Bonjour à tous,
Voici le chapitre 37 et Dean a enfin compris ! Il était temps non ?
Merci à Elissa pour la correction et pour tout le travail qu'elle fait. Merci à vous pour vos messages et votre fidélité. On approche de la fin et Castiel va enfin obtenir ce qu'il attendait. Mais je ne vous en dis pas plus.
Bonne lecture et à jeudi
Sydney8201
Musique du chapitre :
Goner de 21 Pilots
Chapitre 37 : Aveu
« Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction. »
Antoine de Saint Exupéry
Dean et Sam n'étaient toujours pas venus parler aux employés du cabinet. Castiel savait qu'ils avaient besoin de trouver les bons mots pour convaincre tout le monde qu'ils avaient menti pour éviter de les déstabiliser. Ils ne voulaient pas parler de la trahison de Crowley. Ils ne voulaient pas l'accabler et donner une mauvaise image de leur ancien collègue. Ils avaient peur également que certains finissent par penser qu'ils avaient commis une erreur de jugement. Cela risquerait de les pousser à envisager un départ et ils ne pouvaient pas se permettre de perdre un employé de plus. Le cabinet était fragilisé par les attaques subies et par le départ de Crowley. Ils avaient bien fait de le renvoyer, mais il avait un rôle important et remplissait un maximum de tâches. Ils allaient avoir besoin de trouver quelqu'un pour le remplacer. Peut-être attendaient-ils d'avoir trouvé la personne idéale pour tenir ce rôle avant de prendre la parole?
Castiel devait reconnaître qu'il était impatient. Il pouvait sentir que ses collègues l'étaient également. Il était normal qu'ils se posent des questions. Ils avaient déjà tous été surpris par le départ de Crowley. Par contre, après son retour et l'esclandre qu'il avait faits devant tout le monde, les questions étaient plus nombreuses encore. Castiel en savait plus qu'eux. Il s'était méfié de Crowley depuis le début ou presque. Il avait été le premier à sentir que quelque chose clochait chez lui. Il avait été là à chaque découverte. À chaque avancée. Il avait même participé à l'enquête, mais il savait qu'il ne devait surtout rien dire. Ce n'était pas son rôle de parler en lieu et place de Dean et Sam. Il avait confiance en eux pour savoir comment s'y prendre. Malgré ce que Crowley avait dit, il continuait de penser qu'ils étaient de bons patrons. Ils savaient comment gérer leur cabinet. Ils étaient ceux qui en avaient ce qu'il était aujourd'hui. Cela ne s'arrêterait pas de si tôt.
Autour de lui, ses collègues faisaient mine de s'être remis au travail, mais Castiel n'était pas dupe. Ils pouvaient sentir qu'ils n'étaient absolument pas concentrés sur ce qu'ils faisaient. Ils tournaient les pages de leurs dossiers, avaient les yeux fixés sur leurs ordinateurs ou tapotaient sur leurs téléphones portables, mais tous semblaient perdus dans leurs pensées. Aucun n'était réellement productif. Cela ne risquait pas de changer tant qu'ils n'en sauraient pas plus.
Gabriel semblait également nerveux et impatient. Il gigotait sur sa chaise en regardant fréquemment autour de lui. Lui aussi avait été là quand ils avaient appris l'étendue réelle de la trahison de Crowley. Lui aussi avait pris part à l'enquête le concernant et lui aussi s'était méfié de son collègue plus tôt que leurs patrons. Cependant, cela ne l'empêchait pas d'avoir envie d'en savoir plus. Ou juste d'entendre Dean et Sam leur confirmer que les choses allaient enfin changer maintenant qu'ils s'étaient libérés de l'influence malsaine que Crowley avait sur eux.
Castiel avait tenté de se mettre au travail, mais, comme ses collègues, il avait l'esprit obnubilé par ce que Crowley avait fait et dit. Et par tous les changements que le cabinet allait probablement opérer dans les prochaines semaines. Il n'était pas inquiet pour son avenir personnel. Il était convaincu que sa place était assurée, mais il avait peur que certains de ses collègues changent d'avis concernant Dean et Sam. Que certains décident de quitter le navire convaincu qu'ils finiraient inexorablement par couler. Il aimait trop cet endroit pour le voir sombrer. Il voulait le défendre.
Il continuait également de penser à ce que Gabriel lui avait dit un peu plus tôt. Crowley restait une menace à part entière. Peu importait qu'il ait semblé résigné. Il avait proféré des menaces. Même sans la puissance du cabinet pour l'aider, il restait dangereux. Il avait des amis autour de lui. Des gens qui, comme lui, avaient tous un intérêt à faire couler Dean et Sam pour se partager ensuite les miettes de ce qui resterait. Ils allaient devoir rester vigilants et probablement se méfier de tout et de tout le monde pendant un certain temps.
Castiel était, enfin, inquiet pour Dean. Il ne l'avait plus revu depuis qu'il avait quitté son bureau. Il savait qu'il était en pleine discussion avec son frère. Il avait également vu Charlie et Kevin se rendre dans son bureau pour parler avec eux. Il aurait aimé être là. Il aurait voulu participer à la conversation et les aider à se préparer, mais il savait que sa présence ne ferait que compliquer les choses. Il n'était qu'un employé parmi tant d'autres. Il n'était pas censé être dans les secrets de ses patrons. Il n'était pas censé en savoir plus qu'eux. Se joindre à leur conversation maintenant ne ferait que soulever les soupçons et attirer des questions auxquels il ne se sentait pas prêt à répondre.
Il resta donc à son bureau à attendre que le temps passe comme tous ses collègues autour de lui. Les heures s'écoulaient lentement. Castiel regardait sa montre à intervalles réguliers et grimaçait à chaque fois. Il ne quitterait pas le bureau tant que Dean et Sam n'auraient pas pris la parole, peu importait l'heure à laquelle il rentrerait chez lui. Il était prêt à passer la nuit là si c'était nécessaire. Il était d'ailleurs convaincu que ses collègues en feraient de même. C'était trop important pour songer à quoi que ce soit d'autre.
Quand il réalisa qu'il avait lu pour la troisième fois la même phrase dans son dossier sans la comprendre, il s'accorda une pause pour prendre un café. Gabriel le suivit sans lui demander s'il en avait envie. Ils ne parlèrent pas. Se contentèrent de se tenir compagnie en silence.
À leur retour à leur bureau, ils entendirent certains de leurs collègues annoncer que Dean et Sam avaient fini de se parler et qu'ils se dirigeaient dans leur direction. Castiel sentit aussitôt son cœur s'accélérer dans sa poitrine. Il en oublia son café. Il ne s'assit pas. Il resta bêtement planté derrière son bureau, les yeux rivés sur le couloir jusqu'à voir enfin ses deux patrons pénétrer dans la salle. Tous les regards se braquèrent aussitôt sur eux.
Sam se posta au centre de la pièce, Dean légèrement en retrait sur sa droite. Le plus jeune des deux frères semblait relativement calme. Son aîné, en revanche, ne parvenait pas à donner le change. Son angoisse se lisait clairement sur son visage.
Ce fut finalement Sam qui prit la parole en premier.
- Je suis sincèrement désolé de vous avoir tous fait attendre aussi longtemps. Je sais également qu'il est tard et que certains d'entre vous sont probablement impatients à l'idée de rentrer chez eux, mais… j'aimerais que vous nous accordiez encore quelques minutes si c'est possible pour vous.
Castiel était presque sûr qu'aucun de ses collègues ne refuserait. Tous étaient impatients de savoir ce que leurs patrons allaient dire. Il regarda toutefois autour de lui et fut soulagé quand il constata que personne ne bougeait.
- Merci, souffla alors Sam. Je… nous vous devons une explication. Plusieurs, à vrai dire, mais je veux commencer par vous dire que nous sommes tous les deux sincèrement désolés de vous avoir menti. Nous ne l'avons pas fait parce que nous souhaitons vous cacher des choses, mais parce que nous pensions sincèrement qu'il était préférable que vous ne sachiez pas tout. Pour votre bien et celui du cabinet. C'était une erreur. Nous le savons maintenant.
Castiel jeta un nouveau coup d'œil à ses collègues. Certains hochaient la tête alors que d'autres restaient parfaitement immobiles. Aucun ne semblait réellement en colère. Ce qui était définitivement un bon point pour Sam et Dean.
- Nous répondrons à toutes vos questions si vous en avez. Je peux vous promettre que nous ne vous cacherons rien cette fois. Par contre, j'aimerais avant vous expliquer ce qui est arrivé ces derniers temps afin de vous aider à comprendre.
Sam n'obtint qu'un nouveau long silence après sa petite tirade. Derrière lui, Dean avait les yeux rivés sur le sol. Castiel aurait aimé qu'il le regarde. Il aurait voulu pouvoir lui adresser un petit sourire pour lui rappeler qu'il était de son côté quoiqu'il puisse se passer ensuite. Cependant, son patron ne semblait pas avoir la force de lever les yeux. Cela lui donnait l'image de quelqu'un qui se sentait coupable. C'était probablement contre-productif, mais il ne voyait pas comment faire pour l'aider avec tous ses collègues autour d'eux. Il était totalement impuissant et cela le frustrait au plus haut point.
- Vous l'avez sans doute déjà compris après ce que Crowley a dit, mais je pense qu'il est bon que je reprenne l'histoire depuis le début. Ce sera plus simple pour tout le monde ainsi.
Castiel était presque sûr à cet instant précis que Sam serait le seul à prendre la parole. Dean fuyait le regard de ses employés. Il était uniquement là parce que c'était nécessaire. Il ne semblait pas avoir l'intention de dire quoi que ce soit. Il soutenait son frère, mais il aurait visiblement préféré être ailleurs.
- Il y a quelques semaines, nous avons été contactés par le procureur. Ils soupçonnaient Dean de s'être rendu coupable de dissimulation de preuves et de complicité de délit d'initiés. Il avait un document en sa possession prouvant ce qu'il avançait, mais Dean était innocent. Nous avons réussi à le prouver en faisant constater par un expert que la signature sur le document en question n'était pas celle de Dean. Cela le mettait hors de danger, mais soulevait de nouvelles questions. Qui avait pu falsifier ce document? Qui pouvait vouloir le faire tomber? Nous avons décidé de mener une enquête en toute discrétion parce que nous savions à l'époque que le traître se trouvait parmi nous et que nous devions nous montrer prudents.
Sam avait visiblement décidé de tout dire. Il n'omettait aucun détail si ce n'était la participation de Castiel à leur enquête. Ce qui était préférable s'ils ne voulaient pas le mettre en porte à faux.
- Nous avons fini par réaliser que cette personne avait également été impliquée dans la disparition d'un témoin clef dans un des dossiers dont Dean s'occupait. Elle avait également cherché à se servir de son divorce contre lui, de son ex-mari pour le déstabiliser un peu plus encore. Nous avons fini par découvrir que cette personne était Crowley. Bien sûr, nous avons attendu d'avoir toutes les preuves nécessaires avant de le renvoyer. Nous l'avons confronté et il n'a rien nié. Il a tenté de se justifier, mais rien de ce qu'il disait ne changeait le fait qu'il nous avait trahis et qu'il avait mis le cabinet en danger. Nous avons pris la décision qui s'imposait.
Castiel put lire la surprise sur le visage de ses collègues. Il savait que la nouvelle devait être étonnante pour eux. Tous avaient cru jusque-là que Crowley était prêt à tout sacrifier pour le cabinet. Personne ne l'aimait vraiment, mais tous respectaient sa dévotion apparente pour Dean et Sam. Apprendre qu'il avait opéré en secret contre eux était forcément une surprise, mais il n'y eut aucune contestation. Aucune colère. Tous semblaient accepter l'idée.
- Cette trahison a été un coup dur pour nous. Nous avons choisi de ne rien vous dire parce que nous refusions de donner une mauvaise image de Crowley. Avant de choisir cette voix, il avait œuvré pour nous aider à faire grandir le cabinet. Nous refusions d'oublier ce qu'il avait fait pour nous et nous voulions lui donner une chance de construire sa carrière ailleurs. Cependant, il ne nous a pas laissé le choix en venant tout dire devant vous tous. Maintenant vous savez. Vous êtes bien sûr libre de vous faire votre propre opinion. Sachez, par contre, que nous n'avons pas pris de décisions hâtives ou sans chercher à nous assurer au préalable que nos informations étaient bonnes.
Une nouvelle fois, Castiel vit certains de ses collègues hocher la tête, visiblement convaincus alors que d'autres se contentaient de regarder Sam sans bouger.
- Son départ doit marquer un nouveau départ pour le cabinet et pour nous tous. Les choses vont changer dorénavant. Nous avons trop longtemps négligé certains d'entre vous. Nous avons cru ce que Crowley nous disait et avons préféré le laisser gérer tout ce que nous n'avions pas envie de gérer. Il a fait du tort à certains et empêcher d'autres d'évoluer au sein du cabinet comme ils le méritaient.
Sam jeta un coup d'œil à Gabriel et Castiel ne put s'empêcher de sourire en voyant son ami se redresser sensiblement, visiblement satisfait de l'entendre.
- Il nous faudra probablement un temps d'adaptation. Il y a des choses dont Crowley se chargeait et qui devront devenir la responsabilité de quelqu'un d'autre. L'organigramme du cabinet sera modifié et je pense qu'il serait profitable à tout le monde que nous nous entretenions avec chacun d'entre vous individuellement pour faire le point. Cela prendra du temps, mais j'espère que vous aurez la patience de nous l'accorder.
Castiel trouvait qu'il s'agissait effectivement là d'une bonne idée. Cela permettrait à chacun de ses collègues de parler directement avec Dean et Sam. Ils pourraient leur dire ce qu'ils avaient sur le cœur sans avoir peur du jugement des autres. Cela aiderait le cabinet à grandir. Il pouvait sentir que cette annonce satisfaisait ses collègues.
- Nous écouterons chacun de vous et répondrons à toutes vos questions. Vous ne devez surtout pas avoir peur de nous dire ce que vous avez sur le cœur. Ce qui vous gêne ou vous pose problème. Il ne doit y avoir aucun tabou entre nous. Nous formons une famille et ceux qui ont la même vision de cet endroit que nous… ceux qui veulent faire partie de cette aventure seront les bienvenus. Nous ne vous demandons qu'une seule chose en retour : que vous soyez toujours loyaux envers nous. Si vous ne vous sentez pas à l'aise ou si notre façon de faire ne vous convient pas, vous êtes parfaitement libres de partir. Nous ne chercherons pas à vous retenir et nous ne vous mettrons certainement pas de bâtons dans les roues. Vous pourrez faire votre carrière ailleurs sans problème. C'est à vous de voir.
Castiel espérait sincèrement qu'aucun de ses collègues ne choisirait cette option. Ils avaient tous des rôles à jouer et plus encore maintenant que Crowley n'était plus là. Ils avaient tous une chance de bâtir leur carrière ici maintenant qu'ils n'avaient plus un obstacle en travers de leur chemin, mais ils devaient en avoir envie. C'était le plus important.
Le silence s'installa autour d'eux. Sam regarda chacun de ses employés tour à tour. Aucun ne prit la parole. Aucun ne demanda à partir. Tous semblaient prêts à relever le challenge et à aider Sam et Dean. Comme Castiel l'avait espéré. Il sourit à nouveau.
Sam semblait prêt à mettre un terme à son intervention et à libérer tout le monde, mais Dean s'approcha de lui et posa sa main sur son épaule avant qu'il ait le temps de le signaler. Castiel fronça les sourcils, surpris. Il avait été convaincu que Dean ne prendrait pas la parole. Il avait visiblement eu tort.
- J'aimerais ajouter quelque chose. Ce ne sera pas long et… je crois que c'est important que je le fasse maintenant.
Sam lui jeta un coup d'œil avant de hocher la tête. Il semblait avoir compris en un seul coup d'œil ce que son frère avait en tête. Ce qui n'était pas surprenant pour quiconque les connaissait. Castiel posa ses yeux sur Dean, impatient et curieux. Son patron se racla la gorge avant de reprendre la parole.
- Je voulais m'excuser moi aussi auprès de vous dire et vous assurer que les propos de Sam sont également les miens.
Il retira sa main de l'épaule de son frère avant de soupirer longuement.
- J'ai également besoin de clarifier un point avec vous. Il y a quelqu'un ici à qui j'ai fait énormément de mal sans le vouloir. Quelqu'un qui m'a apporté son aide durant toutes ses épreuves et que je n'ai pas su… remercier comme j'aurais dû. J'ai longtemps pensé qu'en agissant ainsi je le protégeais, mais je me suis trompé. Je crois qu'il est temps pour moi de rectifier le tir et de lui présenter des excuses.
Castiel fronça les sourcils. Dean le regardait lui à présent. Il était évident que ses mots le concernaient directement. Il ne savait pas comment réagir. Il ne savait pas quoi faire. Il avait à la fois envie d'écouter Dean et de prendre la fuite. Il resta toutefois immobile, son corps et son cerveau refusant visiblement de prendre la moindre décision.
- Castiel, je suis désolé, lança alors Dean en le regardant. Ce que j'ai à te dire… je pense que tu en as une vague idée et tu aurais parfaitement le droit de me dire de me taire. Je suis prêt à prendre la parole devant tout le monde pour rétablir la vérité… sauf si tu préfères que je me taise.
Castiel regarda rapidement autour de lui. Tous ses collègues l'observaient, visiblement curieux. Il savait effectivement ce que Dean voulait dire et c'était un pas énorme qu'il s'apprêtait à franchir. Il n'était pas sûr que ce soit le bon moment. Il n'était pas sûr, non plus, qu'en lui demandant de se taire, il ne le pousserait pas à renoncer entièrement à l'idée. Il ne voulait surtout pas manquer cette chance; elle ne se représenterait peut-être plus. Il n'avait, de surcroît, pas honte de ce qu'il avait partagé avec Dean. Il n'avait pas honte de ce qu'il ressentait pour lui. Il se fichait complètement de ce que les autres pouvaient en penser. Il finit donc par hocher la tête pour donner son accord à son patron.
- Je suis tombé amoureux de toi, déclara Dean.
Castiel entendit quelques exclamations de surprise autour de lui, mais il ne parvenait pas à détacher ses yeux de Dean pour voir de qui ils provenaient. Il avait pensé que ce dernier évoquerait leur histoire rapidement, mais il n'avait pas imaginé une seconde qu'il lui avouerait ses sentiments ainsi ouvertement. Il sentit son cœur s'accélérer dans sa poitrine.
- Je pense que je suis amoureux de toi depuis un moment maintenant. J'ai cherché à le nier parce que j'avais peur. Parce que c'était probablement trop tôt aussi, mais je n'aurais jamais dû te repousser comme je l'ai fait. Je n'aurais pas du cacher ce qu'il y avait entre nous aux autres. Pas quand je n'ai aucune raison d'avoir honte d'aimer un homme comme toi.
Castiel hocha la tête un peu bêtement, incapable de faire quoi que ce soit d'autre. Il avait rêvé de ce moment. Bien sûr, il n'avait jamais imaginé que cela se passerait ainsi devant tous ses collègues, mais c'était encore mieux ainsi. Dean avait choisi d'en parler devant tout le monde pour lui prouver qu'il ne reculerait pas. Pour le rassurer sur son sérieux et cela fonctionnait; Castiel n'avait plus aucun doute.
- Je ne vous demande pas votre approbation. Je ne vous demande pas votre opinion, mais, parce que nous avons décidé d'être entièrement honnête avec vous tous à compter d'aujourd'hui, je me sens obligé de vous le dire. J'aime Castiel et j'ai l'intention d'entamer une relation avec lui. Je ne vais pas le cacher. Cela ne changera rien à son statut au sein du cabinet. Cela ne lui conférera aucun avantage sur vous. Je saurais rester impartial quant à son travail et au vôtre. Je sais aussi que Crowley a toujours vu d'un mauvais œil l'idée d'une relation entre deux collègues de travail, mais il n'est plus là et ces règles stupides ne s'appliqueront plus maintenant. Alors… Castiel… si tu en as toujours envie et si tu te sens capable de me pardonner mes erreurs, pourrais-tu envisager de… de me redonner une chance?
Castiel connaissait déjà la réponse à cette question. Il la connaissait depuis le début, mais, pendant une seconde, il fut incapable de la donner à Dean. Il pouvait sentir tous les regards sur lui. Il avait peur de bouger et il ne savait même pas pourquoi il était aussi terrifié. Il n'avait rien à perdre, il était sûr de lui et sûr de Dean. Il n'avait certainement pas l'intention de refuser. Pas quand son patron venait de lui donner ce qu'il attendait de lui depuis si longtemps.
- Je… bien sûr que je te pardonne et… oui, la réponse est oui.
Il vit alors Dean sourire largement et il comprit. Ce n'était pas de parler de Crowley aux employés qui avait tant stressé son patron quand Sam parlait. C'était ce qu'il prévoyait de dire ensuite. C'était uniquement pour cela qu'il avait fui le regard de tout le monde et celui de Castiel en particulier. Le jeune avocat n'en revenait pas. Pendant une très longue minute, le temps semble se suspendre et Castiel oublia tout le monde autour de lui. Il ne voyait plus que Dean. Il se fichait totalement du reste du monde, de ses collègues, de Sam et de tout ce qui n'avait pas attrait à l'homme qu'il aimait. Il aurait voulu pouvoir les faire disparaître. Tous sans exception. Il aurait aimé pouvoir être ailleurs. Seul avec Dean. Chez lui sans doute. Il voulait le serrer dans ses bras. L'embrasser pendant des heures et lui faire l'amour jusqu'à être sûr pour de bon qu'il n'était pas en train de rêver. Que tout ceci était vrai.
Malheureusement, il ne pouvait pas faire quoi que ce soit de ce genre. Il resta donc immobile, la bouche entrouverte et les bras ballants. Il devait probablement avoir l'air d'un idiot, mais il s'en fichait. Après la nouvelle qu'il venait de recevoir, il estimait en avoir parfaitement le droit.
- Qu'est-ce que tu attends pour l'embrasser? souffla Gabriel à côté de lui.
Castiel n'était pas vraiment sûr que ce geste serait apprécié par Dean. Il avait fait un grand pas en officialisant ainsi leur relation, mais il n'était pas du genre à se donner en spectacle. Être embrassé devant tous ses employés risquait de le gêner et Castiel refusait de gâcher ce moment.
- Je… je ne sais si je peux, répliqua-t-il.
Il aurait probablement mieux fait de se taire, car il aurait dû savoir que Gabriel insisterait. Qu'il n'accepterait pas sa réponse.
- Bien sûr que tu peux… on veut tous un baiser! On a bien mérité un moment de joie après la scène que Crowley nous a faite! jeta-t-il suffisamment fort pour que tout le monde puisse l'entendre.
Castiel entendit alors quelqu'un siffler et plusieurs de ses collègues l'encourager. Il jeta un coup d'œil à Dean et fut surpris de le voir sourire. Il hésita encore jusqu'à voir son patron lui faire signe d'approcher de la main.
- Un baiser, un baiser, un baiser, répétait Gabriel sans cesse, accompagné rapidement par plusieurs autres employés.
Castiel sentit ses joues rougir. Il fit toutefois ce qu'on lui demandait. Il en avait terriblement envie. Il combla la distance qui le séparait de Dean, mais se contenta de le prendre dans ses bras pour le moment. S'il devait y avoir un baiser, il voulait laisser à son patron l'initiative. Histoire de ne pas commettre d'erreurs. Il enfouit son visage dans le cou de Dean et inhala aussitôt son parfum unique. Il lui avait manqué. Ces derniers jours avaient été une véritable torture pour lui et il avait encore du mal à croire que tout était terminé. Qu'il avait enfin la chance qu'il avait tant espéré avoir de vivre quelque chose de sérieux avec l'homme qu'il aimait.
Dean le serra contre lui durant quelques secondes avant de l'attraper par les joues pour le regarder dans les yeux.
- Je t'aime, souffla-t-il à son intention.
- Je t'aime aussi.
Dean sourit de plus belle avant de se pencher dans sa direction pour venir coller ses lèvres contre les siennes. Le baiser était chaste. Leurs bouches restèrent closes, mais c'était un geste important. Quand Castiel entendit les applaudissements autour d'eux, il sentit son cœur s'emballer dans sa poitrine. Il avait eu tort d'avoir aussi peur de la réaction de ses collègues. Tous semblaient heureux de les voir ensemble. Il y aurait peut-être quelques questions et quelques doutes, mais personne ne les condamnerait.
Leur baiser ne dura pas aussi longtemps que Castiel l'aurait voulu, mais il ne résista pas quand Dean recula finalement. Il était temps pour eux de parler calmement, mais ils ne pouvaient pas le faire devant tout le monde.
- Merci pour votre attention et vos… encouragements. Vous êtes libres de rentrer chez vous maintenant. Je pense que vous l'avez tous grandement mérité! lança Dean en prenant la main de Castiel dans la sienne.
Il n'attendit pas de savoir si ses employés suivaient son conseil et entraîna Castiel en direction de son bureau. Le jeune avocat le suivit, conscient de tous les regards posés sur eux. Il n'avait pas honte de ce qui venait de se passer, mais il était tout de même gêné. Il n'avait jamais aimé les démonstrations publiques d'affection.
Il laissa Dean le guider jusqu'au bureau et le regarda refermer la porte derrière eux.
- Avant toute chose, je tenais à m'excuser une nouvelle fois pour ce que je t'ai dit la dernière fois et ce que je t'ai fait subir ces derniers jours et… je voulais le faire sans témoins cette fois. Je suis désolé, Cas. J'aurais dû réagir autrement. J'aurais dû ouvrir les yeux plus tôt. J'ai failli te perdre et je t'ai fait du mal. Je m'en veux et… j'espère que tu pourras réellement me pardonner avec le temps.
- Tu es déjà pardonné, admit alors Castiel sans la moindre hésitation.
Il n'était plus en colère contre Dean. Plus depuis sa conversation avec Benny. Il avait compris pourquoi son patron avait réagi ainsi et il avait accepté de lui laisser un peu plus de temps. Par contre, ce qui avait réellement effacé tout le reste était de l'avoir entendu déclarer ainsi ses sentiments devant tous ses employés. Cela changeait tout.
- Tu l'as été au moment où tu as pris la parole aujourd'hui. Je… je n'en demandais pas tant, mais je suis content que tu l'aies fait et je suis fier… je suis fier que tous les autres sachent que tu m'aimes.
- Cas, j'étais terrifié. J'avais peur que tu me dises non. Je me fichais d'être humilié devant mes employés. Je pensais même le mériter, mais j'avais peur d'avoir trop attendu. Peur que tu aies renoncé.
Castiel choisit de ne pas lui dire que c'était exactement ce qu'il avait fait quelques jours plus tôt. Il le lui dirait peut-être plus tard. Ce n'était pas le bon moment. Il voulait juste profiter du bonheur qu'il ressentait et ne pas se soucier du reste. Même s'il restait clairement plusieurs points à éclaircir rapidement.
- J'ai tout de même une question à laquelle j'aimerais que tu répondes. Je… je ne doute pas une seconde que tu étais sincère tout à l'heure, mais je… je pourrais comprendre que le fait qu'on soit ensemble puisse causer des problèmes. Si… si le prix à payer pour être avec toi est de quitter le cabinet, je le ferais. Je trouverais un autre endroit où travailler. Je ne veux surtout pas que le fait que je sois ton employé puisse nuire à notre relation ou au cabinet.
Dean l'embrassa alors avec passion et, pendant une seconde, Castiel crut qu'il acceptait sa suggestion. Il était prêt à partir, bien sûr. Il refusait de perdre l'homme qu'il aimait pour son travail, mais il aurait aimé que son patron lui dise de rester.
Il vint toutefois presser sa langue contre celle de Dean sans hésiter et apprécia le baiser à sa juste valeur.
Dean finit par reculer après quelques secondes.
- Je sais combien me faire une telle proposition te coûte et, si je pouvais t'aimer plus encore que je ne t'aime déjà, ce serait très certainement le cas. Je ne veux pas que tu partes. Je ne veux pas que tu ailles ailleurs. Ce n'est pas nécessaire. Tu as ta place ici et tous ceux qui auront un problème avec nous seront libres de partir. Je suis toutefois convaincu que personne ne le fera.
Castiel sourit, soulagé. C'était une nouvelle fois exactement ce qu'il avait espéré entendre. Dean semblait enfin sur la même longueur d'onde que lui et c'était merveilleux.
- J'en ai parlé longuement avec Sam tout à l'heure. On serait venu vous voir plus tôt si nous n'avions pas eu ce détail-là à régler. Nous savions quoi dire au sujet de Crowley après seulement quelques minutes, mais je voulais son avis sur tout le reste. J'avais besoin qu'il me soutienne et qu'il me dise que c'était d'accord.
Castiel pouvait le comprendre. Dean avait pris un risque et il n'était pas le seul à jouer gros dans cette histoire. Ce cabinet était autant celui de Sam que le sien. Il était normal qu'il ait voulu prendre son avis avant de faire quoi que ce soit.
- Tu en as parlé avec Sam? répéta-t-il alors.
Dean hocha la tête en passant ses bras autour de son cou. Castiel passa aussitôt les siens autour de sa taille pour se serrer un peu plus encore contre lui. Il n'en revenait pas de pouvoir le faire aussi librement même sur leur lieu de travail. Il ne mélangerait pas travail et vie privée pour autant. Au cabinet, il restait l'employé de Dean, mais c'était agréable de se dire qu'il n'était plus uniquement ça.
- Je crois que ses premiers mots ont été : « Il était temps, espèce d'idiot. » Il était presque aussi enthousiaste que moi à l'idée que je te dise enfin ce que je ressens. Il m'a donné quelques conseils sur la façon d'amener les choses et… il n'avait pas le moindre doute. Pas la moindre objection. Il est de notre côté et il t'apprécie beaucoup.
Castiel aimait également beaucoup Sam. Il était impatient de pouvoir enfin mieux le connaître. Il n'était plus uniquement son patron à présent. Il était également le frère de l'homme avec qui il était en couple. Ils allaient devoir passer du temps ensemble, parler et apprendre à se connaître, mais il savait déjà qu'il l'appréciait et que l'inverse était vrai. C'était un immense soulagement et un bon début.
- C'est tout alors… rien ne va changer? demanda Castiel.
- Rien ne va changer, non. Tu vas juste avoir besoin de signer un papier officialisant notre relation. C'est une formalité. Rien de plus. Juste un document qui te protégera et me protégera si toutefois on venait à se séparer. Ce que je ne souhaite pas et n'envisage certainement pas, mais… c'est la règle ici maintenant.
- Un document? Tu veux dire… comme un contrat de mariage?
- En quelque sorte, oui, même si on n'en est définitivement pas là. C'est juste un document qui rend notre histoire officielle. Si on se sépare, ce que, une nouvelle fois, je ne souhaite pas, je ne pourrais pas te renvoyer pour me venger et… tu ne pourras pas m'accuser de harcèlement sexuel pour tenter de te venger toi. C'est gagnant-gagnant.
Castiel n'en doutait pas une seconde. Il avait confiance en Dean et il devait reconnaître qu'il aimait l'idée de rendre leur relation plus officielle encore. Il voyait ce document comme une sécurité pour eux deux. Cela évitait tout problème ou toute crainte quant à leur avenir. Ils pourraient être plus sereins.
- Je signerais ton document, assura-t-il alors.
Il n'avait pas vraiment besoin de réfléchir pour prendre cette décision. Il était prêt à tout accepter pour faciliter les choses. Il avait bien trop envie d'être avec Dean pour se soucier de quoi que ce soit d'autre.
- Merci, Cas… merci d'avoir été aussi patient et merci de… merci de ne pas m'en vouloir pour tout. Je sais que j'ai de la chance.
- Ça valait la peine d'attendre. Je ne le regrette pas.
C'était ce que Benny lui avait posé comme question lors de leur conversation. Il lui avait clairement demandé s'il pensait que Dean valait la peine qu'il se montre patient encore quelque temps et la réponse s'était imposée à lui aussitôt. Il en valait la peine, bien sûr. Castiel avait eu raison. Benny également. Sa patience venait d'être clairement récompensée.
- Je me demande juste depuis quand… quand as-tu pris conscience que tu… que tu m'aimais? demanda Castiel après quelques secondes.
Il devait reconnaître qu'il était curieux d'en savoir un peu plus sur ce point. Dean avait semblé sûr de lui quand ils s'étaient séparés. Il avait totalement changé d'avis en finalement peu de temps. Il voulait juste savoir ce qui avait déclenché ce revirement de situation.
- Je pense que je savais que je t'aimais déjà au moment où je t'ai dit le contraire, mais j'étais bien trop terrifié pour l'admettre. Quand j'en ai parlé avec Sam… tu aurais dû l'entendre. Il m'a crié dessus. Il m'a dit que j'étais un imbécile… ce que je suis, mais se l'entendre dire par son petit frère n'est pas forcément agréable. Il… il m'a dit que j'étais en train de laisser échapper ma chance d'être heureux à nouveau. Quand je suis reparti de chez lui, une petite partie de moi savait qu'il avait raison, mais je n'étais pas encore prêt à l'accepter.
Castiel hocha la tête. Il aimait l'idée que Sam l'ait autant défendu. Il allait devoir le remercier. Il avait joué un énorme rôle dans le fait que Dean lui ait enfin avoué ses sentiments.
- Ensuite, Charlie et Kevin ont passé la seconde et troisième couche. Sam n'a pas pu s'empêcher de tout leur raconter. Il devait penser qu'ils réussiraient à me convaincre et, d'une certaine manière, ils ont réussi oui. Par contre, même après les avoir entendus me dire et me redire que je devais te donner une chance… que notre relation fonctionnerait… je n'étais pas encore… j'avais peur. Je savais quelle décision je devais prendre, mais je ne parvenais pas à franchir le pas. Finalement… c'est Benny qui a su trouver les mots pour me convaincre.
Castiel ricana alors, amusé. De toute évidence, Benny avait beaucoup œuvré pour que les choses s'arrangent. Cela expliquait pourquoi il avait semblé aussi sûr de lui en assurant à Castiel que Dean finirait par changer d'avis. Il avait tout prévu.
- Quoi? le questionna Dean, visiblement surpris de le voir rire.
- C'est juste… Benny est venu me voir, moi aussi. Il voulait me remercier pour son procès. Du moins, c'était son excuse pour me prendre à part et me parler de nous. Il m'a dit que je devais m'accrocher. Que tu finirais par changer d'avis et par revenir vers moi. Je comprends mieux pourquoi il était aussi sûr de lui.
Dean rit à son tour une seconde avant de reprendre la parole.
- Il me connaît par cœur et il sait ce que j'ai besoin d'entendre dans ce genre de situations. Il m'a donné à réfléchir et il a rendu les choses plus simples. Lui a failli perdre la femme qu'il aimait à cause de la prison. Il a failli mourir pour un crime qu'il n'avait pas commis et il n'a pourtant jamais perdu espoir. Il ne s'est jamais laissé dominer par la peur. Si lui en avait été capable dans sa situation alors je l'étais aussi.
Castiel hocha la tête. Benny était définitivement doué pour trouver les bons mots et pour se servir de ce qu'il avait vécu pour donner des leçons de vie précieuses aux gens qu'il appréciait. Castiel se promit de le remercier à nouveau. Il ferait en sorte que Benny sache combien il lui était reconnaissant pour ce qu'il avait fait pour lui.
- Après Crowley… aujourd'hui, quand tu es venu me voir pour me parler alors même que je t'avais dit des horreurs, je… j'ai compris. C'était comme si tout devenait extrêmement clair et simple pour moi. J'ai oublié ma peur et mes doutes. J'ai pris la décision de te parler au moment où tu as quitté mon bureau. Je l'aurais fait sur-le-champ si je n'avais pas eu besoin de l'aval de Sam pour le faire publiquement.
Castiel sourit alors.
- J'aurais pu attendre encore longtemps. Comme je te l'ai dit tout à l'heure, tu en valais la peine.
Dean l'embrassa alors sur la bouche rapidement avant de venir coller son front contre le sien.
- On a perdu tellement de temps à cause de mes bêtises. Il y a tellement de choses que je veux faire avec toi maintenant. Tu dois absolument voir mon nouvel appartement et… tu dois rencontrer Jess et Bobby. J'ai également très envie de revoir Meg. Je voudrais qu'elle m'apprécie. Je fais partie de ta vie maintenant et j'ai besoin qu'elle l'accepte.
Castiel savait que ce ne serait pas facile. Meg aurait probablement du mal à oublier le mal que Dean lui avait fait, mais elle finirait par se faire à l'idée. Elle ne voulait que le bonheur de Castiel et il ne pourrait jamais être heureux sans Dean. Il ne savait pas s'ils parviendraient à être amis un jour, mais elle ne chercherait pas à les séparer.
- Tu crois que Bobby va m'aimer? demanda-t-il alors.
Il devait reconnaître qu'il était sensiblement nerveux à l'idée de rencontrer celui qui était le père adoptif de Dean. Il avait besoin que ce dernier l'accepte et l'apprécie. Il n'avait jamais rencontré les proches d'un autre homme jusque-là. Il n'en avait jamais ressenti le besoin, mais, s'il voulait faire partie de la vie de Dean et construire quelque chose de solide avec lui, il allait avoir besoin d'être accepté de tous ceux qui comptaient pour lui. C'était déjà le cas pour Sam, Kevin et Charlie, mais Bobby était tout aussi important.
- Il va t'adorer. Bien sûr, il te menacerait probablement avec son fusil de chasse, mais tu ne dois pas le laisser t'impressionner. Il joue les durs, mais c'est quelqu'un de bien.
Castiel acquiesça alors. Peu importait qu'il soit nerveux, il était de taille à relever ce challenge. Il saurait faire en sorte que Bobby l'accepte.
- Est-ce que les choses vont vraiment changer à compter d'aujourd'hui? demanda-t-il ensuite.
Dean haussa les épaules.
- Ici, tu resteras mon employé et moi ton patron. On ne se cachera pas, mais on ne se donnera pas non plus en spectacle. Je ne veux pas mélanger travail et vie privée, mais si qui que ce soit me le demande, je ne mentirais pas. Tu es et seras, aux yeux de tous, l'homme qui partage ma vie… mon partenaire… mon petit-ami même si je suis sans doute trop vieux pour employer ce genre de terme. Je veux tout partager avec toi.
Castiel sentit son cœur s'emballer à nouveau. Il avait tellement attendu pour entendre ces mots dans la bouche de Dean qu'il avait encore la sensation qu'il devait être en train de rêver. Il embrassa donc Dean pour se convaincre que ce n'était pas le cas. Ils ne se séparèrent que lorsqu'ils furent à bout de souffle.
- Tu n'as pas idée à quel point je suis heureux à cet instant précis, souffla Castiel.
- J'en ai une vague idée parce que je le suis au moins tout autant que toi. J'avais l'espoir que tu ne me rejettes pas, mais je ne pouvais pas être sûr que je n'avais pas attendu trop longtemps et… je t'aime tellement Cas. Je t'aime comme un fou.
Castiel ferma les yeux et laissa les mots s'imprimer dans son esprit.
- Je t'aime aussi, assura-t-il en retour.
Il avait besoin de le dire et de l'entendre. Il avait trop douté pour que l'entendre seulement quelques fois suffisent à l'apaiser complètement, mais il savait que Dean le lui répéterait jusqu'à ce qu'il en soit totalement sûr. Il continuerait à le dire lui aussi. Juste parce qu'il aimait prononcer ces trois mots qui représentaient tout à ses yeux.
- Est-ce que tu accepterais de passer la nuit chez moi? Je n'ai pas envie qu'on se sépare maintenant.
Castiel en avait terriblement envie. Il acquiesça la tête aussitôt. Il n'avait pas besoin de réfléchir à cette proposition. La réponse s'imposait à lui. Il allait juste avoir besoin d'envoyer un message à Meg pour la prévenir.
- Je dois juste rassembler mes affaires et je suis tout à toi.
Dean sourit alors en entendant cela. Castiel réalisa aussitôt le double sens que ses propos pouvaient avoir et sentit ses joues rougir à nouveau. Il embrassa Dean pour l'empêcher de dire quelque chose de stupide avant de tourner les talons et de quitter le bureau.
- Je t'attends ici, lança Dean dans son dos.
Castiel lui fit un petit signe de la main pour lui signifier qu'il l'avait entendu avant de s'éloigner. Il avait la sensation de flotter. Il était tellement heureux qu'il se sentait invincible. Il avait voulu croire que ce moment finirait par arriver, mais il avait été difficile d'espérer quand tous les signes lancés par Dean allaient dans l'autre sens. Il avait eu raison de s'accrocher. Raison de suivre les conseils de Benny et raison de croire en Dean. Tout se finissait bien. Il ne pouvait pas jurer que son bonheur durerait éternellement, mais il était optimiste. Il avait enfin ce qu'il avait attendu et ce dont il avait rêvé. Il ferait en sorte de le garder aussi longtemps que possible. Il ne laisserait personne l'en priver.
