Bonjour !
Bon, bon bon... Encore une semaine de retard, ça commence à devenir une habitude. Je suis désolée !
Sinon j'ai été ravie de voir à quel point vous avez été nombreux à passer par ici ces derniers temps, merci beaucoup ! Et je remercie encore plus ceux qui prennent le temps de me laisser un petit commentaire, ça me fait chaud au cœur. :')
Dans le précédent chapitre vous en appreniez davantage sur la malédiction, aujourd'hui nous passons du côté de Charlie. A votre avis comment va-t-il réagir à la suite de ses découvertes dans la Pensine ?
Dite-moi tout ! ;)
En attendant de se retrouver en bas pour le debrief, je vous souhaite bonne lecture !
Blond'sparkle
Réponses aux reviews :
Niakovic : Merci beaucoup ! :') Oui Rùmil a un passé compliqué, comme tu dis elle n'a pas eu de chance mais elle a quand même eu une vie heureuse si ça peut te rassurer. :) Je pense que très peu se doutait que la malédiction venait d'elle, surprise ! ^^ Calion non plus n'a pas été épargné par la tristesse, c'est un personnage que j'aime beaucoup et ne t'en fais pas il sera développé dans les prochains chapitres. :)
Merci encore pour ta review et tous tes compliments ! :) A bientôt !
Hammamlys : Oh il n'y a pas de mal, c'est déjà très gentil de me laisser un commentaire ! :) Merci beaucoup pour tes compliments, ça me fait super plaisir ! :D J'espère que la suite te plaira tout autant !
A bientôt ! ;)
plume228 : Merci beaucoup pour ta review ! :) Ravie que ce chapitre t'ait plu ! Il fallait bien un jour lever le mystère sur cette malédiction, tout n'est pas encore réglé mais au moins vous en connaissez l'origine maintenant, nous verrons bien comment tout cela va se régler dans les prochains chapitres ! ;)
Ah désolée que Charlie ne soit pas là mais parfois il le faut, tu le retrouvera dans ce chapitre-ci, ne t'en fais pas ! :') Pour ce qui est de Calion, c'est un personnage lunaire qui change vite de comportement donc c'est vrai qu'il est énervant parfois. Il aime bien Charlotte, à sa manière, mais il a un passif qui explique beaucoup de choses.
Merci encore pour ton commentaire, en espérant que la suite te plaise ! A bientôt ! :)
Chapitre 15 :
Through the storm
Les nuages noirs s'amoncelaient dans le ciel. Au loin un éclair jaillit, crevant la lourde atmosphère et descendant jusqu'à la terre ferme, peu de temps après un grondement lointain retentit. Jamais été n'avait été aussi chaud que cette année-là, les soirées étaient souvent rythmées par les orages, inondant de leurs averses salvatrices la nature sèche, souffrant de la canicule depuis le début de la saison.
- Adam m'a prévenue à la seconde où… E-elle n'était pas dans le TRAM, Charlie… Elle n'est pas rentrée à New-York…
Le dénommé Charlie se détourna de la fenêtre devant laquelle il demeurait depuis plusieurs minutes, avisa Hermione, debout derrière la chaise et serrant si fort le dossier que ses jointures avaient blanchi. Il soupira avant de se concentrer derechef sur le panorama qui s'offrait à lui, au-delà de la baie.
- Qu'est-ce que… Qu'est-ce que vous essayez de me dire au juste ?..., demanda-t-il enfin, agacé.
- Apparemment elle aurait… démissionné, continua la brune qui semblait avoir du mal à garder son calme. Je crains le pire…
- Il me semble qu'elle voulait rester en Angleterre, non ? Peut-être qu'elle est tout simplement restée chez elle, à Lon…, proposa-t-il avant d'être brutalement coupé par la jeune femme.
- Mais elle n'y est pas ! Elle n'y est pas ! s'impatienta-t-elle en faisant de grands gestes avec les bras. Tu ne comprends pas ?!
Le rouquin semblait vivre cette conversation derrière une vitre, c'était à peine s'il en saisissait le sens. Encore bouleversé par son voyage dans la Pensine, il n'arrivait pas à s'enlever de la tête les images effroyables auxquelles il avait fait face. Il haussa les épaules.
- Je ne vois pas…, commença-t-il mais il fut coupé une nouvelle fois.
- Elle est partie là-bas ! Elle est partie là-bas, par Morgane !
Hermione semblait en proie à une véritable crise d'hystérie, elle avait commencé à faire les cent pas dans le bureau du dragonnier, ses cheveux bruns dressés sur son crâne, pareil à une crinière.
- Hermione, l'interpella alors Fleur, qui prit seulement la parole depuis qu'il était arrivé. Rien ne sert de paniquer, ce n'est pas la première fois qu'elle prend une décision sans nous consulter, souviens-toi le mois dernier.
- Et le hibou ? N'est-ce pas une preuve suffisante ?!...
Fleur soupira avant de se laisser tomber sur un siège, ramenant ses longs cheveux blonds dans son dos.
- Le hibou ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? questionna Charlie en fronçant les sourcils.
- Quand Adam nous a contactées pour Charlotte il y a cinq jours, nous lui avons tout de suite envoyé une lettre par hibou, espérant une réponse de sa part… Coqcigrue est revenu avant-hier et...
- Les hiboux reviennent toujours, l'interrompit-il avec une pointe d'agacement, ne voyant pas où elle voulait en venir.
- Je sais ! répliqua la jeune femme avec véhémence. Seulement là, il est revenu avec notre parchemin !
- Tu veux dire…
- Oui… Il n'a pas trouvé le destinataire. Il n'a pas trouvé Charlotte.
Charlie tenta d'ignorer la boule d'angoisse qui nouait sa gorge, un frisson désagréable remonta le long de sa colonne vertébrale et il ne put s'empêcher de songer à la Française, de songer à Charlotte… Elle ne pouvait quand même pas…
- C'est impossible…, souffla-t-il d'une voix étranglée. Les hiboux trouvent toujours sauf si... Tu penses qu'elle est…
- Non ! s'écria Fleur. Non, bien sûr que non…
- Alors… où est-elle ?
- Nous pensons qu'elle est partie là-bas… qu'elle a rejoint la Triade…
- Par Merlin…, souffla Hermione avec effroi en s'asseyant à son tour sur une chaise.
Le dragonnier ne dit rien, trop décontenancé par ce qu'il était en train de vivre. L'espace d'un instant il laissa son esprit vagabonder loin de cette pièce encombrée, il se mit à écouter le vent se déchaîner au dehors, un dragon mugir quelque part dans la réserve et des éclats de voix portées par les rafales dans la tempête.
- Vous en êtes sûres ? questionna-t-il après un moment, comme se reconnectant à la réalité.
La brune avait le regard perdu dans le vague tandis que Fleur gardait la tête baissée, observant ses mains qu'elle triturait avec violence. Face à leur silence Charlie se détacha de l'appui-fenêtre sur lequel il s'était assis plus tôt et vint se placer à leur niveau, attendant une réponse qui ne vint pas.
- Fleur, je vous ai posé une question ! répéta-t-il avec force, perdant peu à peu patience. En êtes-vous sûres ?
Sa belle-sœur acquiesça mécaniquement avant de relever la tête, offrant une mine grave, les yeux brillants de larmes et les lèvres résolument pincées.
- Merde…, fut la seule chose que le jeune homme put dire alors.
Il se détourna des jeunes femmes pour venir se planter une nouvelle fois devant la fenêtre, passant une main nerveuse dans sa tignasse désordonnée.
- Qu'est-ce qui a été tenté pour la retrouver ?
- Rien pour l'instant, nous n'en avons parlé à personne, tu penses bien… hormis Adam et toi. Nous étions les seuls au courant pour sa malédiction…
Charlie demeura silencieux cependant il ne pouvait ignorer son cœur qui cognait violemment contre ses côtes, la peur s'emparant doucement mais sûrement de son être à mesure que les secondes s'écoulaient. Pourtant, le reste de son corps semblait engourdi. A dire vrai le dragonnier était partagé... Partagé entre l'envie de hurler à quel point il en voulait à Charlotte, à quel point elle l'avait blessé, à quel point elle l'avait déçu... et celle de partir à sa recherche sur le champ car, au fond de lui, il en était malade de la savoir livrée à elle-même quelque part... Et si ? Si elle... Charlie serra les poings avant de sentir quelque chose de douloureux se coincer dans la région de sa pomme d'Adam. Non... Fleur avait dit que...
- C'est ma faute… je-j'aurais dû continuer à l'aider… Quand je pense que… quand je pense que-qu'elle est partie là-bas, affronter ça tout seule, sans personne… Mais qu'est-ce qui lui a pris ?... marmonna Hermione d'une voix chevrotante.
- Tu n'es pas la seule à blâmer, répliqua Fleur, sa paupière agitée de tics nerveux. Nous aurions dû l'accompagner, comme c'était prévu alors. Nous ne pouvons pas dire qu'elle ne nous avait pas mises en garde, et dire q-que… Comment avons-nous pu être aussi stupides ?... Sa voix se brisa.
Le jeune homme ne prit pas part à cet échange. Il était perdu... Perdu et engoncé dans son propre imbroglio émotionnel, il essayait vainement de comprendre la lutte qui était en train de se jouer dans son esprit torturé, en vain... C'était à peine si son cerveau arrivait à formuler une idée cohérente. Jamais encore il n'avait été aussi peu sûr de la décision à prendre, la seule chose qu'il désirait à cet instant c'était d'être seul, c'était qu'Hermione et Fleur s'en aillent.
- Charlie, est-ce que tout va bien ? questionna d'ailleurs cette dernière d'une voix grave, faisant sortir le rouquin de sa torpeur.
- Je… je, ça va… Je suis juste un peu fatigué.
- Tu es sûr ? Tu es très pâle…, s'inquiéta-t-elle en s'approchant de lui.
- Est-ce que vous saviez ? demanda-t-il de but en blanc, acculé par les émotions qui se bousculaient au plus profond de son être.
- Est-ce que l'on sav… De quoi parles-tu ?
- Est-ce que vous saviez p-pour… moi ? répéta-t-il avec difficulté, comme si chaque mot lui arrachait la bouche.
- Je ne vois pas de q…
Mais Fleur fut coupée dans ses propos par sa belle-sœur qui lâcha une exclamation étranglée. Charlie se tourna aussitôt vers elle, le cœur battant à tout rompre.
- Tu es au courant…, déduisit Hermione d'une voix blanche.
- Au courant de quoi ? questionna Fleur. Hermione, qu'est-ce que…
Charlie laissa échapper un rictus amer, il se détourna des deux jeunes femmes et posa ses mains à plat sur son bureau.
- Bien sûr que vous le saviez, elle vous disait tout… - Il contempla un instant la sphère aux étoiles, coincée entre un rouleau de parchemin et une pile de livres, brillant étrangement, comme le narguant - Comment ai-je pu être aussi aveugle ? Aussi naïf ?..., murmura-t-il pour lui-même.
- Mais enfin de quoi parles-tu ? s'impatienta la blonde, les sourcils froncés.
- Je parle de ça ! rugit le rouquin en dévoilant finalement son abdomen où apparaissait la cicatrice d'une profonde entaille.
Immédiatement Fleur plaqua ses deux mains sur sa bouche, les yeux exorbités, tandis qu'Hermione poussait un petit cri de frayeur, manquant de tomber de sa chaise.
- Alors… Alors, elle te l'a dit…
- Pas exactement... Montrer serait le terme plus exact, répondit-il en sortant les flacons vides de sa poche.
- Nous pensions que jamais elle ne le ferait, que...
- Parce qu'elle n'avait pas le choix ! cracha-t-il en lui coupant la parole. Encore une fois il a fallu que je la pousse dans ses retranchements pour qu'elle me dise quelque chose ! Bon sang ! ajouta-t-il en donnant un coup de pied dans son balai qui se trouvait là.
- Charlie..., commença Fleur avant d'être interrompue.
- Mais elle n'est pas la seule à blâmer et vous n'êtes pas sans le savoir ! continua-t-il sur le même ton.
- Je ne vois pas de q...
- Et vous ? Oui, vous ! Ça ne vous ait pas venu à l'idée de m'en parler ?!... Vous rendez-vous compte ? Vous rendez-vous compte de ce que je suis en train de vivre ?! De ce que j'aie à subir ?! ne put-il s'empêcher de hurler, à bout de nerfs.
Les deux jeunes femmes affichaient un air profondément choqué et le rouquin lui-même fut surpris par la virulence de ses paroles, par la colère qui transpirait de ses mots. Ça y était, la fureur qui brûlait en lui depuis qu'il avait quitté Poudlard menaçait de sortir, dévastant tout sur son passage tel un feu destructeur. Son souffle, erratique, lui arrachait la gorge, il avait envie de hurler sa peine et sa rage. Finalement Charlie préféra s'éloigner d'elles, ne pouvant supporter une seconde de plus la brûlure de leur regard alors il reprit sa place près de la fenêtre et coinça ses mains tremblantes dans les poches de son jean.
- N-Nous l'avons suppliée de te le dire, mainte et mainte fois mais elle craignait tellement q-que…, commença Hermione.
- Que quoi ?
- Ce n'est pas la seule chose qu'elle t'a faite..., avoua Fleur d'une voix étrangement calme, ignorant par la même occasion sa question.
- Fleur…, la prévint l'autre d'une main tremblante.
- Autant le lui dire Hermione, au point où nous en sommes ! – La brune dissimula son visage derrière ses mains en poussant un long soupir - Elle a… Elle t'a jeté un « Oubliettes »… ajouta l'autre sans prendre de gant.
- Quoi ?! s'écria le dragonnier en faisant volte-face. Ça aussi vous le saviez ?! Vous étiez au courant et vous ne m'avez rien dit ?! Vous ne l'avez pas empêchée ?!
- On n'en savait rien, elle nous l'a dit que plus tard, après ton réveil ! s'écria précipitamment Hermione d'une voix aiguë.
- Elle ne voulait pas q-que tu te souviennes, elle ne voulait pas que tu la voies comme… comme un monstre, souffla la blonde, perdant peu à peu son assurance.
- C'est pour ça que je n'avais aucun souvenir de l'attaque, de…, comprit Charlie, dépité.
Il se détourna une nouvelle fois des deux jeunes femmes, passa une main tremblante dans sa chevelure rousse et essaya tant bien que mal de retenir la bile qui lui brûlait la gorge.
- Bon sang, mais qu'est-ce qui lui a pris ?... Elle était complètement folle de…
- Elle avait peur ! la défendit Hermione, retrouvant toute sa verve ! Qu'aurais-tu fait à sa place ? Qu'aurais-tu fait pour préserver la personne que tu aimes ?!
Charlie se tourna brusquement vers elle, celle-ci porta ses mains à sa bouche comme si elle venait de dire une grossièreté.
- Elle vous l'a dit ? Elle vous a dit que… Il ne termina pas sa phrase, sentant son cœur s'emballer de plus belle.
- N-non… mais ce n'est pas bien difficile à deviner…
Il lâcha un rictus dédaigneux, amer.
- Vous voyez ? Même à vous elle ne dit pas tout, encore des secrets, encore des mensonges… Ne sait-elle faire que ça ?
- Charlie… Tu ne peux pas dire ça…
- Et pourquoi ne le pourrais-je pas ?! Elle n'a fait que mentir, depuis le début !
- C'est faux ! hurla Hermione. C'est faux…, répéta-t-elle dans un souffle.
- Alors, qu'est-ce qui était vrai ?... QU'EST-CE QUI L'ETAIT ? hurla-t-il à son tour. HEIN ?!
La brune tremblait comme une feuille, les mains devant sa bouche et les yeux brillants de larmes.
- T-tu dis ça simplement parce que tu es en colère…, marmotta-t-elle, la gorge nouée par les sanglots.
- Peut-être…, répondit-il finalement en leur tournant le dos, la voix mesurée. Mais je ne supporte pas que l'on me mente, ajouta-t-il d'un ton sans appel.
- Charlie…, commença Fleur en tendant un bras vers lui.
- C'est bon, l'arrêta-t-il d'un geste de la main. J'en ai assez entendu pour aujourd'hui… Je suis fatigué… fatigué de toute cette histoire…
- Tu n'es quand même pas en train de laisser tomber ?...
- Je ne sais pas, je ne sais plus…
- Et Charlotte dans tout ça ? s'emporta Hermione d'une voix forte. Il faut qu'on l'aide ! On ne peut pas d… Mais elle fut coupée par le jeune homme.
- Je crois que si depuis le début elle fait tant d'efforts pour nous éloigner de tout ça c'est pour une bonne raison, il faut qu'on arrête de vouloir l'empêcher de faire ce qu'elle veut faire. Après tout, qui sommes-nous pour décider de sa vie ? Si vous voulez aller la chercher, je ne vous retiendrai pas mais moi, j'en ai assez de jouer les héros…En tout cas je ne suis pas le sien, je ne le suis plus…
- Charlie, tu ne sais pas…
- Ça suffit… J'aimerais que vous partiez maintenant.
- Laissons-le…, déclara la blonde en traînant sa belle-sœur vers la sortie.
- Mais… Fleur… On ne peut pas…
- Nous n'avons pas le droit de décider pour lui, Hermione, l'arrêta-t-elle d'un ton sans réplique.
La jeune femme soupira bruyamment et suivit l'autre avec mauvaise grâce. Et tandis qu'elles ouvraient la porte du bureau, la brune se retourna une dernière fois et lança avec force :
- Si ça avait été toi, elle ne t'aurait pas laissé tomber !
- N'est-ce pas ce qu'elle a déjà fait ? répondit Charlie du tac au tac.
Hermione écarquilla les yeux, comme blessée, mais ne répondit pas, à la place elle fit volte-face et sortit de la pièce en vitesse. Fleur la regarda s'éloigner avant de se tourner vers le rouquin, la mine défaite.
- Désolée de t'avoir dérangé, dit-elle d'une voix étonnamment neutre et quitta le bureau à son tour.
A peine la porte fut-elle claquée que Charlie laissa tomber son masque de colère, dévoilant un visage ravagé, brisé... Jamais encore il n'avait ressenti une telle douleur... Mais porté par l'angoisse, la rage et toutes ces émotions contradictoires qu'elle lui faisait ressentir le rouquin fit valser tout ce qui se trouvait sur son bureau. Parchemins et dossiers volèrent, tombèrent et se déchirèrent avec grand bruit tandis que les bouteilles d'encre et les flacons d'onguent se fracassaient avec force contre le mur le plus proche, répandant leurs contenus sur le sol. Un véritable capharnaüm de papiers, de bris de verre et de plumes cassées jonchaient désormais le parquet inégal de la pièce mais le jeune homme n'en avait cure. A bout de souffle, comme s'il venait de courir un marathon, il se laissa brutalement tomber sur les genoux et balança son poing contre le fauteuil le plus proche qui recula de quelques bons centimètres. Soudain son regard accrocha un éclat brillant sous des rouleaux de parchemins, il les dégagea et découvrit la sphère aux étoiles, cette sphère que lui avait offerte Charlotte plus d'un an en arrière. Le rouquin s'en saisit de sa main meurtrie, observa quelques instants les constellations qui remuaient paresseusement à l'intérieur et, sans ménagement, la lança contre la porte du bureau qui vibra sous le choc. La boule rebondit sur le sol sans se briser, roula jusqu'aux pieds du fauteuil dans un bruit mat et arrêta sa course non loin de la cheminée.
- Va-t'en…, murmura-t-il avec douleur. Va-t'en…
- Charlie !... Charlie !... CHARLIE !... Par Merlin, Charlie ! Veux-tu bien m'écouter une seconde ?!
Le rouquin lâcha la bêche qu'il tenait et celle-ci retomba sur un monticule d'herbes et de terre tandis qu'il se redressait, le dos endolori.
- Quoi ? s'impatienta-t-il, agacé, en se tournant vers Cole.
En nage, il retira son tee-shirt qu'il lança sans ménagement sur un carré d'herbes encore intact et attacha ses cheveux fous à l'arrière de son crâne.
- Le prochain transfert aura lieu en novembre, déclara l'autre en lui lançant une gourde d'eau qu'il attrapa au vol.
- Mmh...
- L'enclos quatre du parc ouest a été renforcé, comme tu l'avais demandé. La brigade de maintenance a ajouté un sortilège de Brûle-écaille, juste au cas où.
- Très bien.
- J'ai croisé Miranda, l'entretien avec la commission a été repoussé au mois prochain.
- Parfait.
Charlie rendit la gourde à son ami, ignora son regard réprobateur et s'empara une nouvelle fois de la bêche.
- Et Jamie aurait très bien pu s'en occuper, ronchonna celui-ci en désignant le pré. C'est son travail, pas le tien !
- Je veux le faire moi-même, répondit Charlie en s'attelant à la tâche.
- Qu'est-ce qui te rend à ce point furieux pour que tu veuilles t'occuper de cette vieille friche ? Ce n'est quand même pas à cause de la dernière fois ?! Je t'ai déjà présenté mes excu…
- Ça n'a rien à voir avec cette histoire ! répliqua le jeune homme d'un ton dur, lui coupant la parole par la même occasion. Maintenant, si tu veux bien me laisser continuer…
Cole ne dit mot, il demeura immobile un instant et le rouquin pria pour qu'il s'en aille, ce qu'il ne fit pas.
- Charlie, que se passe-t-il ? demanda-t-il finalement d'une voix grave. Écoute… Je suis ni sourd ni aveugle, j'ai bien entendu les bruits de couloirs ces deux derniers jours et je n'aime pas beaucoup ce qui en est ressorti.
- Alors ne les écoute pas, répondit l'autre, sans un regard pour lui.
- Tu sais ce qu'on raconte ? continua son ami sans prêter attention à sa remarque. On raconte que tu es en train de devenir cinglé ! Oui, cinglé ! répéta-t-il alors que Charlie soupirait. Bran et plusieurs autres ont entendu un véritable boucan dans ton bureau l'autre soir, qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Rien qui te concerne.
- Bien sûr que si ça me concerne ! Je m'inquiète, figure-toi ! s'époumona Cole en faisant de grands gestes avec les bras.
- Eh bien, rassure-toi. Tout va pour le mieux ! lança le rouquin avec sarcasme.
- Arrête un peu de faire l'autruche, d'accord ?! Avec qui étais-tu ce soir-là ? Bran a parlé de…
- J'ai dit que ça ne te concernait pas, Cole, s'impatienta Charlie. Maintenant laisse-moi, je ne le répéterai pas ! prévint-il.
- Bon sang, ce que tu peux être borné !... Et sans un mot de plus il contourna la barrière et s'éloigna de quelques pas avant de faire demi-tour.
- Tu sais quoi ? s'exclama-t-il en pointant un doigt sur lui. La dernière fois que tu étais dans cet état-là, je n'ai pas du tout aimé ce qu'il s'est passé ensuite. C'est exactement la même attitude, la même !
Le rouquin ne l'écoutait pas, il essayait de se concentrer sur le carré de terre qu'il retournait pour la troisième fois, en vain. Le sang battait à ses tempes et sa pression artérielle grimpa à une vitesse folle, c'était à peine s'il s'entendait respirer.
- Et maintenant rassure-moi ! continua l'autre d'une voix forte. Rassure-moi et dis-moi que ce n'est pas pour la même raison…
- Et dans quel état étais-je ? lui demanda-t-il en jetant la bêche avec force. Il avait désormais perdu toute patience.
- Un vrai troll ! lâcha l'autre. Voilà ce que tu étais !
- Tant mieux ! Voilà une raison de plus pour ne pas m'adresser la parole ! répliqua Charlie avec mauvaise humeur.
- Enfin qu'est-ce qui se passe, vieux ? questionna Cole plus calmement. Je vois bien que quelque chose ne va pas…
- Je ne veux pas en parler.
- C'est Charlotte, c'est ça ?
- JE NE VEUX PAS EN PARLER, C'EST CLAIR ?
Respirant rapidement, le rouquin darda ses yeux dans ceux de son ami et ne cilla pas une seule fois. Cole non plus, d'ailleurs son visage ne laissait rien transparaître. Ils restèrent ainsi un long moment jusqu'à ce que le brun reprenne enfin la parole :
- Ce que tu peux être con par moment.
Et sur ces mots, il fit demi-tour sans un regard en arrière.
- Eh merde !
Charlie se réveilla en sursaut, une migraine lui vrillant le crâne. Les échos de sa dispute avec Cole résonnaient encore à ses oreilles, comme s'il ne pouvait penser à autre chose. Il se laissa retomber sur les oreillers sans aucune grâce et se mit à observer le plafond et tandis que son esprit se vidait peu à peu de toutes pensées parasites il perçut une respiration dans la pièce, une autre respiration que la sienne, un souffle profond et régulier. Le rouquin sentit quelqu'un remuer juste à côté de lui et ce fut assez pour qu'il retienne sa respiration, juste assez pour qu'il s'immobilise. Tétanisé, il n'osait tourner la tête de peur de découvrir qui se tenait là, sous les draps, avec lui. Aurait-il fait quelque chose qu'il ne fallait pas hier soir ?... A vrai dire le jeune homme ne se souvenait pas de ce qu'il avait fait la veille et mentalement il se traita d'idiot. Il avait déjà assez d'ennuis comme ça, qu'est-ce qu'il lui avait pris d'avoir une aventure ?! Pourvu que ce ne soit pas... Avec mille précautions il risqua finalement un coup d'œil à sa gauche et se retint de crier quand il reconnut la personne qui dormait à ses côtés. Avec un mouvement brusque il se redressa, voulut se défaire des couvertures mais à la place il s'empêtra davantage dedans et glissa du lit, tombant bruyamment sur le parquet de la chambre. La jeune femme se redressa à son tour, réveillée en sursaut elle aussi, et regarda partout autour d'elle. Enfin elle le vit, gisant sur le sol, dans ce que Charlie devina être une position grotesque. Elle passa une main dans ses cheveux avant de hausser les sourcils, bon sang… C'était bien elle, sans l'ombre d'un doute c'était Charlotte…
- … M-mais… Mais, je ne comprends pas… Je te croyais partie… Hermione et Fleur…
Il ne termina pas sa phrase, la blonde le regardait comme s'il était fou.
- Mais enfin Charlie, qu'est-ce que tu racontes ? – Elle avisa le réveil posé sur la table de chevet et se tourna de nouveau vers lui, retenant un bâillement – Écoute, il est encore tôt, tu ferais mieux de te rendormir.
Et sur ces derniers mots elle se rallongea, tournant le dos au dragonnier qui demeurait sur le sol, ahuri.
Ça recommençait ! Charlie rêvait, il en était persuadé !...
Il se releva difficilement, ses membres tremblant sous la panique, puis s'assit sur le lit avec lenteur. Pendant un moment il fixa la jeune femme, sa poitrine se soulevant doucement au rythme de sa respiration, ses cheveux blonds étalés sur l'oreiller et sa peau d'albâtre qui appelait à la caresse.
…Mais tout lui semblait si réel…
Il approcha d'elle une main fébrile, la tendit jusqu'à frôler sa peau nue, sa peau nue et chaude… Charlotte frissonna et le jeune homme retira vivement ses doigts comme s'il avait été brûlé. Elle était là, elle était bien là… La blonde remua quelques instants, enfin elle se retourna et planta ses yeux bleus dans les siens.
- Charlie…, prononça-t-elle d'une voix douce, son regard trahissant pourtant une inquiétude naissante. Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as l'air bizarre…
Le rouquin ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit, à la place il se contenta de fixer la jeune femme, ne pouvant détacher son regard d'elle. Cette dernière se redressa sur les oreillers et ramena ses genoux contre elle. Une nouvelle fois elle avisa le réveil posé à côté, poussa un long soupir et fit glisser une mèche de cheveux derrière son oreille.
- Viens…, dit-elle enfin en l'intimant à s'asseoir près d'elle.
Le jeune homme s'exécuta et retint sa respiration quand Charlotte vint se blottir contre lui, ses cheveux chatouillant son ventre et son souffle se heurtant à sa peau nue, réveillant un sentiment de bien-être au fond de lui. Elle attrapa sa main dans la sienne et la serra avec douceur, Charlie se laissa faire comme hypnotisé par chacun de ses mouvements.
Sans un mot, sans un geste de sa part elle comprit pourtant que quelque chose n'allait pas, qu'il n'allait pas bien…
- Maintenant dis-moi ce qui te tracasse, dit-elle, ce qui confirma sa dernière pensée.
Le jeune homme ne dit mot, trop abasourdi par la scène surréaliste qu'il était en train de vivre. Il ne savait plus s'il rêvait, s'il vivait… Il était juste là, Charlotte coincée dans ses bras et lui demandant simplement ce qui le tourmentait, pour Charlie c'était alors tout ce qui lui importait. Il oublia un instant Cole, la Pensine, la réserve et se laissa aller dans les bras de celle qu'il aimait… Le cœur gonflé d'émotions, il fit glisser ses doigts dans ses longs cheveux blonds, imprimant l'instant dans sa mémoire comme s'il craignait ne jamais s'en souvenir… Peu à peu sa respiration retrouva un rythme régulier.
- J'ai… peur…, avoua-t-il enfin, se prêtant au jeu des questions.
- De quoi as-tu peur ? murmura la jeune femme contre son torse.
Et tandis qu'il continuait de caresser ses cheveux, un frisson le parcourut.
- J'ai peur que tout ça disparaisse…, souffla-t-il, prenant conscience du mal-être qui lui vrillait l'estomac depuis des jours.
- Qu'est-ce qui disparaîtrait ? demanda-t-elle en relevant les yeux vers lui.
Il prit son visage en coupe, caressa de son pouce sa joue rose et colla son front au sien.
- Toi…, chuchota-t-il finalement, presque contre ses lèvres.
Elle garda ses yeux plantés dans les siens. Le temps semblait avoir suspendu son envol, malgré tout le rouquin craignait que tout s'évapore, à chaque seconde qui passait. Contre toute attente, Charlotte lui sourit, laissa échapper un éclat de rire cristallin qui fit rebondir son cœur contre ses côtes et se cala plus encore contre lui, enroulant ses bras nus autour de son corps.
- Pourquoi je partirais ? Je suis si bien avec toi…
Charlie ne se souvint pas s'être levé, il ne se souvint pas s'être rendu à la réserve comme il ne se souvint avoir transplané à Londres. Et pourtant c'était bien là qu'il se trouvait, il reconnaissait parfaitement le square de Queensberry Place. Sans aucun doute possible il était dans le quartier où habitait Charlotte. Machinalement ses pieds le conduisirent jusque devant chez elle, il observa un instant l'endroit, plongé dans les ténèbres, et fut surpris de découvrir une faible lueur briller aux fenêtres de l'étage, comme si quelqu'un avait lancé un « Lumos ». N'était-elle pas censée être partie ?... Intrigué le jeune homme avança jusqu'à la porte d'entrée et au moment même où il allait toquer, le panneau de bois s'ouvrit dans un grincement sinistre. Le vestibule était plongé dans la pénombre. Quand Charlie passa le pas de la porte un frisson le parcourut de la tête aux pieds. Tout cela ne lui disait rien qui vaille… La main sur sa baguette il pénétra davantage dans la demeure quand soudain un bruit l'interpella, c'était infime et pourtant assez fort pour qu'il le distingue. Aux aguets, il stoppa tout mouvement et tendit l'oreille, alors il crut percevoir un sanglot étouffé provenant des étages supérieurs. Avec précaution le jeune homme entreprit de gravir les escaliers un à un, évitant du mieux qu'il pouvait de faire grincer les marches. A mesure qu'il avançait, le dragonnier pouvait sentir son cœur cogner contre ses côtes tandis que l'angoisse lui nouait la gorge... Qui pleurait ainsi dans cette grande maison vide ? Qui était là ? Et pourquoi ? Se pourrait-il que ce soit… Il n'osait imaginer ce qu'il allait découvrir mais continua tout de même son ascension. Une fois sur le palier du deuxième étage le rouquin retint sa respiration et écouta. Les pleurs s'étaient tus. Charlie avança précautionneusement dans le couloir, jetant un coup d'œil dans chacune des pièces mais il n'y avait pas âme qui vive. Soudain il eut une idée…
- Hominum Revelio, chuchota-t-il dans le noir.
Aussitôt sa baguette brilla d'une lueur opaline, un filament de la même couleur sortit de son extrémité et lui indiqua la direction à suivre. Il s'avança à pas de loup, son souffle s'accélérant à mesure que le sortilège progressait, passant d'une pièce à une autre sans s'arrêter. Enfin il se stoppa devant la dernière montée d'escalier, celle qui menait au grenier. Charlie comprit que l'intrus était là, si intrus il y avait…
Le grenier était vaste et encombré de cartons, empilés les uns sur les autres parfois dans un équilibre précaire, de meubles anciens et poussiéreux et de babioles en tout genre. Un rayon de lune traversa la lucarne pour venir éclairer les nuages de poussière qui se soulevaient à chacun de ses pas. Le rouquin s'avança avec précaution, sa baguette pointée droit devant lui, prêt à l'attaque. Les gémissements puis le silence avaient laissé place à une respiration hachée, entrecoupée de sanglots douloureux. La main du jeune homme tremblait, enfin il contourna une vieille armoire et se figea net en découvrant qui se tenait là, recroquevillée sur le sol à la manière d'un animal blessé, le corps secoué de violents spasmes. Avec une exclamation de surprise il lâcha sa baguette et s'agenouilla aussitôt auprès de la jeune femme.
- Charlotte…, souffla-t-il d'une voix blanche.
Celle-ci leva vers lui un visage meurtri où les larmes avaient tracé d'importants sillons, striant ses joues pâles, en s'approchant davantage il remarqua son teint crayeux et la fine pellicule de sueur qui couvrait son front. Elle ne pleurait plus et lui fit un sourire tordu avant de baisser les yeux sur son ventre. Charlie suivit son regard et ne put retenir un cri. Sa main, couverte de sang, dissimulait tant bien que mal une plaie béante au niveau de son abdomen, une blessure qui était non pas sans lui rappeler celle que la Française lui avait infligée bien des mois auparavant, en Roumanie.
- Par Merlin… Charlotte…, s'exclama-t-il avec de grands gestes désordonnés. Tu… Que s'est-il passé ?...
Elle releva son visage vers lui et continuait de lui sourire maladroitement sans toutefois lui répondre. Le dragonnier sentit son cœur remonter quelque part dans sa gorge, cette vision qu'il avait d'elle à cet instant le révulsait.
- Il faut qu'on te soigne ! déclara-t-il alors en glissant sa main sous sa nuque pour la redresser.
- N-Non… Charlie, non… – La blonde grimaça – Ça ne sert à rien… Il faut que tu t'en ailles…
- As-tu perdu la tête ?! Tu as besoin d'aide !... Il suffit d-de… Où est ma baguette ? s'écria-t-il en tâtonnant ses poches de pantalon et de veste, sans doute avait-elle roulé quelque part.
- Charlie…
- Tant pis… – Il se redressa, manquant de trébucher – Je vais t'aider à te relever…, continua-t-il en glissant ses bras sous son corps meurtri, …et te porter jusqu'en bas !
- Charlie… lâcha la jeune femme d'une voix suppliante. Charlie, arrête… C'est trop tard…, ajouta-t-elle tandis qu'il s'évertuait à la caler dans ses bras, sa tête ballottant sur son épaule.
- Tout va bien se passer, tenta-t-il de la rassurer sans l'écouter. Tout ira bien !
Il ne pouvait ignorer le sang de la jeune femme se déverser sur son tee-shirt, l'humidifiant jusqu'à ce qu'il sente sur sa peau la chaleur moite du liquide qui coulait abondamment de sa blessure, il se fit violence pour ne pas baisser les yeux sur son ventre et continua d'avancer.
Les jambes en coton, le jeune homme avait cependant du mal à marcher, il ne distinguait rien à travers la brume informe qui s'élevait autour d'eux, c'était à peine s'il reconnaissait le grenier. Sa visibilité réduite à néant le rouquin rebroussa chemin plusieurs fois avant de prendre d'autres directions mais très vite il comprit que ses efforts étaient vains. Charlotte s'affaiblissait dans ses bras, ses yeux résolument clos et son souffle devenant de plus en plus erratique, c'était à peine si elle respirait.
- Charlie…, murmura-t-elle douloureusement en s'agrippant à son tee-shirt.
Le dragonnier accéléra le pas mais la blonde devenait un poids mort dans ses bras, très vite il se fatigua et finalement se laissa tomber à genoux, les membres tremblants.
- Charlotte, tiens bon… Tiens bon ! Garde les yeux ouverts ! s'écria-t-il la voix éraillée en lui caressant les cheveux.
- C'est ma faute… C'est m-ma… Pardonne-moi…, souffla-t-elle dans un râle, secouant la tête de gauche à droite.
- Pourquoi tu dis ça ? demanda le jeune homme en tentant de maintenir sa tête sur ses genoux. Qu'est-ce qui est de ta faute ? Rien n'est ta faute… Rien… Garde les yeux ouverts !
Répondant à sa supplique, la Française ouvrit brusquement les yeux mais avant même qu'il ne puisse réagir, Charlie vit avec horreur son corps glisser sur plusieurs mètres puis se soulever dans les airs comme si une main invisible le tenait entre ses doigts. Elle avait l'air d'une vulgaire poupée de chiffon.
- CHARLOTTE !
Celle-ci tourna un regard impuissant dans sa direction, tendant une main ensanglantée vers lui. Le rouquin tenta de s'en emparer, en vain.
- CHARLOTTE ! cria-t-il encore à s'en casser la voix, escaladant les cartons du mieux qu'il pouvait pour se rapprocher de la jeune femme.
Soudain un éclair blanc jaillit entre les nuages de brume et finit de lui faire perdre l'équilibre. Charlie tomba violemment sur le dos, le souffle coupé et la vue brouillée par la douleur, il mit quelques secondes à réaliser ce qui était en train de se passer. A travers les larmes il distingua finalement des silhouettes longilignes et noires, semblables à des Détraqueurs, entourer la blonde comme des prédateurs encerclant leur proie.
- Charlie…, entendit-il près de son oreille.
C'était à peine un murmure, un chuchotis qui le fit frissonner des pieds à la tête, mais il n'eut aucun mal à reconnaître la voix de Charlotte.
- Charlie… Aide-moi…
Le rouquin se redressa avec difficulté, une fois debout il observa la jeune femme disparaître doucement derrière ces étranges créatures noires, se faisant engloutir par les ténèbres.
- Charlotte… non…
- Aide-moi… Reviens-moi ! S'il-te-plaît, reviens-moi… CHARLIE !...
Il se réveilla en sursaut. Le corps tremblant et couvert de sueur, le dragonnier mit quelques secondes à retrouver ses esprits, encore bouleversé par ce qu'il venait de voir, par ce qu'il venait de... vivre ?... Le souffle saccadé, il restait prostré sur son lit, se demandant si tout cela avait un sens, si tout cela avait un putain de sens !... Après tout il n'avait plus fait ce genre de rêve depuis… depuis Sainte-Mangouste… Des rêves d'une réalité saisissante qui, à chaque fois, le mettaient dans tous ses états…
- Ça ne cessera donc jamais ?! s'exclama-t-il alors d'une voix rauque.
Pourquoi fallait-il encore qu'il rêve d'elle ? Pourquoi ne le laissait-elle pas en paix ? Il en avait assez, assez de cette histoire… Il voulait simplement qu'on l'oublie, qu'elle l'oublie... Était-ce trop demandé ? Le jeune homme lâcha un rictus dépité et passa une main lasse sur son visage, était-il au moins capable, lui, de l'oublier ? Non, sans doute pas... Était-elle au courant du mal qu'elle lui faisait ? Alors que des milliers de kilomètres les séparaient ? Savait-elle à quel point elle le perturbait même dans ses rêves ?!... Une interrogation fugace traversa alors son esprit embrumé, ce fut rapide mais non moins douloureux... Pensait-elle encore à lui ? Même de manière infime ? Passait-elle son temps à se remémorer les traits de son visage ? A imaginer le retrouver ? Se pensait-elle prête à tout pour lui ?... Charlie sentit son estomac se tordre, il ne voulait pas connaître la réponse. Cette réponse qui lui aurait certainement brisé le cœur... Finalement peut-être était-il préférable de rester dans l'ignorance, dans cette douce et agréable chaleur, bercé d'illusions et d'espoirs, attendant patiemment que le temps passe et fasse son oeuvre, et qu'il oublie, qu'il l'oublie enfin... Par Merlin, pourquoi fallait-il qu'il l'aime autant ?...
Il soupira et tenta de chasser les pensées sombres qui encombraient alors son esprit. Encore fébrile, le rouquin attrapa d'un geste maladroit le réveil posé sur la table de chevet et avisa l'heure.
- Merde…
Il était en retard. D'un bon il sauta du lit, enfila le premier jean qu'il trouva et sortit de la chambre avec fracas. Le jeune homme ne manqua pas de trébucher dans les escaliers, maugréant et jurant contre le panier à linge qui avait eu le malheur de traîner là. Dans la cuisine, il se dirigea automatiquement vers la gazinière qu'il alluma d'un coup de baguette avant d'y déposer la bouilloire pleine d'eau.
- Bonne idée ! Un café nous fera le plus grand bien ! s'exclama tout à coup une voix de l'autre côté de la pièce.
Charlie manqua de se brûler, il se retourna avec violence et vit avec stupéfaction Soledad avancer dans la lumière du jour, un sourire moqueur plaqué sur son visage.
- Bon sang ! s'écria le jeune homme, une main sur le cœur. Tu m'as fichu une de ces frousses… Mais qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il enfin en la pointant du doigt.
- Simple visite de courtoisie, répondit la brune en contemplant ses ongles.
- A une heure pareille ?! Permet-moi d'en douter, déclara le rouquin avec sarcasme.
- Alors ? Vas-tu me servir quelque chose à boire ou faut-il que je le fasse moi-même ? s'impatienta la jeune femme en ignorant sa précédente remarque.
Charlie soupira d'agacement mais s'exécuta tout de même.
- Tu ne sais, ça n'a pas été facile de convaincre Anton, avoua l'autre tandis qu'il s'affairait autour de la bouilloire. J'ai dû dire que tu étais dans une profonde détresse pour qu'il me donne l'autorisation de venir jusqu'ici, après tout j'étais déjà venue le mois der...
- Tu n'as pas fait ça ?! s'exclama le rouquin en lui coupant la parole.
- Oh mais bien sûr que si ! déclara Soledad avec un air machiavélique, son sourire s'élargissant de plus belle. Il a éclaté de rire et il m'a dit que je pouvais venir, sans doute trouvait-il ça drôle...
- Par le caleçon de Merlin !... Pour qui me fais-tu passer ?! gémit-il en se tapant le front.
- Pour un grand crétin, répondit alors une voix derrière lui.
Charlie se retourna brusquement et découvrit Cole, adossé contre le mur de l'autre côté de la pièce, son visage à moitié dans l'ombre cependant le rouquin ne pouvait ignorer la colère qui luisait dans ses yeux noirs. Son sang ne fit qu'un tour.
- Qu'est-ce que tu fiches ici ?! cracha-t-il alors que celui-ci sortait de sa cachette.
- Je voulais être certain que Soledad voit à quel point tu es devenu idiot !
- Je ne suis pas le seul à l'être dans cette pièce, répondit aussitôt Charlie, serrant les poings sous la rage.
- Répète un peu ça !
- Tu m'a parfaitement entendu, gronda-t-il.
- Tu vois ? s'exclama l'autre en se tournant vers la jeune femme. Tu vois ? Je te l'avais dit ! Il déraille comp…
- Ferme-là ! ordonna l'autre tandis que la bouilloire se mettait à siffler.
Cole s'avança vers lui, l'air menaçant et la bouche secouée de tics nerveux.
- Cette fille te fait totalement perdre la tête ! se mit-il à hurler avec force. Elle te ment !...
- Cole, non ! tenta de l'arrêter la brune mais il la repoussa vivement.
- ...Quand comprendras-tu qu'elle en a rien à faire de toi ?!... Rien à faire ! Merde !
Il se tut brusquement, le souffle saccadé comme s'il venait de courir un marathon. Le silence s'était emparé de la pièce, devenant plus pesant à chaque seconde qui passait, le moment s'étira en longueur puis, sans vraiment comprendre ce qu'il était en train de faire, Charlie se jeta sur Cole et lui asséna un violent crochet du droit au visage, aveuglé par la fureur qui s'était emparée de lui… Les mots de son ami résonnaient douloureusement à ses oreilles, trouvant écho au fond de lui car il savait, quelque part, qu'il avait raison, entièrement raison… Et ça le mettait dans une colère noire ! La réponse de Cole ne se fit pas attendre, celui-ci lui balança un coup de poing dans le ventre ce qui lui coupa la respiration quelques instants mais ne l'arrêta pas pour autant, à peine eut-il retrouvé son souffle qu'il fonça sur le brun, l'attrapa par le col de sa chemise et le plaqua contre le mur le plus proche.
- TU NE SAIS PAS !... TU NE SAIS RIEN D'ELLE ! RIEN ! TU ENTENDS ?!...
Et aussi violemment il relâcha Cole qui retomba mollement sur ses pieds, celui-ci sortit sa baguette mais déjà Soledad s'interposait entre eux.
- Ça suffit ! s'écria-t-elle avec fureur. Non mais vraiment ! Des crétins, voilà ce que vous êtes ! Tous les deux !
- Tu ne sais… tu ne sais pas…, continuait de murmurer Charlie, à bout de souffle, tandis qu'il reculait d'un pas vacillant.
- J'en sais assez pour savoir qu'elle te fait perdre la raison, marmonna l'autre en essuyant le sang au coin de sa bouche.
- Cole ! le réprimanda la jeune femme.
Mais le rouquin ne l'avait pas écouté, il ne l'écoutait plus, trop aveuglé par sa propre colère, bouillonnant et rugissant avec force dans son âme blessée, meurtrie... Il avait envie de hurler, de hurler et de tout casser, comme si plus rien ne le maintenait, comme si le carcan qui le retenait depuis des mois avait cédé, laissant place à une peine et une fureur incontrôlable. Alors, dans un dernier geste de rage il balança son poing dans le mur le plus proche, il ignora la douleur qui remontait le long de son bras car elle n'était rien comparée à la meurtrissure dont souffrait son cœur, et enfin, dans un mouvement de profonde lassitude, il se laissa tomber sur la chaise la plus proche. Presque aussitôt il sentit des larmes de rage perler au coin de ses yeux, menaçant de s'échapper à tout instant, d'un revers de main il les essuya rapidement et détourna la tête du regard inquisiteur de ses amis.
- Bon sang, vieux… Tu pleures ?...
Cole s'était de nouveau approché de lui, son visage affichant maintenant une parfaite surprise, mais le rouquin gardait sa tête résolument baissée, peu enclin à ce qu'il le voie dans cet état.
- Vous ne savez pas... Vous ne savez pas ce que je vis... Je… – Il se racla la gorge – Je suis épuisé…, lâcha-t-il enfin d'une voix gutturale.
Très vite il sentit deux bras enserraient ses épaules avec douceur, il n'eut pas de mal à reconnaître Soledad, ses longs cheveux bruns glissèrent dans son cou tandis qu'elle posait la tête sur son épaule. Il soupira longuement, difficilement, presque douloureusement.
- Charlie, qu'est-ce qu'il se passe ?... demanda-t-elle alors dans un murmure, son souffle chaud vint se heurter à sa joue et le fit frissonner.
Irrémédiablement le rouquin pensa à Charlotte. Qu'aurait-elle répondu à cette question si on la lui avait posée ? S'il la lui avait posée ? Elle se serait sans aucun doute murée dans un silence dont elle seule avait le secret. Et lui ? Que devait-il faire ? Que devait-il dire ? Que pouvait-il dire ?...
- J'en sais rien..., s'entendit-il répondre. Je...
Tandis que son amie le relâchait Charlie dissimula son visage derrière ses mains caleuses, sentant l'émotion le gagner à nouveau, entravant sa gorge avec force, l'étouffant. Il était à bout de nerfs... Alors qu'il relevait la tête, son regard croisa un instant celui de Cole et ce fut assez. Assez pour le libérer du poids qui pesait sur ses épaules depuis des mois.
- Je dois vous avouer quelque chose...
Et il leur raconta tout depuis le début, en n'omettant aucun détail. Depuis sa rencontre avec Charlotte jusqu'à leurs retrouvailles il y a quelques semaines à peine. Il leur raconta son comportement étrange, ses craintes et ses secrets, leurs sentiments... Tout. Soledad et Cole n'en menaient pas large, réagissant à chaque passage, à chaque anecdote et ce fut pire encore quand il leur expliqua le fin mot de l'histoire, quand il leur parla de la Pensine, de l'agression ainsi que de la venue d'Hermione et Fleur quelques jours plus tôt.
- Ben ça alors…, souffla le brun d'une voix blanche tandis que Charlie concluait son histoire.
- J'avais promis de garder le secret mais au point où nous en sommes…, murmura douloureusement ce dernier. N'en parlez à personne, c'est préférable...
Les deux acquiescèrent lentement quand tout à coup Cole s'écria :
- Oooh !... Je me souviens… la coupe de Quidditch et Krum, est-ce que…
- Oui… C'était vrai… déjà à ce moment-là. Je l'ignorais à l'époque, bien sûr. Elle a mis des mois avant de me dire ce qu'elle était réellement...
- Ça alors…, répéta-t-il.
- Sol' ?... Tu ne dis rien ? remarqua le jeune homme en se tournant vers la brune.
Celle-ci haussa les épaules puis se leva avant de s'approcher de la baie vitrée.
- Ça paraît complètement fou…, souffla-t-elle enfin, le regard perdu au loin.
- C'est pourtant la vérité, répondit Charlie. Je n'ai rien inventé et, malheureusement, elle non plus.
- Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ? questionna Cole en se servant une tasse de café. Tu en veux une ?
Le rouquin opina, il semblait que leur précédente dispute n'avait plus lieu d'être.
- Que veux-tu que je fasse ? demanda-t-il alors en acceptant la tasse que son ami lui tendait. Il n'y a rien à faire !
- Bien sûr qu'il y a quelque chose à faire ! A ta place je serais déjà parti la retrouver !
- Tu n'es pas sérieux, Cole ?!... Tu ne sembles pas comprendre... Elle m'a menti depuis le début ! s'énerva le dragonnier. Depuis le début !
- Mais tu l'aimes ! s'emporta l'autre à son tour. N'est-ce pas suffisant pour...
- Non, ça ne l'est pas ! Pas du tout !
- Tu en es sûr ?
- Et que fais-tu de la confiance ?!
- Tu parles ! s'exclama le brun avec dédain. C'est toi qui parles de confiance alors que tu ne nous as rien dit à propos de Beddgelert ou encore de Charlotte ?! Nous ! Tes meilleurs amis !... Il faut toujours que tu te retrouves acculé pour enfin dire la vérité ! Admets-le !
- Il ne faut peut-être pas ex...
- Finalement tu lui ressembles beaucoup plus que tu ne le penses, continua l'autre en lui coupant la parole.
- C'EST FAUX !... s'écria Charlie avec fureur. C'est faux...
- Reprend-toi ! le rabroua tout à coup Soledad en s'approchant d'eux. Tu es encore en train de perdre les pédales ! Et toi, tais-toi ! ajouta-t-elle à l'adresse de Cole.
Le rouquin se laissa tomber sur la chaise la plus proche et posa sa tasse sans délicatesse, renversant la moitié de son contenu sur la table. Il pouvait sentir son cœur battre dans sa poitrine à mesure que les paroles de ses amis faisaient leur chemin dans son esprit. Était-il un menteur lui aussi ? Comme Charlotte ? C'était en tout cas ce qu'ils insinuaient... N'était-ce pas là un violent retour de bâton ?...
- Qu'est-ce qui ce serait passé si j'avais fait comme toi ? continua la jeune femme. Si j'avais pleurniché dans mon coin parce que tu ne voulais pas de moi, hein ?! Si je m'étais plainte comme tu le fais à présent ?...
- Ce n'est pas du tout la même chose ! se défendit-il, perdant peu à peu de sa verve.
- C'est tout à fait la même chose et tu le sais très bien ! Arrête donc de faire l'autruche et assume un peu ce que tu fais, assume tes sentiments ! Si tu l'aimes va la retrouver et fiche-nous la paix !
- C'est plus compliqué que ça...
- Pourquoi le serait-ce ? Vous vous aimez que je sache alors v...
- Elle ne m'aime pas... Pas de cette façon-là en tout cas..., admit le rouquin tandis que son cœur se serrait avec violence, jamais mot fut plus dur à prononcer que ceux-là.
- C'est douloureux n'est-ce pas ? renchérit Soledad, sans douceur.
- Sol' ! la réprimanda Cole, assis à la table.
- Je...
- Je suis navrée de te le dire mais elle est amoureuse de toi, annonça-t-elle finalement, lui coupant la parole par la même occasion.
- Pourquoi tu... Attends, quoi ?!
La brune claqua la langue avec humeur et reprit de plus belle :
- Comment ne peux-tu pas t'en rendre compte ? C'est pourtant évident !
- Non, je... Qu'est-ce que je suis censé comprendre ? demanda le dragonnier en se tournant vers Cole qui haussa les épaules.
- Vous avez autant de cervelle qu'un Véracrasse ! Pas étonnant que tu ne voies rien ! s'insurgea la jeune femme en faisant de grands gestes avec les bras. Charlie, à ton avis ? reprit-elle plus calmement. Pourquoi fait-elle autant d'efforts pour s'éloigner de toi ? Pour te repousser sans cesse ?
Le rouquin ne préféra pas répondre et attendit patiemment que son amie reprenne la parole.
- Quand tu aimes une personne, quand tu aimes vraiment une personne tu fais tout ce que tu peux pour la protéger et c'est ce qu'elle fait... C'est ce que Charlotte fait, Charlie ! Elle s'éloigne de toi parce qu'elle est, ou plutôt elle se pense dangereuse pour toi ! Tu ne l'avais pas compris ?...
- Je ne l'avais jamais envisagé de cette manière..., souffla-t-il, abasourdi.
- Il faut tout vous mettre devant les yeux ! lâcha Soledad avec un rictus dédaigneux. C'est incroyable comme vous pouvez être aveugle, cela semblait pourtant si évident...
De nouveau elle s'éloigna et se plaça devant la baie vitrée, les bras croisés sur sa poitrine et le regard se perdant vers l'horizon. Charlie demeurait au centre de la pièce, immobile, assimilant avec difficulté ce que son amie venait de lui dire, ce qu'elle venait de lui révéler. Alors... finalement ?... Charlotte... Elle ?... Bon sang ! Pourquoi fallait-il que ce soit si compliqué ?
Le rouquin passa une fois encore une main dans sa tignasse désordonnée, tentant de remettre un peu d'ordre dans son esprit, et soupira.
- Je n'avais aucune chance, n'est-ce pas ? entendit-il après un moment alors qu'il avait pris place à côté de Soledad.
La mélancolie qui perçait dans sa voix remua quelque chose chez lui, quelque chose qu'il n'avait plus ressenti depuis des mois. Un sentiment de culpabilité qui l'avait assailli à l'instant même où elle lui avait avoué ses sentiments, un jour, en Roumanie...
- Le destin a voulu les choses autrement, répondit alors le jeune homme. On ne choisit pas vraiment de qui on tombe amoureux, tu n'es pas sans le savoir.
- Parfois on fait quand même le choix d'aimer une personne plutôt qu'une autre.
- Je n'ai pas choisi, déclara-t-il. Je n'ai absolument pas choisi...
- Et maintenant... tu regrettes ?...
- Non..., souffla le rouquin dans un murmure.
- Alors, voilà... Voilà où tu en es aujourd'hui, expliqua-t-elle en tournant vers lui un visage où apparaissait un sourire bienveillant. Un point de non retour, j'en ai bien peur.
- Que faut-il que je fasse ?
- La question qu'il faut que tu te poses c'est : suis-je prêt à tout ?
Charlie gardait les yeux fixés sur elle et avant même de comprendre ce que cela signifiait, il sut qu'il avait sa réponse.
- Je suis complètement fou…
Note de l'auteur : Voilà, voilà... Charlie, pas content du tout ! Il craque complètement le pauvre ! D'abord il envoie balader Hermione et Fleur puis Cole... Et ces rêves étranges qui l'assaillent à nouveau, décidément rien ne va plus ! Finalement ses amis vont être là pour lui remettre les pendules à l'heure. Ce que j'aime beaucoup dans ce chapitre c'est qu'il y a un véritable retournement de situation, au début de l'histoire Soledad ne pouvait pas encaisser Charlotte et maintenant c'est elle qui oblige presque Charlie à aller la retrouver tandis que Cole lui casse du sucre sur le dos, c'est plutôt drôle, non ? Sinon que pensez-vous que Charlie a décidé pour la suite de l'histoire ?
Merci encore d'être là et de me lire, je suis toujours ravie d'avoir vos retours alors n'hésitez pas ! :)
A bientôt ! ;)
Blond'sparkle
