idée que son petit ami puisse regarder un autre homme comme il le regardait lui. Il avait confiance en ses sentiments mais c'était plus fort que lui. Il voulait que Dean n'ait d'yeux que pour lui. De surcroît, Balthazar était très séduisant. Et bien qu'hétérosexuel et marié à sa sœur, le côté jaloux de Castiel le voyait comme un rival.

- Ok, ok, je n'imaginerais personne en sous vêtements … ou peut être juste toi. Parce que j'ai vu ce que tu as choisi de porter sous ton pantalon et j'approuve mon ange.

Castiel ne put s'empêcher de sourire, amusé. Et un peu excité également par ce que son petit ami venait de lui dire.

- Si ça peut t'aider, la prochaine fois, je ne porterais rien du tout. Je ne voudrais surtout pas que mon choix de caleçon puisse te distraire.

- Oh parce que l'idée que tu ne portes rien du tout dessous est tellement moins perturbante pour moi bien sûr, répliqua aussitôt Dean.

Castiel sourit de plus belle. Il continuait d'être étonné de l'effet qu'il avait sur son petit ami. Il en avait eu la preuve à plusieurs reprises. Mais il avait passé une bonne partie de sa vie à penser qu'il n'avait rien de spécial. Qu'il était un type ordinaire, incapable de plaire à des hommes aussi séduisants que Dean. Il travaillait là dessus. Mais il lui arrivait encore de douter.

- Ce ne serait pas très hygiénique, rappela t-il en songeant à l'idée de ne pas porter de sous vêtements.

Dean rit une seconde à côté de lui avant de lui donner un petit coup dans l'épaule avec la sienne.

- Peut être mais ce serait terriblement sexy, rétorqua t-il.

Castiel allait devoir garder l'idée en tête. Après tout, il aimait surprendre son petit ami. Et il était presque sûr que Dean apprécierait grandement de le voir sans caleçon sous son jean. Le jeune étudiant sentit ses joues rougir en songeant à la réaction que son petit ami aurait. Ce n'était définitivement pas le moment de fantasmer à ce sujet. Pas quand il était sur le point de passer une soirée avec sa sœur.

- Ce serait comme ouvrir un cadeau de Noël. Je le ferais lentement pour ne pas brusquer les choses … et je …

- Dean, si tu ne veux pas que j'ai une réaction très inappropriée qui gâcherait considérablement la soirée avec ma sœur, je te conseille de te taire maintenant, le coupa Castiel en serrant les poings.

Il aimait entendre Dean parler quand ils faisaient l'amour. Il adorait quand son petit ami lui décrivait ce qu'il voulait lui faire ou ce qu'il voulait qu'il lui fasse. Il lui arrivait même de décrire lui même ce qu'il ressentait quand il allait et venait dans le corps du jeune homme. Mais il préférait nettement que cela reste entre eux. Et il était sûr que sa sœur devinerait ce qui se passait dans sa tête à la minute où elle verrait si toutefois ils continuaient sur cette voie. Et elle ne se garderait pas de leur dire. Ce qui risquait de les mettre mal à l'aise tous les deux.

- Oh parce que ce que je te dis t'excite mon ange ? C'est l'idée que je puisse te déballer comme un cadeau qui te met dans cet état ? Ou peut être que tu m'imagines ne portant rien sous mon jean … ou peut être juste un de ces strings moulants qui épouserait parfaitement les contours de mon sexe quand tu …

- Dean, s'écria Castiel en s'arrêtant.

Le jeune homme éclata alors de rire en s'immobilisant à son tour. Il leva ensuite ses deux mains devant lui en signe d'apaisement avant de les poser sur les épaules du jeune étudiant.

- J'arrête, j'arrête. Je ne voudrais pas que ma première rencontre avec ta sœur soit entachée par l'énorme érection que tu aurais et qui serait très certainement visible avec ce jean qui moule à la perfection ton corps magnifique.

Dean était le Diable personnifié. Ou du moins un démon quelconque. Parce qu'il savait toujours quoi dire pour mettre Castiel mal à l'aise. Pour le pousser dans ces derniers retranchements. Et pour lui donner envie de le plaquer contre un mur et de la faire taire d'un baiser que quiconque pourrait voir dans cette rue.

Castiel prit une grande inspiration pour se calmer un peu avant de se racler la gorge.

- Tu es maléfique, assura t-il.

- Et toi tu es un ange. Allez viens … on va être en retard.

Castiel secoua alors la tête avant de se remettre en route, Dean à côté de lui. Le jeune homme avait pris l'habitude depuis quelques jours de l'appeler « mon ange ». Il lui avait expliqué que ce choix découlait de la signification de son prénom. Mais également du fait qu'il avait la sensation que Castiel l'avait arraché à l'enfer qu'était son quotidien. Castiel aimait l'entendre l'appeler ainsi.

- Et si tout se passe bien ce soir, peut être que je te remercierais comme tu le mérites quand on sera rentrés.

Castiel aimait assez l'idée. Il était toujours partant pour faire l'amour avec Dean. Etre intimement lié à lui était une expérience dont il ne pourrait jamais se lasser. Mais il refusait d'y penser pour le moment. Il préférait nettement se concentrer sur la soirée qui les attendait. Il savait que Dean était toujours nerveux. Qu'il cherchait à se changer les idées en plaisantant ainsi. C'était un mécanisme de défense. Un auquel le jeune homme avait souvent recours.

- Ok, dis moi en un peu plus sur Balthazar … histoire que je sache à quoi m'attendre.

Castiel utilisa donc le temps qu'il leur restait pour rejoindre le restaurant pour décrire son beau frère à son petit ami. Il lui expliqua combien Balthazar était quelqu'un d'ouvert d'esprit. Il lui décrivit les nombreuses fois où il lui avait apporté son soutien. Dean l'écouta religieusement et sans l'interrompre. Castiel pouvait sentir la tension s'emparer à nouveau de son petit ami à mesure qu'il se rapprochait du lieu du rendez vous.

Quand ils furent enfin arrivés, Dean s'immobilisa sans rentrer dans le restaurant.

- Ok, je peux le faire … je sais que je peux le faire, se murmura t-il à lui même.

Il cherchait à se rassurer et Castiel le laissa faire. Il était prêt à lui laisser tout le temps nécessaire pour retrouver un semblant de calme. Il voulait que la soirée soit parfaite. Mais il voulait avant tout qu'elle le soit pour Dean. Il était sans nul doute le plus stressé des quatre personnes concernées.

- On y va ! Lança finalement le jeune homme après de longues secondes.

Castiel monta les quelques marches qui menaient à l'entrée du restaurant puis ouvrit la porte et laissa son petit ami entrer avant lui. Une serveuse les accueillit aussitôt et les guida à leur table quand Castiel lui donna son nom. Hannah et Balthazar étaient déjà là, assis côte à côte. Ils les regardèrent approcher sans bouger et ne se levèrent que lorsqu'ils furent à leur hauteur.

- Bonsoir, souffla Dean dont la voix était tremblante.

Castiel posa une main dans le bas de son dos pour lui apporter un semblant de soutien. Hannah s'approcha ensuite de lui pour déposer un baiser sur sa joue avant de se tourner vers Dean. Elle le regarda de longues secondes avant de l'embrasser à son tour. Castiel sentit son petit ami se tendre et il garda sa main appuyé contre lui pour lui rappeler qu'il était là pour lui.

- Dean, intervint alors Balthazar.

Il tendit la main au jeune homme avec un sourire. Dean eut besoin de quelques secondes avant de la serrer enfin dans la sienne. Castiel en fit de même ensuite puis ils prirent tous place à table.

Il n'y avait que peu d'autres clients dans le restaurant et le jeune étudiant en fut soulagé. Il était évident que son petit ami était terriblement stressé et il savait que cela aurait été pire encore s'il y avait eu plus de témoins.

- C'est un endroit charmant. Vous venez ici souvent ? Demanda Hannah pour engager la conversation.

Castiel hésitait à répondre de lui même mais il savait que sa sœur cherchait à faire participer Dean. Il laissa donc à son petit ami le soin de prendre la parole. Ce dernier le fit après s'être raclé inutilement la gorge.

- Parfois … des fois oui … c'est … l'endroit est bien. Les gens … les clients … enfin … mince, désolé … je ne sais pas pourquoi je suis comme ça. C'est juste que je suis …

- Intimidé ? Termina Hannah en arquant un sourcil.

- Terrifié, précisa Dean en la regardant dans les yeux.

Castiel avait terriblement envie de voler au secours de son petit ami. Il n'aimait pas le voir dans cet état. Et il savait que le jeune homme n'aimait pas non plus paraître aussi vulnérable. Mais il devait en passer par là avant d'être totalement à l'aise. Il devait le laisser faire. Il savait qu'il en était capable.

- Tu n'as aucune raison de l'être Dean. Je ne suis pas là pour te juger. Juste pour apprendre à te connaître, assura Hannah en souriant.

Castiel sourit à sa sœur pour lui montrer à quel point il lui était reconnaissant d'être aussi gentille avec son petit ami. Il savait qu'elle avait encore quelques doutes quant à leur relation. Qu'elle se faisait du soucis pour lui et qu'elle n'hésiterait pas à faire payer à Dean tout les souffrances qu'il causerait à Castiel. Mais le jeune étudiant avait une confiance aveugle en son petit ami et il avait hâte que sa sœur soit convaincue de sa sincérité.

Dean se tortillait sur son siège à côté de lui, toujours aussi mal à l'aise. Il semblait chercher ses mots. Il aurait du se montrer spontané. Hannah ne le jugerait pas aussi facilement. Mais il avait à cœur de paraître sous son meilleur jour. C'était touchant.

- Qu'est-ce que tu veux savoir ? Demanda alors Dean en attrapant sa serviette et en la serrant dans ses mains.

Hannah haussa les épaules et ce fut finalement Balthazar qui prit la parole en premier.

- Ce n'est pas un interrogatoire Dean. On ne va pas te bombarder de questions. Mais je t'avoue que nous ne savons pas grand chose de toi et que nous serions ravis d'en savoir plus.

Dean se mordillait la lèvre inférieure avec force et Castiel était étonné de ne pas encore voir de sang couler sur son menton. Il allait finir par se faire mal à ce rythme là. Castiel devait intervenir. Il posa une de ses mains sur la cuisse de son petit ami et serra le muscle une seconde. Dean lui jeta alors un coup d'oeil en coin avant de reporter son attention sur Balthazar.

- Je ne comprends pas … je pensais que vous … que vous me sauteriez à la gorge dès que j'aurais franchi la porte et que vous seriez déjà en train de me menacer du genre … si tu lui fais du mal, on te tue ou quelque chose comme ça, avança Dean en fronçant les sourcils.

Castiel savait que son petit ami avait redouté la réaction qu'Hannah et Balthazar auraient après l'avoir rencontré officiellement. Mais il n'avait pas pensé qu'il s'imaginait être menacé et malmené après seulement quelques secondes. Il s'était fait des idées. Et des idées visiblement totalement délirantes.

- Je suis Anglais et chez moi, on ne menace pas ouvertement … du moins pas à la première soirée, plaisanta Balthazar sans nul doute pour dissiper quelque peu la tension et rassurer Dean.

Mais le jeune homme ne semblait pas réellement l'entendre. Il était probablement trop stressé pour rire à sa plaisanterie. Ou même comprendre qu'il cherchait à plaisanter. Castiel resserra son emprise sur sa cuisse et se pencha sensiblement dans sa direction pour que la chaleur de son corps l'enveloppe et le détende un peu plus.

- Plus sérieusement Dean … je ne vais pas te mentir. Si tu fais du mal à mon frère, je t'en ferais en retour et crois moi je peux être extrêmement retorse quand je le veux mais … je n'ai pas de préjugés. Je sais combien ils peuvent être tenaces et combien ils peuvent faire souffrir ceux contre qui ils sont dirigés. N'oublie surtout pas les gens avec qui j'ai grandis et … je ne veux surtout pas devenir comme eux alors non … je n'ai pas envie de penser au pire et j'ai réellement envie de croire que tu es l'homme qui rendra mon frère heureux jusqu'à la fin de sa vie. Mais je ne te connais pas et … tu fais parti de la famille à présent. J'ai envie de tout savoir sur toi.

- Il n'y a pas grand chose d'intéressant à savoir et je doute que ce que je te dirais te conduira à m'apprécier, intervint Dean en baissant les yeux.

Castiel secoua alors la tête. Il savait combien son petit ami manquait de confiance en lui. Et il ressentait le besoin de le rassurer à chaque fois. Il détestait l'entendre se dévaloriser de la sorte.

- Dean, souffla t-il pour le lui signifier.

Hannah leva alors une main devant elle pour le faire taire et Castiel tourna le visage pour la regarder, surpris.

- Laisse moi en être seule juge s'il te plait. Tu pourrais être surpris. Et puis si Cas est tombé amoureux de toi, je suis sûre que je vais t'apprécier moi aussi.

Castiel aimait vraiment sa sœur comme un fou. Il avait une chance incroyable de l'avoir dans sa vie. Parce qu'elle avait trouvé les mots justes pour rendre son petit ami un peu moins nerveux. Pour que leur soirée se passe bien malgré le début compliqué qu'ils venaient d'avoir.

- Si tu le veux bien, on va tout reprendre du début d'accord ?

Dean hocha la tête pour signifier à Hannah qu'il l'avait entendue et la jeune femme lui adressa alors un large sourire.

- Parfait … alors Dean, dis moi en un peu plus sur toi.

Castiel retira la main de la cuisse de son petit ami, le sentant enfin sensiblement détendu et posa son bras sur le dossier de sa chaise pour rester suffisamment proche de lui. Le jeune homme lui adressa un petit sourire qui en disait long sur ce qu'il ressentait avant de se concentrer à nouveau sur Hannah. Balthazar et elles se tenaient la main sur la table. Castiel aurait aimé pouvoir en faire de même avec Dean. Mais il savait que son geste n'aurait pas été accepté par les gens présents. Et que cela aurait probablement rendu son petit ami nerveux à nouveau.

- Je … euh … je m'appelle Dean … enfin tu le sais déjà bien sûr … Dean Winchester. J'ai vingt deux ans et je suis … actuellement je suis serveur dans un café. J'ai un frère Sam et … désolé, je ne sais pas ce que tu veux m'entendre dire et j'ai l'impression d'être en train de passer un entretien d'embauche … ce qui … ce qui est perturbant parce que tu ne cherches définitivement pas à m'embaucher pour être le petit ami de ton frère … ou pour coucher avec lui parce que ça ferait de moi … euh … et … je suis ridicule hein ?

Castiel aurait probablement pu être amusé par le malaise de son petit ami. Mais il y avait quelque chose d'extrêmement vulnérable chez le jeune homme à cet instant précis. Il semblait totalement perdu et à deux secondes de paniquer pour de bon. C'était surprenant. Dean était quelqu'un qui parlait facilement. Qui n'avait aucune difficulté à s'adresser à des étrangers. Mais devant sa sœur et Balthazar, il semblait totalement perdu. Et cela rendait Castiel un peu triste. Parce que c'était la preuve du manque de confiance flagrant en lui même dont le jeune homme souffrait depuis tellement longtemps … peut être même depuis toujours.

- Non, tu n'es pas ridicule … juste nerveux. Et crois moi, je peux te comprendre. Je l'étais aussi en rencontrant Castiel, expliqua Balthazar d'une voix calme. Je peux t'assurer qu'on ne cherche pas à te mettre mal à l'aise.

- Dean, si tu veux, on peut partir. Personne ne t'en voudra d'avoir envie de rentrer.

Castiel savait que son petit ami n'accepterait pas sa proposition. Il était totalement mal à l'aise mais il était suffisamment fier pour se forcer à rester. A combattre sa peur. Dean avait passé sa vie à se battre contre tout et tout le monde. C'était ainsi qu'il fonctionnait. Cela faisait de lui quelqu'un d'extrêmement courageux et fort. Mais également quelqu'un de facile à briser. Dean était un paradoxe.

- Non c'est … d'accord, je vais reprendre. Je … je … ok … je pense reprendre mes études en janvier pour devenir psychologue. Je m'occupe également d'une association pour les jeunes hommes et femmes qui ont été rejetés par leur famille en raison de leur homosexualité. J'aime le rock et plus particulièrement les groupes des années soixante dix et quatre vingt. J'écoute Muse également parfois. Oh et j'adore les Western et la Guerre des Etoiles. Je lis beaucoup. Je … je crois avoir fait le tour non ?

Castiel sourit faiblement, fier de voir son petit ami reprendre le dessus. Il en avait dit trop et probablement trop rapidement pour que cela paraisse naturel. Mais puisque sa sœur et Balthazar savaient déjà combien il était nerveux, ça n'avait aucune importance.

- Et tu es amoureux de mon frère, compléta finalement Hannah en inclinant la tête sur le côté.

Dean sembla déstabilisé une seconde par la réflexion de la jeune femme. Il semblait avoir besoin de savoir s'il s'agissait là d'une question qui nécessitait une réponse ou si elle était purement rhétorique. Castiel connaissait Hannah et il avait immédiatement compris qu'elle n'avait fait qu'affirmer quelque chose que tout le monde à la table savait déjà. Mais il devinait le doute chez son petit ami.

- Oui, je l'aime … je l'aime comme un fou. Et probablement depuis la première fois où je l'ai vu. Je vous jure que je suis sincère et que je veux réellement faire ma vie avec lui. Je n'ai pas l'intention de lui faire du mal. Je … je veux le rendre heureux … aussi heureux qu'il me rend et … notre passé … mon passé est compliqué mais on prend ensemble un nouveau départ.

Dean semblait avoir décidé qu'Hannah espérait une explication de sa part. C'était inutile mais ce qu'il venait de dire avait considérablement touché Castiel. Il savait toutes ces choses. Dean les lui avait déjà dites. Mais il était toujours agréable de les entendre à nouveau.

Il était temps pour lui d'intervenir.

- Tu me rends heureux Dean. Je sais que tu vas avoir du mal à me croire mais je peux te le garantir. Je suis heureux.

Le jeune homme tourna alors le visage vers lui et le dévisagea durant de longues secondes. Le temps sembla alors se suspendre. Castiel oublia qu'ils étaient dans un restaurant et se perdit dans les iris verts de son petit ami. Il savait exactement ce que Dean était en train de faire. Il cherchait à se rassurer en lisant dans ses yeux. Il avait besoin d'être convaincu et il pensait pouvoir le faire en regardant Castiel suffisamment longtemps. S'ils avaient été seuls, il aurait probablement usé d'une autre technique. Et cela les aurait conduit dans la chambre pour une bonne partie de la nuit. Mais ce n'était définitivement pas le bon moment pour y penser. Pas quand Hannah était là et avait probablement les yeux rivés sur eux. Castiel entendit sa sœur se racler la gorge pour attirer leur attention et Dean finit par s'arracher à sa contemplation pour se reconcentrer sur la jeune femme.

- C'est très mignon et touchant mais il y a tout de même quelque chose qui me chagrine dans ce que tu as dit Dean.

Castiel savait que sa sœur plaisantait mais il était également persuadé que Dean n'en avait pas la moindre idée. Il posa donc à nouveau sa main sur la cuisse du jeune homme pour le rassurer.

- Les westerns ? Vraiment ? Demanda alors Hannah en souriant. Je croyais que tu aurais de meilleurs goûts !

Balthazar éclata alors de rire à côté d'elle et après un long moment passé à observer la jeune femme comme s'il s'agissait d'une créature extraterrestre, Dean rit à son tour. Presque aussitôt, toute la tension qu'il avait accumulée jusque là s'envola et Castiel les imita une seconde plus tard. Ce fut ce moment que le serveur choisit pour venir prendre leur commande. Ils prirent quelques secondes pour parcourir le menu des yeux avant d'annoncer ce qu'ils avaient choisi.

Une fois le serveur repartit, Hannah secoua la tête, visiblement toujours amusée.

- Et moi qui croyais que les gays étaient des gens raffinés et aux goûts sûrs, souffla t-elle.

Balthazar se pencha vers elle pour déposer un baiser sur sa joue. Castiel fut une nouvelle fois jaloux de ne pas pouvoir en faire de même avec Dean.

- Pour une femme qui rejette tous stéréotypes, je te trouve bien trop influencée par tous les clichés que tu entends ici et là, lui reprocha t-il gentiment.

- Et je tiens ici à rappeler que certains westerns sont des classiques qu'on ne peut pas ne pas aimer. Il suffit de savoir lire entre les lignes pour comprendre qu'ils ont tous un autre objectif que de montrer des hommes et des femmes en costume d'époque et qui se tirent dessus.

Castiel était soulagé de voir son petit ami prendre la parole sans y être invité. Cela semblait signifié qu'il se sentait enfin suffisamment à l'aise pour ne pas être terrifié par ce qui pourrait sortir de sa bouche. Et il le devait à Hannah et à Balthazar. A la façon qu'ils avaient eu de le mettre à l'aise et d'ignorer sa nervosité du mieux possible.

- Ok, je suis curieuse. Explique toi, l'encouragea Hannah.

Dean hocha la tête avant d'attraper sa serviette sur la table et de la tordre entre ses mains. Il était détendu mais pas encore totalement à l'aise. Cela viendrait avec le temps. Castiel n'en doutait pas une seconde.

- La lutte du bien contre le mal. Quand on prend le temps de les regarder vraiment, on comprend que c'est toujours là le sens caché de ces films. Le gentil contre le méchant. Le bien contre le mal. Le triomphe du bien malgré les pièges tendus et les obstacles. Ca peut paraître un peu cliché ou simpliste mais ce sont des films remplis d'espoir. Des films positifs et qui donnent envie de croire que le bien sort toujours vainqueur.

Castiel pouvait parfaitement lire entre les lignes et deviner ce que Dean sous entendait par là. Ce qu'il ne disait pas mais pensait au plus profond de lui. Ces films lui avaient donné espoir quand il allait mal. Ils lui avaient permis de continuer à se battre quand il pensait ne plus en avoir la force. Dean les regardait pour retrouver le sourire et la foi. Pour continuer de croire qu'il finirait par triompher malgré tout.

- Un peu comme la Guerre des Etoiles en fin de compte, intervint alors Balthazar arrachant Castiel à ses réflexions.

Dean hocha la tête.

- Exactement, confirma t-il, visiblement satisfait que son message ait été entendu.

Personne ne dit rien pendant de longues secondes et Castiel était prêt à parier que sa sœur et son mari avaient compris comme lui que ces films avaient une importance particulière pour Dean. Qu'ils avaient joué un rôle crucial dans sa vie. Et personne n'avait l'intention de se moquer de lui. Bien au contraire. Ils étaient touchés. Comme Castiel l'était devant ce qui ressemblait clairement à un aveu de faiblesse à peine déguisé. Dean s'ouvrait à eux, peut être même sans réellement le savoir.

- Du moment que tu ne m'avoues pas que tu es un fan de Titanic, ça me va, ajouta alors Balthazar quand le silence eut trop duré.

Dean ricana une seconde avant d'hausser les épaules.

- Hé ! C'est un classique aussi. Je ne dis pas que je suis fan mais il est difficile de ne pas apprécier un film où Di Caprio est aussi canon.

- D'accord, je t'accorde ça mais admets le, cette chanson de Céline Dion est tout simplement insupportable. Je te jure que je donnerais tout pour revenir en arrière et faire en sorte que ce fichu bateau ne coule pas … juste pour ne plus avoir à entendre cette fichue chanson à la radio.

Castiel vit Dean sourire et il sut à cet instant précis que son petit ami allait parfaitement s'entendre avec Balthazar. Ils étaient différents. Ils n'avaient pas grand chose en commun et pourtant, ils semblaient sur la bonne voie pour devenir de très bons amis. Castiel était vraiment heureux que sa sœur ait fait entrer cet homme dans sa vie.

- Fais comme moi et n'écoute plus la radio. Je peux te jurer que tu t'en porteras bien mieux, conclut Dean en regardant Balthazar.

Le jeune anglais leva alors son verre comme pour porter un toast – même s'il n'y avait que de l'eau à l'intérieur et que Castiel croyait se souvenir que ça portait malheur – avant d'en boire une longue gorgée.

- Castiel, je dois te dire que j'adore ton petit ami. Tu as ma bénédiction, expliqua t-il ensuite.

- Et j'en serais honoré si toutefois j'estimais en avoir besoin, répliqua le jeune étudiant sans aucune méchanceté.

Balthazar secoua alors la tête en riant. Castiel sourit à son tour avant de tapoter la cuisse de Dean puis de la relâcher pour prendre son verre d'eau. Il en but ensuite une gorgée rapide.

- Et vous avez la mienne les garçons … même si je suppose que vous ne la demandiez pas non plus, lança Hannah.

Castiel savait qu'il n'aurait pas renoncé à Dean même si sa sœur le lui avait demandé. Il l'aimait bien trop pour ça. Mais il aurait détesté avoir à choisir entre eux. Il aurait détesté perdre sa sœur à cause de ses sentiments pour son petit ami. Il n'était pas venu ici pour obtenir la bénédiction d'Hannah. Mais il était content de l'avoir tout de même. Et il savait qu'elle était également très importante pour Dean. C'était exactement ce qu'il avait besoin d'entendre pour se sentir enfin accepté. Pour se sentir accueilli à bras ouverts dans sa nouvelle famille.

Le serveur leur apporta leurs plats quelques minutes plus tard et le silence s'installa à nouveau entre eux. Ce fut finalement Dean qui le rompit.

- Je voulais m'excuser une nouvelle fois d'avoir interrompu votre mariage. J'aurais probablement du attendre avant de parler à Cas mais je … je crois que je n'ai pas vraiment réfléchi avant de le faire. Et je suis désolé si j'ai gâché votre soirée.

Castiel s'était attendu à ce que le jeune homme s'excuse. Il savait qu'il se sentait coupable. Il était toutefois étonné qu'il le fasse lors de leur première soirée avec Hannah et Balthazar. C'était toutefois bon signe. Cele tendait à laisser penser qu'il se sentait bien avec eux. Et qu'il se sentait libre de parler.

- Ne t'excuse pas … c'était divertissant. Je suis né en Angleterre je te rappelle … le pays de Shakespeare. On a un goût prononcé par les situations dramatiques et les grandes déclarations. On s'attend toujours à ce quelqu'un fasse un scandale en pleine soirée et que les têtes commencent à tomber … au sens propre.

Balthazar avait un côté théâtral qui amusait beaucoup Castiel. Il pouvait facilement comprendre ce qui avait séduit sa sœur. Il était gentil, drôle et charmant. C'était un vrai personnage. Et de toute évidence, son exubérance ne mettait pas Dean mal à l'aise. Ce qui était définitivement un bon point pour lui.

- Ok, j'y penserais la prochaine fois, lança alors Dean en reportant son attention sur son assiette.

Ils continuèrent de manger en parlant de tout et de rien. Hannah évoqua leur prochain départ pour l'Angleterre. La maison qu'ils avaient achetée ensemble et ses études. Dean accepta de répondre aux questions qu'elle lui posa sur son choix de carrière. Puis Castiel partagea ses inquiétudes quant aux partiels qui approchaient. Quand ils eurent terminé de manger et réglé la note, ils quittèrent le restaurant en discutant toujours.

Ce ne fut qu'une fois dehors qu'Hannah entraîna Castiel à l'écart alors que Balthazar parlait à nouveau avec Dean de Céline Dion.

- C'est quelqu'un de bien, murmura t-elle à son frère en le prenant dans ses bras.

Castiel sentit alors son cœur s'accélérer et il serra sa sœur fort contre lui.

- Je l'aime comme un fou, assura t-il parce qu'il ne se lasserait jamais de le dire.

- Et c'est réciproque, c'est évident, compléta t-elle aussitôt.

Ils restèrent collés l'un à l'autre durant quelques secondes avant de se séparer. Castiel jeta alors un coup d'oeil à Dean et sourit en le voyant rire avec Balthazar. Il était totalement à l'aise à présent. Il n'y avait plus aucune tension visible dans son corps et son visage semblait s'être éclairé. Castiel réalisa alors combien cette soirée avait été importante pour lui. Il s'était concentré uniquement sur l'angoisse de son petit ami et il avait ignoré la sienne. Mais à présent qu'il voyait Dean rire avec Balthazar, il réalisa combien il avait espéré que les choses se termineraient exactement ainsi. Et combien il était heureux que cela soit le cas.

Dean dut sentir qu'il le regardait puisqu'il finit par tourner la tête dans sa direction. Il lui adressa ensuite un petit clin d'oeil qui rappela à Castiel ce qu'ils s'étaient promis avant d'arriver au restaurant. Il sentit aussitôt tout son corps s'embraser. Il allait ramener Dean chez lui et lui prouver ensuite combien il était satisfait de ce qui s'était passé. Et il y passerait toute la nuit s'il le fallait. Il était heureux et soulagé. Il était libéré d'un poids qui avait pesé sur lui sans qu'il s'en rende réellement compte. Il avait bien l'intention de l'expliquer à Dean dès qu'ils seraient seuls. Pas avec des mots bien sûr. Ils en avaient suffisamment prononcé pour la soirée.