Salut ! :)

Comme j'ai posté la suite plus tard que prévu, le chapitre 38 arrive tout de suite maintenant !

En espérant que ça vous plaise, tenez moi au courant !

Bonne lecture !

PS : aucun des personnages ne m'appartient…

CloudeGirofle

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CHAPITRE XXXVII : BELLA

Dring ! Dring ! Driiing !

Je fus tirée du sommeil par les hurlements de mon téléphone. Je tâtonnais dans l'obscurité jusqu'à le trouver sur la table de nuit et décrochais en plissant les yeux, aveuglée par la lumière soudaine.

- Allô ? Marmonnais-je.

- Bella ? C'est moi.

- Papa ?

Je me relevais sur un coude en fronçant les sourcils : il était tout juste six heures.

- Ma chérie, il faudrait que tu descendes au plus vite au commissariat s'il te plaît.

- Hein ? Mais il est six heures ! Ça ne peut pas attendre ? Gémis-je en jetant un coup d'œil à Emmett qui commençait à s'éveiller.

- Non, c'est urgent.

- Bon, soupirais-je. J'arrive.

Je raccrochais et sortis du lit en m'étirant le plus silencieusement possible. J'attrapais ensuite de quoi m'habiller dans ma valise et embrassais Emmett sur le front avant de sortir de notre chambre.

- Tu pars où ? Marmonna-t-il.

- Je dois voir un truc avec mon père. Je reviens.

- Tu veux que je vienne avec toi ?

- Non, t'inquiète, souris-je. T'as eu une soirée chargée hier, repose-toi.

Il m'envoya un baiser du bout des doigts avant de se renfoncer sous la couette. Je gagnais ensuite la cuisine à regrets, engourdie et maussade. J'eus la surprise de retrouver Alice, assise sur une des chaises du comptoir, une tasse de café à la main et le regard perdu sur la falaise verdoyante que laissait apercevoir la fenêtre.

- Alice ?

Elle se tourna lentement vers moi, d'un air étonné.

- Oh, tu es déjà levée ?

- Obligation familiale, grommelais-je en me versant une tasse de café. Et toi ? Ça fait longtemps que t'es là ?

Elle haussa les épaules en se retournant vers la fenêtre.

- Je ne sais pas. Je n'arrivais pas à dormir, alors je suis venue ici.

- Des cauchemars ? Demandais-je doucement.

- Non. L'angoisse. J'ai l'impression qu'il se passe un truc horrible. Ça me hante depuis hier. J'ai même du mal à respirer.

Réprimant un frisson, je posais une main compatissante sur son épaule. Il était vrai qu'Alice était d'une sensibilité particulièrement aiguisée. J'espérais de tout mon cœur que, pour une fois, elle se trompait.

- Viens avec moi au commissariat, ça te changera peut-être les idées.

- Peut-être, admit-elle en avalant une nouvelle gorgée. Oui, t'as raison, je ferais mieux de venir. Je vais laisser un mot pour Jazz.

Quand nous eûmes avalé notre maigre petit-déjeuner, nous sortîmes dans l'air froid du matin et, sans regarder la mer en contrebas, nous montâmes dans la voiture. J'enclenchais aussitôt l'autoradio pour alléger l'atmosphère. Avec le vent qui s'engouffrait dans nos cheveux, la soirée de la veille semblait s'oublier dans les brumes d'un sombre cauchemar. Alice avait retrouvé un faible sourire, perdue dans la musique et la sensation de liberté.

Nous arrivâmes ainsi trop vite au commissariat. A cette heure plus que matinale, je n'eus aucun mal pour me garer, j'avais même l'embarras du choix. Alice sortit avec moi de la voiture et nous entrâmes dans le commissariat en pressant le pas. A l'accueil, l'adjoint de mon père lisait un journal, assis à son bureau. Je réprimais la crainte qu'il m'inspirait pour le rejoindre.

- Bonjour Bella, m'accueillit-il avec un sourire froid. Ton père t'attend, il est dans ton bureau.

- OK.

Puis, me tournant vers Alice :

- Je peux te laisser là ? Je ne pense pas en avoir pour très longtemps.

- Pas de soucis. Je vais m'asseoir, il y a des chaises là-bas.

Une fois qu'elle fut installée sur un des bancs du hall et que James eut repris sa lecture, j'inspirais profondément avant de toquer à la porte de mon père. Il m'ouvrit aussitôt.

- Bella, assieds-toi.

Je m'exécutais, surprise. Mon père usait rarement de ce ton autoritaire avec moi. Je pensais aussitôt à Emmett. Avait-il découvert que nous étions ensembles ? Allait-il révéler au proviseur que le professeur entretenait une liaison avec son élève ? Je sentis la panique m'envahir.

- Je suis…extrêmement déçu Bella, commença-t-il. Non, « déçu » n'est pas le mot qui convient. Je suis effondré même, je n'aurais jamais pensé que tu aurais pu me faire ça.

Je baissais honteusement la tête en me mordant les lèvres pour ne pas hurler. Je repensais à Emmett, son sourire, sa gentillesse, sa joie de vivre… Non, jamais ne je le laisserais tomber. Je relevais fièrement le menton, une lueur de défi dansant dans le regard.

- Si je n'en parle pas immédiatement à mes supérieures, c'est que je te laisse une dernière chance de te racheter. Ne la gâche pas Bella.

- Me racheter de quoi ? Explosais-je en me levant de ma chaise.

« De l'aimer ? » voulus-je rajouter. Mais il ne m'en laissa pas le temps.

- Ne fais pas l'innocente Bella ! Tonna-t-il à son tour. Et mon arme de service qui a disparu à la maison, comment tu me l'explique ? Il s'est envolé tout seul, c'est ça ?

Décontenancée, je me rassis. Il y avait comme un léger malentendu. Mais je ne savais pas si j'y gagnais au change.

- Je te demande pardon ? Soufflais-je, sous le choc.

Je ne savais pas ce qui m'horrifiait le plus : que mon père puisse croire que je lui ai pris son arme de service ou que cette dernière se balade dans la nature.

- Ce matin, je descends dans le salon et dans ma veste, je ne trouve plus ni badge, ni arme. Comment tu m'expliques cela ?

- Mais ce n'est pas moi ! M'écriais-je. Je n'étais même pas à la maison hier, j'étais à la Push, dans la cabane de Jake ! Tu peux demander à mes amis !

Mon père se rassit derrière son bureau, livide. Il passa plusieurs fois sa main dans ses cheveux et bafouilla plusieurs fois avant de reprendre la parole.

- Je ne sais pas si tu te rends compte de ce que tu dis Bella, murmura-t-il d'une voix blanche. Cela veut dire que quelqu'un dans cette ville se balade avec une arme et un badge qui ne sont pas les siens. Cela veut dire aussi que c'est quelqu'un que nous connaissons : aucune entrée n'a été forcée.

Je m'écroulais plus encore dans mon siège. Nous étions en plein cauchemar, les pires intuitions d'Alice se confirmaient. Il n'y avait plus qu'à espérer que rien de pire ne nous attendait.

- Nous avons deux trousseaux de clés, dis-je en tachant de conserver mon sang froid. Le tien et le mien. Si tu as fermé la maison hier soir avant de te coucher, cela veut dire que…

Je n'achevais pas ma phrase, glacée par la perspective qu'elle impliquait : que ce soit un de mes amis qui aient dérobé l'arme de mon père.

- On a pu aussi faire un double des clés, tempéra mon père en me voyant au bord de la crise de nerfs. Va vérifier à la cabane si tu trouves les tiennes, pendant ce temps, je vais lancer une alerte.

Je me levais sans rien dire et regagnais le hall du commissariat en marchant comme un automate. Alice m'attendait sur une chaise, zyeutant de temps à autre James qui avait fini sa lecture. Elle avait l'air songeuse et l'éclat de ses yeux gris quand elle se tourna vers moi me secoua bizarrement le cœur.

- Tu viens Alice ?

Il y eut un bruit métallique : James venait de laisser tomber un classeur par terre. Je le regardais en fronçant les sourcils tandis qu'il s'était mis à quatre pattes par terre pour ramasser les feuilles, les mains tremblantes.

- Vous…vous vous appelez Alice ? Souffla-t-il en dévisageant intensément mon amie de ses yeux couleur d'orage.

- Euh…oui, répondit-elle en se tordant nerveusement les mains.

James se releva lentement, sans la lâcher du regard, comme si personne d'autre qu'elle au monde n'existait. Mal à l'aise, je me détournais vers les doubles-portes du commissariat. Quelque chose me troublait sans que je parvienne à mettre le doigt dessus.

- Et bien…au revoir monsieur, ajouta Alice en me rejoignant d'une démarche hésitante.

- Au revoir Alice, souffla James, toujours aussi fasciné par sa gracile petite silhouette.

Nous sortîmes sans mot dire. Une fois dehors, Alice regarda une fois ou deux par-dessus son épaule avant de me demander d'un air curieux.

- C'était qui ce gars ?

- L'adjoint de mon père, répondis-je en haussant les épaules. Je ne l'aime pas trop, James.

- James ?

Alice s'était figée devant sa portière, soudainement très pâle. Ses deux yeux gris tranchaient plus violement encore que d'habitude sur sa peau pâle. Et je compris en un éclair de ce qui m'avait perturbé un peu plus tôt : ces deux paires d'yeux identiques qui m'avaient tour à tour observée dans le petit hall glacial du commissariat.

- Oui, repris-je d'une voix moins assurée. C'est son prénom.

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Quand nous arrivâmes à la cabane, les deux garçons buvaient leur café d'un air morose au comptoir de la cuisine. La pièce empestait le tabac froid et je ne tardais pas à comprendre pourquoi en surprenant Jasper écraser son mégot dans une tasse vide. Alice, qui n'avait pas rouvert la bouche depuis notre départ du commissariat, ne tiqua même pas. Elle regagna directement sa chambre, claquant doucement la porte sur un silence de plomb.

Qu'est-ce qu'il se passe ? S'inquiéta Jasper en se relevant à demi de son tabouret.

Je ne sais pas trop. Je crois qu'elle a besoin d'être seule.

Jasper serra les lèvres mais ne répondit pas. Je me tournais ensuite vers Emmett qui m'observait.

Le revolver de mon père et son badge de policier ont disparu, annonçais-je d'emblée. C'est pour ça qu'il m'a appelée ce matin.

Les deux garçons pâlirent. Je ne leur laissais pas le temps de m'interroger pour partir directement dans ma chambre, fouiller les poches de mon sac et de ma veste. J'enjambais la valise d'Emmett et m'accroupis devant la mienne. Je jetais les piles de linge sur lit, de plus en plus frénétiquement à mesure que ma recherche se faisait vaine. Je finis même par renverser le dernier contenu de ma valise sur le sol avant de devoir admettre que mes clés n'y étaient pas. Mon dernier espoir restait la veste. Je titubais jusqu'au salon, en direction du porte manteau.

Bella, tu veux bien m'expliquer ce qu'il se passe ? S'impatienta Emmett en s'approchant de moi.

Je ne répondis pas, trop occupée à fouiller les poches de mes vestes.

Bella !

Vides. Les poches de ma veste étaient vides. Cela ne pouvait signifier qu'une seule chose. Que l'un de mes amis m'avait dérobés mes clés dans la soirée d'hier. Aussitôt, les images de la veille se mirent à déferler dans mon esprit tumultueux. Jasper revenant sur sa moto, Hale allumant le barbecue, Emmett m'embrassant discrètement derrière la porte de la salle de bain, Alice lisant son livre sur mon lit, puis Edward, m'enlaçant tout contre lui avant de partir… Et brusquement, toutes les pièces du puzzle s'assemblèrent. Je me retins au bras d'Emmett pour ne pas tomber, l'autre main posée sur ma bouche horrifiée.

Bella ! Bella, qu'est-ce que…

Dring ! Dring ! Driiing ! Driiiiiiing !

Jasper fut le premier à réagir.

Allô ? Oui, ici Jasper Whithlock à l'appareil.

Les cinq minutes que durèrent la conversation nous parurent une éternité. Quand Jasper raccrocha, il était livide.

C'est Edward, murmura-t-il comme en écho à mes propres pensées.

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J'espère que vous avez aimé ! Je vous mets la suite maintenant pour me faire pardonner de mon retard ! )